Berserk of Gluttony – Chapitre 27

Bon… Je ne peux pas dire que je ne m’y attendais pas.

Le chef de village a bien insisté pour que je reparte, bien que Seto se soit porté garant de moi.

Les villageois m’entouraient, mais pas pour m’accueillir à bras ouvert. Aah, ces regards qui me transpercent tels des lames comme si j’étais un genre de monstre.

Seto s’interposa entre moi et les villageois, essayant de les calmer.

« Écoutez tous, s’il vous plait ! Fate est venu pour aider à se débarrasser des monstres ! Et pour rien d’autres ! »

Malgré tout, les villageois continuaient de s’approcher de moi, des haches et des houes à la main.

Hélas, pour les villageois, je revenais pour me venger, mettant ainsi le village en péril. Les aider à se débarrasser des monstres pouvait être un mensonge, puisque je pouvais tout simplement fuir avec l’argent.

Et puis, en premier lieu, il est impossible pour un rebut juste bon à manger de vaincre ces monstres. C’était évidemment un mensonge… des douzaines de villageois se mirent à murmurer haineusement à mon encontre.

Ce n’était même pas un village prospère avant que les monstres attaquent. C’est donc naturellement qu’ils sont devenus encore plus pessimistes.

En fait, ils étaient encore plus miséreux que quand j’habitais ici.

Ces gens avaient l’air de croire qu’avec simplement 10 pièces d’argent, Seto aurait pu ramener des guerriers chevronnés. Mais en réalité, 10 pièces d’or étaient le strict minimum.

Leur sauveur longtemps attendu s’avérait être le bon-à-rien banni du village il y a quelques années. Donc on pouvait dire que leur colère était, en quelque sorte, justifiée.

Et Seto ayant tardé pour mener à bien sa mission n’avait fait qu’attiser cette colère.

« Seto, après tant de temps, tu n’as ramené que ça ? Tu n’as pas réussi à trouver un vrai guerrier ?! »

« Tu crois vraiment que c’est comme ça que tu deviendras le prochain chef ? »

« Nous ne savons pas quand les monstres reviendront, nous avons besoin d’un vrai guerrier ! Sais-tu à quel point nous avions peur en t’attendant ?! »

Seto, qui se tenait entre les villageois et Fate, était aussi la cible des récriminations. Son père, le chef du village, dû même se réduire à s’excuser aux autres villageois.

« S’il vous plait, pardonnez-lui de ne pas avoir accompli sa mission correctement… Peut-être est-il encore trop jeune pour être capable d’engager un guerrier, même si cela me fait de la peine de dire ça. Demain matin, j’irai moi-même recruter un guerrier. »

« Mais si les monstres venaient pendant votre absence ?! Hier à peine, je pense avoir entendu le cri d’un monstre venant de la forêt. Le village n’existera peut-être plus quand vous reviendriez avec le guerrier. »

« En effet. Mais… Seto n’a-t-il pas ramené un appât bien gras avec lui ? Nous pouvons le sacrifier pour gagner un peu de temps. »

Le chef du village me pointa alors du doigt. Oh, Oh, minute ! Vous allez maintenant me traiter comme un simple monceau de viande ?

Je suis juste ici pour me recueillir sur la tombe de mes parents et tuer des monstres pendant que j’y étais… C’est tout. Mais, aussi incroyable que ça puisse paraître… ils me voient vraiment comme une offrande de chair pour leur sauver les miches.

(Fate, tu… es juste un sacrifice à leurs yeux. Hahahahahahahaha, un sacrifice !)

(Ferme-la !)

Mais oui, ça sera bien le cas si ça continue. Devrais-je les menacer un chouïa, me demandai-je en sortant quelques pouces de la lame de Greed de son fourreau.

« Fate, attends ! Supporte ça pour l’instant, s’il te plait. »

Seto s’inclina devant moi. Sérieusement… ces gars me donnent encore plus la migraine que de combattre un puissant monstre.

Le chef du village partit tôt après, laissant les autres continuer à parler. En attendant, on m’avait interdit de quitter le village. Et Seto avait été désigné comme personne devant s’assurer que je ne m’enfuirai pas.

« Écoute bien, Seto. Surveille-le de tel sorte que ce bon-à-rien ne prenne pas la poudre d’escampette. Si avant que je ne revienne de Tetra demain, les monstres attaquent, utilise-le comme sacrifice. Ne le laisse pas s’échapper et ne me déçois pas encore. »

Après avoir dit cela, le chef retourna à sa maison. Les villageois qui étaient aussi d’accord retournèrent aux leurs.

Visiblement, ils pensaient que j’étais celui de l’époque où je vivais ici. Un faiblard qu’on pouvait facilement contenir. Un poids mort comme ça n’était pas nécessaire à la vie du village, mais était parfait pour le rôle de sacrifice. Particulièrement car je n’avais aucune autre famille qui en voudrait au village pour ma mort.

Pour ces villageois, je ne suis qu’un caillou dans leurs chaussures.

Et le village retomba dans le silence nocturne. Il ne restait que moi et Seto à l’extérieur.

« Hé, Seto, ce n’est pas ce que tu m’as promis. J’étais censé chasser des monstres. Mais, par un curieux hasard, me voici relégué au rôle de sacrifice. »

« Je suis désolé… vraiment désolé, » dit Seto en se couvrant le visage des deux mains.

Les touffes de cheveux qui restaient sur son crâne partiellement chauve s’agitaient dans le vent. Apparemment, c’est l’anxiété qui a consumé sa jeunesse.

Je devrais juste aller sur la tombe de mes parents et partir… c’est ce que j’ai pensé d’abord. Mais [Gloutonnerie] avait commencé à montrer les signes d’une grosse fringale.

La faim ne me laissera pas juste simplement partir après être allé sur la tombe.

Je soupirai en sentant l’étrange sensation dans mon œil droit.

« Pour l’instant, je t’invite chez moi. Ça sera plus pratique pour te “surveiller“. Et puis, ton ancienne maison est… »

Oui, ma maison a été incendiée quand j’ai quitté le village. Peut-être que ce qui en reste aujourd’hui sont les poutres et deux ou trois autres choses.

Ce qui l’excluait des endroits où dormir.

« Si tu es d’accord, ça me va. Ceci dit, tu vis seul ? »

« Non, j’ai une fille. Ma femme a été dévorée par les monstres de la forêt… »

Ce qui explique pourquoi il est si désespéré, il veut protéger sa fille.

D’une certaine façon, j’eus l’impression que son apparence fut chevaucher par celle de feu mon père.

« Voilà. Ma maison est juste là. Suis-moi. »

« Ouais. »

Arrivant à la demeure de Seto, je vis que sa maison ne faisait que le moitié de celle du chef du village, comme celles des autres villageois. Une famille pouvait à peu près s’y entasser.

Quand il ouvrit la porte, une fillette d’au moins cinq ans lui sauta dessus.

« Papa, bon retour. J’ai été très sage, tu sais. »

« Vraiment ?… Bravo. »

La mignonne petite fille pris conscience du malaise de son père.

« Papa, tu es devenu chauve. Papa va bien ? »

« Oui, ça repoussera en un rien de temps… j’en suis sûr. »

« Je vois. »

Après cet échange sur les cheveux (ou plutôt leur absence) de son père, la fille de Seto me regarda avec curiosité.

« Papa, qui est-ce ? »

« À ce propos… »

Du point de vue de ce village, je ne suis que de la nourriture maintenant.

Qu’est-ce que Seto va bien pouvoir dire à sa fille ?

« Il s’appelle Fate, et il est venu ici pour vaincre les monstres. C’est quelqu’un de très fort. »

« Vraiment ?! »

Sa fille me regarda de nouveau avec stupeur. Puis elle commença peu à peu à pleurer. Peut-être se rappelait-elle de sa mère tuée par les monstres.

Ce fut l’heure du diner quand elle se calma enfin.

Pendant l’absence de Seto, elle dit que le chef du village lui avait donné à manger. Pour cette petite fille, son grand-père et sa grande-mère étaient effrayants, de sorte qu’elle dit à son père qu’elle avait toujours eu peur en mangeant.

« Tu as été courageuse. Mais je resterai ici à partir de maintenant. »

« OUUUIII, je t’aime papa ! »

En voyant ça, je dis à Seto ce qui m’était immédiatement venu à l’esprit.

« Tu as… changé. »

Le garçon qui me jetait des merdes de chien et des pierres dans le passé était maintenant devenu un père aimant.

Seto eut un air désolé en entendant mes mots.

« En ce temps-là, je n’était qu’un gamin. C’était ce que pap… le chef du village disait, donc je prenais ça comme force de loi. Après que ma fille soit née, j’ai commencé à réfléchir différemment… Donc oui, je suppose que j’ai changé. »

Cependant, si Seto avait changé, ça voulait rien dire si le reste du village n’avait pas fait de même. Le village doit se remettre en question, alors seulement, ils pourront changer.

Le repas n’était pas très bon. C’était juste des graines dans du jus de plantes sauvages, puis bouillis ensemble. On ne pouvait pas dire que c’était de la haute gastronomie. Toutefois, le goût était empreint de nostalgie pour moi. Mon père me cuisinait la même chose.

« Vous mangez encore ça ? »

« Oui, même après ton départ, le village est toujours pauvre. De corps comme d’esprit. »

Incapable de s’enrichir, restant d’une pauvreté misérable, pas étonnant que leur attitude ait empiré. En un sens, heureusement que j’ai quitté ce village.

Pendant que je mangeais le gruau, j’écoutai l’histoire de Seto. Principalement le sujet de l’attaque du monstre.

Il dit que le monstre avait de grandes ailes et pouvait voler. Ça pourrait poser problème. Ils fait la taille d’un gobelin, a des griffes acérées, et des cornes sur la tête.

Comme ils attaquent depuis le ciel, impossible de leur échapper.

« Et combien y en a-t-il ? »

« Aucune idée. Mais on en a vu seulement un depuis le début. »

En ayant suffisamment entendu, c’est à Greed que je m’adressai.

« Tu en penses quoi ? »

(C’est peut-être une gargouille. C’est un monstre assez intelligent. Une seule attaque en éclaireur pour juger la situation. Puis ils viendront en masse au moment propice)

« Un monstre retors… Et quand pense-tu qu’ils viendront ? »

(La nuit. Quand le ciel sera nuageux et qu’il n’y aura aucun clair de lune, ces créatures aiment les nuits d’un noir d’encre)

« … Attends une minute »

Il n’y avait pas beaucoup de nuages aujourd’hui ? La lune doit être caché avec.

Et par ailleurs, il y a aussi ce que ce villageois a dit. Hier, il a entendu le cri d’un monstre venant de la forêt.

Se pourrait-il que…

Avec ma conversation avec Greed, pour les autres, je semblais me parler tout seul. Par conséquent, Seto et sa fille avaient l’air gênés et me regardaient d’un drôle d’air. Mais ce n’est pas le moment d’y penser, il y a quelque chose de plus important.

Après un court moment, mon mauvais pressentiment s’avéra correct.

Dehors, des cris commencèrent à retentir les uns après les autres.

Quand je me mis à penser que les choses avaient pris une mauvaise tournure, Greed ne put s’empêcher de faire de l’humour.

(Et donc, Fate, que vas-tu faire ? Pour apaiser les gargouilles, vas-tu servir d’appât comme ils le souhaitaient ?)

« Tu te fous de moi ? Je sors. »

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