Bienvenue dans une guilde de monstres – Chapitre 9

Dragon soupira profondément.

Il n’avait toujours pas reçu le moindre emploi. Mais en tant que monstre le plus fort, il ne pouvait exprimer sa détresse sur quelque chose d’aussi banal.

Car après tout, les dragons étaient d’orgueilleuses bêtes.

« Salut, Dragon ! » Alors, quelqu’un l’appela.

« Maître. Comment puis-je t’être utile ? » demanda Dragon.

Il fit face à Raiz alors qu’il masquait son anxiété.

« Dernièrement, tu n’as pas l’air de bien aller. Y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? » demanda Raiz.

Mais le dompteur avait vu à travers sa façade, et la surprise fit que la bouche de Dragon s’ouvrit et qu’il souffla quelques flammes hors de sa bouche.

« Woaw ! Regarde où tu souffles ! » s’écria Raiz.

Après que Raiz avait esquivé les flammes, Dragon ferma la bouche avec sa patte avant.

« Mes excuses, Maître. Mais qu’est-ce qui te fait penser que quelque chose ne va pas ? » demanda Dragon.

Bien que son dompteur eut déjà découvert le pot aux roses, le puissant se devait de bluffer avec force en raison de sa fierté.

Il ne pouvait laisser personne connaître ses sentiments, et en particulier Raiz.

« Eh bien, tu soupires beaucoup. C’est donc assez évident, » répondit Raiz.

« … »

Raiz devina que la bête rougissait, même si son visage ne le montrait pas.

Zut ! Comment pourrais-je oublier ma taille ? pensa Dragon.

Étant donné la taille de Dragon par rapport aux autres monstres, tout le monde l’avait souvent vu soupirer dans le ranch de la guilde.

« Tout le monde s’inquiète pour toi, » déclara Raiz. « S’il y a quelque chose qui cloche, parlons-en ensemble. Après tout, je suis ton maître. »

Il aurait été facile pour Dragon d’esquiver le sujet, mais il savait comment Raiz était.

Bien qu’il soit un dragon orgueilleux, l’homme têtu qui l’avait apprivoisé n’abandonnerait jamais après un quelconque refus. Il continuerait à demander encore et encore jusqu’à ce que la situation soit résolue.

Alors, plutôt que de laisser tout le monde observer une telle scène, Dragon avait pensé que parler à cœur ouvert serait la meilleure des choses.

« Ce n’est rien de bien sérieux…, » déclara Dragon.

Et il commença à expliquer.

***

« Je comprends. Tu veux donc être utile tout comme les autres, n’est-ce pas ? » demanda Raiz.

« Exactement, » répondit Dragon.

« Mais tu es déjà en train de réduire le nombre de gros monstres dans la forêt, et la viande et les matériaux que nous recueillons grâce à toi sont essentiels à l’approvisionnement de notre guilde, » déclara Raiz. « Ne penses-tu pas que tu en fais déjà bien assez ? »

Dragon secoua négativement la tête. « Broyer des mouches pour les humains ne peut pas être considéré comme du travail. »

Raiz devina que ce n’était pas assez pour lui.

« Alors, veux-tu faire quelque chose que même un dragon peut faire ? » demanda Raiz.

« Non. Je veux faire quelque chose que je suis le seul à pouvoir faire, » répondit Dragon.

Raiz pencha la tête en réfléchissant à ça.

Le problème de Dragon était assez complexe.

Son regard était terrifiant pour les monstres faibles ainsi que les forts. Et ses monstrueuses dimensions avaient fait que tout le monde remarque son malaise.

Avoir peur des gros monstres était normal pour les roturiers, mais Dragon était à un niveau totalement différent. Il avait d’énormes griffes et des crocs, il pouvait réduire la distance avec quelqu’un en un clin d’œil, et il pourrait écraser n’importe qui avec la plus légère des frappes.

Voilà comment les personnes l’avaient vu.

Quand Raiz était venu pour la première fois à Dekuch avec lui, les gardes pensaient que leur vie était finie au moment où ils avaient vu la bête volante.

Pourtant, il voulait mettre de leur côté sa puissance raciale.

C’était essentiellement une question de confiance. Le fait de demander de l’aide aux autres monstres leur avait fait gagner de la confiance, et les citadins avaient compris à quel point ils étaient inoffensifs. Pourtant, les habitants de la ville ne jugeaient Dragon que par son apparence…

Le dompteur et la bête soupirèrent tous deux en pensant au problème se trouvant devant eux.

Malgré l’apparence effrayante des dragons, chacun d’eux avait une personnalité comme l’aurait eu un humain.

En vérité, il était plutôt loyal.

« J’ai parfaitement compris ta situation, » déclara Raiz. « Mais en attendant, j’ai besoin que tu continues à faire ce que tu peux pour que les habitants nous acceptent et nous fassent confiance. »

Dragon fut frappé par l’amertume de ces mots, mais il comprenait ce que son maître disait.

Bien qu’il soit impossible de saisir les émotions d’une race différente, ils avaient tous deux deviné les sentiments de l’autre grâce à leur lien.

« Pardonne-moi d’être si égoïste. Je vais retourner dans la forêt et voir comment la situation a évolué, » déclara Dragon.

« Bien sûr, fais de ton mieux, » déclara Raiz.

Dragon se leva après ça. « Je vais aller m’occuper d’autres monstres. »

Il était alors parti une fois de plus afin d’aider le Maître qu’il avait choisi de servir, et non pas les habitants.

Alors qu’il était en train de voler dans le ciel, de sombres nuages se profilaient au-dessus de la forêt.

« Une tempête viendra-t-elle par ici ? » se demanda Dragon.

Les monstres de la forêt retournaient tous dans leurs nids afin d’échapper à la tempête.

C’était comme si le ciel sombre représentait un mauvais présage.

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