Date a Live – Tome 1 Chapitre 2

– Ça faisait longtemps.

Dans ma tête, une voix que j’avais entendue quelque part auparavant résonna.

– Enfin, enfin on se retrouve, xxx.

Une voix remplie de nostalgie, chaleureuse.

– Je suis ravi. Mais, juste un peu plus longtemps, attends juste un peu plus longtemps.

Qui es-tu, je lui demandais, mais il ne donnait aucune réponse.

– Je ne te quitterai plus jamais. Je ne referai définitivement plus jamais d’erreur. C’est pourquoi,

Et là, la voix mystérieuse se coupa.

« … Haa ! »

Shidou reprit connaissance,

« Uwahh ! »

et lâcha un grand cri.

Eh bien évidement. Après tout, une femme qu’il ne reconnaissait pas était en train de maintenir sa paupière ouverte avec ses doigts, tout en éclairant son œil avec ce qui semblait être une lampe-stylo.

« … Mm ? Il se réveille. »

Dit la femme avec une tête étrangement fatiguée et une voix neutre et absente.

Elle semblait être en train de vérifier les mouvements des globes oculaires de l’inconscient Shidou, et donc son visage était exceptionnellement proche. Il pouvait sentir une légère odeur agréable, probablement l’odeur de son shampoing.

« Q, Qu-Qu-Qu-Qu-QUI ETES-VOUS ? »

« … Mm, aah. »

Cette femme, toujours la tête dans les nuages, se leva, balayant tristement sa frange de coté.

Comme un peu de distance fut créée entre eux deux, il devint possible de voir la femme entièrement.

Elle était vêtue d’une sorte d’uniforme militaire, et devait avoir la vingtaine. Ses cheveux en bataille, ses yeux décorés avec de larges cernes noires, et l’ours en peluche couvert de cicatrices dont la tête était pour une raison ou une autre en train de sortir de la pochette de son uniforme militaire, étaient ses principaux traits caractéristiques.

« … Je suis l’officier d’analyse ici, Murasame Reine. Malheureusement l’officier médical n’est pas là… Mais ne t’inquiète pas. Même si je n’ai pas le brevet, je peux au moins m’occuper de quelques soins simples.

« … »

Il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter.

Parce que, cette femme appelée Reine semblait clairement en moins bonne santé que Shidou.

En fait, depuis quelques temps, comme si elle dessinait un petit cercle avec sa tête, son corps se balançait en titubant.

Shidou, maintenant redressé, se rappela de ce que Reine venait juste de lui dire.

« … Ici ? »

Il demanda, regardant les alentours.

Shidou était en train de dormir sur un simple lit tubulaire. Il y avait tout autour un rideau blanc qui agissait comme une cloison de séparation. Cet endroit ressemblait à l’infirmerie d’une école.

Cependant, le plafond était un peu hors du commun. Des tubes et des fils étaient visibles.

« C-C’est où, ici… »

« … Ah, C’est le cabinet médical du <Fraxinus>. Tu étais inconscient donc nous t’avons amené ici.

« <Fraxinus>… ? Et j’étais inconscient… Ah ! »

C’est vrai, Shidou a été mêlé dans la bataille entre la fille mystérieuse et Origami, et il a été assommé.

« … Um, uhm, puis-je poser quelques questions ? Beaucoup trop de choses qui me sont incompréhensibles se sont passées… »

Dit Shidou tout en se grattant la tête.

Cependant, Reine ne répondit pas, se détournant silencieusement de Shidou.

« Ah… S’il vous plaît attendez… »

« … Suis-moi. Il y a quelqu’un que je veux te présenter… Je sais que tu as beaucoup de questions, mais je suis mauvaise pour expliquer les choses. Si tu veux plus de détails précis tu dois demander à cette personne. »

En disant cela, elle ouvrit les rideaux. Derrière les rideaux il y avait une salle un peu plus grande. Environ six lits étaient alignés, et au fond de la pièce se trouvaient quelques outils médicaux inhabituels.

Reine se tourna vers ce qui était apparemment l’entrée, et oscilla vers sa direction.

Elle trébucha immédiatement, et avec un *bang*, elle frappa sa tête contre le mur.

« … ! E-Est-ce que vous allez bien ? »

« … Uuuu. »

Elle n’est pas tombée. Reine, gémissant, s’appuya contre le mur.

« Aah, désolé. Ces derniers temps je n’ai pas suffisamment dormi. »

« Ça fait combien de temps que vous ne dormez pas ? »

Shidou demanda, et Reine, après y avoir un peu réfléchi, leva trois doigts.

« Trois jours. C’est évidant que vous devez être fatiguée. »

« … Peut-être trente ans ? »

« L’échelle est trop différente ! »

Shidou s’était même préparé à une réponse d’environ trois semaines, mais cette réponse était totalement inattendue.

Et ça outrepassait évidemment l’âge qu’elle semblait avoir.

« … Eh bien, c’est vrai que je ne me rappelle plus de la dernière fois que j’ai dormi. J’ai quelque chose comme une insomnie extrême. »

« C’est… C’est donc ça… »

« … Oh. Ahh, excuse moi, c’est l’heure de mes médicaments. »

Reine chercha soudainement dans sa poche, et y sortit une boîte de comprimés.

Elle ouvrit ensuite la boîte, et elle déversa les comprimés dans sa bouche comme si elle les buvait.

« Hé ! »

Sans aucune hésitation, le grand nombre de comprimés dans la bouche de Reine firent *crunch crunch crunch gulp*.

« … Qu’est-ce qu’il y a, tu es bruyant. »

« Combien vous en avez avalés ! Et de toute façon, c’était quoi votre médicament ?! »

« … C’était tous des somnifères. »

« Vous allez mourir ! Ce n’est pas une bonne blague ! »

« … Mais ce n’est pas très efficace de toute façon. »

« Quel genre de corps avez-vous ! »

« … Eh bien c’est sucré et délicieux donc c’est bon. »

« C’est pas du Ramune[1] à la place ? »

Après l’enchaînement de cri, Shidou expira un profond souffle.

« … Quoi qu’il en soit, par ici. Suis-moi. »

Reine remit la boîte vide dans sa poche, et une nouvelle fois elle commença à marcher avec une démarche dangereuse, ouvrant la porte du cabinet médical.

« … »

Shidou se pressa de mettre ses chaussures, et quitta la pièce en la poursuivant.

« Qu’est-ce que, c’est… »

À l’extérieur de la pièce, il y avait un édifice comme un couloir étroit.

Les murs et sols de couleur pâle et de style mécanique rappelaient sans raison à Shidou l’intérieur d’un cuirassé spatial qui apparaissait dans quelques films de space opéra[2] ou les couloirs d’un sous-marin.

« … Qu’est-ce que je suis en train de faire ? »

Shidou, ne sachant plus quoi que ce soit, commença lentement à bouger ses pieds.

Comptant seulement sur le dos de Reine qui chancelait avec des pas instables, dans le couloir qui était comme un plateau de cinéma, les pas résonnaient.

Après avoir marcher pendant un certain temps.

« … On y est. »

Au bout du chemin, en face d’une porte avec un petit panneau électrique à côté, Reine s’arrêta et dit.

L’instant d’après, le panneau électrique fit un léger *bip*, et la porte s’ouvrit tranquillement en coulissant.

« … Là, s’il te plaît entre. »

Reine marcha à l’intérieur. Shidou la suivit derrière.

« … C’est… »

Il admira le paysage de l’autre coté de la porte.

Pour expliquer en une seule phrase, c’était un endroit comme le pont d’un navire. En face de la porte que Shidou traversait, le sol s’étendait en un demi-ovale, et au centre il y avait un siège qui semblait être celui du capitaine.

En outre, des escaliers étaient gentiment inclinés sur les deux côtés menant au niveau inférieur, où les membres de l’équipage pouvaient être vus en train d’utiliser des consoles qui avaient l’air compliquées. C’était globalement sombre, et les écrans éparpillés par-ci et par-là dégageaient de la lumière, ce qui affirmait désagréablement leurs présences.

« … Je l’ai amené. »

Reine balança vertigineusement sa tête tout en parlant.

« Bon boulot. »

Le grand type se tenant à coté du siège du capitaine donna une légère révérence comme un majordome. Il avait des cheveux ondulés et un nez qui n’avaient pas l’air japonais. C’était un homme jeune avec une apparence qui pouvait apparaître dans des romans BL[3].

« Bonjour. Je suis le vice-commandant ici, Kannazuki Kyouhei. Heureux de te rencontrer. »

« O-Ok… »

Tout en se grattant la joue, il donna une petite révérence avec sa tête.

Pendant un instant, Shidou avait pensé que Reine était en train de parler à ce type.

Cependant… il se trompait.

« Commandant, l’officier d’analyse Murasame est revenue. »

Kannazuki appela, et depuis le siège du capitaine qui avait son dos face à eux, un petit gémissement fut émit, pendant que le siège se tournait lentement vers eux.

Et ensuite.

« Je te salue. Bienvenue, au <Ratatoskr>. »

La voix de celle appelée “commandant” sonnait un peu trop charmante, tandis que la silhouette d’une jeune fille portant un uniforme militaire cramoisi sur ses épaules devenait visible.

Ses cheveux était attachés par deux larges rubans noirs. Elle avait une petite carrure, des yeux aussi rond que des glands, et une Chupa Chups dans sa bouche.

Shidou regarda en fronçant les sourcils. Après tout, qu’importe de quelle manière vous la regardiez.

« … Kotori ? »

C’est vrai, qu’importe si vous vous référiez à l’apparence, à la voix, ou à l’aura qui l’entourait, bien qu’il y avait plusieurs différences, cette fille était sans l’ombre d’un doute la mignonne petite sœur de Shidou, Itsuka Kotori.

« Itsuka, Shidou. »

Marmonnant d’une faible voix que personne ne put entendre, son visage apparut dans la tête d’Origami.

Sans aucun doute, c’était le garçon de ce moment-là. Il n’a y aucun moyen que la mémoire d’Origami se trompe.

C’était un peu honteux, mais ils ne se sont rencontrés que cette seule fois, et donc on ne pouvait rien n’y faire s’il ne reconnaissait pas Origami. Depuis qu’elle est rentrée au lycée elle a essayé divers moyens pour se rapprocher de lui, mais ils ont tous échoué.

Et maintenant, il y avait un problème encore plus urgent.

« Pourquoi, était-il dans un tel endroit ? »

Elle ne pouvait pas comprendre pourquoi il était sorti dans la rue après l’alerte à la déchirure spatiale.

Et aussi… il l’avait définitivement vue.

Origami, dans l’équipement spécial, et l’Esprit.

« Sergent-chef Tobiichi, les préparatifs sont terminés ! »

« … »

À la voix soudaine du mécanicien, Origami secoua droit son visage rabaissé.

Puis elle se concentra immédiatement sur un ordre dans sa tête.

L’ordre progressait le long de la tenue faite de câblages qui enveloppait le corps d’Origami, passant par les propulseurs dans son dos, et activa le Realizer intégré.[4]

Enveloppé dans un équipement dont la forme ne semblait pas être adaptée pour voler, le corps d’Origami se mit à flotter légèrement en l’air.

JGSDF[5] : La Base de Tenguu.

Dans un hangar situé sur l’un des coins de la base, suivant les instructions du mécanicien, Origami atterrit dans son dock personnel comme si elle s’asseyait, remit les armes à leurs places respectives, et finalement, expirant un profond souffle, elle désactiva tous les Realizers.

Au même moment, le poids de l’équipement et le stress accumulé dont elle n’avait ressenti même pas un fragment il y a quelques instants pesèrent sur son corps simultanément.

Le bruit d’une machine démarra derrière elle, et les propulseurs qu’elle portait furent déconnectés.

Cependant, ce ne fut pas avant environ trois autres minutes, que Origami put partir de cet endroit.

Cela arrivait tout le temps après l’utilisation du CR-Unit. Retournant d’un état surhumain à un état normal, le corps devenait anormalement lourd.

Combat Realizer Unit[6]. Généralement appelé CR-Unit.

C’était le nom donné à l’équipement tactique qui utilisait la technologie miraculeuse, le Realizer, que les humains ont obtenu après la large déchirure spatiale d’il y a 30 ans.

Il prend les résultats calculés par ordinateurs, et en déformant les lois de la physique, il les manifeste dans le monde réel.

En gros, même si il y a quelques restrictions, c’est une technologie qui transforme l’imagination en réalité. Cela a été appelé un système qui produisait cette fameuse “magie” par des moyens scientifiques.

En même temps, c’était le seul moyen pour les humains de se battre contre les Esprits.

« Libérez le passage ! Les brancards arrivent par ici. »

Une voix hurlante vint de la droite.

Bougeant seulement ses yeux, Origami remarqua un membre d’escouade couvert avec la même tenue faite de câblages sur le brancard.

« … Fait chier, merde, cette salope… ! Je le jure, je vais la tuer putain… !

Le membre d’escouade sur le brancard gardait un bandage trempé de sang sur son front et grommelait amèrement des insultes tout en étant transporté ailleurs.

« … »

Il ne devrait y avoir aucun problème s’il pouvait jurer avec tant de vigueur. Perdant son intérêt, Origami replaça son regard où il était.

En fait, si le traitement est effectué en utilisant un Realizer à usage médical, du moment que la blessure n’est pas extrêmement grave, ça pouvait être soigné en un rien de temps. Quand Origami s’était brisée la jambe avant, le lendemain elle pouvait marcher de nouveau.

« … »

Tout en expirant un long souffle, Origami jeta un léger coup d’œil vers le haut.

Elle se rappela du combat d’aujourd’hui.

… La calamité qui détruira le monde, les Esprits.

C’était une anormalité que même un groupe de surhumains comme Origami ne pouvait espérer égratigner.

Apparaissant de nulle part, disséminant la destruction sur un coup de tête, ils étaient des monstres du même niveau que les désastres naturels.

« … »

À la fin, même le combat d’aujourd’hui finit avec l’Esprit perdu, bien que c’était plutôt l’Esprit qui avait décidé de quitter la scène.

Perdu ne veut pas dire que l’Esprit était mort.

Tout ce que ça voulait dire c’est que l’Esprit s’est échappé dans une autre dimension.

Bien qu’il y ait des archives dans les registres où il semblerait que les actions de l’AST repoussaient les Esprits, Origami ainsi que tous les autres membres directement impliqués dans le combat le savaient.

Les Esprits ne ressentent absolument aucune menace d’eux, et quand ils se perdent, c’est purement à cause d’un coup de tête des Esprits.

« … »

Son expression n’avait pas changé du tout.

Cependant, Origami se mordit fortement les molaires.

« Origami »

La voix qui provenait de l’intérieur du hangar stoppa les pensées d’Origami.

« … »

Silencieusement, elle se retourna vers la voix. Son corps ne s’était probablement pas encore habitué, comme sa tête était encore extrêmement lourde.

Le Basic Realizer[7] équipé dans la tenue faite de câblages, une fois commencé, peut étendre un territoire personnel quelques mètres autour de la personne.

Ce territoire est l’essence du CR-Unit. Comme son nom l’indique, c’est un espace dans lequel les pensées de l’utilisateur peuvent devenir réalité.

Ça a la capacité de modérer tous les impacts externes, ainsi que de permettre à la gravité à l’intérieur d’être librement contrôlée. Aussi longtemps que le territoire est étendu, les membres de l’AST peuvent devenir des surhumains.

C’est pourquoi en contre-coup, pour un court instant après l’utilisation d’un CR-Unit, il est difficile de bouger le corps librement.

« Bon Boulot. »

Là-bas, portant la même tenue faite de câblages qu’Origami, se tenait une femme à la mi-vingtaine avec sa main sur sa hanche.

Capitaine Kusakabe Ryouko. L’officière commandant l’AST à laquelle Origami appartenait.

« Tu as été super, en chassant cet Esprit toute seule… J’ai donné une stricte leçon à Tomonara et Kagaya. Ils pensaient à quoi, à battre en retraite et à te laisser seule face à l’Esprit. »

« Je ne l’ai pas fait partir. »

Origami répondit, et Ryouko haussa ses épaules.

« Eh bien, Je vais devoir le rapporter comme ça au supérieur. Si on ne montre pas quelques résultats le budget va tomber. »

« … »

« Allez, ne fais pas cette tête. Je te félicite après tout. Dans cette situation où la position d’as est encore vide, tu fais de super efforts. Aussi, si tu n’avais pas été là, le nombre de personnes supplémentaires qui seraient morts n’aurait pas été qu’un ou deux.

  • Fuuuu*, elle expira.

« Mais hé, »

Ryouko affûta son regard, attrapa la tête d’Origami et la tourna vers elle.

« Tu en as fait un peu trop. Veux-tu tant que ça mourir ? »

Avec son regard aiguisé toujours fixé sur Origami, Ryouko continua.

« Est-ce que tu comprends vraiment quel genre d’adversaire tu affrontes ici ? C’est un monstre pour l’amour de Dieu. Un ouragan avec de l’intelligence. Est-ce que tu comprends ? Dans le cadre de tes compétences, réduis les dégâts au minimum, dans le cadre de tes compétences, rends le perdu aussi vite que possible. C’est notre job. Ne t’expose pas inutilement au danger. »

« C’est faux. »

Origami répondit tout en regardant Ryouko droit dans les yeux, et une nouvelle fois elle ouvrit un peu ses lèvres.

« Battre les Esprits, c’est le devoir de l’AST. »

« … »

Ryouko fronça les sourcils.

En tant que capitaine de l’AST, elle était supposée avoir compris le nom de l’Anti Spirit Team bien mieux qu’Origami.

Parce qu’elle le comprenait, elle déclara.

… On ne peut rien faire d’autre que de réduire les dégâts.

Cependant, tout en admettant ça, Origami se répéta une nouvelle fois.

« Je vais, détruire, les Esprits. »

« … »

Ryouko lâcha un soupir, et enleva ses mains de la tête d’Origami.

« … Je n’envisageait pas d’entendre ton opinion personnelle. Pense ce que tu veux. Cependant, s’il semblerait que tu vas contre les instructions au beau milieu du champ de bataille, tu seras retirée de l’équipe. »

« Je comprends. »

Origami donna une réponse courte, leva son corps qui s’était enfin ajusté, et s’en alla.

« … Donc, ça là c’est un monstre qu’on appelle un Esprit, et ça c’est l’AST. C’est l’équipe anti-Esprit du JGSDF. Tu t’es mis dans une situation bien inquiétante. Si on ne t’avait pas récupéré, tu serais probablement déjà mort deux ou trois fois à l’heure qu’il est. Donc, ensuite… »

« A-Attends un instant ! »

Shidou leva sa voix, tentant de retenir Kotori qui avait commencé ses rapides explications.

« C’est quoi ça ? Après tous les soucis que le commandant se donne pour te fournir directement une explication. Si tu veux pleurer, fais le donc avec plus de dignité. Puisque c’est comme ça, je peux au moins te donner le privilège spécial de me lécher le bout des pieds. »

Levant légèrement son menton, avec un regard fixe qui semblait rabaisser Shidou, un torrent d’injures qui n’étaient pas digne de Kotori débordait de sa bouche.

« Vr-Vraiment ? »

La voix remplie d’une grande joie venait de celui qui se tenait debout derrière Kotori, Kannazuki. Kotori répondit immédiatement « Pas toi. » et lui donna un coup de poing sur le plexus solaire[8].

« Gah… ! »

Regardant cet échange, Shidou ouvrit sa bouche surprit.

« … Ko-Kotori… C’est toi ? Tu étais en sécurité ? »

« C’est quoi ça, as-tu oublié le visage de ta petite sœur, Shidou ? Je savais que tu étais nul pour mémoriser les choses, mais je ne m’attendais pas à ce que tu sois si mauvais. Peut-être que ce serait une bonne idée de te réserver immédiatement une place dans une maison de retraite. »

Une traînée de sueur glissait sur le visage de Shidou.

Il se pinça la joue. Ça faisait mal.

L’adorable sœur de Shidou n’était pas supposée s’arrêter de l’appeler “Onii-chan”.

Se grattant l’arrière de la tête, Shidou lâcha une voix inquiète.

« … D’une certaine manière, je suis tellement désorienté que c’est comme si l’intérieur de ma tête était devenu un Crocodile Panic[9]. Qu’est-ce qu’il se passe nom de Dieu ? Ou plutôt, où suis-je ? Qui sont ces personnes ? Aussi… »

Kotori, hochant de la tête « ok, ok », tendit sa paume et arrêta Shidou.

« Calme-toi. Si je ne comprends pas ce que tu me demandes, il n’y a aucun moyen que je puisse te répondre. »

Disant cela, Kotori pointa du doigt l’écran du pont.

Là, des images de la fille aux cheveux noirs que Shidou avait rencontrée plus tôt, mais aussi des humains en armure mécanique, étaient diffusés.

« Uhmm… tu as dit… Esprit ? »

Shidou demanda tout en se grattant la joue. Il se rappela le mot que Kotori avait utilisé dans son explication plus tôt.

Apparaissant hasardeusement sur Terre, un monstre d’origine inconnu.

« Oui. Elle est un être qui n’existe pas originellement dans notre monde. En apparaissant dans ce monde, contre sa volonté, la zone environnante est soufflée. »

Avec un “boum”, Kotori unit ses deux mains, puis elle les ouvrit, simulant une explosion.

Shidou grimaça, avec sa main toujours sur sa joue.

« … Désolé, l’échelle est un peu trop grande c’est donc dur de comprendre. »

Entendant cela, Kotori haussa ses épaules, « Tu ne comprends toujours pas après tout ça ? », et soupira.

« Ce que je suis en train de dire est que les déchirures spatiales, ou plutôt le phénomène qu’on a appelé ainsi, sont les contre-coups de l’apparition d’Esprits comme cette fille dans notre monde. »

« Qu… »

Shidou unit inconsciemment ses sourcils.

Un séisme dans l’espace ouvert. Une déchirure spatiale.

Un phénomène extrêmement excessif qui entamait l’humanité, dans ce monde.

Toutes les raisons derrière ceci, c’est cette fille… ?

« Eh bien… l’ampleur de la destruction varie. Ça pourrait être limité à quelques mètres, ou être large comme… à peu près l’étendue d’un trou géant sur le continent. »

Kotori fit un large cercle avec ses bras.

Elle était sûrement en train de parler de la première déchirure spatiale d’il y a trente ans… celle qui fut surnommée le Désastre du Ciel d’Eurasie.

« La chance était de ton côté, Shidou. Si l’échelle de l’explosion de cette fois était un peu plus large, tu aurais pu être instantanément terrassé. »

« … »

C’était effectivement comme elle le disait. Encore maintenant, le corps de Shidou se recroquevillait.

Voyant Shidou comme ça, Kotori ferma à moitié ses yeux.

« Et de toute façon, pourquoi tu es sorti alors que l’alarme était en train de sonner ? Es-tu un idiot ? Est-ce que tu voulais mourir ? »

« Non ce n’est pas… parce que tu étais, regarde ça. »

Shidou sortit son téléphone de sa poche, et montra les données de la position de Kotori. Comme attendu, l’icône de Kotori était arrêtée en face du restaurant familial.

« Hm ? Ahh, ça. »

Cependant, Kotori sortit son téléphone portable de sa poche.

« Ahh… ? Pourquoi tu as, ça ? »

Shidou regardait successivement l’écran de son téléphone portable et le téléphone portable que Kotori tenait devant ses yeux. Puisque Kotori était à cet endroit, il pensait qu’elle avait fait tomber son téléphone en face du restaurant.

Kotori haussa ses épaules, et lâcha un long soupir.

« Je me demandais pourquoi tu étais allé dehors alors que l’alerte était donnée, donc c’était la raison. Tu pensais vraiment que j’étais si stupide que ça, espèce d’idiot de frère. »

« M-Mais… Euh, pourquoi c’est… »

« C’est simple. C’est parce qu’on est en face du restaurant familial maintenant. »

« Hein… ? »

« Bien alors. Je suppose que ça serait plus rapide si je te le montre… Désactivez le filtre. »

Suivant les mots de Kotori, le pont obscur s’éclaircit immédiatement.

Néanmoins, ce n’était pas la lumière qui s’était allumée. En fait, c’était comme si un rideau sombre qui couvrait le plafond avait soudainement été enlevé.

Le ciel bleu s’étendit alors autour d’eux.

« Qu-Qu’est ce que c’est… »

« S’il te plaît ne fais pas de vacarme. L’extérieur est identique à ce que tu vois. »

« On est… là… »

« Mhmm. On est actuellement à 15 000 mètres au-dessus de la ville de Tenguu. Pour ce qui est de la localisation, ça coïncide avec le restaurant familial où on avait prévu de se retrouver. »

« On est… »

« Ouais. Ce <Fraxinus> est un dirigeable. »

En croisant les bras, Kotori lâcha un petit sourire satisfait *fufun*. C’était comme un enfant se vantant de son jouet préféré. Ou… plutôt, c’était sûrement plus proche d’une mère présentant l’enfant qu’elle avait tendrement élevé.

« U-Un dirigeable… ? C’est quoi ça nom de Dieu. Pourquoi tu es à l’intérieur d’un truc pareil ? »

« C’est pourquoi, ne t’ai-je pas dit d’écouter mes explications dans l’ordre ? Même un poisson rouge pourrait s’en rappeler dix secondes[10] après. »

« Uuuu… »

« … Cependant, penser que cet endroit serait trouvé par l’application de traçage d’un téléphone portable, on a totalement négligé ça. On a baissé notre garde après avoir appliqué “Invisibilité” et “Évitement” en utilisant nos Realizer. On devra trouver quelque chose pour ça plus tard. »

Tout en marmonnant des mots que Shidou ne comprenait pas, Kotori plaça sa main sur son menton.

« D-De quoi est-ce que tu parles ? »

« Ahh, ne t’inquiète pas pour ça. Je ne m’attendais pas à ce que tu comprennes ça de toute façon, Shidou. Après tout, ton cerveau est plus petit que celui d’un crabe. »

« … »

« Commandante. Le miso de crabe n’est pas fait avec du cerveau mais avec des tripes. »

Une goutte de sueur tomba du visage de Shidou tandis que Kannazuki disait ça sûr de lui.

« … »

Kotori bougea ses doigts, lui faisant signe de venir, et Kannazuki donna une légère révérence.

Et ensuite, *pa*, le bâton de la sucette qu’elle venait de finir fut envoyé vers ses yeux.

« Nuaaaaghh ! »

Se cramponnant à son œil, Kannazuki tomba en arrière.

« E-Est-ce que vous allez bien ? »

Il n’avait pas l’air de faire semblant. Shidou leva la voix inquiet.

Cependant, lorsqu’il s’apprêtait à se ressaisir, il s’arrêta de bouger.

Kannazuki, tombé par terre, tira un mouchoir de sa poche, et l’air fou de joie, il l’entoura calmement autour du bâton de sucette que Kotori venait juste de lui lancer.

« Désolé, je t’ai causé du souci ? Je vais bien, c’est une récompense dans notre domaine de travail. »

Disant cela, Kannazuki se redressa instantanément, et se tint parfaitement droit.

Quel genre de domaine de travail, Shidou ne voulait pas particulièrement connaître les détails.

« Kannazuki. »

« Oui. »

Kotori leva deux doigts, et Kannazuki sortit deux nouveaux bonbons et les lui passa.

« Donc, revenons au sujet. AST. C’est l’unité spécialisée dans les Esprits. »

Tout en parlant, Kotori montra un groupe de personnes qui était diffusé à l’écran.

« … Une unité spécialisée dans les Esprits… que font-ils spécifiquement ? »

En entendant le question de Shidou, Kotori leva les sourcils comme si la réponse était évidente.

« C’est simple. Si un Esprit apparaît, alors ils volent à sa rencontre et s’occupent de lui. »

« Ils s’occupent de lui… ? »

« Généralement, ils l’exterminent. »

« … ! »

Ce n’était pas que ce que Kotori lui avait dit qui l’avait surpris.

Cependant… Shidou fut attaqué par l’impression que son cœur était en train d’être tordu.

« E-Exterminent… ? »

« Ouais. »

Nonchalamment, Kotori affirma de la tête.

Shidou avala sa salive. Le son de ses battements de cœur était affreusement bruyant.

Il avait compris ce qu’ils avaient dit. Les Esprits. Ils étaient certainement une existence dangereuse.

Mais… peu importe, aller jusqu’à les tuer.

Soudainement, Shidou vit la visage de cette fille dans sa tête.

( … Après tout, tu n’es pas venu me tuer aussi ? )

Le sens caché derrière ces mots que la fille avait dit, il le comprit enfin.

En même temps que ce visage qui avait l’air de pouvoir faire tomber des larmes à tout moment.

« Eh bien, si tu considères ça normal, les avoir morts serait probablement la meilleure solution pour nous. »

Apparemment sans aucune émotion particulière, Kotori parla.

« P-Pour… quoi ? »

« Tu demandes pourquoi ? »

Avec une expression déformée, Shidou demanda comme s’il gémissait, et Kotori plaça de manière raffinée ses mains sur son menton.

« Il n’y a rien de bizarre à ce propos, si ? Ce sont des monstres. Juste en apparaissant dans ce monde ils causent des déchirures spatiales. Ce sont les plus mauvais et les plus mortels des poisons ! »

« Mais, tu ne l’as pas dit avant ? Que les déchirures spatiales n’avaient rien à voir avec leurs propres volontés. »

« C’est vrai. Au moins, on pense que l’explosion de leur première arrivée en ce monde est sans rapport avec les intentions des Esprits eux-même… Mais, les destructions ont laissé des cicatrices et il y a les victimes dues aux combats des Esprits et de l’AST. »

« … Mais ce n’est pas ce pourquoi les personnes de l’AST les attaquent ? »

« Eh bien, ça pourrait être le cas. Cependant, c’est seulement une supposition. Il se pourrait que, si l’AST ne faisait rien, les Esprits se feraient une joie de commencer leurs activités destructrices. »

« Ça… ne se produirait probablement pas. »

Kotori pencha sa tête avec émerveillement à la déclaration de Shidou.

« Tu as des preuves ? »

« Quelqu’un qui détruirait des rues pour s’amuser… ne ferait pas une tête pareille. »

Quelque chose comme ça était probablement trop vague et faible pour être appelé une preuve mais… pour aucune raison, Shidou y croyait du fond du cœur.

« Donc ce n’est probablement pas dans leurs intentions n’est-ce pas ? Mais pourtant… »

« Qu’ils le font volontairement ou non n’est pas le problème. Dans tous les cas, le fait est que les Esprits provoquent des déchirures spatiales. Ce n’est pas que je ne vois pas où tu veux en venir, mais tu ne peux pas laisser une existence aussi dangereuse qu’une bombe nucléaire seule juste parce que tu te sens désolé pour elle. Aujourd’hui s’est conclu avec seulement une petite explosion, mais on ne peut pas être sûrs que la prochaine fois ça ne sera pas du même niveau que le désastre d’Eurasie. »

« Mais même… les tuer… »

Shidou débattait obstinément, et, marmonnant « Mon Dieu », Kotori haussa ses épaules.

« Vous ne vous êtes rencontrés que pendant quelques minutes, et en plus c’était quelqu’un qui a failli te tuer, mais tu es toujours de son côté… Peut-être que, tu es tombé amoureux d’elle ? »

« T-Tu déconnes. Je me demandais seulement s’il n’y avait pas d’autre moyen. »

« Un autre moyen, hm. »

En entendant les mots de Shidou, Kotori lâcha un long soupir.

« Bon alors écoutons-le, quelle autre solution penses-tu qu’il y ait ? »

« C’est… »

Les mots s’arrêtèrent.

Dans sa tête, il avait finalement compris ce que Kotori lui avait dit.

Une aberration qui laisse de profondes cicatrices sur Terre juste en apparaissant… les Esprits.

Une telle chose doit être éliminée le plus vite possible.

Cependant, c’était seulement pour un seul instant.

Shidou en avait été témoin. Le visage de la fille, qui semblait être sur le point de pleurer.

Shidou l’avait entendue. La voix de la fille, remplie de tristesse.

… « Ahh, c’est faux », c’était ce qu’il pensait.

« … De toute façon. »

De la bouche de Shidou, des mots commencèrent à déborder naturellement.

« Si… on n’en parle pas comme il le faut avec eux une seule fois… on ne saura pas. »

La peur de faire face directement à la mort de ce moment était toujours marquée au plus profond de son être.

C’était honnêtement une peur qui ferait fuir n’importe qui.

Cependant, Shidou ne pouvait pas juste laisser la fille comme ça.

Parce qu’elle était… semblable à Shidou.

Entendant les mots de Shidou, les lèvres de Kotori s’enroulèrent en un sourire espiègle.

C’était comme si elle était en train de dire « J’attendais ces mots ».

« Je vois. Donc, laisse moi t’aider. »

« Hm… ? »

Alors que la bouche de Shidou était grande ouverte, Kotori ouvrit largement ses bras.

Reine, et Kannazuki, et l’équipage déployé en bas, et aussi le dirigeable, le <Fraxinus>, c’était comme si elle les désignait tous.

« J’ai dit, on va t’assister sur ça. Tout le pouvoir du <Ratatoskr> se dirigera vers le support de Shidou. »

Avec un mouvement élégant, Kotori plaça ses doigts sur ses genoux.

« D-De quoi tu parles. Je n’ai pas… »

« Laisse moi répondre à ta première question. Celle à propos de qui nous sommes. »

Comme pour repousser les questions de Shidou, Kotori leva sa voix.

« Ok ? Il y a en gros deux façons pour pouvoir interagir avec les Esprits. »

« Deux… ? »

Shidou demanda, Kotori donna un hochement de tête exagéré, et leva ensuite son index.

« La première, c’est l’approche utilisée par l’AST. La méthode de leur extermination à travers un affrontement de puissance. »

Suivant cela, son majeur se leva aussi.

« L’autre est… la méthode de la discussion avec les Esprits. On est <Ratatoskr>. On est une organisation créée afin de résoudre les déchirures spatiales sans tuer les Esprits, à travers la conversation. »

« … »

Shidou resserra ses sourcils de réflexion. Le but exact de cette organisation, et la raison pour laquelle Kotori faisait partie de cette organisation, il y avait tant de questions dans sa tête, mais… pour le moment, il posa la question qui était la plus présente dans son esprit.

« … Donc, pourquoi une telle organisation va me soutenir ? »

« Tu te trompes sur toute la ligne. Dans un premier temps, l’organisation appelée <Ratatoskr> est une organisation créée pour le bien de Shidou. »

« Ha, haaaa… ?! »

Shidou a exprimé un abattement magnifique, et lâcha une voix hystérique.

« Attends deux secondes. Maintenant je suis plus désorienté qu’avant. Pour mon bien ? »

« Oui. Eh bien, il serait plus correct de dire que c’est une organisation qui fixe le rôle de Shidou dans les négociations avec les Esprits afin de résoudre le problème des Esprits. De toute façon, c’est une organisation qui n’existerait pas si Shidou n’existait pas. »

« A-Attends. Qu’est-ce que tu veux dire ? Est-ce que toutes ces personnes ont été réunies pour cette raison ? Ou plus important, pourquoi moi ! »

Shidou demanda, et tout en faisant rouler le bonbon autour de sa bouche, Kotori murmura.

« Mm, eh bien, Shidou est spécial. »

« Ce n’est pas une explicationnnnnnnn ! »

Incapable de résister, il cria.

Cependant Kotori sourit bravement, et fit un mouvement de haussement d’épaules.

« Oh eh bien, au final, tu comprendras la raison. Ce n’est pas bien ? Je suis en train de dire que nous, tous les membres et toute notre technologie, soutiendrons tes actions. Ou… as-tu l’intention de te dresser entre les Esprits et l’AST sans préparation ? Tu mourras, c’est sûr. »

Kotori fronça ses sourcils et parla d’une voix froide. Sans le remarquer, Shidou retint son souffle.

C’était comme Kotori l’avait dit. Shidou était juste en train de chanter ses idéaux et ses espoirs, mais il n’avait aucun moyen de les rendre réalité.

Les choses qu’il voulait dire étaient si nombreuses qu’on aurait dit qu’elles pouvaient déborder depuis l’intérieur de sa gorge, mais il parvint d’une manière ou d’une autre à l’endurer, et demanda seulement ce qui pouvait faire avancer le sujet.

« … Donc pour ça, la méthode de la conversation, qu’est-ce qui doit être fait en particulier ? »

Un petit sourire flotta sur le visage de Kotori.

« À propos de ça. »

Elle plaça ensuite ses mains sur son menton,

« Fais en sorte que l’Esprit… que la fille tombe amoureuse de toi. »

Avec un sourire suffisant, elle dit fièrement ça,

Après quelques secondes.

« … Quoi ? »

Une goutte de sueur tomba du visage de Shidou tandis qu’il fronçait ses sourcils.

« … Désolé, je n’ai pas vraiment compris. »

« Comme je l’ai dit, deviens ami avec elle, parle avec elle, flirt avec elle, sors avec elle, et rends-la folle amoureuse de toi. »

Entendant Kotori dire cela comme si c’était rien, Shidou cacha sa tête avec ses mains.

« … Hm, et pourquoi ça résoudrait le problème des déchirures spatiales ? »

Kotori plaça un seul doigt sur son menton et avec un « Mmmm » elle fit geste qu’elle était en train de penser.

« Si on veut une solution pour les déchirures spatiales sans utiliser la force, alors on doit convaincre l’Esprit non ? »

« Ça semble correct. »

« Pour ça, ne serait-il pas plus rapide de faire en sorte que l’Esprit aime ce monde ? Oh, ce monde est si merveilleux~, s’ils deviennent comme ça, alors même un Esprit n’irait au hasard saccager tout qu’il voit. »

« Je vois. »

« Ainsi, eh bien, ne le dit-on pas souvent ? Si tu tombes amoureux alors le monde entier te semble plus beau. Et donc, sors avec elle, et rends la fille amoureuse de toi ! »

« Non, il y a quelque chose qui ne va pas en suivant cette logique. »

Il était évident que cette logique allait tomber à l’eau. Tandis qu’une trace de sueur descendait le visage de Shidou, il commenta.

« J-Je ne peux pas aller jusqu’au bout d’une telle chose… »

« Tais-toi poule mouillée. »

Alors que Shidou tentait d’exprimer sa plainte, Kotori la couvrit d’un voix forte qui ne lui laissait pas le choix.

« Je ne permettrai pas à l’AST de tuer les Esprits~, il doit y avoir un autre moyen~, mais je n’aime pas la manière du <Ratatoskr>… ? Si tu as l’intention d’être naïf alors fais-le au moins avec modération satané cafard. Qu’est-ce que tu peux faire par toi-même ? Sache où sont tes propres limites. »

« Ugghh… »

« Je n’ai pas besoin de l’autorisation de ce que tu as sous le pantalon. Mais, si tu ne veux pas tuer les Esprits… alors tu n’as pas le choix sur la méthode. »

Pour une raison ou une autre, un sourire diabolique flottait sur le visage de Kotori.

En réalité, c’était comme elle le disait.

Sans pouvoir ni support, même si Shidou voulait parler avec cette fille Esprit une nouvelle fois, ça ne serait pas possible.

La méthode de l’AST est hors de question… même le groupe de Kotori voulait probablement piéger les Esprits pour son gain personnel, vu que c’était la seule raison auquel il pouvait penser.

Cependant… le fait est qu’il n’y avait pas d’autre moyen.

« … Je comprends. »

Shidou hocha de la tête amèrement, et le sourire de Kotori remplit son visage.

« … Yoroshiku. En regardant les données disponibles actuellement, la prochaine fois qu’un Esprit va apparaître sera au moins dans une semaine. On commencera l’entraînement demain. »

« Hein… ? Un entraînement… ? »

Shidou s’exprima, abasourdi.

Le lendemain.

« Suis-moi. »

« Hein ? »

Soudainement,

Origami attrapa la main de Shidou, tandis qu’il laissa échapper une voix confuse.

« Ah, a-attends… »

Sa chaise se renversa en fracas, et il fut traîner hors de la salle de classe par Origami.

Derrière lui, Tonomachi restait la bouche grande ouverte, et pour une raison ou une autre plusieurs groupes de filles s’agitaient en faisant *kyaa, kyaa*.

Tout en s’imaginant qu’une autre rumeur allait commencer à se rependre aux alentours, Shidou suivit Origami. Eh bien, au moins, c’est bien mieux que d’être aperçu comme étant “le meilleur couple” avec Tonomachi, se dit-il.

Mardi 11 Avril.

La veille, Shidou avait assisté à une scène étrange et inimaginable.

Au final, après cela, Shidou fut conduit vers une autre pièce où il reçut une explication détaillée de la situation, qui dura jusqu’à tard dans la nuit par un homme qu’il ne connaissait pas (honnêtement, il ne se rappelait plus vraiment de la dernière partie), et après avoir signé divers formulaires, il avait finalement été autorisé à rentrer chez lui.

Sans même prendre un bain il se jeta sur son lit, et avant qu’il ne le remarque c’était déjà le matin.

Il a traîné son corps mou à l’école, et a enduré les cours tout en frottant ses yeux fatigués, et sa journée s’est enfin finie… pensait-il au moment où l’événement se produit.

Sans un mot, Origami montait les escaliers jusqu’à rejoindre la porte fermement verrouillée du toit, et lâcha enfin sa main.

Le vacarme des élèves sortant de cours semblait si affreusement loin.

Bien qu’il y avait quelques personnes à moins de dix mètres, on aurait dit que c’était un endroit désolé, isolé.

« Hein, euhh… »

Même s’il n’avait aucun sentiment particulier pour Origami, pour une raison ou une autre, être amené dans un tel endroit par une fille, il se sentait embarrassé. Le regard de Shidou était vague.

Cependant, tout d’un coup,

« Hier, pourquoi tu étais dans un endroit pareil ? »

Elle parla tout en regardant Shidou droit dans les yeux.

« Eh bien, il semblait que ma sœur n’avait pas encore rejoint d’abri malgré l’alarme qui sonnait, donc je la cherchais… »

« Je vois. Tu l’as trouvée ? »

Shidou répondit, et avec son visage impassible, ne montrant même pas un air surpris, Origami répondit.

« … A-Ah… Ouais. »

« Je vois. C’est bien. »

Après avoir dit ceci, les lèvres d’Origami continuèrent de bouger.

« Hier, tu m’as vue. »

« A-Ahh… »

« Ne le dis à personne. »

Alors que Shidou était sur le point de confirmer ce qu’elle venait de dire, Origami lui dit ceci d’une voix autoritaire.

“Je me demande comment elle réagirait si je lui répondais « Si tu ne veux pas que tout le monde le sache alors tu as intérêt à écouter ce que je te dis, héhéhé » “, pouvait-on dangereusement lire sur le visage de Shidou.

Mais comme prévu, Shidou n’avait pas autant de courage. Il inclina lentement sa tête en avant.

« De plus, ce n’est pas qu’à propos de moi, mais de tous ceux que tu as vus ou entendus hier. Ça serait mieux si tu pouvais tout oublier. »

Elle était sans aucun doute… en train de parler de l’Esprit.

« … Tu veux parler de cette fille ? »

« … »

Origami regarda simplement silencieusement Shidou.

« H-Hé… Tobiichi. Cette fille… »

Il avait déjà entendu parler des Esprits de la part du <Ratatoskr>, mais Shidou lui demanda quand même.

Au final, c’était uniquement le point de vue de Kotori et de son organisation. Si c’était celui des personnes comme Origami, qui avaient croisé le fer avec eux, il pensait qu’ils allaient probablement avoir un avis différent là-dessus.

« C’était un Esprit. »

Origami donna une courte réponse.

« C’est une chose que je dois vaincre. »

« … Cet Esprit, est-ce une mauvaise personne… ? »

Shidou tenta de lancer la question.

Quand il le fit, c’était bref, mais il pensait avoir vu Origami se mordre les lèvres.

« Mes parents… il y a cinq ans, ils ont été tués par un Esprit. »

« … Qu… »

La réponse inattendue bloqua les paroles de Shidou.

« Je ne veux pas qu’il y ait davantage de victimes comme moi. »

« … C’est, donc ça… »

Shidou plaça sa main sur sa poitrine.

Il essayait d’une quelconque manière de calmer les battements intenses et profonds de son cœur.

Cependant, une pensée troublante lui vint soudainement à l’esprit. Tout en se grattant la joue, il demanda à Origami, qui le regardait toujours droit dans les yeux.

« Maintenant que j’y pense, Tobiichi… à propos des Esprits, et des trucs du genre, est-ce que ce n’est pas embêtant pour toi de parler d’eux… ? Eh bien, bien que je te l’ai demandé… »

« … »

Origami resta silencieuse quelques instants.

« Aucun problème. »

« C-C’est donc comme ça ? »

« Si tu n’en parles à personne. »

« … Et si j’en parle ? »

« … »

Une nouvelle fois, ses mots s’arrêtèrent quelques instants.

« Ça serait problématique. »

« Je vois… ça ne serait pas bon… Je te le promets, je ne le dirai à personne. »

Avec un hochement de tête, Origami approuva.

À la fin de la conversation, Origami détourna son regard de Shidou, et descendit les escaliers.

« … Fuuu… »

Ne voyant plus le dos d’Origami, Shidou s’appuyait sur le mur et lâcha un soupir. Bien qu’ils n’aient fait que parler, il éprouvait un très grand stress.

« Ses parents, tués par un Esprit… hein. »

*Pong*, il se frappa la tête contre le mur, et murmura.

Les Esprits étaient considérés comme des calamités qui détruiront le monde. Une telle chose… s’est probablement déjà produite.

« … J’étais un peu trop naïf, après tout… »

Origami et Kotori, même si leurs chemins étaient différents, elles agissaient selon leur conviction.

Mais qu’en est-il de Shidou ?

Les dures paroles qu’il a dites à Kotori hier, pouvait-il dire la même chose à Origami ?

« … »

*Haaa*, il lâcha un souffle. Il ne pensait pas avoir tort dans ses décisions, mais il éprouvait un sentiment complexe.

Puis, lorsque Shidou s’apprêtait à descendre les escaliers.

« Aaaaaaaaaaaaaaah !! »

Venant du couloir, il entendit le cri d’une élève.

« … ?!  Qu-Qu’est-ce qu’il y a ? »

Bondissant à la hâte les escaliers et jetant un coup d’œil, il vit que quelques élèves s’étaient rassemblés dans le couloir.

Au milieu, il remarqua une femme vêtue d’une blouse blanche effondrée par terre.

« Qu-Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

« Cette femme semble être une nouvelle professeure, et… elle est soudainement tombée… ! »

Je leur demandais, et la fille à proximité répondit rapidement.

« Je n’ai pas vraiment compris, mais pour le moment, ramenons l’infirmière… »

Tandis que Shidou commençait à rétablir la situation, la femme écroulée dans une blouse blanche attrapa sa jambe.

« Ou-Ouaaaah ?! »

« … Ne vous inquiétez pas pour moi. J’ai juste trébuché. »

Tout en parlant, la femme souleva lentement son visage qui était collé au sol.

« V-Vous êtes… ! »

Une longue frange, et d’épaisses cernes. Elle portait des lunettes, mais il n’y avait aucun moyen pour qu’il puisse oublier ce visage.

« … Hm ? Ahh, tu es… »

La femme, l’Officier Analyste du <Fraxinus>, Murasame Reine, dit en se remettant lentement sur ses deux pieds.

« Qu-Qu’est-ce vous faites dans un tel endroit… ? »

« … Tu ne vois pas ? Je suis devenue professeure. Plus spécifiquement, je vais enseigner la physique, mais je vais aussi devenir l’assistante du professeur principal de la classe 2-4. »

Tout en exposant son badge sur sa poitrine, Reine répondit. D’un autre coté, l’ours en peluche couvert de cicatrices sortait de la poche de poitrine directement au dessus du badge.

« Non, il n’y a aucun moyen que je sache ça ! »

Un cri… à ce stade, Shidou remarqua qu’étrangement tous les regards étaient pointés vers eux.

« Ah… I-Il semblerait que cette personne va bien. »

Il tendit son bras et aida Reine à se lever.

« … Mm, merci. »

« Pas de soucis. Discutons un peu tout en marchant. »

Prêtant attention à ses alentours, Shidou proposa.

Marchant au même rythme que Reine, ils partirent d’un pas lourd.

« Uhm, Officier Analyste Reine ? »

« … Mm, ahh, appelle-moi juste Reine. »

« Hein ? »

« … Je vais aussi t’appeler par ton prénom. On dit que la coordination et la coopération est le fruit de la confiance. »

Reine hocha quelques fois de la tête, et regarda le visage de Shidou.

« Uhm, tu étais… Shintarou, c’est ça ? »

« Pas du tout ! »

Il n’y avait aucune confiance là-dedans.

« … Bon alors Shin, cela peut paraître soudain. »

« Qu’est-ce qu’il y a avec ce splendide changement de sujet ?! Ou plutôt vous m’avez même donné un surnom bizarre ! »

Ses cris jaillirent. Cependant, Reine continua comme si elle n’avait pas entendu les mots de Shidou.

« … La préparation de l’entraînement dont Kotori parlait hier est fini. Je te cherchais. C’est parfait, dirigeons-nous sans plus attendre vers le bureau de physique. »

Tout ce que dirait Shidou maintenant serait inutile, donc il abandonna toute riposte, et après un gros soupir, lui posa une nouvelle question.

« Je vais faire quoi exactement pour cet entraînement ? Uhm… Reine-san. »

« … Hm. Je l’ai entendu de Kotori, mais Shin, il semblerait que tu n’aie jamais fréquenté de fille avant non ? »

« … »

Ma chère sœur, pourquoi tu divulgues les aventures de ton frère avec les femmes (même s’il n’y en a aucune) à tout le monde ?

Une veine sortait du visage de Shidou et il donna un hochement de la tête ambigu.

« … Ce n’est pas comme si je veux te faire culpabiliser. C’est très bien d’avoir une solide morale… Mais, ça ne va pas t’aider quand tu vas séduire les Esprits. »

« Ugh… »

Renfrognant, il poussa un gémissement.

C’était probablement quand ils passaient à coté de la salle des professeurs, quand…

« … Ah ? »

Shidou vit quelque chose d’étrange et s’arrêta.

« … Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Regardez-ça… »

De là où il regardait, la professeure principale Tama-chan était en train de marcher ; derrière elle, une minuscule ombre avec des cheveux séparés en deux se retourna à ce moment-là.

« Ah ! »

Peut-être qu’elle a remarqué le regard de Shidou, mais la minuscule ombre, le visage de Kotori s’éclaircit soudainement.

« Oniii-chaaaaaaan ! »

Sur-le-champ, comme si aspirée vers lui, Kotori lança une attaque surprise sur le ventre de Shidou.

« Hagaa… ! »

« Ahahaha, tu as dit hagaa ! C’est le maire ! Ahahahaha ! »[11]

« Ko-Kotori… ?! Pourquoi es-tu dans ce lycée… »

Shidou demanda tout en retirant d’une certaine manière Kotori qui s’était accrochée à son ventre, et de derrière Kotori, l’enseignante Tama-chan se pressa de venir.

« Ah, Itsuka-kun. Ta sœur est venue, et donc on était justement sur le point de l’annoncer. »

« A-Ahh… »

Jetant un coup d’œil, Kotori portait les chaussons pour les invités, et avait un laissez-passer pour les invités sur la poitrine de l’uniforme scolaire de son collège. Il semblerait qu’elle soit entrée à l’école après avoir correctement suivi les règles.

« Oh, madame, merci ! »

« Mais de rien. »

L’enseignante retourna un sourire à Kotori qui agitait énergiquement sa main.

« Oh là là, quelle adorable petite sœur. »

« Haa… ouais. »

Alors qu’une goutte de sueur glissait sur son visage et avec un sourire amère, Shidou donna une réponse ambiguë.

Après avoir souri et avoir fait un salut de la main à Kotori, l’enseignante s’en alla vers la salle des professeurs.

« … Donc, Kotori. »

« Hein, Quoii ? »

Tout en ouvrant ses yeux arrondis, Kotori pencha sa tête.

Ce comportement appartenait à la mignonne petite sœur que Shidou connaissait.

« Toi… ces trucs la nuit dernière, comme le <Ratatoskr>, ou les Esprits… »

« Parlons de ça une autre fois. »

Sa voix avait le même ton que d’habitude, mais pour une raison inconnue, elle semblait exercer une sorte de pression, c’est pourquoi Shidou se tut.

Puis, venant de derrière Shidou, la voix calme de Reine résonna.

« … Tu es en avance, Kotori. »

« Mm, parce que j’ai quitté le <Fraxinus> à mi-chemin. »

Même si elle avait dit de parler de ça plus tard, elle a dit le nom du dirigeable comme si de rien n’était.

Sentant que c’était une peu irrationnel, Shidou plaça une main sur son front.

Regardant cela avec un sourire insouciant, Kotori descendit les escaliers comme si elle guidait Shidou.

« De toute façon, hé, onii-chan. On y va ? »

En disant cela, Kotori tirait sa main.

« Wh… Whoa, j’ai compris alors ralentis. »

Il se faisait beaucoup traîner par les filles aujourd’hui. Tout en pensant tranquillement à ce genre de chose, ils arrivèrent à leur destination.

Troisième étage du bâtiment et de l’école, bureau de physique.

« Allez, rentre, rentre~♪ »

« Ne le dis pas comme “hey ho”! »[12]

Incité par Kotori, Shidou ouvrit la porte coulissante.

Tout de suite après, il fronça ses sourcils et se frotta les yeux.

« … Hé. »

« … Quoi ? »

Reine répondit au mots de Shidou en inclinant sa tête.

« C’est quoi cette salle ? »

Le bureau de physique n’était pas une salle où les étudiants rentraient normalement, et en fait, Shidou n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait contenir.

Mais, il l’a déjà clairement compris.

… Ce n’était pas le bureau de physique.

Après tout, le champ de vision de Shidou était rempli par un grand nombre d’ordinateurs, d’écrans et de divers appareils électroniques qu’il n’avait jamais vus avant.

« … Ce sont les équipements de la salle ? »

« Pourquoi tu réponds avec une question ! Ou plutôt avant ça, ce n’est pas le bureau de physique ? Qu’est-il arrivé au professeur responsable de cet endroit ! »

C’est vrai. A l’origine, c’était supposé être le seul endroit, autre que les toilettes, où le gentil et honnête professeur de physique âgé Chousoka Beshiyouichi (surnommé chapeau de pierre née[13]) pouvait se relaxer.

Maintenant, la silhouette du professeur Chousoka Beshiyouichi ne pouvait être vue nulle part.

« … Ahh, lui. Hmm. »

Reine plaça sa main sur son menton et donna un petit hochement de tête.

« … »

« … »

« … »

« … »

Et ainsi, quelques secondes s’écroulèrent.

« … Oh eh bien, rester ici ne changera rien. Rentre s’il te plaît. »

« C’est quoi la suite du “hmm” ?! »

Quelle incroyable capacité à ignorer les choses. C’est une compétence que le peuple japonais devrait absolument apprendre de nos jours.

Reine fut la première à entrer dans la salle, et s’assit sur une chaise placée au fond de la salle.

Ensuite, Kotori entra dans la salle à son tour, en passant devant Shidou.

Puis, d’une façon très accoutumée, elle libéra ses cheveux attachés par des rubans blancs et les rattacha avec des rubans noirs qu’elle avait sortis de sa poche.

« Pfiou. »

Et quand elle le fit, c’était comme si l’aura entourant Kotori changeait.

Elle desserra ensuite lentement le col de son uniforme, et s’écroula sur une chaise proche de Reine avec un gros bruit sourd.

Et puis, du sac qu’elle portait, Kotori sortit ce qui semblait être un petit classeur.

À l’intérieur, alignés à la merveille dans une boite, se trouvait plusieurs saveurs de Chupa Chups.

C’était le fameux porte-bonbons.

Kotori en choisit un, le mit dans sa bouche, et envoya un regard qui semblait rabaisser Shidou, qui était toujours debout à l’entrée de la salle.

« Tu vas rester encore combien de temps debout comme ça, Shidou ? Ou essayes-tu de devenir un épouvantail ? Tu ferais mieux d’abandonner. Avec ton visage stupide, je ne pense pas que tu sois capable de chasser les corbeaux. Ah, mais puisque c’est si répugnant peut-être que, d’un autre coté, les humains ne s’approcheront pas de toi. »

« … »

Voyant sa sœur qui s’était transformée en une reine en quelques secondes, Shidou plaça sa main sur son front.

Le changement de ruban a probablement activé un interrupteur qui change son état d’esprit.

C’était comme quand on retournait un pion au Reversi, de manière impressionnante comme Dr. Jekyll & Mr. Hyde.

« … Kotori, laquelle des deux est ta vraie personnalité… ? »

« Tu es vraiment rude. Tu ne seras jamais populaire avec les femmes à ce rythme. Ahh, c’est donc pour ça que tu es toujours puceau. Je suis désolé d’avoir fait remarquer une chose si évidente. »

« … Hé. »

« D’après les statistiques, plus d’un homme sur deux qui ont atteint leur vingt-deuxième anniversaire sans jamais être sorti avec une fille reste puceau toute leur vie. »

« Ça veut dire que j’ai encore cinq ans ! Ne sous-estime pas le futur moi ! »

« Les personnes qui parlent uniquement des possibilités et de leur espérance de vie, à la fin, la seule chose qu’ils disent c’est ‘Je vais travailler dur à partir de demain’. »

« Guh… »

Réalisant qu’il ne pouvait pas gagner ce débat, il serra ses dents et ferma la porte.

« … Bon, de toute façon Shin, l’entraînement est sur le point de commencer. S’il te plaît assieds-toi là-bas. »

Disant cela, Reine indiqua une chaise située entre elle et Kotori.

« … Ok. »

Shidou avait déjà réalisé que toutes ses plaintes seraient inutiles, et donc il suivit leurs instructions et il s’assit sur la chaise.

« Maintenant, commençons immédiatement la tort… *cough* *cough*, commençons l’entraînement. »

« Tu viens juste de dire “torture” n’est-ce pas. »

« Tu t’imagines des choses. Reine. »

« … Ahh. »

Kotori parla, et Reine approuva tout en croisant ses jambes.

« … Quelle que soit tes intentions, afin que tu puisses te joindre à nos plans, tu dois au minimum remplir une certaine condition. »

« C’est quoi ? »

« … Pour l’expliquer de manière simple, tu dois t’habituer à interagir avec les filles. »

« Interagir avec les filles… hein ? »

« … Ahh. »

Reine hocha de la tête. Pour une raison ou une autre, on aurait dit qu’elle était sur le point de s’endormir à tout moment.

« … Tu ne dois pas seulement briser la garde de ta cible, mais afin de gagner son affection, établir une conversation est essentiel. Même si on peut te donner des instructions sur les lieux où aller et sur quoi dire… si la personne en question est stressée alors ça ne va pas marcher. »

« Une conversation avec une fille… ça ne peut pas être aussi dur. »

« Je me le demande. »

Kotori attrapa soudainement la tête de Shidou, et la poussa fortement dans les seins de Reine.

« … ?! »

« … Mm ? »

Reine lâcha un étrange bruit.

Ses joues étaient attaquées par une sensation douce et chaleureuse, et avec cela, un parfum qui semblait lui faire fondre le cerveau traversait son nez. Shidou retira instantanément la main de Kotori de sa tête et releva sa tête d’un coup.

« … Qu-qu-qu-qu’est-ce tu fais… ! »

« Hmm, ce n’est pas bon, huh. »

Kotori haussa ses épaules de façon moqueuse.

« Tu comprends maintenant non ? Si tu ne peux pas supporter quelque chose comme ça alors ce n’est vraiment pas bon. »

« Non, cet exemple est clairement étrange non ?! »

Cependant Kotori n’avait pas l’intention de l’écouter, tandis qu’elle secouait sa tête de déception.

« Vraiment, tu es un triste puceau, huh. Oh là là, est-ce que je viens juste de penser que tu étais un peu mignon ? »

« L-La ferme. »

« … Eh bien, c’est bon non ? C’est à cause de ça qu’on est venus ici après tout. »

Disant cela, Reine croisa ses bras. Sa poitrine naturellement formidable en était encore plus accentuée.

Ou plutôt, elle “chevauchait” ses bras.

« … »

Pour une raison ou une autre, la regarder le gênait, puis sans le remarquer ses yeux se baladait.

Un entraînement pour s’habituer aux femmes.

Les mots dits par Reine traversaient l’esprit de Shidou.

En outre, c’est plus ou moins devenu “comment éviter d’être nerveux dans des situations érotiques”… ou quelque chose du genre.

Kotori et Reine, qu’est-ce qu’elles ont exactement prévu de faire faire à Shidou ici…

« Ravale ta salive. C’est dégoûtant. »

Plaçant ses coudes sur le bureau, Kotori dit avec les yeux à moitiés fermés.

« … ! N-Non ce n’est pas ce que tu crois Kotori ! J-Je n’étais pas… »

« … Oh eh bien, on ne devait pas immédiatement commencer ? »

Coupant la conversation entre Kotori et Shidou, Reine remit correctement ses lunettes.

« Haa, a-attendez, je ne me suis pas encore préparé… »

Avec sa voix tremblante à cause du stress, Shidou redressa son dos.

Sans lui prêter attention, Reine marmonna « … Mm », et comme tout à l’heure elle se rapprocha de Shidou.

Comparée à la fois précédente où ils étaient rentrés en contact sans aucun avertissement, son cœur battait beaucoup plus rapidement.

Ahh, quoi ? Qu’est-ce qu’elle va faire au juste … ?!

Avec son cœur battant comme ça il ne pouvait même plus bouger. Tout en faisant une expression digne d’un protagoniste d’un shōjo des années 80, Shidou ferma fermement ses yeux.

Cependant, qu’importe à quel point il attendait, rien ne se produisait.

Ouvrant ses yeux et jetant un coup d’œil, Reine a simplement allumé l’écran sur le bureau.

« Hein… ? »

Tandis que Shidou fixait d’un air ahuri l’écran, le mot “Ratatoskr” adorablement dessiné apparut à l’écran.

Ensuite, avec un air pop, de jolies filles aux cheveux colorés furent montrées dans l’ordre, et un logo qui semblait être le titre, “Donne-moi de l’amour, mon petit Shidou”, bougeaient en rythme.

« C-C’est… »

« … Ouais. C’est ce qu’on appelle un jeu de simulation de drague. »

« C’est un galge[14] ?! »

Shidou lâcha un cri perçant.

« Oh là là, tu t’imaginais quoi ? Il semblerait que seul ton imagination soit de première classe, dégouttant. »

« … N, c-c’est… »

Cherchant ses mots… d’une manière ou d’une autre il parvint à calmer les battements de son cœur en se raclant la gorge.

« J-J’étais juste, en train de me demander si quelque chose de ce genre comptait réellement comme de l’entraînement… »

Silencieusement, Kotori le regarda comme si elle voyait quelque chose de sale.

Il souhaitait qu’elle dise au moins quelque chose. Ce silence, ce silence est insupportable.

« … Eh bien, ne dis pas ça s’il te plaît. C’est simplement la première étape de l’entraînement. De plus, ce n’est pas quelque chose que tu peux trouver en magasin, il a été créé par toute l’équipe du <Ratatoskr>. Cela reproduit de façon réaliste des situations qui peuvent se passer dans la réalité. Ça devrait au moins être capable de te préparer. Au passage, c’est 16+. »

« Ahh… donc ce n’est pas 18+. »

Shidou disait cela sans aucune signification particulière, et Kotori le regarda d’un regard plein de dégoût.

« Tu es le pire. »

Puis, Reine se gratta la tête.

« … Shin, tu n’as pas 16 ans ? Tu ne devrais pas être autorisé de jouer à des jeux 18+, si ? »

« Mais ce n’est pas subitement différent de ce que vous avez dit il y a quelques instants ?! »

Il cria, mais Kotori et Reine ne semblaient pas vouloir lui répondre.

« … Mm, alors commençons. »

« D’accord, d’accord… voyons. »

Malgré le pressentiment que quelque chose clochait, Shidou prit la manette dans ses mains comme incité.

Jouer à un galge alors que ta sœur et ta professeure te regardent, quel genre de châtiment est-ce, pensa-t-il.

Parcourant rapidement le monologue du protagoniste, le jeu avançait.

Puis, l’écran devient soudainement sombre.

« Bonjour, onii-chan ! C’est une belle journée qui s’annonce aujourd’hui ! »

En même temps que ces mots, un joli CG[15] apparut à l’écran.

Une petite fille, probablement la petite sœur du protagoniste, était dessinée penchée.

Ou plutôt, elle était en train de marcher sur le protagoniste endormi.

Avec sa culotte complètement visible.

« Ce n’est pas possible !! »

Tout en serrant la manette, Shidou haussa la voix.

« … Qu’est-ce qu’il y a Shin ? Il y a un problème ? »

« Vous n’avez pas dit que cela reproduisait des situations qui pouvaient se passer dans la réalité ?! »

« … C’est vrai, il y a quelque chose de bizarre ? »

« Bizarre ou pas, un truc pareil ne pourrait… jamais… »

S’arrêtant au milieu de sa phrase, de la sueur apparut sur le front de Shidou.

Il a réalisé que pour une raison ou une autre, une expérience extrêmement similaire semblait s’être produite hier matin justement. »

« … Quoi ? »

« … Ne vous en faites pas, ce n’est rien. »

Tout en ayant l’impression que quelque chose clochait énormément, Shidou reprit le jeu.

Après avoir un peu avancé le texte, quelques mots apparurent au milieu de l’écran.

« Hein… ? C’est quoi ça ? »

« Mm, ce sont des choix. Tu choisis la prochaine action du protagoniste parmi l’un d’entre eux. Tes points d’affections varieront selon ton choix, alors fais attention. »

Disant cela, Kotori montra du doigt le coin de l’écran en bas à droite. Là-bas, il y avait un objet comme un compteur avec son pointeur sur zéro.

« Hmm… je vois. Donc c’est bon si je choisis juste l’un d’entre eux non ? »

Shidou détourna ses yeux du compteur de point d’affection et regarda les choix.

① « Bonjour. Je t’aime Ririko. » Embrasse tendrement ta sœur.
② « Je suis réveillé. Ou plutôt, tu m’as totalement réveillé. » Traîne ta sœur dans le lit.
③ « Je t’ai eue, idiote ! » Attrape la jambe qui t’écrase, et réalise une prise de soumission.

« … C’est quoi ces trois choix, nom de Dieu ?! Il y a quoi de réel la-dedans ?! Je n’ai jamais fait l’un de ces trucs ! »

« Peu importe, mais le temps limite est presque écoulé. »

« Hein… ?! »

Comme l’a dit Kotori, le nombre affiché sous les choix était progressivement en train de diminuer.

« … Je suppose que je n’ai pas le choix. »

Dit Shidou comme s’il poussait un gémissement, et il choisit le choix le plus normal, ①.

« Bonjour. Je t’aime Ririko. »

Je pris tendrement ma sœur, Ririko dans mes bras.

Alors qu’elle était dans mes bras, le visage de Ririko se remplit immédiatement de mépris, et elle me poussa au loin.

« Eh… hé, quoi, tu vas arrêter ça ? C’est répugnant. »

Le compteur de points d’affection chuta jusqu’à -50.

« C’était supposé être réel ! »

Tout en frappant la manette sur son genou, Shidou cria.

« Ahhhh, tu es un idiot. Même si c’est ta sœur, c’est évident que c’est ce qu’il va se produire si tu lui fais soudainement un câlin. Doux Jésus, heureusement que c’est un jeu, si ça se produisait en vrai, un adorable trou d’aération apparaîtrait dans le ventre de Shidou. »

« Alors je suis supposé faire quoi ! »

Shidou hurla à propos de ce traitement extrêmement irraisonnable, et Kotori fit comme si elle n’avait rien entendu.

Avec un soupir, elle alluma un écran LCD en face d’elle.

« Ah… ? Tu fais quoi ? »

« Même si c’est un entraînement, il faut qu’il y ait un peu de tension. »

À l’écran, un décor qui lui était familier était diffusé. C’était l’entrée du Lycée Raizen.

Là-bas, dans l’objectif de la caméra, se tenait un homme d’age mûr portant l’uniforme du lycée.

« Qu’est-ce qu’il a ce type ? »

« C’est un membre de notre équipage. »

Disant ceci, Kotori sorti quelque chose comme un micro de nulle part et se mit à parler dedans.

« C’est moi. Shidou s’est trompé de choix. Fais-le. »

« Huh ? »

L’homme filmé fit une révérence.

« Huh… ? Qu-Quoi ? »

Shidou fronça ses sourcils, et l’homme filmé sortit de sa poche un morceau de papier. Il le tendit ensuite en face de la caméra.

Le moment où il le vit, Shidou reçu un choc, comme si son cœur s’était arrêté.

« C-C’est… »

Voyant sa réaction, un sourire montrant qu’elle était en train de grandement apprécier cela fit surface sur le visage de Kotori.

« C’est vrai. C’est le poème que le jeune Shidou, influencé par les mangas, a écrit : “Etude : hommage à ce monde corrompu”. »

« Pour…pour-pour-pour-pourquoi tu as ça… ?! »

C’était sans aucun doute le poème que Shidou avait écrit dans son cahier de brouillon au collège. Mais avant d’aller au lycée, c’était devenu embarrassant et il aurait dû le jeter.

« Fufu, je pensais que ça serait pratique un de ces jours alors je l’ai repris. »

« Qu, qu-qu-qu’est-ce que tu manigances… ! »

Tout en souriant, Kotori émit l’ordre, « Fais-le ».

« Oui. »

Avec une réponse brève, l’homme plaça poliment le poème dans le casier à chaussures le plus proche.

Ainsi, quelques étudiants qui viendront à l’école demain finiront par lire le poème dans lequel Shidou a mit toute son âme !

« Qu… Qu’est-ce que tu fais ! »

« N’en fais pas tout un plat, tu devrais avoir honte. Si tu foires quand tu interagis avec les Esprits alors ça ne se finira pas avec un truc de ce genre. Ce n’est pas une question qui concerne uniquement Shidou, mais il y a également la possibilité qu’on puisse nous aussi être touchés. Par conséquent, afin de te faire prendre conscience du danger, j’y ai inséré des pénalités. »

« C’est trop duuuuur ! Ou plutôt, je ne serais pas le seul qui serait humilié ?! »

Shidou hurla, et Reine hocha de la tête, plaçant ses main sur son menton.

« … En effet, ce que dit Shin a du sens. »

« ! C-C’est vrai ! »

Avec cette aide inattendue, le visage de Shidou s’illumina. Cependant,

« … Dans ce cas, quand Shin sélectionne un mauvais choix, on devrait aussi faire face à une sorte de pénalité. »

Disant cela, elle commença à retirer lentement sa blouse blanche.

« Att… vous faites quoi ?! »

« … Um, tu n’étais pas en train de dire que c’était injuste que tu sois le seul à être pénalisé ? Donc, quand Shidou fait une erreur dans ses choix je vais alors retirer un habit comme ça. »

Dit-elle, et sans sembler particulièrement gênée, elle croisa ses bras.

« Ce n’était pas ce que je voulais diiiiiiiire ! »

« Peu importe, continue de jouer. »

Kotori impatiente donna un coup de pied à la chaise.

Avec le visage sur le point de pleurer, Shidou abandonna et fit face à l’écran.

Mais, si les choix qui apparaîtront plus tard sont tous comme ça, il n’était pas sûr de pouvoir choisir les bons en toute sécurité.

« … Hé Kotori, dans l’intérêt d’apprendre, je peux essayer tous les choix ici ? »

« Uwah, avoir la trouille et penser comme un roturier, quel honte. »

« L-La ferme, c’est la première fois que je joue à un truc du genre alors laisse-moi tranquille ! »

« Mon Dieu, alors d’accord. Juste pour cette fois. Sauvegarde ici, alors. »

« D-D’accord… »

Après la sauvegarde de Shidou, il redémarra le jeu et retourna au premier choix.

« … »

Avec un visage lugubre, il regarda fixement les choix… il semblait vraiment n’y en avoir aucun de correct.

Mais le ③ n’avait pas l’air de vouloir augmenter ses points d’affection. En procédant par élimination, il choisit le ②.

« Je suis réveillé. Ou plutôt, tu m’as totalement réveillé. »

Me levant de manière chancelante, je tira Ririko dans le lit et je poussa la couverture au-dessus d’elle.

« Ah… , qu-qu’est-ce que tu fais ! »

« Je ne peux pas m’en empêcher. C’est à cause de Ririko que c’est devenu ainsi. »

« !! Noon, arrête ! Noooooooon ! »

« Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas. »

L’écran devient noir.

Ensuite, le développement se passa en un instant.

La petite sœur, effondrée en larme. Le protagoniste, battu par le père. Le bruit clair des menottes. Le protagoniste, riant tout seul dans une pièce sombre.

Avec ce CG en arrière-plan, une triste musique ainsi que le générique de fin commencèrent à défiler.

« C’est quoi ce bordeeeeeeeel ! »

Incapable de résister, Shidou hurla.

« Si tu fais soudainement quelque chose du genre, alors c’est évident que c’est le résultat qui t’attend, espèce de délinquant sexuel.

« Alors le ③ est la bonne réponse ?! »

Shidou redémarra le jeu, et retourna pour la troisième fois au premier choix, et il choisit cette fois le ③.

« Je t’ai eue, idiote ! »

Je tortillai les jambes de ma sœur, pour faire une prise de soumission… ou plutôt pour essayer.

« Naïf. »

Elle entortilla son corps, échappant à ma prise, et comme ça, elle balance ses jambes dans mon dos et attrape les miennes dans un splendide sharpshooter[16].

« Wooaaa… ?! »

Ensuite, à cause des blessures reçus à ce moment-là, le protagoniste devint paraplégique et fut forcer de vivre sa vie sur une chaise roulante. Ainsi, le jeu prit fin.

« Hé, le ① n’était pas le bon choix après tout ?! Et normalement ta petite sœur ne devrait pas être capable d’effectuer ce genre de technique ! »

« Hum. »

Dès que Shidou dit cela, Kotori le traîna par le col et le jeta contre le sol, attrapant instantanément ses jambes et lui fit un sharpshooter.

« Gah… ?! »

« Hum, gah ? Appelle ta mère au moins. »

Disant cela, elle lâcha Shidou et elle remit de manière rafraîchissante ses cheveux en place.

« H-Hé toi, où tu as appris un tel… »

« C’est les moyens d’autodéfense d’une dame. »

Dit-elle simplement.

L’image que Shidou avait d’une dame changea soudainement en celle d’un catcher professionnel bourré de muscles.

« Ugh… , alors à propos de ça, c’est quoi la bonne réponse à la fin ? »

« Mon Dieu, tu vas même demander au créateur la réponse ? Que tu es pitoyable. »

Tout en parlant, Kotori attrapa la manette de Shidou, recommença la partie et continua d’avancer jusqu’au premier choix.

Puis elle décida de regarder silencieusement l’écran sans rien choisir.

« … ? Tu fais quoi ? Si tu ne te dépêches pas… »

Avant que Shidou puisse finir de parler, le nombre affiché en-dessous des choix devint zéro.

« Mmm… dix autres minutes… »

« Allez ! Réveille-toi à la fin ! »

Et ainsi, une conversation extrêmement normale fut montrée à l’écran.

Le compteur de points d’affection resta immobile.

« Quo… »

« Tu ne penses pas qu’il y a quelque chose qui cloche pour choisir des choix si bizarres ? »

Rigolant avec mépris, Kotori rendit la manette à Shidou.

« Je vais faire une exception et te laisser continuer ma partie, donc dépêche-toi et continue. Oh, et à partir de maintenant il y aura des pénalités. »

« Guh…, grr… »

Tout en ressentant quelque chose d’indescriptible, Shidou saisit la manette.

Continuant le jeu, une enseignante mettant en avant sa très forte poitrine apparut à l’écran.

Même si c’était déjà irréaliste, Shidou l’ignora et poursuivit l’histoire.

Puis,

« Aaah ! »

Avec un cri, l’enseignante trébucha dans le vide et chuta de telle manière que le visage du protagoniste était serré contre ses seins.

Comme prévu, la manette a été jetée sur le bureau.

« Il n’y a, aucun moyen ! Quelque chose comme… »

Il commença à parler, mais un fois encore Shidou eut des sueurs froides, et reprit d’un air découragé la manette. Il avait l’impression que quelque chose du genre, même si la situation était différente, s’était produit il y a seulement quelques minutes.

« Qu’est-ce qu’il y a, Shidou ? »

« … Rien »

Silencieusement, il reprit le jeu.

Quant il le fit, des choix apparurent à l’écran.

① « Après une telle chose… je commence à vous apprécier madame. » L’embrasser gentiment.
② « C-C’est la déesse des seiiins ! » Saisir sa poitrine.
③ « Maintenant ! » Effectuer une clé de bras.

… Encore une fois, aucun ne semblait sensé.

« Donc c’est comme ça… ! »

Shidou serra fermement ses poings. Ça doit suivre le même exemple que le précédent.

Il attendit que le compteur affiche zéro, et comme prévu du texte s’afficha à l’écran.

« … aaaaah ! Vous faites quoi ?! Pervers ! C’est un pervers ! »

L’enseignante beugla, et les points d’affection chutèrent jusqu’à -80.

« C’est quoi ce bordel ! »

Cria Shidou, et Kotori agita simplement sa tête de mépris.

« Si tu apprécies ses seins aussi longtemps sans essayer de te sortir de là, cette réaction parait évidente. »

« Alors je suis supposé faire quoi ? »

« Est-ce que tu as lu le texte avant le choix ? Elle est la conseillère du Club de Judo, Goshogawara Chimatsuri. Tu dois lui faire une prise, et détourner son attention sur ses seins vers le combat. »

« Comment je suis censé savoir ça nom de Dieu ! »

« Eh bien, un échec est un échec. Fais-le. »

« Oui, chef. »

L’homme filmé sortit une nouvelle fois un morceau de papier de sa poche, et il le montra à la caméra.

Dessus il y avait le grossier dessin d’un personnage ainsi qu’un cadre détaillé.

« C… C’est ! »

« Exact. C’est le manuscrit du personnage inédit que Shidou avait créé avant. »

« Gyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ?! »

Malgré le cri de Shidou, l’homme accrocha le bout de papier sur un autre casier à chaussures.

« Arrêtez arrêtez arrêteeeeeeeeeeeez ! »

Shidou s’empara de sa tête et cria, et Reine commença à faire quelques mouvements avec un bruit de froissement.

« … Reine-san ! »

Il avait oublié. Elle avait dit qu’à chaque fois que Shidou recevait une pénalité, elle se déshabillait.

Eh bien, puisque Shidou était un adolescent en bonne santé, ça serait un mensonge de dire que ça ne le rendait pas heureux… mais, pour une raison inconnue, ça le dérangeait.

Fort heureusement, Reine portait encore plein de vêtements sur elle. S’il fait attention de ne plus choisir de mauvaise réponse alors…

« … Mm. »

Pile quand Shidou pensait ceci, Reine bougea lentement ses mains dans son dos, fit quelque chose qui provoqua un cliquetis, puis mit ses mains à l’intérieur de ses vêtements, et elle retira son soutien-gorge.

« Vous commencez par là ?! »

Shidou hurla, et Reine pencha sa tête sur le côté.

« … Il y a un problème ? »

« Non, mais vous ne vous déshabillez pas clairement à l’envers ?! Ou plutôt, vous n’avez pas besoin de retirer plus de vêtements ! »

« … Hmm ? Ce n’est pas injuste ? Je peux encore continuer… »

« Vous voulez juste vous déshabiller, n’est-ce pas ? »

Shidou éleva sa voix, et une nouvelle fois avec un *bam* sa chaise reçut un coup de pied.

« Je me fiche de ça mais bougez-vous. Regarde, le prochain personnage est déjà apparu. »

En disant cela, Kotori montra de la main l’écran.

« Guh… »

N’ayant pas le choix, Shidou reprit le jeu.

Cette fois, ce qui était montré à l’écran était une scène avec une fille qui semblait être de la même année que le protagoniste. Elle le percuta dans un coin du couloir, et tomba merveilleusement dans une position où ses jambes étaient en forme de M et sa culotte totalement visible.

« … ! »

Tout en recherchant dans ses souvenirs, Shidou serra son poing, et dit d’une voix forte.

« Il y en a aucun ! Celui-ci, celui-ci je suis sûr qu’il ne s’est pas produit !! »

« … Ah bon ? Cependant je pense que ça se produit de manière imprévue… »

C’était ce que disait Reine, mais ce genre de chose ne lui est absolument jamais arrivé avant. Shidou secoua sa tête de certitude.

Mais, sa chaise reçut un autre coup de pied.

« Ce n’est pas un jeu où tu essayes de savoir si une telle scène est réelle ou pas. Fais-le correctement. Si tu fais une erreur au prochain choix… regarde. »

Disant cela, Kotori alluma l’ordinateur en face d’elle.

« … Ah ? »

Shidou fronça ses sourcils tandis qu’un film était diffusé à l’écran.

… L’arrière-plan était la chambre de Shidou. Là-bas, un Shidou torse-nu était debout.

« Ce… n’est… »

Le visage de Shidou devint pale.

Après tout, c’était…

« Special•Instant Lighting Blaaaaaaaaaast ! »[17]

Dans la vidéo, Shidou faisait une pose avec ses deux mains collées sur sa taille, et il les poussa soudainement en avant de toutes ses forces.

Kotori faisait une expression sur son visage indiquant qu’elle ne pouvait apprécier autre chose que ça en ce moment.

« Ouais, c’est, avant quand Shidou restait à la maison seul… *pf*, quand il pratiquait sa technique mortelle inédite dans sa chambre… *haha*, une vidéo… »

Dit Kotori tout en éparpillant son rire , incapable de résister.

« NoooooooooooOOOooooooooooOooooooooooOOoooooooooon… ! »

Shidou lâcha son plus magnifique cri du jour.

« Kotori ! Pas ça ! S’il te plaît, tout mais pas ça ! »

« Fufu, alors tu as intérêt à sélectionner le bon choix la prochaine fois… Ahh, et si tu abandonnes en plein milieu, je vais mettre la vidéo en ligne sur un site. »

« … »

Avec un visage qui était à deux doigts de pleurer, Shidou reprit la manette une nouvelle fois.

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