Date a Live – Tome 2 Chapitre 1

« … Haaa… »

Shidou laissa s’échapper un long et lourd soupir.

Tout en marchant le long de la rue résidentielle alors que le soleil lentement déclinait, il traînait ses jambes et ses genoux tel un vieillard.

La fatigue s’était établie sur son visage et, d’une certaine manière, même la frange qui couvrait entièrement ses yeux avait perdu de son éclat.

Bien qu’il ne fût seulement âgé que de 16 ans… il semblait plus vieux que son âge.

Mais, c’était quelque chose à laquelle il fallait s’attendre !

« … Haaa. »

Il soupira une fois de plus.

En fin de compte, Tohka et Origami avait commencé à se disputer et Shidou avait du intervenir.

Néanmoins, le conflit entre les deux n’était pas nouveau.

Bien que, Tohka n’avait intégré la même école que Shidou, le lycée Raizen, qu’il y a un mois, les deux filles avaient eu des compétitions de ce genre chaque jour.

—— Cela dit, s’il ne s’était agi que de simples étudiantes ayant des disputes verbales, Shidou n’aurait pas été dans un tel état critique.

« … »

Shidou se rappela des silhouettes de Tohka et d’Origami du mois dernier.

D’un côté, il y avait un Esprit maléfique que les gens voyaient comme un désastre qui dévasterait le monde.

De l’autre côté, il y avait une sorcière de la division Anti-Spirit Team appartenant à la JGSDF.

C’était toutes les deux des filles aux pouvoirs paranormaux bien au-delà de personnes communes.

Pour le moment, Shidou était un humain normal qui agissait comme médiateur entre ces deux filles.

« Sérieusement, elles ne pourraient pas juste s’entendre toutes les deux… ? »

Après avoir dit cela, Shidou baissa tristement sa tête réalisant l’idiotie de la remarque.

Il y a un mois encore, leurs deux objectifs auraient été de se tuer l’une l’autre.

A présent, en vue de préserver l’esprit de Tohka de sombrer dans la folie furieuse, Origami et le reste de l’AST, conformément aux ordres, évitaient ouvertement d’intenter à sa vie… Bien sûr, former une bonne relation n’était pas un tâche facile—c’est évident.

Toutefois, si cela devait continuer, le corps de Shidou ne tiendrait pas autant que la situation l’eût exigé.

Shidou relâcha, ensuite, son plus grand soupir——

« Hmmm… ? »

Soudainement, il releva sa tête.

De façon inattendue, totalement spontanée, il sentit quelque chose de froid ruisseler sur sa nuque.

« … Uwaa »

Il dit cela comme s’il gémissait, un froncement de sourcils apparut sur son visage.

Avant qu’il ne le remarque, le ciel se couvrit de lourds nuages gris.

« De la pluie, huh ? Hey, hey ; la météo n’annonçait-elle pas que ce serait dégagé ? »

Il fulminait contre la météo dont les récentes prévisions étaient à côté de la plaque.

Et avec un timing incroyable laissant à penser que c’était prévu depuis le début, *splash* *splash*, de grosses gouttelettes d’eau commencèrent à entacher l’asphalte.

« Argh, merde… »

A la hâte, il souleva le sac qu’il tenait en main et le mit au-dessus de sa tête. Ensuite, il trottina rapidement jusqu’à sa maison.

Mais, comme si la pluie se riait de Shidou, elle s’intensifia en un clin d’œil.

« Hey, hey, ça peut pas être vrai… »

Alors qu’il sentait la sensation de froid partout sur son uniforme, Shidou fronça ses sourcils agacé.

A présent que ses parents étaient outre-mer pour un voyage d’affaire et que les tâches ménagères lui incombaient, au lieu de penser à des choses telles que « mes vêtements sont collés à mon corps, comme c’est désagréable ! » ou « ce serait terrible si j’attrapais froid ! » il se demandait plutôt si son uniforme serait sec d’ici au lendemain. Une interrogation qui était généralement confiée à la femme de maison. Essayant autant que possible de ne pas mouiller ses vêtements, il courut de la sorte jusqu’à la maison, bien qu’il savait cet effort inutile.

Quoi qu’il en soit, immédiatement après avoir tourné à droite au carrefour en T…

« Ah… »

Au milieu de ce déluge, Shidou s’arrêta de courir.

Il résista à l’engourdissement de ses jambes. Ce n’était pas comme si ses jambes étaient fatiguées ou qu’il avait cessé de se soucier de la pluie.

Mais, devant lui, il y avait…

Au lieu des litres d’eau tombant du ciel, il y avait quelque chose d’autre, apparu au loin, qui l’intriguait.

«  Une fille… ? »

Les lèvres de Shidou articulèrent ces mots.

Oui, c’était apparemment une fille.

Un manteau orné de motifs mignons, enveloppant son corps, formait une sorte de petite silhouette.

Son visage n’était pas visible, principalement à cause de sa capuche ornée d’oreilles de lapin décoratives qui couvraient entièrement son visage.

Ce qui était le plus ostensible, c’était sa main gauche.

Une marionnette de lapin à l’allure amusante s’y trouvait.

Cette fille, dans ce lieu dénué de personne…

*pyon* *pyon*

…sautillait joyeusement en cercle.

« Quoi… ? »

Shidou se frotta les yeux et regarda la fille.

Dans sa tête, les questions se succédaient.

‘Pourquoi cette fille ne portait pas de parapluie mais sautillait à la place dans la pluie ?’ – Non, ce n’était pas la question.

Pourquoi ?

Pourquoi avait-il la sensation que ses yeux avaient été dérobés par cette fille ?

C’était plutôt une question de la sorte.

Elle portait pour sûr une tenue tape-à-l’œil.

Mais non, ce n’était pas ça.

Bien qu’il ne trouvât pas les bons mots, une sensation désagréable débordait dans l’esprit de Shidou.

C’était une sensation incompréhensible. De plus, il avait récemment ressenti quelque chose de similaire à celle-ci.

« … »

La pluie froide continuait de tomber sur sa peau et ses vêtements mais il ne se souciait plus d’un tel inconfort.

Il ne pouvait plus que fixer la fille qui dansait insouciante au sein de ce déluge.

*Splaaaaaash*

« Quoi… ? »

Il ouvrit ses yeux, perplexe sur ce qui venait d’arriver.

La fille perdit l’équilibre.

Son visage et son ventre frappèrent violemment le sol, éclaboussant la flaque d’eau. Accidentellement, la marionnette sur sa main gauche s’enleva et vola plus loin.

Couchée face à terre, elle s’arrêta de bouger.

« … H-Hey ! »

Shidou, paniqué, accouru et la retourna tout en prenant dans ses bras son petit corps.

« E-Est-ce que tu vas bien ? Hey ! »

Pour la première fois, il fut capable de voir le visage de la fille.

Elle devait avoir à peu près le même âge que la sœur de Shidou, Kotori. Ses cheveux scintillants étaient bleus comme l’océan. Ses lèvres délicates étaient roses, c’était une fille ressemblant à une belle French Doll.

« … ! »

Ensuite, elle ouvrit ses yeux, relevant ses longs cils et ses pupilles de saphirs.

« Ahhh… Je suis rassuré. Es-tu blessée à quelque part ? »

Après que Shidou ait dit cela, le visage de la fille devint affreusement pâle et ses yeux furetaient à droite et à gauche. Ensuite, elle bondit comme pour tenter d’échapper à Shidou.

Elle mit une certaine distance entre eux ; son corps tout entier commença à trembler faiblement. Elle regardait Shidou avec des yeux apeurés.

« … Err… »

Bien qu’il n’ait agi que dans le but de l’aider, il avait soudainement touché son corps, ce qui avait pu être un acte de négligence…malgré ça, Shidou était encore un peu choqué.

« A-A propos. C’était juste—— »

« … ! Ne vous approchez pas… s’il vous plaît… »

« Eh ? »

Alors que Shidou faisait un pas vers elle, la fille avait-elle dit timidement ces mots.

« S’il vous plait… Ne me faites pas de mal. »

Avait-elle ensuite poursuivit.

Voyait-elle Shidou comme quelqu’un qui lui voulait du mal ? C’est ce qu’il paraissait, elle ressemblait à un petit animal tremblotant.

« Errr… »

Shidou, qui n’avait aucune idée de comment réagir dans une telle situation, remarqua la marionnette qui était tombée au sol.

Ça devait être quelque chose qui s’était précédemment détaché de la main de la fille. Il s’agenouilla lentement, la ramassa et ensuite la tendit à la fille.

« C’est… la tienne ? »

« … ! »

La fille ouvrit grand les yeux et voulut se ruer vers Shidou, mais elle s’arrêta soudainement.

Bien qu’elle voulût récupérer cette marionnette, elle afficha sur son visage une expression de peur à devoir approcher Shidou, aussi elle attendit avec agitation un meilleur moment d’agir.

Quand Shidou vit l’état de la fille, il arbora un sourire amer. Il tendit en avant la main qui tenait la marionnette pour lentement réduire la distance.

« … ! »

La fille eut un mouvement des épaules ——peut-être, réalisa-t-elle les intentions de Shidou, elle se faufila en avant et approcha lentement.

Ensuite, elle saisit la marionnette des mains de Shidou et l’enfila sur sa main gauche.

Soudainement, la fille commença à manipuler les lèvres de la marionnette en les ouvrant et en les fermant.

« Yaahhh——, désolée à propos de ça, mon frère. Tu es un sauveur——. »

C’était probablement de la ventriloquie pensa Shidou alors que le lapin s’exclamait d’une voix aiguë.

Inclinant sa tête de côté, il regardait le visage de la fille comme s’il l’interrogeait…Et comme s’il voulait s’introduire entre Shidou et la fille, la marionnette de lapin continuait de parler.

« ——Hmmm, hey——, quand tu m’as réveillé, il m’a semblé que tu touchais Yoshino à plusieurs endroits. Alors c’était comment, hmmm ? Soit honnête et dis-le nous comment ——c’était ? »

« Q-Quoi ? »

La marionnette donnait l’impression d’être en train de rire *kara**kara*, cliquetant et bougeant son corps en conséquence.

« Oh tu plaisantes——. Ne fais pas semblant, bien heureux pervers… Bien, pour cette fois, puisque tu m’as aidé, considère ça comme un service spécial que je t’ai donné. »

« … Haaa… ouais. »

Après que la marionnette eut prononcé ces mots, il lui rendit un sourire amer.

« Umm, bien, à plus. Merci m’sieur. »

Sur ces mots, la fille tourna des talons et s’enfuit.

« Ah – hey! »

Bien que Shidou l’appelât, la fille ne répondit pas.

Elle continua de courir et de suivre la route. Sa forme disparut aussitôt.

« Qu’est-ce que… c’était ? »

Quelques secondes passèrent après qu’il avait vu l’étrange fille s’enfuir. Shidou restait toujours au même endroit ; il dit ces mots tout en se grattant la joue.

« … Ah. »

Et il réalisa enfin.

Il ne s’en rendit pas compte lorsque son attention était captivée par la fille, mais ——le corps entier de Shidou ruisselait d’eau. Pour couronner le tout, en raison de l’endroit où ses genoux avaient touché le sol, son pantalon était merveilleusement sale.

« Arg—— vraiment… »

Tout en se demandant s’il y avait encore du détergent à la maison, il s’ébouriffait et se grattait ses cheveux. Des gouttes d’eau partirent de ses cheveux et volèrent dans toutes les directions.

Il n’y avait rien à faire tant qu’il était aussi mouillé. Ainsi, Shidou mis de côté son humeur actuelle, voulant retrouver le sourire, il continua de marcher jusqu’à sa demeure.

« Ahhh… Je suis trempé. »

Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’il ne commençât à marmonner en marchant.

« … Hm ? »

Après être arrivé en face de sa maison, alors qu’il insérait la clef dans la serrure de la porte d’entrée, Shidou fronça légèrement des sourcils.

Après avoir tourné la poignée de la porte, il la poussa.

Et, comme il s’y attendait après l’avoir laissée verrouillée plus tôt dans la journée, elle s’ouvrit sans aucune résistance.

« ——Kotori… elle est finalement revenue à la maison. »

Après avoir pris une profonde inspiration, l’expression de Shidou se raidit faiblement.

La sœur de Shidou, Itsuka Kotori, assiste aux cours à l’école secondaire dans le quartier, en tant qu’étudiante de 13 ans en deuxième année.

Mais en même temps, elle est également un officier commandant l’organisation qui neutralise les Esprits de manière pacifique. <Ratatoskr>

Depuis que sa sœur avait dû aider l’unité Anti-rejet à propos de l’affaire concernant la protection de Tohka, elle n’était pas revenue à la maison durant tout le mois dernier. Shidou soupira alors que l’image du visage de Kotori lui revenait à l’esprit.

« Vraiment. »

Même s’il comprenait qu’elle était occupée à propos du cas de Tohka, il ne pouvait toujours pas lui pardonner d’avoir dormi hors de la maison sans son consentement.

Bien qu’elle fût parvenue à suivre les cours normalement… en tant que grand frère, il se devait de lui faire la morale pendant un bon moment.

« Par rapport à—— »

Shidou engloutit.

Il y avait beaucoup de questions qu’il devait poser à Kotori, quoi qu’il en soit.

Shidou avait traversé des évènements qui étaient difficiles à croire il y a encore un mois auparavant.

Kotori avait joué un rôle important dans ces derniers.

« … »

Bien qu’il ne s’agît que d’une entrevue avec sa sœur, son cœur battait extrêmement fort.

Shidou consolida sa détermination et *eei !* gifla sa propre joue. Il s’avança dans la maison.

« ——Je suis rentré »

Il enleva ses chaussures et ses chaussettes, qui étaient trempées à cause de la pluie, et roula le bas de son pantalon en ourlet avant de laisser des empreintes humides sur le plancher où il venait de marcher.

Depuis le couloir, il entendait des bruits provenant de la télévision ; il n’y avait aucun doute que Kotori se trouvait au salon.

Shidou changea de trajectoire et s’avança sur la pointe des pieds vers la salle de bain.

Il était impossible d’avoir une conversation en étant aussi mouillé, de toute façon. C’était mieux de se rendre au salon après avoir séché son corps et avoir changé de vêtements.

Tout en tenant son sac et ses chaussettes d’une main, Shidou ouvrit la porte de la salle de bain de l’autre, comme il avait l’habitude de le faire.

Et…

« — !? »

A cet instant, le corps de Shidou s’immobilisa.

— Dans la salle de bain il y avait la silhouette d’une fille.

Couverte par une longue chevelure noire, il y avait deux yeux qui brillaient tels des cristaux.

Même en ajoutant les dix plus adjectifs les plus grandioses qu’il pouvait trouver, ils ne pouvaient pas être suffisants pour représenter ne serait-ce que 10% de la beauté de cette fille ravissante, à la présence époustouflante.

Cette fille était unique dans la mémoire de Shidou.

C’était l’Esprit qui était censé apporter la destruction sur le monde. Mais également la deuxième année, classe 4, numéro d’étudiant 35 du lycée Raizen : Yatogami Tohka.

— Il n’y avait pas le moindre vêtement pour couvrir son corps.

« T-Tohka… ? »

Shidou bafouilla abasourdi.

Ses membres pouvaient être qualifiés d’artistiquement beaux. En un instant, sa rétine, son nerf optique et les cellules de son cerveau vibrèrent, devinrent fébriles et explosèrent.

Elle avait des seins qui pouvaient entièrement tenir dans la paume d’une main, une taille svelte et des fesses qui paraissaient si douces. Toutes les filles dans le monde devraient faire une révérence qui franchirait les frontières de l’envie ou de la jalousie face à ce charmant et mystérieux corps nu.

« … ?! »

Finalement, Tohka eut un mouvement d’épaules et tourna son visage dans sa direction.

« Quo… Shi-Shidou !? »

« — ! Ah, Er, Non, c’est un malentendu… ! C’est parce que —»

Bien qu’il les sût faux, ces mots sortirent automatiquement de la bouche de Shidou.

« A-Assez. Dégage juste de là… ! »

« Guefugh… !? »

Shidou reçut un magnifique direct du droit en plein dans son ventre qui le fit voler en arrière, il frappa le mur derrière lui et tomba au sol sur ses fesses.

En un éclair, *Slam*, la porte de la salle de bain se referma brusquement.

« *Theu*,*theu*… gosh, cette fille, elle m’a frappé vraiment. »

Il dit ceci en toussant violemment mais son esprit apporta une petite correction.

Si Tohka l’avait frappé réellement, le corps de Shidou aurait été tel un récipient en plastique capable de se détacher en deux morceaux.

Graduellement, la douleur infligée à son ventre, à son esprit et à sa rétine commencèrent ensemble à s’estomper, en même temps que s’estompait la couleur rouge de sa peau au lieu d’impact —— cela ramena également un peu de calme dans son cœur.

Ensuite, la porte de la salle de bain s’entrouvrit légèrement. Tohka passa son visage à travers l’écart ses joues rouges vif.

« … Est-ce que tu as vu, Shidou ? »

« — ! »

Shidou secoua furieusement sa tête à l’intention de Tohka qui la regardait intensément.

… Il avait tout de même vu un peu mais, s’il était naïvement honnête, et qu’il le lui disait, cette fois son corps tout entier serait capable de tenir dans une valise.

Avec hésitation, elle le comprit et se calma. Tohka émit ensuite un son [muu…] et ouvrit entièrement la porte.

Bien sûr, Tohka avait déjà enfilé ses vêtements.

Mais ce n’était pas son uniforme scolaire habituel. Kotori lui avait probablement prêté des vêtements à elle ; c’était la robe de chambre préférée de Shidou.

En raison de sa taille quelque peu plus grande que Kotori, sa peau était à nu de son cou à sa clavicule, rendant cela étrangement érotique. C’était un peu troublant pour Shidou de savoir où porter son regard.

Quoi qu’il en soit, ce n’était pas le moment pour s’inquiéter de cela. Il pointa son doigt en direction de Tohka et cria.

« Q-Qu’est-ce que tu fais ici, Tohka… ! »

Mais Tohka pencha sa tête de côté, se demandant de quoi Shidou était en train de lui parler.

« Quoi ? Tu ne l’as pas entendu de ta petite sœur ? Je pense que, hum— c’était quelque chose à propos d’une sorte d’entraînement. On m’a dit que je devais rester ici pour le moment. »

Elle dit ces mots avec nonchalance.

« En-Entraînement… !? »

Après que Shidou eut un mouvement de sourcils, il porta son regard en direction du couloir.

Et ensuite, il se leva, marcha d’un bon pas et claqua la porte confus.

« Kotori ! C’est quoi cette histoire !? »

« Oh— »

Lorsqu’il dit ça, la jeune fille aux couettes qui était assise dans le canapé, en train de regarder la télévision, se tourna, pointant ses yeux ronds tels des glands vers Shidou.

« O-Onii-chan. Bienvenue ! »

« H-Hé, je suis rentré… Attends, ce n’est pas ça ! »

Il répondit comme de coutume sans réfléchir et, ensuite, il secoua furieusement sa tête.

« Tu as amené Tohka ici, n’est-ce pas… ? Oh, l’entraînement, qu’est-ce que c’est que cette histoire… !? »

« Allons, allons… Calme-toi, calme-toi. »

« Comment je pourrais me calmer !? P-Pourquoi tu as amené Tohka ici… ? N’était-elle pas supposée rentrer avec Reine-san comme d’habitude ! »

« Eh ? Eh bien— à ce propos— »

Kotori pointa son doigt en direction de la cuisine.

« Oh… ? »

Shidou tourna ses yeux dans la direction que pointait Kotori— et, à nouveau, il se raidit.

« … Ah, j’arrive. »

Avait-elle dit.

Il y avait une femme avec un visage extrêmement endormi, venant de la salle à manger qui séparait la cuisine du salon. Elle ajoutait pas mal de cubes de sucres dans une tasse fumante.

— C’était Murasame Reine, l’officier d’analyse de Ratatoskr et également l’assistante du professeur principal de la classe de Shidou.

Accessoirement, elle ne vêtait pas son uniforme militaire habituel, une blouse blanche, mais elle portait à la place le pyjama de la mère de Shidou tout en ayant une serviette suspendue à son cou. Ses cheveux paraissaient un peu mouillés.

« R-Reine-san ? Qu’est-ce que tu fais… ? »

« … Fumuu ? »

Après avoir réfléchi à la question de Shidou pendant un petit moment, elle se gratta la tête et dit :

« Ah, je suis désolée. J’ai utilisé trop de sucre ? »

« Non, ce n’est pas le problème ! »

Il ne pouvait s’empêcher de crier.

Reine avait définitivement mis trop de cubes de sucres dans sa tasse pour s’inquiéter d’une hyperglycémie mais ce n’était pas le plus important dans l’immédiat.

Pour calmer ses propres battements de cœur, Shidou tapota légèrement sa poitrine et continua en disant :

« Qu’est-ce qu’il en est ? Tohka ne devrait-elle pas vivre actuellement sur le <Fraxinus> ? »

Tohka, qui était protégée en ce moment par Ratatoskr, devait normalement vivre dans une zone isolée qui s’avérait faire partie de l’intérieur du dirigeable de l’organisation et qui se nommait <Fraxinus>…

« … Aah, c’est vrai. J’aurais dû te donner des explications. »

Reine dit cela tout en se frottant ses yeux, qui étaient ornés de cernes noirs.

« … Mais, avant ça. »

« Avant quoi… ? »

« … Ce ne serait pas mieux si tu te changeais avant ? Le sol est tout mouillé. »

« Ah. »

Après avoir été rappelé à ce propos, Shidou laissa échapper un son bref.

« Alors ? Qu’est-ce qu’il en est ? »

Shidou, qui s’était changé au profit de vêtements décontractés, posa son regard sur Reine et Kotori, qui étaient assises de l’autre côté de la table.

Ces trois personnes étaient actuellement au premier étage de la résidence des Itsuka, dans la chambre de Kotori.

La pièce mesurait six tatamis[1] . Elle était remplie de commodes roses, d’un lit et il y avait une foule d’accessoires et de poupées fantaisistes qui étaient disposés un peu partout.

A l’origine, il voulait continuer la conversation au salon, mais en raison de certains sujets sensibles qui ne devaient pas atteindre les oreilles de Tohka, ils déménagèrent ici.

Accessoirement, Tohka était entrée en transe en regardant une rediffusion d’anime au salon. Elle devrait rester calme pour les prochaines 20 minutes.

« Bien — à ce sujet. »

Kotori appuya sa douce joue avec son doigt et la poussa vers le haut.

« A partir d’aujourd’hui, Tohka restera provisoirement ici, dans notre maison ! »

Bombant sa poitrine avec fierté, elle brandit un sourire innocent.

« C’est pourquoi je me demande comment on en est arrivé à çaaaaaaaaa ! »

« … C’est bon, calme-toi, Shintarou. »

Alors que Shidou criait, Reine s’exprima ainsi.

Que ce fût ou non quelque chose d’intentionnel, elle s’était toujours trompée avec son nom.

« Ce n’est pas Shintarou mais Shidou. »

« … Ah, tu as raison. Je me reprends. Désolé pour ça, Shin. »

« … »

Ce n’était pas se reprendre. C’était juste devenu un surnom.

Il ne pouvait pas s’empêcher de penser que c’était le but, mais… alors qu’il regardait de près le visage de Reine, il ne pouvait que penser qu’elle se trompait réellement sur son nom.

Quoi qu’il en soit, Shidou ne pouvait pas l’acculer plus longtemps que cela, concernant son nom.

« … Les raisons peuvent être plus ou moins classées en deux parties. »

Reine commença à parler d’une voix apparemment calme.

« … La première c’est —— qui va prendre soin d’elle après ça ? »

« Prendre soin d’elle après ça… qu’est-ce que ça veut dire ? »

« … Shin. Le mois dernier, tu as embrassé Tohka et scellé ses pouvoirs, non ? »

« … Euh, O-Ouais… »

Shidou baissa la tête vaincu.

En même temps, le sentiment de cet instant refit surface, et son visage rougit un peu.

« Ah — Le visage d’Onii-chan est en train de devenir rouge. Comme c’est mignon ~~ »

« T-Tais-toi ! »

Kotori, qui semblait apprécier ça, prononça ces mots joyeusement, du plus profond de son cœur. Shidou détourna son regard embarrassé.

« … Bien, c’est très bien, mais il y a un problème… Il y a actuellement quelque chose comme une connexion invisible entre Shin et Tohka. »

« Connexion ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« … Pour faire simple, quand l’état mental de Tohka devient instable, il y a une chance que le pouvoir spirituel qui est scellé dans ton corps se libère. »

« Quo… ? »

Le corps de Shidou se paralysa de peur.

——Ainsi, le sceau qui avait été placé sur les pouvoirs spirituels de Tohka lui permettrait de les récupérer…?

Est-ce que cela ne voulait pas dire que Tohka aura une nouvelle fois le pouvoir de trancher le ciel et la terre d’un coup ?

Si à tout hasard, c’était le cas —— c’était-là une possibilité qui pouvait faire trembler à la simple pensée.

« … Comme tu le sais, Tohka vit maintenant dans une zone isolée du <Fraxinus>. »

Qu’elle fut consciente ou non de l’état de panique de Shidou, Reine continua de parler d’une manière calme.

« … Même si nous suivons fréquemment la condition de Tohka… D’une certaine manière, quand elle est sur le <Fraxinus>, ses niveaux de stress mesurés sont plus hauts que ceux qu’elle a à l’école. »

« E-Est-ce que c’est vrai ? »

« … Oui. De plus, il semble qu’elle n’aime pas les inspections régulières qui ont lieu deux fois par jour. Bien que ça lui soit encore tolérable pour le moment, il serait difficile même pour un expert de dire si nous pouvons continuer ainsi——. Et c’est pourquoi—. »

Reine toucha son menton avec ses doigts.

« — considérant que les résultats obtenus par les inspections sont stables, nous allons changer les quartiers d’habitations de Tohka hors du <Fraxinus> pour un moment. »

« Ha-Haa… est-ce vrai. »

« … Ahh. En raison de ces circonstances, il a été décidé que Tohka restera dans cette maison dans les temps à venir et ce jusqu’à ce que la résidence spéciale pour Esprits sera construite. »

« Attendez, s’il vous plait. »

Shidou mis la paume de sa main droite sur son front, son visage eut un mouvement convulsif.

« … Qu’est-ce qui cloche ? »

« Po-Pourquoi ça a dû être dans ma maison… ? »

Reine émit un petit gémissement à la question de Shidou.

« … Eh bien, pour parler franchement — quand elle est avec toi, l’état mental de Tohka est à son niveau le plus stable. »

« Eh… »

Aussitôt que ces mots furent prononcés, il retint son souffle.

« … C’est-à-dire— il est difficile pour nous de l’évaluer, Tohka n’a donné sa confiance à aucun autre humain que toi. Que ce soit moi ou Kotori, même si nous avons eu plusieurs occasions pour être en contact avec elle —— ce n’est pas encore ça… Tout d’abord, même si ce n’est qu’un peu, nous allons établir une zone sûre. Ensuite, nous allons tester si Tohka est capable de vivre une vie normale. »

« … Je vois… »

Shidou essuya la sueur sur son front.

Certainement, après l’explication, tout lui paraissait clair.

De plus, — eh bien, il a été dit que Tohka lui faisait confiance.

… Il ne détestait pas ça.

Mais, comme s’il allait subitement changer d’avis, il secoua légèrement sa tête. Ce n’était pas une demande qu’il pouvait facilement accepter. Comme s’il tentait de l’esquiver, il posa une nouvelle question à l’intention directe de Reine.

« Alors… Quel est l’autre raison ? »

« … Ahhh, cette raison-là te concerne bien plus directement. — Shin, c’est pour ton entraînement. »

« … »

Les mots qui avaient été mentionnés quand il se changeait, quelques minutes avant, venaient d’être répétés.

L’entraînement. Avec ce simple mot, beaucoup de souvenirs déplaisants refirent surface.

« Ah ouais, ce sujet est revenu… Mais, il n’y a plus besoin d’entraînement, non ? »

« … Huh ? Pourquoi donc ? »

« Pourquoi… parce que les pouvoirs d’Esprit ont déjà été scellés… »

Quand Shidou prononça ces mots, Reine entra dans un état chancelant qui lui fit tomber sa tête sur le côté.

« … Qui a dit que Tohka était le seul Esprit ? »

« Eh… ? Que veux-tu dire… par— »

« … Ça veut dire exactement ce que ça veut dire. Un trait spécial de la Fatalité attribua à des créatures, connus sous le nom d’Esprits, la capacité de causer des déchirures spatiales. Mais Tohka n’est pas la seule. En ce moment-même, nous avons confirmé qu’il y en a d’autres dans les environs.”

« Quo——. »

Shidou sentit soudainement comme si son cœur était arraché et pressé.

—— Les Esprits. Alors Tohka n’était pas la seule ?

Se demandant si c’était de la nervosité ou de la peur, des remous se formèrent dans le bas de son estomac. C’était une émotion difficile à décrire. Le tremblement constant que son corps tout entier produisait pouvait être constaté à partir de ses mains et de ses pieds jusqu’au bout de ses ongles.

Mais Reine ne fit pas attention à la raideur de Shidou et poursuivit.

« … Shin. Nous voulons que tu continues d’assumer ton rôle de médiateur avec les Esprits. Voilà de quoi il est question dans l’entraînement. »

« … T-Tu plaisantes—. »

Puis, alors qu’il criait et se frappait la cuisse…

« ——Huh ? »

Kotori, qui avait calmement écouté la conversation, leva sa petite voix.

Avant que quelqu’un le remarque, la couleur des rubans qui retenaient ses cheveux en deux couettes avait changé du blanc au noir.

« —— ! »

… Shidou avait l’impression d’avoir déjà vu ça auparavant. Kotori était à présent en Mode Commandante.

« Tu ne veux pas, Shidou ? Est-ce que tu es en train de dire que tu détestes sortir en rendez-vous avec les Esprits et les faire tomber amoureux de toi ? »

Son ton était clairement différent de celui qu’elle avait quelques secondes avant. Tout en donnant une ambiance adulte, Kotori avait prononcé ces mots.

—C’est vrai.

<Ratatoskr> proposait d’utiliser cette méthode pour apaiser les Esprits, ce qui était une méthode paisible et non violente.

C’était le but de Shidou d’être en bon termes avec les Esprits et ensuite de sceller leurs pouvoirs dans son propre corps — même d’expliquer ça, c’était une chose bien stupide.

« Uh, b-bien sûr que non. »

Shidou ayant prononcé ces mots, Kotori inclina son corps légèrement vers l’avant en ouvrant sa bouche.

« Geez — Si c’est le cas, alors il n’y a plus rien à faire. »

« Ah… ? »

« Nous pouvons tranquillement regarder le monde être bousillé par les déchirures spatiales ou alors patiemment attendre un miracle ou quelque chose comme ça en laissant l’AST tuer les Esprits. Ce sera probablement l’un ou l’autre. »

« … ! »

Après ces mots, Shidou resta sans voix.

Ce n’était pas comme s’il avait oublié à propos de tout cela— mais avoir cette réalité en face de lui, une fois encore, frappa son cœur d’une vive douleur.

Les Esprits, qui existent dans la dimension alternative qui nous serait voisine, apparaissent rarement dans notre monde.

A ces occasions, ils causent des grandes perturbations entre les murs séparant les dimensions, causant l’apparition du phénomène nommé déchirure spatiale.

Que ce soit à grande ou petite échelle — aussitôt que des Esprits apparaissent dans un lieu, ce dernier est absurdement détruit, de la même manière que si une bombe y avait explosé.

Après ça, les Esprits seraient connus comme des formes d’existences dangereuses et les gens tenteraient de les éliminer par tous les moyens, avec l’aide des membres de l’Anti-Spirit Team, l’AST, une force militaire de la JGSDF.

« La capacité inhabituelle qui permet de sceller les pouvoirs des Esprits — tu es la seule personne dans le monde entier à la posséder. Et maintenant, tu dis que tu ne veux plus le faire. Est-ce que ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus aucune autre alternative ? »

« … C-C’est que… quoi… »

Shidou portait un regard plein de souffrances.

On lui avait donné une lourde responsabilité sans qu’il s’en rende compte. Son estomac commença à être douloureux en raison de la charge de son devoir.

Mais — revenons au sujet initial…

Il y avait toujours beaucoup de choses que Shidou devait confirmer, quoi qu’il en soit.

« — Kotori. »

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Comme si d’une certaine manière elle avait réussi à deviner ce que Shidou allait lui demander, Kotori avait répondu tranquillement.

« … Avant tout, vas-tu me dire ce qu’est <Ratatoskr> ? Quand es-tu entrée dans une telle organisation ? Et — à propos de mon pouvoir, qu’est-ce que c’est ? »

Oui. C’est ce que Shidou avait toujours voulu savoir.

Puisque Kotori était toujours loin de la maison, il n’avait pas pu lui demander.

Kotori soupira et prit, dans sa poche, sa nourriture préférée – une Chupa Chups. Seulement après l’avoir déballée et mise en bouche, elle commença à parler.

« — Je suppose que tu as raison. C’est aussi la bonne occasion de tout te dire, aussi laisse-moi aller droit au but. »

Après avoir dit ces mots, elle laissa son dos reposer sur le coussin derrière elle.

« <Ratatoskr> a été fondé par des volontaires… Pour faire simple, c’était quelque chose comme une sorte d’association de conservation de la nature— Et bien sûr, son existence n’a pas été publiquement annoncée. »

« Une association de conservation de la nature… huh… »

D’une certaine manière, il sentait que cela n’avait aucun sens et, à cause de ça, il hésita à interrompre le discours. Comme s’il voulait qu’elle continuât de parler, il persista à ne faire que d’agréables remarques.

« Yup… De plus, le vrai but et la raison de la formation de <Ratatoskr> — est d’abriter les Esprits et de leur fournir une vie bienheureuse et joyeuse… Eh bien… Comme il semblerait également qu’il y ait des gens corrompus, même dans les plus grands groupes, qui voudraient s’emparer de leurs énormes pouvoirs. »

« Ah… ? Ce n’était pas pour empêcher les déchirures spatiales ? »

« Bien sûr qu’il y a de ça. Mais c’est un objectif secondaire. Si c’est ainsi que tu le vois, alors nous serions comme l’AST. »

« … Hmmm, bien, je suppose que tu as raison. Donc… une telle organisation existe. Quand et pourquoi en es-tu devenue le Commandant ? Je n’avais aucune idée de ce que tu faisais. »

Il disait ces mots avec mécontentement.

Bien qu’il n’ait pas eu l’intention de dire ‘Ne me cache pas de secrets’, c’était tout de même quelque chose d’important que de dissimuler un secret impliquant une chose capable de lui coûter la vie. Il était plutôt mécontent en tant que grand frère.

Ayant deviné ses sentiments, Kotori grogna.

« J’ai été nommée en tant que commandant de l’unité de combat de <Ratatoskr>… il y a environ cinq ans de cela, je crois. »

« Cinq ans… Huh— Attends, QUO… !? »

Après que Shidou ait fini de faire un simples calcul dans sa tête — il redressa sa tête jusque-là penchée, dans sa position normale.

« Arrête de raconter des conneries. Il y a cinq ans… tu n’avais que 8 ans ?! »

Shidou fut frappé par un sentiment d’incrédulité.

Même si ce n’était pas une organisation ordinaire, avoir une fille qui avait l’âge d’un élève de troisième année d’école élémentaire en tant que commandant, c’était tout simplement de la folie.

« Eh bien, durant ces quelques années, c’était quelque chose comme un entraînement. En réalité, ce n’est que récemment que j’ai obtenu le poste de commandement. »

« N-Non, ce n’est pas le sujet. Pourquoi auraient-ils choisis une petite fille dès le début — »

« Comment puis-je le dire ? <Ratatoskr> réalisa que je possédais une intelligence débordante. »

« Comment je peux être convaincu par quelque chose comme ça ! »

« Même si tu dis ça, ça ne change rien au fait que c’est la vérité. Pourquoi tu ne peux pas tout simplement croire les mots de ta petite sœur sans discuter ? Est-ce que tu penses que tu auras l’air intelligent si tu doutes des paroles des gens ? »

… Son attitude était totalement différente de celle de la Kotori mignonne de tous les jours. De la sueur coulait le long de la joue de Shidou.

« … Cette double personnalité, c’est la faute de <Ratatoskr> ? »

Après qu’il eut prononcé ces mots, Kotori s’ébroua.

« C’est rude et simpliste. Réfléchis un peu plus avant de dire n’importe quoi. Premièrement c’est— »

« C’est… ? »

« … »

Kotori regarda Shidou avec une expression complexe, elle balança sa tête et ignora les mots de ce dernier.

« — Ce point-là n’est pas important. Pour le moment, nous parlons de <Ratatoskr>. En plus, il y a cinq ans, quelques incidents sont advenus et ils marquèrent un tournant dans l’organisation. »

« Hey, ne change pas de sujet, le— »

Mais, la phrase de Shidou fut interrompue en plein milieu.

C’était parce que Kotori venait de prendre entre ses doigts le bâtonnet de la Chupa Chups qu’elle était en train de manger, elle l’avait sorti de sa bouche et l’avait pointé vers Shidou.

« — A cause de la découverte du garçon qui peut sceller les pouvoirs des Esprits avec un simple baiser, <Ratatoskr> a, par la suite, véritablement changé son objectif en la protection des Esprits. »

« Quo… »

Les sourcils de Shidou étaient déformés par le choc.

« E-Et ce garçon c’est… moi, n’est-ce pas ? »

« Oui »

Kotori acquiesça et, une fois encore, remis sa Chupa Chups dans sa bouche.

Alors que pour Shidou, c’était le chaos dans sa tête. Ayant eu toutes sortes d’informations données d’un seul coup, il devenait impossible pour lui de toutes les assimiler.

« Attends, s’il te plait attends un instant… Premièrement, pourquoi ai-je obtenu un tel pouvoir ? »

« Chais pas. »

« Huh… ? N-nonononon. N’essaye pas de délibérément de mystifier ce point-là. »

« Je ne le mystifie pas délibérément. Je ne sais vraiment pas. Par le biais d’un baiser, il vole et emporte les pouvoirs des Esprits, et les scelle sans encombre dans son corps. Je sais seulement que tu as cette capacité. A la question de pourquoi tu as ces pouvoirs, je n’en ai aucune idée. »

« C-Comment tu sais que j’ai ce genre de pouvoir ?! Et il y a cinq ans ! Qu’est-ce qui s’est passé à ce moment-là ?! »

Au moment où Shidou formula ces mots tout en se grattant la tête…

Kotori détourna son regard vers le sol.

« … »

Après avoir constaté qu’elle semblait différente de son habitude et qu’elle prenait une expression chagrine, Shidou était choqué.

Elle paraissait ressentir une profonde peine, comme s’il lui remémorait quelques souvenirs douloureux.

—— Il lui semblait qu’elle éprouvait des remords à cause d’une erreur qu’elle ne pouvait pas réparer.

Sur ce —— visage.

« K-Kotori… ? »

Quand Shidou l’appela par son nom, Kotori revint à elle et ses épaules tremblèrent légèrement.

« Eh — ouais, il ont été découverts par le dispositif de surveillance de <Ratatoskr>. C’est comme ça. Et j’ai aussi été choisie par cette même méthode. »

Elle était totalement différente en comparaison à son mode Commandant habituel. En plus, Kotori formula ces mots de manière évasive.

Mais lui… pour plusieurs raisons, il n’avait plus le cœur à poursuivre ce sujet plus longuement.

« Q-Quoi qu’il en soit—. »

Après que Kotori toussa et éclaircit sa gorge, elle pointa Shidou avec son doigt.

« Pour le moment, l’information la plus importante c’est que [tu as le pouvoir de faire quelque chose pour les Esprits]. Compris ?! Donc fais ton choix — A partir de maintenant, vas-tu accepter ou non de conquérir le cœur des Esprits pour nous ? »

« … »

Shidou appuya ses lèvres l’une l’autre en signe de mécontentement. C’était une question qui avait franchement une mauvaise disposition.

Shidou était le seul qui pouvait sceller les pouvoirs des Esprits.

Le fait est que si leur existence et les circonstances étaient les mêmes que pour Tohka, alors Shidou voulait les sauver. Si Shidou ne le faisait pas, les Esprits seraient attaqués par l’AST, à chaque fois qu’ils passeraient de ce côté-là du monde.

Même si ce n’est pas l’intention de la jeune fille de détruire ce monde.

Avoir une conclusion unilatérale, décider qu’ils sont une menace et intenter à leurs vies…

Et il demeure —— ce problème des déchirures spatiales.

Si les pouvoirs des Esprits ne sont pas scellés, un jour où l’autre, il y a la possibilité que le désastre à grande échelle d’Eurasie puisse à nouveau avoir lieu.

Shidou émit un profond soupir et il manipula ses cheveux.

« … Donne-moi un peu de temps, pour réfléchir à tout ceci. »

« — D’accord, c’est bon pour le moment. »

Dit Kotori avec un soupir et en dirigeant son regard vers Reine qui était assise derrière elle.

« Bon, ensuite Reine, les préparatifs. »

« … Ok, laisse-les moi… Ou devrais-je dire, tout est déjà prêt. »

Après que Reine formula ces mots en vacillant de la tête, Kotori sifflota.

« Comme d’habitude. Tu travailles vite. »

« … Préparatifs ? A quel propos ? »

Une mauvaise sensation refit surface lorsque ces deux-là eurent cette discussion inquiétante. Shidou leur demanda cela alors qu’une goutte de sueur coula le long de sa joue.

Kotori répondit comme si c’était une chose naturelle.

« Eh ? Ainsi donc, la préparation de la chambre de Tohka a déjà été décidée. Elle utilisera la chambre d’ami du premier étage. »

« At-Attends une minute ! Tu n’avais pas dit que tu me laisserais y réfléchir un peu. »

« Oui, c’est pourquoi tu ne devrais pas t’inquiéter de ces choses-là. Prends ton temps et réfléchit. »

« Ne demande pas l’impossibleeeeeeee !!!!!!!!!! »

Quand Shidou cria, Kotori se boucha les oreilles.

« Tu es bruyant. De toute façon, jusqu’à ce que la résidence spéciale soit finie, nous n’avons pas d’autres choix que de laisser Tohka ici. Au moment où tu auras pris ta décision, il sera trop tard pour ton entraînement. »

« Même si tu dis ce genre de choses…Je pense c’est quelque chose de mal que de faire vivre une jeune fille et un jeune garçon du même âge sous le même toit… »

Le visage de Shidou était rouge comme une tomate lorsqu’il formula ces mots. Kotori lui sourit froidement.

« Si tu étais capable de commettre de tels erreurs, nous n’aurions pas tant de difficultés. »

« Guh… »

C’était un peu triste qu’il ne puisse pas le nier.

« Mais, même si… ! »

Et, alors que Shidou se posa encore en opposition, derrière lui, – la porte d’entrée de la chambre de Kotori, *Clic*, s’ouvrit.

« … ! »

Ses épaules eurent un mouvement soudain et il se retourna.

Alors qu’il se demandait depuis combien de temps elle était là, depuis le couloir, Tohka lui jeta un regard anxieux.

« … Shidou. Comme je le pensais, je ne peux pas ? Je… ne peux pas rester ici ? »

« … Uh. »

Avec ses sourcils qui formaient un 八, Tohka le regarda avec des yeux tristes qui laissèrent Shidou sans voix.

… S’il y avait un humain capable de dire non dans une telle situation, il aurait vraiment voulu le rencontrer.

Shidou expira loooooooooonguement.

« … J-Je comprends. »

« …Alors, en parlant d’entraînement, en quoi ça consiste ? Qu’est-ce que vous allez me demander de faire au juste ? »

Shidou traînait douloureusement sa tête depuis trois heures environ—

Après avoir fini son dîner, Shidou posa ces questions à Kotori, qui était assise dans le canapé du salon.

Les seules personnes dans le salon de la résidence Itsuka étaient Shidou et Kotori.

Après tout cela, Reine était retournée sur le <Fraxinus>. Quant à Tohka, après dîner, elle s’est rendue dans la chambre d’hôte. Les accessoires qu’elle utilisait, dans les quartiers d’isolation à bord du <Fraxinus>, lui ont été livrés quelques temps auparavant. Elle déballait ses affaires à présent.

« Rien en particulier… c’est OK… rien à faire. »

Kotori, qui avait ses cheveux attachés par des rubans noirs, prononça ces mots en agitant entre ses lèvres un bâtonnet usé (bien sûr, ce n’était pas du tabac mais bel et bien une Chupa Chups).

« Huh… ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Après avoir dit toutes ces choses concernant l’entraînement… »

« Un——, en parlant précisément, le thème cette fois est de mener une vie quotidienne ordinaire… Je pense. »

« Ah ? »

« Essentiellement, ton entraînement, basé sur la prévision que tu sortiras avec tous les Esprits à partir de maintenant, est d’arriver à avoir une conversation détendue avec une fille. »

« … Ah, maintenant que j’y pense, tu as déjà dit quelque chose comme ça. »

Il se souvint s’être entraîné avec des galges[2] le mois dernier et d’avoir subi un entraînement à l’art du flirt — sa joue convulsa.

« Cette fois, nous allons faire du programme ‘vivre avec une fille’ un entraînement au combat réel. Le but est que même si tu rencontres soudainement une situation de proximité avec une poitrine de fille, tu resteras calme, tu seras capable de te comporter en gentleman et d’agir en conséquence. »

« … Haa. »

« C’est pourquoi, Shidou, au cours de la période où tu vivras avec Tohka, quels que soient les vilains événements que tu rencontreras, il serait mieux que tu puisse surmonter la situation sans être nerveux. »

« Quo… Qu’est-ce qui se passe avec… »

Le sourcil de Shidou forma un grand arc et il gémit.

« … En parlant de ça, pourquoi dois-je séduire les Esprits en premier lieu ? Je veux dire… vous pouvez juste sceller les pouvoirs des Esprits par un baiser, non ? Dans ce cas, il n’y a aucune utilité à mener une frappe abrupte—— »

« Oh mon Dieu, c’est contraindre autrui que tu préfères, Shidou ? Bonne chance pour voir apparaître ton nom dans les journaux du matin. »

« Je ne veux pas y être ! »

Alors que Shidou criait, Kotori haussa les épaules d’une manière soulagée.

« —— C’est inutile. Si les Esprits ne t’ouvrent pas leur cœur, ils ne te laisseront pas sceller totalement leurs pouvoirs. »

« Es-Est-ce que c’est vrai… ? »

« Oui, je n’entends pas par là qu’ils doivent, sincèrement, tomber amoureux de toi. Mais, pour le moins, ce serait difficile s’ils ne croient pas suffisamment en toi pour ne pas te céder un baiser. C’est pourquoi Reine surveille les humeurs et les sentiments positifs de chaque Esprits individuellement. »

« Ha, Haaa… »

Plus il entendait parler à ce sujet, plus il était difficile de concevoir ce qu’était vraiment sa capacité.

« … Hm ? »

Shidou inclina sa tête.

Kotori commença à bouger ses lèvres normalement.

« Je vois, je comprends. Mmm… plus tard… »

Il regarda de plus près l’oreille de Kotori, il put voir qu’elle portait un petit interphone.

« Kotori ? Avec qui tu parles ? »

« ——Aah, c’est rien. Ne t’inquiètes pas pour ça —— il y a plus important, Shidou. »

Par conséquence, Kotori sauta du canapé et se releva.

« Je dois aller aux toilettes. »

« Huh ? Pourquoi tu n’y vas, tout simplement ? »

« D’après ce que j’ai vu tout à l’heure, l’ampoule est morte. Peux-tu aller la changer ? »

« — ? Ça ne me dérange pas. »

Alors que Shidou pensait que Kotori était très méfiante, il sortit une ampoule de rechange de l’une des étagères.

Il prit un tabouret adapté à ce genre de tâches et se dirigea vers les toilettes.

Ensuite, après avoir posé le tabouret au sol, il entreprit d’ouvrir la porte—

« — !? »

Sa position se paralysa aussitôt.

Mais c’était tout naturel. C’était parce que son hôte s’y trouvait encore…

« Quo… Shidou !? »

Tohka se trouvait actuellement assise là, sa petite culotte sous ses genoux.

« To… To-To-To-To-To-To-Tohka… !? Qu’est-ce que tu fais——. »

Shidou s’exprima avec cette voix tandis qu’il sentait son pouls soudainement s’accélérer.

Bizarre. La porte des toilettes n’était pas verrouillée.

En plus, l’ampoule que Kotori disait grillée — brillait avec un éclat aveuglant. De plus, l’interrupteur de la lumière, installé près de la porte, était en position éteinte.

C’était absurde que quelqu’un entrant là soudainement puisse être capable de voir le stratagème.

« C’est ma réplique ! Dépêche-toi et referme ! »

Les joues de Tohka viraient au rouge betterave, d’une main elle attrapa l’ourlet de sa jupe, et de l’autre elle se saisit violemment du papier toilette qui se trouvait contre le mur, et le lança de toutes ses forces dans le visage de Shidou.

« Goah… !? »

Bien qu’il s’agissait de papier toilette mou, puisqu’il avait été lancé brutalement, il eut tout de même un certain impact.

Shidou émit un gémissement de douleur et s’effondra sur le dos.

*Roll**Roll**Roll*… et le papier toilette, qui avait entreprit une attaque kamikaze sur le nez de Shidou, traça une ligne blanche en roulant le long du couloir.

« Qu-Qu’est-ce qui s’est passé… ? »

Et alors que Shidou fixait le plafond, Kotori apparut au-dessus de lui.

« C’était pathétique. Même après que je t’ai mis en garde de ne pas paniquer et de ne pas être nerveux… »

A raison de sa position autoritaire et de celle de Shidou allongé sur le dos, ses sous-vêtements étaient entièrement visibles. Eh bien, même si c’était Shidou, puisqu’il s’agissait-là de la culotte de sa sœur, il n’était pas du tout paniqué.

« … Kotori. C’est de ta faute… »

Lorsque Shidou exprima cela, Kotori prit la Chupa Chups par le bâtonnet, retira la sucrerie de sa bouche et la garda à côté de ses lèvres.

… Ce qui s’est passé était exactement ce qu’elles avaient calculé lorsque Tohka entrât aux toilettes, avant d’y envoyer Shidou à l’attaque. De plus, elles avaient habilement joué avec la serrure de la porte et l’interrupteur de la lumière.

« ——Ta condition, Shidou, est toujours surveillée par le <Fraxinus>. Ensuite, l’équipage et l’IA jugent séparément de chacune de tes possibilités de réussite. — Et bien sûr, cette fois-ci, c’était un échec. »

Après avoir dit cela, Kotori montra à Shidou quelque chose qui était caché dans son dos.

« Ah… ? »

C’était une radio de petite taille.

Kotori inséra une batterie dans celle-ci et régla la fréquence tout en disant :

« Ce monde est emplit de supercheries. Les adultes sont tous corrompus. Nous ne pouvons pas être comme tels. Montre-leur le pouvoir — le miracle débordant. Nous ne pouvons pas arrêter nos jambes qui font face à l’avenir—. »

… C’était un poème qu’il avait déjà entendu à quelque part et qui était affablement récité à haute voix.

Oui. C’était quelque chose que Shidou avait écrit lorsqu’il était au collège.

« Gy… Gyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahh!? »

Shidou cria comme s’il avait cessé de fonctionner, il prit la batterie de la radio et la laissa tomber.

« Même si tu fais ça, c’est inutile. Après tout, ça a déjà été diffusé. »

« Quo… !? »

Le visage de Shidou était totalement teinté de rouge.

« C’est le successeur de la Pénalité de la dernière fois. Ce serait un problème si tu ne le prenais pas au sérieux parce que c’est une formation. Tant que tu n’échoueras pas, révéler le nom de l’auteur ne sera pas nécessaire. »

« N’est-ce pas dire que si je me trompe, il sera révélé ! »

« C’est pourquoi je te le dis avant que ça n’arrive ainsi tu pourras t’y préparer. Ce n’est pas comme si je te demandais de la rendre amoureuse. Peu importe à quel point tu es nerveux, si tu te calmes et agit en conséquence, tu réussiras. »

« C-C’est déraisonnable… »

Le galge était bien meilleur. L’entraînement, cette fois, était d’un niveau de difficulté trop élevé pour Shidou qui n’avait pas d’immunité.

« En-En parlant de ça, tu n’as pas dit que nous ne devions pas empirer l’état mental de Tohka… !? »

« Ahhhh, ce n’est pas le problème. Il y a de nombreuses choses qui causeront une oscillation de ses émotions. Dans ce genre d’évènements, les chances que les pouvoirs d’Esprit lui reviennent sont très minces. »

« M-Mais malgré tout… »

Et, alors que Shidou s’exprimait, dans son dos un *screech* se fit entendre.

Tohka ouvrit la porte des toilettes d’un coup et la moitié de son visage totalement rouge en sortit.

« To-Tohka… ? »

Même si, à la base, c’était la faute de Kotori, il était difficile, pour quelqu’un prit en train de se rincer l’œil quelques minutes auparavant, de se faire face l’un l’autre. Shidou évita son regard et dit d’une voix douce.

« Dé-Désolé… ce n’était pas mon intention. S’il te plait, pardonne-moi… »

Après qu’il eut prononcé ces mots, Tohka, dont les joues étaient encore teintées de honte, se dirigea le long de la ligne blanche qui avait été disposée dans le couloir.

« … Je vais te pardonner… alors euh… comment… peux-tu me donner le papier, s’il te plait ? »

« Ah… »

Cela lui rappela que le papier toilette, qui avait été jeté dehors, était en fait conçu pour les urgences.

Shidou prit le papier toilette qui était déroulé dans le couloir, il l’enroula et le tendit à Tohka.

« Shidou, il semblerait que le bain soit prêt, alors va-y. »

Quel genre de pièges cherchait-on à lui tendre cette fois… ?

Shidou se prépara lui-même lorsque Kotori lui exprima ces mots, il était 20 heures.

« … Le bain, huh. »

Shidou répondit avec une voix terne et avança lentement sa tête dans le salon.

Kotori était allongée, elle tenait entre ses mains une manette de jeu d’une console qui était connectée à la télévision.

Comme il s’y attendait, Tohka n’était pas là.

Oui. Il y a juste un instant lorsque Shidou s’était absenté pendant quelques minutes, Tohka avait disparue.

Kotori avait dit qu’elle était partie chercher quelque chose dans sa chambre… à ce stade, Shidou n’était plus aussi naïf pour croire ces affirmations.

« … Non, c’est bon, je le prendrais plus tard. Qu’est-ce que tu en dis de passer la première, Kotori ? »

« … »

*Twitch*

Kotori qui appréciait remuer au rythme de la musique du jeu, arrêta le mouvement de ses pieds un instant. Shidou ignora cet élément.

« Je passe. Là, c’est un bon passage ! »

Elle prononça ces mots avec un visage impassible tout en regardant l’écran.

— Shidou était certain…

C’était un piège de Kotori.

Pendant qu’il n’était pas là, elles ont fait entrer Tohka dans la salle de bain, tout comme elles l’avaient fait avec l’incident des toilettes, et maintenant elle y envoyait Shidou. Elles ont sûrement planifié une situation bienheureuse et embarrassante.

La commandante en chef des ressources, Itsuka Kotori, ne laisserait jamais échapper une opportunité aussi royale qu’un bain.

Mais, il fallait prendre en compte le fait que Shidou a déjà subi l’expérience de la salle de bain en rentrant à la maison. Ayant déjà expérimenté cela par deux fois, il avait appris la leçon et cette fois il ne tomberait pas dedans.

Alors qu’il haussait légèrement ses épaules — il était temps de révéler sa précieuse arme secrète.

« Maa maa, si tu insistes pour dire ça — Surtout aujourd’hui… c’est donc ok pour que j’utilise le bain à bulles ? »

« —!? »

L’espace d’un instant, les couettes de Kotori tiquèrent et se déformèrent !

A l’époque quand la famille Itsuka utilisait le bain à bulles — alors que chacun tirait profit du gaz carbonique, il fut décidé que la personne qui avait le rôle de le mettre en place en bénéficierait le premier.

Depuis lors, Kotori n’avait jamais manqué à ce rôle.

« … »

« … »

Un moment de silence après le dîner.

Si une personne qui n’était pas au courant voyait ceci, il verrait probablement une scène tranquille entre un frère et une sœur.

Mais — à l’instant, une guerre psychologique grave se déroulait entre les deux.

– Bien, qu’est-ce que tu vas faire à présent, Kotori ?

A présent dans l’esprit de Shidou, la forteresse mentale imprenable de Kotori était assiégée par des bombes à bulles, une scène complètement surréaliste.

Kotori d’une manière calme, bougea ses pieds. Shidou était sûr de sa victoire et souleva le coin de ses lèvres.

– Fu, hahahahahaha ! Ne baisse pas les yeux, petite morveuse. Moi, Itsuka Shidou, j’ai été ton frère pendant des années, c’est pas juste des mots en l’air.

Mais, pendant un bref instant, Kotori répondit avec une voix tremblante,

« He… Heeeeeeee, Oui… C’est bien… Shidou, va-y en… premier. »

« Quo… »

Face à cette réponse inattendue, Shidou leva ses sourcils — Peu importe à quel point elle était en mode Commandant, il n’y avait aucun moyen que Kotori puisse combattre la puissance magique du bain à bulles !

… Il comprit cela en regardant de plus près, les épaules de Kotori étaient tremblantes et il constata que sa main droite agrippait fermement sa main gauche.

« … »

Elle la gardait bien fermement.

Et, à ce moment-là,

« Kotori, désolé de te faire attendre. Eh bien, c’est un défi ! »

Par derrière une voix fit écho, Shidou se retourna choqué.

Là, Tohka se tenait debout en tenant quelque chose qui ressemblait à une couverture.

« Tohka ?! »

« Nu, qu’est-ce qui cloche, Shidou ? Faire une tête tellement bizarre. »

« N-Non… Où est-ce que tu vas ? »

« Un. Kotori m’a demandé de jouer à un jeu avec elle, mais aujourd’hui il fait un peu froid après tout. Du coup, je suis allé me chercher dans ma chambre quelque chose pour me couvrir les genoux. »

« … Quo- »

Venant de la bouche de Tohka, Shidou resta instinctivement abasourdi. Il sentit comme si sa vue commençait à se déformer et à se troubler.

– Est-ce que Kotori disait la vérité ? Shidou s’était fait des idées pour rien… !?

« … Je vais prendre mon bain… »

Pour diverses raisons, il semblait qu’il avait perdu. Shidou quitta le salon tout chancelant.

« — ? Shidou, qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Je me demande. »

Les voix des deux pouvaient être entendues derrière lui alors qu’il quittait le couloir. Il prépara ses vêtements et une serviette de bain au hasard, avant d’ouvrir la porte du vestiaire de la salle de bain.

« … »

Juste au cas où, il frappa à la porte de la salle de bain avant d’entrer.

« … Quoi, il n’y a vraiment personne. »

Il poussa un soupir de soulagement et enleva rapidement ses vêtements avant d’entrer dans le bain. Au moment où il attrapa dans sa main la solution à bulles — il sentit soudainement qu’il avait fait quelque chose de vilain à Kotori.

Il pensa à laisser Kotori l’utiliser demain à sa place. Il jeta dans l’eau l’habituel additif de bain qui ne produisait aucune bulle dans la baignoire.

Et ensuite, il lava rapidement son corps avant de glisser ce dernier dans le bain teint d’une couleur blanc laiteux.

« Fuu~~ »

Un long et profond soupir. Beaucoup d’échos répétés résonnaient contre les murs de la salle de bain et revinrent à ses oreilles.

« Aujourd’hui, c’était encore… épuisant… »

Il engloutit ses épaules dans le bain chaud et lâcha un autre soupir.

Depuis les pores de sa peau, il sentit comme si la fatigue de son corps entier s’était envolée.

Shidou prit son temps et ferma lentement ses paupières.

… Et à présent, il se demandait combien de temps s’était écoulé.

« Fun, fufufufu-n, fufu-n~ »

Les sons de quelqu’un fredonnant sortirent Shidou de son hébétement.

« Ah… ? Quoi… ? »

Shidou frotta ses yeux somnolents et fit face à la direction d’où provenait le fredonnement.

« — ! »

Son corps se raidit et il se reprocha à lui-même d’avoir baisser sa garde.

Mais c’était tout naturel. A présent, en face de la vitre qui séparait la salle de bain du vestiaire, il pouvait voir les formes à peine visibles d’une fille à la chevelure noire.

« C-C’est là ton but, Kotori — ! »

Shidou grommela pendant qu’il réprimait son estomac.

Faire ressembler cela au même modèle que la dernière fois puis utiliser une attaque surprise…

Ce n’était pas Shidou qui allait vers Tohka cette fois, mais l’inverse.

Tout en étant simple, c’était une stratégie efficace. Parce que Shidou n’avait actuellement aucune possibilité pour s’enfuir.

« J’ai été trompé. Kotori — ! »

A présent dans son esprit, Kotori portait des lunettes de soleil, elle riait de manière indécente et disait [Parce tu n’es qu’un petit garçon !], tout en sirotant un verre de whiskey. Cette scène traversait son esprit.

Ayant fini d’ôter ses vêtements, Tohka mis ses mains sur la porte de la salle de bain.

« — ! »

Shidou, dans la confusion, et sans y penser, s’immergea dans la baignoire et tira le rideau avant d’être trouvé.

Ensuite, comme si quelqu’un entrait, le son d’ouverture de la porte se fit entendre.

Avec un cliquetis, le rideau de la baignoire fut ouvert. Et là-

« Tou ! »

*Pouf !*

Et, sans vérifier l’intérieur de la baignoire, Tohka y sauta vigoureusement.

En même temps que les éclaboussures dans l’eau chaude, Shidou sentit quelque chose de tendre atterrir sur son ventre.

« Nu ? »

Finalement, Tohka se rendit compte qu’il y avait quelque chose d’inhabituel.

Par conséquence… Shidou ne pouvait pas retenir son souffle plus longtemps et il refit surface dans cette eau blanc laiteux avec une expression sur son visage de ‘Bonjour’.

« Y-Yo ! »

« … »

Après seulement quelques secondes.

« —— !? »

Le visage de Tohka devint rouge comme une tomate et elle poussa un cri qui ne ressemblait pas à une voix humaine.

« Ca-Calme-toi, Tohka… ! »

« – ! T’es un idiot ! Ne sors pas… ! »

Tohka se saisit de la tête de Shidou avec toutes ses forces et le plongea dans l’eau.

Naturellement, Shidou qui n’avait pas pris une bonne inspiration, n’eut pas suffisamment d’oxygène dans ses poumons.

« — ! … … ! »

Et après avoir été bloqué dans cette position dans la baignoire pendant un moment…

… Shidou perdit finalement conscience, *plop*… et commença à flotter.

A quelque part dans son esprit, Kotori disait [Oui, c’est un Non], il sentait comme s’il entendait à nouveau une longue voix dans la radio — mais il n’y avait rien que Shidou pût faire.

« C’était une expérience tota— totalement… ratée. »

D’une certaine manière, il reprenait connaissance. Shidou, après être sorti de la salle de bain, lavait la pile d’assiettes accumulées dans le lavabo et préparait le riz pour le lendemain. Enfin, en revenant dans sa propre chambre, il était complément épuisé.

L’horloge indiquait 11 heures.

Les bons enfants, que ce soit Tohka ou Kotori, étaient déjà couchées dans leurs chambres respectives.

Bien que pour un jeune lycéen en bonne santé, il était toujours tôt, mais la fatigue d’aujourd’hui n’était pas commune du tout.

… Comme on pouvait s’y attendre, même Kotori était épuisée aujourd’hui.

Shidou entra dans sa chambre et s’engouffra dans son lit. Il s’endormi immédiatement.

« … ri. Kotori, réveille-toi. C’est l’heure. »

Tout le monde était endormi — il était tard dans la nuit. Elle sentit comme si le tympan de son oreille droite sifflait et Kotori eut un mouvement des sourcils.

« U… mm… . »

Mais, pour être réveillée par quelque chose comme ça, le sommeil d’une fille de 13 ans ( comme Itsuka Kotori ) n’était pas si léger.

Dans son lit, elle entortilla son corps, embobina la couverture et s’enroula dedans en se tournant de l’autre côté, et elle recommença, à nouveau, à émettre les sons typiques d’un sommeil calme.

« … Kotori. Kotori. S’il te plait ne te rendors pas. »

« Un~ »

Kotori utilisa ses mains pour frotter ses frêles yeux clignotants et pour relever son corps endormi.

« Qu’est-ce qu’il y a… Oniii-chaaan… »

« … Désolé mais je ne suis pas Shin. C’est moi Reine. »

Elle fit un petit mouvement avec son cou et *Fuaaaaaaa….* bailla intensément.

« Reine… ? Qu’est-ce qui cloche, à une heure comme celle-ci… »

Tandis que Kotori frottait ses yeux d’une main, elle tâtonna de l’autre main sur son chevet, elle finit par trouver son portable qu’elle prit en main, le manipula et alluma l’éclairage du menu d’accueil tout en plissant ses yeux.

Il était 3h20. C’était l’heure où tous les bons et mauvais enfants étaient en plein dans leurs rêves.

« … Les préparatifs sont prêts. Nous allons te laisser l’instruction finale. »

Après s’être entendu dire ceci, Kotori [ah] ouvrit faiblement sa bouche.

« Um… Ah ouais… je t’avais demandé… de m’aider… pour me lever… »

Alors que Kotori agitait sa tête comme Reine, elle chercha de nouveau sur son chevet.

Et elle prit en main, une friandise accrochée à un bâtonnet qu’elle avait laissée là. Elle arracha ensuite l’emballage et engouffra la sucette dans sa bouche.

« – ! »

A ce moment-là, sur sa langue quelque chose telle une sensation d’explosion fut transmise à son cerveau. Kotori remua son corps entier. Et en même temps, un parfum rafraîchissant et stimulant traversa sa cavité nasale.

Oui, ce n’était pas la Chupa Chups ordinaire. C’était une arme secrète, la sucette super rafraîchissante, Super Mental Candy, que Kotori n’utilisait que pour dissiper son engourdissement.

Kotori prit ses rubans noirs en mains et attacha, comme à son habitude, ses cheveux en deux couettes.

« Ah… Je suis réveillée. Désolé pour ça, Reine. »

« … C’est pas grave. Sans plus attendre, voici le rapport. Shin est actuellement en plein sommeil. »

« Je vois. Et qu’en est-il des autres ? »

« … Je leur ai dit de se tenir prêts conformément aux ordres. Nous pouvons y aller à tout moment. »

« C’est suffisant. »

Lorsque Kotori eut prononcé ces mots, elle couvrit le bruit de ses pas et quitta sa chambre, puis elle descendit l’escalier pour atteindre la porte d’entrée.

Et ensuite, avec le bruit d’un *kachinn*, la porte s’ouvrit.

En face d’elle se trouvaient des uniformes noirs de combat et des Balaclava[3]. Plusieurs hommes constituaient ce groupe, semblable à l’American Special Forces, tous en attente d’ordres.

« La cible est au premier étage. Je compte sur vous tous. »

« Roger. »

Les hommes obéirent aux ordres de Kotori et envahirent la maison des Itsuka sans faire le moindre bruit.

« Um… Ummmm… »

Shidou laissa s’échapper un faible gémissement et il étira lentement son dos.

Ses yeux recevaient la lumière de l’aube provenant de sa fenêtre et ses oreilles percevaient le pépiement des oiseaux.

« Um… C’est déjà le matin hum. »

Il bailla tout en clignant des yeux et se tourna vers l’autre côté du lit.

… Et.

« Ah… ? Qu’est-ce que c’est… ? »

Il avait la sensation que sa joue avait touché quelque chose de mou. Shidou leva un peu ses paupières.

En vue de retrouver son identité, il plaça lentement ses mains sur sa tête et chercha autour de lui.

Lorsqu’il s’exécuta, dans la direction au-dessus de sa tête…

« Un… »

Qu’est-ce que…

Une voix délicate se fit entendre.

« … »

Shidou arrêta son souffle pendant un moment et rassembla ses pensées.

Il jeta un regard aux alentours. En face de ses yeux se trouvait un vêtement en laine fine. Et au plafond, il pouvait voir une lampe qui était différente de sa chambre.

Tout autour de lui. … Ce n’était pas la chambre de Shidou.

A juger par l’intérieur… Elle ressemblait à la chambre d’hôte du premier étage où il allait rarement.

« Ce~ qui signi~fie… »

Il tourna lentement, très lentement, sa tête pour regarder au-dessus de lui.

« … Mu ? »

Là, comme il s’y attendait, se trouvait la très belle Tohka.

Elle s’était, probablement, réveillée quelques secondes auparavant. A l’instant où Shidou leva son regard, leurs yeux se rencontrèrent.

« … »

« … »

Après quelques secondes.

« Hiiiiiii—— »

« Quo… ? »

Shidou et Tohka s’écrièrent en même temps, et rapidement, ils se levèrent de leur position comme si un gong venait de sonner le début d’une compétition, ils se séparèrent chacun de leur côté et prirent de la distance ; l’un du côté de la tête du lit et l’autre du côté des pieds du lit.

« Quo-Qu’est-ce que tu fais, Shidou ! Pourquoi tu es dans mon lit… ?! »

« J-Je ne sais pas ! Qu-Qu-Qu-Qu-Qu’est-ce que je fais ici… ?! »

« Celle qui devrait poser la question c’est moi ! »

« Tu as raiiiison ! »

Shidou, prit d’une tension inexplicable, criait.

Et, à ce moment-là, la porte de la chambre s’ouvrit, Kotori se dévoila.

« Ok, dehors ! Calme-toi un peu, Shidou. »

« … Kotori… ?! N-Ne me dis pas que c’est de ta faute ! »

« Laisse-moi voir de quoi il s’agit… N’est-ce pas Shidou, incapable de contenir la libido débordante de sa puberté, qui s’est glissé dans le futon de Tohka ? Arrête de lancer des accusations bizarres sur moi. »

Kotori haussa les épaules tout en prenant un air bête et dit tout ceci avec un petit sourire sur son visage.

« Quo… ? »

A ces mots, le visage de Tohka rougit et elle prit la couverture pour couvrir sa poitrine.

« J-Je suis innocent ! »

Cria-t-il. Kotori s’en fichait et, pour quelque raison, commença à prendre son portable dans sa poche.

Mais c’était pour une raison qui impliquait Shidou.

« Tu… N’es-ce pas mon téléphone. Qu’est-ce que tu fais ? »

« Eh ? Aah. »

Kotori afficha un petit rictus et tourna l’écran du téléphone en face de Shidou.

Sur l’écran un mail avait été écrit. Et le nom du destinataire — Tonomachi Hiroto, l’ami de Shidou, était affiché.

« — ?! »

Shidou s’étouffa. C’était parce que l’objet du mail était à propos —

« Il y a une station de radio incroyable. Essaye de l’écouter. Elle a provoqué des émotions dans mon cœur. Cela va changer ta vision de la vie. »

Après avoir écrit quelque chose de la sorte, elle plaça l’URL d’une page web à la fin du message.

« Huh… ? Qu-Qu’est-ce que c’est que cet URL… »

« Aah, le spectacle d’hier a commencé sa transmission sur une radio en ligne. Avec cette dernière sur le net, n’importe qui peut écouter les chefs d’œuvre de Shidou, n’importe quand. »

« Quoi… ?! »

Les yeux de Shidou s’ouvrirent en grand emplis de peur, il tendit son bras vers Kotori.

« Ar-Arrête… »

Avant que Shidou ne pût finir sa phrase, Kotori appuya sur le bouton d’envoi.

« Gyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ?! »

Il cria et attrapa son portable et appuya désespérément le bouton d’annulation, mais trop tard.

En raison de la commodité du monde moderne de transmettre l’information rapidement, un paquet d’informations désastreuses avait été envoyé à son ami.

« Po-Pourquoi t’as fait ça… ! »

« C’est une Pénalité. Ça pourra s’avérer gênant si tu paniques juste en touchant la poitrine de Tohka avec ta joue. »

« Hein, même si tu dis ça… ? »

Il sentit un sentiment désagréable après avoir écouté les paroles de Kotori, il tourna sa tête.

… Venant d’y penser, au moment où il se le remémora, il sentit comme s’il touchait un objet inhabituellement mou.

Il regarda timidement dans la direction où se trouvait Tohka, ses yeux étaient remplis de colère.

Pour certaines raisons, elle se souvint à l’instant d’une sensation et elle commença à toucher son corps, après avoir touché la zone où se trouvaient ses seins, son corps tout entier se raidit.

« … »

*Poof !* Le visage de Tohka était totalement rouge, c’était comme si de la fumée allait en sortir.

« U… Uwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

Tohka poussa un cri terrible et commença à attraper divers choses autour d’elle et les lança au hasard.

« Uwahh… Ca-Calme-toi, Tohka ! »

Shidou esquiva d’une manière ou d’une autre et il essaya de quitter la pièce mais, il fut frappé par une statuette d’Akabeko [4], et il défaillit.

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