Date a Live – Tome 2 Chapitre 4

« Nous avons rendez-vous…ici, pas vrai ? »

Shidou tenait un sachet rempli de pâtisseries dans sa main gauche, tandis que de sa main droite se trouvait une carte dessinée sur une feuille de papier mémo. Juste après avoir poussé un soupir maussade, il leva les yeux sur la caserne.

Pour calmer sa nervosité, il tapota sa poitrine, [C’est le boulot, c’est inévitable], et il prit une profonde inspiration.

…Mais, en vain.

« Pourquoi c’est ici que je dois me conduire comme un voleur… ? »

« Il n’y a pas beaucoup de choix. Shidou, tu es la seule personne qui peut être invité dans l’appartement de Tobiichi. »

Lorsque Shidou se plaignit dans l’interphone équipé dans son oreille droite, il entendit la voix de Kotori.

Oui — à l’instant, Shidou venait d’arriver à la demeure d’Origami Tobiichi, qui était un appartement.

Suite aux minutieuses investigations des images prises à ce moment-là, lorsque Yoshino avait [Lost] — nous avons découvert qu’Origami, en revenant à la base, avait ramassé la marionnette et l’avait emporté avec elle.

Le seul moyen de la réclamer était : « Hey, Tobiichi, ça t’irait si je passe chez toi pour jouer ? »

Il lui avait demandé cela il y a quelques jours et, ainsi, il fut invité chez elle.

« …En parlant de ça, depuis le début, est-ce qu’il y avait vraiment besoin pour moi d’être invité ici ? S’il ne s’agit que de récupérer une marionnette, cela devrait être simple pour [Ratatoskr] de —»

« …Nous avons essayé, spécifiquement. »

« Eh ? »

Suite au mélange de mots et de soupirs, Shidou pencha sa tête.

« Ce que je veux dire, c’est que même si nous avons essayé de l’infiltrer par 3 fois au cours des derniers jours, tous nos essais se sont soldés par des échecs — Dans la chambre, il y a des lasers infra-rouges installés, du gaz lacrymogène prêt à être pulvérisé, même des mitrailleuses automatiques ont été installées aux endroits importants de la chambre…6 membres de notre département mécanique ont fini à l’hôpital. Sérieusement, que diable cette fille combat-elle avec ça ? »

« Ha-Haa… »

« Nous aurions la possibilité de la récupérer en entrant de force et en utilisant la puissance brute mais — puisque nous disposons du privilège d’avoir une invitation…Est-ce que ce n’est pas un meilleur choix ? »

« …Je comprends. »

Pour Shidou qui est une personne timide et normale, c’était vraiment fastidieux comme genre de travail.

De plus — Shidou lui-même avait quelque chose dont il voulait discuter avec Origami.

Il y avait quelque chose encore qui perturbait Shidou — Il posa la question à Kotori.

« En parlant de ça…Comment va Tohka ? »

« Pareil que d’habitude. Elle est enfermée dans sa chambre. »

« …Je vois. »

Shidou se gratta les joues troublé.

Depuis quelques jours, tout de suite après avoir vu Yoshino à la maison, la condition de Tohka demeurait étrange.

Non, cela ne voulait pas dire qu’elle avait continué à s’enfermer dans sa chambre comme la fois d’avant ; elle allait à l’école comme toujours mais il sentait, d’une manière ou d’une autre, qu’elle l’évitait pour diverses raisons.

Après avoir posé cette question, il se recueillit.

C’était un problème qui lui aurait causé une douleur d’estomac en temps normal mais c’était important actuellement.

« — Ok. »

Shidou se résolu lui-même et, faisant face à la porte de la caserne, il fit un pas en avant.

La porte automatique s’ouvrit et, sur la machine installée à côté de l’entrée, il tapa le numéro de l’appartement d’Origami.

Lorsqu’il s’exécuta, il entendit immédiatement la voix d’Origami.

« Identifiez-vous. »

« A-Ah…c’est moi, Shidou Itsuka. »

« Entre. »

Aussitôt qu’elle eut dit cela, la porte automatique de l’entrée s’ouvrit.

Shidou, tout en hésitant, entra dans l’appartement et prit l’ascenseur jusqu’au 6ème étage, c’est ainsi qu’il atteignit le numéro de chambre désiré.

« …Bien, selon le plan. »

« Ok, laisse-moi faire. »

Il s’était exprimé et Kotori avait répondu avec ces mots.

En ce moment, volant dans les autours proches de Shidou, se trouvait la super micro-caméra contrôlée à distance de [Ratatoskr], qui avait la taille d’une mouche.

Le plan était — pendant que Shidou attirait l’attention d’Origami, la caméra s’en irait autour pour effectuer la recherche.

« …Fuu. »

Et, après avoir pris une profonde inspiration une fois de plus, il appuya la sonnette.

« H-Hey, Tobiichi. Désolé pour cette demande déraisonnable— »

Shidou leva légèrement la main en guise de salutation — et s’immobilisa. *splat* Il laissa tomber le sachet remplit de pâtisseries qu’il portait dans sa main gauche. Le silence qui s’ensuivit était tel que le personnel serait, à présent, incapable de déguster le délicieux gâteau qu’il aurait auparavant mangé.

La raison en était simple — la tenue d’Origami était…

Il est vrai que c’était la maison de Tobiichi. C’est son droit de porter ce qu’elle veut. Ce n’était pas quelque chose dont Shidou devait se plaindre.

Mais, c’était tout simplement — au-delà de toute attente.

Une robe d’une pièce de couleur bleu foncé avec par-dessus un tablier. Sur sa tête, un serre-tête mignon.

Oui, à l’instant, elle portait, de la tête aux pieds, un costume intégral de maid.

Le génie numéro 1 du lycée dans toutes les matières. La glaciale, Miss Tobiichi Cocytus[1]Origami.

«  E-Errr…Tobiichi-san… ? »

« Oui ? »

Des perles de sueur se formaient sur le visage de Shidou alors qu’il laissa échapper ses mots, mais Origami se contenta de pencher légèrement sa tête. Son expression, comme toujours, était semblable à celle d’une poupée.

C’est ainsi qu’était Origami.

Si seulement elle avait dit honnêtement : « Je suis la sœur jumelle d’Origami, la fan de cosplay, Irogami-chan ! ». C’est dans un tel scénario fugace que Shidou confia son espoir, espoir qui fut totalement brisé.

« N-Non…Quel genre de vêtements est-ce pour…toi ? »

Origami baissa ses yeux curieusement pour voir sa propre tenue et, ensuite, elle pencha sa tête à nouveau.

« Tu n’aimes pas ? »

« Non…Ce n’est pas ça… »

Ce n’était pas tant qu’il détestait ça, mais bien plus qu’il en voulait davantage mais, transcrire cela par des mots, aurait été embarrassant.

…Quoi qu’il en soit, il ne pouvait plus la regarder directement. Tandis que le visage de Shidou était rouge, ses yeux regardaient tout autour essayant de l’éviter.

« Entre. »

Sans montrer aucun signe de préoccupation, Origami l’invita à entrer dans l’appartement.

« Dé-Désolé de te déranger… »

Shidou prit le sac de papier qui avait laissé tomber au sol et referma la porte à l’aide de doigts tremblant légèrement sur la poignée.

« …… ? »

Shidou fronça des sourcils. Soudainement, dans l’interphone, un grésillement se fit entendre.

Afin de demander ce qui n’allait pas à Kotori, il tapota l’interphone. Lorsqu’il le fit, il entendit faiblement sa voix au sein de ce grésillement.

« Ku…uh, Ne me dis pas —— encombrant—— Shi—, Tu ne peux pas —— aire ——, quoi qu’il ——. »

Il entendit cela et, ensuite, *snap*, la communication fut interrompue et il n’entendit plus rien.

« … !? O-Oi… »

Lorsqu’il avait répondu ainsi à l’interphone, Origami, qui était devant lui, se retourna.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Ah…N-Non…C’est rien. »

« Je vois. »

Origami se tourna dans la direction qui lui faisait face, et Shidou eut un profond soupir.

Il n’en savait pas la raison mais il semblait que les transmissions ne passaient pas ici. Si tel était le cas, la caméra ne devait pas fonctionner non plus.

Non…même si, par chance, la caméra fonctionnait toujours, la situation était toujours la même puisqu’ils ne pouvaient pas lui renvoyer de réponses.

Le fait est — que pour le moment, il n’avait d’autre choix que d’accomplir avec succès cette mission, uniquement par ses propres moyens.

« …Oi oi, t’es sérieuse ? »

Après que Shidou râlât à un volume qu’Origami ne pouvait pas entendre, il se gratta la tête.

Même s’il avait exprimé son mécontentement, rien ne changea. Pour confirmer sa détermination, Shidou avala sa salive et suivi Origami.

Origami continua et entra dans le salon.

« …Un ? Cette odeur c’est… »

Au moment où il entra dans le salon, il sentit une douce odeur flotter.

Même si ça n’y ressemblait pas, c’était l’odeur de nourriture. Pour le dire autrement, c’est —

« Tobiichi ? Est-ce que tu utilises de l’encens ? »

« Oui. »

« He, heee…… »

Peu importe la manière de le voir, c’était un peu inattendu. C’était peut-être une fausse image d’elle, mais Tobiichi Origami ne paraissait pas être le type de personne à s’intéresser à ce genre de choses ou de plaisirs.

Il se sentit comme s’il avait vu un aspect d’Origami qu’elle ne montrait pas à ses camarades de classe. C’était un peu embarrassant.

…Mais, alors qu’il se demanda pourquoi.

Lorsqu’il renifla cette odeur, sa tête s’embruma, c’était comme s’il perdait sa concentration, comme si sa conscience s’affaiblissait…c’était sûrement un produit qui était très efficace pour créer une atmosphère relaxante.

« Prends place. »

« Ah, aah… »

Après s’être entendu dire cela, il s’assit en face d’une table à café qui était placée au milieu du salon.

« … »

Après que Shidou se soit assis, Origami s’installa à son tour.

Juste à côté de Shidou.

« Eh… ? »

Normalement, pensa-t-il, elle était supposée s’asseoir à l’opposé de lui mais, dans la maison de Tobiichi, cela devait être normal.

Voyant le visage rafraîchissant d’Origami, il commença à se demander si son sens commun était correct ou pas, Shidou commença à en douter.

« Err … »

« … »

« A propos… »

« …… »

Après un petit moment, Shidou hocha de la tête en signe de consentement.

– Oui, je vois. Comme on pouvait s’y attendre de la famille de Tobiichi, cette position est normale. Il n’y avait pas de sueur coulant le long de ses joues. C’est parce que c’est une chose normale pour elle.

Mais comme il le pensait, la situation devint gênante, il sentit qu’il devait être celui qui débuterait la conversation. Shidou bougea donc ses lèvres.

« To-Tobiichi ? »

« Oui ? »

« Non, c’est juste une simple question…Tobiichi, est-ce que tu vis seule ici ? »

Origami fit un petit geste d’approbation.

« …J-Je vois. »

Cela devait être le cas…tout comme il l’avait pensé. Lorsqu’il eut confirmé le fait qu’il s’était introduit dans la maison d’une fille qui vivait seule, ses battements de cœur devinrent violents.

« De-Depuis quand est-ce que tu vis seule ? »

Lorsque Shidou lui demanda, en guise de complément, elle rajouta.

« Tout de suite après la mort de mes parents, il y a 5 ans de cela, j’ai vécu avec ma grand-mère pendant un moment mais, lorsque je suis entrée au lycée, j’ai été transférée ici toute seule. »

« Vivre seule dès le début du lycée huh…est-ce que ça ne pose pas problème ? »

« Ça ne semble pas être le cas. »

Elle avait dit cela avec un emploi minimal des muscles de son visage, tout en continuant de fixer Shidou. Et, comme dit précédemment, la distance était très proche.

…C’était en quelque sorte,- bien qu’il ne s’agissait que d’une banale conversation, -une étrange atmosphère qui se développait-là.

Shidou tenta de lui cacher son embarras ; il se gratta l’arrière de sa tête exagérément.

« Non, hahaha…mais comme je le pensais, tu es vraiment incroyable. Un jour ou l’autre, je vivrais probablement seul aussi mais, d’une certaine manière, si je suis seul pour ce qui concerne la nourriture ou le nettoyage, cela sera un problème. »

« Pas de problème. »

« Eh ? »

Face à Origami qui déclara cela d’une façon si certaine, il porta sur elle un regard interrogateur.

« Je vais les faire. »

Le corps de Shidou s’immobilisa un instant.

« Uh… !?Errr…ce qui signifie… »

Cependant, plus rapide que les mots de Shidou, Origami se leva de sa place.

« Eh ?… »

« Attends ici. »

Et c’est ainsi, que sans le moindre bruit de pas, elle s’avança dans la cuisine.

Il paraissait qu’elle était allée à la cuisine pour préparer un thé.

Shidou fixa d’un regard ahuri le dos d’Origami qui se tenait debout dans la cuisine…et immédiatement balança sa tête de côté.

« …Ah ouais, la marionnette est… »

Avait-il marmonné doucement et, il fit, ensuite, tourner son regard tout autour dans la pièce.

L’ensemble des meubles aux couleurs claires étaient magnifiquement arrangés dans la chambre.

Au lieu d’être féminine, c’était plutôt la décoration intérieure d’une maison modèle, il ne pouvait pas sentir la présence d’Origami dans ce lieu au quotidien.

« …Un. »

D’après une rapide observation, il ne pouvait pas voir d’objets susceptibles d’être une marionnette.

D’ailleurs, les objets étaient plutôt rares ici bien que l’espace de la maison était plutôt vaste, cela allait être un problème de la retrouver.

De plus, cela serait difficile de se soustraire aux yeux d’Origami. Comme il le pensait, il était nécessaire d’entamer correctement la recherche lorsqu’ Origami ramènerait le plateau. Non, ça devrait plutôt être l’inverse ; Shidou devrait prétendre prendre le plateau et ensuite —

Et ainsi, Origami revint en portant un plateau avec une paire de tasses et de sous-tasses avec du lait et du sucre. Tout en restant silencieuse, elle arrangea tout cela sur la table.

« Par tous les moyens. »

Tout en disant cela, elle s’approcha de Shidou et, une fois de plus, elle se posa à ses côtés…il se demandait pourquoi, comparé à avant, la distance était actuellement encore plus réduite.

« Ah-Aah. Merci. »

L’odeur était différente de l’encens, une faible odeur du shampooing d’Origami arriva à ses narines.

En essuyant de ses manches la sueur qui s’écoulait naturellement, il tendit sa main vers la tasse de thé.

« …… !? »

Mais, juste avant de toucher la tasse, il sourcilla instinctivement.

Le contenu des tasses, entre Origami et Shidou, était clairement différent.

En regardant le thé d’Origami, il était clair, transparent et châtain-roux.

Et dans l’autre tasse appartenant à Shidou, il ne pouvait pas savoir ce qu’il y avait au fond de la tasse à tel point qu’il hésita; c’était une boue semblable à un liquide.

Il pensa qu’il s’agissait de café, l’espace d’un instant, mais…c’était faux.

Pour essayer d’identifier ce liquide, il baissa sa tête sur ce dernier, et au moment où il en fut proche, une odeur forte et irritante, l’équivalent d’une arme bactériologique ou de déchets nucléaires, s’engouffrèrent dans ses cavités nasales.

« —— Enfrt !? »

Instinctivement, son corps se plia en arrière tel un arc.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Qu-Qu’est-ce qui ne va pas…qu’est-ce que c’est que ce truc !? »

« Du thé venu de l’étranger. »

« V-Voilà un pays bien spécial… »

Shidou fronça des sourcils tout en pinçant son nez et en jetant, à nouveau, un coup d’œil à la tasse. L’instinct animal de Shidou se bornait à lui dire de refuser de boire ça — Il se pouvait qu’en le buvant il serait reconnu comme un adulte, ça pouvait être ce genre de choses.

« Ah…Tobiichi ? Je me sens mal à l’aise de t’avoir fait préparer quelque chose de si précieux. Je pourrais être faible contre ce —»

Mais, face à un Shidou qui se refreinait lui-même, Origami approcha la tasse de thé vers celui-ci.

« Non…Tobiichi ? »

« Par tous les moyens. »

« Non, ce n’est pas par tous les moyens… »

« Par tous les moyens. »

« Err, à ce propos. »

« Par tous les moyens. »

« ……Itadakimasu. »

D’une certaine manière, il se sentit détester son propre personnage. A la fin, sans se retourner, Shidou fit face à la tasse à nouveau.

« … »

Mais, comme prévu, ce serait difficile de le boire de cette façon-là.

Même si ce n’était qu’un peu, Shidou voulait rendre le goût plus doux. Il prit le lait qui était placé sur la table avec son autre main, et le versa dans la tasse remplie de ce liquide.

…Résultat : il ne se dissolvait pas dans celui-ci.

Ils étaient complétement séparés, le lait flottait sur la surface du thé — c’était comme un océan avec une flaque d’huile par-dessus. Au contraire, il sentit que la situation actuelle était devenue pire.

« …Eei, je m’en fiche maintenant ! »

Lorsque Shidou se réconcilia avec son esprit, il leva la tasse et laissa couler le liquide à travers le fond de sa gorge.

« —— Obufuuu… !? »

Il ne s’était pas trompé quant à l’odeur, le goût stimulant, pour sa part, agressait ses papilles.

Il aurait pu y avoir une chance qu’il ne mit jamais ce liquide dans sa bouche. Mais, en cet instant, il se sentit comme s’il avait bu de l’acide chlorhydrique, le goût devait être le même. Ce n’était ni amer, ni épicé, cela faisait simplement mal.

« E…, Eau… ! »

Mais, il n’y avait aucune eau à portée de main.

« … ! »

Shidou, immédiatement, arracha l’empaquetage de la boîte de gâteaux qu’il avait amené et fourra le cookie à forme humaine brisée, provenant de [Les délicieux gâteaux de Tenguu], dans sa bouche.

Un doux goût sucré se déploya à travers celle-ci…Shidou perdit toute son énergie, tomba sur son dos et, finalement, prit une inspiration.

« Haa…, haa… »

Et —

« …Ah ? »

Shidou pressa sa poitrine.

Pour diverses raisons, son corps était étrangement chaud ; c’était comme s’il brûlait… Il se demandait si la température d’aujourd’hui était si élevée.

En plus de cela.

« … »

Pour quelque raison, Origami plaça ses mains de chaque côté du visage de Shidou, visage qui était, à présent, dirigé vers le haut puisqu’il lui était tombé à la renverse. Origami s’était assise sur la zone de son ventre — elle avait adopté une position à cheval.

« … !? Tobiichi ? »

« Oui ? »

C’était comme si Shidou était celui qui disait des choses étranges lorsqu’elle répondit d’une manière calme et cool.

« N-Non, qu’est-ce que tu… »

« Je ne peux pas ? »

« J-Je pense que tu…ne peux pas. »

Alors que Shidou retenait sa tête afin de ne pas être embrassé, il avait d’une certaine manière prononcé ces mots. Que ce fût le poids modéré d’Origami, l’odeur que seules les filles disposent, son doux toucher, ou le froissement du costume de maid, c’était une mauvaise situation, même sans mixer tout cela ensemble. S’il se relaxait ne serait-ce qu’un peu, il sentait qu’elle aurait activé sur lui une sorte de Trap Card[2].

« Je vois. »

Lorsqu’Origami dit cela, elle cligna des yeux.

« Alors, faisons un échange. »

« Huh… ? »

« En échange de ta libération, je demande seulement une requête. Je veux que tu l’acceptes de manière inconditionnelle. »

« Qu-Qu’est-ce que c’est… ? »

Demanda-t-il, juste après qu’il eut avalé sa salive.

Lorsqu’il fit cela, Origami, après avoir marqué un temps d’hésitation inhabituel, dit d’une voix douce.

« Tu appelles Yatogami Tohka par Tohka. »

« Heh … ? Aah…ou-ouais, c’est vrai. »

Shidou fit un petit oui de la tête. C’était sûrement vrai.

Mais en un sens, non, parce que le nom de [Tohka] lui avait été donné à la base par Shidou, c’était donc une chose normale. Le fait de lui avoir donné un nom de famille dans le registre familial[3]était l’œuvre de Reine.

« Mais tu m’appelles par Tobiichi. »

« Ah, aah… »

« C’est injuste. »

Avec ces mots, *pui* Origami tourna son visage ailleurs.

« Eh… ? Non, err… »

Shidou soupesa les intentions d’Origami mais des points d’interrogations flottaient dans sa tête.

« Donc ça veut dire… ? Devrais-je appeler Tohka par Yatogami à l’avenir ? A quelque part, je ne peux pas m’y habituer… »

« … »

Origami, sans dire mots, resserra la prise[4], augmentant le poids sur son ventre.

C’était le poids d’une fille normale, ce n’était pas si lourd.

Mais, la question n’était pas là. A cause de cette sensation de vapeur s’échappant de ses oreilles, Shidou reprit.

« Alors…Alors qu’est-ce que tu veux que je fasse… !? »

Lorsqu’Origami relâcha sa prise pour revenir à la normale, tout en détournant un peu son visage, elle laissa échapper.

« Je veux que tu m’appelles Origami. »

« Err… »

« Tu ne peux pas ? »

Origami lui dit cela.

Bien qu’il s’agissait de sa voix habituelle sans aucun ton, — juste un petit peu, il sentit qu’il y avait une pointe de manque de confiance.

« Non…ce n’est pas que je ne peux pas…je pense. »

« Je vois. »

« … »

« … »

Et, à nouveau, pendant un certain temps, le silence se répandit.

C’était prévisible, même Shidou l’avait compris…Après s’être éclairci la gorge en toussant, il dit d’une voix tremblotante.

« Errr…O-Origami. »

« … »

Lorsque Shidou l’appela ainsi, Origami leva ses hanches de l’estomac de Shidou sans rien dire et, ensuite, se releva.

Et, sans aucune expression, *hop*, elle sautilla.

« Heh… ? »

En raison du surréalisme de la scène, Shidou, qui s’était aussi relevé, la fixa plein de question.

Mais Origami n’était pas dans une disposition à faire attention à cela ; elle ouvrit légèrement ses lèvres.

«— Shidou. »

« … ! »

En parlant de cela, c’était la première fois qu’Origami l’appelât ainsi…En général, cela aurait été [Itsuka Shidou], elle l’aurait appelé par son nom complet.

« O,Ou. »

D’une certaine façon, il sentit quelque chose le démanger lorsqu’il lui répondit. Après cela, Origami, *hop*, sautilla à nouveau et, bien sûr, son expression faciale ne bougea pas d’un pouce.

…Il se pouvait qu’elle fût enjouée.

Après avoir goûté à ce déboire, quelques secondes passèrent, et Origami dirigea ses yeux vers le bas et prit un profond soupir.

Et ensuite —

« S’il te plaît, attends. »

Pour une raison quelconque, elle avait soudainement dit cela avant de se retourner.

« O-Oi, Tobi— »

« … »

« …Origami, où est-ce que tu vas ? »

« A la douche. »

Origami s’était tournée vers Shidou, lui avait donné un petit coup d’œil, et avait prononcé simplement ces mots avant de quitter le salon.

« Huh… ? »

Shidou, qui se retrouvait seul dans le salon, après être resté abasourdi pendant quelques temps, comprit finalement la situation, [hafuu] et il prit une profonde inspiration. C’est ainsi qu’il se laissa à nouveau tomber sur son dos.

« Ah— »

Il mit sa main sur sa poitrine.

Son cœur battait à un rythme incroyable.

Mais, il ne pouvait pas rester comme ça. Après quelques secondes, il se leva immédiatement.

« Oh ouai… ! Ne serait-ce pas une bonne opportunité pour chercher la marionnette ? »

En raison de la quantité continue d’expériences stimulantes qu’il avait subi, il avait déjà oublié le but de sa journée, retrouver la marionnette.

C’était l’ouverture tant attendue — la chance qui n’arrive qu’une fois dans une vie.

« Mais pourquoi est-elle…soudainement partie prendre une douche ? »

Il pencha sa tête, était-elle en sueur ou quelque chose comme ça ?

…Mais en vrai, n’était-elle pas un peu trop sans défense ? Si Shidou avait plus de courage, il y aurait là une chance d’aller et d’épier dans la salle de bain. Son comportement, tout à l’heure, avait été le même, il sentit qu’Origami ne faisait pas attention à ce genre de choses.

« …Bien, ça ne change pas le fait que j’ai été sauvé. »

Shidou se releva d’une traite et commença à précautionneusement examiner le salon, bien plus minutieusement que la rapide inspection de tout à l’heure.

« Les endroits en pleine vue où il peut être facilement vu…négatif. »

Il marmonna et, en masquant le bruit de ses pas, il fouilla également le centre des étagères.

En réalité, cela aurait été plus efficace s’il avait éparpillé tous les objets qui s’y trouvaient, un peu comme la fouille d’un cambrioleur, mais … évidemment, il ne pouvait pas faire une chose pareille.

L’objectif absolu, cette fois, était d’extraire la marionnette de Yoshino, mais c’était également de ne pas laisser Origami s’en apercevoir aussi longtemps que possible.

« …D’une certaine façon, c’est difficile d’enquêter si je dois remettre chaque chose à sa place… »

Puisque l’intérieur de tous les tiroirs avait été méticuleusement rangé, si l’arrangement était modifié ne serait-ce qu’un peu, elle l’aurait découvert immédiatement.

Mais, s’il devait sans cesse prendre cela en considération, rien n’aurait pu être accompli. Tout en remettant les choses à leur place normale, du mieux qu’il pût, il continua à chercher.

« Il semblerait qu’il n’est pas dans le salon…ce qui veut dire… »

Shidou tourna ses yeux vers la cuisine qui était séparée de la salle à manger.

Il pensait bien qu’il y avait peu de probabilité qu’elle soit là-bas, mais les chances que la marionnette soit utilisée en tant que gant de cuisine n’étaient pas nulles. Ce serait une bonne idée d’y jeter un œil rapide, juste au cas où.

« Allons voir ça… ? »

Lorsqu’il arriva à la cuisine, il chercha systématiquement, en partant du placard à l’évier, il chercha partout.

« Un…c’est ? »

Les sourcils de Shidou se levèrent.

Dans la poubelle située au plus profond de la cuisine, il y constata la présence de plusieurs petites bouteilles vides.

« Qu’est-ce que c’est que ça… ? »

Il pencha sa tête et, avec ses mains, il les prit.

« Viperouge fatale. »

« L’inégalable Lutin Nez-Noir. »

« Turtle-1000. »

« Super-Mana. »

Etc, etc, etc…

C’était tout une gamme d’inutiles boissons énergisantes dont les prix devaient se situer à plusieurs centaines de yens.

Peu importe la façon dont on envisageait cela, ce n’était pas le genre de produits qu’une lycéenne devait consommer en compensation de repas.

Shidou se gratta la joue.

…Bon, c’était quelque chose de très probablement impossible mais il considéra que si on les mettait tous ensemble dans un récipient et qu’on les faisait bouillir, cela donnerait un liquide à l’odeur extrêmement forte.

Si accidentellement, elle était donnée à boire à un homme, non seulement son corps tout entier se mettrait à briller d’une lueur dorée mais il passerait immédiatement en hyper mode, et une certaine partie de son corps dans les zones inférieures virerait au rouge sous l’effet de la chaleur produite.

« Bien-bien, c’est de la violation de la vie privée de fouiller dans les affaires des autres. »

Bien qu’en soi, conduire des recherches à l’intérieur de la maison d’une fille était déjà une très haute atteinte à la vie privée, Shidou n’en était pas complétement convaincu, combien même il aurait dû en parler.

« Comme prévu, elle n’est pas dans la cuisine. Donc le prochain lieu sera— »

Shidou remit les bouteilles vides dans la poubelle et commença à marcher tout en focalisant son attention sur l’entrée du salon.

Il était sûr que dans le couloir, qui donnait sur l’entrée, juste avant le salon, il y avait une porte ; la seule porte à gauche.

Cela devait faire à présent 15 minutes qu’Origami était partie à la douche. Sentant un besoin d’adrénaline, Shidou se hâta dans le couloir.

Il marcha jusqu’à la dernière porte sans s’arrêter —

« …Uh. »

Arrivant à mi-chemin, il s’arrêta.

Juste en face de la dernière porte, il y avait celle de la salle de bain, il y entendit le bruit de l’eau qui s’écoulait de la douche.

Son rythme cardiaque qui avait un peu baissé, accéléra soudainement.

« …Calme-toi, calme-toi. »

A ce moment-là, il écrivit le kanji de [l’Homme] sur la paume de sa main par trois fois et, tout en marmonnant ce même mot, il essaya d’imaginer Origami avec une tête de patate et essaya également de citer les nombres premiers afin de se calmer.

…<nowiki>En parlant franchement, il n’était pas si calme. Pour diverses raisons, aujourd’hui, la Bête à l’intérieur de lui-même était déchaînée. Sincèrement, quelle en était la cause ? C’était le même genre de sensation que de boire plusieurs types de médicaments revigorants. S’il continuait à rester ici, il y avait un risque qu’il entreprenne quelque chose de fou. Impatiemment, Shidou plaça ses mains sur la dernière porte et se précipita dans la chambre. « ……C’est la…chambre à coucher. » Dans un espace de six tatamis, le lit et l’armoire à vêtements étaient disposés. « ……Unn ? » Immédiatement après être entré, Shidou avait produit ce son de voix dubitatif, tout en plissant ses yeux. <nowiki>…D’une certaine façon, il avait repéré qu’il y avait quelque chose d’anormal.

La chambre est petite… ? Non, c’est —

« …Cette fille dort dans un si vaste lit. »

Oui. Pour une quelconque raison, c’était un lit à deux places. A cause de celui-ci, la chambre paraissait étrangement petite.

Et, mystérieusement, en comparaison aux autres meubles, ce lit paraissait bizarrement neuf. Neuf à tel point, qu’il semblait avoir été déballé de son emballage seulement quelques jours plus tôt.

« S’en est-elle acheté un tout nouveau récemment… ? Non, mais… »

Tout en disant cela, il se dirigea du côté des oreillers — il pencha à nouveau sa tête.

Il pouvait être comparé à celui d’un hôtel, au sommet de draps magnifiquement disposés, il y avait deux coussins posés côte à côte.

De plus, sur le coussin, un message [Pas de problème] était brodé dessus.

« …… »

Il le retourna.

De l’autre côté était écrit [Ça ne me dérange pas].

Il n’y avait pas de place pour le doute.

« …… »

Après un silence qui fut plus long qu’auparavant.

« Bien-Bien…où est la marionnette… »

Comme il ne comprenait pas, peu importe à quel point il y pensait, — Shidou cessa finalement d’y penser.

Et — là.

« Ah. »

Shidou, dont le visage regardait en l’air, laissa échapper ce petit son.

Au-dessus d’une haute armoire, située sur le côté de la pièce, une silhouette légèrement reconnaissable avait place.

Une marionnette à la forme de lapin et à l’allure comique — sans aucun doute, c’était celle de Yoshino.

« Tu étais donc dans un tel lieu huh… »

Ainsi, il serait capable de sauver Yoshino maintenant. Il marqua une pause.

Mais, au moment où Shidou s’avança vers l’armoire.

« …… »

De l’autre côté de la chambre, *kachin*, il entendit un bruit.

Ce n’était pas le son d’une porte normale. C’était bien plus le bruit de la salle de main qui venait de s’ouvrir.

« C’est pas bon… »

Shidou attrapa précipitamment la marionnette sur l’armoire et la fourra de force dans sa poche ; il camoufla le bruit de ses pas et repartit vers le salon.

C’était de justesse, il était juste à temps. Shidou eut un petit soupir de soulagement.

La seule chose qui lui restait à faire, c’était de la ramener et de s’en aller sain et sauf.

…Le niveau de difficulté sur ce dernier aspect restant…il l’estima élever à mettre en œuvre, il espérait que ce ne fut que le fruit de son imagination.

« Ah…Oh ouais. »

Soudainement, il prononça ces mots qui sonnèrent à la manière d’un monologue intérieur.

Le but le plus important de sa visite à l’appartement de Tobiichi, il avait réussi à l’accomplir.

Mais Shidou avait un autre objectif plus personnel.

Lorsqu’il était arrivé dans l’appartement, il avait suivi le rythme d’Origami et il n’avait pas été capable de reprendre le fil de la conversation mais…il n’y aura peut-être pas d’autre chance que celle-ci.

Une fois de plus — il voulait tenter d’avoir une conversation avec Origami.

Concernant les Esprits.

Et c’est ainsi, comme pour suspendre ses propres pensées, qu’il ouvrit la porte du salon. Origami y était revenue.

Shidou *glup* avala sa salive, faisant face à cette dernière, il laissa échapper de sa bouche.

« H-Hey Origami. Il y a quelque chose que je voudrais te demander —  »

Mais.

« Je……….Uh ? »

Shidou porta son regard sur Origami et s’arrêta sur son corps.

La tenue de l’Origami qui se trouvait dans le salon n’était plus, comme avant, celle d’une maid — elle était, à présent, nue avec juste une serviette de bain pour la couvrir.

De plus, puisqu’elle venait de se baigner, la serviette avait été gracieusement disposée sur son corps, de sorte qu’elle mettait en valeur les lignes de celui-ci. Sa beauté attirante émanait dans les airs.

« Qu, ququequo…… »

Peu importe le fait qu’elle fût dans sa propre maison, elle avait une visite, et dans le cas où c’était un mâle de la même génération qu’elle, dans la même demeure, comme on pouvait s’y attendre, son allure était trop anormale.

« Quoi ? »

Mais lorsqu’Origami dit cela, comme si c’était parfaitement normal, elle pencha sa tête légèrement comme si elle demandait à Shidou pourquoi il était stupéfait.

« ….Ah, aah, tu as oublié de changer de vêtements ? Ah, hahahaha…tu es si maladroite, huh. »

Lorsque Shidou eut un sourire sec tel une machine qui n’avait pas été huilée, il fit face à la direction du jour après demain.

« … »

De plus, tout en restant silencieuse, Origami s’approcha de lui sans produire le moindre bruit — comme tout à l’heure, elle plia ses genoux et s’assit à côté du torse de Shidou, il sentit une bouffée de chaleur à cet endroit.

« — !? »

Shidou fut choqué, ses épaules convulsèrent et, par le biais d’un saut, il prit, ensuite, de la distance par rapport à elle.

« ……. ? »

Origami pencha sa tête en guise de question.

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« C’est…C’est… »

Tout en disant cela, Origami réduisait inexorablement la distance entre eux.

Shidou, désespérément, s’enferma lui-même dans ses pensées — et immédiatement, il déclara.

« O-Origami ! Err — i-il y a quelque chose que je voudrais te demander ! »

Origami s’arrêta dans sa traque.

« Quoi ? »

« Ah…aah, err…… »

Pour confirmer quelque chose, Shidou tapota sur l’interphone.

Il n’y avait — aucun son d’audible. La communication était totalement coupée.

A présent, quoi qu’il dise, cela ne serait pas retransmis à Kotori et aux autres.

Après avoir renforcé sa résolution, Shidou prit la parole.

« Err……Origami. Tu — déteste les Esprits…n’est-ce pas ? »

« …… »

Au moment où Shidou prononça ces mots, il sentit qu’Origami changea d’humeur.

Elle pencha un peu sa tête, comme si elle doutait que Shidou ait pu aborder ce sujet.

« Pourquoi ? »

Avait-elle demandé en croisant directement le regard de Shidou.

C’était prévisible. Pour parler franchement, cela n’avait aucun sens. S’il n’était pas capable de communiquer avec le <Fraxinus> alors elle parviendrait effectivement à éviter les fuites d’informations involontaires ; elle avait sûrement été réprimandée pour avoir suscité des soupçons indésirables.

Mais Shidou ne pouvait plus supporter de ne pas lui demander.

A cause des Esprits, elle avait perdu ses parents — et, à présent, elle reportait sa colère contre eux.

« ………Non, err— à ce propos. M-Même parmi les Esprits, il y a de bonnes personnes…quelque chose comme ça. »

« Impossible. »

Sans même y penser, elle l’avait immédiatement coupé.

« Même par leur simple apparition, les Esprits annihilent le monde. Simplement en [étant là], ils détruisent le monde. C’est le mal. C’est un désastre. Ils sont l’ennemi de tous les êtres vivants. »

« Ce…Ce genre de manière de penser, c’est ce— »

« — Je n’oublierai jamais. »

La phrase de Shidou avait été interrompue en plein milieu.

Son expression et le ton de sa voix n’avait pas changé du tout mais…il se demandait pourquoi il sentait une aura froide et intimidante émaner d’elle.

« Il y a 5 ans, un Esprit m’a pris mes parents. »

« Il y a …5 ans. »

Lorsque Shidou reprit avec une voix stupéfaite, Origami approuva de la tête et continua.

« Il y a 5 ans, dans le quartier résidentiel sud de la cité de Tenguu, un grand incendie eut lieu. »

« Eh… ? »

Shidou leva ses sourcils, il avait vécu à cet endroit par le passé.

A cause de l’incendie, sa maison fut entièrement brûlée, sa maison actuelle date d’après le déménagement.

« L’affaire a totalement été couverte mais…le feu — a été allumé par un Esprit. »

« Quo… ? »

Shidou ouvrit grand ses yeux sous le choc.

« C’était un Esprit qui était couvert de flammes rouges flamboyantes. J’ai — tout perdu à cause de lui. Je ne lui pardonnerais jamais. Je ne laisserais pas d’autres personnes ressentir la même chose que j’ai ressentie. »

Bien que douce, elle avait dit tout cela d’une voix qui laissa penser qu’elle était clairement déterminée. Origami serra fermement ses poings.

« Et, bien sûr — Yatogami Tohka n’est pas une exception. »

« Eh… ? »

A cause de l’évocation soudaine du nom de Tohka dans la conversation, Shidou la fixa de manière interrogatrice.

« Pour le moment, elle n’a … pas été confirmée comme étant un Esprit. Mais, je ne peux pas pardonner son existence. »

« ……M-Mais, si la Tohka actuelle ne cause plus aucune déchirure spatiale, elle ne va plus rien saccager. En tant que tel — elle n’est pas différente d’une fille normale, non ? »

Mais sans montrer une once d’hésitation ou de doute, Origami balança sa tête de côté.

« C’est vrai que ses fréquences Spirituelles ont disparues. Mais, puisque la raison est toujours mystérieuse, c’est normal d’être prête au pire scénario. »

« …Qu-Qui est— »

Shidou devint hésitant.

Le point qu’Origami a soulevé est vrai. C’est parce qu’elle ne sait pas que les pouvoirs de Tohka ont été scellés par la capacité de Shidou.

« Mais…même s’ils causent des déchirures spatiales, ce n’est pas de leurs propres volontés, n’est-ce pas ? A cause de ça — »

« — ? »

Lorsque Shidou formula ces mots, Origami inclina sa tête pleine de curiosité.

« Comment…tu sais ça ? »

« ……Uh, non, c’est que— »

Il en avait trop dit. Shidou cherchait des réponses évasives alors que son regard furetait atour de lui.

Mais, Origami continua en utilisant un ton monotone.

« Puisqu’il s’agit d’une bonne opportunité, il y a aussi quelque chose que je voudrais te demander. »

« Qu-Qu’est-ce que c’est… ? »

« Le 21 avril. Je t’ai vu lorsque j’étais en plein milieu d’une opération. »

« …Uh. »

Lorsqu’elle évoqua ce rendez-vous, Shidou eut des frissons dans le dos.

Ce rendez-vous, c’était — le jour où Tohka était venue dans ce monde sans heurt.

Ce qui voulait dire — que c’était en ce jour que Tohka avait vu ses pouvoirs scellées par le baiser de Shidou.

« Quel genre de personne es-tu ? »

Tout en le scrutant avec des yeux paisibles, elle avait posé cette question.

« Non, errr, à ce propos… »

Il ne pouvait pas laisser échapper des informations concernant [Ratatoskr]. Shidou devint nerveux—

« …… »

Mais, il se mordit la lèvre inférieure et souffla pour se calmer.

« …Tobiichi. Tu ne me croiras pas mais — même si ce n’est qu’un petit peu, est-ce que tu peux écouter ce que j’ai à dire ? »

Sans une once d’hésitation, Origami baissa sa tête vers l’avant.

« Un…err. Même si je ne peux pas te le dire spécifiquement…en réalité, j’ai rencontré cet Esprit plusieurs fois et je lui ai parlé — Pas seulement Tohka……Yoshino aussi. »

« Yoshino ? »

« Aah — C’est l’Esprit que tu appelles [l’Hermite]. »

Bien que l’expression d’Origami ne changeât pas, au moment où Shidou avait dit cela, il sentit que sa respiration habituelle était devenue un peu plus rapide.

« C’est très dangereux. Tu devrais arrêter ça. »

D’une voix sans ton, elle le mit en garde.

Mais Shidou balança sa tête de droite à gauche.

« — Tobiichi. Est-ce que tu as essayé toi-même de parler à Yoshino… ? Non, — probablement pas. Puisque tu ne connaissais même pas son nom. »

Il tourna son corps entier en direction d’Origami et il poursuivit.

« Je t’en prie. Même si ce n’est qu’un peu, même si ce n’est qu’un petit peu, ce serait bien. Si Yoshino apparaît, cette fois, essaye de lui parler — Tout comme tu l’as dit, il peut y avoir des Esprits mauvais là dehors. Mais, Tohka et Yoshino — Je ne sais pas vraiment comment le dire mais…elles sont vraiment…de bonnes personnes… ! Ces filles sont vraiment gentilles, elles sont tellement gentilles qu’il est rare d’en trouver des comme ça, même dans la société humaine… ! »

« …… »

Sans rien dire, Origami fixait Shidou de manière très calme.

Un silence s’imposa. Mais il ne pouvait cerner plus longtemps cette expression froide et mystérieuse ; son regard était vraiment mystérieux.

« …… »

-Ah, je vois. Shidou réalisa enfin.

Il savait qu’Origami n’avait aucune autorité sur les décisions prises par l’AST.

Mais malgré tout, la raison de prendre spécifiquement le risque de divulguer des informations, simplement pour pouvoir lui parler — c’était parce qu’il se devait de le faire.

Bien sûr, la raison principale était de sauver Yoshino, mais ce n’était pas la seule.

Il estimait l’avoir finalement compris en l’observant directement.

« Je — vois, je … »

Une fois encore, Shidou fit face au regard d’Origami.

« Je…Je pense que je veux faire quelque chose pour Yoshino — Je veux la sauver, je veux aussi que tu acceptes Tohka. Et au même niveau que ces deux souhaits, je ne veux pas que toi, Tobiichi — oui, je ne veux pas que tu tues toutes ces…bonnes personnes… ! »

« …… »

« Je sais que tu es aussi une bonne personne… ! Bien que tu sois toujours au lycée, tu te bas pour protéger le monde ! Ce n’est pas quelque chose que tout le monde peut faire. Je te respecte pour ça. »

Oui. Shidou n’avait pas le droit de dire qu’Origami avait tort.

Elle avait perdu ses parents à cause d’un Esprit il y a 5 ans de cela et elle ne voulait pas qu’il y ait d’autres victimes comme elle, elle était une noble fille qui avait pris les armes pour protéger autrui.

Et cette détermination, il n’y avait aucune chance que Shidou puisse l’entacher par de faibles mots.

Mais —

« Comment…Comment les choses ont pu tourner ainsi… Il n’y a personne — il n’y a personne qui soit totalement mauvais. Tohka, Yoshino et Tobiichi, même toi, vous êtes toutes de bonnes personnes. »

« C’est— »

Commençant à parler, Origami avala sa salive puis elle continua.

« C’est une chose inévitable. »

« …Uh. »

« Provisoirement, les choses que tu dis sont vraies, concernant [l’Hermite] qui ne veut aucun conflit avec nous — Mais, le fait est, elle est Esprit. De plus, la menace d’une déchirure d’espace est toujours présente. Nous ne pouvons pas juste ignorer le danger qui guette tellement de gens, juste pour une fille. »

C’était une affirmation très exacte. Kotori avait dit la même chose.

Probablement, s’il y avait quelqu’un dans le tort, c’était probablement Shidou.

Il porta son regard sur ses mains pleines de sueurs. Tout en cachant son expression, il grinça des dents.

Dans sa tête, il pouvait comprendre ce qu’Origami venait de dire. Mais, il ne pouvait pas être d’accord, peu importe à quel point il essayait.

« — Il y a une dernière chose que je voudrais confirmer. »

Lorsqu’il dit ceci, Origami pencha sa tête curieuse.

« Si vous ne pouvez pas confirmer ses pouvoirs Spirituels, comme pour Tohka — il n’y a plus aucune raison d’attaquer cet Esprit, non ? »

Oui. Ce que Shidou avait dit, c’était ses pensées idéalistes. C’était juste trop déraisonnable.

— Mais, à cause de l’incident de Tohka, il y avait une chance que ces pensées déraisonnables pouvaient marcher.

« …… »

Origami garda le silence pendant quelques temps avant de répondre.

« De mon point de vue, ce n’est pas mon intention d’agir de la sorte juste parce que les relevés disparaissent. C’est trop dangereux de laisser un Esprit en liberté. »

« ……Uh, ce genre de — »

« — Mais. Pour mes supérieurs, aussi longtemps qu’il n’y aura pas de confirmation sur ses fréquences Spirituels, nous n’avons pas d’autres choix que de la reconnaître humaine. Je ne peux pas l’attaquer simplement sur mon propre jugement. »

« Ce-Ce qui veut dire ? »

« Cette question induit des signes positifs. »

Origami prononça ces mots tout en restant cool.

Shidou, inconsciemment avala sa salive, et saisit ses mains fermement.

« — Merci. Cela me suffit, maintenant que j’ai entendu ça. »

« Je vois. »

Après qu’Origami ait répondu par cette courte déclamation.

« — C’est la raison pour laquelle…tu as demandé à venir ici aujourd’hui ? »

Juste un peu, juste un petit peu, ses paupières se refermèrent lorsqu’elle exprima ces mots.

Bien qu’il n’y eut aucun changement dans sa voix qui n’avait aucun ton, pour diverses raisons, il avait pu ressentir qu’elle n’était pas contente.

« Uh, non…c-ce n’est pas la raison. La raison pour laquelle je suis venu aujourd’hui, c’était pour parler avec toi… »

Comme prévu, il ne pouvait rien dire concernant la marionnette, du coup il avait menti.

Puisque l’interphone était mort, c’était la tâche de Shidou de conduire l’enquête — A la base, pendant que la caméra fouillait les lieux, le but de Shidou devait être de distraire Origami par le biais d’une conversation et de faire en sorte qu’elle n’ait aucuns soupçons.

« … »

Aussitôt qu’Origami entendit la réponse de Shidou, l’atmosphère, qui était devenue un tantinet épineuse, se calma en un instant.

Et ainsi, sans interruption, elle s’approcha de Shidou pour la seconde fois.

Mais, cette fois.

*UUUUUUUUUUUuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu —* L’alarme de la déchirure spatiale retentit depuis l’extérieur.

« L-L’alarme… ? »

« …… »

Origami devint silencieuse pendant quelques instants. Avant de se lever et prendre une inspiration.

« Origami… ? »

« — Dépêche. Va vite à l’abri. »

Origami avait seulement dit cela avant de sortir dans le couloir.

Juste après, Shidou était seul, il resta interloqué pendant un moment.

« …Ne me dit pas que c’est Yoshino — ? »

Il leva ses yeux sur l’alarme qui frappait ses tympans — et il agrippa fermement la marionnette dans sa poche.

Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *