Date a Live – Tome 3 Chapitre 1

Se léchant les lèvres, elle goûta sa propre sueur.

Son propre Territory, qui encerclait son corps, permettait de contrôler la gravité, l’humidité, la température ainsi que tout ce qui était pensable.

Pour comprendre la raison de cette transpiration, il fallait prendre en compte plusieurs facteurs extérieurs. Par exemple, des exercices excessifs, de sérieuses maladies…

Ou, une panique accablante.

« … »

Tobiichi Origami avala sa salive, tout en essayant de réguler sa respiration et tout en serrant, dans sa main, la poignée de son épée laser à fortes particules, la <No Pain>.

Actuellement, ce qui enveloppait son corps svelte, ce n’était pas l’uniforme scolaire, qu’elle portait d’habitude, mais une combinaison avec un dispositif de raccordement et une unité Realizer optimisée pour le combat.

Ces magiciennes modernes portaient ce genre de choses, une armure mécanisée, en vue d’utiliser leur magie.

En revêtant ces armures qui déploient leurs propres Territory, elles auraient tout aussi bien pu être nommées des surhommes.

Quoi qu’il en soit… A l’ instant même, Origami, qui était effectivement un surhomme, avait été complétement acculée.

« …Uwaaaaaa!? »

« …Tch. »

En réponse à ce cri, qui provenait du communicateur, Origami soupira légèrement.

Un son familier. C’était l’unité anti-Esprit à laquelle Origami appartenait, c’était la voix d’un membre de l’AST.

Cela faisait… neuf personnes déjà. Tous les membres aux côtés d’Origami avaient déjà été battus.

« …Ku. »

Alors qu’elle utilisait les objets alentours pour cacher son visage, elle transmit un ordre dans sa tête.

Immédiatement, la lumière de son Territory s’affaissa, l’écran d’énergie dévoilant une scène que les yeux d’Origami ne pouvaient pas voir.

Près de la base de Tenguu où le JGSDF était établi, sur les terrains d’entraînements spéciaux.

C’était là qu’Origami et les membres de l’AST avaient l’habitude d’être lorsqu’ils s’équipaient de leurs CR-Unit, des terrains spéciaux qui ont été infusés de magie.

Et au centre de cette forêt de décombres se tenait une fille aux cheveux attachés en queue de cheval.

… Takamiya Mana.

Alors qu’Origami se rappelait silencieusement le nom de cette fille, elle observa son allure, une fois de plus.

Elle était âgée d’à peu près 14 – 15 ans. Sous l’œil gauche de son visage adorable se trouvait un grain de beauté qui n’ôtait rien à son innocence.

Néanmoins, enchâssant ce petit visage, elle avait une armure mécanisée pas du tout adorable et qui ne lui correspondait pas du tout : une CR-Unit.

Elle était légèrement différente des modèles qu’Origami et les membres de l’AST utilisaient normalement, les épaulettes étaient équipées de matériel militaire semblable à des boucliers. La rumeur affirmait que c’était le nouveau prototype de l’équipement de l’AST.

« … Hey, la dernière personne ! Peu importe où vous vous cachez, s’il-vous-plait dépêchez-vous de venir. »

Avait simplement déclaré Mana tout en ignorant totalement les membres de l’AST qui gisaient à ses pieds.

Même si cela ne pouvait être vu sous cet angle, les 8 membres de l’AST, qui avaient été neutralisés, s’étaient effondrés encore à l’abri des obstacles alentours.

C’était un pouvoir absolu à sens unique. C’était réellement comme avoir un Esprit comme adversaire.

… C’était à la fin du mois précédent que Mana avait été dépêchée sur la base de Tenguu.

On la considérait comme la carte maîtresse du JGSDF.

On prétendait sa capacité de contrôle de l’unité Realizer, une des meilleures au monde.

On affirmait… qu’elle avait t.u.é. un Esprit toute seule.

Simplement sur la base de ces rumeurs, elle devait être, en effet, un monstre aberrant.

Néanmoins, lors de sa première présentation, elle avait annoncé : « Y’a-t-il quelqu’un qui peut me battre ici ? Même un seul, ça ira. » Bien sûr, pour les membres de l’AST qui se considèrent comme une élite, il n’y avait pas moyen qu’ils l’acceptent sans se battre.

Ainsi, en guise d’excuse pour tester les capacités de combat de Mana, une simulation de combat spéciale l’opposant à dix adversaires avait été organisée.

Néanmoins, à proprement parler, Origami n’avait aucun intérêt dans celui-ci…

« … »

Sans rien dire, Origami se souvint de la conversation qu’elle avait eue avec Mana le jour auparavant.

Le jour où elle avait été mutée à la base de Tenguu, Origami et les membres de l’AST regardaient les images du combat précédent.

Mana, en voyant l’image affichée à l’écran… Itsuka Shidou, elle avait dit :

« … Nii-sama[1]. »

Origami n’avait jamais entendu dire que Shidou avait une telle sœur. Après qu’Origami lui eut posé cette question, Mana avait dit avec une expression choquée :

« !! Le Sergent-chef Tobiichi connait Nii-sama !? Umu…Nn, d’accord, je peux vous expliquer les détails. Mais, cette simulation de combat, vous devez y participer, c’est ma seule condition. »

Après cette conversation, il n’y avait plus eu d’autres choix.

En conclusion, Origami avait dû participer à l’exercice…

Le résultat était ce qu’elle voyait à présent.

Neuf membres avaient déjà été neutralisés ; Origami avait également perdu tous les autres équipements à part son épée laser.

A l’opposé, Mana demeurait intouchée.

« …Hey, à ce rythme, vous allez vous épuiser, vous savez ? »

Mana laissa échapper un soupir tout en formulant cette phrase qui semblait manquer de keigo[2].

Ce n’était pas une solution de rester cachée de la sorte. Origami s’envola et fit face à Mana.

« … Oh. Vous vous décidez enfin ? »

« … »

Origami envoya une impulsion mentale dans sa tête, activant par ce biais les propulseurs dans son dos.

L’équipement d’Origami se limitait à sa seule <No Pain>. Elle n’avait pas d’autres options disponibles pour le combat rapproché.

Penchant son corps vers l’avant, elle s’envola dans les airs à vive allure.

« Tellement directe. Je ne déteste pas ça, vous savez … »

Alors que le coin des lèvres de Mana se levait, les boucliers sur ses épaules commencèrent à se modifier, bougeant eux-mêmes sur ses deux bras.

« <Murakumo> — Mode deux épées. »

L’instant d’après, deux larges épées constituées de lumière s’extirpèrent des extrémités des boucliers.

Néanmoins, Origami n’arrêta pas son déplacement.

Tout en brandissant <No Pain> au-dessus de sa tête, elle continua d’accélérer.

Origami savait qu’elle allait perdre si elle se ruait de la sorte.

« … Maintenant, c’est le bon moment. »

Du coup, au moment-même où Mana et son propre Territory entrèrent en collision, elle rétrécit rapidement les dimensions du sien.

Le Territory, qui avait généralement un rayon de trois à cinq mètres, avait été réduit à un dixième.

Instantanément, la partie des propulseurs, qui se trouvait à l’extérieur du Territory, repris son poids normal.

En même temps, Origami décrocha ces derniers de l’armure assistée, elle agrippa fermement sa <No Pain> désactivée et se lova, passant ainsi sous le coude de Mana.

« Quoi… ? »

A cause de cette action soudaine, Mana écarquilla ses yeux.

Les propulseurs, qui avaient perdu leur porteur, suivirent les lois de la physique, ils poursuivirent leur trajectoire vers Mana tel des projectiles géants.

« Tch ! Trop naïve… ! »

Mana regagna rapidement son sang-froid, elle utilisa son épée laser pour trancher en deux ces derniers.

Des étincelles s’éparpillèrent partout, les deux morceaux des propulseurs tombèrent au sol avec un nuage de fumée.

Mais – c’était-là l’opportunité qu’attendait Origami.

« … Tch ! »

La lame de la <No Pain> réapparut une fois de plus, elle retomba en direction du dos de Mana.

Visant cette ouverture, alors que Mana se concentrait sur l’interception des propulseurs, c’était une frappe imparable.

Alors qu’elle la frappa, l’épée <No Pain> laissa une entaille de lumière sur la CR-Unit de Mana.

… Néanmoins.

« Quoi… »

Origami resta sans voix.

Au moment même où le tranchant de l’épée laser entra en contact avec l’équipement de Mana… le mouvement d’Origami fut arrêté alors que son corps entier eut comme la sensation d’être frappé par quelqu’un répétitivement avec la paume de la main.

« … Fuu, c’était dangereux. »

Mana retourna sa tête vers Origami pour la fixer dans les yeux.

Origami eut des difficultés à respirer. C’était sans ambiguïté. Mana avait arrêté les mouvements d’Origami simplement avec son Territory.

… Franchement, ce n’était pas un résultat qui aurait pu être prédit.

On aurait pu considérer qu’avec juste le temps de réaction de Mana, peut-être aurait-elle pu s’occuper d’Origami immédiatement après son interception des propulseurs. Quelle qu’en soit la raison, elle était juste à côté de Mana, pile à l’intérieur de son Territory.

Mais, sans tenir compte de ce qui précède, si c’était le Territory d’Origami qui avait été réduit à trente centimètres, une telle action n’aurait pas été impossible…du moins, on aurait pu l’envisager.

Mais… ce n’était pas prévu pour être si simple.

« Dommage, échec et mat. »

Mana se retourna lentement, l’épée de lumière toucha l’épaule d’Origami.

En même temps, l’alarme au-dessus de leurs têtes sonna. Après cela, des voix se firent entendre dans leurs combinaisons de combat.

« Le combat d’entraînement s’achève. La gagnante est le Sous-Lieutenant Takamiya Mana. »

Après cet entraînement.

Origami, qui était revenue au hangar à l’intérieur de la base, réorganisait ses pensées tout en fixant le sol.

Comme si elle voulait se remémorer ce sentiment qu’elle avait ressenti quelques minutes auparavant, elle ferma fermement sa main droite.

« … »

A cause de la désactivation de son Territory, son corps se sentait extrêmement lourd. Simplement le fait de lever son bras et serer son poing, lui produisait une impression anormale semblable à quelqu’un nageant dans une boue extrêmement visqueuse.

Mais c’était également à cause de ce prodige qui l’avait mise face à sa propre inutilité, Origami ajouta inconsciemment de la force au poing qu’elle serrait.

« Takamiya… Mana. »

C’était comme si elle était en train de frimer de sa capacité à utiliser à ce niveau son Territory et sa combinaison spéciale. Franchement, elle était sans nul doute un génie légendaire.

C’était quelque chose qu’il fallait honorer. Mana était une humaine, un membre de l’AST. Ce qui voulait dire qu’elle avait le même but d’abattre les Esprits, tout comme Origami. S’il y avait plus de magiciennes comme elle, les chances de succès en combat s’en retrouveraient grandement accrues.

Mais, même si elle comprenait ce fait, un sentiment inexplicable de frustration grandit de plus en plus fort à l’intérieur de son cœur.

« …Elle est forte. »

Origami avait exprimé ceci en fixant son poing fermé. En même temps, une voix provint d’au-dessus de sa tête.

« … Vous êtes étonnante aussi, Sergent-chef Tobiichi. »

Levant hâtivement sa tête, sans savoir quand elle s’était rapprochée, Mana, qui portait encore la combinaison assistée, se tenait-là avec une boisson énergétique dans chaque main.

« … »

Bien qu’elle vînt de désactiver son Territory, les mouvements de Mana ne semblaient pas du tout lents.

« Pour vous dire la vérité, c’était vraiment effrayant. Même si ce n’était que quelques millimètres de la pointe de l’épée, cela faisait longtemps que personne ne m’avait touché en combat. »

Il n’y avait pas de sarcasme, c’était simplement une pure assertion des capacités d’Origami.

« Qu’est-ce que je dois faire… pour être aussi forte que vous ? »

Demanda Origami qui paraissait comme troublée alors que ses sourcils se rejoignaient.

« J’ai entendu dire que vous avez tué un Esprit auparavant. J’aimerais entendre les détails. »

Confrontée aux mots d’Origami, Mana leva légèrement ses épaules.

« Tué… un Esprit, vous dites ? Eh bien, ce que vous avez dit n’est pas faux… »

Face à cette réponse incertaine, Origami inclina légèrement sa tête.

« Quel est le problème ? »

« Mm… le fait est que celui-ci est légèrement différent du reste des Esprits… malgré tout, est-ce que vous voulez encore savoir ? »

« Quoi que ce soit, peu importe à quel point l’information est minime. S’il-vous-plait, dites le moi. »

« Hm, ça n’a pas d’importance… Bien que ça ne puisse pas être dit face à un grand public, je pense que, dans un futur proche, vous aurez l’occasion de le voir par toi-même. — J’ai été mutée ici pour cette raison, après tout. »

Vis-à-vis de cette déclaration qui ne révélait pas grand-chose, Origami pencha sa tête.

« … ? J’ai entendu dire que vous avez été mutée ici pour accroître notre capacité de combat. »

« Ce que vous dites n’est pas totalement faux. Mais pour être plus précis, j’ai été placée ici pour confirmer la présence d’un certain Esprit. »

« Un certain Esprit ? »

« Oui. Depuis tout ce temps, je suis à la poursuite du plus brutal des Esprits. Son nom de code est… »

Alors que Mana était sur le point de continuer.

*Bang !* *Bang !*

Leurs deux têtes furent frappées.

« …Sss. »

« Ça fait mal. »

Origami et Mana tenaient leurs têtes et les tournèrent à droite en même temps.

Se tenant-là, le chef de l’unité de l’AST, vêtue de l’uniforme militaire du JGSDF, Kusakabe Ryoko, serrait dans sa main un livre enroulé.

« Vous deux… »

Les veines sur son front étaient gonflées, elles apparaissaient en même temps que le son d’un *Shwa !*, le bruit de la ferraille récupérée sur le terrain d’entrainement —

C’était les propulseurs qui avaient finement séparés en deux.

« Est-ce que je ne vous avais pas dit que c’était une simulation combat !? Pourquoi aviez-vous le besoin de détruire des équipements si couteux !? »

Toutes les deux, tout en fixant le doigt tendu de Ryoko, répondirent :

« J’ai utilisé des méthodes foireuses pour essayer d’embusquer le Sous-lieutenant Takamiya, mais j’ai échoué. »

« Même si nous avons dit que c’était une simulation de combat, si nous ne nous battons pas réellement…, alors nous n’obtiendrons que des données inappropriées ? C’est ce que j’en ai déduit. »

C’est ainsi que les têtes des deux furent frappées à nouveau.

« Quelle perspicacité ! Redites-moi ça après avoir recherché correctement le coût des matériaux nécessaires à la construction de ces unités Realizer ! Notre budget n’est pas illimité, vous savez !? »

« Compris. »

« Bien compris. »

« Vraiment… »

Après avoir lâché un « Soyez plus prudentes la prochaine fois », Ryoko s’en alla en haussant les épaules.

Une fois la silhouette de son dos disparue, Mana fit la moue.

« Je dis que la Capitaine-dono[3] est vraiment une plaie. C’est à cause de ça qu’elle est aussi ennuyeuse que ces Esprits. »

« Je suis d’accord. »

Origami hocha de la tête, Mana arbora un large sourire de contentement.

« Je sens que nous pourrons très bien nous entendre l’une l’autre, Sergent-chef Tobiichi. Nous sommes des personnes qui traitons les Esprits et autres assimilés comme des ennemis. Si nous devions être matérialistes, nous ne serions pas en mesure de gagner quand bien même nous le pourrions. »

Après avoir formulé ceci, elle leva exagérément ses épaules.

Origami, sans mot dire, réexamina le visage de Mana.

Comme on pouvait s’y attendre… Pas seulement l’apparence, mais aussi l’atmosphère, elles étaient toutes deux très proches de celles de Shidou.

Mais, Shidou ne devrait avoir qu’une seule sœur.

Même si elle n’avait échangé aucun mot avec elle, elle l’avait vu quelques fois auparavant. Itsuka Kotori. Inutile de dire qu’elle était un individu différent de Mana.

Néanmoins… selon les données d’Origami, Shidou avait été adopté. La possibilité que Mana fût sa véritable sœur ne pouvait être reniée.

« Sous-lieutenant Takamiya. »

Origami posa naturellement la question.

« Comme promis. Expliquez-moi à propos de vos liens avec Shidou. »

« Shidou… ? Qui est-ce ? »

Mana pencha sa tête… C’était inhabituel. Origami continua avec stupeur.

« Il y a quelques jours, alors que nous regardions la bataille avec [l’Hermite] — c’est le nom du jeune homme de la vidéo. Vous, vous avez appelé cette personne nii-sama. Vous avez promis de m’expliquer si je participais à l’entraînement. »

« …Sss, Nii-sama… ? »

Mana sourcilla légèrement.

« Est-ce que quelque chose cloche ? »

« Non, c’est simplement un petit mal de tête… »

Tout en disant cela, elle appuya sur ses tempes avec ses doigts.

Origami ressentit, qu’à ce moment-là, avait quelque chose de familier… Comme le mois précédent, quelque chose proche de Shidou dans la vidéo.

« …Ddd, Désolé pour ça. C’est bon maintenant. Ah, cette question à propos de Nii-sama. »

Mana agita légèrement sa tête, essayant de se défaire de sa douleur, puis elle sortit un petit pendentif de la poitrine de son uniforme de combat.

Et, elle l’ouvrit. A l’intérieur, il y avait une photographie d’un jeune garçon et d’une fille.

« … Shidou. »

Origami s’exprima à mi-voix. C’était indubitablement Itsuka Shidou lorsqu’il était jeune. A ses côtés, il y avait une fille avec un grain de beauté près de l’œil en guise de signe particulier… c’était bel et bien Mana, peu importe comme on la voyait la chose.

« C’est ? »

« Une photo du passé… Mon seul indice entre mon Nii-sama et moi. »

« S’il-vous-plaît racontez-moi les détails. »

Même si Origami avait déclaré ceci, Mana se gratta la tête comme si elle était troublée.

« Même ainsi, je dois m’en excuser… Je ne souviens plus de grand-chose. »

« … ? Comment ? »

« Non…Pour vous dire la vérité, je n’ai pas de souvenir du passé… »

« Amnésie ? »

« Ce n’est pas aussi simple que ça… Lorsque j’ai vu l’image, je me suis souvenue de quelque chose. J’ai déjà appelé cette personne Nii-sama par le passé. »

« Alors pourquoi est-ce que vous m’avez donné cette condition ? »

Origami avait dit cela sur un ton surpris, Mana en guise d’excuse inclina sa tête.

« Non… je voulais voir les capacités du Sergent-chef Tobiichi. Dans ce peloton, vous êtes considérée comme la plus forte. Pour être honnête, vous avez dépassé mes attentes. »

« … »

Origami, sans dire mot, regarda le visage de Mana. Même si c’était une victoire à sens unique, elle avait affirmé que ses attentes avaient été dépassées. Son cœur ressentit une légère complexité.

Mana regarda Origami et continua.

« Ce…Sergent-chef Tobiichi. Je suis désolée, mais j’ai une autre faveur à vous demander. »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Même si c’est peut-être égoïste, cette… information sur nii-sama, vous ne l’avez pas ? Aussi longtemps que c’est dans vos cordes, pouvez-vous me le dire? »

« … »

Sans savoir depuis quand la situation semblait s’être inversée…Origami réfléchit un petit moment puis elle pencha légèrement sa tête vers l’avant et acquiesça.

« … Nom, Itsuka Shidou. Age… seize ans. »

« D’accord. »

« Sa famille est composée d’un père, d’une mère et d’une sœur. Actuellement, ses parents ont quitté le pays dans le cadre de leur travail à l’étranger. C’est un adepte des tâches ménagères. »

« Umu… »

« Son groupe sanguin est O RH+. Sa taille est de 170cm. Son poids est de 58,5 kg. Sa taille en position assise est de 90,2 cm, le haut de son bras 30,2 cm, son avant-bras 30,2 cm. Son torse 82,2 cm, sa poitrine 70,3 cm, hanche 87,6 cm. »

« …D’accord ? »

« Sa vue pour l’œil droit est de 0,6. Celle de son œil gauche est de 0,8. Sa force de pression pour sa main droite est de 43,5 kilo, sa main gauche 41,2 kilo. Sa pression sanguine 128/75. Son niveau de sucre dans le sang 88 mg/dl. Son niveau d’urée 4,2 mg/dl. »

« A, Arrêtez arrêtez ! Je ne veux pas savoir ce genre de choses. »

« C’est vrai ? »

Origami hocha légèrement de la tête en guise de réponse aux cris frénétiques de Mana.

« Cela dit, haa, c’était vraiment des informations détaillées. Etait-ce une sorte de blague ? »

« Non, pas une blague. C’était des mesures correctes. »

« … »

Origami avait répondu avec une expression sincère, Mana leva ses sourcils alors que de la transpiration se formait sur son visage.

« …Désolée, quelle est la nature exacte de la relation entre Nii-sama et vous, Sergent-chef Tobichii ? »

Face à la question de Mana, Origami répondit sans aucune hésitation, confusion ou bégaiement.

« Amants. »

« Bouge pas ! Qu’est-ce que tu fais, Shidou ? »

« Hehh ? »

Dans le salon de sa maison, Itsuka Shidou, qui venait de se voir poser cette question bien soudaine, avait-il ainsi répondu.

En tournant sa tête avec ses deux couettes attachées par des rubans noirs, une fille vêtue en uniforme se tenait-là, ses deux mains posées sur ses hanches.

C’était la sœur de Shidou, Itsuka Kotori – en mode commandant.

Ses yeux ronds et adorables semblaient s’affaisser de manière malheureuse, le bâtonnet de sa Chupa Chups dans sa bouche pointait tout droit comme si c’était la queue d’un animal intimidant ses ennemis.

« Qu’est-ce que je fais…Je me prépare pour aller à l’école, bien sûr. »

Shidou jeta un œil à son allure une fois de plus. Il portait un uniforme de lycéen (uniforme d’été), un sac dans sa main droite, un bento dans sa main gauche, quoi qu’on en dise, il avait l’allure de quelqu’un se rendant à l’école.

Mais, Kotori haussa ses épaules et secoua sa tête, comme si c’était une sitcom américaine.

« D’accord, laisse-moi reformuler. Shidou, qu’est-ce que c’est dans ta main gauche ? »

« Simplement un bento. »

« Pour toi-même ? »

« Non…C’est pour Tohka. »

C’est vrai, son propre bento était déjà à l’intérieur de son sac. Le bento dans sa main gauche était pour la fille vivant dans l’immeuble voisin : Tohka.

« Comment comptes-tu le donner à Tohka ? »

« Je comptais le mettre dans son casier… »

Puisque je ne peux pas lui remettre en main propre à l’école, alors en utilisant la clef de rechange des casiers, il y sera à l’intérieur chaque matin.

En disant cela, Shidou émis un court *Ah*.

« Aaa, tu es inquiète par rapport à ça… C’est la saison où le temps commence à être vraiment chaud ; tu es concerné par l’hygiène, pas vrai ? Détends-toi, j’ai mis des compresses de glace ainsi que du papier antibactérien. Eh bien, cela aurait été parfait si j’avais pu des prunes séchées à l’intérieur, mais Tohka semble détester les prunes séchées…Aïe !? »

En plein milieu de sa phrase, son tibia fut frappé par Kotori. Shidou tomba en avant tout en courbant son corps. Le sac tomba au sol mais, au moins, il parvint à sauver le bento de Tohka.

« Quo, Qu’est-ce que tu … ! »

« Parce que je veux que tu meurs, une fois pour toutes. Pourquoi est-ce que tu continues de le lui mettre dans son casier ? »

« C, C’est parce que si je ne le fais pas, je ne peux pas lui le donner. Après tout, nous avons cours à des moments différents… »

« C’est la raison. »

Kotori sortit la sucette de sa bouche et fit face à Shidou.

« Cela fait deux semaines depuis que Tohka a déménagé de l’autre côté de la rue. Shidou… est-ce que Tohka et toi êtes allés à l’école ensemble comme avant ? »

« Eh ? C’est… »

En déplaçant sa ligne de vue en face de lui, il compta le nombre de fois dans sa tête.

« …Maintenant que tu le mentionnes, non. Pas même une seule fois. »

Shidou dit ceci en utilisant sa main droite, libérée à présent de son sac, pour se gratter la joue.

Jadis, Shidou et Tohka avaient vécu ensemble pendant une courte période, à cette époque d’étranges rumeurs avaient commencé à circuler au sein des camarades de classes et, au final, ils avaient dû aller à l’école à des moments différents.

Cela étant dit, ils étaient à présent voisins et non plus colocataires, ils n’avaient plus besoin d’être si paranoïaque. La vérité était qu’ils rentraient habituellement à la maison ensemble.

Sans savoir si c’était devenu une habitude, encore maintenant Shidou partait à l’école un peu plus tôt.

Eh bien, c’est aussi parce que Tohka était bien plus une lève-tard que Shidou.

Kotori utilisa sa main pour soutenir sa tête avec une expression de scepticisme.

« Après tant de difficultés pour l’héberger en face, pour être ta camarade de classe, il n’y a aucune raison pour gaspiller la chance d’aller à l’école ensemble, pas vrai ? …Après tout, si d’autres Esprits apparaissent à nouveau à l’avenir, ils ne prêteront aucune attention à Tohka, du coup tu dois profiter de cette opportunité pour être avec elle. »

« Mu, Muuu… »

Shidou émis un son hors de sa gorge comme si c’était un grognement.

…Ce monde est parfois sujet à de soudains désastres connus sous le nom de déchirures spatiales.

Comme il a été mentionné, les déchirures spatiales, en employant l’épicentre comme cœur de la zone spatiale dans un périmètre désigné, infligent une explosion horrible qui fait disparaître tout ce qui s’y trouve.

Même si des méthodes de prédiction des déchirures spatiales et des moyens de reconstruction rapide des bâtiments ont été développées dans les temps modernes, c’est toujours une catastrophe naturelle sérieuse.

Bien que ce ne soit généralement pas publiquement révélé…la raison réelle de ces déchirures spatiales est liée à l’existence des Esprits.

Les Esprits sont généralement des non-existences dans ce monde et lorsqu’ils se matérialisent, les frontières dimensionnelles causent de violents tremblements. On estime que c’est la cause des déchirures spatiales.

Bien sûr, les humains, qui sont au courant, ont pensé à de multiples contre-mesures pour se défendre contre cette menace. Parmi ces moyens, on peut distinguer deux groupes.

Le premier utilise des moyens militaires pour détruire les Esprits.

Alors que l’autre groupe est…

« Est-ce que tu le réalises, Shidou ? La prochaine fois qu’un Esprit apparaîtra, tu devras le faire tomber amoureux de toi. »

« Je, j’ai compris. »

Portant un regard comme vaincu, Shidou avait répondu avec un soupir.

C’est vrai, c’est l’autre méthode.

Entrer en contact avec les Esprits, engager la conversion avec eux et, après que leurs émotions aient atteint un sommet…les embrasser.

Sans savoir pourquoi, Shidou a la capacité de sceller les pouvoirs des Esprits.

Et ceux qui dirigent cette capacité, c’est l’organisation à laquelle appartient Kotori, <Ratatoskr>.

« Très bien. Va à l’école avec Tohka aujourd’hui. D’accord ? »

« Mn. Compris. »

Il n’y avait aucun sous-entendu. Shidou prit son sac et se dirigea vers la porte.

« Doucement, Shidou. Tu as oublié quelque chose. »

A mi-chemin, la voix de Kotori s’était fait entendre, Shidou regarda ses mains.

« Ah ? Il y a quelque chose d’autre ? »

« Celui-là…là. »

Kotori tendit sa main dévoilant l’équipement qui se trouvait dans sa paume.

Elle tendit, ensuite, l’index de sa main droite et pointa son oreille.

Comme si elle voulait que Shidou le prenne immédiatement.

« …Ceci ? Pourquoi dois-je… ? »

« Parce que c’est le bon moment, nous allons t’entraîner tant qu’on y est. Très bien, enfile déjà ça. »

Sur ce, Kotori força à moitié Shidou à le mettre dans son oreille droite tout en souriant.

« Ent, Entrainement…Un entrainement pour quoi au juste ? »

« Vraiment… Le sujet de la journée c’est de repousser la jalousie de Tohka. »

« Ha…Haa ? Faire disparaître…sa jalousie ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Nn. Tu te souviens de l’incident du mois derniers lorsque Yoshino est apparue ? »

« …A,aa. »

Marmonna doucement Shidou.

Yoshino est un Esprit féminin qui est apparue après Tohka…Mais, lorsqu’elle apparut, Tohka commença à piquer des crises de colère sans raison apparente.

« C’est le point essentiel, si tu venais à être intime avec d’autres filles, Tohka serait malheureuse. »

« Eh… ? Qu, Quoi ? »

En même temps que Shidou commença à protester, Kotori parut comme miser sur un idiot, elle laissa échapper un soupir.

« Quoi qu’il en soit ! Si ta relation avec d’autres filles est bonne, l’état mental de Tohka va rapidement devenir instable… A la fin, cela causera un retour de ses pouvoirs Spirituels. Si cela venait à arriver à chaque apparition d’un nouvel Esprit, ce serait regrettable… Néanmoins… »

Kotori pointa son doigt en direction de Shidou.

«…Aujourd’hui, lorsque tu iras à l’école, des membres du personnel de <Ratatoskr> vont entreprendre diverses choses pour attiser la flamme de la jalousie de Tohka. Shidou, ton travail consistera de t’en occuper lorsque cela arrivera. »

« M’en occuper mais…Ce, qu’est-ce que je devrais faire exactement… ? »

« Ça se passera bien, viens maintenant. »

Même si Shidou avait une expression de confusion totale, Kotori ne semblait pas du tout y prêter attention, elle poussait Shidou à travers la porte.

« C’est bientôt l’heure où Tohka quitte sa maison. Pour plus de détails, écoute simplement les instructions à travers le communicateur. »

« Non, att, attends une seconde… »

Même si Shidou ne connaissait pas totalement la situation, c’était inutile de tenter de s’opposer à Kotori dans ce mode ; cet état de fait avait été profondément appréhendé au cours des deux derniers mois. N’ayant aucune autre option, il commença à enfiler ses chaussures.

A ce stade, la voix de Kotori se fit entendre derrière Shidou, une fois de plus.

« Aaa, très bien, très bien, il y a encore une chose. Nous avons une invitée aujourd’hui également. Eh bien, ce serait bien de simples salutations et essayer de lui parler un peu. »

« Une invitée ? »

Face à la question de Shidou, Kotori ne répondit pas et s’en alla à l’étage. Puisqu’elle avait dit qu’elle donnerait des instructions à travers le communicateur, le plus probable était qu’elle s’en retournerait sur le <Fraxinus> par le biais du balcon du premier étage.

Soudain, la lumière du soleil éblouit la cornée de Shidou.

« Nn… »

Aujourd’hui, c’était le 5 juin. A présent, c’était déjà la saison des pluies mais, pour quelque raison, le ciel était limpide récemment…C’était comme si les cieux avaient utilisé toute la pluie le mois précédent.

Différent par rapport aux années précédentes, il n’y avait aucune couverture nuageuse alors que de puissants rayons de soleil frappaient directement le sol, causant une élévation des températures.

Incapable de supporter la chaleur estivale, Shidou avait opté pour l’uniforme d’été.

A cet instant.

« Est-ce que… ? »

En regardant la silhouette se tenant sous la lumière du jour devant la résidence des Itsuka, Shidou ne put s’empêcher d’écarquiller ses yeux.

Devant lui se tenait une fille qui semblait avoir le même âge que Kotori.

Elle portait une fraiche robe une pièce, un chapeau blanc d’été comme si elle avait voulu caché ses yeux. Sous ce chapeau, il y avait des cheveux bleu-vert comme l’océan ainsi que des yeux de saphirs qui dardaient constamment en direction de Shidou.

De même…ce qui était encore plus marquant, c’était sa main gauche. Pour diverses raisons, elle portait sur cette dernière une marionnette amusante en forme de lapin.

« Yoshino !? »

C’était impossible que quelqu’un puisse oublier le nom d’une fille avec une telle personnalité. Shidou alla aux côtés de Yoshino.

« Yahooo… Shidou-kun. Ça faisait un bail, n’est-ce pas… ? »

En cet instant, la marionnette sur la main gauche de Yoshino venait de s’exprimer en ouvrant et fermant sa bouche.

« Oh, oh. Cela faisait longtemps…Um, Yoshinon.»

Tout en hochant légèrement de la tête, il avait répondu de la sorte à la marionnette. Cette dernière répondait au nom de Yoshinon, elle était l’amie de Yoshino.

A l’origine, elle était une simple marionnette, sa voix provenait indubitablement d’une ventriloquie…mais, lorsque Yoshino la portait à sa main, on lui avait dit que sa seconde personnalité connue sous le nom de Yoshinon émergeait du plus profond d’elle.

Le fait était que les mouvements et les paroles de la marionnette n’étaient pas totalement du ressort de Yoshino.

« Qu’est-ce qui se passe ? Les examens de la journée sont finis ? »

« Nn…les examens physiques sont parfaitement accomplis…mais il y a toujours besoin d’une mise en pratique… »

Venait de dire Yoshinon tout en agitant ses petits membres.

« Pratique ? »

En même temps que Shidou demanda ceci, Yoshinon souleva soudainement les bords du chapeau de Yoshino.

« …Sss »

Yoshino semblait particulièrement effrayée, ses épaules tremblèrent pendant un court instant.

Mais, après avoir avalé bruyamment sa salive, elle ouvrit ses lèvres vacillantes et dit :

« Bon, Bonjour, Shidou-san… ! »

Yoshino utilisa une voix bien plus audible que celle du mois précédent afin de le saluer.

« Woah !? »

Shidou ouvrit grand ses yeux et fit un pas en arrière.

Yoshino, qui était de nature timide et craintive à l’égard des humains, faisait entièrement confiance à Yoshinon dans le cadre de ses interactions avec autrui, elle ne parlait pas beaucoup. C’était la première fois que Shidou l’entendait parler à ce volume sonore.

A ce moment, un vrombissement se fit entendre dans son oreille droite. C’était Kotori, elle devait déjà être à bord du <Fraxinus>.

« Quoi ? Elle peut déjà parlé à moi et Reine, tu sais ? »

« Vraiment ? N’est-ce pas surprenant, Yoshino ? »

Après que Shidou eut exprimé ces mots, Yoshino apparemment embarrassée abaissa les bords de son chapeau mais les coins de ses lèvres affichaient les signes d’un sourire.

Puis, accompagnée par le son de la Chupa Chups bougeant à l’intérieur de la bouche, Kotori continua de parler.

« Même si c’est un peu tôt, j’aimerais laisser vivre Yoshino à l’extérieur du vaisseau de guerre. Avec Yoshino comme partenaire de conversation, le stress mental accumulé à l’intérieur de Tohka devrait se réduire, ce ne sera plus un problème… Puis à <Ratatoskr>, on pense qu’il est préférable de laisser un Esprit avoir une meilleure compréhension de la société et de vivre une vie paisible. »

« Umu. N’est-ce pas génial ? »

« Nn. C’est pourquoi aujourd’hui nous la laissons se présenter elle-même. »

« C’est vrai ? »

« Est-ce que cet endroit est le premier choix pour sa maison à l’extérieur du vaisseau de guerre ? »

En suivant la voix de Kotori, Shidou dirigea son regard vers l’immeuble de grande classe en face de la résidence des Itsuka.

C’était celui où résidait actuellement Tohka, on lui avait dit que <Ratatoskr> l’avait spécifiquement désigné pour y faire vivre les Esprits. Même si quelque chose d’inattendu se passait, il paraitrait qu’il ne serait pas facilement détruit.

« Eh bien…je vois. »

« Mais…de là à pouvoir tenir une conversation correcte, c’est encore discutable. »

« Aah… »

C’est vrai, même si les chambres étaient différentes, il était indiscutable qu’elles pussent être considérés comme des voisines.

Non, avant tout, Tohka et Yoshino étaient à la base des Esprits. C’était incompréhensible, jusqu’à présent, de savoir pourquoi Yoshino avait eu une mauvaise impression de Tohka, cela aurait été préférable qu’elles pussent toutes deux se parler normalement.

Les portes automatiques de l’immeuble s’ouvrirent silencieusement.

Une fille sortit de celui-ci en bâillant encore.

Elle avait des cheveux noirs comme la nuit et semblait être exceptionnellement visible sous les lueurs du jour, une splendide allure et des yeux tels des cristaux, elle dégageaient une sensation de stabilité.

C’était la camarade de classe de Shidou, Yatogami Tohka.

« … »

En regardant son apparence, Shidou retint sa respiration.

Tohka, à l’instant, ne portait pas le blouson occidental qu’elle portait la semaine précédente, mais un uniforme d’été à manches courtes avec un ruban.

Eh bien, Shidou portait également son uniforme d’été, du coup cela n’avait rien de surprenant…Mais, dès qu’il la vit dans cette tenue qui appuyait encore davantage sa belle silhouette, il ne put empêcher son cœur de sauter un battement.

« Nn… ? Shidou !? »

Seulement à l’instant, Tohka semblait avoir pris conscience de la présence de Shidou, elle ouvrit grand ses yeux et cria.

« Qu, N’est-ce pas extrêmement rare de se rencontrer si tôt le matin !? »

« Aa, aaah…Al, Aller à l’école avec toi parfois ne me semble pas être une mauvaise idée… Qu’est-ce qu’il y a ? »

Shidou formula cela avec des yeux furetant tout autour de lui. Les joues de la personne concernée prirent une teinte rouge, son expression s’illumina immédiatement.

« Ouais ! Umu, je…je pense aussi que ce n’est pas une mauvaise idée. »

Tohka approuva de la tête joyeusement. Sans savoir pourquoi, afficher sa joie si ouvertement pouvait être gênant.

Alors que Shidou se demandait quoi dire ensuite, il lui tendit le bento qui se trouvait dans sa main.

« J’oubliais. C’est la part d’aujourd’hui. »

« Ooh ! »

Tohka accepta le bento tout en affichant un large sourire.

« Quel est le menu d’aujourd’hui !? »

« Nn, aujourd’hui c’est des asperges enveloppée dans du bacon, de la viande et des œufs frits, ainsi que de la salade de macaronis avec des tomates. Ah, et le riz c’est du riz frit avec du poulet. »

« Quoi… »

Après que Shidou eut formulé ceci, Tohka révéla une expression choquée, elle regarda furtivement autour d’elle et prit fermement le bento.

« C’est bon, Shidou ! »

« Ha…Qu, Quoi ? »

Demanda Shidou, désemparé, alors que Tohka continua à voix basse.

«  Des asperges enveloppées dans du bacon, de la viande avec des œufs frits et quoi que ce soit d’autre, c’est trop génial, mais ne serons-nous pas en danger si tout le monde venait à l’apprendre… ? Qui sait, ils pourraient causer des bagarres pour ce bento… »

« Non, ça ne sera pas le cas. »

« Vrai, Vraiment…C’est mieux. Mais, Mais, cet acte blasphématoire de faire du riz frit au poulet …Est-ce qu’il n’enfreint pas des lois internationales ? »

Tohka venait de dire ces mots sur un ton sérieux. Vraiment, où diable as-tu appris ce genre de choses ?

« C’est pas le cas, c’est pas le cas…Ah, tu n’aimes pas le riz frit au poulet ? Si tu veux, je peux échanger mon bento avec le tien. »

C’était parce qu’ils avaient eu le même bento que Origami avait été mécontente. De ce fait, depuis deux semaines, le menu avait subi quelques modifications.

Puisque la plupart d’entre eux étaient des restes de la nuit précédente, il avait eu peu de difficultés à les préparer.

Mais, à l’instant où Shidou fit cette proposition, Tohka serra le bento et *fuun fuun fuun* secoua sa tête à une telle vitesse qu’on aurait pu s’inquiéter à la voir se décrocher.

Shidou la regarda et afficha un sourire inquiet. Aussi longtemps qu’elle serait contente, cela vaudrait la peine de cuisiner tous les jours.

Tohka avec une expression révélant toujours de la panique, tint précautionneusement son bento, prit plusieurs profondes inspirations comme si elle essayait de calmer ses émotions. A cet instant…

« Nu ? »

Tohka écarquilla ses yeux et fit face à la jeune fille aux côtés de Shidou. Il semblait qu’elle venait seulement de la remarquer.

« Ooh, n’est-ce pas Yoshino ? Cela faisait longtemps ! »

Révélant un sourire innocent, Tohka venait de commencer ainsi la conversation.

Bien que beaucoup de choses se soient passées, il semblait que Tohka n’y prêtait plus du tout attention.

« …Ss ! »

Néanmoins, Yoshino commença à fuir en tremblant.

« Bats-toi ! Bats-toi ! »

« Ss, Uu, Mn. »

Sous les encouragements de Yoshinon depuis sa main gauche, elle se tint fermement, *Suu~~*, elle prit une profonde inspiration et fit un pas en avant.

Comme si sa détermination s’était mise en place, ses sourcils bougèrent.

« Aa…Amenbo, akaina, a, i, u, e, o… [4]! »

Sans savoir pourquoi, elle commença à débiter des phrases issues des entraînements phonétiques.

« …Mu. »

Tohka grommela, leva ses sourcils en guise d’inquiétude et se tourna pour regarder Shidou.

« C’est…Qu’est-ce que c’est ? Du langage codé ? »

« Non…Yoshino ? »

Shidou sourit énergiquement et posa cette question. Yoshinon agita ses bras avec un son de *pata pata*.

« Aah… Très bien ! L’entraînement rend meilleur ! Ressaye ! Une fois ENCORE ! »

Après avoir dit quelques mots, Yoshino acquiesça légèrement et, une fois de plus, se tint en face de Tohka.

« B,b, bon…j, jour… »

En utilisant une voix qui était plus faible que celle utilisée pour saluer Shidou, mais pourtant claire, elle venait de saluer.

« Wooah, bonjour ! »

« … »

La silhouette de Yoshino trembla un moment…mais revint la forte envie de s’enfuir.

Un certain temps s’écoula, Tohka et Yoshino se tenaient face à face, sans échanger le moindre mot.

C’est là que la voix aiguisée de Kotori se fit entendre, une fois de plus, dans l’oreille droite de Shidou.

« …C’est quoi ce silence, Shidou ? Yoshino est très mal à l’aise. Essaye de dire quelque chose d’encourageant. »

« Eh… ? Aa, aaaah… »

Alors que Shidou répondit, il jeta un œil à Yoshino.

Maintenant qu’elle le mentionnait, elle paraissait différente de la dernière fois.

« Yoshino, tu portes un chapeau aujourd’hui. »

C’est vrai, la dernière fois elle portait une capuche.

« …Ss…C’est vrai… »

Yoshino voulait se cacher en utilisant Yoshinon mais, au final, elle résista, inclina sa tête et répondit.

« C’est parce que… aujourd’hui il fait chaud, Reine-san, elle…ça. »

« Aaa, pas étonnant. Il te va bien. Tu es mignonne. »

« …Ss ! »

A ces mots, le visage de Yoshino devint rouge avec un bruit de *Po ! *.

Il semblait que ce trait de timidité de sa personnalité n’avait pas changé. Shidou eut un sourire amer.

« Attends, comment peux-tu arrêter la conversation comme ça ? Tu n’as pas parlé à Tohka encore. »

« Aa…C’est vrai. He, Hey, Tohka, tu n’es pas d’accord ? »

« Mu ? »

Elle n’avait probablement pas compris que la conversation s’était tournée vers elle, aussi elle avait répondu avec un ton légèrement surpris. Après ceci, son regard se tourna en direction de Yoshino une fois de plus.

« Nn. Umu. C’est très mignon, Yoshino. »

« …Ss ! Me…Merci…beaucoup… »

Répondit Yoshino en fixant le sol et en levant énergiquement sa tête en direction de Tohka.

« Ca…Tohka-san…c’est aussi…très mignon… »

« Nu ? Qu, Qu’est-ce que…C’est embarrassant. »

En disant cela, Tohka gonfla ses joues. Tohka sourit embarrassée. Une fois encore, elle porta son regard sur Shidou. Dieu seul sait pourquoi, ses joues étaient légèrement rouges.

« Shidou…est-ce que tu penses la même chose ? »

« Heeei ? »

Il ne s’attendait pas à ce que la conversation revint vers lui. Shidou répondit de manière incohérente.

« Aujourd’hui, je porte un uniforme différent…Comment tu le trouves ? »

Ce genre de choses avaient déjà été remarqué au moment-même où ils s’étaient vu l’un l’autre. L’uniforme d’été du lycée Raizen allait à merveille sur Tohka. Belle à tel point que celui qui oserait le nier devrait être exécuté, on devrait commencer à remercier le climat du Japon pour cela.

« Oo, ooh…Il te va bien. »

« …Mu, c’est vrai ? »

Après que Tohka eut formulé ceci, les environs redevinrent silencieux une fois de plus.

Instantanément, un bip fut transmis dans son oreille.

« Hey, ce n’est pas bon du tout ! »

« Qu, Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Qu’est-ce qui ne va pas tu demandes ? Bien sûr que ça ne va pas. Qu’est-ce que tu fais Shidou ? L’entraînement a déjà commencé tu sais ? »

« Haa… ? Qu, Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Alors que Shidou baissa sa voix, Kotori soupira bruyamment.

« Je te l’ai déjà dit. La leçon d’aujourd’hui est d’empêcher la jalousie de Tohka… Shidou, puisque tu as déjà dit à Yoshino qu’elle était mignonne, pourquoi n’as-tu pas dit la même chose à Tohka ? »

« Heeei… ? »

Shidou laissa échapper un son stupide de sa bouche alors qu’il se remémorait son action précédente… Maintenant qu’elle le soulignait, hormis son « il te va bien », il n’avait rien dit qui ciblait directement sa personne.

« Ce, Ce n’était pas bien huh… ? »

« Bien sûr que ça ne l’était pas. Dire à une autre fille des mots flatteurs comme ‘tu es mignonne’ mais ne rien lui dire à elle… Même si elle n’y fait pas attention, son émotivité a légèrement chuté. »

« N, non, mais Tohka penserait ces… »

« Je te le dis. »

Kotori s’exprima sur un ton de réprimande.

« Même si Tohka est effectivement un Esprit et même si elle est clairement différente des humains de bien des manières, tu ne peux pas la traiter différemment sur ce genre de sujet. Sur ce point-là, Tohka est, après tout, juste une fille normale. »

« … »

En entendant ces mots, Shidou mordit durement ses lèvres.

Même s’il avait dit qu’il laisserait les Esprits mener une vie normale, il paraissait qu’à certains niveaux, il la considérait encore comme une existence spéciale.

Shidou serra fermement son poing, fit face à Tohka et dit :

« To, Tohka ! »

« Ou, Oui… !? »

Etait-ce dû à la soudaine augmentation de volume sonore ? Tohka parut avoir été effrayée par celui-ci, ses épaules tremblaient légèrement.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a Shidou ? »

« T, Tu es mignonne aussi ! »

« Hu…Hueh ? »

Tohka rougit, son corps se retourna.

Sans savoir pourquoi, le visage de Shidou commença à rougir également mais il n’en tint pas compte alors qu’il continua de parler.

« Aaa, mignonne ! Extrêmement mignonne ! Cet uniforme d’été te va à merveille ! Lorsque tu es sorti de l’immeuble tu m’as provoqué un choc ! Je ne pouvais plus te quitter des yeux ! Tout d’un coup, je ne pouvais plus parler ! Tu es tellement mignonne ! Tellement que je ne peux pas le décrire plus… »

A ce moment-là, Tohka utilisa ses mains pour couvrir la bouche de Shidou, empêchant les mots qu’il allait prononcer.

« Mu…mugu. »

« J’ai, j’ai bien compris alors temps mort. »

En disant cela, Tohka lui tourna rapidement le dos.

Juste à l’instant, il venait de dire ce qu’il avait vraiment sur le cœur… Mais, c’était peut-être un peu trop efficace. Alors que Shidou était en train d’y penser, des rires perçants lui arrivèrent depuis son communicateur.

« Pu…kuku, haha, ahahahahahahahahaha ! »

Inutile de tenter de deviner que le rire appartenait à Kotori. Shidou pouvait faiblement entendre des mouvements sur un siège. Il semblait qu’elle venait d’ajuster sa position.

« Très bien joué, Shidou. Exactement ce que ferait un idiot. »

« Tais…Tais-toi…Je le sais moi-même.»

Shidou marmonna, son front commença à transpirer.

« Mais, il semblerait que je l’ai rendue furieuse encore… Hey, Kotori, qu’est-ce que je devrais faire maintenant ? »

« Haa ? De quoi tu parles ? »

« Eh ? »

« Les émotions de Tohka sont grimpées rapidement et se sont arrêtées à leur état maximum. Tu l’as mis en état d’excitation totale. Pourquoi est-ce que tu ne lui parlerais pas en face pour voir son expression ? Ça risque d’être plus ou moins intéressant. »

« Ah… ? Qu, Quoi ? »

Shidou commença à poser des questions mais Kotori ne lui donna aucune réponse et poursuivit.

« Eh bien…Je ne vais pas te punir pour cette fois…Tch, c’est presque le moment de rappeler Yoshino. Tu vas être en retard si tu ne vas pas à l’école maintenant, tu sais ? »

Alors que Kotori dit ceci, Yoshino fit une profonde révérence.

« Au, Aujourd’hui, je dois…y aller maintenant. Prenez soin de vous…Shidou-san, Tohka-san. »

« Ooh, tu repasseras, d’accord ? »

« Nn…au revoir. »

Shidou et Tohka firent légèrement signe de la main. Yoshino refit une autre révérence et s’enfuit sur un son de *pata pata*.

« …Eh bien, allons-y maintenant, Tohka. »

« Nn, ouais. »

Shidou et Tohka commencèrent à marcher sur la route asphaltée ensemble…Mais…

« …Tohka ? Est-ce que tu peux attendre un instant ? »

En remarquant qu’il y avait quelque chose d’étrange dans le dos de Tohka, Shidou s’arrêta à sa suite.

C’est vrai…les vêtements de Tohka étaient l’uniforme d’été le plus cool. Ce qui voulait dire que normalement les sous-vêtements, – en particulier les bretelles des soutien-gorges,- auraient dû légèrement se voir. Mais…

« Nu ? Qu’est-ce qui ne vas pas ? »

« Tohka…Tu…Est-ce que tu as bien…mis cette…chose ? »

« ? Mettre quoi ? »

« …Un soutien, soutien-gorge. »

Shidou marmonna faiblement ce mot. Mais Tohka inclina sa tête sur le côté avec une expression incrédule.

« Soutien-gorge ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« … ! »

Shidou retint son souffle, au même moment il poussa Tohka par le dos dans l’immeuble.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a Shidou ? »

« Ce n’est pas quelque chose où tu peux juste dire ‘qu’est-ce qu’il y a’ !! Tu…ne me dis pas que tu n’en as jamais porté pendant tout ce temps !? »

« Co, Comme je te l’ai dit, qu’est-ce que c’est !? »

« … ! »

Shidou tapota le communicateur dans son oreille. Peu après, la voix de Kotori se fit entendre.

« Aaa, eh bien, même si je lui ai dit que nous les avions préparés…il semblerait qu’elle ne sût même pas à quoi ils servent, initialement. »

« Maintenant c’est le bon moment pour ça ! Ça passerait encore si c’était l’uniforme d’hiver mais si ça continue comme ça… ! »

« Ouais, ils doivent être dans le compartiment le plus haut du placard de Tohka. Pourquoi est-ce que tu ne lui expliquerais pas comment les porter ? »

« M, Moi… !? »

« Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre dans les alentours ? En plus, tu vas être en retard si tu ne te dépêche pas. »

« …Aaargh, putain… »

Shidou, avec toute sa détermination, se tourna en direction de Tohka.

« Tohka, est-ce que tu peux m’amener dans ta chambre… !? »

« Nu… ? Aaa, c’est d’accord, je pense… »

Il fut mené dans sa chambre par une Tohka apparemment troublée. Peut-être était-ce par prudence, mais avant d’entrer dans la chambre, ils passèrent par 3 épaisseurs de murs qui étaient extrêmement proches de ceux des coffres de banques. Il semblait que l’espace habitable de l’appartement n’était pas aussi grand qu’il paraissait depuis l’extérieur.

« Ici. »

En disant cela, Tohka ouvrit la porte. L’agencement intérieur était à peu près le même que celui d’un appartement normal. Shidou ferma la porte non sans avoir regardé, auparavant, le long du couloir.

« Très, Très bien, ensuite est-ce que tu pourrais me prendre les objets dans le compartiment le plus haut de ton placard ? »

« Nu… ? J’y vais. »

Tohka enleva ses chaussures tout en penchant sa tête, elle suivit les instructions de Shidou et lui apporta un soutien-gorge rose clair.

« Est-ce que ça va celui-là ? »

« Erm, aa, aaaa… »

Avec son expérience des sous-vêtements des filles de son âge au point zéro, Shidou fit signe à Tohka avec un visage tout rouge.

« Très, Très bien Tohka, mets ça sur… »

Même s’il était certain que personne ne l’aurait entendu, Shidou se sentit tout de même très embarrassé cependant qu’il baissa sa voix.

En même temps, la méthode pour porter un soutien-gorge lui fut soufflée à travers son communicateur, le visage de Tohka devint rouge betterave.

« Quoi… ! Qu’est-ce, qu’est-ce, qu’est-ce que tu dis Shidou… !? »

Alors que Shidou continua, Tohka leva en l’air le soutien-gorge avec ses deux mains et le fixa.

« Mettre ceci…sur mes seins…directement… ? »

« Aaa, c’est ça. »

« Mu, muu…Est-ce que je dois le mettre ? »

« …C’est ça. Cela pourrait…être un problème si tu ne le fais pas. »

« En quoi est-ce que ce serait un problème ? »

« Non…Ça irait comme maintenant mais s’il se met à pleuvoir…ça pourrait… »

Peu après, après qu’elle parût comprendre ce que Shidou voulait dire par ces mots, le visage de Tohka déjà rouge devint encore plus rouge. Si c’était un manga, de la fumée lui serait probablement sortie des oreilles à l’instant.

« A qu…quoi est-ce que tu penses !? »

S’écria Tohka tout en couvrant sa poitrine avec ses mains.

« C’est, C’est pourquoi je t’ai dit de le mettre ! »

Après cela, Tohka fixa le soutien-gorge une fois de plus tout en grommelant *Umu*.

« Je, Je le sais déjà. Je vais le porter pour toi … »

Hochant de la tête avec des oreilles rouges, elle courut dans le couloir avec un son de *pata pata*.

« Haaa…c’était vraiment limite. »

*Fuuu*, Shidou souffla avec soulagement.

…Néanmoins, après quelques minutes, Tohka réapparut dans le couloir encore plus rouge.

« Shi, Shidou…c’est bon comme ça ? »

En finissant de prononcer ces mots, Tohka s’avança tremblotante.

Sans savoir pourquoi, la chemise, qui avait été enlevée, se retrouvait maintenant à l’envers.

« Tohka…Qu’est-ce qu’il y a avec ton apparence ? »

« Ce, comment tu l’accroches… ? »

« Aaah… »

Avec simplement une phrase, Shidou comprit immédiatement la raison de cette situation.

C’était la première fois qu’elle portait un soutien-gorge après tout. Tenter de l’accrocher soi-même avait dû être trop difficile.

C’est alors que Shidou pensa frénétiquement à une manière…

« C’en est assez d’essayer de réfléchir, va-y et donne-lui un coup de main. »

Kotori formula ces mots comme si c’était une corvée, les joues de Shidou convulsèrent plusieurs fois.

Bien qu’il veuille rétorquer quelque chose en retour…il n’y avait pas d’autres alternatives. Shidou avala sa salive, ouvrit ses lèvres tremblantes et dit :

« Je vais…Je vais l’accrocher pour toi, tourne-toi. »

« Quo… »

Tohka le regarda avec de grand yeux, elle échoua à trouver une autre méthode, elle était comme lui sur ce point-là. Après quelques hésitations, Tohka se tourna lentement, elle présenta son dos à Shidou.

Par l’ouverture de la chemise déboutonnée, il vit son magnifique dos. Shidou ne put s’empêcher d’engloutir.

« Ne, Ne te contente pas de me regarder… »

Tohka gênée tourna son visage, elle utilisait ses mains pour tenir ses épaules, comme si la chemise allait tomber immédiatement.

Shidou secoua violemment sa tête.

« Je, Je comprends… »

En même temps, de la sueur ruissela le long des joues de Shidou, il marmonna ‘on ne peut rien y faire, on ne peut rien y faire’ tout en utilisant ses doigts tremblants pour accrocher le soutien-gorge. En même temps…

…La prochaine fois, je vais lui en acheter un avec une fermeture à l’avant

Shidou décida fermement de cela en son for intérieur.

« Muuu…Je me sens mal à l’aise avec ça. »

« …Supporte-le. C’est comme ça. »

« Mu, muuuu. »

Tohka semblait différente alors qu’elle se tourna. Shidou soutint son front qui n’avait pas encore refroidi et soupira.

C’est ainsi qu’environ dix minutes s’écoulèrent en silence.

Shidou et Tohka, qui venaient d’arriver à un carrefour, semblaient avoir entendu les bruits de pas de quelqu’un qui courait vers eux.

« Eh ? »

Les sourcils de Shidou se levèrent alors qu’il se tourna en direction du bruit…mais c’était déjà trop tard.

Venu de la gauche, une fille, qui paraissait être une lycéenne, tenait en bouche une tranche de pain et…

« Je suis en retard ! Je suis en retard~ ! »

En disant ces mots, que même les shoujos mangas modernes ont laissé tomber, elle arrivait sur eux à une vitesse effrayante. Entre parenthèse, même si elle avait en bouche un toast, la prononciation de ces mots était parfaite.

« Quoi… ! »

L’intention d’esquiver se fit présente mais c’était trop tard. Shidou fut heurté par la lycéenne et tomba sur les fesses.

« Aa…Ow ow ow. »

« Es, Est-ce que tu vas bien, Shidou… ! »

Tohka s’accroupit rapidement et demanda-t-elle au concerné.

« Ouais, je vais bien mais… »

Shidou tapota son postérieur alors qu’il se releva, il se tourna en direction de la fille qui l’avait renversé. Si Shidou, en tant qu’homme, avait senti si durement la force de l’impact, cela avait dû être insupportable pour une fille.

« Ca…fait mal ! »

Comme on pouvait s’y attendre, la fille, à une distance proche d’eux, laissa échapper ces mots. Néanmoins…

« Nnwha… »

Le visage de Shidou devint rouge, ses épaules tremblèrent.

C’était totalement incompréhensible, la fille, qui était tombée au sol, avait magnifiquement retourné sa jupe, révélant ses fesses à Shidou.

…Je ne sais pas pourquoi mais il parut que lorsqu’elle tombât, elle avait profité de l’opportunité pour relever sa jupe au sein de ce chaos.

« …Kya !? »

Mais les suspicions de Shidou furent instantanément soufflées par le cri de la fille.

La fille couvrit hâtivement ses sous-vêtements et regarda Shidou avec des joues toutes rouges.

« Est-ce, Est-ce que tu l’as vue !? »

« Non, non, ce… »

Alors que Shidou était troublé par savoir comment répondre, elle se releva lentement et marcha vers lui.

« J’ai été vue par un garçon comme ça…Maintenant, je ne pourrais plus me marier ! »

« Haaa… !? Non, ce… »

A ce stade, la fille appuya soudainement son corps contre celui de Shidou.

« Hyiii… !? »

« Quo… ! »

Non seulement Shidou, mais également Tohka resta sans voix.

Mais, la fille n’y prêta pas attention, elle utilisa ses doigts pour dessiner des cercles sur la poitrine de Shidou et poursuivit :

« Est-ce que…vous allez prendre vos responsabilités ? »

« Eh, non, même si vous dites ça… »

De la transpiration s’écoulait le long de son visage, Shidou porta son regard ailleurs. Aaa, le temps était si chaud. Si chaud, si chaud…

« Tu, tu n’as toujours pas lâché prise ! »

A l’instant où Tohka voulut attraper les épaules de la fille, cette dernière esquiva légèrement, s’éloignant de Shidou.

« S’il-vous-plaît, prenez un peu de temps pour reconsidérer la question ! …Qu’est-ce qui…se passerait ensuite… »

Après avoir dit cela, sans raison, elle s’enfuit dans la direction de laquelle elle venait.

Tohka, après l’avoir regardée, resta figée pendant un instant. *Uu…*, elle fit la moue avec ses lèvres et regarda en direction de Shidou.

« Qu, Qu’est-ce qu’il y a…Tohka ? »

« …Rien, c’est rien. »

Tohka se retourna et marcha en direction de l’école.

« Attends, hey, Tohka… »

A ce moment, le communicateur dans son oreille droite commença à biper.

« Shidou. Tu sors! »

« Quo… ? »

Shidou leva ses sourcils et suivit ce qui était un signe d’impatience de Kotori.

« Shidou, qu’est-ce que tu as fait ? En disant ça, c’était définitivement pas un non. Tu ne peux pas laisser Tohka piquer une colère. »

A ce stade, Shidou comprit finalement la situation.

« Ne, Ne me dis pas que cette fille était…une employée de <Ratatoskr>… !? »

« Correct. Une de nos agents. Pourquoi, ne me dis pas que tu es déçu ? »

« …Guwuaa. »

Le visage de Shidou eut des mouvements convulsifs alors qu’il tira ses cheveux.

« Aa…aa, pourquoi est-ce que tu n’as pas de méthode plus pacifique pour gérer ça… ou pour correctement faire quelque chose qui sauve la situation. »

« Sau, Sauver ? »

« Oui, tiens-lui gentiment les épaules, chuchote-lui doucement à l’oreille : ‘Ne t’énerves pas, je ne suis pas intéressé par d’autres filles que toi…’ ou quelque chose comme ça. »

« Est-ce seulement possible… ! Et tout d’abord, pourquoi est-ce ça la ferait se sentir mieux ? »

« Hehe, ne dis pas ça, ça va fonctionner. Tu as oublié tout à l’heure ? Les filles aiment entendre de belles choses à propos d’elles-mêmes. »

« Guh… »

« Très bien, très bien. Plus important, est-ce que tu es d’accord sur le fait de rester planté là comme un idiot ? La silhouette de Tohka est déjà loin maintenant. »

« ! Ha… »

Les épaules de Shidou eurent une secousse, il déplaça sa ligne de vue en face de lui. Mais, la forme de Tohka avait déjà disparue.

« Oh non… »

Il se mit à courir frénétiquement et, étonnamment, il aperçut rapidement Tohka.

Comme si elle se cachait à l’angle de la rue, Tohka se tenait là avec ses joues légèrement gonflées.

« Toh, Tohka… »

« … Nn. Allons-y, Shidou ! »

Il semblait qu’elle attendait Shidou mais son ton de voix mécontent n’avait pas encore disparut.

« Oooh, d’accord… »

Shidou eut une courte réponse, son cerveau se mit à penser furieusement.

Après un profond engloutissement, sa détermination était de disposer ses bras atour des épaules de Tohka… C’était supposé être un plan.

Mais, il semblait qu’il n’eut pas le courage de l’appliquer.

Tapotant légèrement l’épaule de Tohka, elle se retourna et il dit :

« Ne, Ne, Ne t’énerves pas, je, je ne suis pas intéressé par d’autres filles que toi… ? »

Il n’avait rien à perdre à le dire, Shidou suivit les instructions et les mit en application.

« … ! »

Lorsque Shidou eut finit, Tohka écarquilla grand ses yeux et le fixa.

« Tu, qu’est-ce que, qu’est-ce que, qu’est-ce que tu viens de dire, Shidou…. !? »

« No, Non…dé, désolé, oublie ça tu veux. »

En même temps qu’il reçut la réponse de Tohka, il se sentit si gêné qu’il voulut mourir. Shidou agita sa main en essayant de cacher ce sentiment.

« Mu…muuu. »

Sans raison, Tohka marmonna doucement et, une fois de plus, commença à marcher…

…mais, c’était comme si ses pas étaient plus léger qu’auparavant.

De la résidence Itsuka au lycée Raizen il y avait une distance de marche de 30 minutes.

Si c’était comme d’habitude, Shidou serait arrivé à l’école à environ 8 heures…Mais, puisqu’il avait attendu Tohka et à cause de divers incidents qui eurent lieu, ils étaient tous deux légèrement en retard.

Les aiguilles de la montre située à l’extérieur de l’école pointaient les 8 heures 20. Il y avait encore dix minutes avant l’appel du matin.

« …Nous allons être en retard à moins de nous dépêcher. »

« Nn, tu as raison. »

En disant ces mots, ils franchirent l’entrée. A cet instant…

« Itsuka-senpai ! »

Une fille attendait à l’entrée, elle semblait être une étudiante de première année, elle avait appelé Shidou.

« Eh…moi ? »

« Oui… »

Elle semblait mal à l’aise et tendit timidement une lettre à Shidou.

« J’ai toujours aimé Senpai ! S’il-vous-plait, lisez-la ? »

« Ha…Haaa !? »

Shidou fixa la fille qui se tenait devant lui. Cette enveloppe était scellée par un cœur.

Elle semblait être une lettre d’amour à l’ancienne mode.

« Une…lettre d’amour… !? »

Son corps trembla. Shidou fit un pas en arrière.

…Mais, assez rapidement, il remarqua quelque chose. Il y avait une bonne raison pour que de tels events[5] se produisent, elle devait sûrement être un des membres de <Ratatoskr>.

Si je ne la repousse pas fermement, sans aucun doute, la sonnerie retentira comme la dernière fois et je serai contraint de subir la punition.

Shidou avala sa salive, prit l’enveloppe et avait l’intention de la réduire en morceaux… Néanmoins, en regardant les yeux en pleurs de la fille, il ne put s’empêcher de s’arrêter.

…Même si je sais que c’est un des membres du personnel, cela va à l’encontre de mes convictions de faire cela.

Shidou rendit la lettre à la fille et secoua sa tête.

« Dé, Désolé. Je n’ai pas la capacité de répondre à vos attentes… »

Aussitôt que Shidou eut fini, l’expression de la fille parut comme si elle allait éclater en sanglots.

« C’est…c’est vrai. Je suis désolée d’avoir été si directe… ! »

La fille se retourna rapidement et s’enfuit à travers le couloir.

« Ara ara. C’est regrettable ! »

« Humph, qui tomberait dans un piège si évident ? »

« …Bien que nous ayons planifié un event lettre d’amour, notre personnel n’es pas encore passé à l’action, tu sais ? »

« Eh ? »

Le visage de Shidou convulsa involontairement.

C’est ainsi que Shidou regarda autour de lui avec une expression embarrassée et aperçu une autre fille. Exactement comme la précédente, elle avait une lettre d’amour entre ses mains.

« C-Celle-ci est… »

« Un de nos membres. »

« Alors, alors l’autre fille était ? »

« Accepter la lettre d’amour d’une kouhai[6], cette chance unique dans une vie vient de t’échapper. Ça a dû être dur pour toi de rejeter cette lettre d’amour. »

« … »

Shidou regarda autour de lui sans voix.

… ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Je ne comprends pas.

« Eh bien, au moins tu n’as pas reçu cette confession en face de Tohka, c’est pourquoi c’est sans danger. »

« …Est, est-ce vrai ? »

Shidou répondit avec un ton de voix creux.

« ? Est-ce que cette fille à l’instant te voulait quelque chose, Shidou ? »

La voix incrédule de Tohka vint de derrière lui. Shidou secoua hâtivement sa tête.

« Non…c’est, c’est rien. »

A cet instant, il entendit à nouveau la voix de Kotori.

« Mais, ça veut dire que la punition d’aujourd’hui ne pourra pas déjà être utilisé. Dommage. »

« … Qu’est-ce que tu as prévu de me faire si j’échoue ? »

« Nn… ? J’ai intention de diffuser tes photos de l’époque où tu mettais du gel dans les cheveux et où tu utilisais partout en ville des expressions du genre ‘Est-ce que je ne suis pas stylé comme ça ?’ »

« Ne les diffuse pas ! »

« Alors, c’est également l’heure pour moi de me rendre dans ma salle de classe, le moment est venu d’aller à l’école. Sur ce, n’oublies pas les cours d’aujourd’hui. »

Sur cette dernière phrase, la communication fut interrompue.

« Vraiment… »

Shidou fit coulisser la porte et entra dans la salle de classe. Son camarade de classe Tonomachi Hiroto écrivait quelque chose sur le tableau proche de l’entrée tout en regardant Shidou.

« Aa… ? Je me demandais pourquoi tu arrivais plus tard que d’habitude, alors c’était bien parce que tu étais avec Tohka-chan. U…wa, u…wa. »

Il dit cela avec un visage triste, la craie dans sa main traçait un aiaigasa[7]. Bien sûr, les noms présents étaient ceux d’Itsuka et de Yatogami.

« Est-ce que tu te crois à l’école primaire ? »

Shidou rit sèchement.

Néanmoins, Tohka afficha une expression extrêmement déconcertée, regardant tour à tour Shidou et Tonomachi.

« Mu…muuu, nous ne pouvons pas aller à l’école ensemble… ? Je ne savais pas qu’il y avait une telle règle… »

Tonomachi agita ses mains paniqué, comme s’il tentait d’effacer les mots sur le tableau.

« Ce, c’est pas vraiment ça… Comment ça pourrait l’être, Tohka-chan ? Ça peut être considéré comme un modèle de perfection…ou devrais-je dire que c’est quelque chose de semblable à une explosion riajuu[8]… »

En réponse à l’explication de Tonomachi, Tohka ouvrit grand ses yeux.

« Riajuu ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Aaa…c’est quelqu’un, comme Shidou, qui ne souffre pas d’un manque de filles, un Putain de Gentil Garçon. »

« Hey… »

Shidou fixa Tonomachi du coin de l’œil. Mais ce dernier ne recula pas de peur, il afficha à la place un large sourire.

« Mu, c’est vrai ? Mais…C’est choquant. Si Shidou venait à exploser, je serais… extrêmement triste. Est-ce que tu ne peux pas faire quelque chose pour ça ? »

Sans aucun sens du sarcasme ou d’humour, Tohka venait de prononcer ces mots.

Sous ce regard innocent, Tonomachi…

« Mau…Maudit sois-tu ! »

Il cria cela d’une voix forte avant de s’en aller en courant dans le couloir.

« Waah, Qu’est-ce, Tonomachi, il… »

« Eh bien, oublie ça, n’y prête pas attention. Il reviendra bientôt. »

En formulant ces mots, Shidou se dirigea vers sa place au second rang.

Il jeta un regard à la place sur sa gauche et, comme d’habitude, une jolie fille y était assise.

La peau pâle avec une expression de poupée, elle semblait dégager une atmosphère qui ne semblait pas appartenir à ce monde.

« Bon, Bonjour…Tobiichi. »

« … »

Quelle horrible pression.

« …jour, Origami. »

« Bonjour, Shidou. »

Alors qu’il allait se répéter une fois de plus, la fille…Tobiichi Origami répondit et acquiesça de la tête.

L’habituel salut glacial. Néanmoins, aujourd’hui ça n’allait pas s’arrêter là.

Origami regarda par-dessus les épaules de Shidou et identifia le visage de Tohka, elle avait un regard perçant.

« Vous êtes venus tous les deux ensemble à l’école ? »

« Eh ? Aa, aaah…c’est, c’est vrai. »

« Est-ce vrai ? »

Sans montrer aucune expression, il n’y avait aucune différence de ton entre les deux questions. Alors, pourquoi y avait-il un sentiment d’écrasante pression ?

« …Nu ? »

C’était impossible de ne pas remarquer une telle atmosphère. Depuis la place à la droite de Shidou, Tohka regarda Origami après avoir posé son bento et son sac.

« Qu’est-ce que, est-ce que tu veux quelque chose ? »

« Pas vraiment. »

« …Humph. »

Sans cacher son mécontentement, Tohka émit ce son-là.

C’est vrai, généralement Tohka ne traitait personne avec hostilité… Mais cette fille-là était spéciale.

On ne pouvait vraiment rien y faire.

Origami appartenait à l’unité AST du JGSDF…Ce qui revenait à dire, les humains qui ont prévu de détruire les Esprits comme Tohka par l’usage de la force militaire.

Et, pour dire les choses honnêtement, avant que Shidou ne scellât les pouvoirs de Tohka, elles eurent une bataille acharnée l’une l’autre.

Qui plus est, les parents d’Origami avaient été tués par un Esprit, elle avait donc une hostilité anormale et une haine envers ces derniers. On ne pouvait empêcher le fait qu’elles ne s’entendent pas bien.

A cet instant précis, la sonnerie retentit à travers les haut-parleurs.

« … ! Très, Très bien, les cours commencent ! Tohka, assieds-toi correctement, d’accord !? »

« Nu ? Uu, umu… »

Tohka s’assit prestement à sa place.

Shidou fit de même et, en même temps, il remercia intérieurement le ciel.

Les étudiants dispersés revinrent progressivement à leurs places. Pour note, Tonomachi s’était également faufilé dans la salle de cours par la porte à l’arrière de la salle. C’est un homme surprenamment respectueux des règles.

Peu de temps après, la porte de la salle s’ouvrit. Une femme aux cheveux courts portant des lunettes s’avança.

Elle ressemblait indubitablement à une étudiante mais c’était bel et bien un professeur en chair et en os. Okamine Tamae, vingt-neuf ans (surnom : Tama-chan).

« Très bien, bonjour tout le monde. »

Après avoir fait les salutations d’usage, Tama-chan-sensei sortit le cahier d’appel…et s’arrêta soudainement.

« Aaa, c’est vrai. Il y a quelque chose que je dois vous dire. »

Après cela, elle sonda la salle de classe, pleine de bavardages, avec des yeux qui semblaient vouloir dire autre chose.

« Huhu, bien, cette classe va avoir un nouvel étudiant transféré ! »

Après une courte pause, Tama-chan-sensei venait de prononcer ces mots. Instantanément, dans la salle de classe s’éleva un *OOOOOOOOOOHHHH*.

C’était compréhensible.

Après tout lorsqu’on parle d’étudiants transférés, ils sont un des évènements majeurs de la vie d’un campus. Honnêtement parlant, lorsque Tohka était venue en classe la première fois, tout le monde était si excité.

« …Nn ? »

A ce moment-là, Shidou secoua la tête.

Tohka avait été transférée (disons les choses comme ça pour le moment) à peine quelques mois plus tôt, pourquoi y aurait-il un nouvel étudiant dans cette classe ?

Ces pensées remontèrent à la surface dans la tête de Shidou.

En plus, le nombre d’étudiants ne devait pas être inférieur à celui des autres classes.

« Eh bien, entrez s’il-vous-plaît… »

Le cours des pensées de Shidou fut interrompu par la voix sympathique de Tama-chan-sensei.

La porte s’ouvrit lentement et l’étudiant transféré entra dans la salle de classe.

Immédiatement, la classe tomba dans un silence total.

Une jeune femme apparut. Même si c’était une journée chaude, elle portait encore la veste de son uniforme d’hiver et des collants noirs.

Telle une ombre, description qui lui convenait bien.

Elle avait des cheveux totalement noirs, sa frange couvrait le côté gauche de son visage, mis à part son œil droit rien ne pouvait être aperçu.

Mais, ce n’était pas que cela, cette fille était comme Tohka, – un Esprit possédant une beauté innommable,- cette dernière ayant une attraction coquette qui n’était en rien inférieure.

*Gu*, le son des engloutissements de tout le monde atteignit les oreilles de Shidou.

« A présent, vous pouvez vous présenter, s’il-vous-plait. »

« Nn. »

Sous les encouragements de Tama-cha, la fille hocha de la tête avec un mouvement gracieux, tout en prenant la craie avec ses mains.

Sur le tableau, elle écrivit son nom avec une calligraphie élégante : Tokisaki Kurumi.

« Mon nom est Tokisaki Kurumi. »

Puis, en parlant bien fort, la fille continua de la sorte :

« Je suis un Esprit. »

« … !? »

Ce nom…

Shidou eut une impression étrange, comme si son cœur avait été férocement écrasé.

Au sein du chahut des étudiants, seuls Tohka et Origami eurent une réaction similaire à la sienne.

Peut-être que Kurumi avait elle aussi remarqué ce fait, depuis un moment, elle s’était tournée vers Shidou et souriait.

« …Sss. »

« Eh…eheh. Très…bien ! C’était une présentation qui ne manquait franchement pas d’impact ! »

Peut-être en ayant remarqué que Kurumi ne souhaitait pas continuer, Tama-chan *Pa !* frappa des mains pour indiquer que c’était la fin de la présentation.

« Eh bien, Tokisaki-san, voudriez-vous bien prendre place là-bas, s’il-vous-plait ? »

« Nn. Mais, avant cela, j’ai une faveur à demander d’abord. »

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? »

Alors que Tama-chan-sensei demanda cela, Kurumi leva un unique doigt.

« En raison de mon récent transfert, je ne suis pas encore habituée à cette école. Ce serait bien, même si c’est après les cours, si quelqu’un pouvait me faire visiter le campus. »

« Aa, bien. C’est vrai…Est-ce que le délégué de classe peut… »

Néanmoins, Kurumi commença à marcher pendant la phrase du professeur, elle s’arrêta devant le bureau de Shidou.

« Hey…Est-ce que je peux te demander ton aide, Shidou-san ? »

« Eh… »

Shidou, face à cet enchaînement d’évènements inattendus, ne pouvait que la scruter stupéfait avec des yeux devenant ronds.

« M, Moi… ? Et comment diable connais-tu mon nom ? »

« Tu ne peux pas… ? »

Kurumi eut un regard extrêmement blessé, affichant l’expression de quelqu’un sur le point de pleurer si elle était rejetée.

« N, Non, ce genre de choses… »

« C’est une promesse alors. Je te remercie, Shidou-san. »

Kurumi afficha un léger sourire, sous le regard médusé de la classe, elle commença à se diriger à pas légers vers la place qui lui avait été désignée.

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