Date a Live – Tome 3 Chapitre 5

« Reine. »

Sur le pont du <Fraxinus>, Kotori appela Reine qui était assise non loin du siège du commandant.

Néanmoins, elle ne donna pas de réponse. Kotori jeta un œil curieux du côté de celle-ci… puis secoua la tête.

Pour quelque raison, sur l’écran à côté d’elle, était affiché le visage de Mana, l’image avait zoomé dessus. Reine avait une expression complexe alors qu’elle fixait celle-ci.

« Reine ? Quelque chose cloche avec Mana ? »

« … ! »

A cet instant, Reine sembla finalement réaliser la présence de Kotori ; elle la regarda avec ses yeux aux cernes noirs.

« … Kotori, huh… Nn, il y a quelque chose. »

Sur ces mots, elle prit les contrôles d’une main experte. Après quoi, l’image s’éloigna, le visage de Mana rétrécit à l’écran.

« …Mis à part ça, comment va Shin ? »

« Nn… Il est simplement un peu mal à l’aise, mais il devrait aller mieux après avoir parlé à Tohka. »

« … Vraiment ? »

Reine acquiesça légèrement et leva soudainement sa tête.

« … Aaah, c’est vrai. L’analyse que tu as demandée est déjà terminée. »

Suite aux paroles de Reine, les sourcils de Kotori se levèrent.

Quelques jours auparavant, elle lui avait confié un cheveu de Mana ainsi qu’un échantillon de sa salive afin qu’elle menât un examen d’ADN.

« Alors… quel est le résultat ? »

« … Nn, Mana est sans aucun doute la sœur biologique de Shidou. »

« … Vr, vraiment… ? »

Kotori avala vigoureusement sa salive tout en caressant sa poitrine avec sa main.

Même si ce n’était pas inattendu… elle ressentait quand même de l’embarras.

« Sa vraie… sœur, huh. Alors pourquoi cette fille est du côté de l’AST… »

« … Tu as tort. »

Avait dit Reine, comme si elle essayait d’interrompre Kotori.

« … J’ai mené quelques investigations de mon côté, il semblerait que ce n’est pas le cas du tout. »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« … Elle n’est absolument pas membre des forces d’autodéfense, mais un membre transféré des industries DEM. »

« … Les industries DEM[1]… ? »

C’est une société fondée en Angleterre qui est devenue une des plus importantes au monde… Mis à part la matrice de <Ratatoskr>, c’est la seule industrie connue capable de produire des unités Realizer. On peut dire que toutes unités Realizer équipant les militaires et les forces de polices du monde, y compris les Forces d’Autodéfense, ont été fabriquées par DEM.

C’est à cause de leur enthousiasme à traquer les Esprits qu’ils sont considérés comme des rivaux économiques de <Ratatoskr>, société à laquelle appartient Kotori.

Bien entendu, ils ont également des magiciens capables d’utiliser les CR-Units… Néanmoins, on dit que leur expérience de la manutention dépasse de loin celles des forces spéciales des différents pays.

« Attends une seconde. C’est encore plus confus. La sœur de Shidou, pourquoi serait-elle une des magiciennes de DEM ? »

« … Je ne suis pas certaine de ça. Néanmoins… »

Reine s’interrompit soudainement, grinça des dents et serra son poing comme si elle était furieuse.

Kotori sourcilla sous le coup de la surprise. Même si elles avaient travaillé ensemble depuis un bon moment… c’était la première fois qu’elle la voyait ainsi.

« Qu’est-ce qui se passe exactement ? »

« … Jette un œil à ça. »

Sur ces mots, Reine manipula les commandes une fois de plus, l’écran montra le visage de Mana ainsi que des valeurs numériques détaillées.

« … C’est… »

« Aaah, son corps tout entier a été remodelé par magie. Ça doit être l’origine de sa force surnaturelle. Néanmoins, il y a un prix fort à payer pour cela. J’ai bien peur qu’elle ne sera pas en mesure de vivre plus d’une dizaine d’années. »

« … Quoi, c’est… »

A la base, le Realizer développé par les industries DEM n’était pas parfait. A cause du niveau de traitement du cœur nucléaire de calcul, incapable de suivre, ils n’ont eu d’autre choix que de compenser l’utilisation du cerveau humain.

Pour accroître les longueurs d’ondes du cerveau, c’était indispensable d’implanter des petits appareils dans celui-ci. Origami et le reste de l’AST font de même, il devrait y avoir une protubérance comme une corne au milieu de leurs cheveux.

Toutefois… le corps de Mana a déjà largement dépassé ce genre de stade.

Ça revient… à dire que son corps est devenu similaire à celui d’un Esprit.

« … Je ne suis pas sûre de quel genre de processus de pensée elle possède, puisqu’elle a subi ce genre de traitement. Mais… je pense que c’est mieux de ne rien dire à Shin… pour le moment. »

Venait de dire Reine avec une intonation ajoutée. Kotori engloutit violemment tout en se mordant la lèvre.

Le lendemain, Shidou marchait dans la salle de classe et vit que Kurumi était déjà assise à sa place.

Une indéniable anomalie. Même s’il avait déjà expérimenté cela une fois, comme on aurait pu s’y attendre, c’était toujours désagréable… Une fille, qui était censée être morte, assistant au cours avec une expression comme si de rien n’était…

Kurumi reconnut le visage de Shidou et révéla un sourire paisible et arqué.

« Ara, Shidou-san. Bonjour à toi. »

Cette apparence n’avait rien de comparable à celle de la veille.

S’il venait à dire que la veille, dans une ruelle, cette même fille avait eu ses deux jambes et son estomac perforés, ainsi que sa tête décapitée, Shidou aurait certainement été suspecté d’instabilité mentale.

« … Bon, bonjour. »

Toutefois, il n’aurait pas dû être surpris de tout cela. C’était une situation à laquelle il s’était déjà préparé. Shidou répondit silencieusement par un salut.

« J’étais très contente hier. Tu devrais m’inviter à sortir de nouveau. »

« Vraiment… ? Contente, huh. »

« Nn, extrêmement. »

Kurumi, une fois de plus, sourit. Parlait-elle de son rendez-vous avec Shidou, ou parlait-elle de l’incident de la ruelle ? Shidou était incapable de savoir lequel.

Elle remarqua probablement que Shidou réfléchissait à ce propos, aussi poursuivit-elle en arborant son sourire adorable.

« Mais, j’ai été très surprise là-bas. »

« … ? A quel propos ? »

Demanda Shidou en guise de réponse. Kurumi plissa ses yeux en retour.

« Je pensais que tu demanderais une autorisation d’absence pour aujourd’hui. »

Immédiatement, il resta sans voix. Néanmoins, il la recouvra rapidement et répondit :

« Eh bien, je suis… vraiment désolé à ce propos. Ça aurait mieux que je ne vienne pas à l’école ? »

Kurumi répondit avec un sourire innocent sur son visage :

« Non, tu es venu à l’école comme un gentil garçon, je suis vraiment contente. »

Shidou tapota son torse comme s’il essayait de contrôler les battements de son cœur, puis il alla directement vers elle.

« … Kurumi. »

« Qu’y a-t-il ? »

« J’ai… décidé de te sauver. »

« … ? Sauver ? »

Au moment-même où il eut fini sa phrase, l’expression de Kurumi perdit soudainement toute sa cordialité.

« Tu as dit vraiment quelque chose d’étrange, Shidou-san. »

« Ça suffit, ce genre de choses… Je ne te laisserai plus tuer des humains et je ne laisserais plus Mana te tuer. C’est ma conclusion sur ce qui s’est passé hier. »

«  S’il te plait, n’impose pas tes valeurs aux autres. Je déteste ce genre de pensées irréalistes. »

« Vraiment. C’est dommage… Je suis vraiment désolé mais j’ai déjà décidé. Je vais te sauver. Tu seras sauvée par moi. Peu importe les circonstances, vraiment. »

Lorsque Shidou acheva sa proclamation, Kurumi sourcilla violemment.

Quelques temps plus tard, elle arbora une expression comme si elle pensait à quelque chose, après quoi elle s’exprima de la sorte :

« … Eh bien, que tu disses vrai ou faux, mettons ça à l’épreuve. »

« Ah… ? »

« Aujourd’hui après l’école, retrouve-moi sur le toit. »

Kurumi le quitta sur ces mots, elle porta son regard loin de Shidou.

Kurumi se tenait sur le toit du lycée Raizen et produisait de petits bruits de pas en même temps qu’elle souriait.

C’était une bonne journée sans aucun nuage dans le ciel. Les puissants rayons du soleil d’été frappaient le corps de Kurumi et projetaient une ombre complètement noire sur le sol.

Il était plus ou moins 9h10. Puisque le premier cours avait déjà commencé, la mélodie qui résonnait à travers toute l’école diminua. A sa place, une flopée de sons d’instruments provint de la salle de musique ainsi que le bruit des balles rebondissant dans le gymnase. Kurumi commença à marcher sur ce rythme comme si elle dansait. Ce faisant, elle traça un cercle au sol et tourna constamment encore et encore.

« Ce serait bien si je pouvais profiter encore plus longtemps de la vie d’étudiant avec Shidou-san… »

Si quelqu’un regardait la scène depuis le ciel, il aurait probablement remarqué quelque chose qui cloche.

La zone où elle marchait devenait sombre.

Oui… c’était comme si l’ombre projetée par elle pendant ses mouvements ne quittait jamais complétement les lieux.

« C’est presque l’heure. »

Puis un son de *Ka !*. Ses chaussures claquèrent sur le sol.

Suite à quoi, le cercle de ténèbres, au centre du toit, commença à s’agrandir.

Il engloba tout le toit, recouvrit les murs d’enceinte de l’école, engloutit le hall d’entrée, puis, peu de temps après, il recouvrit tout une partie de la cité avec le lycée pour centre.

« … Kihihi, hihihi. »

Ses lèvres se tordirent en forme de croissant alors qu’elle laissa échapper ce rire.

« Aaah, aah, Shidou-san. Shidou-san. Mon cher Shidou-san. Avec tout cela, tu as toujours l’intention de me sauver? Tu as toujours l’intention de m’aider ? »

« Nn… ? »

Pendant la première leçon, le cours sur l’Histoire Mondiale, Shidou regarda soudainement par la fenêtre.

D’une certaine façon, c’était comme si les alentours étaient devenus plus sombres, il pensa que c’était à cause des nuages dans le ciel.

Néanmoins, on pouvait voir par la fenêtre que celui-ci était dégagé. Pas un nuage ou une ombre ne pouvait être vu.

« … Ne me dis pas… »

Il se tourna rapidement dans la direction de Kurumi. Puisqu’elle avait dit quelque chose d’inquiétant, dix minutes auparavant, elle pouvait avoir…

Toutefois, elle n’avait entrepris aucune action étrange, elle écoutait la classe avec un visage sérieux.

« Est-ce que je m’inquiètes trop… ? »

Il revint à sa position initiale tout en soupirant légèrement.

Quoi qu’il en soit, le moment de la fin des cours était crucial. Shidou inspira profondément comme s’il essayait de s’encourager.

Kotori tourna la poignée rouillée et poussa la porte. Cette dernière décrépie perdit immédiatement quelques fragments de peinture et poussa un hurlement.

« …Tch. »

Kotori sourcilla tout en claquant légèrement sa langue. Elle arriva sur le toit de l’immeuble.

Actuellement, Kotori visitait l’un des bâtiments abandonnés qui se situait au sud de la ville de Tenguu.

Ce n’était pas tant qu’elle avait un penchant pour l’exploration de ruines. Pour venir dans un endroit si isolé, il fallait de bonnes raisons.

A ce moment-là…

« … Bienvenue, Kotori-san. »

Venait de dire la fille qui attendait déjà sur le toit… il s’agissait de Mana.

En effet, lorsque Kotori s’était réveillée ce matin, sur la fenêtre de sa chambre, il y avait une lettre avec dessus une certaine heure et un certain lieu, ainsi que le nom de Mana.

Kotori n’essayait pas de cacher son mécontentement, elle émit un *Hmph*.

« … Vraiment. Pourquoi ce genre d’endroit ? Si tu voulais m’inviter à sortir, tu aurais pu au moins me préparer un thé délicieux et un gâteau. »

« Je m’excuse… Néanmoins, je crois que c’est plus dans nos intérêts d’éviter les zones encombrées. »

« … Hmph. Eh bien, de quoi s’agit-il exactement ? »

« Je voulais simplement parler avec toi, c’est tout. »

Sur ce, Mana prit quelque chose dans sa poche et le lança à Kotori.

« C’est… »

Kotori sourcilla. Ce que Mana venait de lui lancer, c’était une mini oreillette très sensible qu’utilise <Ratatoskr>… c’était celle que Shidou avait perdu la veille.

« … L’organisation <Ratatoskr>. »

« … »

En réaction à ces mots, les sourcils de Kotori tressaillirent.

« J’ai entendu des rumeurs à ce sujet. C’est une organisation qui n’est pas alliée à l’armée dans sa traque des Esprits, mais qui utiliserait la conversation pour les persuader… Lorsque j’en ai entendu parler la première fois, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une légende urbaine. »

Mana posa un regard acéré sur celle-ci.

« … Ne me dis pas que toi et Nii-sama êtes… »

Kotori mit l’oreillette dans sa poche et fit bouger légèrement le bâtonnet de sa Chupa Chups.

« … Tout s’explique. Ce message, hier, c’était toi. »

Effectivement, avant de savoir que Shidou avait perdu l’oreillette, <Ratatoskr> avait reçu un étrange message. En effet, sa voix s’était fait entendre. Après qu’il se soit informé sur l’identité de Kotori et sur la situation actuelle, la connexion avait été soudainement interrompue, plus rien depuis lors.

Kotori fit claquer sa langue à un volume inaudible pour Mana. Elle avait été si insouciante. A cause de sa réponse à ce moment-là, Mana avait déjà confirmé l’existence de l’organisation connue sous le nom de <Ratatoskr>.

Mana haussa légèrement les épaules.

« Après tout, ce n’est pas si difficile de modifier ta voix à l’aide de ton Territory. »

« … Vraiment ? »

Kotori se gratta les cheveux et plissa les yeux.

« Du coup, quel est ton objectif ? Tu m’as spécifiquement fais venir ici, tu dois bien vouloir quelque chose, pas vrai ? »

Le regard de Mana ne bougea pas d’un pouce alors qu’elle dit :

« … Je n’ai pas l’intention de rapporter ceci. »

« … Hmm ? »

«  En échange, s’il te plait, laisse Nii-sama quitter <Ratatoskr>, immédiatement. »

Ces paroles firent lever les sourcils de Kotori avec vigueur.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« C’est pas grand-chose… Kotori-san, pourquoi obliges-tu Nii-sama à faire une chose si dangereuse. Sans même parler d’unité Realizer, il n’a même pas une arme appropriée sur lui et tu le laisses affronter les Esprits, n’est-ce pas beaucoup trop ? »

« Comme tu as déjà dit, il est censé persuader l’autre partie et tu t’attends à ce qu’il pointe un pistolet sur eux pendant qu’il se promène ? Quelle différence y’aurait-t-il avec un violeur en série ? Ne me dis pas que tu es masochiste ? »

Kotori avait balayé l’affirmation de Mana. Le regard de cette dernière gagna en intensité et son ton de voix devint plus austère.

« S’il te plait, ne te moque pas. Es-tu seulement inquiète à propos de Nii-sama ? A ce moment-là, si je n’avais pas été là, il aurait très bien pu être tué par <Nightmare>. »

« … »

Il n’y avait aucune raison de divulguer plus d’informations. Kotori ne dit plus un mot.

Mana sembla avoir mal compris la réaction de cette dernière, elle grinça des dents et poursuivit :

« … Kotori-san… Non, Itsuka Kotori. C’est triste. Vous êtes disqualifiée en tant que sœur de Nii-sama. Vous n’êtes pas digne d’avoir Nii-sama à votre charge. »

« … »

Le visage de Kotori convulsa, puis, après ça, elle leva le bâtonnet de sa Chupa Chups.

« Heeh… Qu’est-ce que ça veut dire être disqualifiée en tant que sœur ? »

« Je ne vais pas avoir d’autre choix que de reprendre Nii-sama. »

Les paroles de Mana eurent pour effet de déformer l’expression du visage de Kotori.

« Quelle blague ! Tu veux laisser Shidou entre les mains d’une industrie maléfique comme DEM ? »

Elle leva ses épaules, Mana baissa ses bras et ses épaules sous le coup de la surprise.

« … Pourquoi est-ce que tu es au courant à propos de ça ? »

« C’est parce que j’ai une excellente amie. Si tu parles de recherche d’informations, nous en sommes au même stade. »

Venait de dire Kotori sans peur. Mana soupira.

« … Eh bien, puisque tu le sais déjà, il n’y a pas de besoin de le cacher plus longtemps. C’est vrai. Je ne suis pas à la base un membre des forces d’autodéfense. Néanmoins, à cause de l’attribution des industries DEM, il y avait une nécessité d’être placée à un tel travail. »

Alors qu’elle prononça ces mots, son regard se plissa rapidement.

« DEM en tant que société maléfique, je ne peux pas faire semblant de ne pas l’avoir entendu. Ils m’ont prise moi, moi qui étais amnésique et ils m’ont donné une raison de vivre. Je suis très reconnaissante envers eux. »

« … Sérieusement ? Il ne semble pas que tu sois folle, huh. »

« Quelle grossièreté ! Qu’est-ce que tu cherches à insinuer ? »

Kotori perçut de l’amabilité dans les paroles de Mana.

Ne me dis pas que…

« Toi, ne me dis pas que tu ne sais pas… ? A propos de ton corps ? »

« Mon corps… ? De quoi est-ce que tu parles ? »

Mana, confuse, pencha sa tête. Kotori tremblota tout en engloutissant.

« … Qu’est-ce qu’il y a avec ça… »

Même si ce n’était pas inattendu… mais qu’en serait-il si les craintes de Reine devenaient vraies ? Kotori sourcilla alors qu’elle s’avança vers Mana et qu’elle lui saisit les épaules.

« Toi, qu’est-ce que tu essayes de faire ? »

« … Ne parlons pas de ça pour le moment. Tu devrais quitter DEM, <Ratatoskr> prendra ses responsabilités pour ta sécurité. Du coup… »

« Haa… ? De quoi est-ce que tu parles tout à coup… »

Sur ce, alors que Mana allait questionner Kotori qui sourcillait toujours, leurs portables à toutes les deux sonnèrent presque en même temps.

Kotori, révélant une expression d’impatience, répondit à l’appel.

« … C’est moi. Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Com, Commandant ! Le lycée Raizen émet un puissant signal d’onde Spirituel ! »

« Qu’est-ce qui se passe… ? »

Kotori jeta un regard à Mana. A l’allure de son visage, il semblait qu’elle aussi avait reçu un rapport similaire.

Shidou prit une profonde inspiration et expira lentement.

L’air dans ses poumons avait été complétement changé, il se sentait comme si son corps avait redémarré.

« … Excellent. »

Il était 16h30. Le bruit des étudiants qui se préparaient à se rendre à leurs activités de club commençait à se répandre.

Au final, mis à part cette fois-là, la veille, il n’avait eu absolument aucune opportunité de parler à Kurumi. Après le dernier appel, cette dernière ne jeta même pas un coup d’œil en direction de Shidou, elle quitta immédiatement la salle de classe.

« …Est-ce que tu vas bien, Shin ? »

A cet instant, dans le communicateur de son oreille droite, une voix particulièrement endormie se fit entendre. Il s’agissait de Reine.

« Ouais, je suis étonnamment… calme. »

« … C’est bien. Néanmoins, fais attention. »

« … Oui. »

Alors que Shidou engloutit violemment, il remarqua quelque chose d’étrange.

« Reine-san ? Maintenant que tu le dis, comment se fait-il que je n’entende pas la voix de Kotori… »

« … Aaah, Kotori est sortie faire quelque chose. »

« Non mais… si elle devait faire quelque chose à l’extérieur, pourquoi devait-elle le faire à un moment si important ? »

« … Kotori le sait également. Néanmoins, après plusieurs délibérations, elle a jugé que les chances de succès seraient meilleures… Si une distraction venait à nous interrompre en plein milieu, ce serait pénible. »

« Haa… ? Est, est-ce que quelque chose s’est passé ? »

« … Concentre-toi sur Kurumi, pour le moment. Elle est un adversaire dont tu ne peux te défaire si tu es distrait. »

« … C’est, c’est vrai. »

Bien qu’il fût préoccupé par les paroles de Reine, il était vrai qu’il n’avait pas le temps de penser à autre chose. Actuellement, Kurumi devrait déjà attendre sur le toit. Shidou commença à s’avancer vers l’escalier…

« … Quoi ?! »

L’instant d’après Shidou fronça des sourcils face au lourd sentiment qui pesait sur lui.

En cet instant, il n’était pas sûr lui-même de la raison de celui-ci. Néanmoins, il remarqua qu’au moment où l’environnement s’était obscurci, son corps avait été assailli par de la fatigue et de la faiblesse sans raison apparente.

C’était comme si l’air s’était chargé de viscosité et s’était enveloppé autour de ses membres.

« C’est, c’est, c’est… »

Shidou était sur le point de tomber à genoux face à cette situation, mais il réussit à se retenir et maintenir sa position.

Les étudiants autour de lui poussèrent des gémissements de douleur et s’effondrèrent sur place. S’il fallait l’exprimer par des mots, c’était une scène vraiment anormale.

« Hey… hey, est-ce que tu vas bien ? »

Shidou courut hâtivement et secoua l’épaule d’une étudiante qui venait de s’effondrer. Néanmoins, elle avait probablement perdu conscience, elle n’eut aucune réaction du tout.

« Reine…-san, c’est… ?! »

« En utilisant l’école comme point de référence, nous avons déterminé qu’il y a une puissante émanation Spirituelle. Cette réaction… sans ambiguïté, c’est du ressort de Kurumi. Un champ de confinement… Il semblerait que ce soit le genre qui affaiblit tout humain qui y entre. »

« Pou, pourquoi doit-elle faire une chose si… »

« A ce propos, ce serait plus rapide si tu demandes à l’instigatrice elle-même. »

Venait de dire Reine. En effet, elle avait raison. Shidou engloutit bruyamment et resta là debout. Il sentait que ce serait difficile de se déplacer, mais il n’en était pas au point de s’écrouler.

« Aare, maintenant que j’y pense, pourquoi est-ce que… »

« … N’oublie pas, Shin. Tu as les pouvoirs Spirituels de Tohka et de Yoshino scellés en toi. Ça doit être instinctif, mais ton corps dorénavant peut être considéré comme ayant la protection des Esprits. »

« Le pouvoir des Esprits… »

Après avoir marmonné, Shidou écarquilla soudainement les yeux.

Ouvrant la porte qu’il venait tout juste de franchir, il s’écria :

« Tohka ! »

En effet, Tohka devait toujours se trouver dans la salle de classe. Même s’il lui avait mentionné qu’il devait partir plus tôt pour faire quelque chose, il n’avait eu aucune réponse avant son départ.

Il y avait autour de lui dix étudiants qui étaient encore dans la salle de classe, tout le monde était soit étendu au sol soit sur la table… Néanmoins, parmi eux.

« Ooh, Shidou… »

Tohka se tenait légèrement la tête lorsqu’elle lui répondit. Même si la majorité de ses pouvoirs étaient scellés, elle demeurait un Esprit. Elle était plus résistante aux pouvoirs Spirituels que les humains.

« Est-ce que tu vas bien, Tohka ?! »

« Nn… Mais, mon corps est si lourd… Qu’est-ce qui se passe, ce… »

Elle marmonna péniblement, avec une voix fiévreuse, tout en secouant faiblement sa tête.

« … Shin. »

La voix de Reine l’appela de l’autre côté du communicateur. Même s’il n’était pas entré dans les détails, elle avait probablement compris ce qui se tramait.

« Tohka, reste ici et attends. Je vais faire quelque chose pour ça… ! »

« Shi…dou… ? »

« C’est bon. Je vais… résoudre tout ça. »

Shidou caressa doucement la tête de Tohka et s’avança à travers le couloir avec une ferme détermination.

Il remua l’air épais et monta les escaliers. Shidou força ses membres anormalement fatigués et, finalement, il arriva à la porte du toit.

La porte n’était pas verrouillée.

Non… Pour être plus précis, sous la poignée de porte, il y avait un trou semblable à l’impact d’une balle, la serrure n’était plus opérationnelle.

C’était clairement du ressort de Kurumi. Shidou prit une profonde inspiration avant de l’ouvrir.

« Gu… »

Ses sourcils se rapprochèrent l’un de l’autre. Même s’il avait atteint le toit, l’air épais ne s’améliorait pas du tout. Non, c’était bien plus comme si la faiblesse qui envahissait son corps s’était intensifiée.

Il regarda à gauche et à droite. Il était entouré par du grillage, un endroit déplaisant.

Et au centre.

« … Bienvenue. Je t’attendais, Shidou-san. »

Kurumi leva le ourlet de sa Tenue Astrale, inclina lentement son corps et baissa sa tête.

« … »

Lorsque Origami avait senti l’anomalie, elle marchait dans un couloir dans le bâtiment est de l’école.

En un clin d’œil, c’était comme si le monde entier avait changé. C’était presque comme si sa vitalité avait été aspirée hors de son corps et absorbée par l’air, une inexplicable sensation de faiblesse l’envahissait. Les étudiants aux alentours s’étaient déjà effondrés les uns après les autres.

« Guh… »

Si cela continuait, elle serait également sujette à cette perte de conscience. Après qu’elle soit arrivée à cette conclusion, elle sortit de sa poche un appareil qu’elle plaça dans la paume de sa main, puis elle posa son doigt sur l’écran tactile et dit :

« Reconnaissance vocale • AST • Tobiichi Origami. »

Immédiatement, ses empreintes digitales et son spectre vocal furent synchronisés. *Bip Bip*, c’est suite à de tels bruits électroniques que l’appareil commença à se mettre en marche.

« Unité Realizer de base… Activation admise. »

Dit Origami tout en posant délicatement l’appareil contre le transmetteur sur sa tête.

Instantanément, tout son environnement devint son Territory, il s’enroula autour de son corps et la faiblesse qui la torturait diminua.

Néanmoins, en même temps, un mal de tête similaire à une explosion se produit dans son cerveau.

Tout en grinçant des dents alors qu’elle subissait cela, elle ouvrit sa bouche et dit :

« Combinaison de combat… Engagée. »

Après quoi, une faible lueur fut émise à l’intérieur du Territory… l’instant d’après, l’uniforme du lycée Raizen qu’elle portait se transforma en la combinaison high-tech de combat de l’AST.

« … »

Au moment où le mal de tête s’acheva… soudainement, Origami tomba à genoux.

C’était un appareil d’urgence qui permettait le déploiement d’une combinaison généralement portée à la base. Même si elle avait eu la permission d’avoir un tel appareil,- juste au cas où,- elle se sentait toujours mal à l’aise.

Cet appareil miniature contenait une unité Realizer basique. Ce qui revenait à dire, qu’il lui était théoriquement possible de déployer son Territory. Après quoi, depuis l’intérieur de celui-ci, changer instantanément de vêtements n’était pas tâche difficile.

Cependant, même si cela n’avait été qu’un instant, elle avait déployé son Territory sans utiliser l’appareil de synchronisation. La charge dans son cerveau s’était accrue, c’était indescriptible… Quelqu’un ayant des capacités proches de celles de Mana n’y aurait probablement prêté aucune attention.

« … »

Origami réajusta sa respiration et étendit son Territory à sa taille habituelle de trois mètres.

Les Esprits et l’AST sont considérés comme des sujets de discussion interdits. Néanmoins, on pouvait considérer ça comme une exception. De plus, elle n’avait pas d’inquiétude à avoir à ce sujet, puisque tout le monde autour d’elle était tombé inconscient.

Elle n’était pas vraiment sûre quant à ce qui se passait à l’école. Mais… il était aisé de déduire qu’il y avait sûrement un rapport avec Tokisaki Kurumi.

« … »

Par le biais d’un ordre mental, elle concentra sa gravité. Origami frappa du pied au sol et se précipita dans le couloir à une vitesse incroyable.

En même temps, le communicateur équipé dans son casque retransmit la voix de Ryoko :

«  Origami ?! Si tu as ouvert la ligne, ça veut dire que tu as utilisé la combinaison de secours ? Actuellement, dans le voisinage de ton école, nous avons détecté une puissante émanation Spirituelle ! Quel est ton statut ?! »

« Une zone confinée. Ce serait dangereux si ça s’agrandissait. Demande de renforts… »

A ce moment-là, les mots d’Origami furent interrompus.

« … »

La raison en était simple. Sur la route d’Origami s’était dressée une fille comme constituée d’ombres.

Elle ne portait pas l’uniforme du lycée mais une robe de style gothique de couleur cramoisie et noire.

« Ufufu, Origami-san. Pourquoi es-tu si pressée ? »

Elle plaça ses mains à côté de sa bouche et ricana.

« Tokisaki… Kurumi… »

Le regard de Origami était perçant, sa main se plaça d’elle-même près de sa hanche et saisit la poignée de son épée de lumière.

« Qu, qu’est-ce qui se passe, Origami ? »

« … Entrer en contact avec un Esprit. Engagement du combat. »

« … Quoi ?! C’est trop dangereux, dépêche-toi et fuit… »

Puisqu’elle risquait d’être distraite, Origami donna une impulsion mentale et coupa la communication.

Kurumi afficha un sourire satisfait et dit :

« Fufu, je ne souhaite pas être interrompue cette fois. Du coup, je ne peux pas te laisser aller plus loin. »

« … ? »

Origami ne comprit pas les paroles de Kurumi, elle sourcilla.

Néanmoins, ce ne fut que pendant un court instant. Il n’y avait aucune nécessité à écouter les propos absurdes d’un Esprit sur le champ de bataille.

Origami tenait fermement la poignée de son épée de lumière, <No Pain>.

« Shidou… Shidou !! »

Tohka cria le nom de Shidou alors qu’il quittait la salle de classe.

Néanmoins… il n’avait aucune intention de revenir en arrière. Tohka traîna ses pieds pesants et commença à s’avancer.

« Shidou… »

Les paroles de Shidou ne quittaient plus son esprit.

« …Ca ira… Je vais résoudre ce problème. »

Des mots extrêmement crédibles et réconfortants. Shidou n’eut à le dire qu’une seule fois et il terrassa la solitude et le malaise qui demeurait dans le cœur de Tohka.

Néanmoins, en même temps, une autre cause d’inquiétude fit surface.

C’était parce que ce sentiment était le même que les dernières fois qu’il avait prononcé cette phrase, il y a deux mois lorsqu’il avait tendu la main à Tohka et il y a un mois lorsqu’il s’était avancé vers Yoshino à l’intérieur de la zone de confinement.

Shidou sauvera très certainement tout le monde. Mais, s’il avait besoin de se sacrifier pour cela, il le ferait sans hésitation.

Celui qui a sauvé Tohka… était ce genre d’homme.

« Uwa… »

A cet instant, Tohka perdit l’équilibre et tomba au sol, emportant avec elle tables et chaises.

« Gu… Nu… »

En vue de se relever une fois de plus, elle exerça de la force dans son pied.

… Ça va pas le faire, ça va pas le faire du tout. Ce n’est vraiment pas le moment de fainéanter.

Même si ce n’était qu’une seconde, elle devait se dépêcher et foncer auprès de Shidou.

« Shidou… Shidou… Shidou… !! »

Au moment où elle s’écria, soudainement, elle eut la sensation d’être stimulée.

« Qu, Quoi… ? »

Sur ces mots… Tohka se souvint de cette sensation.

Le mois dernier. Lorsque Yoshino avait matérialisé son Ange et avait tiré un rayon de lumière sur Shidou.

Si ça continue, Shidou mourra.

A l’instant où elle y pensa, elle secoua vigoureusement sa tête… sa tenue astrale et son Ange se matérialisèrent.

« … C’est… ! »

Elle baissa le regard sur son propre corps… En effet, même si ce n’était pas parfait, il était le même que cette fois-là, elle avait créé une tenue astrale faite d’une membrane de lumière.

Son corps avait été instantanément revitalisé à un niveau inimaginable.

Si c’est comme ça…

Elle se releva d’un bond énergique et atterrit fermement sur ses pieds.

« Très bien… Allons-y ! »

Elle quitta la salle de classe tout en serrant son poing.

« Shidou ! Où es-tu allé, Shidou… ? »

Bien qu’elle criât, elle ne reçut aucune réponse.

Puisqu’il en était ainsi, elle chercherait dans chaque salle séparément. Elle courut à travers le couloir.

Néanmoins, à ce moment-là.

« … ?! »

Elle retint son souffle et battit en retraite rapidement.

La raison en était simple. En face d’elle, dans le couloir, quelque chose qui ressemblait à une balle s’était dirigée vers elle en dessinant une sorte de ligne noire.

« Que… Qui ! »

S’écria Tohka. Dans le couloir, dans une zone cachée par l’obscurité, des pas lents se firent entendre.

Tout de suite après, le propriétaire de ces sons apparut.

« … Tu es… »

« Ufufu, comment as-tu fait, Tohka-san ? Puis-je te demander de m’accompagner pendant un moment ? »

Tokisaki Kurumi, vêtue d’une robe élégante et portant un pistolet à la main, leva les coins de ses lèvres en prononçant ces mots.

« Kurumi… Qu’est-ce que tu fais ?! Pourquoi as-tu dressé ce champ de confinement… ?! »

Sur le toit du lycée Raizen, Shidou écarta grand ses deux bras alors qu’il questionna Kurumi de la sorte.

Cette dernière parut satisfaite de la réaction de ce dernier, son sourire s’élargit.

« Ufufu, c’est génial, n’est-ce pas ? Il s’agit de mon <Dévoreur de temps de ville>. C’est un champ de confinement qui dérobe le temps de ceux qui se trouvent dans mon ombre. »

« Dérober… du temps ? »

Suite à ces mots surpris, Kurumi sourit de manière satisfaite tout en se rapprochant de lui.

Elle bougea élégamment ses cheveux, ce qui révéla donc son œil gauche, généralement caché derrière eux.

« Quo… »

Shidou sourcilla en le regardant.

Il avait une évidente particularité, il était de couleur or inorganique et avait des chiffres et des aiguilles d’horloge.

En effet… son œil était tout simplement semblable à une horloge.

Néanmoins, la chose la plus étrange c’était le fait que les aiguilles bougeaient dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

« C’est… »

« Fufu, il s’agit de mon temps. Ma vie… En d’autres mots, tu peux dire qu’il s’agit de mon espérance de vie. »

Sur ces mots, elle se retourna.

« Mon ange, même s’il dispose d’un merveilleux pouvoir… son prix est inquiétant. Chaque fois que je l’utilise, une grande quantité de mon temps est consommé. Donc… je dois, de temps en temps, le recharger. »

« Quo… »

Les paroles de Kurumi firent frissonner Shidou.

Si ce qu’elle disait était vrai, les personnes qui s’étaient évanouies dans le champ de confinement étaient actuellement en train de se faire absorber leur espérance de vie.

Elle observa l’expression de Shidou et, pour des raisons inconnues, son visage dénota des traces de solitude.

Elles furent rapidement remplacées par un sourire froid, elle leva le menton de Shidou à l’aide de son doigt.

« Les relations entre Esprits et humains sont exactement comme cela, tu sais ? Malheureusement, tout le monde existe uniquement pour devenir ma nourriture. Il n’y a aucune différence. »

Elle leva un sourcil comme si elle essayait de défier Shidou, puis elle poursuivit sa discussion.

« Aaah… Mais, Shidou-san, toi seul est spécial. Tu es quelqu’un de particulier. »

« … Moi, vraiment ? »

« Nn, Nn. Tu es le meilleur. La seule raison pour laquelle je suis venue en ce lieu, c’est pour ne faire qu’un avec toi. »

« Quoi… ? »

Shidou fronça violemment des sourcils.

« Pour n’être qu’un… Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? »

« Ça veut dire exactement ce que j’ai dit. Ça ne veut pas dire que je vais te tuer ou quoi que ce soit du genre. Cela n’aurait pas de sens du tout… Je veux te dé-vo-rer. »

La parole « dévorer » qu’elle employa, était-ce littéralement ou simplement une métaphore… ? Il n’en avait aucune idée, mais son estomac lui donna comme l’impression de quelque chose de froid en train de se propager en lui.

Néanmoins, il ne pouvait pas se sentir effrayé maintenant. Il serra donc ses poings et cria :

« Si je suis celui que tu veux, alors ne cible que moi ! Pourquoi est-ce que tu fais tout ça… ! »

Kurumi parut contente et répondit :

« Ufufu, il était grand temps que je recharge mon temps… Mais aussi… »

Elle porta soudainement un regard acéré sur Shidou.

« … Avant que je te dévore, peux-tu retirer la déclaration que tu m’as faite ce matin ? »

« Ce matin… ? »

« Nn… De me sauver, ainsi que les autres remarques ridicules que tu as dites. »

« … »

Sous l’effet du regard glacial de cette dernière, Shidou engloutit involontairement.

« … Hey, Shidou-san, tu es effrayé, n’est-ce pas ? Je tiens ce genre de propos et je commets également ce genre d’actes qui impliquent des personnes extérieures à tout ça, je dois être très repoussante pour toi, n’est-ce pas ? Etre sauvée et ce genre de trucs, je n’ai pas ce genre de qualification, est-ce que tu t’en rends compte à présent ? »

Elle gesticulait de manière exagérée telle une actrice, elle poursuivit :

« Retire donc cette phrase et promets-moi de ne jamais prononcer ce genre de mots. Si tu le fais, je retirerai ce champ de confinement, tu sais ? Depuis le tout début, ma seule cible c’est toi, Shidou-san. »

« Quo… »

Il écarquilla les yeux. Cette condition était certes très simple, elle l’était suffisamment pour qu’on puisse être suspicieux quant à son intention de tromperie.

« … Kurumi à l’air d’être sérieuse. »

Sentant probablement l’hésitation de Shidou, les paroles de Reine se firent entendre dans le communicateur.

« … Dans son état psychologique, il ne semble y avoir aucune trace de tromperie. Shin, si tu adhères à cette condition, Kurumi lèvera très probablement le champ de confinement. »

En même temps que les paroles de Reine, Kurumi se déplaça tout en révélant un sourire à glacer le sang.

« Kihihi, hihi. Eh bien, ce serait mieux si je le retire rapidement. Ça pourrait être trop tard si j’attends encore une seconde, tu sais ? »

« … »

Ils échangèrent tous deux des regards.

Pour Shidou, retirer ses précédentes paroles, juste comme cela, il n’y aurait aucune difficulté à ce faire.

Au contraire, s’il ne le faisait pas, les innombrables vies à l’intérieur du champ de confinement seraient en danger.

Il n’y avait pas de place pour un choix. Shidou, avec une détermination renforcée, ouvrit la bouche et dit :

« … Retire le champ de confinement. »

Kurumi soupira, elle parut soulagée.

« Eh bien, dis-le, s’il te plait, que tu ne déclareras plus jamais vouloir me sauver. »

Shidou engloutit violemment et poursuivit :

« A ce propos… Je ne peux pas. »

« Haa… ? »

A ces mots, Kurumi ouvrit grand sa bouche dans l’expression de la plus parfaite surprise. Une expression très drôle. Du moins, il n’avait vu Kurumi avoir une telle figure jusqu’à présent.

« … Ara, ara, ara ? »

Cependant, le visage de Kurumi changea rapidement et prit un air de mécontentement à la place.

« Est-ce que tu ne m’as pas écoutée? Si tu retires les paroles que tu as prononcées précédemment, je retirerai le champ de confinement, tu sais ? »

« … Retire-le. Maintenant ! »

« Puis… »

« Jamais ! Je ne reprendrais jamais ces mots ! »

Shidou cria et secoua sa tête.

C’était parce que, s’il reprenait ces mots, il n’y aurait aucun changement.

S’il le faisait, il ne serait plus jamais capable de tendre sa main à Kurumi.

« … Je déteste ce genre de personne qui n’écoute pas les autres… ! »

S’écria Kurumi. Sur un son de *Ton Ton*, elle s’éloigna de Shidou à petits pas.

Puis, elle leva avec vigueur sa main droite au-dessus de sa tête.

Avec sa main comme épicentre, *Piri Piri*, l’air commença à trembler.

… Immédiatement.

*Uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…*

Un bruit perçant se répandit sur toute la cité.

« … L’alarme de déchirure spatiale… ?! »

Le visage de Shidou était empreint de peur alors qu’il grommela. C’était-là un bruit qu’il avait entendu jusqu’au stade de l’agacement, c’était l’alarme qui informait tout le monde de la soudaine calamité qui dévorerait le monde…la déchirure spatiale.

Pendant un instant, Shidou avait pensé qu’un autre Esprit s’était matérialisé en ville.

Les déchirures adviennent lorsque des Esprits apparaissent dans ce monde, à cause de la distorsion de l’espace.

Néanmoins… le sourire maniaque de Kurumi renia cette possibilité.

En effet… Cette déchirure spatiale était provoquée par l’unique volonté de cette dernière.

La capacité de produire un tel phénomène… Shidou n’en avait pas du tout été informé.

Malgré tout… la situation actuelle prouvait totalement la véracité de cette théorie.

« Kihi, kihihi, kihihihihihi, du coup, qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Si une déchirure spatiale se produit dans une telle situation, qu’en serait-il des personnes à l’intérieur du champ de confinement ? »

« … ! »

Shidou resta sans voix suite à la phrase de Kurumi.

Normalement, l’alarme sonnait lorsque des signes de déchirure spatiale étaient détectés, informant les habitants proches d’évacuer dans les abris souterrains pour éviter ce désastre. Néanmoins… actuellement, tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur du champ de confinement de Kurumi étaient inconscients et se trouvaient également à l’épicentre du phénomène lui-même. Il n’y avait aucune possibilité pour eux de rejoindre l’abri.

… Toutefois…

Soudain… Une simple question fit surface dans son esprit.

Il ne parut pas remarquer son changement d’expression, elle se lécha les lèvres comme si elle exhibait sa victoire.

« … Alors, Shidou-san ? Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Est-ce que tu as peur de moi, maintenant ? Est-ce que tu me détestes, maintenant ? Ou alors ressens-tu les deux en même temps ? Les faibles sont des proies ! Les forts sont les prédateurs ! »

« … »

Pourquoi ? Définitivement, son cœur tambourinait, son souffle était chaotique, mais il était étonnamment calme.

Il y avait une incertitude.

… Pourquoi, voulait-elle qu’il retire ses mots ?

Toutefois, laissons-ça de côté pour le moment. Peu importe ce qui était dit, les mots restaient simplement des mots. Son but était de dévorer Shidou, si tel était le cas, elle aurait simplement dû les ignorer.

Alors pourquoi, devait-elle s’impliquer à ce point ?

… Le prédateur dont elle parlait devait se référer à Kurumi elle-même, non ? La proie devait très probablement être Shidou.

« … Shin. »

Pile à ce moment-là, la voix de Reine secoua son oreille droite.

« … L’état mental de Kurumi a changé. Ces chiffres… c’est comme si elle avait peur de toi. »

« Eh… ? »

Tandis que Shidou parlait de manière à ce qu’il ne puisse être entendu de Kurumi, ses sourcils se levèrent légèrement.

… Kurumi, elle avait peur de Shidou ?

Ces mots, qui manquaient du sens de la réalité, firent tomber Shidou dans la confusion pendant une fraction de seconde… Puis, il comprit immédiatement.

« Aaah… Vraiment ? »

Il poussa un soupir et regarda Kurumi une fois de plus…

…En tant que personne provoquant la terreur chez les Hommes, en tant qu’Esprit.

Toutefois…

« Alors ?! Shidou-san, que feras-tu maintenant ? Si tu ne retires pas ces mots, il y aura beaucoup de victimes, tu sais ?! »

Elle détourna son regard de lui et garda vigoureusement sa main droite en l’air.

Immédiatement, *Ji~~*… un hurlement perçant retentit dans la zone.

C’était comme si l’air lui-même criait.

« Gu… »

Il y avait quelque chose qu’il devait dire à Kurumi, une chose qu’il devait lui faire savoir. Néanmoins, comparativement, il devait d’abord arrêter la déchirure spatiale.

Bien sûr… avec la contrainte qu’il ne retirerait pas ses précédentes paroles.

Il réfléchit frénétiquement. Il se souvint soudainement ce qu’elle lui avait dit auparavant.

« … Kurumi. »

« Quoi ? Fufu, tu voudrais finalement retirer tes mots ? »

Kurumi afficha un sourire tout en lui parlant. Il continua de parler en ignorant ces derniers mots.

« Tu as dit que ton objectif était de me dévorer… n’est-ce pas ? »

« Nn. En effet. Ce serait inutile de te tuer. Tu seras capable de vivre à l’intérieur de moi. Ufufu, pas mal, non ? »

« … »

Sur ce, Shidou fut convaincu. Il parla doucement à Reine.

« … Reine-san. Si je…, est-ce que je survivrais ? »

« … ? Aah, si nous parlons bien de ta capacité de guérison, tant que rien n’ira de travers, tu devrais survivre… Mais qu’est-ce que tu vas tenter de faire ? »

« Simplement ça. »

Shidou commença à courir, il arriva au bord du toit et commença à escalader le grand grillage d’acier.

Puis, il se tint sur le rebord et regarda Kurumi.

Elle affichait une expression de totale confusion face aux actions de celui-ci.

« … Qu’est-ce que tu essayes de faire ? »

« Arrête la déchirure spatiale. Si tu le ne fais pas… »

Shidou désigna la cour de l’école.

« Je sauterais et mourrais… ! »

« Ha… Haa… ?! »

Il semblait que c’était hors de ses attentes, elle hurla :

« Qu, qu’est-ce que tu as dit que tu allais faire… ? Tu es fou ? »

« Je suis vraiment désolé, mais je suis très sérieux. Il semble que je ne peux absolument pas retirer mes paroles de ce matin… Mais je dois également te sauver. »

Elle parut mécontente et elle secoua la tête. Shidou n’y prêta pas du tout attention alors qu’il poursuivit :

« Je ne peux pas te laisser déclencher une déchirure spatiale. Donc… »

« Donc tu te prends toi-même en otage ? C’est une façon de penser bien simple. Es-tu un criminel recherché ?! »

Face à ces mots, Shidou sourit légèrement. Il repensa aux films et aux journaux d’outremer où les criminels pointent leurs pistolets sur leurs tempes. C’était la fin de la fin, un acte final dément commit par des gens n’ayant nulle part où aller.

Toutefois, puisque la cible de Kurumi était Shidou, ce n’était pas un acte sans valeur.

En effet. Kurumi s’était fait transférer dans cette école simplement pour l’atteindre. Sa vie avait donc de la valeur en tant qu’otage, c’était plus que probable.

Néanmoins, elle sourcilla et, *Haa*, elle soupira légèrement.

« … Tu penses que ce genre de menace fonctionne sur moi ? Fais-le si tu le peux ! »

« … Aah. »

Marmonna silencieusement Shidou alors que son corps décolla du rebord.

Evidemment, c’était une hauteur vertigineuse, mais, pourtant, il ne ressentait aucun sentiment de peur du tout. C’était peut-être à cause de l’état d’excitation provoqué par diverses secrétions dans son cerveau qui contrait la peur.

« … ! »

« …Shin ?! »

Les voix de Reine et de Kurumi qui se retenaient jusque-là se firent entendre.

Une sensation de flottement momentanée. Le corps de Shidou tomba à une vitesse alarmante.

« … »

Sa conscience était sur le point de s’évanouir. La sensation était similaire à celle d’être sur une montagne russe descendant à haute vitesse. Il ne pouvait pas respirer, ses membres étaient engourdis, il sentait qu’il ne pouvait plus contrôler sa vessie.

Toutefois, à mi-chemin dans sa chute, son corps fut retenu par quelqu’un, ce qui le secoua.

« … Ueh ?! »

A cause du soudain impact, Shidou émit ce son stupide… Le haut du corps de Kurumi apparut, sortant des ombres sur le flanc du bâtiment de l’école, et porta Shidou à la manière d’une princesse.

« Oh… oh, Kuru… »

Au moment où il voulut crier son nom, le corps tout entier de cette dernière s’extirpa des ombres et remonta le bâtiment en le transportant. Une fois revenu sur le toit, elle le posa brutalement.

« Ah… »

Il poussa un profond soupir.

« Je pensais être fichu… »

« Ah… Bien sûr que tu l’aurais été… ! »

Kurumi venait de répondre avec un fort emportement.

« J’y crois pas ! A quoi est-ce que tu pensais ?! A quoi est-ce que tu pensais exactement ?! Si je n’avais pas été là, tu serais vraiment mort, tu sais ?! »

« Ah… A ce propos, comment tu as fait…Merci. »

« C’est ça que vaut ta vie ?! »

« Non, même si tu dis ça… »

A ces mots, l’expression de Kurumi changea, elle se gratta furieusement la tête.

« Aaaaah, vraiment ! Tu es un id…iot… ! »

Shidou se tint-là et lui demanda :

« Kurumi. Tu…pourquoi est-ce que tu m’as sauvé ? »

« … C’est… Si tu étais mort, aurais-je été capable de réaliser mon but ? »

« Vraiment. Eh bien, je suppose donc que j’ai de la valeur en tant qu’otage après tout ? »

« … »

Shidou tendit son doigt et le pointa en direction de Kurumi.

« Bon, à présent, s’il te plait, arrête la déchirure spatiale ! Et retire également ce champ de confinement ! Si tu ne le fais pas, eh bien, je vais me suicider en me mordant la langue ! »

« Ce, ce genre de menace… »

« Tu penses vraiment que je bluff ? »

« Guh… »

Kurumi eut immédiatement une expression de regret et fit craquer ses doigts.

Suite à quoi, le bruit perçant qui résonnait dans la zone s’arrêta. Et avec ça, l’atmosphère pesante qui couvrait les environs disparut également.

« Bon… Bon, d’accord. Après tout, mon intention de base était simplement d’avoir Shidou-san. Il n’y a pas de problème, pas de problème du tout. »

Déclara bruyamment Kurumi comme si elle dirigeait ces mots à elle-même. Puis, elle ouvrit grand ses bras en direction de Shidou. Toutefois, ce dernier ne pouvait pas simplement attendre-là d’être dévoré.

« Donc… Est-ce que tu vas m’écouter une fois encore ? »

« Qu, qu’est-ce que tu veux de plus… ?! »

Kurumi formula ces mots comme si elle était confuse. Il acquiesça de la tête et, *Aaah*, poursuivit sa discussion :

« Une seule phrase suffira… Kurumi, juste une fois, me donnerais-tu la chance de te sauver ? »

Kurumi écarquilla ses yeux et leva ses sourcils sous l’effet de la surprise.

« … Tu vas encore me dire ça ? Arrête-ça tout de suite ! C’est troublant. Je… qu’il s’agisse de tuer des gens, ou bien d’être tuée, j’aime les deux ! Il n’y aucune raison que j’écoute ton baratin ! »

Cria Kurumi comme si elle essayait de repousser Shidou. Cette voix, elle n’était pas comme la précédente qui cachait un insondable sentiment de peur… Au contraire, c’était comme si elle était effrayée par quelque chose.

Les paroles précédentes de Reine revinrent une fois encore à son esprit.

En effet… Elle devait être effrayée. C’était parce que, jusqu’à présent, aucune personne n’avait tendu une main vers elle pour l’aider, c’est pourquoi elle devait être apeurée par ce geste inconnu.

« Kurumi, tu… est-ce que tu as déjà expérimenté… une vie où tu n’avais pas besoin de tuer ou être prise pour cible ? »

Demanda silencieusement Shidou, alors que les épaules de Kurumi eurent une petite secousse.

« … C’est… »

« Eh bien, tu n’en as pas idée. Comment peux-tu être sûr que tu ne préfèrerais pas une vie où tu n’as pas besoin de tuer ou être tuée ? Peut-être… que tu aimerais ce genre de vie paisible. »

« Mais, ce genre de choses… »

« C’est possible ! S’il s’agit de moi ! »

Cria violemment Shidou. Elle semblait intimidée par sa présence puisqu’elle retenait sa respiration.

« C’est vrai que je ne peux pas tolérer ce que tu as fait. Toute ta vie ne suffira pas pour te racheter ! Néanmoins… ! Tu te trompes sur quelque chose, Kurumi ! J’ai une raison de vouloir te sauver… ! »

« … »

Elle fit un pas en arrière. De son côté, Shidou fit un pas en avant.

« Je, je… je… »

Elle regarda aux alentours paniquée et s’écria :

« Shidou-san, je… est-ce que je peux vraiment… »

A cet instant…Au moment où Kurumi voulait dire quelque chose.

« … Tu ne peux pas. Comment peux-tu te faire avoir par ces mots ? »

Venant de nulle part, ce genre de voix résonna.

Shidou fronça des yeux surpris. Cette voix était…

« Hyi… ?! »

A ce stade, comme si elle essayait de perturber les pensées de Shidou, Kurumi, qui se tenait toujours devant lui, poussa un étrange son hors de sa gorge.

« Kurumi… ? »

Shidou la regarda… et fut stupéfait.

« Eii, Aa, aah… »

Kurumi ouvrit grand ses yeux comme s’ils allaient sortir de leurs orbites et poussa un gémissement de douleur.

En baissant les yeux sur la poitrine de Kurumi, on pouvait voir une main cramoisie qui en sortait.

« Eh… »

En voyant cela, Shidou réalisa enfin la situation.

Sans savoir quand, quelqu’un était apparu derrière Kurumi… et l’avait transpercée par l’arrière.

« Je, ah. »

« Très bien, je sais. C’est pourquoi… »

La main se retira de son torse. Immédiatement, sa tenue astrale se dissipa et sa peau blanche mise à nue.

« … Vraiment, dépêche-toi et meurt. »

« …Hyigu. »

Après ce faible soupir d’agonie, Kurumi s’effondra tel un mannequin.

Son corps convulsa pendant un moment… après quoi, elle ne bougea plus.

« Qu… »

Shidou ne bougea pas un muscle. La soudaine situation avait rendu toute pensée impossible.

C’était parce que la personne se tenant derrière Kurumi…

« Ara ara, qu’est-ce qu’il y a, Shidou-san ? Tu ne sembles pas en forme. »

…c’était Tokisaki Kurumi elle-même.

« Kuru…mi… ? Haa ? Pourquoi… ? »

Shidou regarda la Kurumi avec qui il avait tenu une discussion jusqu’à présent, puis il regarda la Kurumi qui venait d’apparaître devant lui.

C’était sans aucun doute la même personne.

Cheveux noirs comme les ténèbres, une peau blanche de jade… son œil gauche lumineux en forme d’horloge, c’était le même que la Kurumi qu’avant.

Seul différait son expression, il n’y avait aucune trace de confusion contrairement à la Kurumi qui gisait au sol. Il n’y avait qu’un sourire aguicheur.

« Vraiment… cet enfant est vraiment dérangeant. »

Elle agita légèrement sa main qui était couverte de sang frais.

Suite à quoi, d’innombrables mains s’extirpèrent des ombres et emportèrent le corps de Kurumi dans les ténèbres.

« C’était humiliant… Toutefois, la moi de cette fois-là était probablement trop naïve. »

« Quo… »

« Aaah, mais bon. A l’instant, tes mots étaient vraiment géniaux. »

Kurumi agitait son corps tout en souriant, comme si elle jouait un canular.

Shidou, sans voix, se tenait-là hébété.

… Il ne pouvait absolument pas comprendre.

A l’instant, sous ses yeux, deux Kurumis avaient existées.

Kurumi avait tué Kurumi. La première Kurumi avait été dévorée par les ténèbres.

« Haa… »

Shidou laissa échapper ce son confus, elle parut amusée puisqu’elle commença à rire.

« Bon, à présent, pourrions-nous nous dépêcher et commencer ? »

Dès que Kurumi eut achevé ces mots, deux mains apparurent aux pieds de Shidou et le saisirent fermement.

« Uwah… ?! »

« Ton pouvoir… Je vais me servir moi-même, Shidou-san. »

Sur ces mots, elle se rapprocha de lui et étira sa main droite.

Ensuite, au moment où elle utilisa cette main droite pour tendrement toucher le visage de Shidou :

« Gi… »

Elle laissa échapper un tel son.

Elle entraperçut un instant une forme blanche descendant du ciel, puis la main droite qu’elle employait pour le toucher se détacha et tournoya quelques fois dans les airs avant de retomber au sol.

« …Ara…Ara. »

Elle fronça des sourcils comme si elle s’ennuyait de sa douleur et fit un saut périlleux arrière en guise de retraite.

Après un moment, Shidou réalisa finalement qu’il y avait une autre personne en dehors de Kurumi et de lui-même.

« Mana ! »

« Oui… Tu t’es mis toi-même dans une autre situation embarrassante à ce que je vois. »

Il s’agissait de Mana, équipée de sa combinaison de combat, avec des épées de lumière dans chaque main, elle regardait dans sa direction.

Toutefois, elle apprêta rapidement ses épées et lança un regard perçant à Kurumi.

« Tu n’as toujours pas retenu la leçon, <Nightmare> ? »

« … Ku, hihi, hihi. Tout comme auparavant, tu es vraiment spéciale… Etre capable de trancher ma <Tenue Astrale Divine 3 – Elohim[2]> … »

« Hmph. Je suis désolée de le dire, mais ce genre de tenue astrale est inutile face à moi. Du coup, tu ferais mieux de… »

A cet instant, alors qu’elle voulait poursuivre sa phrase, Kurumi écarta exagérément ses bras et se tourna sur place.

« Cependant, il n’y a… que moi que tu ne peux pas tuer. »

Alors qu’elle formula ces mots, *Ka Ka Ka*, elle fit résonner ses pas sur le sol comme si elle suivait un rythme.

« Maintenant, maintenant, apparaît…Zafkiel[3], <l’Empereur du Temps>. »

Immédiatement, derrière elle, une énorme horloge se matérialisa.

Elle était plusieurs fois plus grande qu’elle, c’était un énorme cadran d’horloge dont les aiguilles étaient un ancien pistolet et un ancien fusil aux motifs complexes.

« … C’est… un Ange ?! »

Shidou ne put s’empêcher de prononcer ces mots.

…Ange. Des miracles prenant forme. Une arme aux pouvoirs absolus dont les Esprits peuvent être fier.

« Ufufu… »

Kurumi rit, elle retira le pistolet, qui désignait les heures, du cadran de l’horloge géante.

Puis :

« Zafkiel, <l’Empereur du temps>… Dalet[4], la Quatrième Balle. »

Suite à ce grommellement de Kurumi, le chiffre romain [IV], gravé dans l’horloge, suinta quelque chose qui ressemblait à une ombre… rapidement, il fut absorbé par la gueule du pistolet dans la main de Kurumi.

Shidou plissa les yeux face à ce spectacle.

Il avait remarqué qu’au moment où l’ombre s’était écoulée hors de l’horloge, les aiguilles dans l’œil gauche de Kurumi s’étaient mises à bouger dans le sens horaire à une vitesse alarmante.

Cependant, cette question quitta rapidement son esprit.

« Qu… »

La voix surprise de Mana fit irruption dans les oreilles de Shidou. Depuis cette place, il lui était impossible de déterminer l’expression de Mana, mais elle devait être semblable à celle de Shidou actuellement.

Kurumi plaça la gueule de son pistolet sous son menton.

« Qu’est-ce que tu prévois de… »

Mana était en plein milieu de sa phrase lorsque Kurumi, avec un petit sourire, appuya sans hésiter la gâchette.

*Don*, c’est un tel son qui retentit dans les environs, la tête de Kurumi eut une secousse. Quoi qu’il en soit, cette scène ne pouvait être vue comme autre chose qu’un suicide.

Cependant, en cet instant, Shidou et Mana corrigèrent immédiatement leur jugement.

« Haa… ? »

Il eut comme une expression de stupidité sur son visage.

Néanmoins, tous ceux qui auraient assisté à la scène aurait probablement fait de même.

C’était parce qu’au moment où Kurumi s’était tiré dessus, sa main droite, qui gisait au sol, s’était mise à flotter dans les airs comme si on avait rembobiné un film…et s’était envolée vers elle.

Ensuite, une fois en contact avec son bras droit, elle s’y attacha magistralement, se recollant comme si rien ne s’était passé. Même le long gant sur son bras s’était parfaitement recomposé.

« Ufufu, brave garçon ce Zafkiel <l’Empereur du temps>. »

« … C’est la première fois que je vois un tel tour. Sans surprise, c’est une fantastique capacité de guérison que tu as là. »

Déclara Mana avec mécontentement. Kurumi ricana tout en secouant la tête.

« Kihihi, hihi, c’est faux. J’ai tout simplement rembobiné mon temps. »

« …Quoi ? »

Mana leva un sourcil.

Cependant, Kurumi ne fit que rire bravement, elle ne répondit pas et leva bien haut sa main droite.

Elle l’employa pour retirer l’aiguille des minutes du cadran de Zafkiel, <l’Empereur du temps>, derrière elle…c’était le fusil.

« Aaah, aaah. Mana-san, Mana-san. Uniquement aujourd’hui, laisse-moi s’il te plait te vaincre. »

Sur ces mots, en face de l’horloge vidée de ses aiguilles, elle disposa ses deux armes…

… Comme si elle affichait elle-même le temps.

« Donc, à présent. Commençons. Je vais te laisser voir le pouvoir de mon Ange. »

« … Hmph, très bien. Je vais te tuer comme je l’ai toujours fait. »

Suite aux paroles de Mana, Kurumi commença à rire comme si celle-ci avait dit quelque chose de ridicule.

« Kihi, hihi, hihihihihihi, tu ne comprends…toujours pas ? Tu es parfaitement incapable de me tuer. »

« Très bien. Si je ne peux pas te battre, je continuerai de te frapper. Si je ne peux pas te tuer, je te tuerais jusqu’à ce que tu meures. Continuer de te traquer, c’est ma mission et ma raison d’être. »

« Hihihi, aah, très bien. Tu dois être comme ça. Fufufu, fufu, ufu, ufu, excellent, je n’en peux plus… Eh bien, qu’en sera-t-il ? Décapitation ? Un poignard à travers mon torse ? Ou démembrement ? »

« Hmph, je ne connais qu’un seul monstre capable de survivre à tout ça… Essayons de te réduire en cendres, jusqu’à ce qu’il ne reste aucun fragments. »

« ! Heeh ? Ce serait en effet une nouvelle expérience. Très bien. Excellent. »

« Tu es toujours aussi folle. »

« Hihi, si tel est le cas, alors je suppose que nous en sommes au même point ? Tu ne bouges même plus un sourcil maintenant. Je me souviens encore de la première fois que tu m’as tuée, tu étais si mignonne à l’époque. »

« Ferme-la. Ou alors, tu veux que ta bouche et ta gorge se décollent également. »

« Ufufu, fufu. Es-tu capable de le faire ? »

Sur ces mots, Kurumi leva le pistolet dans sa main gauche.

« Zafkiel <l’Empereur du temps>… Aleph[5], la Première balle. »

Comme précédemment, l’ombre du chiffre romain [I] sur l’horloge suinta et fut absorbée par le pistolet dans sa main. Après quoi, une fois de plus, elle plaça la gueule de celui-ci sous son menton… et appuya la gâchette.

Immédiatement.

« Gu… ?! »

La silhouette de Kurumi disparut soudain et, en même temps, Mana fut projeté dans les airs.

« Ahahaha ! Tu ne peux pas me voir ? »

« Tch… »

Mana changea de direction à mi-hauteur et s’avança vers Kurumi comme si elle marchait dans les airs.

Néanmoins, le corps de Kurumi disparut une fois de plus tel du brouillard, elle réapparut derrière Mana l’instant d’après et lui porta un coup de talon dans le dos.

« Kuh… ! »

Toutefois, Mana afficha un regard perçant, les mouvements de Kurumi devinrent lents. Elle avait dû utiliser son Territory pour la capturer.

Mana sembla vouloir trancher Kurumi en deux au niveau du ventre, elle porta un coup horizontal avec son épée de lumière. Mais, cette dernière esquiva au millimètre près et fit un saut périlleux arrière sur le réservoir d’eau.

« Fufu, tu es surprenante ! Tu es toujours capable de contre-attaquer alors que j’ai accéléré le temps ! »

« Hmph… Même s’il s’agit d’une capacité intéressante, on peut dire qu’elle a la pire compatibilité contre moi qui dispose d’un territory, tu sais ? Si je suis capable de te sentir, je pourrais systématiquement capturer tes mouvements. »

« Aaah, aaah, c’est ça. Donc… »

Kurumi se tourna vers Mana à une vitesse qui était impossible à discerner à l’œil humain.

« Zafkiel <Empereur du temps>… Zayin[6], la Septième balle !! »

Presque immédiatement, l’ombre qui jaillit du chiffre romain [VII] de l’horloge fut aspirée dans le fusil de Kurumi. Ensuite, elle visa Mana et tira.

« C’est inutile… Est-ce que je ne te l’ai pas dit… ! »

Une balle de ce calibre aurait été inutile contre Mana qui était équipée d’un territory. Néanmoins…

« Eh… ? »

Shidou émit un son confus.

… Le corps de Mana, qui était actuellement en plein vol, avait été totalement figé.

« Mana… ! »

Malgré les cris de Shidou, Mana ne bougea pas. Il n’y avait aucune réponse du tout. C’était comme si Mana avait été, à l’instant-même, immobilisée dans le temps.

« Haa, haa. »

Kurumi rit et tira un nombre incalculable de balles sur le corps de Mana.

Les armes dans les mains de Kurumi étaient toutes deux d’anciens modèles simple action[7]. Cependant, à chaque tir, une ombre jaillissait des pieds de Kurumi et entrait dans la gueule de l’arme à la place des munitions.

Après un nombre incalculable de secondes, Kurumi atterrit au sol. Au même moment…

« Ga…ah… ?! »

Mana, qui s’était vu tirer dessus d’innombrables balles, tomba au sol ensanglantée.

« Kihihihihi, ara ara, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Quo… A l’instant, c’était… »

« Mana ! »

S’écria Shidou tout en courant à ses côtés et en posant un genou à terre.

« Nii-sama, c’est dangereux. Dépêche-toi de fuir… »

« Idiote, qu’est-ce que tu es en train de dire ?! »

A cet instant, on put entendre le bruit d’une porte en train d’être ouverte derrière Shidou.

« Shidou ! »

« …Shidou. »

De nouvelles personnes l’appelèrent par son prénom et arrivèrent sur le toit.

« Tohka… Origami… ?! »

Il les appela par leurs prénoms tout en se retournant vers elles.

Même s’il voulait savoir pourquoi toutes les deux étaient encore capable de se mouvoir au sein du champ de confinement, cette pensée disparut rapidement après avoir prêté attention à leur apparence. Tohka portait sa Tenue Astrale et Origami, de son côté, portait sa combinaison de combat.

« Est-ce que tu vas bien, Shidou ?! »

« Es-tu blessé ? »

Demandèrent toutes les deux en même temps, puis elles se regardèrent l’une l’autre avec mécontentement avant de reporter leur regard sur lui.

Très rapidement, toutes les deux remarquèrent Kurumi devant elles, ainsi que Mana agenouillée et recouverte de sang. Toutes les deux se positionnèrent devant Shidou et pointèrent leurs épées vers Kurumi.

« Sergent-Chef Tobiichi… Tohka-san. Vous allez bien toutes les deux ? Mais… Tohka-san, qu’est-ce qu’il y a avec ton apparence… ?»

Mana haleta sous le coup de la douleur, Tohka laissa échapper un son de surprise.

« La sœur numéro 2 de Shidou. Je pourrais dire la même chose de toi, pourquoi es-tu habillée comme ça ? Tu ressembles à l’AST… »

Mana et Tohka s’échangèrent des regards de surprise, mais le ricanement de Kurumi vint mettre fin à leur conversation.

« Ara, ara, ara. Est-ce que tout le monde est là, maintenant ? »

Dès que Kurumi eut achevé sa phrase, Tohka et Origami s’exprimèrent en même temps.

« Kurumi… Tu t’es soudainement enfuie, alors tu étais dans ce genre d’endroit ?! »

« Tes mouvements sont difficiles à saisir. Qu’est-ce que tu prépares exactement ? »

« Eh… ? »

Shidou sourcilla. De quoi parlaient-elles exactement toutes les deux ?

« Elle… s’enfuir… ? »

Demanda Shidou. Tohka détourna son regard de Kurumi et, *Nn*, elle hocha en même temps de la tête.

« Kurumi m’a bloqué la route… Mais suite à cette explosion, elle a disparu. »

Cependant, Origami vint contredire sa déclaration.

« C’est bizarre. Tokisaki Kurumi était en plein combat avec moi. »

« Quoi ? »

Tohka exprima immédiatement une expression de choc extrême… mais, rapidement, elle secoua sa tête et scruta une nouvelle fois Kurumi.

« … C’est triste, Kurumi. Depuis que tu as décidé de blesser Shidou, je ne peux plus te pardonner. »

« J’approuve. »

Origami scruta également Kurumi.

Cette dernière semblait enchantée alors qu’elle tourna sur elle-même, une fois encore.

« Ufufu, huhu, aaah, c’est tellement effrayant. J’ai tellement peur. Vous voulez utiliser votre avantage du nombre contre quelqu’un d’aussi faible que moi ? »

Son visage, cependant, n’affichait aucune trace de peur alors qu’elle souriait d’un air hautain.

« Toutefois, je vais me battre pour de vrai aujourd’hui…Eh bien, n’est-ce pas ? Nous. »

« Haa… »

A cause de cette étrange phrase, Shidou sourcilla… Néanmoins, l’instant d’après.

« Quoi… ? »

Shidou, Tohka, Origami et Mana, leurs quatre voix se chevauchèrent les unes les autres.

Il fallait s’y attendre.

Les ombres de Kurumi qui se répandaient sur le toit…

De ces dernières, un nombre incalculable de mains blanches s’en extirpèrent simultanément.

Et, ce n’était pas tout. Jusqu’à présent, ces mains pâles n’avaient dévoilées au-dessus du sol que leurs coudes, mais là, elles révélaient, lentement mais sûrement, leur silhouette tout entière.

« Quoi… ce, ce genre de… !! »

La voix de Shidou sortit involontairement de sa gorge.

C’était inévitable, puisque ces mains blanches…

…Appartenaient toutes à Kurumi.

Des Kurumis qui portaient toutes des Tenues Astrales sortirent des ombres.

Il y en avait un nombre incalculable, à tel point qu’elles débordaient presque de l’enceinte du toit.

« Fufu » « Ara, ara » « Ufufu. »

« Ara ara ara. » « Est-ce que je vous fais peur ? »

« Shidou-san. » « Maintenant, que faire ? » « Ahahahaha ! »

« Kihihi. » « Ça semble délicieux. »

« Bon, maintenant. » « Allons-nous jouer ? »

« Venez maintenant ? » « Fufu. » « Kihihi. »

« Fufufufufu. » « Qu’est-ce qu’il y a ? »

D’innombrables Kurumis sourirent tout en parlant de la sorte.

« C’est… »

S’écria Mana. La Kurumi, qui empoignait toujours ses armes, tendit les bras tout en levant son menton.

« Ufufu, fufu. Comment était-ce ? Spectaculaire, n’est-ce pas ? C’est mon passé. Mes expériences. Elles sont les moi de différentes époques, vous savez ? »

« Quo… »

« Ufufu… Au final, Nous ne sommes rien d’autres que des clones de moi-même, des simples copies. Mais elles n’ont pas la même force que moi-même, rassurez-vous. »

Puis, Kurumi poursuivit :

« Mana-san, est-ce que tu comprends maintenant ? C’est la raison pour laquelle tu ne peux définitivement pas me tuer. »

… Mana retint son souffle. En même temps, Tohka, Origami… ainsi que Shidou en firent de même.

« Ça suffit, à l’attaque. »

« … Ne plaisante pas avec moi… !! »

Celle qui venait de crier n’était autre que Mana. Elle employa son territory pour mouvoir son corps blessé dans les airs, puis son équipement se modifia et projeta de multiples rayons laser.

Les rayons transpercèrent les corps de quelques Kurumis autour d’elle, elles s’effondrèrent au sol.

Cependant, celles qui parvinrent à éviter l’attaque s’envolèrent dans les airs et commencèrent à l’attaquer.

« Hmph… ! »

L’équipement de Mana commença à se modifier et découpa la tête, les bras, le torse des Kurumis qui s’approchaient d’elle. Des morceaux de Kurumi se répandirent sur tout le toit.

Néanmoins, la Kurumi qui se tenait avec ses deux pistolets devant Zafkiel, <l’Empereur du temps>, venait de finir le rechargement de Zayin, la Septième Balle, et elle tira sur Mana… Tout comme précédemment, le corps de Mana s’immobilisa immédiatement dans les airs.

« Mana… »

Shidou cria aussi fort que ses poumons le lui permirent. Toutefois, il était impuissant.

Tohka et Origami parurent toutes deux protéger Shidou alors qu’elles agitèrent leurs épées… Mais, la différence du nombre était tout simplement trop importante. Elles furent contournées par la gauche et par la droite au moment-même où l’arrière céda, les Kurumis les maîtrisèrent sur place.

Sur ce, Shidou n’avait plus aucune carte à jouer. Ses deux bras furent saisis par Kurumi et il fut jeté à terre.

Tout cela s’était déroulé en l’espace de cinq minutes.

Il fallait s’y attendre. Tohka n’était pas dans un état où elle pouvait faire sortir son plein pouvoir… Origami ne pouvait pas non plus utiliser son arsenal au complet.

Mana était actuellement la seule à voir la capacité de concourir avec un Esprit, mais, au moment où elle avait été immobilisée par l’Ange, la victoire était déjà toute décidée.

« Tohka… Origami… Mana… !! »

Les deux bras retenus au sol, Shidou avait à peine été capable de produire de tels sons.

« Guh… »

« … »

Non loin les uns des autres, Tohka et Origami, ainsi que Shidou, étaient retenus au sol, chacun d’eux blessés un peu partout, ils avaient des respirations douloureuses.

Depuis la position de Shidou, il était incapable d’établir l’état de Mana. Il savait seulement qu’elle était tombée des airs et qu’elle avait été immobilisée par plusieurs Kurumis.

« Ufufu, fufu. »

Au milieu de tout ça, Kurumi commença à se rapprocher de lui, elle avait toujours ses armes à la main et souriait calmement.

« Aaah, aaah. J’ai attendu trop longtemps. Je peux finalement commencer à goûter Shidou-san. »

« Ar…arrête, Kurumi ! Ne t’approche pas de Shidou ! »

« … Lâche-le… »

En dépit de leurs efforts, Tohka et Origami furent incapables de s’échapper de leurs liens.

Kurumi ricana tout en marchant vers lui, soudain elle s’arrêta.

A ce moment-là, les sourcils de Kurumi se levèrent comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.

« Fufu… C’est vrai. »

Tout en prononçant ces mots, elle passa le pistolet de sa main droite à sa main gauche ; après quoi, elle leva la main en l’air.

Exactement comme précédemment, l’alarme d’une autre déchirure spatiale commença à se faire entendre.

« Quo… Kurumi, qu’est-ce que tu prévois de… »

« Ufufu, fufu. La même chose qu’avant, bien sûr. Tout le monde n’est pas encore réveillé… Ufufu, ils mourront tous, c’est certain. »

« Ar, arrête ça… ! Si tu as l’intention de faire une telle chose, je vais me mordre la langue… »

Au moment où il formula ces mots, les Kurumis qui le retenaient insérèrent, des deux côtés de sa bouche, leurs doigts fins dans celle-ci et appuyèrent sur sa mâchoire et sa langue.

« Hugu… ?! »

« Se mordre la langue… ? Laisse-moi voir comment tu vas faire ça maintenant ? »

Kurumi rigola tout en gardant fermement en position sa main droite. De même que la fois précédente, un son perçant commença à résonner dans les alentours.

« Fufu, hihihi, hihihi ! Maintenant ! Pour que tu ne me trompes plus jamais, je vais te plonger dans le plus profond des désespoirs ! »

« Arrête ça… ! »

Bien qu’il ne fût pas capable de correctement prononcer ces mots, il put produire un son.

Kurumi ignora sa demande et elle baissa sa main droite.

Kurumi… elle souriait. Puis, elle gloussa et s’esclaffa.

« Ah…hahahahahahahahahahaha… ! »

En un instant, les alentours du lycée Raizen commencèrent à émettre un bruit terrifiant… l’air trembla comme s’il s’agissait d’un tremblement de terre.

Cependant.

« Ah….Haa… ? »

Après quelques secondes, ce rire s’arrêta sur une intonation interrogative.

Kurumi regarda autour d’elle surprise.

C’était tout. Le ciel avait, effectivement, été divisé. Le bruit perçant sonnait toujours. L’air vibrait encore comme si une explosion s’était produite.

Toutefois… c’était tout.

« … ? »

Shidou avait également remarqué l’irrégularité et il sourcilla.

Il avait vu les sites des déchirures spatiales d’innombrables fois. C’était comme si l’espace lui-même avait été consommé. Quoi que ce fût, il avait toujours disparu sans laisser de traces.

Les alentours du lycée Raizen et la ville étaient toujours intacts.

« C’est… Que se passe-t-il… ? »

Kurumi, prise de confusion, secoua sa tête.

Suite à quoi…

« … Tu ne le savais pas ? Les déchirures spatiales… si tu déclenches une autre déchirure spatiale au même moment et à la même magnitude, tu peux annuler la première. »

C’était comme si on avait expliqué ce qui venait de se passer. Au-dessus de leurs têtes, une voix calme se fit entendre.

« … Qui es-tu ? »

Le visage de Kurumi convulsa, sa main droite saisit à nouveau son pistolet alors qu’elle regardait au-dessus d’elle.

Shidou leva également la tête… et ouvrit grand ses yeux.

Le ciel était rouge.

Ce fut sa première impression.

Sur le toit, au-dessus des têtes de Shidou et de Kurumi, flottait une masse de flammes.

Et, au sein de ces dernières, se tenait la silhouette d’une jeune fille.

Elle ressemblait à une fille en cosplay : ses manches flottaient au vent, la moitié de son corps paraissait fusionnée aux flammes vacillantes, son taille était munie d’une ceinture de flammes, comme s’il s’agissait-là de la robe céleste d’une vierge divine.

Et, sur sa tête, il y avait deux cornes inorganiques. Cette apparence n’était pas celle d’une princesse… mais plutôt celle d’un oni[8].

Cependant, la raison pour laquelle le regard de Shidou fut captivé par cette fille, ce ne fut pas simplement à cause de tout cela.

Il ouvrit la bouche confusément.

« Koto…ri… ? »

En effet, la sœur de Shidou, le commandant de <Ratatoskr>.

L’allure de la fille qui était vêtu de flammes… c’était sans conteste celle de Itsuka Kotori.

Elle descendit lentement et regarda en direction de Shidou.

« … Juste pour un moment, je vais te le reprendre, Shidou. »

« Eh… ? »

Sans comprendre les mots de Kotori, Shidou sourcilla.

« … C’est… »

A ce stade, sans comprendre pourquoi, le visage de Origami afficha une expression de peur que Shidou ne lui avait jamais vu auparavant.

« … Brûle, Camael[9], <Démon Annihilateur de Feu> ! »

Après qu’elle eut prononcé ce nom, des flammes apparurent autour de son corps et formèrent quelque chose de similaire à une énorme massue.

Au moment où elle s’en saisit, une lame vermeille se dévoila de l’autre côté.

En effet, elle semblait être… une énorme et absurde hache d’armes.

Shidou resta sans voix. Kotori agita légèrement l’énorme hache d’armes et regarda Kurumi.

« A présent… Commençons notre combat. »

Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *