Date a Live – Tome 4 Chapitre 1

Le lycée Raizen était en ce moment recouvert d’ombres.

Ce n’était pas une métaphore.

Il était 17:00, le soleil commençait déjà à se coucher, cependant le ciel était toujours illuminé.

En outre, entre les étoiles et la terre, il n’y avait pas un seul nuage pour bloquer les rayons du soleil.

C’était précisément à cause de ça que l’endroit où Itsuka Shidou se trouvait semblait être séparé du reste du monde. Cet endroit couvert par une nuance sombre comme les ténèbres.

C’était évident. Le groupe de Shidou était actuellement au milieu d’une bataille qui pouvait décider du sort de ce monde.

La propriétaire de ces ombres était d’un tempérament capricieux, et elle pouvait faire des choses totalement inattendues si elle le voulait. Ils étaient dans un territoire où leur propre existence pouvait facilement être effacée.

« … »

À l’intérieur d’un endroit séparé du reste du monde, Shidou ouvrit grandement ses yeux, tout en ayant quelques difficultés pour respirer.

Ne pensez même pas à lui demander de se retourner, il ne pouvait même pas bouger. Non, même parler lui était difficile.

La raison pour cela était très simple. En ce moment, Shidou était immobilisé par de nombreuses filles et il était fermement plaqué au sol. Elles avaient également fait attention à lui bloquer sa mâchoire et sa langue, pour éviter qu’il se suicide.

… Bien entendu, c’était une scène hors du commun.

Le toit était rempli de fille vêtue de noire, et elles avaient toutes la même apparence.

Leurs cheveux noirs étaient attachés en deux couettes de différente longueur, leur peau était si blanche qu’on pourrait pensait qu’elles étaient malades, et leur œil gauche avait la forme d’une horloge, avec ses aiguilles.

Toutes ces filles, elles étaient toutes Tokisaki Kurumi.

À côté de lui, Shidou voyait la silhouette de Tohka et d’Origami. Elles étaient toutes les deux dans la même situation que Shidou, tout en exprimant la douleur sur leur visage.

Bien que Shidou ne pût regarder vers sa direction, Mana, qui s’est fait plusieurs fois tirée dessus, devait être de l’autre côté du mur humain créé par les Kurumi.

Il n’y avait plus aucune échappatoire. Le camp de Shidou avait déjà été neutralisé, par une écrasante différence en nombre.

… Cependant.

« Ah… »

Dans cette situation désespérée, Shidou était fasciné par autre chose.

Vu qu’il lui était impossible de parler correctement, à la place, sa gorge laissa échapper quelques mots incompréhensibles.

À ce moment-là, Kurumi avait levé sa main avec l’intention de provoquer une déchirure spatiale.

Mais elle était apparue, au dessus du groupe de Shidou.

Au début, ça… ressemblait au soleil. Illuminant le territoire d’ombres que les vrais rayons du soleil ne pouvaient atteindre, une énorme masse de flamme apparut soudainement dans les airs.

Rien que cette vision, avait déjà scotché le regard de Shidou.

Cependant, au moment où il s’apprêtait à reconnaître la véritable forme de cette masse de flammes, Shidou reçu un impact ressemblant à un choc reçu par le cerveau lorsqu’on lui envoie un courant électrique. Il ne voyait plus que des étincelles, un endroit à l’intérieur de son cerveau palpité douloureusement. C’était comme si, son cerveau rejetait des informations visuelles qui pouvaient lui être fatales.

Cette, fille.

Une petite fille, se tenait dans les airs avec son corps et son environnement entourés par d’intenses flammes.

Une bonne partie de ces habits était faite de flammes vacillantes, formant un kimono blanc. Une écharpe de feu enveloppée ce qui semblait être la tenue céleste d’une jeune fille venue du ciel. Et, des deux cotés de sa tête, deux cornes inorganiques apparurent.

Cette posture. Cette force. Elles avaient prouvé sans aucun doute, que cette fille n’était pas humaine.

Un Esprit. Une calamité qui mettra fin à ce monde.

De ce que Shidou savait, à part ça, il n’y avait aucun autre mot qui pouvait décrire la fille en face de ses yeux.

Non… Pour être exact, il y avait encore un autre mot.

Un nom qui lui était unique, que Shidou connaissait que trop bien.

« Koto, ri… »

Kotori, Itsuka Kotori. Le visage de cette fille avec lequel il a passé de nombreuses années, il ne pouvait définitivement pas se tromper.

Cet Esprit, qu’importe la manière que l’on regarde, c’était la sœur de Shidou… Kotori.

« … Pourquoi… »

Shidou, qui ne comprenait pas la situation, fronça ses sourcils. Kotori était la sœur de Shidou. Alors tout naturellement, elle était humaine. Elle ne pouvait vraisemblablement pas être un Esprit.

Cependant, la scène qui se déroulait en face de ses yeux rejetait totalement sa manière de pensée.

Malgré les efforts de Shidou pour la rejeter… il avait l’impression d’avoir déjà vu Kotori sur cette forme auparavant.

Bien qu’il n’arrivait pas à se souvenir de quand, l’instant où il vit Kotori, il avait l’impression que quelque chose changé à l’intérieur de son cerveau.

Oui, c’est vrai, c’est…

« … Qu’est-ce qu’il se passe, nom de dieu ? »

À ce moment-là, comme si pour volontairement briser les pensés de Shidou, une voix résonna devant lui.

Une immense horloge derrière elle, un fusil dans sa main droite et un pistolet dans sa main gauche, Kurumi fronça ses sourcils tandis qu’elle fixait du regard Kotori qui était en l’air avec un visage exprimant tout son mécontentement.

« J’aimerais bien que tu évites de te mettre en travers de mon chemin. On allait arriver au meilleur moment. »

« Je m’excuse pour ça, mais c’est impossible. Tu en as un peu trop fait tout à l’heure… Mets-toi à genou devant moi et commençons la séance de punition de l’amour. »

Au même moment, elle utilisa sa main droite pour hisser l’immense hache de combat sur ses épaules, puis elle laissa échapper un grognement.

Kurumi ne s’attendait vraisemblablement pas à cette réponse de la part de Kotori, et elle élargit instantanément ses yeux. Cependant, cela fut vite remplacé par un fou rire venant de sa gorge.

« Ku, kuhihihi, hihihihihihi… ça devient intéressant. Par punition, est-ce que tu veux dire~~ de toi~ sur moi~ ? »

« Mm, si tu ne veux pas recevoir de fesser, retire tes clones et ton ange s’il te plaît. »

Aux mots de Kotori, Kurumi recommença à rigoler comme si c’était amusant. Les innombrables Kurumi eurent la même réaction.

« Hihihi, hihi. Bien que tu aies l’air sûr de toi et de tes compétences, ton arrogance peut te coûter cher un de ces jours, tu sais ? Mon Zafkiel est… »

« Si tu as du temps à perdre pour raconter n’importe quoi, alors dépêche-toi et attaque, sale porc. »

Kotori semblait énervée tandis qu’elle soupira, et le visage de Kurumi, qui riait jusqu’à présent, eut un mouvement convulsif.

Les nombreuses Kurumi qui étaient positionnées partout sur le toit se sont toutes retournées vers Kotori et lui laissaient des regards furieux.

Et à peu près au même moment, des gémissements de douleur résonnèrent en face. Il semblerait que Tohka et Origami furent frappées sur le bulbe rachidien[1] par les clones et perdirent connaissance sur le coup.

« Ce n’est pas grave. Je vais me débarrasser de toi très vite… faite-le ! »

Kurumi hurla lourdement. Instantanément, les clones de Kurumi sur le toit s’accroupirent tous ensembles et puis, elles firent un énorme saut pour se rapprocher de Kotori.

Un nombre inimaginable de balles noires furent tirées dans le ciel. Un rideau de feu impitoyable de balles de fusil et de pistolets. À la place du mot “attaque”, le mot “assaut” décrirait mieux la scène. Un nombre irréel de monstre cruel qui profite de leur écrasant avantage en nombre pour pulvériser leur adversaire. Les balles se rapprochaient de Kotori.

« … Pfff. »

Cependant, Kotori grogna, énervée, et dressa lentement la hache de combat sur ses épaules.

Sur le bout du manche qui était bien plus grand que Kotori, les flammes qui étaient en train de consumer l’air elle-même se comprimèrent, révélant la forme d’une lame. La lame suivait les mouvements de Kotori, traçant un chemin cramoisi, brillant légèrement.

« … Camael »

Et puis, au moment où le large groupe de Kurumi allaient atteindre Kotori, elle parla discrètement. La hache de combat de feu fut balancée en face d’elle avec une incroyable force. Le bruit de l’air fendu par la hache pouvait même être entendu depuis la position de Shidou.

« Ahahahahaha ! C’est inu~tile, tu sais ! »

Suite à cela, Kurumi laissa échapper un autre petit rire.

Qu’importe à quel point cette hache de guerre était large, c’était impossible d’éliminer les nombreuses Kurumi qui se rapprochaient d’elle de tous les côtés. Même si elle se débarrassait de celles en face, il n’est pas difficile de se dire que les autres Kurumi boucheront la brèche en un instant.

Cependant.

« Kihihi… hii… ? »

Soudainement, Kurumi perdit son sourire.

L’instant où Kotori balança Camael, l’extrémité de la lame de feu vacilla… et au même moment, les têtes, les bras, ou les jambes des nombreuses Kurumi qui se rapprochaient de Kotori s’envolèrent dans les airs.

« Ah, hein… ? »

Les Kurumi commencèrent à regarder leurs membres se faire découper, laissant échapper un bruit de manière confuse. L’instant d’après, elles étaient toutes englouties dans les flammes, devenant un tas de cendres avant de toucher terre.

« … »

Kotori regarda en bas sans rien dire… vers la direction de Shidou, tout en balançant une nouvelle fois Camael. Après cela, les flammes ondulèrent en avant comme un serpent, déchirant d’un coté et de l’autre les corps des Kurumi qui retenaient Shidou.

Accompagné par ce cri de mort pitoyable, le fardeau qui pesait sur le corps de Shidou disparut.

« … »

Shidou cracha les doigts qui étaient insérés à l’intérieur de sa bouche, toussant de nombreuses fois.

Et ensuite, les corps des Kurumi qui durent découpés par Camael prirent soudainement feu comme avant.

« Uu, c’est chaud… ! »

Shidou se releva à la hâte, *Pa Pa*, se secoua le corps pour se débarrasser des braises qui lui sont tombés dessus.

À ce moment-là, Kotori descendit lentement entre Shidou et Kurumi, s’armant Camael pour affronter Kurumi… C’était comme si, elle essayait de protéger Shidou.

« Koto-Kotori… Qu’est-ce qu’il se… »

« Écoute-moi, je veux que tu saisisses ta chance pour fuir lorsque Kurumi baissera sa garde. Après tout, actuellement… tu peux facilement mourir. »

« Haa… ? Qu’est-ce qu’il se… »

Cependant, la question du Shidou fut coupée par un rire en face de lui.

« Hihi, hihihihihihihi… ! Pas mal. »

Kurumi leva ses sourcils et saisit la poignée de ses armes, ayant un sourire sur l’un des coins de ses lèvres.

« Ce~pen~dant~, ce n’est pas encore fini, tu sais ? »

Disant cela, Kurumi dirigea ses deux armes vers l’horloge massive.

Shidou retint son souffle. C’est vrai. Kurumi avait toujours cet ange… l’ange qui contrôle le temps : Zafkiel.

« Kotori, fais attention, c’est… ! »

« Fufu, Shidou-san, s’il te plaît, ne fait pas une action aussi décevante que… celle-là ! »

Disant cela, Kurumi rechargea son arme avec l’ombre qui dégoulinait du chiffre romain [I] de l’horloge de Zafkiel, puis elle visa sa tempe et tira.

Instantanément, la silhouette de Kurumi disparut comme de la fumée.

Au même moment, Kotori souleva soudainement Camael au-dessus de sa tête. Ensuite, un bruit aigu se déclencha sur la hache, et Camael trembla légèrement.

À l’instant… c’était la même scène qui s’était produite durant le combat entre Kurumi et Mana. Aleph de Zafkiel. C’était une balle magique qui était capable d’accélérer le temps de sa cible.

Utilisant une vitesse qui lui était même impossible à suivre par son ombre, Kurumi attaqua sans relâche Kotori.

« Ah~hahahahahaha ! Excellent ! Excellent ! Comme on peut s’y attendre de la part d’un Esprit qui a manifesté son ange… ! Ça brûle, je suis tout feu tout flamme ! »

« Ça m’énerve. Si tu es vraiment une dame, alors que dirais-tu de soigner un peu tes manières ? » dit Kotori, en balançant le manche horizontalement.

Finalement, les yeux de Shidou purent enfin voir la silhouette de Kurumi, qui fut envoyée valdinguer par Camael.

Kurumi, qui avait sauté en l’air, sourit alors qu’elle se remettait en garde dans une position instable.

« Merci pour ton rappel. Donc pour écouter ta requête, je vais te tuer d’une manière plus élégante. Zafkiel : Zayin ! »

Juste après cela, une ombre dégoulina du chiffre romain [VII] de Zafkiel et elle fut absorbée dans le canon de ses armes.

Au même moment, Kurumi appuya sur la détente. Une balle totalement noire traça son chemin et se rapprocha de Kotori.

La position, la vitesse, la distance, qu’importe la manière que l’on regarde, cette attaque ne pouvait être évitée. Kotori se prépara, avec les lames enflammées de Camael, à stopper les balles.

« Kotori ! »

Mais… elle ne le pouvait pas. Shidou ne put s’empêcher de hurler.

Zayin. C’était l’attaque la plus brutale qu’avait utilisée Kurumi pour en finir avec Mana.

Il est inutile de se défendre ou des les intercepter. Le moment où le contact est fait avec la balle…

« Fufu, ahahahahahaha ! »

Accompagné du rire de Kurumi, le corps de Kotori devint immobile.

Mise à part ses membres, même ses manches qui n’avaient pas l’air d’être réelles et la lame de Camael, incluant ses cheveux, étaient tous suspendus en l’air.

« Ufufu, qu’importe à quel point tu peux être forte, c’est inutile une fois que quelqu’un t’attrape, pas vrai ? »

Au moment où Kurumi finit sa phrase, ses clones restants chargèrent leurs armes tous en même temps, puis elles visèrent Kotori et appuyèrent sur la détente.

« Arrê… »

Shidou n’a pas pu les arrêter à temps. Les balles tirées par des Kurumi sans merci se frayèrent un chemin sur le corps de Kotori. Sa douce peau reçu un nombre inimaginable de blessures horribles.

« Ça… fait vraiment du bien. »

À la fin, la Kurumi qui avait tiré Zayin se tenait en face de Kotori, poussant le canon entre ses yeux, et elle appuya sans hésitation sur la détente.

L’instant d’après, le corps de Kotori redevint mobile.

« … ! »

Du sang jaillit des nombreuses blessures de Kotori. Cependant, elle ne montra aucune réaction. Subissant le choc de la dernière attaque, son petit corps tomba en arrière, faisant face au ciel.

« Kotori… !! »

Shidou laissa échapper un hurlement tandis qu’il se précipita vers sa sœur, et il prit dans ses bras son corps qui était tombé par terre.

Cependant, c’était trop tard. Son corps entier était criblé de balle, brutalement mutilé dans une nuée inquiétante de sang, comme si elle allait se briser avec un léger toucher.

Il n’y avait même pas une onde d’espoir pour qu’elle survive. Shidou fixa du regard le corps battu de sa propre sœur et il utilisa ses bras pour s’appuyer contre le sol et éviter de tomber.

« Ah, ahh… »

« Ufufu, fufufufufufu, aaah, aaah, c’est enfin terminé. Elle était si forte, il sera difficile de trouver quelqu’un du même niveau. Quelle cruauté. Quelle tristesse. »

Kurumi tourna autour d’elle, et parla avec un ton qui laissait croire que c’était une comédie, gloussant comme si c’était amusant.

« Bon, alors, Shidou-kun, cette fois, c’est à ton tour. Je… »

Soudainement, Kurumi arrêta de parler.

Son visage montrait une surprise des plus totales, tout en regardant vers le corps de Kotori.

« C-C’est… »

Elle laissa échapper un son sidéré. Des flammes apparaissaient depuis les nombreuses blessures de balle gravées dans le corps de Kotori, et elles se développaient comme si elles essayaient de couvrir tout son corps.

Shidou avait déjà vu cette scène auparavant. Non, pour être exact… il l’avait déjà expérimenté avant.

« … Vraiment. Tu es vraiment prête à tout pour te débarrasser de moi. »

Utilisant ses talons comme un point d’appui, Kotori se relava d’une manière étrange.

Après que les flammes se soit dissolues, les blessures étaient guérites, le sang était parti, les déchirures sur sa tenue astrale n’étaient plus visibles, tout avait disparu.

Il était impossible de s’imaginer qu’elle venait de souffrir de blessures mortelles. Le cerveau de Shidou crut un instant que le précédent assaut était issu de son imagination.

« Quo… »

Elle était définitivement effrayée par la scène qui se produisait devant ses yeux. Kurumi leva ses sourcils tandis qu’elle fit un pas en arrière.

Comme si elle l’avait remarqué, Kotori se prépara une nouvelle fois au combat, lançant un furieux regard noir à Kurumi.

« Pour moi, ça aurait était meilleur si tu perdais toute volonté de te battre. »

« … Pfff, ne te moque pas de moi… ! »

Kurumi reprit ses esprits, et elle dirigea ses armes, dans ses deux mains, derrière elle.

Puis, l’horloge dans l’œil gauche de Kurumi commença à tourner en rond à haute vitesse, et une ombre dégoulina du chiffre romain [I] de Zafkiel, allant à l’intérieur de l’arme de Kurumi.

« Aleph… ! »

Kurumi l’appela, et appuya rapidement sur la détente de ses deux armes. Aleph toucha les Kurumi restantes dans le toit.

Après avoir tiré une dizaine de Aleph, Kurumi dirigea le canon vers sa poitrine, et appuya de nouveau sur la détente.

« … Tch. »

Kotori claqua de la langue comme si fâchée, et elle frappa soudainement avec sa jambe gauche en arrière, touchant le flanc de Shidou.

« Gue… ?! »

Faisant un bruit bizarre à cause du soudain impact, Shidou fut envoyé valdinguer derrière au même moment. Après l’arrêt de sa chute dû aux frottements du sol, Shidou se gratta la tête, se leva et cria.

« Qu… C’était pour quoi ça… »

Cependant, il ne put finir sa phrase.

Les Kurumi qui avaient obtenu une vitesse stupéfiante, commencèrent à affluer autour de Kotori comme si elles essayaient de la retenir avec une furie de coups de poing, de coups de pied, et de balles.

C’est vrai, parce qu’avant que les Kurumi amplifiées par le pouvoir de Aleph les atteignent, Kotori avait sacrifié le peu de temps qu’elle avait pour intercepter l’attaque pour permettre à Shidou de s’enfuir en lieu sûr.

« Déchire-les… Camael ! »

Kotori hurla, et la lame de Camael grandit de plusieurs fois sa taille originale, augmentant considérablement la portée de ses attaques.

Ensuite, de nombreuses Kurumi furent touchées par le balancement horizontalement de la lame de feu, et entaillées, percées, leur corps devinrent un tas de cendres.

« Ku… »

À ce moment-là, accompagnée par un gémissement douloureux, Kurumi se replia.

Il semblerait qu’elle se soit aussi faite touchée par l’attaque de Camael. De ses épaules jusqu’à son ventre, une coupure immonde, qui semblait être une brûlure, était apparue.

« Tu… penses être qui… sale môme ! »

Après cela, elle ajusta son arme, et cria.

« Zafkiel… Dalet ! »

Ensuite, Kurumi pointa son arme vers sa tempe et tira, et comme si le temps revenait en arrière, les blessures de Kurumi disparurent sans laisser de traces.

Presque simultanément, les clones de Kurumi qui volaient autour de Kotori avait été incinérées, transformées en cendres et emportées par le vent.

« Ara, c’est déjà fini ? C’était étonnamment facile. Tu peux très bien utiliser un peu plus de tes pouvoirs, tu sais ? »

Kotori posa sa hache de combat sur ses épaules, et laissa échapper un grognement.

Le visage de Kurumi se tordit horriblement à ces mots, ses dents grinçaient.

« Ces mots… Je vais te les faire regretter ! Zaaaaaaaafkieeeeeeeel !

L’instant où sa crise de colère s’arrêta, les aiguilles de l’œil gauche de Kurumi commencèrent à tourner à une vitesse jamais vue auparavant.

« … ! Tu ne veux toujours pas abandonner ! »

Comme quoi, elle avait un mauvais pressentiment de ce qui allé se produire. Kotori leva Camael au-dessus de sa tête. Cependant…

« … Ah. »

La gorge de Kotori fit un léger et très faible son, s’agenouillant sur place.

Elle utilisait Camael pour supporter son corps qui était sur le point de tomber, et l’autre main tenait sa tête souffrante.

« Ku… C-C’est… »

« Ko-Kotori ?! »

Ne comprenant pas ce qu’il se passait, tout ce qu’il savait, c’était que Kotori était en danger. Shidou ne put s’empêcher de crier.

« Ah~hahahahahahahaha ! Comme quoi, la situation a changé ! »

Kurumi rigola bruyamment, et visa, avec son fusil armé de la balle de Zafkiel, Kotori.

« Ku… »

Shidou fonça droit devant sans réfléchir. Il n’avait encore aucune idée de l’effet qu’avait la balle de Kurumi. Cependant, on n’avait pas trop besoin de s’attarder dessus, c’était sûrement une balle qui pouvait prendre la vie de Kotori.

L’instant où Kurumi appuya sur la détente, il devait attraper le corps de Kotori et éviter la balle de n’importe quelle manière. Si c’était impossible, alors Shidou allait utiliser son propre corps pour la protéger… !

… Cependant.

« … »

Le moment où Kurumi visa Kotori, cette dernière se redressa silencieusement.

« Kotori ! Tu vas bien ?! »

Bien qu’il le lui demandât, Kotori ne lui donna aucune réponse.

Elle ne faisait que silencieusement… utiliser ses pupilles cramoisis clignotantes, et fixa intensément du regard Kurumi.

Ce visage qu’il devait normalement reconnaître, pour une raison ou une autre, il lui était devenu totalement inconnu.

« Koto… ri… »

Kotori leva Camael haut dans les airs et le lâcha.

Ensuite, la lame de Camael disparut dans les airs, mais le manche resta toujours sur place.

« Camael… Megiddo[2]. »

Comme si il répondait à sa voix, Camael, qui avait perdu sa lame, commença à gronder.

Le manche se sépara de quelques pièces de l’arme, et il enveloppa lui-même autour de la main droite levée de Kotori.

Kotori, dont la main droite était engloutie par le grand bâton jusqu’à ses épaules, pointa le canon vers Kurumi.

… Cette forme, c’était comme les canons présents dans les champs de bataille.

Le canon de Camael commença lentement à s’étendre, relâchant une lueur rouge.

Et puis, les flammes qui entourées Kotori furent absorbées dans la bouche du canon.

« … ?! »

Probablement parce qu’elle avait vu Kotori, Kurumi, qui la visait avec ses armes, fonça ses sourcils. Un visage que Shidou n’avait jamais vu avant. Pour l’expliquer avec les mots de Shidou… C’était un regard qui montrait de la peur, ou du moins qui était en alerte.

« Les filles !! »

Au même moment, lorsque Kurumi cria, des clones sortirent de son ombre, et elles essayaient de la séparer de Kotori.

Kotori ouvrit silencieusement sa bouche.

« … Deviens de la poussière, Camael ! »

En entendant sa voix, il n’avait pas l’impression que c’était sa sœur avec laquelle il a passé de nombreuses années ensembles. C’était une voix calme et froide.

L’instant d’après… sortant du Camael prêt à l’attaque, un terrifiant jet de flammes surgit.

C’était comme si le cratère d’un volcan massif en éruption avait été comprimé pour ne laisser que quelques centimètres, et avec un feu écrasant, il traça une ligne droite depuis le toit de l’école jusqu’au ciel derrière. Leur environnement était, en un instant, teinté d’un vermillon semblable à celui de l’aube.

« Guh… »

Shidou utilisa inconsciemment sa main pour se couvrir le visage. Bien qu’il avait déjà quelques difficultés pour respirer, la chaleur qui s’introduisait dans son nez avait déjà commencé à brûler ses muqueuses, le lui empêchant définitivement. Malgré sa position derrière Kotori, sa peau avait quand l’impression d’être rôtie, et ouvrir les yeux lui était douloureux.

Quelques secondes plus tard, le rayon de feu qui avait brûlé le ciel, perdit lentement en ampleur… l’énorme canon équipée sur le bras droit de Kotori cracha de la fumée blanche, comme s’il avait accompli sa cruelle tâche.

« Keho… Keho… »

Tout en toussant un peu, il redressa son regard.

Quand la fumée qui lui obscurcissait le regard disparut… les épaules de Shidou reçurent un léger choc.

Le carrelage sur le toit et le grillage avaient fondu à cause de l’horrible feu, et rien n’avait était épargné… Cependant là-bas, les silhouettes de Kurumi et de Zafkiel était toujours présentes.

Cependant, les clones qui sont apparus pour protéger Kurumi avait déjà été transformés en un tas de cendre et ont disparu, et elle-même avait perdu son bras droit. Il a dû probablement être emporté par le terrible feu, la blessure ayant des marques noires similaire à du charbon, et même pas une seule goutte de sang était tombée.

Aussi, Zafkiel, qui flottait derrière Kurumi, avait perdu un quart de son horloge, là où les chiffres romains [I], [II] et [III] étaient sensés être, où un trou avait magnifiquement été créé.

Kurumi haleta, et s’accroupit faiblement.

Qu’importe la manière que l’on regarde, elle n’était plus en état de se battre.

… Mais.

« … Ramasse tes armes. » dit Kotori d’une faible voix, dirigeant Camael, qui avait la forme d’un canon, une nouvelle fois vers Kurumi.

« Ce combat n’est pas encore fini. Cette bataille n’est pas encore finie, tu sais. Maintenant, continue à tuer, Kurumi. C’était la bataille que tu voulais. C’est celle que tu as désirée… Si tu ne pointes pas tes armes vers moi, alors meurs, s’il te plaît. »

« Kotori… ? Qu-Qu’est-ce tu es en train de dire ? »

Shidou courut vers Kotori, et attrapa ses épaules.

« Si tu tires une nouvelle fois, elle va vraiment mourir, tu sais ? La mission du <Ratatoskr>, ce n’est pas de résoudre ce problème sans tuer les Esprits ?! »

Cependant, Kotori ne prêtait aucune attention aux mots de Shidou. Le canon de Camael commençait une nouvelle fois à absorber des flammes.

« … ! Hé, hé, Kotori ! »

Shidou se mit en face de Kotori… et puis il retint son souffle.

« Qu… »

Un regard froid, des yeux qui brillaient d’une lueur rouge étrange. Sa bouche souriait, une expression sur ce visage semblable à une explosion de joie.

… Ce n’est pas possible. Shidou trembla. C’était évident que ce n’était pas l’habituelle Kotori qu’il connaissait.

L’instant où il le réalisa, Shidou commença à courir… vers Kurumi qui était accroupie au sol désespérément.

« Kurumi ! »

« Shi… dou, san… ? »

C’était déjà trop tard pour s’échapper avec Kurumi. Shidou se mit devant elle, dans l’espoir de réduire les dégâts qu’elle pouvait encaisser.

Au même moment, à l’intérieur de Camael, le rugissement cramoisi qui pouvait tout incinérer fut une nouvelle fois relâché.

Et soudainement…

« … ! »

Kotori, qui était équipée de Camael, élargit soudainement ses yeux.

« Onii-chan… ! Enfuis-toi ! » cria-t-elle, et elle dirigea Camael sur son bras droit vers les cieux.

Mais cela n’était tout simplement pas suffisant pour complètement altérer la direction des flammes qui venaient d’être relâchées…

« … »

Shidou ne voyait plus qu’un monde teint d’une nuance de rouge en face de lui, et il perdit connaissance à ce moment-là.

Brûler. Brûler. Tout était en train de brûler.

Brûler. Brûler. Les rues étaient en train de brûler.

Brûler. Brûler. Le monde entier était en train de brûler.

La vision de Shidou était dominée par les flammes.

Crépitantes. Grondantes. Rugissantes.

Malgré cela, Shidou ne s’arrêtait pas d’avancer.

« Kotori… ! Kotori ! »

Hurlant le nom de sa sœur, il avait son attention porter uniquement sur son chemin à travers les rues de ce qui semblaient être un enfer.

Malgré cela, Shidou n’arrivait toujours pas à comprendre ce qu’il se passait.

Mais c’était quelque chose dont il ne pouvait rien y faire. Quand il s’était préparé à renter chez lui, il découvrit par hasard que les rues qu’il avait l’habitude de prendre étaient maintenant englouties dans une mer de flamme.

Aujourd’hui, c’était le neuvième anniversaire de Kotori. Shidou était allé à la station pour pouvoir lui acheter un cadeau. Peut-être que c’était la raison pour laquelle il avait évité le désastre, il devrait la remercier pour ça… Cependant, le problème était que Kotori elle-même était toujours à la maison. C’était l’anniversaire de Kotori, mais leurs parents n’étaient pas là à cause du travail, comme d’habitude. Actuellement, seule Kotori était à la maison.

Cette pleurnicheuse de Kotori, elle doit définitivement être en train de pleurer à cause de ce sentiment de solitude dont elle est incapable de se séparer.

L’instant où cette image apparue dans sa tête, Shidou commença à courir.

Kotori. La mignonne petite sœur de Shidou. Celle qui a donné une famille à l’orphelin qu’était Shidou, une gentille fille.

Il y a longtemps, quand il fut abandonné par sa propre mère biologique, quand il était au fin fond du désespoir, Shidou fut sauvée par sa famille d’accueil et aussi par Kotori.

Alors cette fois, c’était au tour de Shidou de la sauver. Si c’était pour Kotori, Shidou n’hésiterait pas à y donner sa vie pour elle.

« Kotori… !!! »

Criant encore et encore, il courut vers la direction de sa maison.

Cependant, à ce point Shidou s’arrêta. Les rues devant lui, les intenses flammes qui crachaient toujours de la fumée, elles avaient disparu sans laisser de trace comme si elles avaient été aspirées ailleurs.

Au même moment, au milieu de tout ça. Une petite fille menue, était assise par terre tout en pleurant.

« C’est… »

Une fille qui était bizarrement habillée. Des manches et une jupe trop grandes pour elle et qui faisaient parties d’un kimono, ainsi que des cornes sur sa tête. Et une écharpe blanche qui enveloppée son corps. Tout autour d’elle, des flammes vacillaient en faisant des allers-retours.

Cependant, Shidou reconnut rapidement cette fille, qui était sa mignonne petite sœur.

Kotori, elle… était en train de pleurer.

… La réaction de Shidou, n’a pas besoin d’être décrite.

« Kotori ! »

« Uu, ah, ah, O-Onii-chan… Onii-chan, Onii-chan… ! »

Cependant, l’instant où Shidou se rapprocha de Kotori, les flammes qui enveloppaient Kotori commencèrent rapidement à se croître.

Kotori ouvrit largement ses yeux sur le choc, ses épaules commencèrent à trembler.

« Onii-chan ! Ne t’approche pas de moiiiiiiiii !! » hurla-elle d’une voix mélangée avec la tristesse, et avec un volume qui pouvait lui déchirer la gorge. »

« … Hein ? »

Shidou était abasourdi.

Mais il ne pouvait rien y faire. Quand il le réalisa, le corps de Shidou avait déjà été frappé par les flammes extensibles de Kotori et il fut légèrement envoyé en l’air.

« Ah… »

Son dos frappa le sol avec un craquement. Une grosse sensation de douleur lui traversa le dos, et sa peau toute entière criait de douleur dû aux brûlures. Cependant, bien que Shidou rampait douloureusement par terre, il était incapable de crier. Bien qu’il était, avec sa vision et sa conscience troublées, en train de regarder le ciel et de légèrement haleter.

Si c’était comme ça, il aurait été meilleur de perdre connaissance. Il ne pouvait même plus bouger un doigt. Il ne pouvait ressentir que de la douleur sur son corps, et quand il accepta le fait qu’il était sur le point de mourir, il ressentit la peur de l’inconnu grandir en lui.

« Onii-chan… ! »

Puis, Kotori, qui semblait effrayée, se précipita vers lui.

Bien qu’il avait pensé il y a quelques secondes que ça serait bien mieux de tout laisser tomber, il changea rapidement d’avis. Pour le moment pour Shidou, pouvoir voir le visage de Kotori était une très précieuse récompense avec laquelle il ne pouvait rien échanger en ce monde.

De grosses larmes tombées des yeux de Kotori. Quand les larmes rentrèrent en contact avec la peau brûlée de Shidou, une douleur aiguë l’attaqua. Cependant, Shidou se serra les dents alors qu’il essayait de faire le mieux qui soit pour gémir. S’il laissait cette pleurnicheuse de Kotori pleurer, alors Shidou aurait été un mauvais grand frère.

Dans son champs de vision troublé, les larmes ruisselaient du visage de Kotori. Le ciel devenait lentement plus sombre. Tout ce qu’il voyait semblait devenir flou.

Cependant… Juste à ce moment-là.

« … Hé, est-ce que tu veux la sauver ? »

Une telle voix, résonna au-dessus de Kotori et Shidou.

« … Tsss… »

Une faible douleur coupa le désir ardent de dormir de la tête de Shidou. Il se gratta le front tout en poussant un léger gémissement.

Il n’y avait aucune blessure nul part. Mise à part des coupures, il n’y avait même pas de contusions. S’il lui restait encore un endroit pas confortable, alors ça serait cette douleur qui réside dans sa tête.

Ouvrant ses yeux après avoir gémi un instant, un plafond rempli de tuyauterie entra dans sa vision.

À ce point-là, Shidou réalisa finalement qu’il était en train de dormir dans un lit.

« Cet endroit, c’est… »

Shidou cligna quelques fois des yeux, tout en observant son environnement. Les lits étaient séparés de manière égales entre eux, et autour de chacun, il y avait des rideaux utilisés pour pouvoir les séparer.

C’était un endroit familier. Shidou avait déjà dormi ici auparavant comme maintenant.

C’est vrai. Cet endroit était l’infirmerie du <Fraxinus>, un dirigeable de l’organisation <Ratatoskr>.

Shidou, pour essayer de faire disparaître la fatigue de sa tête, s’assit tout en se donnant quelques légers coups à la tête.

« Aïe aïe aïe… »

Ce n’était pas juste sa tête, mais toutes les articulations de son corps lui faisaient mal. Shidou fronça un peu ses sourcils.

Ensuite, il ne savait pas pourquoi mais il y avait une sensation étrange sur ses lèvres. Il avait sûrement touché quelque chose avant de tomber dans les pommes.

Cependant, Shidou oublia rapidement tout ça. La raison pour ça était simple. Une fille qu’il connaissait se reposait sur son lit et s’était endormie.

De magnifiquement cheveux noirs, une peau aussi lisse que de la poterie. Un visage si parfait qu’on aurait dit qu’il a été fait à la main, sa posture pour dormir était semblable à celle des personnages de conte de fée… Eh bien, cela aurait été parfait si elle n’avait pas de la bave qui sortait de sa bouche.

« Tohka… ? »

Bien que Shidou prononça son nom, la fille… Yatogami Tohka ne répondit pas. Il n’y avait que ses épaules qui effectuaient un mouvement répétitif dans un certain rythme, elle dormait silencieusement.

« Pourquoi est-ce que Tohka se trouve ici… Non attends, dans un premier temps, pourquoi suis-je… »

À ce moment-là, le marmonnement de Shidou fut interrompu.

La porte de l’infirmerie s’ouvrit soudainement, et on pouvait entendre les pas de deux personnes.

« … Mm ? Aaah, tu es réveillé hum, Shin. »

Vêtue d’un uniforme militaire couleur marron, une femme dans la vingtaine regarda Shidou et parla.

Elle avait deux yeux entourés de cernes sombres, c’était l’officier d’analyse du <Ratatoskr> qui avait la peau aussi blanche que le neige et qui témoigné de son mode de vie confinée, Murasame Reine.

« Reine-san ? Et… »

Quand Shidou lui répondit, il regarda soudainement derrière elle. Il y avait une fille qui avait entre treize et quatorze ans, qui se cachait derrière Reine.

Une fille qui cachait ses cheveux bleus qui ne pouvait pas pousser naturellement dans ce monde et ses magnifique yeux bleu-vert sous un chapeau de soleil qui avait de large bord. Sa main gauche portait la poupée d’une lapine qui avait l’air loufoque ; il faisait occasionnellement quelques signes de ses petites mains.

« Ooh, Shidou-kun. Pour~quoi, tu n’as pas l’air trop en forme. On s’inquiétait pour toi. »

« Si tu vas bien… alors, c’est bien. »

Après le discours de la poupée avec des mouvements exagérés, la jeune fille laissa échapper une faible voix.

« Même Yoshino est… Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement… ? »

« Mmm… »

« … A-Aaah, désolé. Yoshinon est là aussi. »

Shidou s’excusa auprès de la poupée qui avait exprimé son mécontentement. Il regarda de nouveau vers Reine.

« Alors, Reine-san. Pourquoi suis-je, dans un tel endroit… ? »

« …Mm. Hier, après le combat contre Tokisaki Kurumi, on t’a amené ici, comme tu venais juste de perdre connaissance. »

« … ! »

Tokisaki Kurumi. La fille qui a soudainement été transférée dans l’école de Shidou… un Esprit.

L’instant où Reine prononça ce nom, la douleur qui avait presque disparu de la tête de Shidou refit surface.

Le combat de la veille, tout cela réapparut clairement dans ses souvenirs.

« C’est vrai, ah… ! Qu-Qu’est-ce qu’il s’est passé à la fin ? Pourquoi Tohka n’est toujours pas debout ? Est-ce qu’elle va bien ? Qu’en est-il de Kotori ? Celle-là, soudainement apparaître comme ça… Et puis aussi, c’était quoi cette apparence qu’elle avait… ! Et Origami ?! Sa vie doit également être en danger après tout ce que lui a fait Kurumi ! »

« … En premier temps, calme-toi Shin. »

« … Ah oui, et Mana ?! Je ne l’ai plus revue après tout ça ! Est-ce qu’elle va bien ?! Et Kurumi… Est-ce qu’elle est toujours en vie aussi ?! Et toutes les personnes à l’école aussi… »

À ce stade, les mots de Shidou furent soudainement coupés, ou pour être plus précis, ils furent coupés de force.

C’était parce que Reine avait prit dans ses bras la tête du Shidou hors de lui, et lui fit de force un câlin.

« Mm… ! Mm… ?! »

« … Ça va aller, ça va aller. » dit-elle, tout en caressant légèrement la tête de Shidou.

Et ainsi, Reine le relâcha quelques secondes plus tard.

« … T’es-tu calmé ? »

« A-Aah… »

Après avoir lâcher de force un soupir, il leva sa tête et il lui jeta un coup d’œil interrogateur, puis Reine lui répondit en hochant la tête. Yoshino, qui était derrière, utilisait ses mains pour couvrir son visage tout rouge, mais elle jetait quand même des coups d’œil à travers les trous entres ses doigts.

« … Détends-toi. Tout le monde va bien. De ce que je sais, il n’y a eu aucun mort. Les hôpitaux proches sont sur le point d’exploser à cause du grand nombre de patients. Tobiichi Origami et Takamiya Mana ont été récupérées par les membres de l’AST qui sont arrivés plus tard, elles ont dû être transportées dans l’hôpital militaire de Tenguu. Ils ont des unités de Realizer médicaux là-bas… Pour le cas de Kurumi, elle a saisi l’opportunité pour s’enfuir. Tohka, c’est comme tu peux le voir. Malgré ses blessures, elle a insisté pour pouvoir être à tes cotés. Elle s’est probablement endormie à cause de la fatigue. »

« … »

En écoutant les mots de Reine, Shidou se serra les dents et les poings.

… Au final, Shidou n’a résolu absolument aucun problème.

Il avait précédemment dit qu’il sauverait définitivement Kurumi et Mana, mais au final il n’a pas pu le faire.

Kurumi et Mana ont toutes les deux souffertes de sérieuses blessures, Origami et Tohka, ainsi que toutes les personnes présentes dans l’école, furent aussi mêler à cette affaire, et enfin, il n’a pas réussi à sceller les pouvoirs de Kurumi.

« Fais… chier… »

Ne pouvant s’empêcher de jurer, il donna un grand coup sur son matelas.

« … Tu as déjà fait de ton mieux. Ne t’en veux pas trop. »

« M-Mais… ! »

« Le fait que Kurumi cachait un pouvoir d’une telle force, personne ne l’avait prédit. Pourquoi tu ne te contenterais pas d’être heureux du fait que tout le monde soit en vie ? Si tu veux toujours sauver Kurumi, alors essaye de réfléchir sur la manière d’utiliser ces deux mains pour la frapper sur le visage et la gronder.

« … Oui… » dit Shidou, tout en retenant ses émotions…

Puis soudainement, il ouvrit grandement ses yeux.

« Reine-san… ! Kotori. Où est Kotori en ce moment ? »

Il supporta le haut de son corps tandis qu’il lui posa la question, cependant Reine ne répondit pas contrairement à ce qu’il espérait.

« … Je vais te montrer le chemin. Peux-tu te lever ? »

« Ou-Ouais. »

Shidou plia le drap, mit les chaussures qui étaient en dessous du lit, et se leva. Cependant… probablement à cause du fait qu’il est resté longtemps couché, il eut quelques coup de vertiges lorsqu’il se leva, et il n’arrivait pas à maintenir son équilibre.

« … ! »

À ce moment-là, Yoshino, qui était à coté de Reine, se précipita pour supporter le corps de Shidou.

« O-Oh, désolé. Merci, Yoshino. » dit Shidou avec un sourire amer.

« Non, pas besoin… » dit Yoshino tout en baissant sa tête, gênée.

Yoshinon, dans sa main gauche, commença à siffler *Shu…*.

« … Tu vas bien ? Ça serait mieux si tu te reposais encore un peu… »

« Non, je vais bien. À part ça, dépêchons-nous et allons voir Kotori. »

Reine regarda Shidou tout en refermant ses yeux, et après quoi, elle lâcha un léger soupir et hocha de la tête.

« … Suis-moi. » dit-elle, et elle se retourna lentement.

Après que Shidou aille placé Tohka sur le lit, il commença à marcher derrière elle.

Yoshino supportait Shidou à la taille tandis qu’ils se dirigeaient en face d’eux ensembles.

« Yoshino ? Je vais bien maintenant, tu sais ? »

« … Ah, oui… mais, c’est, c’est toujours dangereux. »

Shidou était si fragile aux yeux de Yoshino.

Mais il n’y avait aucune raison de refuser de force ce geste amical. Shidou sourit amèrement et il dit « … Alors, je compte sur toi. ». Marchant devant lui, pour une raison ou une autre, la poupée lapine n’arrêtait pas de sourire, mais ça avait l’air d’être la même chose que d’habitude, alors il n’y prit pas attention.

Avec Yoshino qui l’accompagne, leurs pas résonnaient à l’intérieur du couloir étroit du <Fraxinus>.

Et ainsi, après avoir marché quelques minutes.

« … C’est ici. »

Regardant la porte en face de Reine, qui s’était arrêtée, Shidou retenait involontairement son souffle.

Shidou n’avait pas encore prit l’habitude de voir la décoration intérieur du <Fraxinus>. Bien qu’il soit venu ici plusieurs fois, il n’a pas pu faire un seul tour détaillé de l’endroit, les seuls emplacements où il était allé étaient la partie inférieur de la frégate où est situé l’unité de transfert, le pont, l’infirmerie, les toilettes, la cafétéria et les dortoirs.

Pour être honnête, Shidou n’avait aucune idée de leur localisation actuelle ou dans quel but cette pièce était utilisée.

« Cet endroit, c’est… »

Bien qu’il lui envoyait quelques regards interrogateurs, Reine ne donna aucune réponse. Elle se tenait en face du verrou électronique installé à côté de la porte, et après avoir insérer le mot de passe, elle plaça sa main dessus.

« … Officier d’analyse. Murasame Reine. »

Après avoir prononcé son nom, le verrou électronique laissa échapper un faible bruit, et la porte s’ouvrit des deux côtés.

« … Bon alors, allons-y. »

Reine entra dans la pièce. Shidou se serra de force la gorge et la suivit juste derrière.

Et puis, Shidou fronça ses sourcils. Une pièce vraiment unique. La partie avant de la pièce était séparée de l’intérieur par un mur de verre, et en utilisant ceci comme une frontière, cette partie de la chambre était curieusement décorée.

En contraste avec le laboratoire sombre où il y avait peu d’espace libre dû aux diverses machines placées à côté du groupe de Shidou, l’intérieur de cette autre partie avait l’air aussi bien tenue qu’un appartement où l’on pouvait vivre une vie ordinaire.

C’était comme un espace utilisé pour observer et contenir des bêtes féroces.

Et dans le partie la plus éloignée de la chambre, séparée par du verre, il y avait Kotori. Elle était nonchalamment assisse sur une chaise, en train de boire élégamment du thé rouge.

Elle ne portait pas sa tenue astrale mais sa tenue habituelle. Kotori avait son apparence habituelle, ce qui poussa Shidou à relâcher un soupir de soulagement.

« Kotori ! »

Il cria son nom. Néanmoins, elle ne donna aucune réponse.

« Le son est incapable de traverser ce mur… Shin. À partir de maintenant, tu vas devoir continuer tout seul. » dit Reine.

Puis elle se mit à marcher vers un coin du mur de verre, où une porte semblait se situer.

Yoshino se sépara de Shidou. Après que Shidou lui fit un léger signe de gratitude avec sa tête, il marcha vers la direction de Reine.

Reine fit les mêmes procédures qu’avant, la reconnaissance de l’empreinte digitale et de l’empreinte vocale, et la porte s’ouvrit. Shidou baissa légèrement sa tête et entra au fond de la chambre. Au même moment, le mur de verre qui séparait l’étrange chambre du reste de la salle entra dans son champs de vision… Sa méfiance fut brutalement réveillée une nouvelle fois.

« … Mm ? Ara, si ce n’est pas Shidou. Je vois que tu t’es réveillé. »

Au même moment, Kotori avait remarqué l’arrivé de l’intrus.

« O-Oh… »

Ne savant pas pourquoi, Shidou se sentait un peu mal à l’aise, et il lui répondit avec un ton bizarre.

« Eh bien, ne reste pas là, pourquoi tu n’irais pas t’asseoir ? Si tu as envie d’être un épouvantail, tu as tout mon soutien, tu le sais ? »

« Ah, non… Mm, OK. »

Après qu’on lui est dit de cette manière, Shidou s’assit sur une chaise en face de Kotori. Au même moment, il jeta un coup d’œil vers le groupe de Reine mais il ne pouvait plus les voir. De l’autre côté de ce qui semblait être un mur de verre qui séparait les pièces, c’était un mur blanc qui ne pouvait être vu que de ce côté.

« … »

« … »

Ils restèrent tous les deux silencieux et se fixèrent du regard tout en étant séparés par la table.

Il y avait plein de chose qu’il aurait aimé dire, mais quand il était en face de la personne en question, il ne savait plus quoi faire.

Kotori ne semblait pas être paniquée, et après avoir mis de la cannelle dans son thé au lait et l’avoir mélangé… elle le boit sans aucune hésitation.

« … C’est pas vrai, ce n’est pas une Chupa Chups ! »

Shidou ne put s’empêcher de crier. C’est exact, la chose qu’elle avait trempée dans son thé rouge n’était ni de la cannelle, ni une cuillère, ni un agitateur, mais c’était la sucette préférée de Kotori.

« Qu’est-ce qu’il y a, tu as quelque chose à dire ? »

« Non, pas du tout ! »

Après ce cri, Shidou laissa échapper un soupir… D’une certaine manière, il avait l’impression de s’être calmé sans qu’il s’en rende compte. Au fin fond de son cœur, il remercia silencieusement la Chupa Chups, et Shidou ouvrit sa bouche pour parler.

« Kotori… Qu’est-ce que, tu es exactement ? »

« Je suis la mignonne petite sœur de Shidou, bien entendu. »

« … Je n’en suis pas convaincu si tu dis toi-même être mignonne ! »

« Je ne le suis pas ? »

« … Eh bien, je ne vais pas dénier ce que tu viens de dire. »

Shidou se gratta la tête, plaça ses mains sur ses genoux, et il baissa légèrement sa tête.

« Kotori… Est-ce que, tu es un Esprit ? »

Ne tournant pas autour du pot, il lui posa directement sa question. Il lui demanda celle qui le tracassait le plus.

Kotori grogna et haussa ses épaules.

« Pfff, si je te disais que non, tu ne me croiras pas n’est-ce pas ? »

« Aaah. Si tu dis que non, alors je te crois. »

« … Vraiment ? Croire aux autres et non à ce que tu vois, ce n’est pas très sage de ta part. »

« Même si j’étais quelqu’un d’intelligent, si je ne fais pas confiance en ma petite sœur, alors je suis un échec en tant que grand frère. »

« … »

Kotori posa la tasse de thé sur son sous-tasse, et observa Shidou sans rien dire.

Après quelques contacts visuels pendant quelques secondes, elle lâcha un léger soupir.

« … Je suis, humaine tu sais. Du moins, c’est ce que je crois… Cependant, ce n’est plus le cas. Parce que d’après les valeurs du système de contrôle, je suis déjà rentrée dans la catégorie des Esprits. »

« Qu’est-ce qu’il… se passe ? »

Ne comprenant pas les mots de Kotori, Shidou fronça ses sourcils. Kotori, qui en temps normal l’aurai frappé, semblait s’attendre à cette réponse et continua de parler.

« Je suis une humaine qui est née au sein de la famille Itsuka. Ce fait est indéniable. Cependant, il y a environ cinq ans… Je, suis devenue, un Esprit. »

« Haa… ? »

Shidou, dont les yeux étaient devenus des points, ouvrit grandement se bouche et laissa échapper un bruit sidéré.

Les Esprits étaient des créatures qui vivaient dans un territoire connu sous le nom de “autre-monde”. Ils étaient considérés comme des armes biologiques spéciales de destruction massive. Du moins, c’est que Shidou avait entendu de Kotori et Reine.

« Mais que diable se passe-t-il ? Humains et Esprits, ce n’était pas des espèces différentes depuis le début ? »

« Eh bien… C’est vrai. Pour faire simple, “Je suis devenue une humaine qui possède le pouvoir d’un Esprit” serait une phrase plus juste. »

« Ce genre de chose… »

En plein milieu de sa phrase, Shidou fronça soudainement ses sourcils.

Un certain souvenir lui passait à la tête.

« Ah… »

Ce rêve. Celui qu’il a vu avant de se réveiller, ce rêve.

Au beau milieu de rues en flammes, Kotori qui portait sa tenue astrale et qui pleurait seule… ce rêve.

« Quelque chose ne va pas, Shidou ? »

« Ah, non… Je… m’en… sou… viens… ? »

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda Kotori.

Le sérieux qui s’affichait sur son visage fit en sorte que Shidou fit inconsciemment un pas en arrière.

« M-Même si tu me demandes ça, je… »

« Inutile de le dire mais, le feu d’il y a cinq ans… le moment où je suis devenue un Esprit, tu l’as complètement oublié non, Shidou ? »

« Ah, c’est vrai… comment le dire…. À propos de ça, ne rigole pas, d’accord ? »

« Je ne vais pas rigoler. »

Kotori croisa nonchalamment ses deux bras, et Shidou se gratta l’arrière de la tête et il se mit à parler.

« C’est, à l’instant, dans mes rêves… »

« Tes rêves ? Quel genre de rêve ? »

« Aa, aaah… »

Après que Shidou aille fini d’expliquer ce dont il se rappelait grâce à son rêve, Kotori tourna son visage légèrement rouge de l’autre côté.

« Eh bien, bien qu’il y a une petite différence avec le moment où je pleurais et je hurlais sans arrêt “Onii-chan”… c’était plutôt proche de ce dont je me souviens. »

Kotori utilisa sa main pour supporter son menton tandis qu’elle se plongea dans ses pensées, et après cela elle leva le bâton de sa Chupa Chups.

« … Ça peut être que, comme j’ai repris mes pouvoirs spirituels de Shidou, cela aurait pu provoquer un refoulement de nos souvenirs dans la connexion. Et au même moment, cela a également activé les propres souvenirs de Shidou… ? Mm, c’est intéressant. »

Kotori semblait réfléchir sur quelque chose, et puis elle hocha légèrement de la tête.

« … Ne te mets pas à essayer de tout comprendre toute seule. À part ça, Kotori. »

« Mm ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Kotori leva sa tête et regarda Shidou.

« Se transformer en Esprit… C’est ce que tu as dis non. Alors il y a cinq ans, qu’est-ce qu’il s’est exactement passé ? »

Les humains et les Esprits étaient des entités totalement différentes. Alors un humain qui devient un Esprit à mi-chemin… ou plutôt, un humain qui gagne le pouvoir d’un Esprit et autre, que diable se passe-t-il ?

Cependant Kotori secoua sa tête.

« Le truc c’est que, je n’arrive pas du tout à m’en souvenir. »

« Haa… ? Tu ne peux pas t’en souvenir… hum. »

« Mm… Je peux vaguement me souvenir de ce qu’il s’est passé, mais les détails m’échappent. Ah non, je peux toujours me rappeler d’être devenue un Esprit, tu sais ? Mais je ne m’en rappelle plus comment. »

« … Ne va pas oublier une chose si importante ! »

« Je ne veux entendre ça de la part d’un grand frère qui a tout oublié. »

« Guh… »

Shidou ne pouvait pas le nier. Cependant, une autre question lui passa une nouvelle fois à la tête.

« Mais… Tu avais l’air d’être habituée à te battre à ce moment-là. »

Shidou se rappela de la scène sur le toit. C’est vrai, Kotori elle, bien qu’elle a laissé son adversaire s’échapper, elle avait sans aucun doute battu Kurumi.

« C’est vraiment incroyable. Bien que j’avais fait quelques combats d’entraînement, c’était ma première fois dans un vrai… Même si, eh bien, mes souvenirs sont devenus flous quand je suis devenue un Esprit, je n’avais aucune idée de ce qu’il se passait, mon corps bougeait tout seul comme s’il savait se battre, ça m’a vraiment étonnée. »

« Quo… A-Alors qu’en est-il des déchirures spatiales qui se neutralisent entre eux… »

« Aaah, c’était juste une tentative désespérée. Même si le plan de Reine montrait que c’était possible, je n’ai vraiment pas envie de le refaire. Si j’échouais, alors la déchirure spatiale ne serait que plus puissante, tu sais. »

Kotori parla nonchalamment, et Shidou transpira.

Après cela, Kotori soupira puis continua.

« Mais… Eh bien, Shidou a raison aussi. »

« Quoi ? »

« Je n’aurai pas dû oublier une chose si importante. Je suis plutôt d’accord là-dessus. Hormis Shidou, ce genre de chose importante qui a bousillé ma vie, je ne devrais pas l’oublier si facilement.

« C’était pour quoi ce “hormis Shidou”… »

Shidou ferma à moitié ses yeux de mécontentement. Cependant, Kotori l’ignora et continua à parler.

« Il y a cinq ans, les deux personnes qui étaient là quand tout ça s’est produit ont perdu leur souvenir… Tu ne trouves pas ça étrange ? »

« … Maintenant que tu le dis… »

« En d’autre mot, on nous aurait effacer nos souvenir ? »

« Quo… »

… Qui leur avait, supprimer leurs souvenirs ? Cette phrase très désagréable força Shidou à lever ses sourcils.

En effet, si on utilisait une unité de realizer… ou si c’était un Esprit avec des pouvoirs inconnus, c’était possible. Ces possibilités ne pouvaient pas être écarter. Cependant, qui était-ce et dans quel but ?

Voyant le réaction de Shidou, Kotori haussa ses épaules.

« Eh bien, c’était juste une parmi tant d’autres possibilités. »

Même si Kotori tentait de calmer le jeu, le dos de Shidou était toujours trempé de sueur.

Si quelqu’un venait à penser de cette manière, alors tout se concorderait.

Cependant, puisqu’il ne pouvait plus s’en souvenir, alors ça ne servirait à rien de trop s’attarder dessus. Et Shidou avait une autre question urgente dans la tête.

« Mais… après ça, Kotori tu as retrouvé une vie ordinaire, non ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Malgré tout cela, du feu d’il y a cinq ans jusqu’à maintenant, Itsuka Kotori vivait une vie toute à fait ordinaire avec Shidou. C’était un fait indéniable pour lui.

Cependant, Kotori le questionna avec un « Haa ? ».

« Si on parle de ça, tu ne peux pas t’en rappeler ? Ça dû être toi, Shidou, qui a scellé mes pouvoirs, non ? »

« Hein ? »

Shidou laissa échapper une voix stupide.

« M-Moi… ? »

« Mmm… Je l’ai dit hier, pas vrai ? Je vais・temporairement・reprendre・mes pouvoirs, ou un truc du genre. »

Maintenant qu’elle le dit, hier, quand Kotori est apparue, elle avait dit ça.

« Moi, hum… »

Shidou utilisa sa main pour se tenir le front, et gémit un peu. La douleur que sa tête ressentait quand il a vu Kotori dans sa tenue astrale refit surface.

« C’est vrai… Après que Shidou aille scellé mes pouvoirs, le <Ratatoskr> m’a recrutée. Après ça… après avoir compris tout ce qu’il se passait réellement en ce monde et l’existence des Esprits… J’ai, voulu les sauver. »

« … »

Pourquoi Kotori a dû, malgré le fait qu’elle n’a pas encore quatorze ans, devenir commandent dans une organisation secrète tel que le <Ratatoskr> ? La question qu’il se posait jusqu’à présent… avait enfin une réponse.

Et puis, Kotori continua a parler.

« Choisir Shidou en tant que médiateur pour parler aux Esprits, c’était aussi la raison. Même si je ne sais pas pourquoi, tu possèdes réellement une capacité capable de sceller les pouvoirs des Esprits. »

« Ah… »

Shidou ouvrit grandement ses yeux.

Il se posait effectivement cette question. Même si Shidou avait ce genre de pouvoir, il se demandait comment le <Ratatoskr> l’avait découvert.

Ce n’était pas vraiment qu’il l’avait découvert. C’était parce qu’il y a cinq ans, Kotori est devenue une preuve vivante.

Avec tout ça de dit, alors tout était clair maintenant. Chaque fois qu’elle se faisait tirer dessus par Kurumi, les blessures gravées sur sa peau étaient couvertes de flammes et se soignaient.

C’était sans aucun doute la source du pouvoir régénératif de Shidou.

« Alors ça veut dire… »

Probablement en train de deviner les pensées de Shidou à travers son visage, Kotori hocha de la tête.

« C’est exact. Le pouvoir de régénération de Shidou, était à l’origine mien pour commencer… Shidou, lève-toi un petit moment s’il te plaît. »

« Haa ? P-Pour quoi faire ? »

« Allez maintenant, dépêche-toi. »

Shidou se leva comme Kotori lui avait demandé.

Soudainement, Kotori lui envoya un coup de poing sur son plexus solaire, et Shidou tomba au sol avec son corps penché comme le caractère “く”.

« Guha… ?! »

« Je te l’ai dit non. Je te l’avais bien dit pas vrai ? Essaye de t’en souvenir. Le toi actuel peut facilement mourir maintenant. Mais quoi ? Pour pouvoir sauver Kurumi, tu t’es désespérément mis en face de Camael… ! Si je n’avais pas repris mes esprits juste à temps et déviais la trajectoire, si c’était trop tard, tu serais peut-être devenu un tas de cendres à l’heure qu’il est… ! Et tu as laissé Kurumi s’échapper aussi ! Hé, tu m’écoutes ?! »

« J-Je t’écoute… Je t’écoute alors arrête de me secouer aussi brusquement à la fin… »

Shidou était à peine capable de faire un signe de la tête. Peu après, Shidou, qui pouvait enfin respirer normalement, se rassoit et lâcha un soupir.

« Ow ow… C’était pour quoi ça ? »

« Pfft. Seuls les mauvais enfants se font punir. »

Shidou voulait rétorquer, mais il ravala ses mots. À part cela, il y avait quelque chose qu’il l’inquiétait un peu plus.

« Kotori, à l’instant, tu viens de dire “si je n’avais pas repris mes esprits”, pas vrai ? »

« … »

Les sourcils de Kotori eurent un tic.

Shidou se rappela de l’incident sur le toit. La Kotori qui avait pointé le Camael transformé en un énorme canon vers Kurumi. Qu’importe la manière que l’on regarde, cela ne semblait pas du tout être la même Kotori que d’habitude.

Kotori soupira comme si elle abandonnait.

« … Je l’ai dit. »

« Cependant, pour le dire gentiment, tu étais toujours capable de lancer des attaques bien précises vers Kurumi. C’était… »

« … Je n’en suis moi-même pas si sûre. Après avoir récupéré mes pouvoirs de Shidou hier… Occasionnellement, je ressens le besoin de tout détruire, je pense à tuer quelqu’un… et mon corps ne m’écoute plus. En ce moment, j’arrive à peine à me contrôler grâce à des médicaments… J’avais, à ce moment-là, sans aucun doute l’envie de tuer Kurumi. »

« Quo… »

« … C’est peut-être parce que Shidou s’est mis en face de Kurumi, que j’ai pu redevenir moi-même. Pour ça, je suppose que je dois te remercier. »

Haussant ses épaules tout en laissant échapper une once de sarcasme, Kotori montra un sourire amer.

Cependant, Shidou lui était incapable de répondre. Les informations qu’il venait juste d’entendre de la part de Kotori, lui avaient chaotiquement frappé à la tête.

Et ainsi, Kotori continua.

« … J’ai peur. Je n’ai aucun moyen pour me rappeler de ce que j’ai fait. Il, m’est impossible de me contrôler. Il y a des chances que même si je n’ai plus aucun souvenir, j’ai pu faire quelque chose de grave il y a cinq ans… C’est pourquoi, dans cette portion de souvenir disparu, il y a la possibilité que j’aille tuée quelqu’un. Si c’est vraiment le cas, je… »

« Kotori… »

À ce point-là, Kotori s’arrêta de parler. Elle secoua sa tête d’un coté et de l’autre, comme si elle voulait se débarrasser de sa peur.

« Oublie ça. J’ai dit quelque chose d’inutile. »

« A-Aaah… Mais… Ton pouvoir, est-ce qu’il est toujours à l’intérieur de toi ? »

« Mm. Si ce n’était pas le cas, est-ce que je serais emprisonnée dans une salle de quarantaine avec tant de système de sécurité, à ton avis ? »

Disant cela, elle tourna sa tête comme si elle inspectait la chambre.

Bien que ça ait l’air d’une pièce finement décorée, pour Shidou qui est rentré depuis l’entrée, il n’avait pas l’impression que c’était une chambre qui pouvait rendre qui que ce soit heureux.

« M-Mais quand Tohka reprenait ses pouvoirs, ça revenait à moi. Alors pourquoi… »

« C’est parce que Tohka récupère qu’une petite portion de ses pouvoirs. Aussi longtemps que l’état mental de Tohka est stable, ses pouvoirs reviendront à Shidou à travers la connexion… Cependant, mon cas est différent. J’ai presque récupéré l’intégralité de mes pouvoirs du corps de Shidou. Du coup, ça ne reviendra pas en arrière. »

« A-Alors qu’est-ce qu’on peut… »

Shidou pu à peine exprimer ses mots. Probablement en train de trouver l’expression sur son visage drôle, Kotori sourit amèrement, et elle se remit à elle parler.

« Alors, on a juste à les resceller une nouvelle fois. »

« R-Resceller… ? Comment ? »

« C’est simple. »

Disant cela, Kotori sortit la Chupa Chups de sa bouche et la pointa vers Shidou.

« … S’il te plait, séduis-moi. »

« Ha… Haaa ?! »

Les mots de Kotori forçèrent Shidou a laissé échapper un bruit sidéré.

« Te… séduire… Que diable, pourquoi… » lui demanda Shidou tout en se sentant troublé.

Kotori replaça une nouvelle fois la Chupa Chups dans sa bouche, reprit sa tasse de thé et haussa légèrement ses épaules.

« C’est la même chose qu’avec Tohka et Yoshino… Pour sceller le pouvoir d’un Esprit, il n’y a pas d’autre moyen. »

« A-Alors qu’est-ce que je dois… »

Shidou se rappela de ses rencontres avec Tohka et Yoshino.

Allez à un rendez-vous avec elles pour augmenter leur affection… Et à la fin.

« … »

Les yeux de Shidou regardèrent involontairement les lèvres de Kotori.

Inutile de le dire, pour utiliser la même méthode qu’avec Tohka et Yoshino…

« … ! »

À ce moment-là, un bruit aigu résonna soudainement, et le corps de Shidou sursauta.

Il semblerait que la tasse de thé de Kotori soit tombée. La tasse de thé blanche en céramique s’était brisée. Le thé au lait restant se rependait partout sur le sol.

« Ko-Kotori ? Tu vas bien, tu es blessée ? »

Shidou fronça ses sourcils alors qu’il la questionna, s’inquiétant pour elle. Kotori ferma ses yeux tandis qu’elle prit une profonde inspiration et secoua sa tête.

« … Je vais bien. Tu n’as pas à t’inquiéter. » dit-elle.

Kotori saisit sa main droite avec la gauche, la cachant sous la table comme si pour éviter le regard de Shidou.

« Même si tu me dis de ne pas m’inquiéter… »

« Je l’ai déjà dit, que j’allais bien. À part ça, je me sens fatiguée maintenant. Est-ce que tu peux me laisser seule un petit moment ? »

« Non, je ne peux pas. Très bien, montre-moi ta main, tu as peut être une coupure… »

« … Shin. »

À ce moment-là, alors que Shidou s’apprêtait à tendre sa main à Kotori, le bruit d’une porte qui s’ouvre résonna derrière lui et une voix l’appela. Reine entra dans la pièce tout en tenant un sac noir.

« Reine-san ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Aaah, je suis désolée, mais c’est fini pour aujourd’hui. »

« Hein ? M-Mais… »

« … Je vais prendre soin de Kotori. Maintenant, dépêche-toi. »

Aux mots de Reine, Kotori baissa sa tête et commença à gémir.

« Ha, haa… »

Si elles insistent, alors Shidou n’a pas le choix et doit écouter leurs instructions. Il passa à travers la porte et retourna dans la pièce où était Yoshino.

Soudainement, Shidou se sentit mal à l’aise. Il regarda vers la pièce où était Kotori, mais le mur qui était auparavant transparent comme du verre était maintenant blanc, il n’y avait aucun moyen pour savoir ce qu’il se passait de l’autre côté.

« Qu’est-ce qu’il se passe… ? »

Quelques minutes plus tard, Reine traversa la porte et rejoignit Shidou.

« Reine-san, Kotori, elle… »

« Aaah, tout va bien maintenant. Ne t’inquiète pas. Du moins pour le moment. »

« P-Pour le moment… »

« … »

Reine s’assit sur une chaise sans dire un mot, et ferma ses yeux.

« … Dans deux jours. »

« Hein ? »

« Dans deux jours. Le 22 Juin. S’il te plaît, va à un rendez-vous avec Kotori. »

« Haa. C’est… Eh bien, je le savais déjà mais, pourquoi dans deux jours ? »

« … C’est le dernier jour. J’ai peur que si elle reste plus longtemps que ça dans cet état, Kotori ne pourra plus supporter ce pouvoir à l’intérieur d’elle. »

« … ?! »

Les mots de Reine rendirent Shidou nerveux.

« Q-Qu’est-ce que vous voulez dire… ?! »

« … Ses rechutes, deviennent de plus en plus fréquentes. Je viens juste d’utiliser des calmants et des stabiliseurs pour la garder sous contrôle… Mais, elle ne pourra pas le supporter plus de deux jours. Si on rate ce créneau, alors Kotori ne sera probablement plus celle que l’on connaît.

« … »

Cette fois-ci, il n’eut même pas un seul bruit. Sa gorge était sèche, et ses doigts tremblaient un peu.

C’était si brusquement arrivé. La pire des situations était arrivée sans rien dire.

Après cela, dans deux jours. Kotori, ne sera plus la même Kotori… Si Shidou est incapable de resceller ses pouvoirs.

« A-Alors, si on le fait maintenant… ! »

Reine semblait être en pleine réflexion alors qu’elle utilisait sa main pour supporter son menton, puis elle soupira comme si elle abandonnait quelque chose.

« … Vraiment, ça aurait été mieux si c’était le cas. »

« Hein ? »

« … Non. Ça ne va pas marcher. Je te l’ai dit non ? Elle est sous l’effet de drogues en ce moment. On doit attendre que sa condition se stabilise avant d’agir. »

« M-Mais, dans deux jours elle va… »

« … C’est pourquoi, le seul jour qui remplit ces deux conditions est celui-ci. Si on échoue ce jour, on n’aura pas de secondes chances. »

« Guh… »

Shidou se grinça fortement les dents. Reine soupira doucement alors qu’elle regardait vers le poste de contrôle.

« … Pour le moment, s’il te plaît fais-moi confiance. Shin, pars et va voir Mana. Si tu te dépêches, tu pourras peut-être arriver à l’hôpital avant la fin des visites. »

Reine semblait chasser Shidou et Yoshino de l’endroit tandis qu’elle montra du doigt la porte.

« M-Mais… »

« … Je vous en supplie. Pour le moment, faîtes ce que je vous dis. »

« … J’ai compris. »

Remarquant le comportement étrange de Reine, Shidou suivit quand même docilement ses instructions, et se dirigea vers la sortie avec Yoshino. Avant de quitter la pièce, il dit « Veuillez prendre soin de Kotori. » à Reine, et s’inclina profondément.

Après cela, il marcha en direction de la partie inférieur du dirigeable… vers la pièce où était localisée l’unité de transfère.

« … Séduire, Kotori… hum. »

Dans un volume empêchant Yoshino, qui était derrière lui, de l’entendre, Shidou murmura à lui-même.

S’il ne le fait pas, Kotori ne sera plus la même Kotori… Cependant.

Séduire Kotori. Séduire sa petite sœur. Devoir rendre cette violente et têtue commandante Itsuka Kotori amoureuse de lui.

Après se l’être répéter une nouvelle fois, il réalisa que c’était une mission de la plus haute difficulté.

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