Date a Live – Tome 4 Chapitre 4

22 juin, 9h55 du matin.

Tout en transportant un sac contenant les nouveaux maillots de bains et les serviettes qu’il avait acheté la veille, Shidou se posta devant Pachi en face de la sortie est de la gare de Tenguu.

Pachi était le nom de la statue de bronze représentant un chien assis. C’était un lieu de rencontre très célèbre à la station de Tenguu, néanmoins il était encore bien plus fameux en tant que chien loyal ; bien que son nom réel soit à peine mentionné. La vérité était que même Shidou ne se souvenait plus de celui-ci.

« … Ah… »

Shidou grommela doucement tout en prenant sa tête dans sa main. A cause de l’incident de la veille, où il avait perdu conscience, il s’était réveillé à bord du <Fraxinus> dans l’unité médicale.

Même s’ils avaient procédé à des vérifications de base, aussi bien qu’à des perfusions, il ressentait encore quelques douleurs dans sa tête.

« Tu vas bien, Shidou-kun ? »

A cet instant, la voix de Kannazuki se fit entendre à travers le communicateur. Il fallait s’y attendre puisque Kotori était dans l’incapacité de donner des ordres, c’était donc lui qui s’en chargeait.

« Oui…je suppose du moins. »

Sur ces mots, Shidou, *Paf !**Paf !*, se frappa les joues à l’aide de ses mains.

Même s’il était inquiet quant à ce qui s’était passé hier, ce n’était pas le moment pour ça.

Peu importe comment, Shidou devait sortir avec Kotori et capturer son cœur aujourd’hui, sinon sa conscience serait dévorée par le pouvoir de l’Esprit. Il n’y avait pas de place pour l’erreur.

« As-tu mémorisé le plan ? Nous allons t’assister de notre côté. Ne t’inquiètes pas, tu es le playboy héroïque qui a conquis nombre d’Esprits. Aie confiance en toi ! »

« … Haa. »

Les encouragements (?) de Kannazuki provoquèrent un sourire amer sur le visage de Shidou. Ce qu’il venait de dire était vraiment un surnom déprimant.

Soudain, la voix monotone de Reine s’éleva dans le transmetteur.

« … Il semblerait que Kotori ait atteint la surface. Elle va arriver à ta localisation prochainement. Je te laisse te charger du reste, Shin. »

« … Um… Très bien. »

Sur ces mots, Shidou prit une profonde inspiration pour se calmer.

Peu de temps après, une petite silhouette s’avança dans la rue.

Elle portait une robe une pièce courte avec par-dessus un T-shirt à manches courtes et décoré de fioritures mignonnes. Elle avait à sa main un sac avec son maillot de bain. Ses cheveux étaient attachés en deux couettes tenues par des rubans noirs.

Même s’ils ne s’étaient pas vus depuis deux nuits, il sentait que la situation était légèrement différente. Probablement parce qu’elle était encore la Kotori qu’il connaissait qu’il put se calmer.

« Hey, ici, Kotori. »

« Nn, je t’ai fait attendre. »

Shidou leva sa main en guise de salutation et alors que Kotori répondit en hochant de la tête.

… Suite à quoi, il y eut un silence.

« … Shin, pourquoi est-ce que tu te tais ? Avant tout, tu devrais… »

En même temps que s’exprima Reine, Kotori poussa un soupir exaspéré.

« Garder le silence après avoir rencontré une fille qui a fait tant d’efforts pour bien s’habiller… ? J’ai déjà dû t’en parler auparavant, non ? »

« … ! Ah, aaah… »

En effet, c’était bel et bien le cas. On le lui avait déjà dit à l’époque où Tohka était apparue, mais d’une certaine façon il l’avait déjà oublié.

Shidou avait l’intention de parler de suite… lorsqu’il réalisa quelque chose.

« Tu t’es fait… belle ? »

« … Uh. »

Demanda-t-il alors que les épaules de Kotori sursautèrent légèrement.

« Hmph, c’est vrai. C’est normal pour un rendez-vous après tout. De plus, j’ai pensé que faire ça te permettrait de mieux t’en sortir… Eh bien, si je devais en être félicité, je ne dirais pas non… »

« Eh ? »

« C’est rien. Laissons ça de côté, le train arrive bientôt, n’est-ce pas ? »

Kotori s’exprima tel quel avant de courir vers la gare et de se retourner vers Shidou.

« Bon, eh bien… que notre rencard commence ! »

Sur ces mots, elle regarda le visage de Shidou et sourit.

« Oo… oh. »

C’était une phrase très familière pour Shidou. Ce dernier déglutit bruyamment et acquiesça.

En cet instant-précis.

« Umu ! »

« Sa, Salut… »

Après avoir répondu à Kotori, trois voix se laissèrent entendre, ce qui déconcerta Shidou.

[Kyaa… je suis impatience de…]

Il avait un mauvais pressentiment à ce propos, il tourna la tête en direction de ces voix… son corps se figea sur place.

La raison était Tohka et Yoshino qui se tenaient là prêtes à partir en voyage.

« Tohka, Yoshino… et Yoshinon… ?! Pou, pourquoi est-ce vous êtes toutes les deux dans un lieu comme celui-ci ? »

« Hein ? »

Tohka inclina la tête de façon interrogatrice.

« De quoi est-ce que tu parles ? On ne devait pas aller à l’Ocean Park ? »

« Pou… Pourquoi es-tu au courant de ça ? »

« Même si tu me demandes pourquoi… »

Tohka sourcilla face au sentiment d’animosité apparent de Shidou.

Sur ces mots, Yoshino parla timidement, comme pour commenter les paroles de Tohka.

« C’est… Reine-san, qui nous… a dit de venir… donc nous sommes venues, um… nous te dérangeons… encore ? »

« … Guh !? »

Shidou retint sa respiration. Suite à cela, sans même lui laisser le temps de souffler, une voix s’échappa de son oreillette.

« … Aah, c’est vrai. Il semblerait que je ne t’en ai pas encore parler. Elles vont vous suivre au rendez-vous d’aujourd’hui. »

« Qu, Qu’est-ce qui va pas avec… »

Une goutte de sueur s’écoula le long de la joue de Shidou lorsqu’il posa cette question. En effet, il existait bien des rendez-vous de groupe, mais puisqu’ils avaient parlé de rendez-vous alors ils auraient dû partir sur un format classique à deux.

Reine marqua une pause avant de poursuivre :

« … Bon, je me demandais juste si la plus importante personne de la journée auvait imaginé un rendez-vous pareil ? »

« Haha… »

Dit Reine platement. Même si elle ne donnait pas l’air de penser à l’éventualité qu’elle ait fait un mauvais choix… Shidou était encore inquiet à ce propos. Il baissa sa voix et demanda :

« Néanmoins, ça ira, pas vrai ? L’humeur de Kotori est… »

« … Hm, tu n’as pas besoin de t’en inquiéter plus que ça. »

« Vrai, vraiment … ? »

Sur ces mots, il jeta un regard à Kotori derrière lui.

Face à Tohka et à cette compagnie soudainement apparue, Kotori affichait toujours la même expression, mais…

« … »

Les joues de Shidou tressaillirent de façon inexplicable. Remarquant que son attitude ne changeait pas, il commença à se relaxer pendant un instant mais… il remarqua rapidement qu’il avait eu un mauvais jugement.

« … Heeh, tu es vraiment confiant, huh, Shi,dou. Je suis vraiment impatiente de voir ça. »

L’expression de Kotori demeurait inchangée, mais l’ambiance derrière elle avait changé de manière significative alors qu’elle souriait. Si on devait l’exprimer en termes de mangas, la terrifiante onomatopée [Gogogogogo…] serait apparue en arrière-plan.

« Non, c’ét… c’était… »

Alors tapota le communicateur de son doigt, cette protestation s’était échappée de sa bouche.

« N’est ce pas tout simplement impossible… ?! Il y a de mauvaises vibrations dans l’air… »

« … Vraiment. Je ne pensais que ça deviendrait ainsi… »

« Co, comment se porte les sentiments et l’humeur de Kotori maintenant… ?! »

Même s’il était en rendez-vous avec un Esprit, Reine avait une unité Realizer spécialisée afin de projeter à l’écran l’état mental de la cible.

« … »

Reine se tut pendant un moment.

« … Hm, eh bien, à ce propos, comment dire ? Bonne chance. »

Dit-elle sur un ton irresponsable… L’unité devait avoir affiché des chiffres particulièrement dangereux.

« Ah, attends , Reine-san… ! »

Alors qu’il s’écria plein de désespoir, Kotori se plaça rapidement aux côtés de Tohka et de Yoshino. Elle tapota le dos de ces dernières.

« Bon, nous devrions y aller maintenant. Vous avez acheté vos maillots de bain ? »

S’enquit Kotori. Abattue par la réponse de Shidou, toutes les deux s’illuminèrent suite à cette question.

« Oooh ! Bien sûr ! »

« Les maillots de bain, hier… Shidou-san a… acheté… »

« Heeh, pas mal… Que tu es prévenant, Shidou ! »

Sur ces mots, Kotori porta son regard sur Shidou. Même si son ton de voix et son expression étaient extrêmement gentils, il eut un terrible frisson qui le prit jusqu’au plus profond de ses entrailles.

« Hyi… »

« A présent, allons-y. »

Shidou trembla lorsque Kotori mena Tohka et Yoshino au guichet.

« Shidou-kun, rattrapons-les d’abord ! Il y a encore du temps pour sauver la situation. Nous te fournirons également une assistance sur place. »

« Je, je comprends… »

Une fois que Kannazuki eut fini de s’exprimer, Shidou se força d’avancer.

… Il venait à peine de commencer, mais déjà Shidou sentait que c’était devenu un rendez-vous avec de multiples obstacles.

Le parc à thème, Ocean Park, était situé à la station Eibu, soit cinq arrêts après la station Tenguu.

Le parc était composé de diverses installations nautiques et de grands bassins, il avait été construit avec l’idée d’accueillir à l’extérieur une fête foraine et à l’intérieur les activités nautiques. Si on avait été au cours des vacances d’été, ce lieu aurait été idéal pour bâtir des relations familiales ou amoureuses.

Cela étant dit, il était actuellement la mi-juin. Bien que les installations à l’intérieur et la fête foraine pouvaient être utilisées toute l’année, puisque le bassin extérieur, qui est la principale attraction, n’ouvrait que le mois suivant, il y avait bien moins de visiteurs que lors des périodes de pic.

Ce n’était donc pas comme aux informations estivales où des vagues de visiteurs passaient à l’écran, on aurait pu même dire que c’était là une excellente opportunité pour un rendez-vous.

Se posant ce genre de question, Shidou, qui avait fini de se changer, sortit du vestiaire et s’approcha d’un bassin d’intérieur.

Il semblait que les filles n’avaient pas encore fini de se changer. Il inclina son corps et s’étira, puis il tourna sa tête pour regarder aux alentours.

« Ooh… c’est incroyable. »

La zone était couverte d’un plafond semi-circulaire juste au-dessus de la gigantesque piscine, et à l’arrière se trouvait une cascade construite à flanc d’une falaise artificielle.

C’était un cadre qui stimulait le sens de l’aventure masculin.

« C’est très bien de se sentir excité, mais rappelle-toi du commandant, hein ? »

Les paroles de Kannazuki l’avertirent à travers le communicateur.

« Je, je sais… Sinon, à propos de ce transmetteur, c’est bon si je vais dans l’eau ? »

« … Aaah, c’est un modèle entièrement à l’épreuve de l’eau. Tu dois juste faire attention qu’il ne tombe pas de ton oreille. »

C’était Reine qui venait de répondre à sa place. A peine eut-elle fini de parler qu’une voix pleine d’entrain s’éleva derrière Shidou.

« Shidou!Désolé de t’avoir fait attendre ! »

Shidou se tourna et put voir devant lui Tohka, Yoshino et Kotori qui avaient fini de se changer.

Comme il le pensait, ce que Tohka et Yoshino portaient était bien le maillot de bain qu’il leur avait choisi la veille.

Le maillot de Tohka était un bikini violet, alors que celui de Yoshino était un maillot de bain une pièce de couleur rose avec des dentelles au niveau de la taille qui lui donnaient un air de mini-jupe. Yoshino n’avait pas l’air d’être encore habituée à changer de vêtement… Kotori avait sûrement dû lui donner un coup de main.

Peut-être s’étaient-elles habituée à porter un maillot de bain, ou alors peut-être à cause du fait que toutes les autres personnes autour d’elle en portaient également, en tout cas elles ne paraissent plus du tout aussi embarrassées que la veille. A petits pas, elles vinrent toutes les deux se placer à côté de Shidou.

« … Um, oh. »

Shidou leva légèrement sa main en guise de réponse alors qu’il soupira.

Que ce soit Tohka ou Yoshino, elles étaient toutes les deux des beautés qu’on pouvait qualifiées de « rares » ou de « une sur un million ». En vérité, Shidou aurait probablement oublié Kotori et aurait été hypnotisé par elles s’il ne les avait pas déjà rencontrées auparavant.

« … C’est une bonne chose que nous l’ayons fait, hein, coach ? »

Demanda Reine, comme si elle lisait dans l’esprit de Shidou. Ce dernier sourcilla légèrement.

« … Ne me dis pas que tu avais déjà l’intention de faire ça lorsque tu as amené Tohka et Yoshino, hier ? Et la raison pour laquelle tu m’as fait leur acheter des maillots de bain c’était pour… »

« … Haa, je ne sais pas trop. »

Répondit mollement Reine. Shidou soupira longuement.

Tohka, de son côté, s’écria de manière forte, sans remarquer ce soupir abattu.

« Oooh ! C’est incroyable ! Il y a des montagnes et des rivières à l’intérieur des bâtiments ! »

Yoshino, qui la suivait, affichait également une expression d’une rare excitation. Elle commença à parler en rougissant légèrement et en respirant rapidement. Pour sa part, Yoshinon, sur sa main gauche, commença à applaudir.

« Il… il y a de l’eau partout… ! »

« Ha… ! Je suis si excitée… ! »

« Shidou, est-ce qu’on peut aller dans le lac ?! »

« Aaah, bien sûr. Ce lieu est avant tout fait pour s’amuser. »

Après que Shidou ait répondu à sa question, les yeux de Tohka commencèrent à pétiller et elle s’exclama :

« Très bien ! Allons-y, Yoshino ! »

« Très… bien… ! »

Le duo énergique courut vers un bassin. Shidou les regarda s’éloigner…

« Elles sont si pleines d’énergie, toutes les deux… »

La voix derrière lui le fit sursauter.

« Um, oh, Kotori. »

Sur ces mots, il se retourna. Comme il s’y attendait, Kotori, qui avait fini de se changer en même temps que Tohka et Yoshino, se tenait là, les bras croisés et une Chupa Chups dans sa bouche. Elle portait un maillot de bain deux pièces de couleur blanc. Le haut était composé de ficelles nouées au niveau de son cou, il dégageait un certain érotisme.

« … »

En parlant de cela, il n’avait pas vu Kotori dans un maillot de bain depuis de nombreuses années déjà.

Puisque les parents n’étaient pas là, la civilisation dans la résidence des Itsuka avait nettement régressée. Bien sûr, à cause des cours de natation en été[1], il avait lavé et plié le maillot de bain de l’école de Kotori, mais il n’avait jamais vu son maillot de bain « normal ».

Le regard confus de Shidou provoqua une certaine suspicion chez Kotori.

« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi à me fixer comme ça ? Même si biologiquement, les relations sexuelles entre proches n’ont pas lieu d’être ici, mais il n’y a pas de remède si tu te sens excité par sa sœur, tu sais ? »

« … ! C’est pas ça ! »

Shidou répliqua à la hâte. Kotori, de son côté, leva les épaules tout en disant « Aah, vraiment ? ».

« … Que diable es-tu en train de faire, Shin ? »

A cet instant, la voix de Reine pénétra son oreille droit.

« Eh ? »

« … Ne te l’ai-je pas déjà dit ? Ton invitée a consacré du temps et des efforts pour bien s’habiller. Tu devrais au moins lui dire quelque chose, non ? »

« Ah… »

Ce qu’elle venait de dire était effectivement vrai. Il toussota légèrement et fit face à Kotori, une fois de plus.

« Koto… Kotori. »

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Répondit Kotori les yeux mi-clos. Shidou perdit ses mots un instant… Il venait seulement de réaliser à l’instant qu’il était extrêmement embarrassant de complimenter quelqu’un.

« … Va-y. »

Après les encouragements de Reine, Shidou détourna légèrement son regard et ouvrit légèrement sa bouche :

« Um, c’est… comment dire… ça, ça te va bien, ce maillot de bain. Il… est très mignon, c’est… ce que je pense. »

Il laissa sortir ces quelques mots en bégayant d’une manière encore pire que Yoshino.

« … »

Les yeux de Kotori s’écarquillèrent et ses joues devinrent légèrement rouges… Néanmoins, elle secoua rapidement la tête, afficha un sourire arrogant et pointa le ciel avec le bâtonnet de sa sucette.

« Ara, merci. C’est sûrement Reine ou Kannazuki qui t’ont soufflé de me complimenter, pas vrai ? »

« Guh… »

Elle avait tout juste. Shidou grommela. Néanmoins, s’il continuait de se taire, ce serait l’admettre. Il n’avait pas d’autre choix que de parler.

« N, non, ils ne l’ont pas fait. Je te dis la vérité. »

A dire vrai, il trouvait que Kotori était vraiment mignonne dans son maillot de bain, c’était ce qu’il pensait au fond de lui. Néanmoins, même s’il avait été un peu maladroit en disant ça, il n’avait pas vraiment menti.

Kotori grogna et, étonnamment, dévoila un sourire moqueur.

« Heeeh, je suis vraiment flattée… Bon, à quel point et à quel niveau je suis mignonne au juste ? »

« Huh… Eh bien… »

« … Hm, il est temps pour nous de travailler, à présent. »

A cet instant, la voix de Reine exprima ces mots à l’oreille de Shidou.

Bien plus haut, dans l’espace aérien, Kannazuki Kyohei, le vice-commandant du vaisseau <Fraxinus> qui flottait au-dessus de l’Ocean Park, se tenait près du siège du commandant et criait.

« Il est à présent l’heure pour tout le monde de prouver sa force ! »

Même si c’était temporaire, Kannazuki avait autorité absolue sur le vaisseau. Il aurait pu même s’asseoir dans le siège de commandement… mais il n’en fit rien.

Cette place appartenait à Kotori. Puisqu’il savait qu’elle reviendrait, il ne pourrait jamais la salir… Pour dire les choses simplement, au lieu de dire qu’il aurait aimé s’asseoir à cette place, il aurait plutôt voulu être cette place.

Suite aux paroles de Kannazuki, sur l’écran principal qui affichait la situation à la piscine, trois choix apparurent :

① « Tout ! Kotori, tu es mignonne peu importe ce que tu portes ! »

② « Même si ce maillot de bain est plutôt simple, il est à quelque part unique. Il est excellent ! »

③ « Aaaah, cette poitrine naissante est irrésistible ! »

« A vos poste, choisissez! »

Suite aux ordres de Kannazuki, le graphique des réponses s’afficha rapidement sur l’écran de l’accoudoir.

Plus de la moitié avaient choisis la ①, suivies par la ②, mais la ③ n’avait obtenue qu’une seule voix.

« Umu, majoritairement vous avez choisis la ①, huh. Eh bien, c’est ce que je supposais. »

Kannazuki prit son menton dans sa main alors qu’il réfléchissait. Suite à quoi, les voix des membres de l’équipage s’élevèrent sur le pont.

« Hm, même si c’est vieux jeu, lui dire ça devrait sûrement améliorer son humeur. »

« Bien que la ② n’est pas un mauvais choix, elle place trop d’emphase sur ce maillot de bain. »

« Quant à la ③… Eh bien, ça se passe de commentaire, pas vrai ? »

« Vraiment ? »

Kannazuki acquiesça légèrement, il s’approcha du micro et dit :

« Shidou, choisis la ③. ‘Aaaah, cette poitrine naissante est irrésistible !’ »

… Après une petite seconde.

« … EHHHHHH ?! »

Les voix des membres de l’équipage du <Fraxinus>, ainsi que celle de Shidou, se superposèrent parfaitement.

« Vi… Vice-commandant… Vous êtes fou ! La cible est le Commandant Itsuka, cette fois ! »

« Ne venons-nous pas de dire que la ③ est hors de question ?! »

Depuis le pont, des voix de désapprobation… ou de consternation s’élevèrent. Toutefois, Kannazuki balança ses deux bras pour les arrêter et il dit :

« C’est justement parce que la cible est le Commandant Itsuka… c’est pour ça. »

« Eh… ? »

Le ton de voix enjoué de Kannazuki fit perdre leur agressivité à l’équipage. Il sourit et pointa du doigt l’écran où se trouvait Kotori en maillot de bain.

« Regardez tous ! Ce mince, magnifique et enfantin corps qu’est le sien. Ce moment dans une vie où une fille de treize ans, deuxième année de collège… Elle est irrésistible. C’est tout ce qu’elle est réellement. »

« Au final, c’est pas juste les goûts du Vice-commandant ?! Lui dire ça n’entraînera qu’un coup de pied de la part du Commandant !! »

Les paroles de l’équipage firent écarquiller les yeux de Kannazuki.

« Tu, tu peux recevoir une récompense comme celle-ci, n’est-ce pas tout simplement parfait ? »

« C’est pourquoi, nous te disons que… »

Les membres de l’équipage qui avaient depuis longtemps oublié les formalités se saisirent de leurs têtes. Cependant, à cet instant, ils avaient depuis longtemps dépassés le compteur de temps. La voix impatiente de Shidou parvint à travers le transmetteur.

« … C’est, c’est vraiment celle-là, ok… ? »

« Ouais, bien sûr ! Tu peux éventuellement changer ‘poitrine’ par ‘nichons’ si tu le désires. »

« … Je vais plutôt choisir de laisser tel quel… »

Dans une tentative d’arrêter Shidou, les membres de l’équipage appuyaient répétitivement sur le bouton de l’interphone, mais le siège du commandant avait la priorité. Shidou fit face à Kotori avec une détermination renouvelée.

« Ce, c’est… ah. »

Le visage de Shidou tressaillit, il fixa la poitrine de Kotori. Bien qu’il sentait que c’était un choix complètement fou, puisqu’il avait été généré par l’IA du <Fraxinus>, il avait dû être préalablement approuvé par l’équipage. Il devait y avoir quelque raison particulière derrière celui-ci. Plaçant sa confiance en l’équipage, Shidou s’exprima :

« Eh bien, cette poitrine naissante est irrésistible ! »

« Quo… ?! »

A l’instant où Shidou finit sa phrase, les joues de Kotori se teintèrent de cramoisi et elle cacha rapidement sa poitrine avec ses mains.

« Tu, qu’est-ce que tu as dit… ?! Tu penses à de telles choses ?! »

« N, non, ce n’est pas ça… ! »

Shidou agita hâtivement sa main et une sonnerie d’alarme parvint à son oreille droite. Un bruit de mauvaise augure qu’il avait déjà entendu auparavant. C’était l’alarme d’urgence qui sonnait lorsque les émotions et l’amitié d’un Esprit chutait significativement ou lorsque leur état mental devenait instable.

« Ca, calme-toi, Kotori ! C’était… ! »

« … Shin, c’est une urgence. »

Comme si elle avait essayé d’interrompre l’explication de Shidou, la voix de Reine s’était fait entendre.

« Je sais ! Mais avant, j’ai besoin de penser à un moyen de calmer Kotori… »

« … Tu as tort, je ne parle pas de ce point de vue là. »

« Eh… ? »

« Kyaaaaaa… !? »

En même temps que Shidou donna cette réponse stupide, un gémissement assourdissant s’éleva à travers la piscine.

« Qu, qu’est-ce qui se passe ?! »

« Shidou, par ici ! »

Kotori désigna le centre du bassin peu profond.

A cet endroit se trouvait un bassin à moitié congelé ainsi que la silhouette de Yoshino en train de brailler.

« … A ce propos, puisque Yoshinon a été emportée par le courant, elle a paniqué. »

Trente minutes s’étaient écoulées depuis que le mystérieux iceberg était apparu dans la piscine.

Shidou utilisa le sèche-cheveux portable de Kotori pour sécher Yoshinon qui se trouvait sur la main gauche de Yoshino et qui soupirait à haute voix ce faisant.

Une chance que l’agitation n’était pas allée au-delà et que la piscine avait retrouvé son atmosphère animée d’auparavant. Néanmoins, Yoshino baissait les épaules d’un air découragé. Tohka se pelotonnait en boule avec elle.

« Je suis… dé… solée… vraiment… »

« Umu… que c’est embarrassant. J’étais là aussi et j’ai… »

« Eh bien, c’est pas la peine de trop y penser. Y a pas eu de blessés après tout. »

Dit Shidou à toutes les deux. Kotori qui se tenait juste à côté leur dit à son tour :

« C’est vrai. Tout est la responsabilité de notre insouciant Shidou ici présent, vous n’avez pas à vous en faire du tout. »

« … Oi. »

Shidou secouait le sèche-cheveux en caressant la tête de Yoshinon.

« C’est mieux, ça devait sécher à présent. Tu vas bien, Yoshinon ? »

Suite aux paroles de Shidou, Yoshinon secoua son corps comme un chien, tout en posant une main sur sa poitrine comme si elle pesait lourd.

« Iya… Iya… Ce fut réellement une grande aventure… Je pensais vraiment que j’étais fichue… »

« Désolée… Yoshinon. »

« Ahhh, c’est bon, c’est bon. Nous sommes réunis après tout, au final tout va bien Yoshino. »

« Mm… »

Yoshino caressa la tête de Yoshinon et acquiesça violemment.

Face à cette scène, Kotori leva les épaules.

« … Eh bien, si nous ne sommes pas au clair sur la situation, nous ne devrions pas nous forcer… Je me souviens qu’ils louent des bouées là-bas, on en loue une ? »

« Des bouées ? »

Tohka secoua la tête de façon suspicieuse. Kotori répondit « Ah… », leva son index et dessina des cercles dans les airs. Elle levait les yeux ce faisant.

« Eh bien, voir c’est croire. Ce sera bien plus rapide si nous allons là-bas et que je vous montre. Allons-y. »

Sur ces mots, Kotori se mit en marche. Tohka et Yoshino la suivirent.

« Att, attends-moi. »

Shidou plia le sèche-cheveux et poursuivit le trio… Soudain, Kotori se pencha vers lui comme si elle ne voulait pas être entendue par Tohka et Yoshino :

« Qu… qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« … Ouais, um, concernant ce qui s’est passé. »

« Ce qui s’est passé ? »

« … Concernant la partie de moi qui est mignonne… »

« … ! »

Confronté à ces mots, Shidou sentit son cœur se contracter brutalement. Il espérait à la base avoir échappé à la question grâce à Yoshino, néanmoins il semblait que ce n’était pas si simple. C’était attendu de la part de Black Kotori en mode Commandant, l’incarnation du sadisme qui après avoir repéré une faiblesse chez l’adversaire ne le lâche plus jusqu’à ce qu’il pleure sa défaite.

« A, à ce propos… »

Shidou essayait d’aborder le sujet avec de grandes difficultés, mais Kotori continuait de parler comme si elle l’ignorait.

« C’était… à l’instant, c’était des instructions du <Fraxinus>, pas vrai ? Ou… était-ce réellement les pensées de Shidou ? »

« Eh, non, non, c’était… »

« … Tes vrais sentiments, pas vrai ? »

Comme si elle était la voix diabolique à l’intérieur de l’esprit de Shidou, Reine venait de s’exprimer dans son oreille droite. Toutefois… s’il venait à répondre alors que Kotori se trouvait si proche de lui, elle l’entendrait sans aucun doute. Il ravala ses pensées.

« … Puisque Kotori est plus ou moins consciente de notre présence, si tu suis simplement les instructions de <Ratatoskr> tout du long, ce serait comme si tu lisais un script. Même en le sachant au plus profond de soi, les émotions auront toujours de l’effet d’une manière ou d’une autre. Les mensonges et les sentiments ne peuvent coexister. »

Tout comme elle le disait. Shidou grinça des dents et se tourna vers Kotori.

« C’était… Eh bien, ça venait vraiment… du fond du cœur. »

« … »

Sur ces mots, Kotori resta sans voix.

… Uhu. Bien que ce fût sans issue, il l’avait dit quand même. Il avait chaleureusement défendu une fausse vérité. Il regarda le ciel avec désespoir.

… Il serait indubitablement méprisé. Il serait vu comme une incarnation de la luxure aux desseins maléfiques sur sa petite sœur. Il serait très certainement classé en tant que lolicon qui aime les corps en pleine puberté. Il serait clairement défini comme une personne aimant les trucs ecchi et s’agenouillant alors qu’on le frappe à coups de pied. Que tout cela lui arrive en cet instant précis ne lui semblait pas chose anormale. Ce genre de pensées mirent son cerveau hors circuit.

Néanmoins, après quelques secondes, ni de violents coups de poings, pas plus que rudes réprimandes ne se manifestèrent.

Se retournant sous l’effet de la confusion, Kotori baissa la tête et se mit étrangement à rougir.

« … Hmph… Vraiment. »

Elle marmonna ces mots et elle toucha sa modeste poitrine couverte par le maillot de bain.

« Kotori ? »

« … »

Lorsque Shidou avait appelé Kotori par son nom, les épaules de cette dernière avaient tressailli avant de lui porter un coup à son diaphragme.

« Guoh… ?! »

« … Hmph ! Avec juste ça ? La mort est une trop bonne leçon pour toi. »

Sur ces mots, elle tourna la tête et guida Tohka et Yoshino.

« Nu ? Qu’est-il arrivé à Shidou ? »

« Il semblerait qu’il… est souffrant… »

« Hmph, ne faites pas attention à lui. C’est une rechute d’un quelconque problème avec son diaphragme. Ne vous approchez pas trop, vous pourriez être infectées. »

Kotori posa ses mains sur les épaules de Tohka et Yoshino tout en donnant ces explications.

« Cette… cette fille… »

Shidou se tint l’estomac douloureux, il avait l’intention de suivre Kotori et les deux autres, mais à ce moment là, un message du <Fraxinus> lui arriva à l’oreille.

« … Shin, attends. Il y a plusieurs membres de l’équipage de <Fraxinus> dissimulés au sein du personnel. Pourquoi ne pas les laisser agresser les filles pendant un certain temps ? »

« Tu es en train de dire… de les laisser se faire enlever ? »

« … En effet, comme dans ces dramas, lorsque les filles sont prises en otage par des délinquants, un héros galant entre en scène, qu’en dis-tu ? »

« C’est vraiment ok, ce genre de trucs ? J’ai comme l’impression que je vais être tabassé… »

Demanda Shidou d’un ton embarrassé. Cette fois, ce fut Kannazuki qui répondit d’une voix pleine de confiance.

« C’est bon. Peu importe comme les filles agissent en apparence, au fond d’elles elles cherchent toujours le prince charmant sur son cheval blanc. Je suis bien consciente de ce genre de choses. »

« Kannazuki n’est-il pas un homme ? »

« Je permute de temps à autre. »

« … »

Même si c’était comme s’il venait d’entendre une étonnante confession, Shidou prétendit l’ignorer et regarda en direction de Kotori. Le trio féminin étaient aligné au guichet avec des petits bateaux et des bouées affiché dessus et semblait à l’instant en train de remplir des formulaires de prêt.

« … A présent, les membres du personnes déguisés vont mener leurs actions. Shin, tu vas devoir les chasser vaillamment. »

« Ah, attends… »

Sans attendre sa réponse, la voix de Reine disparut. A peu près en même temps, trois hommes s’approchèrent des filles qui venaient de finir leurs procédures d’emprunt. Les gars avaient des cheveux décolorés et des peaux tannées, il ressemblaient à des délinquants qui n’avaient rien à faire.

Les hommes sourirent et s’agitèrent, puis ils commencèrent à parler à Kotori et aux autres.

« Salut ! Hey, hey, toutes les trois, vous venez d’où ? »

« Seulement trois d’entre nous ? Quel gâchis. »

« Si ça vous va, vous nous venez avec nous ? »

Sur ceux, ils débitèrent des vieilles répliques qui étaient utilisées pour draguer il y a bien longtemps.

« Qu, qu’est-ce que vous voulez ? »

« … Um, ah… »

Face à ces trois hommes, Tohka sourcilla suspicieusement alors que Yoshino, de son côté, se cacha derrière cette dernière. Quant à Kotori, elle portait un regard glacial aux visages des trois hommes, ce qui demeurait rare venant d’elle.

« Maintenant, Shin. Il est temps pour toi d’entrer en scène. »

« Hahaha… »

En même temps que la voix de Reine avait résonné le rire d’un des trois hommes enjoué qui venait de saisir le poignet de Kotori. « Allez, viens. D’accord ? Ça ne durera qu’un moment, je te promets que tu seras très contente. »

Sur ces mots, il prit le bras de Kotori avec vigueur. A cet instant, un autre type s’agitait en direction de Shidou. Il semblait qu’il l’incitait à se dépêcher de les arrêter.

« Pas d’autres choix, allons-y. »

Shidou tapota son communicateur une fois de plus avant de s’avancer.

« Um, je suis vraiment désolé de vous interrompre, mais… »

A cet instant…

« … Troisième Officier Exécutif, Awashima Fumio. »

Venait de dire Kotori au type qui lui avait attrapé le bras.

« Eh… »

Les épaules de l’homme tressautèrent. Même s’il n’y avait pas la moindre once de satisfaction sur le visage de Kotori, elle continuait de scruter les deux autres.

« Ainsi que le Troisième Officier Teshirogi Yoshiharu et le Troisième Officier Kawanishi Takashi… Hm, ce ne sont pas de mauvais déguisements du tout. C’est bon, vous êtes validés. Mais vos répliques craignent. Qui en est l’auteur ? »

Alors que Kotori s’exprima ainsi avec des yeux mi-clos, des gouttes de sueurs s’écoulèrent des visages de hommes qui commençaient à s’éloigner.

« Comment vous connaissez des gens de notre rang… »

« Rang ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Puisque vous êtes dans le département de <Ratatoskr>, vous êtes apparentés à ma famille. Y a-t-il un parent qui oublie à quoi ressemble son enfant ? »

« … !! »

Les paroles de Kotori mirent les trois hommes à genoux et les firent pleurer.

« C, Commandant… »

« Il fait chaud aujourd’hui. Allez-vous reposer pour le moment. »

« Oui ! »

Kotori secoua sa main et les trois qui avaient des apparences de délinquants lui rendirent un magnifique salut militaire avant de repartir de là d’où ils venaient.

Tohka et Yoshino penchaient leurs têtes sous le coup de l’incompréhension.

« Muu. Qu’est-ce que c’était à l’instant ? »

« Kotori-san… incroyable ! »

Kotori secoua légèrement de la tête comme pour leur signifier de ne pas prêter attention à ce qui venait de se passer.

« … U, um. »

Pris de court, Shidou se gratta le visage de façon gênée.

Il s’était retrouvé confronter à un problème avant même de pouvoir en résoudre un premier. Toutefois, c’était logique lorsqu’il y pensait. Hormis avec les autres Esprits, le plan d’impliquer les membres du personnel de <Ratatoskr> était totalement inutile dans le cadre de Kotori. Shidou tapota son oreillette afin de protester auprès du <Fraxinus>.

« … N’était-ce pas totalement inutile ? »

« … J’avais préparé des membres avec qui elle n’avait jamais eu de contact direct auparavant, ils avaient des maquillages spéciaux également… »

Cependant, Reine venait d’ignorer les paroles de Shidou et de marmonner pour elle-même.

« C’est, c’est en effet incroyable. Mais que fait-on maintenant que le plan impliquant les membres du personnel tombe à l’eau ? »

« … C’est vrai. J’ai peut-être sous-estimé Kotori. »

« Pu, puis, qu’est-ce qu’on fait à présent… ? »

« Ne parle pas si négligemment, Shidou. »

Entendre si soudainement la voix de Kotori fit sursauter Shidou. Il ne savait pas quand cette dernière était apparue devant lui les mains sur ses hanches.

« Ah, non… »

Même si c’était incohérent, il tourna son regard sur Kotori. Il avait l’expression d’avoir été découvert pendant qu’il parlait avec Reine.

« Vraiment ! C’est bon puisqu’il s’agit de moi, mais qu’est-ce que tu aurais fait s’il s’était agi d’un autre Esprit ? »

« Guh… »

Kotori leva les épaules sans dire mot. Même si c’était frustrant, il ne pouvait pas répliquer.

Malgré tout, ce n’était pas une solution de rester silencieux. Shidou secoua la tête et tenta de changer de sujet.

« To, Tohka et Yoshino… Elles vont où ? »

« Hm. »

Répondit de manière brève Kotori en indiquant l’endroit avec son menton. Dans cette direction, il y avait les silhouettes des deux qui portaient des bouées et qui nageaient déjà dans la piscine.

« Ooh, c’est super ! Regarde, Shidou ! On ne coule pas ! »

« … ! … ! »

Tohka cria d’allégresse alors que Yoshino hochait de la tête en pleine jubilation. Toutes les deux semblaient apprécier leur première fois dans une piscine.

Toutefois, la mission de la journée ce n’était pas elles. Kotori, qui était la personne la plus importante de la journée, agitait son bâtonnet de sucette de façon désintéressée. A présent qu’il y pensait, Kotori ne semblait pas non plus être jamais entrée dans une piscine auparavant. Elle ne devait savoir nager, mais…

« … Shin, peu importe ce que tu vas faire, pourquoi tu n’essayerais pas de demander à Kotori avant ? »

A ce moment-là, la voix de Reine s’était fait entendre.

Sur l’écran de <Ratatoskr> où était affichée l’image de Kotori, une fenêtre de sélection s’ouvrit à nouveau.

① Allons nous amuser au toboggan aquatique !  Puis, l’attraper fermement par derrière ! ② Allons nous détendre dans les sources chaudes ! C’est excitant puisque c’est des bains mixtes ! ③ Partons à la dérive sur la rivière ! Laisse-moi être ta planche exclusive !

« Hm, eh bien, que tout le monde choisisse ! »

Déclara Kannazuki alors que les membres de l’équipage appuyèrent les boutons à portée de main.

L’écran afficha rapidement les résultats : le ① avait le plus de votes, le suivant était le ② et le ③ n’avait obtenu qu’un seul vote.

… Cela ressemblait au résultat qu’ils avaient vu précédemment. De fait, des nuages noirs apparurent devant les visages de chaque membres d’équipage.

Néanmoins, Kannazuki ne paraissait pas les remarquer du tout et il hocha de la tête de façon décontractée.

« Hm… ça semble plutôt pertinent. Puisqu’ils sont à Ocean Park, il faut qu’ils aillent dans sa spécialité. »

« Même si les sources chaudes sont plutôt populaires, ce n’est pas le genre d’endroit où les jeunes devraient aller. »

« La ③ n’est pas une option, Vice-commandant, seule la ③ est hors de question. »

L’équipage fixa Kannazuki fermement. Ce dernier, de son côté, rigola bruyamment.

« C’est horrible ! Peu importe le pouvoir de la dictature, je ne répéterais jamais un tel acte inconscient. »

Sur ces mots, il mit le microphone près de sa bouche.

« Shidou-kun, choisis la ③. Allez sur la rivière, tu deviendras la planche du Commandant… »

« Attends ! »

Sur ces mots, deux membres du pont inférieur lui sautèrent dessus et l’éloignèrent du micro.

« Qu, qu’est-ce que vous faites, les gars ! »

« Officier Analyste Murasame ! Faites-le, maintenant ! »

Alors que les membres d’équipage refrénaient Kannazuki les uns après les autres, ils s’écrièrent de la sorte.

« …Hm?Aah. »

En réponse aux cris, Reine alluma le micro après s’être grattée la joue.

« … Est-ce que tu peux m’entendre. Choisis la ①. Allez au toboggan avec Kotori. »

« Je comprends mais… s’est-il passé quelque chose ? Ça semblait si bruyant de votre côté… »

Alors que sur le pont, non loin du siège du Commandant, Kannazuki était toujours en train de crier « Shidou-kun ! La planche ! Deviens la planche du Commandant ! Face vers le bas ! », Reine l’ignora et poursuivit :

« Tu n’as pas besoin de t’en inquiéter. En gros, vous devez tous les deux y aller, compris ? »

« Ha, haa… »

Shidou ne semblait pas comprendre, mais il acquiesça.

Suite à cette réponse, Reine coupa le microphone. La voyant faire, les membres d’équipage qui retenaient Kannazuki le lâchèrent.

« Vraiment… qu’est-ce que vous avez fait, vous tous ! Une telle chance inespérée ! En parlant de ça, user de violence sur un supérieur, c’est un acte de félonie ! »

Déclara Kannazuki, alors qu’un autre membre d’équipage aux yeux mi-clos s’exprima :

« … Dans le cas où l’Officier Médical Rindou conclut à un problème de santé, ou que les deux tiers du personnel ainsi que l’Officier Analyste Murasame déterminent qu’il y a un souci avec votre capacité de commandement, savez-vous que nous pouvons vous le retirer ? »

« Uh… »

Kannazuki sonda le pont. Tout le monde le regardait.

Il toussa faussement et continua à expliquer alors que des sueurs froides s’écoulaient sur son visage :

« … Ok, je ne vais pas tenir compte de l’incident, continuons avec le plan de bataille, voulez-vous ? »

« Ceux qui pensent que le Vice-commandant n’a pas les compétences pour commander, appuyer s’il vous plaît sur le bouton à portée de main… »

« N’ai-je pas dit que je ne vous en tiendrais pas compte ?! »

Face à la défense de Kannazuki, la punition fut annulée pour le moment.

Suite aux instructions confuses du <Fraxinus>, Shidou jeta un œil à Kotori.

« H, hey, Kotori. »

« Quoi ? »

Elle ne détourna pas son regard alors qu’elle répondit brusquement.

Shidou était en manque de mots… mais il se força lui-même à continuer de parler.

« C’est… c’est une telle chance inespérée, allons jouer un moment. »

Alors que Shidou prononça ces mots, Kotori, les yeux mi-clos, le scruta du regard comme si elle le jaugeait.

« Hmph, à quoi tu veux jouer ? »

« Hm, qu’en dis-tu du toboggan ? »

Sur ces mots, il désigna la montagne gigantesque qui atteignait le plafond. Le long toboggan partait du sommet. De temps en temps, on pouvait entendre les cris de personnes en maillots de bain qui faisaient la descente et on pouvait voir les violentes éclaboussures d’eau.

Après avoir pris connaissance avec ce qu’il désignait, Kotori se retourna et soupira.

« Même si ça paraît un peu vieux jeu… Eh bien, essayons pour voir. Bon, allons-y. »

Suite à ces mots dépressifs, elle se dirigea vers le toboggan. Plutôt que de dire qu’elle était une fille enjouée par son rendez-vous, on pouvait plutôt dire qu’elle était un Commandant concentrée sur son rendez-vous.

A cet instant, peut-être ayant remarqué la situation de Shidou et de Kotori, Tohka et Yoshino les regardèrent tout en jouant dans l’eau.

« Shidou, Kotori ! Où est-ce que vous allez ? »

« Eh ? Aaah… Nous allons essayer le toboggan. »

Les yeux de Tohka s’écarquillèrent et elle pencha la tête. Shidou sourit amèrement alors qu’il pointa la montagne une fois de plus.

« Aah, celle-là. »

« Ooh… ! Il y a des gens qui en descendent ! »

Les yeux de Tohka s’illuminèrent et elle pataugea jusqu’au bord du bassin avec sa bouée.

« Je veux y aller ! »

« Eh, eeh ? »

S’écria Shidou. On ne pouvait rien y faire. Il avait finalement réussi à créer une opportunité où il pouvait être seul avec Kotori et lui exprimer ses sentiments, mais il devait à présent faire face à un scénario compliqué où il fallait inclure Tohka.

« Nu… Je ne peux pas venir ? »

Tohka remarqua probablement la réaction de Shidou alors qu’abattue elle baissa les épaules. Si elle avait eu de longues oreilles et une queue, elles auraient pendu mollement.

Il était naturellement en proie à un malaise, mais s’il ne rejetait pas sa demande…

« Shin, ne t’en inquiète pas. Amène aussi Tohka. »

Soudain, la voix de Reine entra dans son tympan droit et interrompit les pensées de Shidou.

« Reine-san ? C’est vraiment bon ? »

« … Aah. Devrais-je plutôt dire qu’elle arrive au bon moment. Probablement. »

« Eh… ? »

« … Rien. Bon, en bref, c’est pas une bonne idée de rejeter Tohka qui veut seulement s’amuser. »

« J’ai, j’ai compris. »

Les paroles de Reine. Elle devait avoir quelque atout dans sa manche. Il regarda à nouveau Tohka.

« Nn, c’est bon. Allons-y tous ensemble, Tohka. »

« ! Ooh, je peux ?! »

Son expression changea, elle s’illumina immédiatement. Même si Shidou crut entendre Kotori claquer sa langue derrière lui, il se trompait probablement. Il poursuivit la discussion :

« Ah, aaah. Nous avons besoin de trouver d’abord un endroit pour poser cette bouée. »

Alors que Shidou cherchait aux alentours, la voix de Yoshino s’éleva depuis la piscine.

« Shidou-san. Si c’est bon pour toi… confie la moi… »

« Eh ? Vraiment ? »

Demanda Shidou surpris. Il avait présumé que Yoshino aurait voulu aller dans le toboggan tout comme Tohka.

Ressentant probablement les pensées de Shidou, Yoshino secoua la tête avec un visage pâle.

« C’est… trop effrayant. Et… Yoshinon pourrait… être emportée à nouveau… »

« Aah… vraiment ? »

Shidou gratta l’arrière de sa tête et sourit amèrement. Il semblait que l’incident précédent lui ait causé quelque traumatisme mental.

« C’est vrai… Yoshinon et moi, nous allons… vous regarder. »

« Vraiment. Alors je peux te faire confiance pour la bouée de Tohka ? »

« Oui… Laisse la moi. »

Une fois confirmation, Tohka attrapa la bouée au niveau de son ventre et le tira vers le haut. Bien sûr, la bouée fut bloquée par sa poitrine et elle avait du mal à la retirer.

« Nu, qu’est-ce qu’il y a avec ce truc ? J’arrive pas à l’enlever. »

Elle mit plus de force à la tâche. La bouée monta finalement sur sa poitrine, mais remonta par la même occasion son maillot de bain. Sa molle poitrine pouvait être entraperçue sous la bouée. Shidou s’écria hâtivement pour l’arrêter.

« Attends, Tohka ! Stop, stop ! Il faut l’enlever par le bas ! »

« Nu ? »

S’en rendant compte après avoir été rappelée à l’ordre, Tohka retira la bouée par le bas. Elle tomba sans problème à ses pieds.

« Ooh ! Tu es incroyable, Shidou ! Comment est-ce que tu le savais ? »

« Gah… Eh bien, hm. »

Marmonna Shidou en se grattant le visage. Tohka n’y prêta pas attention et passa la bouée à Yoshino.

« Bon, je te laisse en prendre soin, Yoshino. »

« Oui. »

Yoshino acquiesça en la prenant. Shidou commença à marcher vers le toboggan.

A ce stade, il réalisa enfin que Kotori croisait ses bras et tapait du pied.

« Koto… Kotori… »

« Quoi qu’il en soit, laisser attendre ta partenaire de rendez-vous est un ‘Pas cool !’. Si ça avait été un entraînement, tu aurais déjà été puni. »

Les épaules de Shidou se baissèrent, Kotori soupira et se dirigea lentement en direction du toboggan. Shidou la suivit hâtivement.

« Tohka, allons-y. »

« Ouais ! »

Après avoir finalement gravit les escaliers, ils arrivèrent au sommet de la montagne. Les membres du personnel étaient en plein milieu d’explications quant aux bonnes procédures à suivre.

Par chance, il n’y avait pas beaucoup de personnes au toboggan, le tour de Shidou arriva rapidement.

Suivant les instructions qui avaient été données, il s’assit dans l’eau courante et se tint aux bords.

« … Shin, je te l’ai dit avant, il n’y a pas de sens si vous ne faites pas la descente ensemble. »

La voix de Reine le rappela à l’ordre dans son oreille droite. Shidou tapota l’oreillette pour signifier son acceptation.

« Um, Kotori, allons-y ensemble. »

« Eh… »

La suggestion de Shidou fit écarquiller les yeux de Kotori… puis, elle se tourna en toussant.

« C’est, c’est bon. Je ne suis plus une enfant. »

« Ne le dis pas comme ça. Il n’y a rien de bizarre. D’accord ? »

« Gu… N’ai-je pas déjà dit que c’était bon ?! »

Kotori croisa ses bras une fois de plus et tourna son visage ailleurs.

… C’est pas bon. Si Kotori se mettait en colère, elle n’écouterait pas ce qu’il dirait.

A cet instant.

« Qu’est-ce qu’il y a Kotori, tu ne veux pas jouer ? Donc, j’y vais avec Shidou ! »

Au moment où il réalisa que c’était la voix de Tohka qui avait parlé derrière lui, son dos fut pris d’assaut par quelque chose de mou. « Toh, Tohka ? »

« Mm, bon, allons-y Shidou ! »

Elle sourit innocemment tout en s’appuyant contre lui. Même si une personne supplémentaire ajoutait de la stabilité à la descente… Comment pouvait-il s’y prendre avec ces deux armes de destruction placées sur son dos qui le troublaient ?

« Qu’est-ce qu’il y a Shidou, tu ne veux pas jouer ? »

« N, non… um, comment dire… »

Il sentait son visage brûler. Puisque Shidou bégayait avec un regard distrait, Tohka approcha encore plus son corps afin de pouvoir voir son visage. Le dos de Shidou fut pris d’assaut par ces deux airbags.

« … Muu. »

D’un autre côté se tenait Kotori qui le fixait avec ses sourcils profondément ridés. Ses lèvres formaient un へ. Il ne fallait pas beaucoup pour comprendre. Elle était clairement en colère contre Shidou qui perdait le contrôle de la situation.

Néanmoins, l’instant d’après, quelque chose d’inattendu se produisit.

« … Eh ? »

Kotori s’avança et, comme pour s’asseoir entre les jambes de Shidou, elle s’assit devant lui.

« Kotori ? »

« Qu, que ? Tu as quelque chose à redire ? »

« Non… rien… »

Shidou prononça ces mots sur un ton pathétique, la voix de Reine devint tendre dans son oreille droite.

« … Excellent. Bien joué, Tohka. »

« Eh ? »

« … Hm, même si c’est un rendez-vous, je pensais bien que Kotori ne serait pas honnête. »

« Reine-san, ne me dis pas que c’est pour ça que… »

Il interrompit sa phrase. La raison était simple : Tohka, qui avait incité les représailles de Kotori, s’appuya encore plus sur lui.

« Ooh, Kotori se joint à nous aussi !! Très bien, allons-y ! »

Accompagnant les paroles de Tohka, son souffle délicat caressa la nuque de Shidou et lui déroba ses forces. Ce n’était pas juste sa poitrine. Son ventre, ses mains, ses bras, ses pieds, en fait chaque partie de son corps qui entrait en contact avec lui. Il avait l’impression que son cerveau allait couler par les oreilles.

« N, To, Tohka… Tu peux te déplacer un peu… »

« Muu… »

Kotori qui avait tourné sa tête et qui avait assisté à ce spectacle grinçait des dents, frustrée pour une quelconque raison. Elle changea sa position alors qu’elle se trouvait sur cette instable courant d’eau.

« Oi, hey, Kotori… ? »

Shidou ne parvint pas à finir sa phrase que Kotori s’était retournée pour lui faire face tout l’enlaçant fermement. C’était comme si elle était un koala enlaçant un arbre.

Auparavant, il était commun pour eux de s’étreindre lorsqu’ils se baignaient, mais il se sentait inhabituellement excité en cet instant précis.

« Kotori, tu vas vraiment prendre part, pour de vrai ?! Bon, très bien, je suppose que je vais être sérieuse aussi… ! »

Sur ces mots, Tohka saisit les bords du toboggan fermement et le poids des trois s’ajouta au courant d’eau.

« Uwah ?! »

« Kya… ! »

Shidou et Kotori laissèrent échapper un cri face à cette vitesse inattendue.

Dans une position qui était suffisante pour énerver le personnel, Tohka était telle une fusée. Même si la majorité de sa force avait été scellée, elle était encore bien au-dessus d’une personne normale. Elle l’utilisait pour les faire descendre. Face à cette terrifiante accélération, Shidou ne put s’empêcher de paniquer.

« U, uwaaaaah ! »

« … ! … ! »

« Ahahahahahahaha !!! »

Traçant une route qui sortait presque du toboggan, le trio laissait derrière lui un mélange de cris, de sons inaudibles et de rires. Toutefois… au milieu de leur descente. Le virage le plus abrupt arriva et tous les trois furent expulsés du toboggan et projetés dans les airs.

« Hyii… ?! »

« … »

« Ooh ! Nous volons ! »

En même temps que la voix excitée de Tohka entra dans ses tympans, Shidou sentit que la flottabilité qui entourait son corps disparut… et c’est ainsi qu’ils tombèrent dans le bassin juste en-dessous.

De grosses vagues et des ondulations se formèrent dans celui-ci.

« … Puha ! Ahahaha ! Shidou ! C’est vraiment intéressant ! »

Tohka eut un sourire éblouissant alors qu’elle émergea.

Néanmoins, Shidou n’avait pas toute cette énergie. Son corps lui parut lourd pour une raison inexpliquée et il fut incapable de remonter à la surface.

« Nn… ! »

Après avoir essayer de remonter lui-même… Shidou réalisa finalement quelle en était la cause.

« Eh… Eh… »

Kotori émettait des doux gémissements et ses épaules tremblaient légèrement alors qu’elle serrait fermement le corps de Shidou comme auparavant.

A y regarder de plus près, les deux rubans qu’elle utilisait pour ses cheveux n’étaient plus là.

« Kotori… tu vas bien ? »

« O, Onii-chan… »

Kotori s’exprima avec un nez bouché, elle levait la tête pour regarder le visage de Shidou. Sa vue fit écarquiller les yeux de Shidou.

« Ne… ne me dis pas que tu es en train de pleurer… »

« … ! »

Shidou venait à peine d’ouvrir la bouche que Kotori relâcha son étreinte et lui tourna le dos.

« Les rubans… les rubans… ! »

« Rubans ? »

Il regarda dans les alentours et remarqua les deux rubans noirs qui flottaient dans l’eau, il les récupérera et les tendit à Kotori. Elle plongea à nouveau dans l’eau une fois en possession de ceux-ci.

Suite à quoi, des bulles commencèrent à apparaître à la surface de l’eau, plusieurs secondes plus tard.

« … Vraiment, c’est ridicule. »

Après avoir refait surface, Kotori était à nouveau parfaitement en mode Commandant.

… Toutefois, son nez et ses yeux étaient encore rouges.

« … »

« … Qu’est-ce qu’il y a ? »

Elle lui rendit le regard les yeux mi-clos. Shidou observa ces rubans et se gratta le visage.

Il l’avait déjà remarqué auparavant. Le 10 avril. Au moment où il commença à découvrir l’existence des Esprits pour la première fois, le Commandant Kotori était apparu… Mais quelle Kotori était la vraie et pour quelle raison avait-elle contractée des personnalités si contradictoires ?

Les rubans blancs étaient l’innocence de Kotori. Les noirs étaient la Kotori forte.

Ce n’était pas un trouble d’identité dissociative, mais bien plus un ajustement presque parfait de son caractère…

« … Hey, Kotori. Pourquoi as-tu choisi les rubans noirs aujourd’hui ? »

Demanda Shidou à Kotori.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as quelque chose à redire à propos de ça ? »

« Non, eh bien… Même si c’est pas entièrement sans rapport. »

Même s’il avait ce genre de pensées, il ne le dirait jamais. Shidou regarda autour de lui pour fuir son regard. Kotori inspira tranquillement avant de continuer.

« … Je ne peux pas. Le moi blanc, c’est mon moi faible. Si ce n’était pas la noire, la moi noire, aujourd’hui aurait été impossible. »

« Eh ? »

Sans comprendre le moindre mot de ce qu’elle venait de dire, Shidou sourcilla.

« Qu’est-ce que c’est, c’est quoi ce discours d’être fort ou faible ? »

« C’est rien, c’est mieux que tu ne le saches pas. »

« Qu, qu’est-ce qu’il y a…? »

Alors que Shidou sourcilla et dit ça avec agacement, Kotori regarda ailleurs.

« … Et j’ai pensé que le moment était juste, au final elle n’est pas honnête elle-même. »

A ce moment-là, cette voix entra dans son oreille.

« … C’est vrai. Essayons de nouveau. »

« Essayer à nouveau… Non, j’en ai assez du toboggan. »

« … Hm, tu n’as pas besoin de t’inquiéter. Reste tranquille et tiens-toi là. »

« ? De quoi est-ce que tu parles… ? »

Shidou sourcilla, lorsque soudain Tohka, qui avait été séparée d’eux en plein vol, se rapprocha de Shidou et de Kotori.

« Shidou, Kotori, nous y allons encore ? »

Demanda innocemment Tohka. Elle avait sûrement beaucoup aimé la glissade.

« Non… Je, je pense que je vais passer. »

« … Moi aussi. »

Shidou et Kotori secouèrent leurs têtes ce qui provoqua une moue de mécontentement sur le visage de Tohka.

« Pourquoi ? C’était si drôle… »

En plein dans sa phrase, deux filles avec des bouées nageait par là et, alors qu’elles se déplaçaient derrière Tohka…

« …Eh ? »

Il paraissait qu’une des filles avait desserré le maillot de Tohka pendant leur rencontre. La moitié supérieure flottait sur l’eau. Les yeux de Shidou devinrent des points.

« … ? »

Tohka le réalisa après un moment. Elle baissa lentement son regard…

« … ?! »

Laissant échapper un gémissement inaudible, ses mains couvrirent sa poitrine et elle plongea sa tête sous l’eau.

« Shi… Shidou ! Est, est-ce que tu as vu ?! »

« Je, je n’ai rien vu ! Rien du tout ! »

« Vrai… vraiment ?! »

« Vraiment ! »

Shidou mentit au mieux de sa compétence et alors que Tohka faisait des bulles sous l’eau avec un visage tout rouge, elle récupéra son maillot de bain et le rattacha tout en restant sous l’eau.

Shidou eut un soupir de soulagement. Même s’il avait aperçu sa poitrine, provoquer un chahut à ce propos réduirait son espérance de vie.

Toutefois, la réelle menace se trouvait ailleurs.

« … Shidou. »

Derrière lui, une voix calme, mais encore chargée de colère, fit sursauter ses épaules.

« Koto… Koto…ri ? »

« … Tu as dis que tu les préférais petits. »

« Eh… ? »

Au moment où Shidou était encore perplexe à cause de cette phrase inattendue, cet imposant poing droit lui explosa le diaphragme.

« Oga… »

« Hmph, Ogre… huh. Le plus fort du monde. »

Kotori secoua son poing droit comme on le faisait avec les épées pour en ôter le sang.

Shidou se plia sous l’effet de la douleur alors que Reine lui dit soudainement :

« … Muu, j’ai fait quelque chose de mauvais à l’instant ? »

« … Celles qui nageaient derrière Tohka… ces filles… ne me dis pas qu’elles sont de <Ratatoskr>… ? »

« … Non, elles auraient été remarquée si elles étaient du personnel. Non, celles-là ont été préalablement soudoyées avec l’ange Argent. »

« … »

Shidou laissa tomber son corps dans l’eau alors qu’il avait des hallucinations de cupidons volant autour de lui.

En cet instant, il était 14h10. Shidou et compagnie se trouvaient actuellement devant un restaurant à l’intérieur d’Ocean Park en train de manger. Sur la table plastique autour de laquelle étaient assis Shidou, Tohka, Yoshino, mais également Kotori, se trouvait de grandes assiettes pleines de sandwichs et des verres de papier pleins. Même si tout cela paraissait être un peu trop… il resterait plus rien puisqu’il y avait Tohka.

« Umu, c’est délicieux, Shidou ! »

Tohka mangea goulûment les sandwichs et révéla un sourire radieux. Voilà une fille qui pouvait apprécier minutieusement tout ce qu’elle mangeait. Au contraire, Yoshino, qui était assise à l’opposé, hochait de la tête en prenant de petites bouchées sur son sandwich.

« C’est… délicieux. »

« Vraiment… c’est super. »

A les voir toutes les deux, Shidou eut un petit sourire sec. Ce n’était pas à cause d’elles, il éprouvait de la joie à les voir si contentes toutes les deux.

Néanmoins, dans cette scène troublante, existait toujours un problème pénible qui causait de la tension et de la panique à Shidou.

La nature de celui-ci était simple, il s’agissait de Kotori, assise juste en face de lui, elle croisait les bras et était assise un jambe sur l’autre avec une expression ennuyée. On ne savait pas vraiment si elle était insatisfaite par le repas, puisque le sandwich demeure intouché. En outre, elle n’aspirait que rarement à travers la paille de sa boisson et ne parlait pas la majeure partie du temps. Il n’y avait pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’elle était mécontente.

« … Muu. »

Shidou émit un grognement inaudible.

Cela faisait déjà plus de trois heures qu’ils étaient arrivés à l’Ocean Park. Même s’il avait essayé de se rapprocher d’elle grâce à l’aide de <Ratatoskr>, il semblait que ça n’ait pas bien marché.

… Mettre au point un plan avant l’événement, ça ne semblait pas aussi efficace sur Kotori que sur les autres Esprits ?

Shidou ôta cette pensée de son esprit. Qu’est-ce qui aurait été plus facile ? Il est vrai qu’avec une idée de son schéma de pensée, le plan lui avait paru plus sûr qu’avec les autres Esprits. Néanmoins, c’était également à cause de cela que la difficulté était exceptionnellement haute. Jusqu’à maintenant, Itsuka Kotori était indubitablement l’ennemi le plus redoutable.

« Reine-san. Comment se porte l’état émotionnel et l’affabilité de Kotori ? »

Shidou baissa sa voix et parla en cachant le coin de sa bouche discrètement, il parla à travers le transmetteur dans son oreille à Reine qui se trouvait sur le <Fraxinus>. Après quelques secondes, une voix inquiète lui arriva.

« … Hm. Il n’y a pas de signe de détérioration… mais, il n’y a pas de signe d’amélioration non plus. C’est évident lorsqu’on regarde le graphique. C’est une ligne droite depuis le début. »

Shidou grogna légèrement. Il se doutait bien que la courbe n’avait pas monté et il pensait bien aussi qu’il n’y avait pas de signes de chute.

Cela signifiait que Kotori était indifférente. Était-ce parce qu’elle avait vu à travers les instructions de <Ratatoskr>, ou était parce que la personne en question était son frère ?

« … »

Au cours des quelques secondes qui suivirent, le temps s’écoula lentement dans le silence.

« Shidou-kun, c’est pas très recommandé de rester silencieux. Tu devrais te dépêcher de trouver un sujet de discussion. »

« Aah, aaah… Oui. »

Une fois rappelé à l’ordre par Kannazuki, les épaules de Shidou sursautèrent. Tout comme Kannazuki l’avait dit, le silence était la pire chose qui pouvait arriver. Shidou creusa dans sa tête à la recherche d’un sujet, ses yeux cherchaient autour de lui.

A ce moment-là… Kotori porta son verre à sa bouche, suite à quoi elle toussa plusieurs fois d’affilées comme si elle était émue.

« Hack, ugh… »

« Es, est-ce que tu vas bien, Kotori ? »

« … Mmm, j’ai avalé de travers, c’est tout. »

Répondit-elle en se levant et en s’éloignant sans mot dire.

« Kotori… ? Où est-ce que tu vas ? »

« Si tu demandes aux autres dames que moi où elles vont lorsqu’elles quittent leur place, c’est une mise à mort. »

« … Je vais m’en souvenir. »

Il la regarda s’éloigner vers les toilettes, poussa un gros soupir et s’affaissa sur la table.

« Shidou ? »

« Aah… Désolé. Vous êtes toujours en train de manger toutes les deux. »

La voix curieuse de Tohka fit lever la tête à Shidou, son estomac gronda presque en même temps. Il semblait que l’absence de Kotori avait provoqué le relâchement de ses nerfs.

Il tendit la main vers le sandwich dans l’assiette et l’engloutit en quelques bouchées. Il était délicieux, comme il s’y attendait du goût qui avait satisfait Tohka et Yoshino.

« … Hm ? »

A cet instant, Shidou cligna des yeux. C’était parce que Tohka et Yoshino, ainsi que Yoshinon, regardaient toutes dans sa direction.

« Qu, qu’est-ce que c’est ? Quelque chose ne va pas ? »

« Non… On dirait juste que Shidou est revenu à la normale. »

« Eh ? »

Les yeux de Shidou s’écarquillèrent sous le coup de la surprise, Yoshino et Yoshinon prirent la parole :

« Est-ce que tu t’es disputé… avec Kotori… san ? »

« Tu t’es immédiatement relâché après son départ. Tu es transparent, Shidou-kun. »

« Eh… Vraiment ? »

Lorsqu’il posa cette question, les deux filles acquiescèrent sans hésitation.

« … »

Shidou se gratta la joue. Même s’il ne s’en était pas rendu compte, il semblait qu’il avait été particulièrement évident.

Un rendez-vous avec sa sœur, la draguer… et ensuite sceller ses pouvoirs.

C’était déjà suffisamment embarrassant et ça l’était encore plus si la cible était le Commandant de <Ratatoskr>.

D’une certaine façon, la pression rendait Shidou ultra nerveux.

« … »

« Uu… »

Sous le regard des deux filles et de la marionnette, Shidou ne put s’empêcher de se lever et de partir.

« Je, je vais aux toilettes pour un moment… »

« Ah, Shidou ! »

Il se dépêcha de partir et d’exposer son dos aux cris de Tohka.

Ce ne fut qu’après une distance considérable qu’il daigna reprendre son souffle.

« … Vraiment, à l’instant, j’étais si nerveux ? »

Sur ces mots, il se gratta furieusement la tête. Il se sentait incroyablement frustré.

« Reine-san… les résultats de l’état émotionnel de Kotori, tu peux me les montrer ? S’il te plaît, annonce-moi la valeur si possible… »

Il posa ces questions à travers le communicateur, mais pour une raison inconnue il n’y eut aucune réponse.

« Aaah, Shidou-kun. Bien que je sois désolé, l’Officier Analyste Reine est temporairement absente. »

« Ah, vraiment ? »

Où était-elle allée ? Même si Shidou voulait poser cette question, puisqu’il avait été précédemment rappelé à l’ordre par Kotori, il ravala ses mots.

« Ah… »

Shidou, une fois de plus, passa ses mains sur la tête pour mettre en désordre ses cheveux.

Puisqu’il avait annoncé qu’il irait aux toilettes, il valait mieux qu’il revienne vite. Même s’il n’avait rien fait, il valait mieux qu’il se lave le visage comme preuve qu’il y ait été. Il commença à s’y diriger.

A mi-chemin… il s’arrêta soudainement alors qu’il entendit quelque chose.

« Hm… ? »

Il entendit du bruit provenir de derrière les distributeurs automatiques qui étaient placés devant les toilettes.

Shidou tendit l’oreille et écouta. Il semblait que c’était des voix en pleine conversation. Même s’il ne désirait pas être trop curieux… ces voix lui parurent familières.

« Que… »

Alors qu’un sentiment de suspicion l’emplit, il commença à marcher dans la direction. Au passage, comme s’il essayait d’arrêter les mouvement de Shidou, la voix de Kannazuki s’éleva dans son oreille droite.

« Shidou-kun, cet endroit est… »

Néanmoins, c’était trop tard, Shidou avait vu ce qui se trouvait derrière les distributeurs avant que Kannazuki ait pu l’arrêter.

« … »

Il se tut.

Derrière les distributeurs, c’était un espace confiné, silencieux et isolé du bruit, malgré sa proximité avec les bassins.

Il y avait… deux personnes.

L’une d’entre elle portait un bikini et une blouse blanche et était en position accroupie. Un business bag pendait à son côté.

C’était Reine. Quant à l’autre personne… appuyée contre le mur en position assise, c’était Kotori qui se tenait la tête sous l’effet de la douleur.

Shidou se cacha instinctivement.

En voyant sa sœur souffrir de la sorte, il aurait dû courir à sa rencontre… mais pour diverses raisons, il sentait qu’il ne devait pas le faire.

« … Est-ce que tu vas bien, Kotori ? »

« Nn… Je fais aller. Mais, c’est dangereux… Je te laisse t’en charger. »

Kotori tendit son bras vers Reine. Néanmoins, cette dernière hésita et se mordit la lèvre inférieure.

« … Je t’ai déjà donnée cinq fois la dose habituelle. Si je l’augmente, tu prendras des risques pour ta propre vie. »

« Huhu… La moi actuelle qui est devenue un Esprit peut supporter encore bien plus de drogues. »

Reine sourit amèrement. Néanmoins, Kotori continua de parler avec des halètements lourds.

« … Je t’en prie. Je veux… avoir un rendez-vous avec Shidou… avec Onii-chan. »

« … »

Sur ces mots, Shidou retint son souffle.

Toute cette panique et cette nervosité qu’il avait ressentit auparavant lui parût être une blague alors que son rythme cardiaque accéléra et qu’il résonna telle une alarme. *Thump, thump, thump, thump*. La douleur était forte comme si elle l’écrasait.

Avalant sa salive, sa gorge sèche produisit un étrange bruit. Des doigts tremblotants. Des jambes frémissantes.

Même s’il se trouvait dans une pièce chauffée, son corps grelottait comme s’il était gelé.

Il aurait dû le savoir. Il aurait dû l’entendre. Il aurait dû le comprendre.

Kotori avait regagné la totalité de ses pouvoirs, elle était en pleine lutte contre ses désirs ardents.

Kotori qui était jadis le Commandant se trouvait à présent seule dans la zone de quarantaine sous la plus haute sécurité.

De fait, sa limite de temps était établie jusqu’au soir.

… Shidou aurait dû être informé de tout ceci.

« … Ah. »

Ce son qui sortit de sa bouche n’était pas assez fort pour que Kotori puisse prendre conscience de sa présence… mais il l’était suffisamment pour avoir un impact mental sur son cerveau.

Il le savait. Il l’avait entendue. Il avait pris une décision. C’était supposé être absolu.

A l’intérieur de lui-même, Shidou était vraiment négligent.

Elle semblait calme comme d’habitude, aussi arrogante qu’habituellement, aussi courageuse que de coutume.

Confronté aux railleries de sa sœur portant ses rubans noirs, une fausse paix avait pris racine dans son cœur.

« Je… »

Avec une telle force, Kotori ne devrait pas être consumée par quelque chose comme le pouvoir d’un Esprit.

Si sa conquête échouait, il faudrait trouver un autre moyen.

Bien qu’elle ne l’ai pas dit à Shidou, elle avait sûrement un plan de rechange dans sa manche.

Même si c’était sans fondement, il y avait cru… !

Regrets, embarras. Ses propres sentiments de regrets et d’embarras commencèrent à lui dévorer le cœur.

Une lamentation de Kotori tira Shidou du cours de ses pensées. Elle tenait sa tête à l’aide de ses deux mains et serrait les dents tandis qu’elle résistait à ses migraines, son corps tout entier tremblait légèrement.

Peu après, elle ouvrit lentement les yeux et regarda Reine.

« … Hey, je t’en prie. Ce sera peut-être la dernière chance. Si nous échouons aujourd’hui, je ne serais plus jamais moi-même…Avant que ça n’arrive, je dois tenir le coup et aller en rendez-vous avec oniichan. »

« … »

Reine hésita un instant… puis, elle soupira légèrement et ouvrit en même temps le sac à son côté duquel elle sortit une seringue.

« … Merci. Je t’en dois une. »

« … Pas besoin. Malgré tout, c’est la dernière. »

Sur ces mots, elle prit le bras gauche de Kotori et y inséra l’aiguille. Quelques minutes plus tard, Kotori commença à respirer violemment. Lorsque son souffle revint finalement à la normale, son expression semblait plus sereine.

« Je suis désolée… Tu m’as beaucoup aidée. »

Sur ces mots, Kotori se leva… avant de se rasseoir mollement.

« … Tu ne devrais pas te forcer. Repose-toi un instant. »

« Très bien. Tu devrais vite y aller, sinon cet idiot de Shidou va se retrouver dans le pétrin à nouveau. »

« … Non. Attends un instant. Je vais t’acheter de l’eau. »

« Très bien… je comprends. »

Reine se leva et commença à se diriger vers les distributeurs. Shidou tenta hâtivement de s’échapper… mais ses yeux entrèrent en contact avec ceux de Reine.

« … Ah… »

Les sourcils de Reine se levèrent avant qu’elle n’attrape l’épaule de Shidou et qu’elle ne l’entraîne d’un autre côté des distributeurs.

Se rapprochant du visage de Shidou, elle lui demanda d’une voix inaudible pour Kotori :

« … Depuis quand tu as commencé à nous écouter ? »

« Non… C’est… probablement depuis le début. »

Reine resta sans voix. Shidou déglutit avant de s’enquérir :

« Reine-san, pourquoi est-ce que tu es dans un endroit comme celui-ci ? Puis, c’est quoi ces vêtements… ? »

Face à cet avis sur cet étrange combinaison de bikini et de blouse de laboratoire, Reine répondit comme si c’était du sens commun.

« … Un uniforme militaire ne serait pas déplacé ici ? »

« … »

Même si elle était malgré tout remarquable, il décida de ne pas l’interrompre.

… A l’instant, il avait d’autres choses qui le préoccupaient.

« Reine-san, Kotori… quand est-elle devenue comme ça ? »

Reine hésita face à cette question, puis elle finit par répondre :

« … A partir du moment où elle a regagné ses pouvoirs. »

Face aux paroles de Reine, Shidou se mordit la lèvre.

Ce n’était pas vraiment inattendu. Néanmoins, après qu’on le lui ait fait remarqué, il ne pouvait que paniquer.

« Puis, pourquoi ? »

« … Parce que c’est le souhait de Kotori. Elle ne voulait pas te le dire. »

« … »

Shidou retint son souffle et avança ses lèvres. Reine continua à s’exprimer comme si rien ne s’était passé.

« … Pour être honnête, elle ne voulait pas révéler qu’il ne lui restait qu’une journée. »

« Pourquoi… devrait-elle ? »

Demanda Shidou d’une voix tremblante. Reine soupira avant de répondre :

« … Elle ne voulait pas avoir un rendez-vous dans lequel tu éprouverais de la compassion et de la pitié pour elle. »

« … »

Shidou se mordit les lèvres encore plus fort. Il semblait que ses gencives saignaient puisqu’il y avait un goût de sang dans sa bouche.

« C’est pourquoi, je t’en prie. Fais comme si tu n’avais rien vu… Fais-le pour le bien de Kotori. »

« … »

« … Shin. »

« … Je comprends. »

Shidou expira brutalement avant de se retourner et revenir au restaurant où Tohka et Yoshino attendaient.

« Oooh, Shidou. Tu es revenu. »

Tohka était en train de manger un sandwich tout en sirotant sa boisson. Shidou s’assit sans mot dire et les observa toutes les deux.

« Shidou ? »

« Il y a… quelque chose qui va pas ? »

Il acquiesça en les regardant.

« … Hm. Nous étions sur le point de faire le tour en bateau. »

« De, de quoi s’agit-il ?! »

« S’asseoir sur un bateau, c’est une visite au cours de laquelle le bateau voyage sur la piscine. Est-ce que Yoshino a envie de venir avec nous ? »

« Ooh… Allons ! Allons-y ! »

Tohka leva ses bras et s’écria de la sorte. Néanmoins, elle pencha rapidement la tête sur le côté.

« Mu… ? Shidou, tu ne viens pas ? »

« Aaah… J’ai quelque chose à faire avec Kotori… »

« Vraiment ? Eh bien, je vais venir avec toi et… »

A cet instant, Yoshino prit la main de Tohka.

« Tohka-san. Je veux… faire le tour. Tu ne vas pas venir avec moi ? »

« Mu ? »

« S’il te plaît… Ça ne peut être que toi, Tohka-san. »

Sur ces mots, Tohka eut une expression réticente avant de se gratter la joue.

« On, on ne peut rien y faire… Bon, Shidou, je vais avec Yoshino dans le truc dont tu as parlé avant. »

« Ouais, soyez prudentes. »

Shidou les salua de la main, elles en firent de même puis elles se dirigèrent vers la direction indiquée par Shidou.

Presque en même temps, Yoshino se retourna soudainement et dit :

« … S’il te plaît, fais de ton mieux. »

« … Uu, j’ai pris plus de temps que ce que je pensais. »

Kotori marmonna légèrement alors qu’elle prononça ces mots et qu’elle se hâta de revenir au restaurant d’un pas rapide et en prenant des raccourcis entre les tables.

Néanmoins, quand elle arriva, Kotori sourcilla sous le coup de la surprise.

A la table blanche où Kotori avait mangé auparavant, il n’y avait plus que Shidou.

« Shidou ? »

Demanda-t-elle alors qu’il se retourna.

… Pour diverses raisons, il semblait que l’atmosphère avait changée. Avant qu’elle ne parte, ses actions et ses discours avaient l’air préoccupé, mais le présent Shidou… En effet, il était exactement comme lorsqu’elle portait ses rubans blancs.

« Ces deux… »

« Kotori. Changement, nous allons au parc d’attraction. »

« … Haa ? »

Sans comprendre les mots de Shidou, Kotori pencha la tête.

Quelques instants plus tard, Kotori soupira.

« Aaaah… De nouvelles instructions de la part du <Fraxinus> ? C’est sûrement parce que je suis problématique, c’est pourquoi ils ont changé pour le parc d’attraction, hein ? Hmph, très bien… »

Alors qu’elle haussait les épaules…

« Non. »

Shidou se leva et coupa la parole à Kotori. Suite à quoi, il mit ses doigts dans son oreille… retira l’oreillette et la plaça sur la table.

« … Shidou ? »

Kotori sourcilla face à cette action inattendue.

Shidou, d’une voix extrêmement calme mais pleine d’une imposante volonté :

« Personnellement, je préfère les parcs d’attractions à la piscine. »

« Haa… ? »

Kotori sourcilla encore plus tout en faisant la moue.

« Qu’est-ce que tu dis, vraiment ?! Qu’en est-il de Tohka et de Yoshino ? Même si je suis ta cible actuelle, ce sera un problème si leur état mental devienait instable et provoquait un retour de leurs pouvoirs, tu sais ? Tu as déjà oublié à propos de Yoshino ? »

« Je n’ai pas oublié. Toutes les deux sont actuellement en train de faire un tour en bateau. Kannazuki-san en a été également informé, il garde un œil sur elles. Tu n’as pas à t’inquiéter. »

« … Qu’est-ce que tu vas faire ? »

Demanda Kotori avec une expression amère, elle n’avait aucune idée de ce que Shidou prévoyait.

Shidou prit la main de Kotori, le coin de sa lèvre se leva légèrement.

« S’amuser bien sûr… C’est le parc d’attraction que nous attendions depuis longtemps. Comment pourrions-nous ne pas nous y amuser follement ? Nous ne nous arrêterons pas avant de tomber d’épuisement, prépare-toi Kotori. »

« Ha, haa… ? »

Et sans aucune explication du tout, Kotori fut entraînée par Shidou.

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