Date a Live – Tome 4 Chapitre 5

Ryouko, qui portait sa salopette de travail, entra dans le bunker CR-Unit du JSDF de la ville de Tenguu et poussa un cri de surprise en réaction au chaos qui se formait en elle.

« Attends un peu, qu’est-ce qui s’est passé ici ? »

Elle parlait à l’ingénieur proche d’elle. Il sourcilla avec une expression de profonde panique.

« Ce qui s’est passé ?! Peu importe… C-Capitaine ! »

L’ingénieur la salua hâtivement. En continuant de parler, Ryouko secoua sa tête.

« Dispense-toi des formalités ; dis-moi ce qui s’est passé ? »

« Umm… La <White Licorice> ainsi que les munitions ont disparues. »

« Qu’est-ce que tu as dit ?! »

Les yeux de Ryouko s’écarquillèrent et se tournèrent vers la droite.

Conformément aux dires de l’ingénieur, à l’endroit où se trouvait auparavant l’énorme armure militaire d’annihilation nommée <White Licorice>, il n’y avait plus qu’un emplacement vide. Les membres de l’AST, ainsi que les ingénieurs, couraient partout paniqués.

« Est-ce que quelqu’un l’aurait prise… ? »

« A… A ce propos… Même moi je ne suis pas sûr des détails exacts. »

Ryouko inspecta la situation dans le bunker. En dépit du fait qu’ils ne pouvaient arriver à une bonne compréhension sans une investigation, il n’y avait rien qui clochait, il n’y avait aucun signe d’effraction ou d’utilisation de véhicule de transport.

C’était l’élément majeur, le coupable avait déplacé cette équipement militaire massive sans l’aide de véhicule de transport.

Ryouko se tût pendant un instant avant de demander à l’ingénieur :

« … Actuellement, quelle était la condition d’activation de la fonction d’urgence ? »

« L’activation de la fonction d’urgence… huh ? S’il vous plaît, attendez un instant. »

Sur ces mots, l’ingénieur commença à manipuler la tablette miniature qui se trouvait entre ses mains.

La fonction d’activation d’urgence faisait référence au dispositif permettant de temporairement déployer le Territory personnel, ainsi qu’instantanément revêtir une combinaison de combat.

Si un des membres de l’AST l’utilisait, il n’aurait pas besoin d’une combinaison appropriée pour obtenir des pouvoirs de magicien. En tant que tel, la personne mentionnée auparavant serait localisable en raison de son numéro de série. Qui s’est retiré du complexe à cet instant ? Quand l’équipement a-t-il été activé ? Tout serait consigné dans la base de donné automatiquement.

Bien que c’était l’une des nombreuses possibilités, c’était simplement un petit soupçon, tout au plus.

Cependant… pour être capable de déplacer un engin de la masse du <White Licorice> sans utiliser un camion, il n’y avait pas d’autres possibilité qu’un magicien utilisant un Territory Personnel.

Priant au fond d’elle même que ce fut là une supposition erronée, elle attendit la réponse de l’ingénieur.

… Néanmoins, aussitôt que la machine bipa bruyamment, l’ingénieur resta abasourdi.

« C-Capitaine, il… il y en a un, un membre de l’AST l’a pris. »

« … Qui ? »

Demanda Ryouko ; l’ingénieur lui répondit d’une voix tremblante.

« M-Maître Sergent… Tobiichi Origami. »

« Très… bien ! Kotori ! Où devrions-nous aller ensuite ?! »

Shidou, qui s’était bien amusé sur « l’Ascenseur extrême », tenait la main de Kotori et s’avançait.

« A-Attends un instant ! »

Avait dit Kotori aux cheveux ébouriffés, tout en s’arrêtant de marcher et en empêchant Shidou d’aller plus loin.

« Hm, quelle est la question, Kotori ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire par quelle est la question… ?! Donne-moi une bonne explication, explique-moi! »

S’écria Kotori de manière stressée.

Eh bien, ce n’était pas injustifié puisqu’il avait traîné Kotori dans le parc d’attraction et dans la plus proche attraction qu’il avait pu trouver sans donner aucune explication.

« Expliquer ? Je te l’ai déjà dit, Oniichan, moi, aime plus les parcs d’attractions. »

« Ce n’est pas une explication ! Tu m’as entraînée ici simplement pour cette raison ?! »

« Tu as dit ‘juste pour cette raison’, n’est-ce pas ? Lorsque les garçons entrent au lycée, ils ne vont pratiquement plus au parc d’attraction, tu sais ? Ils se sentent honteux même lorsque leurs familles les y entraîne. C’est encore plus triste s’ils n’y vont qu’avec des garçons. C’est pourquoi, les seuls qui viennent dans ce genre de lieu sont ceux qui ont une petite amie ! Pense à tout cela, pense à tous ces garçons qui sont incapables de se rendre dans un parc d’attraction, à combien s’élève ce nombre ? »

Expliqua dramatiquement Shidou alors que Kotori lui jeta un regard noir.

« Je le sais déjà ! Avant tout… »

Néanmoins, il semblait avoir remarqué quelque chose en plein milieu de sa phrase, son volume sonore chuta soudainement.

« Pe-Petite amie… »

Pour une raison inconnue, elle toussa légèrement, son visage vira lentement au rouge.

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a Kotori ? … Ne me dis pas que… »

« C’est rien ! Ne… »

« Tu as peur de la machine de saut ? Tu aurais dû me le dire plus tôt. »

Shidou ricana, Kotori agita ses mains tout en rougissant.

« Ouch, ça fait mal, a-arrête ! »

« Tais-toi ! Prends ça ! »

Shidou échappa de peu à son assaut et désigna l’entrée d’un manège.

« Bon allé, Kotori, allons ensuite à celui-ci. »

« C’est pourquoi je t’ai dit de m’écouter d’abord ! »

« Ah, vraiment, est-ce que tu es toujours trop petite pour monter dans ce manège… »

Shidou venait à peine de finir de parler avec un sourire suffisant que Kotori lança un nouvel assaut, le visage à nouveau rouge.

« Tu es un idiot ! La hauteur minimale pour le grand huit est de 110 centimètres, pas vrai ?! Je ne suis pas si petite ! »

« Ehhh… ? Mais, c’est vraiment effrayant, tu sais ? »

« Ne me sous-estime pas ! Tu devrais être plus inquiet au sujet de te faire dessus. »

« Quoi ?! Eh bien, pourquoi ne dirait-on pas que la première personne à être effrayée perd ? »

« C’est exactement ce que j’allais dire ! »

Kotori acquiesça tout en haletant lourdement et en montant dans le manège avec Shidou.

Le temps qu’elle comprenne qu’elle avait été bernée par Shidou, la nacelle avait déjà commencé à se déplacer.

« U-mu… Ça va aller, pas vrai, Shidou-kun ? »

Sur le pont du <Fraxinus> qui flottait au-dessus de l’Ocean Park, Kannazuki croisait ses bras avec une expression de mécontentement et tapait de manière répétée son talon sur le sol.

« … Non, cela pourrait être bon pour Kotori. »

Avait dit à cet instant, Reine, qui était assise sur le pont inférieur, tout en regardant l’image sur l’écran.

« Vraiment ? »

« … Ouais. Shin, ne donne-t-il pas le meilleur de lui-même ? Nous nous sommes inquiétés pour rien. »

Reine gémit doucement, Kannazuki continua d’afficher un air mécontent alors que ses sourcils se levèrent en regardant l’écran. A cet instant, alors que Shidou et Kotori entrèrent dans la maison de l’horreur, Kannazuki s’écria de surprise.

L’écran affichait les deux silhouettes qui marchaient ensemble dans l’obscurité, c’est seulement au moment où la lumière de l’entrée ne pouvait plus être aperçue que Shidou tendit la main à Kotori.

« Ici, Kotori. Tenons-nous la main. »

« Ha… Haa ? Qu’est-ce que tu dis encore ?! Ne me traite pas comme une enfant, compris ?! Ou alors ? Ne me dis pas que tu es effrayé, Shidou ? »

Sur ces mots, elle secoua sa tête brutalement, Shidou aurait laissé tomber si cette situation avait été comme d’habitude.

Néanmoins, Shidou hocha exagérément la tête et contracta ses épaules faiblement.

« C’est vrai, je suis complètement effrayé pour être tout à fait honnête, c’est pourquoi, Kotori, prends la main de ton Oniichan. » « Qu- Qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? T’es dégoûtant ! » « Kotori… » « Je- je l’ai déjà prise… ! Je l’ai déjà prise donc tais-toi ! »

Kotori se gratta la tête et prit la main de Shidou après un moment d’hésitation. Ensuite, elle baissa la tête avec un regard embarrassé, c’était vraiment une scène touchante. Toutefois, les membres d’équipage n’avait toujours pas compris la raison de la colère de Kannazuki.

« Qu-qu’est-ce qu’il y a, Vice-Commandant ? »

« Shidou-kun, la maison de l’horreur était une telle occasion rêvée, pourquoi est-ce que tu la gâches… ?! »

« Eh… ? Ils se tiennent leurs mains, il ne semble pas y avoir de problème du tout… »

Suite à la réponse du membre d’équipage provenant depuis le pont, Kannazuki secoua la tête avec mécontentement.

« Qu’est-ce que tu dis ?! Pourquoi est-ce qu’il n’étreint pas le Commandaaaaaaannt ?! Il pourrait pleinement profiter du tendre corps du Commandant et il y aurait une chance que son visage puisse être piétiner par les solides talons de ses chaussures… !! »

« … »

Des gouttes de sueur apparurent sur le visage des membres de l’équipage.

A cet instant, Shidou et Kotori venaient à peine de sortir de la maison de l’horreur et se dirigeaient vers les auto-tamponneuses. L’intention de base était de s’asseoir dans des voitures différentes, mais après que Shidou ait fait signe de la main, Kotori rougit furieusement et s’assit dans une grande voiture à deux places.

« Aa, aaah…! Shidou-kun, qu’est-ce que tu fais… ?! »

Face à cette scène, Kannazuki poussa un gémissement de torture une fois de plus.

« Pourquoi est-ce que vous devez vous asseoir ensemble ?! Là, il faudrait que tu laisses le Commandant s’asseoir seule pendant que tu marches ! Te rapprochant de la voiture du Commandant tout en ayant un sourire masochiste ! Réduisant lentement la distance entre vous deux ! Tombant immédiatement par terre après que ton talon d’Achille ait été frappé et ton corps baptisé par la violente auto-tamponneuse… ! Aah, Commandant ! S’il vous plaît, ayez pitié ! Ayez pitié ! »

« … »

C’est alors que Kannazuki agita son corps en plein fantasme, attirant une fois de plus les regards des membres d’équipage. Et unanimement, ils exprimaient la pensée : « C’est une bonne chose que Shidou ait jeté son oreillette. »

« Hafuu… »

Kotori soupira et laissa son corps s’écrouler sur un banc de la place centrale. Il était déjà cinq heures passés de l’après-midi. Après que Shidou et Kotori se soient déchaînés dans le parc d’attraction, ils finirent par s’y amuser. Ce n’était pas étonnant que Kotori soit épuisée.

« Ah… c’est pas bon ! J’ai sous-estimé le parc d’attraction. C’était vraiment amusant. »

« Hmph, t’es un enfant ? J’espère que tu arrêteras de porter des couches avant ton entrée au lycée. »

« Je ne veux pas entendre ça de quelqu’un qui s’est bien amusé sur le grand huit. »

« Q-Quoi ?! »

S’écria Kotori mécontente et se reprenant après avoir poussé un soupir.

« Hmph… Quoi qu’il en soit, je suis fatiguée. De plus… eh bien, je suis ennuyée. »

« Nn, vraiment ? »

Shidou ferma les yeux, il étira son corps une fois de plus, sa colonne vertébrale émit des bruits secs.

« Mais… Depuis combien de temps n’étions-nous pas allés au parc d’attraction, au fait ? Maman et papa n’était pas beaucoup à la maison, ça doit faire environ… »

« Cinq ans. »

« Eh ?! »

Kotori avait immédiatement répondu, aussi Shidou avait poussé une exclamation d’incrédulité. Kotori sembla avoir réaliser quelque chose… mais rapidement elle poursuivit comme si elle n’avait d’autre choix.

« Aller au parc d’attraction en famille, la dernière fois remonte à cinq ans. Nous ne sommes plus revenus ici après ça. »

« Tu t’en souviens précisément. Vraiment… Ça fait vraiment cinq ans ? »

Répétant cette phrase, Shidou se gratta la joue.

Cinq ans auparavant. C’était une phrase qu’il semblait entendre souvent ces derniers jours.

L’année où la famille Itsuka était allée au parc d’attraction. L’année où Kotori était devenue un Esprit. L’année où Shidou avait scellé ses pouvoirs. Ainsi que… l’année où les parents d’Origami étaient décédés.

Shidou se leva sans mot dire, il s’e plaça devant Kotori qui était assise à ses côtés.

– La veille, Shidou s’était souvenu. Cinq ans auparavant, l’incendie qui avait rasé la ville de Tenguu Nankou-machi. La scène où Kotori avait pleuré en portant sa Tenue Astrale.

A cet égard, une simple question continuait de persister dans le cœur de Shidou.

La question concernait la personne qui avait tué les parents d’Origami, était-ce vraiment Kotori ?

« … Qu’est-ce qu’il y a ? »

Kotori pencha légèrement la tête. Quelques secondes plus tard, ses épaules tremblèrent comme si elle se souvenait de quelque chose.

Il y avait une énigme quant à ce qu’elle pensait, le visage de Kotori rougit, ses yeux commencèrent à fureter aux alentours.

« Eh, que, que… ne me dis pas que… »

« Kotori. »

« Huua, huaa, hyii… ! »

Après que Shidou l’ait appelée tendrement par son nom, Kotori répondit par ce son confus.

« S-Shidou… ? Ce… um… même si c’est presque le bon moment… mais… ce… au… au moins, nous devrions allés à un endroit où il n’y a personne, pas vrai ? »

« … ? Pourquoi ça ? »

« Pou… pourquoi as-tu dit… »

Shidou observa son environnement. En effet, on pouvait y voir des gens se promenant autour d’eux, mais ils étaient loin d’être à portée de voix. Il n’y avait pas de raison d’être méfiant à ce point-là.

« Il n’y en a pas besoin, faisons ça ici. »

« … ! »

Dit catégoriquement Shidou. Le visage de Kotori s’assombrit et rougit tout en émettant un cri inaudible.

Shidou remarqua l’attitude étrange de Kotori et s’exprima doucement :

« A ce propos, Kotori… »

« … ! Qu- Quoi… ? »

« J’ai quelque chose… à te demander. »

« Si-si tu veux m’embrasser, tu ne dois pas être aussi direct…eh ? »

« Eh ? »

Shidou et Kotori se regardèrent l’un l’autre.

« Eh, eh, eh, um ? Désolé, Kotori, à l’instant… »

« Tais- tais-toi ! Oublie ça ! Qu’est-ce que tu veux me demander ? Va-y, déballe ! »

« Aa, aah. »

Sous l’effet de la pression exercée par Kotori, Shidou fit un pas en arrière. Bien qu’il se sentait concerné par ce qu’elle venait de dire, il allait laisser tomber puisqu’elle avait été si catégorique à ce sujet.

Shidou s’éclaircit la voix et regarda droit dans les yeux de Kotori.

« A ce propos, Kotori. Il y a cinq ans, tu étais… »

… A ce stade, à l’instant où il s’exprima, il sentit que le bruit alentour s’humecta légèrement.

Il le remarqua soudainement. Dans ses alentours, quelque chose de semblable à une membrane était entrain de s’étendre. En effet, comme il l’avait senti, le Territory Personnel d’un membre de l’AST…

« Eh… ? »

Suite à quoi, quelque chose semblait s’être écrasé devant ses yeux… à l’endroit où se trouvait Kotori.

Au même instant, une horrible explosion résonna et la scène devant ses yeux se remplit de flammes.

« Quo… »

Incapable de comprendre ce qui venait de se passer si soudainement, son corps se figea temporairement.

Il n’y avait pas du tout été blessé. Le mur invisible qui s’était mis en place autour de lui avait complètement bloqué la rapide augmentation de la pression de l’air.

Néanmoins, au-delà de ça, l’endroit où s’était tenue Kotori avait été entièrement détruite en un instant.

Il se déplaça afin de chercher un accès pour passer de l’autre côté du mur invisible, mais ce dernier ne cédait pas aux forces seules de Shidou.

« Kotori ! »

Shidou hurla… Soudain, il remarqua quelque chose.

Un tel incident est clairement surnaturel.

Seul quelqu’un, quelqu’un avec de l’hostilité, du ressentiment et une envie de tuer avait pu lancer un tel assaut.

Shidou leva rapidement sa tête… En apercevant le coupable, il retint son souffle une fois de plus.

« Origami ! »

En effet, surveillant depuis les airs la zone où se trouvaient auparavant Shidou et Kotori, il s’agissait de Tobiichi Origami qui portait une combinaison high-tech et une CR-Unit.

« … Shidou. C’est dangereux ici. Pars d’ici immédiatement. »

En dépit du fait qu’elle apparaissait à chaque fois avec un équipement différent, celui qu’elle portait cette fois était significativement différent en comparaison des précédents.

Il s’agissait d’un équipement massif et étrange qui enveloppait entièrement son corps. Son armure dorsale comprenait une énorme bande de munitions, d’énormes épées de lumières qui partaient de ses bras et, en plus de tout cela, deux gros canons semblables à ceux qu’on pourrait voir sur un navire de guerre.

C’était une étrange silhouette comme si elle transportait un arsenal d’arme entier à elle seule.

… Aucun doute, celle qui a attaqué Kotori n’était autre que cette fille.

« Uu… waaaaaaaa ?! »

Quelques secondes après, les visiteurs aux alentours semblaient avoir remarqué l’anormalité de la situation. Des cris de panique s’élevèrent de partout, ils s’enfuirent précipitamment.

C’était incompréhensible. Si Origami était venue normalement, les gens auraient simplement cru à une nouvelle attraction du parc, mais puisqu’elle venait de réduire le décor en cendre par l’usage de missiles, cette panique était à prévoir.

Néanmoins, Shidou ne bougeât pas. Il ne voulait pas bouger.

Il serra si fort son poing qu’il fit couler du sang et fixa furieusement Origami qui flottait toujours dans les airs.

« Origami… ! Tu… Est-ce que tu sais ce que tu viens de faire ?… ?! »

Shidou cria de façon déformée, Origami acquiesça silencieusement.

« … Tuer Itsuka Kotori. »

Cette réponse simple, directe, fit frisonner Shidou. Toutefois…

« … Tuer, tu viens de dire. C’est vraiment me sous-estimer. »

Alors que cette voix hautaine s’était élevée, la fumée de la zone fut instantanément soufflée par une tornade. A son centre, il y avait la silhouette de Kotori derrière un mur de flammes.

Elle soupira légèrement et fit craquer ses doigts. Le mur de flammes qui l’encerclait s’évapora dans les airs. Suite à quoi, elle fixa Origami en levant son menton pour la provoquer.

« Tobiichi Origami. Je pensais que tu étais une personne intelligente. »

« … Tu me connais ? »

« Je ne savais pas que tu étais folle au point de lancer des missiles sans même faire sonner l’alarme et sans même effectuer une évacuation au préalable. »

« … »

Origami la regarda sans rien dire. Elle donnait sûrement des ordres à sa CR-Unit. Des morceaux de l’arsenal dans son dos s’ouvrirent et dévoilèrent de multiples canons.

Ensuite, une pluie de balles s’abattit sur Kotori.

En raison de son Territory Personnel, le contrôle de la trajectoire des balles était parfait. Bien sûr, il y avait des balles perdues qui partaient en direction de Shidou. Cependant, le mur invisible autour de lui les bloquait toutes… Il était plus que probable que ce mur avait été érigé par Origami également.

« … ! Kotori ! »

Au sein des bruits de cette fusillade, Shidou ouvrit sa bouche et cria.

Kotori leva son bras calmement. Suivant son mouvement, des flammes cramoisies jaillirent de ses pieds et avalèrent les balles qu’avait tiré Origami.

« Elohim Gibor ! »

Dit Kotori. Les flammes la revêtirent et brûlèrent ce qui restait de ses vêtements.

A cet instant, les flammes remplacèrent des vêtements de Kotori et prirent la forme d’un kimono qu’on ne pouvait imaginer qu’en rêve. Un vêtements flottant, des manches embrasées… ainsi que des cornes couleur d’ivoire. La Tenue Astrale. L’armure absolue qui protège les Esprits.

« Camael <Démon des Flammes Annihilantes> ! »

Faisant suite aux paroles de Kotori, les flammes entre ses mains prirent la forme d’une énorme hache de guerre.

L’expression du visage d’Origami afficha un total mécontentement, Shidou sourcilla pour sa part. Tobiichi Origami. Une parfaite étudiante aux résultats impeccables, toujours calme et silencieuse, il était rare qu’elle ait la moindre fluctuation émotionnelle.

L’actuelle Tobiichi Origami, au contraire, portait sur Kotori un regard empli de colère.

« Je t’ai trouvée… finalement… ! »

Après avoir prononcé ces mots, immédiatement le corps de Shidou commença à flotter.

« Quo… ?! »

« C’est dangereux. Shidou, tu devrais y aller. »

Les yeux d’Origami tressaillirent alors que le corps de Shidou fut doucement emporté dans une autre zone.

« Uwa ?! »

Son corps atterrit sur la tendre herbe. Il grommela en se tenant la tête.

Il l’avait remarqué, le mur invisible qui l’entourait venait de se dissiper.

Néanmoins, ce n’était pas le principal sujet. Il se leva hâtivement et regarda, depuis l’endroit où il avait été amené… en direction de Kotori en kimono et d’Origami en armure de combat.

« Kotori… Origami… ! »

Sa sœur bien-aimée et son amie. Toutes les deux étaient des personnes importantes pour Shidou et maintenant elles s’opposaient l’une l’autre, armes aux poings, prêtes à prendre la vie de l’autre. Shidou n’avait pas pensé à un tel dénouement, jusqu’à cet instant.

« Huu…. »

Au moment où Origami poussa ce court soupir, le conteneur d’arme qu’elle portait s’ouvrit d’un coup. Suite à quoi, des missiles encore plus nombreux qu’auparavant, tracèrent des lignes de fumée en se dirigeant vers Kotori qui se trouvait au sol.

Un bruit terrifiant d’explosion et de vents, les puissants tremblements de terre et l’onde de choc grondèrent dans la zone.

« Gu… »

Shidou se couvrit le visage de ses mains et plissa les yeux. Néanmoins, ce n’était pas suffisant. Pour ne pas être souffler, il avait dû appuyer son corps contre le sol.

Les missiles avaient provoqués la destruction du terrain, ils avaient instantanément éradiqués un coin du parc d’attraction. La localisation où se trouvait Kotori semblait avoir été creusée par une déchirure spatiale elle-même, ne laissant rien derrière elle.

La destruction à un niveau horrifiant. Même s’il avait été précédemment témoin des combats des membres de l’AST et d’Origami… c’était la première fois qu’il voyait un équipement militaire avec un pouvoir si écrasant.

« Kotori ! »

Il hurla son nom et tourna sa tête vers l’endroit où Origami avait tiré, aucun signe de Kotori. Ne me dites pas qu’elle a été balayée à l’instant ?

Une petite voix provenant d’au-dessus dissipa ses doutes.

« Hmph… C’est une arme grossière que tu utilises là. »

Shidou leva la tête. Juste là, Kotori flottait dans les airs saine et sauve.

« Ku… »

Origami affichait une expression inquiète et tourna son regard vers elle. Relançant la même commande d’attaque une nouvelle fois, elle tira le même nombre de missiles sur Kotori.

Mais, elle ne s’arrêta pas là.

« … Territory Personnel Directionnel, activation. Coordonnées verrouillée (223• 439• 36) … ! »

En même temps qu’Origami prononça ces mots, une sorte de sphère de confinement enveloppa Kotori et ses environs.

« Hm… ? »

Kotori sourcilla. Depuis sa position, Shidou comprit. Cette sphère était similaire à celle qui l’avait englobé auparavant, mais ce n’était pas pour protéger Kotori. En effet, c’était…

Les missiles d’Origami passèrent à travers la barrière, tous la frappèrent de plein fouet.

Cette fois, Shidou ne se cacha pas le visage. La raison était simple, parmi les nombreux missiles qui explosèrent dans la sphère, aucun ne projeta son explosion à l’extérieur.

Néanmoins, il n’était pas difficile d’imaginer ce qui se passait à l’intérieur de celle-ci. Il ne s’agissait pas seulement de l’impact des missiles, l’accumulation des multiples ondes de choc et la pression des vents, pas même un Esprit ne pouvait s’en sortir indemne.

« Haa… Haa… Ha… »

Probablement parce qu’il utilisait bien trop son cerveau, de nombreuses gouttes de sueur se formèrent sur le visage d’Origami, elle haletait lourdement alors que ses épaules tremblèrent. A cet instant, la barrière autour de Kotori se dissout dans l’atmosphère et l’épaisse fumée qui se trouvait à l’intérieur se dissipa rapidement.

Toutefois, avec la dispersion de la fumée, Origami écarquilla ses yeux sous le coup de l’incrédulité.

Il y avait une bonne raison à cette surprise. Les flammes rouges qui flottaient sur la scène de destruction en était la cause…

« Puha ! »

Suite à ce tendre soupir, le visage de Kotori se dévoila, son corps portait encore des traces de fumée.

« Pas mal du tout. C’est quelque chose que je n’avais jamais vu avant. C’est un nouveau modèle ? »

Sur ces mots, Kotori agita doucement sa main. Comme auparavant, les flammes rampèrent sur le corps de Kotori, ce dernier et sa Tenue Astrale furent ramenées à leur état impeccable.

Néanmoins… à cet instant.

« … Ah… »

L’expression de Kotori se déforma soudainement, elle émit une plainte de douleur alors qu’elle appuya sa tempe gauche.

« Ku… J’ai utilisé bien trop de pouvoir… »

Les épaules de Shidou se levèrent. Il l’avait déjà vu auparavant cette scène. C’était la même… la même que cette fois-là sur le toit.

C’était le visage de la Kotori qui voyait sa conscience consommée par une rage destructrice.

Dans une situation de vie et de mort, c’était une grande ouverture.

Origami ne laissa pas échapper sa chance.

« <Cleaveleaf>… Désactivation • Extension ! »

Alors qu’Origami cria de la sorte, la lame de l’épée de lumière se changea en rubans et s’enroulèrent autour de Camael <Démon Annihilateur de Feu> et Kotori.

« Gu… »

« Territory Personnel Directionnel… Activation ! »

Origami prononça ces mots une nouvelle fois, la barrière sphérique réapparut autour de Kotori.

Cependant, ce n’était pas des missiles qu’elle tira cette fois. Origami se mit en place et pointa les deux canons de ses armes de son arsenal sur Kotori.

« C’est fini… <Blaster> ! »

Suite à ce cri, à bout-portant, les canons émirent un flot de lumière magique aveuglante.

« … ! »

Se reflétant dans ses yeux, une lumière azur de destruction. Même Shidou qui n’y connaissait rien à propos des équipements militaires comprit la puissance que cette lumière annihilante possédait. La barrière s’étendit autour de Kotori, même si elle n’avait pas laissé sortir les explosions des missiles auparavant, on pouvait voir de la lumière s’échapper légèrement cette fois.

A l’instant où la lumière entra en contact avec le sol, elle déclencha une violente explosion et créa un cratère miniature.

« Kotori !!! »

Il cria de toute sa voix. Néanmoins, en raison du bruit de l’explosion générée par la destruction de l’environnement par la lumière magique, sa voix fut incapable de l’atteindre.

« … »

Origami baissa son canon avec une expression de lassitude. Son visage pâlit, son souffle accéléra. Même si l’assaut n’avait été mené que par Origami, elle paraissait l’avoir subi également.

Soudainement…Kotori apparut derrière Origami en levant Camael <Démon Annihilateur de Feu>.

« Qu… »

Le visage d’Origami se tordit suite au choc, elle prépara ses épées en vu de combattre, mais il était trop tard.

« … Camael <Démon Annihilateur de Feu> »

La hache de feu se leva et se dirigea vers Origami.

« Kya… »

C’est avec un gémissement de douleur que le corps d’Origami s’abattit au sol accompagné de son gigantesque équipement.

Kotori portait un regard froid à la scène, elle abaissa lentement Camael <Démon Annihilateur de Feu> à l’aide d’une seule main. La lame de feu se balança, elle se dirigea non loin d’Origami.

« Ku… Territory Personnel Défensif… Activation ! »

Origami serra les dents tout en prononçant ces mots. Suite à quoi, le Territory Personnel qui s’était déployé dans les alentours réduisit sa surface, prenant une forme qui collait au corps d’Origami et son équipement.

L’instant d’après, Camael <Démon Annihilateur de Feu> s’abattit dessus.

« Ku… aaah… »

Le Territory Personnel d’Origami semblait à peine l’avoir protégée contre cette attaque, la tête d’Origami parut subir un lourd choc. Les sourcils d’Origami se levèrent sous le coup de la douleur, laissant échapper un cri.

Néanmoins, Kotori n’arrêta pas son assaut. La lame de feu flamboya répétitivement, Kotori continua d’agiter sa hache de bataille comme s’il s’agissait d’un fouet.

« Ara, d’où venait ton arrogance ? Tu voulais me battre ?? Tu ne voulais pas que je me repente ? Tu ne voulais pas me tuer ? Si tu veux le faire, eh bien, dépêche-toi et envole-toi. Pointe tes épées bâtardes et tes canons sur moi. Sinon… Fufu, tu vas périr. »

« … ! Kotori ! »

Les paroles de Kotori firent lâcher un gémissement à Shidou.

Il était évident qu’il ne s’agissait plus d’elle.

Ce n’était pas Kotori… mais Kotori avec sa conscience consumée par une impulsion destructive.

« Arrête, Kotori ! Si tu continues… »

Mais elle n’avait aucune intention d’arrêter. Le coin de sa bouche se leva pour former un sourire terrifiant, elle continuait de frapper répétitivement le Territory Personnel d’Origami.

« … Kah, ha… »

Après dieu sait combien de coups, elle finit par briser le Territory Personnel de cette dernière. Camael <Démon Annihilateur de Feu> laissa de faibles marques sur l’abri de métal.

« … Quoi ? Tu n’en peux déjà plus ? Que c’est ennuyeux ! »

Dit Kotori froidement tout en atterrissant à côté d’Origami qui haletait lourdement. Puis…

« Camael <Démon Annihilateur de Feu>… Megiddo [Canon]. »

La gigantesque lame de la hache de bataille disparut, la poignée changea de forme et se greffa sur le bras droit de Kotori.

Elle dirigea le canon droit sur le visage d’Origami.

« Très bien… Si tu ne peux plus te battre, tu ne sers plus à rien. »

« Kotori ! Arrête ! Kotori… ! »

Cria Shidou alors qu’il courut vers Kotori et Origami. Toutefois, presque en même temps, Kotori leva son canon et elle commença à absorber les flammes environnantes.

C’était l’attaque qui avait facilement pénétré l’Ange de Kurumi. Si un humain était frappé à cette distance il était impossible qu’il s’en sorte… Néanmoins, Origami, malgré ses gémissements saccadés de colère, ne parut pas effrayée du tout, elle fixait haineusement Kotori.

« <Efr… eet>… ! »

Lorsqu’Origami prononça ce nom, l’expression de Kotori se déforma de mécontentement.

« … Tu connais un nom si odieux. Où l’as-tu appris ? »

Néanmoins, Origami ne changea pas de façon de parler, elle poursuivit :

« C’est comme ça… que tu les as tué ? Cinq ans auparavant… tu… ma mère et mon père… ! »

« Eh ? »

Kotori émit un son totalement différent des précédents.

« Ooh, regarde par là, Yoshino ! C’est une cascade ! »

Cria Tohka qui se trouvait sur un grand bateau, Yoshino qui était assise derrière elle acquiesça avec excitation.

« C’est incroyable… ! »

« Pas mal du tout, je veux vraiment essayer de la congeler. »

Dit en plaisantant Yoshinon qui se trouvait sur la main gauche de Yoshino.

A vrai dire, le tour de bateau qu’elles avaient entrepris s’était déjà fini, mais en raison de l’insistance de Yoshino, elles avaient entamé un second tour.

Tohka avait prévu de rejoindre Shidou, mais Yoshino ne l’avait pas laissé partir sous prétexte de « puisque nous avons vu à gauche, essayons de voir à droite cette fois. », et c’est ainsi qu’elles s’étaient assises dans le bateau une nouvelle fois.

« Juste là, vous tous, pouvez-vous regarder ici, s’il vous plaît ? »

Sur ces mots, le membre du personnel qui se tenait à la proue du navire pointa du doigt le grand volcan.

« C’est le plus grand volcan à l’intérieur de l’Ocean Park. Habituellement, il est éteint… mais puisqu’il est heureux avec tous ces visiteurs aujourd’hui. Regardez, il va souffler… ? »

Presque immédiatement après ces mots, des bruits d’explosion se firent entendre, faisant vibrer l’air elle-même.

« Oo… ooh ?! »

Tohka agrippa le bastingage du bateau fermement tout en écarquillant les yeux.

« In-Incroyable ! Nous ne ressentions rien de tout ça lorsque, nous étions assises du côté gauche du navire ! »

Dit Tohka… Yoshino, pour diverses raisons, commença à pâlir.

« Yoshino ? »

« Non… c’est pas vrai. A l’instant, c’était… »

A cet instant, une alarme résonna dans la piscine et une annonce invita les gens à se rendre dans un abri.

« Q-Quoi ? »

Soudain… Tohka retint son souffle.

Bien qu’elle ne pouvait expliquer pourquoi, elle avait une prémonition.

« Yoshino… »

Alors qu’elle se tourna vers elle, elle aussi afficha la même expression que Tohka.

Il y avait… un subtil changement d’Énergie Spirituelle.

En plus du bruit d’explosion à l’instant, Shidou manquait toujours à l’appel.

Dans le cœur de Tohka, un sensation de peur commença à émerger.

« Shidou… ! »

Cria Tohka tout en sautant depuis le bateau dans l’eau.

Kotori, hébétée, émit un gémissement.

« Qu’est-ce que tu viens de dire… »

Sur ces mots, elle retint sa tête à l’aide de sa main gauche comme cherchant à réprimer son mal de tête.

Cette voix, cette allure, elle était différente d’auparavant. C’était la Kotori que Shidou connaissait.

Probablement qu’Origami le remarqua également puisqu’elle continua de parler :

« Cinq ans auparavant. Il y a plus ou moins cinq ans. Mes parents qui vivaient à Nankou-machi ont été tués par l’Esprit des Flammes… ils ont été tués par toi. Tu les as brûlé sous mes yeux… ! Oublié ? Je n’oublierais jamais. C’est pourquoi je vais… te tuer. Je vais te tuer ! <Efreet> ! »

Sous l’effet de l’augmentation de la force combative d’Origami, Kotori fut balayée.

Plutôt que de dire que la force d’Origami avait augmenté, il aurait fallu dire plutôt que c’est Kotori qui ne résista plus du tout. En dépit du fait qu’elle était un Esprit revêtant une Tenue Astrale, son petit corps fut projeté dans les airs.

« Kotori… ! »

Elle ne répondit pas malgré les appels de Shidou ; Kotori, qui gisait étendue au sol les yeux grands ouverts en proie à la confusion, claquait des dents.

« Comment ai-je pu… »

Immédiatement, Origami étendit son Territory Personnel à nouveau, reprit sa position d’attaque et agita ses épées massives au-dessus de Kotori. Les lames de lumière apparurent et lièrent Kotori fermement.

« Cette fois, je ne te laisserais pas t’échapper. Territory Personnel Directionnel • Activation ! »

Au moment où Origami lança cette déclaration, Kotori et ses environs se retrouvèrent prisonniers d’une barrière.

Ce n’était pas pour protéger sa cible, mais bel et bien pour l’enfermer, une cage de mort qui était destinée à une attaque fatale. Même si Kotori avait été capable de s’échapper auparavant, cela paraissait impossible dans son état actuel. Des gouttes de sueur se formèrent sur le front de cette dernière, son corps se tordit de douleur.

« … ! »

Shidou courut sans réfléchir. Il était incapable de faire quoi que ce soit. Rien de ce qu’il pouvait faire ne changerait quelque chose. D’autre part, Shidou, qui avait perdu les pouvoirs de Kotori, il était incapable de se restaurer s’il subissait une attaque fatale. Même s’il utilisait son corps pour protéger Kotori, il se retrouverait probablement avec un trou de part en part.

En dépit de tout cela, Shidou ne s’arrêta pas. La raison était simple : sa mignonne petite sœur courait un danger imminent. En tant que grand-frère, c’était plus que suffisant pour le pousser à précipitamment la sauver.

« Territory Personnel Condenser… <White Licorice>, activation critique ! »

Origami pointa ses canons vers Kotori. Néanmoins, Shidou n’y prêta pas attention alors qu’il s’interposa entre Origami et Kotori, tout en écartant ses bras pour servir de bouclier à cette dernière.

« Origami ! Arrête ! Stop ! »

« … Shidou. N’interfère pas. »

« Comment le pourrais-je ?! »

Cria Shidou, Origami grinça des dents et son regard devint perçant.

« Je te l’ai déjà dit. La raison pour laquelle j’ai vécu jusqu’à maintenant c’est pour venger la mort de mes parents. Après avoir survécu à cette conflagration il y a cinq ans de cela, la vengeance est devenue ma seule raison de vivre. Ma vie n’existe que pour ce seul objectif, tuer <Efreet>, c’est ma raison d’être. »

« … »

C’est ainsi que s’exprima Origami. Dans la tête de Shidou, les mots d’une certaine fille se répétaient en boucle.

(Je déteste cette habitude.)

Takamiya Mana. L’auto-proclamée véritable sœur de Shidou.

(Tant que tu ne seras pas tombé, tant que tu ne seras pas mort, je continuerai de te tuer, ma mission est ma raison d’être.)

Combien et combien de fois, elle avait tué Kurumi… elle avait tué des Esprits, cette fille incapable de faire marche arrière et dont le cœur s’était éteint petit à petit. Il regarda un instant Origami, son expression épuisée et les ténèbres à l’intérieur de ces pupilles lui la rappelèrent, Shidou déglutit brutalement.

Pourquoi est-ce qu’il pensait à Mana à cet instant… il y avait une raison simple à cela.

Lorsqu’il regardait cette fille pointant ces gros canons devant lui, l’image de Mana se superposa à la sienne.

« Non… tu ne peux pas. »

Shidou bégayait alors qu’il prit la parole, les sourcils d’Origami se levèrent.

« Ne fais pas… ne deviens pas une meurtrière… ! Si tu appuies sur la gâchette… c’est sûr, tu seras incapable de revenir en arrière… ! »

D’un seul coup, Origami deviendrait une nouvelle Mana.

Son âme sombrerait, incapable de se relever.

C’est justement parce que Shidou connaissait ce genre d’émotions qu’il savait. La gâchette au bout du doigt d’Origami serait la clef finale.

« Je… ne veux pas te voir devenir ainsi… ! »

Néanmoins, Origami ne baissa pas son arme, elle lança un regard noir à Shidou, ainsi qu’à Kotori qui se tenait derrière lui.

« … Malgré tout, je m’en fiche. Si <Efreet> est détruit de mes propres mains… ! »

« Ku… »

Shidou serra son poing droit, ses ongles s’enfoncèrent dans ses chairs.

A cet instant, il eut une soudaine illumination.

L’Esprit des Flammes, <Efreet>, le nom de code qu’utilisait Origami…

« … Ah. »

C’était proche d’un jeu de mot, il ne pouvait reprocher à qui que ce soit de lui reprocher de jouer stupidement sur les mots. Mais c’était une possibilité. C’était le dernier atout qui restait entre les mains de Shidou.

« Origami… Écoute moi. »

Origami ne répondit pas. Shidou prit son silence comme un consentement, il poursuivit :

« Celui dont tu veux te venger c’est <Efreet>… pas vrai ? »

« Oui. »

« Celui qui contrôle les flammes qui dévorent toutes choses, celui qui ressuscite des abîmes de la mort… l’Esprit des Flammes, non ?! »

« Oui. »

« Donc ce n’est pas ma sœur… Itsuka Kotori, mais l’Esprit des Flammes, <Efreet>, n’est-ce pas ?! »

« … De quoi est-ce que tu parles ? »

Origami sourcilla.

« <Efreet> et Itsuka Kotori sont la même personne. Qu’est-ce que tu essayes de… »

« Réponds simplement à ma question ! Ton ennemi est l’Esprit des Flammes, pas ma sœur qui est humain, non ?! »

Cria Shidou. Origami, confuse, marqua une pause avant de répondre.

« … Tes paroles sont incompréhensibles. C’est vrai que mon ennemi est l’Esprit des Flammes, <Efreet>, et non pas les humains. Néanmoins, Itsuka Kotori est un Esprit. Ça tombe sous le sens. »

Dit calmement Origami. Shidou déglutit bruyamment.

« Éloigne-toi d’elle, Shidou. »

« Non… je ne peux pas. Après avoir entendu ces mots, d’autant plus… ! »

« … Quoi ? »

Origami, incapable de le comprendre, sourcilla.

« S’il te plaît. Juste un moment, donne à Kotori et à moi un peu de temps. De cette façon… »

« Non. Maintenant, c’est la meilleure opportunité pour accomplir ma vengeance sur <Efreet>… ! Si tu ne t’en vas pas de là… »

Origami réajusta la mire de son canon afin de tirer à travers Shidou, afin d’exterminer Kotori.

« Ku… »

En un sens, il pouvait comprendre les sentiments d’Origami puisqu’il venait de dire quelque chose d’incompréhensible à l’instant. Si quelqu’un d’important pour lui venait à être assassiner, il était logique qu’il haïrait le coupable.

Et précisément à cause de cela… de ses propres mains, il irait jusqu’à penser vouloir le tuer.

Si Origami venait à tuer Kotori en ce lieu, Shidou aurait exactement la même rancœur qu’elle avait à l’encontre de sa soeur en cet instant-même.

En dépit de ce qu’on pouvait dire, peu importe ce qu’on essayait de cacher derrière un regard vide, cela n’avait rien à voir avec sa propre volonté, quelque part au plus profond de soi-même, il ne resterait qu’un froid ressentiment.

Tout cela n’était que des mots vides de sens.

Même s’il était accusé d’être un hypocrite, même s’il était accusé d’agir sur un coup de tête, les gens pouvaient bien dire qu’il était déraisonnable, Shidou n’avait aucune excuse.

« Ce que je vais te dire te semblera n’avoir aucun sens, à toi qui a perdu tes parents. Si mes parents et Kotori avaient été tué, je pense que moi aussi j’aurais une haine déraisonnablement contre leur tueur. Je sais que ça sonne faux ! Je sais aussi que c’est une opinion égoïste de ma part ! Mais je… ! Je ne peux pas supporter de voir ma mignonne petite sœur être tuée en face de moi et je ne peux supporter de voir mon ami plonger dans le désespoir… ! »

« … »

Origami, troublée, sourcilla.

Néanmoins, elle secoua la tête et porta de nouveau son regard sur Kotori.

« Malgré tout… je… ! »

Sur ces mots, un mur invisible se dressa autour de Shidou.

« C’est… »

Cria Shidou en sourcillant, c’était la même chose qu’elle avait érigé autour de lui au tout début du combat, ce qui voulait dire qu’elle était différente de celle qui avait retenu Kotori, c’était clairement pour protéger sa cible de l’onde de choc.

Comprenant les intentions d’Origami, Shidou cria de toutes ses forces :

« Arrête, Origamiiiiiiiii !! »

« Uwaaaaaaaaaaaaaa !!!! »

Origami superposa le son de sa voix à celle de Shidou et pointa la gueule d’acier de son canon sur Kotori.

Mais, à cet instant…

« Je te laisserais pas faire ! »

La voix provenait du ciel au-dessus d’elle… Ses deux canons étaient préparés à tirer mais celui de droite fut magnifiquement tranché.

« … !? »

Le visage d’Origami exprima une expression profondément choquée. Cependant, elle parut rapidement avoir saisi l’identité de l’assaillant, ses lèvres se déformèrent sous l’effet de la haine.

« Yatogami Tohka… ! »

En effet, celle qui venait de sauter du ciel et qui avait coupé son canon n’était autre que Tohka dont le maillot de bain était couvert d’une lueur violet pâle et qui tenait entre ses mains une grosse épée.

« Tohka ! »

« Umu. Vous allez bien, Shidou, Kotori ? »

Tohka atterrit entre Shidou et Origami, elle parlait tout en gardant un œil sur Origami.

Le regard de cette dernière devint noir, elle déploya la panoplie d’arme qu’elle transportait. Même après avoir porter une attaque à cette échelle-là, ses munitions ne s’étaient pas épuisées. De nombreux missiles étaient prêts à jaillir.

« N’essaye même pas… »

Toutefois, avant qu’Origami pu tirer ses missiles, un rayon de lumière se dirigea vers elle.

« Ku… »

Elle monta plus haut dans le ciel et esquiva de peu l’attaque.

En même temps, probablement à cause de sa perte de concentration, le mur invisible autour de Shidou disparut.

A ce stade, elle réalisa enfin. Le laser qui l’avait pris pour cible n’était pas ce qu’il avait l’air d’être. Il gela tout sur sa trajectoire vers le sol avec un bruit de craquellement.

« C’est… »

Gelant tout d’un simple toucher, un pur rayon de zéro absolu. Shidou eut comme l’impression d’avoir déjà vu ce pouvoir auparavant.

« Est-ce que vous allez… bien, Shidou-san, Kotori-san… »

Une voix familière s’éleva depuis le lieu d’origine de l’attaque. En se tournant pour la voir, Shidou vit une poupée de lapin bien plus petite que ce qu’il avait vu auparavant.

Sa surface était lisse avec des motifs complexes, ses mâchoires étaient pleines de dents semblables à des stalactites. Yoshino chevauchait son dos alors que son maillot de bain brillait légèrement.

« Yoshino ! »

« Oui. »

Shidou l’appela par son nom et elle acquiesça.

« Ce… cette apparence… ainsi que celle de Zadikel <Poupée de Glace>… !? »

« C’est… vrai. Après que Reine-san nous ait dit… que Shidou-san et Kotori-san étaient en danger, nous avons immédiatement accourut ici… A partir du moment où nous avons pensé à vous aider tous les deux, nous ne pouvions plus rester calmes… »

Comme si Yoshino reprenait le contrôle… l’Ange lapin géant… Zadkiel <Poupée de glace> rugit.

« Pfiou, il s’en est fallu de peu… »

« Gah… Yoshinon ? »

Face aux mouvements de Zadkiel <Poupée de Glace> ainsi que cette manière de parler, Shidou secoua sa tête pleine de confusion. Sur ce, Zadkiel <Poupée de Glace> afficha un large sourire totalement différent de celui qu’il avait l’habitude d’avoir.

« Bon, remettons les remerciements à plus tard. Mais, à l’instant… »

Instantanément, de nombreux missiles prirent pour cibles Tohka et Yoshino.

« Ku… ! »

« Hyaaa… ! »

Les deux filles crièrent de douleur. Tohka utilisa son épée, Yoshino, de son côté, utilisa un mur de stalactites afin de se protéger des tirs de canons… mais il semblait que toutes les deux étaient incapables de se protéger contre les ondes de chocs.

Que ce soit le Sandalphon <Souverain du Massacre> de Tohka capable de trancher n’importe quoi, ou Zadkiel <Poupée de Glace> capable d’intercepter n’importe quoi, ils ne devaient être tous les deux qu’à environ 10 % de leurs pouvoirs originaux. Peu importe à quel point elles étaient puissantes lorsqu’elles étaient des Esprits, combattre Origami sous cette forme pouvait simplement être considéré comme folie.

Néanmoins, en dépit du visage déformé par la douleur de Tohka, elle éleva la voix et appela Shidou :

« Shidou ! Quitte cet endroit, dépêche-toi et va t’en ! »

« T-Tohka… Yoshino. »

« Allez ! Court ! »

« Nous ne la… retiendrons pas longtemps… »

Origami regarda de façon colérique Tohka et Yoshino.

« … ! Arrêtez de me gêner, je n’ai pas le temps pour vous deux. »

« … Hmph, Kotori et Shidou sont les mêmes, ils sont nos bienfaiteurs. Nous ne te laisserons pas la tuer ! »

« … C’est vrai ! »

Tohka renvoya le regard à Origami alors que Yoshino hocha de la tête.

Origami souffla un peu et mit plus de forces dans ses épées.

« Eh bien… je vais juste vous détruire toutes les deux aussi. »

Sur ces mots, elle déploya une fois de plus son arsenal d’arme, un nombre incalculable de missiles en sortirent.

« … ! Haaa ! »

Tohka avec un flash sorti de son épée trancha les missiles droit devant elle… les faisant exploser instantanément. Néanmoins, cela ne suffit pas pour les abattre tous.

Esquivant le coup d’épée de Tohka, ainsi que les explosions des autres missiles, ceux qui restaient se dirigèrent vers elle. Toutefois, une averse soudaine les gela avant qu’ils n’aient pu l’atteindre.

« Yoshino ! »

« J’ai emprunté un peu d’eau… des piscines… ! »

Accompagnant la voix de Yoshino, Zadkiel <Poupée de Glace> émit une lumière aveuglante.

En même temps, Tohka et Yoshino portèrent leurs regards vers Shidou. Il n’y avait pas besoin de mots. Toutes les deux s’étaient déjà exprimées auparavant : « Prends Kotori et quitte cet endroit ! »

« Ku… Désolé… ! »

Shidou serra les dents et s’enfuit en portant Kotori haletante.

La seule chose qu’il pouvait faire en cet instant, c’était de ne pas faire attention à elles et de quitter ce lieu. C’était respecter la raison pour laquelle elles avaient mis leurs vies en jeu, pour qu’il puisse s’enfuir avec Kotori… !

« Shi…dou… ! »

Kotori appela le nom de Shidou de son pâle visage.

« Tout va bien… Je vais penser à quelque chose… ! »

Dit Shidou tout en courant. Alors qu’elle hoche de la tête, Kotori semblait aller mieux.

Les explosions se firent entendre derrière lui. Tohka et Yoshino étaient habituée aux combats… mais, même s’il s’agissait d’un deux contre un, elles n’avaient pas leurs pleins pouvoirs. Origami avec son arsenal militaire était un adversaire désavantageux. Précisément, dans le pire des scénarios, elles risquaient d’être tuées elles aussi.

En outre, il ne pouvait hésiter aux côtés de Kotori. S’il continuait de laisser la conscience de cette dernière être dévorée par ses instincts destructeurs, un désastre comme celui d’auparavant pouvait de nouveau avoir lieu.

– C’est vrai, ce n’est pas la solution si je m’enfuis simplement.

Kotori, Origami, Tohka, Yoshino. Ça n’avait pas de sens si tout le monde n’avait pas un happy end.

Et la seule méthode pour l’atteindre… Il n’y avait qu’une seule solution restante à portée de mains de Shidou.

« Très bien… ! »

Il transporta Kotori et ils se cachèrent derrière un manège déserté, puis il la posa au sol. Cette simple action était suffisante pour la faire tordre de douleur.

« Est-ce que tu vas bien, Kotori ? »

« Ouais… A peine, je suppose. »

Elle se pencha contre le mur faiblement et répondit de la sorte.

Elle manquait de temps. Shidou regarda la place pleine d’explosions avant de s’exprimer :

« Kotori. »

Il posa ses mains sur les épaules de cette dernière, à une distance où ils pouvaient sentir chacun le souffle de l’autre. Il la regarda.

« Ou… Oui ? »

Ce bégaiement de sa part était inhabituel.

Shidou déglutit brutalement. A cause de la panique, il était en sueur et sa gorge était incroyablement sèche.

Il n’y avait qu’une seule méthode disponible, une seule manière de la sauver. Il était temps à présent… il s’était finalement habitué à l’utiliser.

« Kuha… !? »

A cet instant, les gémissements de Tohka s’élevèrent derrière lui et le bruit des armes d’Origami devinrent plus forts.

« Je t’ai trouvée… ! »

Sur ces mots, Origami se rapprocha à une vitesse effrayante.

« … ! Ku… »

Shidou retint son souffle, il avait l’intention de se rapprocher des lèvres de Kotori.

Néanmoins, il remarqua un problème fondamental.

En effet… l’affection.

Puisqu’il avait jeté son oreillette, il n’avait actuellement aucune idée de l’état d’affection de Kotori.

S’il n’avait pas réussi à élever son affection pour lui… eh bien, tout ce qu’il avait fait jusqu’à présent serait perdu.

S’il ne scellait pas ses pouvoirs, son esprit serait dévorer par les pouvoirs de l’Esprit.

L’adorable petite sœur de Shidou serait perdu à jamais.

Il secoua la tête et serra les dents… Il ne le permettrait pas, il ne laisserait pas ce genre de chose se produire.

Ainsi, il rapprocha son visage tout en parlant :

« Kotori ! »

A cause de ce mot soudain, elle sursauta en écarquillant les yeux.

Toutefois, il continua comme s’il ne l’avait pas remarqué. Il déversa sur elle des mots puérils, mais honnêtes.

« Kotori. Kotori. Tu es mon adorable petite sœur. Tu es la plus mignonne petite sœur que j’aurais pu jamais espérer avoir en ce monde ! Je ne peux me retenir plus longtemps… je t’aime plus que tout ! Je t’aime ! »

« Hu…hueeh… !? »

Le visage de Kotori tourna au rouge, celui de Shidou afficha le même genre d’expression qu’il continua de parler : « Kotori… ! Est-ce que tu m’aimes ? »

« Q-Qu’est-ce que tu es en train de dire si soudainement…? »

A cet instant,- en cet instant précis,- l’un des missiles miniatures frappa l’attraction où ils se cachaient, éparpillant des débris un peu partout autour.

« Aa, aaah… C’est douloureux ! »

Les yeux de Kotori furetaient tout autour de façon chaotique alors qu’elle répondit en criant :

« Moi aussi ! Je t’aime plus que tout ! C’est Onii-chan que j’aime le plus ! Dans le monde entier ! »

« … ! »

En entendant ces mots… Shidou prit une décision, il appuya ses lèvres sur celles de Kotori.

Une sensation confuse prit d’assaut son cerveau. La culpabilité d’embrasser sa sœur, avec qui il avait passé de nombreuses années, emplit ses poumons et, en même temps, il avait cette indescriptible sensation d’être ravi par cet acte.

Suite à quoi, il sentit quelque chose de chaud entrer dans son corps.

C’était la même chose qu’avec Tohka et Yoshino, la même sensation que lorsqu’il avait scellé leurs pouvoirs dans son corps.

Mais, à cet instant…

« … ? »

Quelques jours auparavant, lorsque les pouvoirs de Kotori lui étaient revenus, le même phénomène s’était produit à cet instant.

Des souvenirs brumeux entrèrent dans sa tête et contractèrent ses sourcils.

En ce jour. Kotori jouait dans un parc voisin.

Pas vraiment jouer… c’était incorrect d’utiliser ce mot. La bouche de Kotori avait pris la forme d’un ‘へ’ d’ennui et elle provoqua un grincement en s’asseyant sur la balançoire.

Ce jour-là, c’était son neuvième anniversaire, mais son père et sa mère n’était pas à la maison à cause de leur travail. Son Onii-chan favori avait également disparu on ne savait où.

(Uu… uh…)

Ses larmes s’écoulèrent une à une, Kotori utilisa ses manches pour les essuyer.

Kotori était du genre à pleurer pour la moindre chose, ce qu’on appelle communément une pleurnicheuse. Ce fait lui avait été appris par son Onii-chan pas plus tard que ce matin-là, du coup si elle continuait elle risquait d’être détestée par ce dernier. Non, ou alors Onii-chan ne l’aimait déjà plus, c’était pour cette raison qu’il n’était pas venu…

Ce genre de pensée faisaient surface dans son esprit, les larmes étaient sur le point de la submerger une fois de plus, elle essuya le coin de ses yeux avec empressement.

Malgré tout, elle savait que cela ne pouvait continuer. Si elle ne devenait pas plus forte, elle finirait par être détestée par son Onii-chan.

Néanmoins, cela produisit l’effet inverse. Au moment où elle pensa à cela, les larmes ne cessèrent de se former dans ses yeux.

« Uh… ah… »

A cet instant.

« Hey, pourquoi est-ce que tu pleures ? »

Une voix s’éleva au-dessus d’elle.

« Eh… ? »

Kotori leva la tête. Une silhouette indescriptible se tenait là.

Bien qu’elle savait qu’il s’agissait de quelqu’un, elle ne pouvait discerner ce que cette personne pouvait être.

Quelqu’un se tenait tout simplement là.

Ses épaules se mirent à trembler. On lui avait interdit de parler aux étrangers, et même si on ne le lui avait pas dit, il était difficile de ne pas être méfiant envers un tel inconnu.

« Ça-ça ira, Onii-chan va rentrer bientôt. »

Elle essuya ses yeux en prononçant ces mots, puis elle sauta de la balançoire et marcha en direction de sa maison.

Néanmoins…

« Hmph. Tes parents, ainsi que ton Onii-chan ne sont pas ici. Tu es toute seule, même si c’est ton anniversaire. »

En entendant ces mots, elle ne put s’empêcher de marquer une pause.

« Co-Comment est-ce que tu le sais… ? »

Ce quelqu’un ne répondit pas à la question. A la place, il continua calmement de parler :

« Tu peux être reconnaissante envers ton Onii-chan, si tu deviens simplement forte. »

« … Quoi… »

« Hey, ne veux-tu pas devenir forte ? La force de ne plus inquiéter ton Onii-chan, tu ne la veux pas ? »

« … »

Kotori se tût, elle avait comme l’impression que ce quelqu’un souriait.

Puis, il lui tendit la main.

Sur le dos de celle-ci, un objet semblable à un petit rubis apparut. Il émit une lueur sombre, c’était un objet incompréhensible.

« C’est magnifique… »

Ce quelqu’un lui souriait une fois de plus en guise de réponse, puis il poursuivit :

« Si tu veux vraiment devenir forte, tout ce que tu as à faire c’est toucher ceci. Avec ça, tu vas devenir plus forte que quiconque. Ton Onii-chan aussi, il va sûrement t’aimer, toi qui sera devenue forte. »

Kotori déglutit.

« Est-ce que… Onii-chan va vraiment… m’aimer ? »

« Aah, bien sûr. »

Dit ce quelqu’un. Ses mots étaient tel des invitations, comme des tentations.

Elle tendit lentement le bras pour le toucher… Ce simple toucher mit tout en mouvement.

« … ?! »

Immédiatement, le joyau cramoisi fusionna dans la main de Kotori, elle sentit comme si son corps était plongé dans les enfers. En même temps, ses vêtements s’embrasèrent… et laissèrent place à quelque chose de similaire à un kimono.

« … ! Aa, aaah… »

A cause de la chaleur qui envahissait son corps, son visage fut déformé par la douleur. Néanmoins… cela ne s’arrêta pas là.

Autour d’elle s’élevèrent des flammes cramoisies…

« Aa… Aaaaaaaah… ! »

Ces flammes jaillirent spontanément en même temps qu’elle cria.

Dans le parc. Dans la maison. Dans tel bâtiment. Elles se répandirent jusqu’aux magasins tout proches.

Comme si elles avaient l’intention de consumer, impitoyablement, violemment, la rue entière où se trouvait Kotori.

A cet instant précis, un rayon de lumière provint d’au-dessus et frappa le sol, cette personne disparut devant ses yeux.

Toutefois, l’actuelle Kotori n’avait plus de force en réserve pour s’en soucier.

La douleur d’être brûlée et torturée se répondit d’elle-même à travers tout son corps. Les flammes qui dansaient autour d’elle se déversèrent comme si elles étaient tirées par un lance-flamme.

« Eh… qu-quoi… c’est… »

Après que la sensation de douleur qui avait assaillit son corps entier se calma, elle porta les yeux autour d’elle…Le décor qu’elle avait l’habitude de voir refléter dans ses yeux avait été complètement détruit.

« Aa, aahhhh… »

La maison préférée de Kotori, son parc préféré, sa rue préférée avaient été brûlés.

Il était évident qu’elle avait produit cela de ses propres mains, les flammes qui avaient jailli autour d’elle avaient tout détruit.

« A-Arrête… arrête ! »

Malgré ses appels, la force des flammes ne sembla pas décroître. D’un autre côté, elles semblaient ignorer les intentions de Kotori et continuaient de grossir. Son visage était couvert de larmes, de grosses gouttes s’écoulaient de ses yeux.

« O… nii-chan… ! Onii-chan ! »

« Kotori ! »

A cet instant.

Une voix familière entra dans ses oreilles.

Il s’agissait de la voix qu’elle voulait le plus entendre… La voix de son bien-aimé Onii-chan.

En se tournant vers l’endroit que les flammes avaient transformé en terres arides, elle distingua la silhouette de Shidou.

« Uu, aah, O-Oni-chan… Onii-chan, Onii-chan… ! »

Ses deux mains essuyèrent les larmes qui ornaient son visage et appela Shidou par son nom.

Néanmoins, à l’instant où il essaya de s’approcher d’elle, les flammes se mirent à gonfler et gonfler…

« … ! »

Kotori s’immobilisa. A ce stade… Non, si elles continuaient…

« Onii-chan ! N’approche pas…. !! »

« Eh ?! »

S’exclama-t-il.

Mais, il était déjà trop tard, le corps de Shidou avait déjà été pris dans les flammes.

« Onii-chan… ! »

Kotori, qui était à peine capable de bouger ses jambes endolories, courut vers lui.

Il était étendu face contre terre, il était dans un état critique. Une blessure s’étendant de son épaule à son abdomen semblait comme avoir creuser son corps, les autres zones ayant été méchamment brûlées. Même une personne inexpérimentée dans le milieu médical comme Kotori savait qu’il était dans un état incurable.

« Onii-chan… Onii-chan ! Onii-chan… »

Il ne répondit pas à son appel. Peu après, les yeux mi-clos de Shidou se fermèrent lentement…

« Hey, tu veux le sauver ?? »

A ce stade, la voix qu’elle avait entendu auparavant, une fois encore se fit entendre au-dessus d’elle.

« … ?! »

En levant la tête, il s’agissait, en effet, de la même Personne qu’auparavant.

« Tu… es… »

Kotori tremblait en regardant cette Personne.

« Qu-qu’est-ce que tu as fait à mon corps ?! Je… ne veux pas ce genre de pouvoir… Je ne le veux pas ! »

Finit-elle par dire. La Personne répondit calmement :

« Vraiment ?! Donc tu es d’accord de le voir mourir ainsi ?? »

« … ! »

Sa respiration passa difficilement à travers sa gorge, elle porta son regard sur Shidou.

« Est-ce que je peux… sauver Onii-chan ?? »

« Ouais. »

Suite à quoi, la Personne décrivit calmement la « méthode ». Au vu du genre de circonstances, c’était une méthode impensable qui frôlait l’idiotie. Mais elle n’avait aucun autre choix.

Il était évident qu’on ne pouvait faire confiance à cette Personne. Néanmoins, à ce train-là, Shidou risquait de mourir, ça aussi c’était la vérité.

Après qu’elle ait prit une petite inspiration, elle commença à procéder à la « méthode » que cette Personne lui avait apprise.

Elle approcha lentement son visage de celui de Shidou… et elle appuya ses lèvres sur les siennes. Suite à quoi…

« … ! »

Le kimono blanc qu’elle portait se transforma en paillettes de lumière pâle et lentement s’évanouit dans les airs.

En même temps, des flammes crépitèrent sur le corps de Shidou.

Mais elles ne le brûlaient pas.

Même si elles crépitaient, les horribles blessures disparurent.

« O… nii-chan… »

Peu après.

« Ah… »

Il ouvrit doucement les yeux.

« Onii-chan, nii-chan… Onii-chan, Onii-chan… ! »

Elle se souciait peu du fait qu’elle était à moitié nue, elle l’enlaça fermement.

« … Kotori. Tu pleures encore… ? »

« Mais… mais… »

Sur ces mots, Kotori renifla.

Il se força à sourire et se leva lentement.

« … Aah, c’est vrai… »

Il traîna son corps en loques jusqu’à l’endroit où il s’était tenu auparavant.

Après avoir pris le sac qu’il avait jeté en courant vers elle, il revint aux côtés de sa sœur.

Il ouvrit le sac et y prit un petit sachet en papier qui avait été soigneusement enveloppé.

« Joyeux… joyeux anniversaire, Kotori. »

« Eh… »

Elle ouvrit grand ses yeux et sa bouche sous l’effet de la surprise. Après tout ce qu’elle avait passée en cette journée, elle avait complètement oublié… ou du moins, elle avait pensé qu’il se fichait de son anniversaire.

Shidou sourit face à sa réaction et le lui donna.

Surprise, elle regarda de son visage pâle le paquet et l’ouvrit… A l’intérieur, elle prit deux rubans noirs, une couleur plus mature que ce qu’elle portait habituellement.

« Des rubans… ? »

Il acquiesça, prit les rubans et attacha les cheveux de Kotori en deux couettes.

Non habitué à ce genre de choses, et à cause de sa condition physique revenue d’entre les abysses de la mort, ses cheveux étaient tout en désordre.

Toutefois, pour la première fois, elle afficha un faible sourire.

Face à ce spectacle, il sourit également.

« Hm… Effectivement, je préfère bien plus la Kotori qui sourit. »

« Vraiment… ? »

« Ouais… C’est pourquoi, accepteras-tu de faire une promesse à ton Onii-chan ? Lorsque tu les porteras… lorsque tu porteras ces rubans, Kotori tu seras… une fille forte. »

« Une fille… forte. »

Elle toucha ses couettes tout en murmurant ces mots.

Shidou hocha violemment de la tête. Kotori essuya ses larmes de ses mains et, le nez encore rouge, elle afficha un sourire encore plus radieux qu’auparavant.

« …Nn, je comprends. Puisque Onii-chan le… dit, je vais devenir une fille forte. »

Même le joyau que cette Personne lui avait donné n’avait pas réussi à le rendre forte.

Néanmoins… ces rubans lui donnèrent cette force.

« Bien.. Gentille fille ! Bon, dépêchons-nous et… »

A cet instant, tout en tenant la main de Kotori dans l’intention de l’aider à se relever…

« Tu as guéri ? C’est bien. »

Quelqu’un apparut devant elle pour la troisième fois.

« Quo… »

Shidou plaça Kotori derrière lui. Face à ce spectacle, Quelqu’un rit doucement.

« Détends-toi, je ne vais pas vous faire du mal… Ou plutôt devrais-je dire que je suis là pour vous remercier tous les deux d’avoir concrétiser le meilleur scénario. »

« Qu’est-ce que.. tu es en train de dire ? »

Néanmoins, Quelqu’un ne répondit pas à la question de Kotori, il tendit doucement ses mains vers leurs têtes.

« … ! »

Ressentant instinctivement la peur, Shidou essaya de s’enfuir immédiatement… mais c’était comme s’il avait été cloué sur place, il fut incapable de se mouvoir.

Quelqu’un avança lentement ses mains.

« Il est préférable que vous ne sachiez rien de moi. A partir de maintenant, oubliez-moi ! »

Suite à quoi, au moment où les mains de Quelqu’un entrèrent en contact avec leurs têtes…

« A l’instant, c’était… »

Shidou soutint sa tête avec sa main et sourcilla.

A l’exact moment où il avait embrassé Kotori, les Souvenirs lui étaient revenus en même temps que les pouvoirs Spirituels.

Non… pour être plus précis, il faudrait dire que c’était différent de ce qu’il avait vu quelques jours auparavant.

Il ne s’agissait pas de ses propres souvenirs, mais de ceux de Kotori qu’il avait pu voir de ses propres yeux, ses souvenirs d’il y a cinq ans, ils avaient été partagés par le biais d’un baiser.

« Je me souviens… à présent. A cet instant… j’ai été… par ce quelqu’un… »

Dit Kotori alors que la tenue qui l’enveloppait se transformait en paillettes de lumière qui étaient emportées par le vent et alors que sa peau blanche se dévoilait. Puis, elle perdit conscience.

« … »

La Tenue Astrale est la cristallisation du pouvoir d’un Esprit. S’il venait à perdre ses pouvoirs, elle disparaîtrait naturellement. Puisque la même chose était arrivé à Tohka et Yoshino auparavant, il s’était préparé à ce qu’une telle chose advienne, mais malgré tout il resta sans voix.

Le corps nu de Kotori qui avait été enveloppé de lumière avant que la Tenue Astrale ne disparaisse était terriblement séduisant. Cependant, il chassa rapidement ces pensées.

En effet, un missile miniature se dirigea droit sur elle.

« Ku… ! »

Shidou attrapa Kotori et esquiva prestement.

« … ! »

Le missile explosa à l’endroit où ils s’étaient tenus auparavant alors que l’onde de choc le frappa.

Une douloureuse brûlure se répandit dans tout son dos et c’est ainsi qu’il s’écroula. Kotori semblait bien se porter, mais son dos était dans un état insupportable.

« Ah… »

« … ! Shidou ! »

Celle qui l’appela n’était autre qu’Origami. Elle se pressa de le rejoindre au sol.

« Pourquoi… Guh, même si ce n’est pas pour un usage médical, nous devons trouver un moyen de traiter ça avant que… »

Alors qu’elle s’exprimait, les yeux d’Origami s’écarquillèrent.

C’était incompréhensible puisque des flammes rampaient sur le dos de Shidou et soignaient ses plaies.

« Aah… »

Il toucha son dos de ses mains et, après avoir confirmé que sa peau allait bien, il commença à se lever lentement.

Puis, il se tourna vers Origami dont l’expression était déformée par le choc.

« Que… A l’instant, c’était… »

« … En effet. Origami. Tout comme tu le disais avant, ton ennemi est l’Esprit des Flammes <Efreet> et non pas Itsuka Kotori qui est humaine. »

Sur ces mots, il se plaça devant cette dernière.

« Il n’y a plus besoin de tuer Kotori. Kotori est… ma petite sœur, c’est juste une humaine… ! Tu veux tuer <Efreet>, non ? Eh bien… Tue-moi ! A partir de maintenant, je suis <Efreet> ! »

« Qu’est… qu’est-ce que… »

Dit Origami alors qu’elle affichait une expression troublée.

Mais on ne pouvait rien y faire, puisque le pouvoir Spirituel avait été transféré à l’intérieur de Shidou.

« Toutefois… »

A ce moment-là, il reprit la parole. Les souvenirs dont il venait de se rappeler, la vérité quant à tout ceci…

« Avant que tu ne fasses quoi que ce soit, écoute-moi, s’il te plaît… Je me suis finalement souvenu de l’incident d’il y a cinq ans, de ce que je faisais à ce moment-là et de ce que faisait Kotori… ! »

« Il y a cinq ans… <Efreet> a… mes parents… »

Shidou secoua silencieusement la tête.

« A partir du moment où Kotori a reçu ses pouvoirs Spirituels jusqu’au moment où ils furent scellés, il y avait quelqu’un d’autre à part moi ! En effet, cet enfer a pour origine les pouvoirs d'<Efreet>. Néanmoins, celui qui a répandu les flammes à travers la rue toute entière, ce n’était pas la volonté de Kotori du tout… ! Ne te permets même pas de dire que Kotori a tué des humains de ses mains, c’est tout simplement impossible… »

« Qu’est-ce que tu… es en train de dire… »

Shidou s’était expliqué sans ménagement, elle s’était exprimée sous le choc.

« C’est… impossible ! Cette personne était indubitablement un Esprit… ! »

« En effet… Tu dois l’avoir vu, en effet. Mais, était-ce vraiment Kotori?… ? »

Dit-il alors que les sourcils d’Origami se levèrent.

« … Alors comment expliquer ça ? Ce jour-là, celui qui a tué mes parents était… »

« Il y était… ! A cet endroit ! Quelqu’un a transformé Kotori en Esprit… ! »

« Quo… »

En effet, il y avait dans les souvenirs de Shidou quelqu’un, ou plutôt devrait-on dire qu’il y avait une silhouette inhumaine. Après avoir raconté son histoire à Origami, cette dernière se mordit la lèvre sceptique.

« Tu me demandes… de croire ce que tu viens de dire ? »

« … Ouais. »

Il acquiesça, il ne lui restait plus d’informations. Ce qui lui manquait était… la confiance d’Origami.

Néanmoins, elle brandit son épée de lumière.

« … Je voudrais croire que ce que tu viens de raconter, mais… je ne peux tout simplement pas le faire. Comment pourrait-il y avoir un tel Esprit ? Tu fais juste ça dans le but de la protéger, tu mens pour protéger Itsuka Kotori… ! »

Il ne pouvait pas se permettre d’abandonner comme ça. Il s’agenouilla et posa sa tête contre le sol.

« … Je t’en prie. Crois-moi, s’il te plaît ! Si tu ne veux vraiment pas me croire, peu importe ce que je dis, eh bien, <Efreet>… tu devrais me détruire. Kotori n’a plus rien à voir là-dedans. Elle n’est plus un Esprit, elle n’est plus qu’une humaine maintenant… ! »

« Ce genre de chose est…. »

« Origami. Tu me l’as dit auparavant… tu ne veux plus voir d’autres personnes subir ce que tu as subi. C’est pour ça que tu as rejoins l’AST. »

« … C’est… »

Il leva sa tête et la regarda droit dans les yeux.

Le visage d’Origami exprima la douleur, les épées émirent un son désagréable, les canons et l’arsenal qu’elle portait tombèrent au sol comme s’ils avaient récupérer leur poids d’origine.

Il semblait que le Territory Personnel autour d’elle avait disparu. Elle tomba à genoux au sol.

« Ku… Le… Territory ? Pourquoi. A un moment comme celui-là… »

« Origami… »

Elle sortit un pistolet semi-automatique 9mm du holster de sa jambe gauche. Même si ce n’était pas une arme anti-Esprit, juste un simple pistolet, en dépit de cela, il s’agissait quand même d’une arme capable de provoquer une blessure létale sur l’actuelle Kotori.

« Je t’en prie… ! Ne me prends pas Kotori. Elle m’a sauvé. Si ce n’était pas pour elle, je ne serais même pas là aujourd’hui. S’il te plaît… ! C’est bon, prends le comme la dernière chose que je te demanderais ! S’il te plaît… crois-moi… ! »

« … »

Après quelques instants, Origami afficha de l’hésitation… et elle tomba finalement inconsciente au sol.

Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *