Elf Tensei Kara no Cheat Kenkoku-ki – Tome 1 Chapitre 6

Une fois levé, je plaçai les morceaux du cerf d’hier dans le chariot et nous partîmes. La viande allait constituer un surplus de nourriture, mais la peau allait aussi pouvoir être tannée afin de fabriquer des vêtements d’hiver.

Au Village Elfe, en raison du climat subarctique, les fourrures d’animaux étaient précieuses.

Après environ 4 heures de route, la base de ravitaillement qui se trouvait à 10 kilomètres de nous fut atteinte. Les chevaux ayant atteint leur limite, je sortis du véhicule et demandai à Lucie de cacher les chevaux et le chariot dans la forêt alentour.

« Syril… ne meurs pas. »

« Evidemment, et je n’oublierais pas de te rapporter un souvenir. »

Je devais récupérer assez de nourriture pour que le village survive à l’hiver, et ce, à tout prix.

« Peux-tu venir ici un instant ? »

Je m’approchai de Lucie qui tenait les chevaux en paraissant timide.

Puis, elle se pencha en avant, et ses lèvres se pressèrent contre ma joue.

« C’est un porte-bonheur, pour que tu reviennes sain et sauf. »

S’exclama-t-elle brièvement avant de détourner le regard.

Les oreilles d’elfes étaient plus longues que celles d’humains, et possédaient une peau bien plus blanche. Ainsi, je pouvais voir ses oreilles virer au rouge vif, dévoilant ce qu’elle ressentait à l’instant.

Moi aussi j’aurais été embarrassé à sa place.

« Lorsque je rentrerais, je demanderais un baiser sur les lèvres. Cela m’encouragera à travailler dur. »

Lucie était mignonne lorsqu’elle succombait à sa timidité, alors j’en profitai pour la taquiner.

Quand à moi, je m’avançai dans la direction opposée à elle, afin de remplir ma mission.

« Attends Syril ! Je ne t’ai pas encore donné ma réponse ! »

J’entendis derrière moi la voix paniquée de Lucie.

Je m’arrêtai un instant avant de me retourner.

« Prépare-toi, parce que j’utiliserais la langue. »

Recevant mon attaque finale, Lucie se mit à surchauffer.

Son regard s’agita, son visage devint encore plus rouge qu’il ne l’était, et de la fumée parut sortir de sa tête.

Je ne puis m’empêcher d’éclater de rire en la voyant ainsi.

Puis, je me retournai à nouveau.

« Syril, errr, et bien, um, alors, uu…. Si tu rentres sain et sauf. »

De derrière moi, un chuchotement se fit entendre, et les bruits des chevaux disparurent au loin. Sans que je ne me retourne cette fois-ci, je lui fis au revoir de la main.

Après tout, ma pensée risquait de s’ébranler si je me retournais à nouveau.

Après quelques secondes, la présence de Lucie disparut.

« Je ne peux pas me permettre de mourir. »

Si je mourais sans avoir connu les lèvres de Lucie, je risquais de le regretter sur mes 10 prochaines vies à venir.

« C’est pourquoi, je vais devoir y aller sérieusement. »

La Force Magique Interne Odo était substantielle.

Avec une nutrition adaptée, le repos obtenu dans le véhicule était plus qu’assez. Et par-dessus tout, lla promesse faite à Lucie me donnait la force.

Faisant un pas en avant, je renforçai mes muscles, et créai une bourrasque de vent autour de moi en collectant du mana de vent.

Ainsi, chaque pas que je faisais parcourait 5 mètres à la fois.

Je répétai le processus pendant 2 pas, puis 3.

Avec une consommation minimale de magie, ce sort de course à haute vitesse me permettait d’atteindre 80 km/h. Même si l’efficacité du Maryoku [Pouvoir Magique] était ignorée, la vitesse était augmentée.

En courant, je vérifiai l’état de mon corps.

« Est-ce que ma Magie Unique est utilisable ? »

Ma Magie Unique : Invocation de mon passé.

Une personne ordinaire pouvait au maximum invoquer pendant un court instant le corps qu’il avait dans sa jeunesse, faisant de cette magie une magie complètement inutile. Toutefois, dans mon cas, je pouvais choisir l’un des moi de mes 30 vies passées.

J’avais été un dragon, un vampire, un humain ayant transcendé les autres humains [Super Humain Evolué], j’avais obtenu le corps d’une machine, j’avais été le Maou [Roi Démon], etc. J’avais donc l’embarras du choix.

Toutefois, une force magique et physique minimale était requise pour supporter la force de l’invocation.

Mon corps ne pouvait donc pas supporter certains de mes personnages passés.

9 de mes anciennes identités m’étaient actuellement supérieures en terme de capacités de combat. Parmi elles, je ne pouvais en invoquer que 3. Les 6 autres ne pouvaient pas être invoquées sans le maryoku ou la force physique nécessaire. En m’entrainant, j’allais tôt ou tard pouvoir les invoquer.

Je décidai de choisir mon identité la plus apte stratégiquement parmi ces 3 individus.

Il s’agissait de mon 18ème cycle, lorsque mon âme était née dans un monde semblable à un jeu vidéo.

Il s’agissait de ma personnalité la plus utile, et la plus utilisée.

Après avoir couru pendant une dizaine de minutes, la base de ravitaillement entra dans mon champ de vision.

« [Chikaku Kakuchou] [Expansion Perceptive]. »

Le mana de vent fusionna avec mes sens.

La base mesurait 300 mètres sur 200. Le portail était en métal et entouré d’un mur de pierre. Le bâtiment était construit en brique et bois de tilleul.

Environ 300 humains se trouvaient à l’intérieur.

Cette base de ravitaillement était une barrière, une forteresse protégeant les terres de l’Empire.

Avec mon [Chikaku Kaluchou] [Expansion Perceptive], les positions des soldats ennemis étaient visibles, et correspondaient exactement aux informations reçues à l’issue de ma petite séance de torture.

Quand à l’endroit où la nourriture et les armes étaient stockées, je n’allais bien évidemment pas croire en son histoire.

« Libère Mon Âme. Que ce Passé Distant Soit Laissé Derrière, Ici et Maintenant. »

Contrairement à la magie d’attribut, la Magie Unique utilisait 100% de la force magique de son utilisateur, le Maryoku Odo était donc bien plus important en comparaison.

Je me mis à chanter à l’intérieur de moi-même,

« Mon souhait est, le Chevalier resté Vertueux dans un monde de vanité, son nom est… »

Mon ancien nom, possédant à mon oreille une sonorité nostalgique.

« Deet ! [Rinne Kaiki]  [Récursion d’Invocation] ! »

Une lumière vive enveloppa mon corps.

La Magie Unique [Rinne Kaiki]  [Récursion d’Invocation] venait d’être activée.

La lumière disparue, mon corps était recouvert d’une Armure d’Acier et d’un Casque. Equipé d’une Épée à Deux Mains, j’avais pris l’apparence d’un chevalier.

La Magie Unique, contrairement aux autres magies, ne pouvait être reproduite, même si la théorie derrière était comprise. Même si je pouvais m’appliquer la formule du sort, il m’était impossible de comprendre comment un tel miracle était possible. Je savais seulement que cette magie était capable de retracer les fonctions présentes dans mon âme.

« Un physique nostalgique. »

Mes oreilles pointues d’elfe s’étaient arrondies, et mes yeux bleus et cheveux blonds étaient devenus noirs.

Mon physique actuel était similaire à celui d’un soldat de l’empire.

« Mon équipement est le même que celui d’un débutant niveau 14….. Est-ce que mon Maryoku actuel n’est capable que de ça pour le moment ? L’effet devrait durer 48 minutes. C’est plus qu’assez. »

J’examinai l’état de mon corps.

Il s’agissait de l’apparence de Deet au niveau 14.

Dans cet ancien monde semblable à un jeu vidéo, j’avais réussi à atteindre le niveau 99, mais cela était impossible à reproduire ici. Ma Force Magique serait entièrement aspirée en un instant, et étant donné la quantité que je possédais actuellement, je risquais de mourir. Ainsi, j’avais été forcé d’être un peu plus raisonnable.

C’était aussi pour cela que Deet m’était utile, car les autres personnalités de mon [Rinne Kaiki] possédaient rarement des temps de ‘’faiblesse’’.

« Bien, j’y vais. »

Un large sourire sans peur sur le visage, je commençai à courir.

A une vitesse approximative de 60 km/h.

Les capacités physiques et donc la puissance d’attaque et la défense de Deet correspondaient au statut présent dans le jeu. Au niveau 14, ses capacités physiques étaient environ 5 fois supérieures à celles d’un humain normal.

Mais même si Deet possédait cet atout, il possédait aussi un large défaut. Son contrôle de la magie était similaire à celui d’une personne normale, il s’agissait d’un désavantage impossible à corriger dans cette forme.

Profitant de ma vitesse de course, je pénétrai la base de ravitaillement en donnant un puissant coup de pied dans le portail d’acier.

Celui-ci devait normalement être ouvert par 20 personnes, mais j’y parvins en combinant ma force et mes capacités physiques avec ma vitesse de course.

« Quoi ?! Un intrus ! L-Le portail !? »

Normalement, les soldats devaient préparer leurs arcs en voyant quelqu’un s’approcher de la porte et le prévenir, mais ici, ils n’en eurent pas le temps.

J’en profitai pour courir à toute allure dans la base.

Plusieurs secondes plus tard, les soldats se souvinrent enfin quel était leur travail et sonnèrent les cloches servant d’alerte.

« Le portail a été ouvert ! »

« C’est un intrus ! »

« Combien sont-ils ? »

« Une seule personne. »

« Une seule personne ne pourrait pas ouvrir le portail ! Donnez-moi un rapport correct ! »

Mon corps renforcé détecta facilement les voix des soldats.

[Chikaku Kakuchou] [Expansion Perceptive], même si je voulais l’utiliser et le combiner à mes aptitudes de bases dans ce corps, mon affinité actuelle avec le vent était mauvaise, sans oublier que Deet possédait un faible contrôle de la magie. Ne pouvant donc pas obtenir de résultat satisfaisant, j’avais abandonné cette idée.

« Pas le temps, je vais prendre la route la plus courte ! »

Criai-je en courant droit vers le bâtiment où était stockée la nourriture.

J’avais déjà été repéré, mais étant donné la vitesse de déploiement des soldats, je profitai de cette occasion pour charger aveuglément en avant.

« Hiii ! »

Un soldat se tenant sur mon chemin cria de surprise en me voyant arriver à toute vitesse.

Avec l’épée que je tenais en main, je frappai horizontalement le soldat bon à rien à la hanche.

L’épée, dans les mains d’un individu possédant une force 5 fois supérieure à celle d’un adulte humain, coupa facilement le soldat en deux.

Avec une telle utilisation, la lame de l’épée devrait s’abimer, voir même se briser dans le pire des cas. Toutefois, grâce aux paramètres du jeu, mon épée bien aimée ne reçut pas le moindre dégât, et même ses autres fonctions étaient reproduites, empêchant le sang d’adhérer à la lame.

Puis, des particules de lumière bleue apparurent du cadavre du soldat et furent aspirées par mon corps.

« Pas mal. Avec ça, je vais pouvoir supplémenter le peu de force magique que possède ce corps. »

Il s’agissait d’une autre raison pour laquelle j’adorais Deet.

Dans le monde de jeu vidéo, Deet pouvait récupérer de l’expérience en battant des ennemis, expérience qui lui permettait de monter de niveau.

Ma Magie Unique permettait de reproduire cette fonction, et de faire miennes les âmes des ennemis que je tuais.

La Force Magique était la Force de l’Âme. Normalement, celle-ci ne pouvait pas excéder la quantité obtenue à la naissance. En réalisant un entrainement spécial, il était possible de la renforcer, mais très peu.

Toutefois, le [Tamashii Kui] [Festin d’Âmes] de Deet permettait à la puissance magique de base d’augmenter en absorbant les âmes des ennemis tués.

Malheureusement, ce supplément magique obtenu ne pouvait pas être hérité par les vies suivantes, mais cette méthode restait très utile pour devenir plus puissant dans n’importe quel monde.

« Deux ! Trois ! Quatre ! »

J’avançais, tuant tout ennemi se plaçant sur la route de mes recherches.

Ce combat ne pouvait pas vraiment être appelé ainsi. Il s’agissait plus d’un massacre que d’un combat.

Mes mouvements étant trop rapides, les soldats ici ne pouvaient pas me capturer. Profitant de cela, je coupais en deux chaque soldat, armure comprise.

De plus, ce massacre me permettait de devenir encore plus fort.

Mon cerveau était sur le point de brûler en ressentant la sensation plaisante.

Il existait 2 raisons pour lesquelles j’avais attiré l’attention des soldats, quitte à me mettre en danger,

La première était que si je bougeais de façon aussi voyante, ils allaient vite oublier les soldats n‘étant pas revenus du Village Elfe. Si l’attaque d’une base de ravitaillement résultait en une dévastation extrême, le problème de la disparition d’une poignée de soldats allait paraitre trivial. Ainsi, la priorité allait être donnée à la recherche de mesures contre l’assaillant.

La seconde raison était ma fureur. Je souhaitais faire disparaitre les regrets de mes camarades elfes sacrifiés. Surtout Oba-san, qui nous avait élevés moi et Lucie, et Rikka, la petite sœur de Lucie qui m’était tant attachée. Je ne pouvais pas les pardonner. Ils leur avaient arraché le cœur simplement pour obtenir des pierres magiques. J’allais donc dévorer leurs âmes après les avoir massacrés.

« Hiiiiii ! C’est un monstre ! »

« On ne peut pas gagner ! »

« Fuyez ! Reculez et attaquez à l’arc ! Ce monstre ne pourra pas éviter une pluie de flèches ! »

Une réponse censée se fit enfin entendre.

Certainement, je n’allais pas pouvoir éviter une attaque venant de tous les côtés.

Les soldats, positionnés sur les postes de guets et qui plus tôt hésitaient à tirer de peur de toucher leurs alliés, tirèrent enfin la corde de leurs arcs.

Ne pouvant pas esquiver, je parvins à couper des flèches avec mon épée, toutefois, plusieurs m’attinrent.

Malheureusement, l’une de ces flèches se logea dans mon œil.

Les yeux étaient l’une des parties vitales d’un humain, que celui-ci ne pouvait pas régénérer.

« On a réussi !? »

S’écria un soldat devant moi.

Ne pouvant m’empêcher de sourire, je sautai en avant.

« Non, ce n’est pas fini ! »

Puis tout à coup, l’âme du soldat en question fut fauchée. Sur place, je délivrai une attaque circulaire qui découpa plusieurs personnes autour de moi.

« Mon corps actuel est un peu trop rigide. »

« Im-impossible, il a paré la flèche ayant atteint son œil !!! »

« Une telle créature ne peut pas exister… »

« Le Diable, c’est le Diable ! »

En effet, ma Puissance Défensive couplée à la résistance conférée par mon Armure en Acier m’avaient protégée de cette flèche.

Toutefois, l’une des compétences spéciale de Deet était aussi à prendre en compte.

Habituellement, peu importe l’entrainement reçut par le corps, une personne mourait lorsque sa tête, son cœur ou ses yeux étaient transpercés.

Mais lorsque Deet recevait une attaque, la blessure était changée en dégâts sans laisser la moindre égratignure derrière. Ces dégâts, qui étaient une donnée fictive, étaient retirés aux PV de Deet.

Même si je mourais une fois mes PV disparus, mes mouvements et ma condition physique ne pouvaient pas être altérés avant ma mort. Je ne ressentais pas la moindre douleur, pas la moindre fatigue.

Aux yeux de l’ennemi, je paraissais probablement immortel.

Lorsque l’ennemi était faible, Deet était invincible.

Seul un adversaire surpuissant capable de se renforcer physiquement pouvait réduire mes PV à 0. Mais sinon, personne ne pouvait me vaincre.

Je tuai encore une trentaine de soldats avant d’arriver enfin devant l’entrepôt où était gardé la nourriture.

Je frappai le mur avec mon épée pour le détruire, puis entrai à l’intérieur.

« Parfait. »

Ne pus-je m’empêcher de dire.

Il y avait plus de nourriture que prévu. Grossièrement, il y avait environ 4 tonnes de blé, ainsi que quelques autres vivres intéressantes. Des pommes de terre et haricots, deux denrées introuvables au Village Elfe. Du miel, de l’hydromel de vigne, et surtout, de larges quantités de sel.

Il s’agissait des biens contrôlés par l’Empire.

Cette base de ravitaillement servait de relais pour les taxes récoltées aux villages alentours.

De plus, chaque village était forcé de cultiver un seul type de récolte, afin d’être dépendant des vivres envoyées périodiquement par l’Empire.

Les taxes variant selon le bon vouloir de l’Empire, il s’agissait d’une structure rendant impossible toute révolte.

C’était pourquoi il fallait avoir de larges stocks de nourriture.

« [Boite à Objets] »

Je pouvais placer la nourriture dans la boite à objets. Il s’agissait d’une autre compétence propre à Deet, et l’une des raisons principales pour laquelle j’ai choisi Deet aujourd’hui.

Les restrictions de poids de la période du jeu vidéo étaient de 4000, et dans la réalité, 1 équivalait à 1 kg. Ainsi, 4 tonnes pouvaient être transportées. Je pouvais récupérer à tout instant les objets placés dans la [Boite à Objets], et ceux-ci étaient suspendus dans le temps à l’intérieur de la boite, ne pouvant donc pas pourrir.

Il s’agissait d’une compétence vraiment utile, la seule restriction étant qu’aucun être vivant ne pouvait être placé à l’intérieur.

« Bien, j’ai tout récupéré. Maintenant, au tour des armes. »

De nombreux soldats armés d’arcs attendant à l’extérieur du bâtiment que je sorte, je décidai de trahir leurs attentes en détruisant la porte menant à l’armurerie.

Les soldats ne s’armaient pas lourdement en venant jusqu’ici. Quittant l’Empire avec un minimum de vivres et d’armes, les soldats se ravitaillaient ici avant de partir vers les villages voisins. Des armes devaient donc être préparées dans cette base.

30 minutes étaient passées après l’utilisation du [Rinne Kaiki]  [Récursion d’Invocation], j’allais donc retrouver ma forme initiale dans 18 minutes. Si cela arrivait ici, seule la mort m’attendait. Je ne pouvais pas m’échapper d’ici sous la forme de Syril.

Je découpai donc les ennemis sur mon chemin et courus dans un couloir jusqu’à atteindre enfin le dépôt d’armes , dont j’ouvris la porte verrouillée d’un coup de pied.

« Il y a tellement d’Armes en Fer ! Comme on pourrait s’y attendre de la part de l’Empire. »

Même si les soldats n’étaient que des sous-fifres, ils étaient tous équipés d’armures en fer. Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un voix d’admiration devant les 50 paires d’armures et d’épées présents dans l’armurerie. Etant donné qu’une paire pesait 30 kg environ, je pouvais en prendre 30.

Je pouvais faire tellement de choses avec, ne serait-ce qu’avec le métal. De même pour les armes, qui allaient devenir la fondation d’un nouveau standard de vie.

« Bien, je peux m’alléger un peu maintenant. »

Je retirai les cadavres des soldats ayant attaqué le village de ma boite à objets et les mélangeai aux corps des soldats que je venais de tuer en arrivant ici.

Même si l’espoir était mince, j’espérais que l’Empire pense qu’ils avaient été tués ici pendant l’attaque.

Malheureusement, les traces de tortures sur le cadavre du Capitaine étaient bien trop sévères pour que je ne le ramène ici.

« Maintenant que tout a été récupéré, je n’ai plus qu’à repartir. »

Aujourd’hui, 3 tonnes de nourriture et 1 tonne de fer avait été récupérée.

3 tonnes de nourriture pouvait faire vivre 200 villageois pendant tout un mois.

Si je rajoutais à ça les stocks du village, et que je chassais en hiver, nous pouvions passer l’hiver sans problème majeur. De plus, je venais de voler quelques récoltes intéressantes, que j’allais pouvoir faire pousser et récolter dans un délai de 3 mois si je me débrouillais bien.

1 tonne de fer, en plus de faire des armes capables de pénétrer des armures, je pouvais renforcer les outils agricoles du village, fabriquer du fil de barbelé ou une machine pour récolter efficacement le bois d’érable de la forêt. J’allais donc devoir l’utiliser prudemment, étant donné que les idées d’invention n’arrêtaient pas de s’accumuler.

« Je dois me préparer. »

M’exclamai-je en frappant un mur et courant sous un barrage de flèches. Après avoir tué encore une dizaine de personnes sur mon chemin, je sortis enfin de la base par le portail. J’entendis des bruits de chevaux derrière moi, mais c’était inutile.

J’étais actuellement plus rapide qu’un cheval.

Même si cela n’était pas nécessaire, je courais à toute vitesse. Il ne restait à Deet plus que 4 minutes. La consommation de cette capacité était plus importante que prévue.

En repensant au sourire de Lucie, je redevenais plein d’énergie pendant un court instant.

Pas maintenant. Je ne pouvais pas mourir avant d’avoir touché ces lèvres.

Une lumière vivre enveloppa mon corps. Mes yeux et cheveux noirs se changèrent respectivement en bleu et en blond, et mon armure disparut.

De Deet, je redevins Syril.

En même temps, mon corps fut assailli par une puissante fatigue. Il était évident que mon Maryoku avait été épuisé et que je souffrais du retour du [Rinne Kaiki]  [Récursion d’Invocation].

Mon âme grinçante, je faillis laisser échapper un cri.

« Les conséquences de l’utilisation de ma Magie Unique sont un peu trop dangereuses pour l’instant. Heureusement, j’ai réussi à devancer mes poursuivants avant la fin de ma transformation. »

[Rinne Kaiki]  aspirait toute la force magique. De plus, après chaque utilisation, il ne pouvait pas être réutilisé dans les 12 heures qui suivaient.

Même en utilisant la magie, je restais moi, Syril, peu importe mes identités passées. Lorsqu’une incompatibilité survenait au niveau de l’âme, le corps en souffrait et les deux instances étaient forcées d’endosser un lourd fardeau.  Cette magie était donc une épée à double tranchant, capable d’endommager mon existence elle-même en cas d’utilisation prolongée. Dans le pire des cas, je pouvais même mourir et endommager mon âme, empêchant ainsi une nouvelle réincarnation.

« [Chikaku Kakuchou] [Expansion Perceptive] »

La Magie de Vent des Elfes, il s’agissait d’une magie avec laquelle je m’étais à peine entrainé, et que même le moi actuel pouvait utiliser.

Je détectai Lucie, puis m’avançai vers elle d’un pas lourd.

Le temps parut durer une éternité, et enfin,  j’arrivai au véhicule où Lucie m’attendait.

Il était 2 heures du matin. L’heure à laquelle tout le monde dormait.

Pourtant, Lucie était enroulée dans une couverture, m’attendant à l’extérieur du chariot.

Aucun feu n’avait été allumé pour ne pas attirer d’ennemis, il faisait donc considérablement froid.

« Syril ! Tu es sain et sauf. Je suis si soulagée ! »

Lucie courut vers moi et m’enlaça.

A cause du vent froid parcourant la forêt, son corps était froid.

Mais pour moi, il paraissait des plus chauds.

« Oui, je vais bien. J’ai dû t’inquiéter. »

« Oui, j’étais si inquiète… »

Lucie pressa son visage contre mon torse. Je sentis celui-ci s’humidifier. Lucie pleurait probablement.

« Allons, je ne pouvais pas mourir. A part ça, tu ne me demandes pas si j’ai réussi à récupérer la nourriture ? »

« Ce serait bon à savoir, mais tu es plus important. »

J’étais heureux de savoir que je comptais plus pour elle que le village.

« Je vais bien. Et j’ai réussi à prendre la nourriture. Je ne peux pas mourir avant que tu ne m’offres un baiser. »

« Qu… Tu étais sérieux ? »

« Oui, complètement sérieux. Mais si tu ne veux pas, je ne te forcerais pas. »

Je voulais l’embrasser, mais je perdrais tout si elle en venait à me détester.

Je voulais être connecté à Lucie et à ses sentiments.

« D’accord. Si c’est toi… »

Je levai la tête de Lucie qui était enfoncée dans mon torse. Ses yeux étaient humides et ses joues rouges.

« Merci Lucie. »

Lui répondis-je en posant un baiser sur ses lèvres.

Il n’y avait aucun sentiment sexuel derrière ce geste, juste une profonde chaleur. Une chaleur de vie.

Mes sentiments craquelés avaient ressuscités.

Pas besoin d’utiliser la langue, ce sentiment me suffisait.

« Syril, c’était mon premier baiser. J’espère que tu endosseras tes responsabilités. »

« Avec plaisir, princesse. »

Tout à coup, avec ces mots, mon corps perdit toutes ses forces.

« Syril, tu vas bien !? »

Me demanda-t-elle, inquiète.

Je reposai mon corps sur le sien.

« Ce n’est pas une blessure ou une maladie. Mon Maryoku est juste vide, en conséquence d’une magie que j’ai utilisée. Honnêtement, je ne peux pas rester conscient plus longtemps. »

« Dans ce cas tu ne vas pas bien ! »

« J’irais mieux après avoir dormi. Il me faut environ 8 heures de sommeil, je dois donc être transporté jusqu’au véhicule, placé à l’intérieur et recouvert d’une couverture. Je n’ai pas envie d’attraper froid. »

Lucie dissimula le chariot au milieu des bois. Ainsi, partir dans la direction opposée au Village Elfe allait effacer toutes les traces.

« Attends ici sans bouger jusqu’à ce que je me réveille, et si un soldat vient, laisse-moi dans le véhicule et enfuis-toi. Du moment que tu peux fuir, tout va bien. Un elfe ne peut pas être capturé dans une forêt. »

Enfin, j’attins ma limite.

Après avoir prononcé ces derniers mots, je perdis connaissance.

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