Hidan no Aria – Tome 1 Chapitre 2

(… Je l’ai encore fait…)

La cérémonie d’ouverture terminée – que j’avais finalement ratée – je reportai d’un ton lugubre l’accident à l’administration, et rejoignis ma nouvelle salle de classe en trainant les pieds.

《 Hysteria Savant Syndrome 》

Ou Mode Hysteria comme je l’appelai. Les personnes atteintes de ce syndrome voyaient, dans les situations romantiques notamment, quand leurs endorphines β dépassaient un certain niveau, une augmentation 30 fois supérieure à la normale des neurotransmetteurs se libérant dans le cerveau, le cervelet et la colonne vertébrale, causant le système nerveux central et les mouvements à s’accélérer comme jamais.

En Mode Hysteria la faculté de reflexion, de logique, de prise de décision, ainsi que les réflexes montaient en flèche en quelques secondes.

Quand les personnes qui possèdaient cette particularité étaient sexuellement stimulés, ils entraient temporairement en super mode et se comportaient totalement différemment.

Mais maintenant que j’étais retourné dans mon état normal, j’étais vraiment déprimé d’être entré en Mode Hysteria devant cette fille, Aria.

Ce pouvoir devait absolument rester secret.

Plus particulièrement des femmes.

(Car les filles sont… des créatures effrayantes…)

Les hommes ont la capacité naturelle de devenir plus fort quand il s’agit de protéger les femmes, protégeant ainsi inconsciemment leur future descendance. Le Mode Hysteria était une forme évoluée de cet instinct.

À cause de cela, quand j’étais en Hysteria Mode, je me comportais d’une façon très bizarre avec les filles.

Tout d’abord, j’étais prêt à n’importe quoi pour les protéger. À chaque fois qu’une fille avait des problèmes ou quelque chose dans le genre, je voulais utiliser mon pouvoir pour l’aider.

Deuxièmement, ce que je détestai chez le Mode Hysteria était que———

Je me mettais à parler et à agir d’une façon extrêmement mélodramatique envers les femmes.

Mon pouvoir me faisait me comporter comme un séducteur car je voulais laisser une descendance…… Quand j’étais en Hysteria Mode, j’étais donc très gentil avec les filles, je les complimentais, je les réconfortais, je leur faisais des petites carresses, me transformant en un gigolo terrifiant. Arg, à chaque fois que j’y repensai après coup, j’avais envie de mourir.

(Mais bon, le plus effrayant est…. oui, les femmes.)

Quand j’y repense, les pires moments s’étaient déroulés au collège Kanagawa de Butei.

Un groupe de filles avaient découvert ma spécificité et l’avaient utilisé.

Elles m’obligeaient à les toucher ça et là pour activer mon Mode Hysteria et me forcaient ensuite à faire des choses pour elles. Une qui se faisait insulter par des camarades de classe m’utilisa pour se venger. Une autre pour punir un professeur pervers.

En résumé, j’étais…. leur Justicier personnel.

(Le comportement de Shirayuki me troublait aussi beaucoup.)

Le matin de l’examen d’entrée pour le lycée Butei de Tokyo, que j’avais passé pour échapper aux filles de ma ville natale———

Par malchance, Shirayuki, qui était poursuivie par quelques délinquants, me percuta avant de tomber sur les fesses comme dans un manga…. Quelques secondes plus tard, j’entrai en Hysteria Mode.

Je démolissai les délinquants qui étaient après elle et, comme elle pleurait, je la reconfortai avec des douces paroles jusqu’à ce qu’elle arrête.

Depuis, ses attributs naturels brûlants m’émoustillaient étrangement.

(Je veux vivre loin d’ici, quelque part où il n’y a pas de filles…)

Les DVD que j’achetais à la librairie étaient vraiment meilleurs. Je n’avais aucun intérêt particulier pour eux. Mais je pouvais les regarder sans craindre de me transformer. Ils étaient complètement différents des relations réelles avec les vraies femmes, qui cachent des armes mortelles sous leur chemise ou leur jupe, et qui sont autorisées à marcher partout librement.

(Pfff… J’ai vraiment hérité d’une maladie problématique…)

Tout en me grattant la tête, j’arrivai à ma salle de classe : la classe A de deuxième année.

Ma famille, les Tooyama, se transmettaient ce pouvoir de génération en génération.

Ce pouvoir était terriblement ennuyant, source de problèmes, d’embarras et, en plus de ça…

———C’était un pouvoir abominable qui avait détruit mon grand frère.

« Professeur, j’aimerais m’assoir à côté de cette personne, là-bas. »

J’étais dans ma salle de classe, celle des 2-A, et c’était le début de l’étude———

Je fus frappé par ma propre malchance : j’étais dans la même classe que cette fille aux deux couettes que j’avais rencontré ce matin. Tout à coup, elle pointa son doigt sur moi et commença à dire ces paroles remplies de problèmes à venir.

Quand elle parla, toute la classe devint immédiatement silencieuse et tout le monde tourna en même temps tourna les yeux vers moi.

Ooouuaaaaah~ ! Ils se mirent tous à applaudir.

Bam, je tombai de ma chaise.

J’étais sans voix. Oui… sans voix, vraiment.

Le professeur avait commencé par dire « Tout d’abord, nous allons demander à la nouvelle élève qui nous rejoint à partir de ce semestre de se présenter un peu ».

À ce moment-là, avant même qu’elle ne commence, j’avais déjà un mauvais pressentiment.

Elle se leva du siège derrière moi et avança jusqu’à l’estrade. Puis, cette petite fille dit avec précision qu’elle s’appelait Aria H. Kanzaki et qu’elle était de la noblesse…

Qu’est-ce que je fais ? pensai-je en commençant à trembler. Je ne suis plus en Mode Hysteria et n’y a que cette personnalité qui est capable de la combattre.

Puis, elle dit tout à coup qu’elle voulait s’assoir à côté de moi.

« P-Pourquoi ?! »

Je réussi enfin à poser ma question.

Justicier. J’en étais un mais je ne voulais pas être utilisé. Mais peut-être n’avait-elle pas réalisé que j’avais un pouvoir spécial ?

C’est ce qui semblait en tout cas… Mais ça pouvait aussi ne pas être vrai. Après tout, elle m’avait attaqué à la fin de notre dernière rencontre.

Elle s’approcha de moi très lentement. J’avais l’impression qu’elle avait envie de me tuer.

« Ouah… Kinji, c’est génial ! Le printemps de ta jeunesse est enfin arrivé ! Professeur ! Puis-je suggérer un changement de place pour la nouvelle élève ? »

C’était comme si je rencontrai le secret aire du conseil législatif du Congrès et lui serrai la main ; je sentais mes oreilles bourdonner. Celui qui se leva ensuite de son siège à ma droite, un grand sourire sur le visage, était le président.

Haut de 1m90 si l’on comptait ses cheveux pointus, il se nommait Gouki Mutou.

Une fois, quand j’étais en classe d’Assault, nous nous rendions sur la scène d’un crime et nous avions eu la chance d’avoir avec nous cet étudiant d’honneur de Logi. Il conduisait son scooter à une vitesse folle. Seules quelques personnes très douées sont capables d’une telle chose.

« Et bien, et bien. Les filles semblent être de plus en plus directes. Quoi qu’ils en soient, Mutou-kun, change de place. »

Le regard du professeur alternait entre moi et Aria, heureux, tandis que Mutou, comprenant la situation, répondit immédiatement « OK ! ».

Ouah——— Ouah——— Clap clap clap. Toute la classe se mit à applaudir.

Vous êtes tous totalement dans le faux ! Je ne connais pas du tout cette fille. Il y a quelques heures, elle avait ses pistolets pointés sur moi et elle me tirait dessus… c’est une sauvage ! Elle a essayé de me tuer !

Alors que j’essayai de protester auprès du professeur, Aria m’interrompit et dit :

« Kinji, ta ceinture. »

Après m’avoir parlé sans même utiliser de suffixe de politesse, elle me lança la ceinture que je lui avais prêté. En examinant Aria en détail, je vis qu’elle portait un autre uniforme.

Je rattrapai la ceinture qu’elle m’avait jeté.

« Riko comprend ! Riko a tout compris ! ———Ils lèvent le drapeau blanc ! »

La personne assise à ma gauche, Riko Mine, poussa d’un geste brusque sa chaise et se leva.

« Ki-kun n’a pas de ceinture ! C’est cette fille aux couettes qui avait la ceinture ! Un mystère, un mystère~ ? Ce mystère a été résolu grâce à Riko ! Elle a réussi ! »

Riko, qui était aussi petite qu’Aria et faisait parti de l’Inquesta, était la plus grande de idiotes.

La preuve en était son uniforme, couvert de fanfreluches qui agressaient l’œil et qu’elle avait ajouté pour qu’elle ressemble à la tenue d’une sweet lolita [1].

Ki-kun était un surnom bizarre qu’elle utilisait ; elle-même était très bizarre.

« Ki-kun a fait quelque chose qui nécessitait qu’il enlève sa ceinture devant elle. Il a quitté sa chambre en oubliant sa ceinture ! C’est chaud, chaud bouillant ! Faire l’amour, c’est bien une relation brûlante entre deux personnes ! »

Riko déclara sa déduction stupide en ôtant les deux rubans qui attachaient ses cheveux.

Faire l’amour ? Elle peut pas vraiment croire ce qu’elle dit.

Mais le lycée Butei était le lieu de rassemblement des idiots.

« C-Comment osez-vous dire qui nous sommes amoureux… fermez-la ! »

Et cette déduction rendit la classe totalement folle.

« Ki-Kinji, où as-tu déniché cette jolie fille !? » « Je pensais que tu étais quelqu’un de totalement transparent ! » « Tu agis normalement comme si tu savais pas t’y prendre avec les filles, mais tu es comme ça en vrai !? » « Quelle honte ! »

N’est-ce pas un peu… anormal de s’acharner comme ça contre quelqu’un dès le début du semestre ?

« V-Vous… »

Je m’effondrai sur mon bureau, les mains posés sur la tête———

Bang Bang !

Au même instant, deux coups de feu transformèrent l’atmosphère surexcitée et chaotique en un froid glacial.

———Les coups de feu avaient été tiré par une Aria rougissante, qui avait dégainé ses pistolets.

« C-Comment osez-vous dire qui nous sommes amoureux… fermez-la ! »

Sur les murs vers lesquels ses bras étaient tendus, il y avait deux trous : un à droite, un à gauche.

Cling Clang…

Dans la salle silencieuse, tout le monde suivit des yeux les balles vides tomber sur le sol, éjectées de son pistolet.

Cette idiote de Riko bougeait son corps d’avant en arrière, exécutant une drôle de danse avant-gardiste avant de se rassoir lentement, très lentement.

… Au lycée Butei, il existe une règle concernant les armes à feu. Elle disait : « Ne tirez pas plus que nécessaire ». En gros, cela signifiait qu’on pouvait tirer autant qu’on le voulait. La plupart des étudiants de Butei étaient habitué aux coups de feu, cela faisait parti du train-train quotidien. Mais, pour autant…

Tirer au pistolet lors de sa présentation le premier jour du semestre, ça devait être une première.

« Rappelez-vous de ça ! Si l’un d’entre vous ose encore dire une débilité de ce genre… »

Ce fut la première phrase qu’Aria H. Kanzaki nous dit à nous, étudiants de Butei.

« … je le perce d’un trou ! »

À l’heure du déjeuner, tout le monde s’approcha de moi et commença à me poser des questions, mais je réussis à m’échapper sur le toit du bâtiment de science, loin de tous les idiots de ma classe.

Même s’ils me questionnaient sur Aria, je n’avais rien à leur répondre. Après tout, je ne l’avais rencontré pour la première fois que ce matin et la seule chose qu’elle avait fait avait été de me sauver du vélo saboté – je ne savais absolument rien d’elle.

Je laissai échapper un soupir… Et entendis quelques filles monter sur le toit en discutant.

Leurs voix me semblaient familières. Elles n’étaient pas de notre classe, non, c’était des filles d’Assault.

Je me levai précipitamment pour me cacher dans l’ombre, comme un criminel.

« D’après une note qu’un professeur vient de me donner, il paraît que le vélo d’un deuxième année a explosé. Ça ne peut pas être celui de Kinji quand même ? »

« Et bien, moi, c’est ce que je pense. C’est le seul qui n’a pas assisté à la cérémonie de bienvenue. »

« Ouah, Kinji n’a vraiment pas de chance aujourd’hui. Non seulement son vélo a explosé, mais en plus Aria ? »

Les trois filles, assises côte à côte contre le grillage en fer, parlaient de moi.

C’était si désagréable que j’avais l’impression que des insectes se promenaient sur mon visage, mais je restai immobile en silence.

« Kinji me fait vraiment de la peine. »

« Oui, Aria le cherchait partout. »

« Ah. Moi aussi, Aria m’a posé des questions. Elle m’a demandé quel genre de Butei était Kinji et ses notes. J’ai juste dit qu’il était très bon quand il était en Assault. »

« Je viens de voir Aria devant la salle de professeurs. Je parie qu’elle essayait de voir ses bulletins. »

« Ouah. Elle a vraiment l’air d’aimer Kinji. »

J’étais le Kinji en question, mais je ne pouvais m’empêcher de les écouter parler de moi.

Alors comme ça, elle me cherchait depuis ce matin… Ce qui signifiait qu’elle en avait après moi même depuis le détournement du vélo ?

« Je me sens si mal pour lui. Il n’aime pas les filles mais il est harcelé par Aria. Je ne sais pas quelle éducation elle a reçu en Europe, mais elle n’a vraiment aucun tact. »

« Mais, elle est populaire auprès des garçons, non ? »

« Oui, c’est vrai. Elle est arrivée ici au troisième semestre, et pourtant toute l’école est déjà à ses pieds. J’ai aussi entendu dire que le club de photographie avait réussi à prendre des photos d’elle en cours de sport et qu’il en tirait beaucoup d’argent. »

« Moi aussi, j’ai entendu ça. Ils ont pris une photo d’elle quand elle faisait du patinage artistique avec les pom-pom girls, et tous les tirages ont déjà été vendu. Les photos du cours de gym moderne aussi. »

Qu’est-ce que c’était que ces cours ? Cette école était-elle vraiment normale ?

« D’après ce qu’on m’a raconté, elle n’a pas d’amis. Et elle n’est souvent là. »

« Elle est toute seule à l’heure du déjeuner, assise dans un coin de la salle de classe. »

« Ouah~ Elle est grave. »

Les mots qu’elles prononçaient rendait mon cœur de plus en plus lourd.

Je ne m’intéressais pas aux autres, je n’étais même pas au courant de son existence…

Mais cette Aria qui fréquentait le lycée Butei – lieu de rencontre de tous les tarés du coin – semblait être elle-même assez spéciale.

Quand quelqu’un veut quitter le lycée Butei pour un lycée normal, il a une limite de temps.

En effet, selon les règles de Butei, les épées et les pistolets que possédaient les étudiants faisaient parti de l’uniforme et devaient donc être enregistré à l’Office de Sécurité Publique. Donc, jusqu’à la nouvelle ré-enregistration, personne n’était autorisé à quitter l’école.

Si un élève voulait changer d’école, il devait soumettre un dossier aux professeurs six mois à l’avance. Mais——— j’avais déjà préparé mon dossier. J’avais décidé d’attendre encore deux jours avant de le remettre et, avril prochain, je pourrai enfin quitter le monde de Butei.

(Je dis ça mais… je suis plutôt triste de quitter cet appartement.)

———C’était le soir.

J’avais enfin réussi à me débarrasser de tous les idiots de ma classe et, assis seul sur le canapé, je regardai par la fenêtre le soleil couchant teinter de rouge Tokyo.

Depuis janvier, je vivais seul dans cet appartement.

Il était destiné à l’origine pour quatre personne. Mais, comme je m’étais inscrit à Inquesta et que personne à Inquesta ne cherchait de chambre, je n’avais pas de colocataires.

Pour moi, cette étrange coïncidence était une belle chance.

Je pouvais me reposer dans un endroit sans que ces fous de Butei viennent troubler ma tranquillité. C’était géant de pouvoir vivre seul.

(Aah~ Génial…)

L’accident du vélo de ce matin semblait n’être jamais arrivé.

A propos de l’incident, Repier avait déjà découvert les restes des Segways et l’Inquesta avait commencé son enquête.

… Mais, au lycée Butei, où la vie quotidienne était pleine de danger, les tentatives de meurtre de ce genre n’étaient généralement jamais résolues. C’était une réalité à laquelle on ne pouvait rien. Peut-être y étais-je déjà habitué à cause de mon passage en Assault, ou peut-être était-ce parce qu’Aria m’avait poursuivi toute la journée, mais, en cet instant, en tant que victime, je m’en fichais complètement quelle le soit.

Mais… qui avait fait ça ? C’était trop cruel pour être une vulgaire blague.

Les poseurs de bombes étaient les criminels les plus méprisables qui soient, car ils ne choisissaient pas leurs cibles. Souvent, la raison pour poser ces bombes était d’attirer l’attention de la société avant d’émettre une demande.

Ding Dong.

Alors, si on envisageait la chose de la sorte, c’était juste de la pure malchance que ce soit mon vélo qui ait été prit pour cible ?

Ding Dong Ding Dong Ding Dong !

Où est-ce que quelqu’un me ciblait moi particulièrement ? Qui pouvait me détester à ce point ?

Ding Dind Dong Ding Dong Ding Dong Ding Dong Ding Ding Ding Ding Ding Ding Ding Dong ! Ding Dong Ding Dong Ding Dong Ding Dong !

Ah ! Fais chier !

Quelqu’un sonnait à la porte du dortoir depuis plusieurs secondes. Je voulais faire comme si la maison était vide, mais ça n’avait pas l’air de marcher.

Qu’est-ce que c’est encore ? J’avais été déjà assez ennuyé aujourd’hui. Laissez-moi au moins un peu tranquille après l’école.

« Qui est là……..? »

J’ouvris la porte avec impatience.

« Tu es trop lent ! Quand je sonne, tu dois ouvrir dans les cinq secondes ! »

Ouah !

Une fille se tenait devant moi, les mains sur les hanches. De ses yeux roses, elle me dévisageait.

« Kan-Kanzaki !? »

Debout dans le couloir se tenait Aria H. Kanzaki, toujours vêtue de son uniforme.

Je me frottais les yeux comme dans un manga pour m’assurer que je n’hallucinai pas, mais elle était toujours là.

Pourquoi est-elle ici !?

« Tu peux m’appeler Aria. »

Sans même attendre ma réponse, Aria enleva ses chaussure et pénétra dans ma chambre.

« Ah, hé ! »

Je la rattrapai, essayai de lui attraper le bras, mais sans succès. Elle avait la taille d’une enfant et esquiva mon geste en baissant simplement la tête…

Shaaa~

… ne laissant que le soupçon de ses deux couettes m’effleurer la main.

« Attends, ne rentre pas ! »

« Prend mes bagages ! Hé, où est la salle de bain ? »

Aria ignora complètement ma présence et commença à chercher dans les différentes pièces. Elle découvrit rapidement où était située la salle de bain et pénétra à l’intérieur.

… Ce n’est pas bon.

Ici, c’est le lycée Butei.

Et l’origine du mot « Butei » vient de « Détective Armé ».

J’étais suivi.

« Bon, tes bagages… »

Je regardai autour de moi et vis ce qui semblait être ses bagages devant la porte. Le nom d’une marque très connue était gravé dessus et il y avait des motifs très beaux – bien que petits – sur la poignée.

Oula, c’est trop dangereux.

Si les étudiants voisins découvraient qu’un sac de fille se trouvait devant ma porte, qui sait quelle sorte d’enfer ils pourraient me faire subir.

Et puis ce matin, j’avais dit à Shirayuki que ces appartements étaient ceux destinés aux dortoirs des garçons.

« Tu vis ici seul ? »

Aria sortit de la salle de bain après s’être lavé les mains et rentra son sac, qui était anormalement lourd, sans vraiment me regarder. Puis, elle commença à examiner les pièces en détail.

Elle était déjà arrivé au bout de la pièce principale, où se trouvait la fenêtre.

« Et bien, ce n’est pas trop mal. »

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Aria tourna sur elle-même, illuminée par la lumière du soleil couchant.

Ksssshh~

Les deux longues queues de cheval suivirent chacun de ses mouvements, dessinant de magnifiques arc dans l’air.

« ———Kinji. Deviens mon esclave ! »

…..

………

………… J’y crois pas.

Hé, toi. Tu es vraiment incroyable.

Quand je pensais que tu allais me sauver, tu as sorti tes sabres et tes pistolets. Non seulement tu t’assois à côté de moi en cours, mais maintenant tu envahis ma maison et « Deviens mon esclave ! » ?

« Hé ! Pourquoi ne me sers-tu rien à boire ! Espèce de sale ordure mal éduquée ! »

Fuuu~

La jupe d’Aria se souleva quand elle s’enfonça dans le canapé sur lequel j’étais assis il y a quelques minutes. Elle se tortilla légèrement et inclina les jambes, laissant apparaître les deux pistolets accrochés à ses cuisses. Elle avait encore ses pistoles ? Elle était parano ?

« Un café ! Un expresso rungo doppio ! Du sucre italien ! Je te donne une minute ! »

C’est toi qui est mal éduquée…

Et puis, c’est quoi ce café ? On dirait une formule magique…

N’ayant trouvé aucun moyen de la faire sortir de chez moi, je lui préparai à contrecœur une tasse de café instantané.

« ? »

Aria prit sa tasse à deux mains pour la porter jusqu’à son nez et renifla.

« C’est vraiment du café ? »

Elle ne semblait pas connaître l’existence du café instantané.

« Je n’ai rien d’autre, tu feras avec. »

« … Ça a un drôle de goût. En fait… Ça ressemble à du café grec… »

« Arrête de parler du goût. On va devoir discuter d’autre chose. »

Je m’assis sur une chaise près de la table, pris une petite gorgée de café et pointa du doigt la fille qui avait pénétré chez moi.

« Merci de m’avoir sauvé ce matin. Et… Je suis désolé d’avoir dit des choses qui t’ont énervé. Mais, pourquoi est-ce que tu m’as suivi jusqu’à chez moi ? »

J’avais une mou désapprobatrice sur le visage.

Aria, la tasse à la main, tourna ses yeux camélia vers moi.

« Tu ne comprends pas ? »

« Comment pourrais-je comprendre ? »

« Je ne pensais pas que ça te prendra aussi longtemps… Hum… Peu importe, quand le moment viendra, tu comprendras. On en restera là. »

En restera là ?

« J’ai faim. »

Aria changea soudainement de sujet et s’assit un peu plus élégamment sur le sofa.

Ce mouvement féminin me fit rougir et je détournai les yeux.

« Il n’y a rien à manger ? »

« Rien. »

« Il ne peut pas y avoir rien. Qu’est-ce que tu manges d’ordinaire ? »

« Quand j’ai faim, je vais acheter quelque chose à la petite boutique en bas. »

« La boutique ? Oh, le petit supermarché. Très bien, vas-y. »

« De quoi tu parles ? »

« Tu es vraiment stupide… Va m’acheter quelque chose à manger. C’est presque l’heure de diner, non ? »

Ce n’est pas bon. Elle ne m’écoute pas du tout.

Tu as décidé que tu allais manger là ?

J’aimerais que tu t’en ailles.

Je me passais la main sur le visage, espérant me soulager de mon mal de tête. Soudain, Aria se leva d’un bond du canapé comme si elle était rechargée et s’avança lentement vers moi.

Hé, tu es trop proche. Si proche de moi que je ne voyais que son menton.

« Dis, est-ce que le magasin vend des pains à la pèche Matsumoto ? C’est ça ce que je veux manger. »

Un Butei doit toujours rester en alerte face à trois choses : l’obscurité, le poison et les femmes.

Et je venais d’acheter sept brioches à la pêche pour la troisième, Aria.

Il y a peu, les pains à la pêche avaient été très à la mode, mais aujourd’hui, c’était tout ce que la supérette avait en stock. Je ne pensais pas alors qu’Aria comptait toutes les manger mais, assis près de la table, je la regardai maintenant dévorer le cinquième pain à la pêche.

Comme d’habitude, je mangeais une côtelette de porc, mais je dévisageai Aria en même temps, essayent de lui transmettre par le regard les mots « Sors d’ici ! ». Mais Aria m’ignorait complètement et se tapotait les joues en dévorant le sixième pain à la pêche. C’était vraiment si bon que ça ?

« … Bon, qu’est-ce que ça veut dire cette histoire d’esclave ? Qu’est-ce que ça signifiait ? »

« Je te laisse rejoindre mon escadron d’Assault. Pour que tu fasses les missions de Butei avec moi. »

« Qu’est-ce que tu racontes… La raison pour laquelle j’ai rejoint Inquesta, le plus normal des départements de Butei, c’est justement à cause de cet Assault si ennuyeux. Et puis, j’ai déjà prévu de rejoindre une école normale. Je suis fatigué de Butei, et tu veux me ramener dans cet endroit de fou ? ———Impossible. »

« Je déteste trois choses dans ce que tu viens de dire. »

« Ecoute ce que je te dis… »

«  Impossiblefatiguéennuyeux. Ce sont les trois seules choses qui limitent les possibilités humaines. Ne dis plus jamais ça devant moi. Compris ? »

Avec cette parole, Aria finit son septième et dernier pain à la pêche et croisa les doigts, comme si elle avait quelque chose d’autre à ajouter.

« Pour ce qui est de ta position… tu pourras être mon front. »

Front était l’abréviation de front man. Le rôle d’un front était de coordonner les principales manœuvres dans un escadron Butei.

C’était une position très dangereuse et très risquée.

« Non. Pourquoi moi ? »

« Pourquoi le soleil se lève-t-il ? Pourquoi la lune brille-t-elle ? »

Elle partait complètement en hors-sujet.

« Tes questions ressemblent à celles que posent les enfants. Quand on est un Butei, on cherche les solutions par soi-même. »

Je n’ai vraiment pas envie que ce soit toi – qui ressemble à une gamine – qui me dise une telle chose. J’étais sur le point de lui rétorquer mais, me souvenant comment j’avais failli mourir ce matin, je ravalai mes mots.

———Bon.

Je commençai à mieux la comprendre.

Lui parler revenait à la même chose que parler à un mur.

Si je voulais m’imposer face à Aria – qui ne savait que donner des ordres – il fallait que je sois moi-même direct sur mes propres demandes.

Ma résolution se renforça.

« Bon, pars d’ici. Je veux rester ici tout seul. Sors. »

« Et bien, quand le moment sera venu. C’est ce que je ferai quand j’en aurai envie. »

« Et c’est quand exactement ? »

« Pas avant que tu n’acceptes de rejoindre mon escadron d’Assault. »

« Il est déjà tard, tu le sais ? »

« Je suis prête à tout pour que tu me rejoigne. Il ne me reste pas beaucoup de temps. Si tu n’acceptes pas——— »

« Comment pourrais-je accepter ? Et si je n’accepte pas ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Je m’en fous. »

Face à mon refus si abrupt, Aria écarquilla les yeux et dit :

« Si tu n’acceptes pas, je reste ici. »

———Ah !?

Un tic nerveux sur mon visage.

« Toi… Attends un peu ! Arrête de rigoler ! Je ne vais pas te laisser rester ici ! Dégage ! »

J’étais si abasourdi par ce qu’elle venait de dire que j’avais du mal à garder ma côtelette de porc dans mon assiette.

« Tais-toi ! Si je dis que je reste, je reste ! Je savais que ça finirait par un siège forcé ! »

Pam ! Aria pointa du doigt son sac en hurlant.

Alors c’est tout ce dont elle avait besoin pour rester ici——— ?

Pourquoi allait-elle aussi loin ? Qu’essayait-elle de faire ?

En quoi me faire retourner en Assault allait-il l’aider ?

« ———Sors ! »

Je ne fus pas celui qui prononça cette phrase.

Ce qui aurait du sortir de ma bouche fut dit par celle d’Aria.

« Pourquoi devrais-je sortir ! C’est chez toi ici !? »

« C’est ta punition pour ne pas avoir ouvert ta porte plus tôt tout à l’heure ! Va te calmer un peu dehors ! Et ne reviens pas avant un bout de temps ! »

Aria leva les poings et dévoila ses canines.

Finalement… J’avais réussi à me faire renvoyer de chez moi.

Je me réfugiai dans la petite supérette, à lire des mangas. Mais je trouvais cela trop malpoli de seulement lire et décidai donc d’en acheter quelques uns et de remonter dans mon appartement.

Comme un voleur… J’ouvris doucement la porte. J’étais chez moi après tout.

Hum ?

Je ne voyais nul part la présence d’Aria à l’intérieur.

Je jetai un coup d’œil dans le salon et la cuisine ; elle n’était pas là.

Génial. Dieu avait exaucé mon souhait. Elle était enfin rentrée chez elle.

J’eus un soupir de soulagement et, comme j’étais sorti, je me dirigeai vers la salle de bain pour me laver les mains quand———

J’entendis un bruit qui venait de la douche.

La lumière était allumée, et la porte vitrée qui ouvrait sur la salle de douche était pleine de buée.

A l’intérieur, on pouvait apercevoir une silhouette floue qui chantonnait en étendant ses jambes.

Ah~ Alors, elle prenait son bain.

———Hein !?

———Un bain !?

Tap tap !

Je battis rapidement en retraite vers la porte de la salle de bain.

Alors elle m’avait jeté dehors afin de pouvoir prendre un bain.

Je baissai les yeux avec précaution mais la seule chose que je vis fut l’uniforme d’Aria dans le panier à linge sale. Dans le panier se trouvait les courroies qu’elles utilisaient pour maintenir les pistolets sous sa jupe, posés au-dessus de ses pistolets. Plus profondément, j’aperçus deux wakizashi qui dépassaient de sous sa chemise.

Plouf !

A travers la porte vitrée, j’entendis Aria qui pataugeait dans le bain et mon coeur faillit s’arrêter.

C’était trop étrange.

C’était carrément absurde.

Et au même moment, alors que j’étais déjà au bord de la panique, un nouveau bruit se fit entendre.

Ding Dong

Le bruit d’une sonnette qu’on a poliment déclenché !

Ce-cette façon de sonner à la porte…

(Shirayuki !?)

« Ou-ouah !? »

Pam !

La situation était dangereuse. Je me pris le pied dans quelque chose en courant avec précipitation dans le couloir et tombai lourdement sur le sol.

« Kin… Kin-chan ? Est-ce que ça va ? » demanda la voix de Shirayuki, derrière la porte.

Zut. Elle m’avait entendu.

Je ne pouvais plus prétendre qu’il n’y avait personne.

« Ah, ça va, ça va. »

Je marchai jusqu’à la porte, essayant de paraître calme…

Un hakama aux manches blanches——— Shirayuki était devant moi dans sa tenue de miko, un mystérieux sac dans les mains.

« Qu-qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi es-tu habillée comme ça ? »

Je m’adressai à elle avec froideur, tout en gardant un œil fixé sur la salle de bain.

« Ah… C-ça. M-mes cours ont terminé tard… Dès que j’ai eu terminé de préparer le diner, je suis tout de suite venue ici pour te voir Kin-chan, donc je n’ai pas eu le temps de me changer… Si ça ne te va pas, je rentre tout de suite me changer. »

« N-non, ce n’est pas grave. »

J’arrêtai d’un geste Shirayuki qui semblait vraiment prête à retourner chez elle.

Les cours dont elle parlait étaient probablement le SSR.

SSR, abréviation pour Supernatural Searching Research, un cours incroyablement spécial, où l’on étudiait les possesseurs de pouvoirs spéciaux. Je n’y comprenais pas grand chose, mais apparemment Shirayuki était encore une des meilleures élèves dans ce cours.

Ah, mais pas le temps de parler de ça ! Des activités extraterrestres sont actuellement en train d’avoir lieu chez moi !

« Dis, Kin-chan. Cette note ce matin sur le détournement de bicyclette… C’était toi le deuxième année dont elle parlait ? »

« Ah, ouais. C’était moi. »

J’avais répondu avec enthousiasme mais… sans exagération, Shirayuki me fonça dessus et ne s’arrêta que quand son visage ne fut qu’à moins de 10cm du mien.

« Est-ce que ça va !? … Tu es blessé !? J-je vais m’occuper de tes plaies ! »

« Je vais bien, ne me touche pas. »

« Ah, vraiment… Je suis si heureuse que tu sois toujours en vie. Mais s’en prendre à Kin-chan… Je ne pourrais jamais pardonner la personne qui a fait ça ! Je la poursuivrai et la déchirerai en morc… Je veux dire, la ferai arrêter ! »

Est-ce qu’elle vient vraiment de… dire ce que je pense ? Non, j’avais du mal entendre.

Oui, juste une erreur de compréhension.

« T-tout va bien. Ce genre de chose est fréquent au lycée Butei. Bon, ne parlons plus de ça ! »

« Hum, d’accord. Mais… d’accord. »

Shirayuki semblait avoir été sur le point d’ajouter quelque chose, mais elle hocha finalement la tête.

Aaah~ Elle était si obéissante. J’aimerais que cette fille aux couettes suive un peu son exemple.

« … Mais… Il se passe quelque chose, non ? Kin-chan est un peu… étrange ce soir. »

« Étrange ? Moi ? »

« Tu es plus froid que d’habitude… »

Oula ! Tu es bien trop perspicace !

« N-non, pas du tout ! Tu voulais me voir, hein ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

Il fallait à tout prix que je me débarrasse de Shirayuki !

Car, si en cet instant, Aria sortait dans le couloir enveloppée dans une serviette, j’étais fini !

« Ah… oui. J’ai ça pour toi. »

Shirayuki tendit abruptement son sac vers moi.

« Je t’ai cuisiné un riz aux pousses de bambous [2] pour ce soir car… c’est le printemps et puis, je pars demain au Mont Osore pour un stage d’entrainement. Je ne pourrais pas te préparer à manger pendant un petit bout de temps… »

« Ah, d’accord. Merci, merci beaucoup. Tu peux rentrer chez toi maintenant, si tu n’as pas d’autre chose à me dire. »

Le visage de Shirayuki s’illumina quand elle vit que j’acceptais la nourriture. Ses joues rougirent légèrement.

« J’ai cuisiné pour toi deux fois aujourd’hui ! C-C’est comme si j’étais ta femme… Ah, qu’est-ce que je raconte ? Ahah, ahahah, c’est bizarre hein ? Oui, je suis bizarre ! … Ki-Kin-chan, tu me trouves bizarre ? »

« D’accord, d’accord ! Je comprends, rentre chez toi maintenant Shirayuki ! »

« D’accord ? Ça veut dire que toi aussi Kin-chan tu me trouves… »

Shirayuki leva les yeux et me dévisagea avec émotion, alors que je venais juste de dire la première chose qui me passait par la tête pour la faire partir d’ici.

———Plouf.

Un bruit d’éclaboussure venant de la salle de bain.

Plouf ! Mon cœur sauta dans ma gorge.

« Il y a quelqu’un ? »

« Non, i-il n’y a absolument personne ici ! »

Je me mis à bégayer et à pousser avec force Shirayuki hors de la pièce comme un sumo.

« … Kin-chan, tu ne me caches rien, n’est-ce pas ? »

Les yeux de Shirayuki perdirent tout à coup toute expression, devenant noir opaque.

« Non. Non, non, non. C’est impossible ! Je ne peux rien te cacher ! »

« … Vraiment ? Très bien alors. »

Entendant ma réponse, Shirayuki eut un sourire aussi doux qu’une brise printannière et fit enfin marche arrière.

Merci mon dieu.

Je m’étais enfin occupé du tigre de l’entrée.

Après avoir fermé la porte, je jetai le riz aux pousses de bambou dans un coin de la pièce et courut jusqu’à la salle de bain.

Je sentais que si je ne faisais rien, j’allais être attaqué par le loup de la porte arrière.

Connaissant la personnalité féroce d’Aria, si elle découvrait que j’étais revenu chez moi alors qu’elle était en train de se laver, elle allait sûrement se mettre à me tirer dessus sans avertissement. Si je voulais rester en vie, je devais cacher ses pistolets et ses lames.

Je m’accroupis devant le panier à linge sale et, alors que je faisais pénétrer ma main à l’intérieur———

Clic.

Aria ouvrit la porte de la salle de douche.

« ——————! »

Un instinct meurtrier remplit le silence.

Nous nous dévisageâmes.

Fuu~ Une odeur de gardénia s’échappait du bain.

« Per… Pervers ! »

Aria, les cheveux détachés, ne portait aucun vêtement sur elle. Elle utilisait sa main droite pour cacher sa poitrine, et sa main gauche pour cacher… cet… endroit sous son estomac.

Ses cheveux se dressèrent sur sa tête quand elle vit mes mains fouillant son uniforme.

« Non…! Ce n’est pas ce que tu crois…! »

J’agrippai ses armes à toute vitesse et levai les mains, essayant de lui prouver mon innocence.

———Mais échouai complètement.

J’étais si paniqué que je n’avais pas vu que certaines choses pendaient sur les lames.

Quelque chose était accroché au wakizashi que je tenais dans ma main droite.

Et quelque chose était accroché au wakizashi que je tenais dans ma main gauche.

C’était le soutien gorge et c’était la culotte d’Aria, flottant comme des drapeaux.

Des sous-vêtements enfantins parsemés de petits cœurs, trèfles, piques et carreaux.

« ———————————CRÈVE !!! »

Bam !

« Guu !? »

Aria me frappa si violemment que je n’eus même pas le temps de rentrer en Hysteria Mode.

Je fus atteint en plein fouet par un coup de pied inévitable qui plia mon corps comme le caractère [ く ].

« Va crever ! Sale pervers ! »

Vlan !

Aria fit un geste violent pour écraser son genoux sur mon visage, tout en reprenant ses sous-vêtements. J’avais toujours les poings serrés sur ses wakizashi.

Son genoux s’arrêta à dix centimètre de mon visage.

Dieu.

J’aimerais vous demander quelque chose.

Qu’ai-je fait pour mériter un tel châtiment ?

Ah, j’en ai une autre. De quel jeu érotique avez-vous tiré ça ?

Est-ce que c’est vraiment le moment de penser à ça ?

Allongé sur mon lit, je vis la ligne qu’Aria avait tracé sur le sol. Elle avait ajouté : « si tu oses dépasser cette ligne, je te tuerai. »

Évidemment, elle avait utilisé une marqueur pour la dessiner, une marqueur indélébile.

Je jetai un regard de reproche au deuxième lit superposé, d’où l’on pouvait voir deux couettes dépasser. Tsss. J’avais tellement envie de les arracher.

« … Fuuu… Pyramide de pains aux pèches… »

Plic.

Aria était profondément endormie. Non seulement elle parlait en dormant, mais je l’entendais baver dans son sommeil. Ah, ça me saoule. Et puis, quel rapport entre les pyramides et les pains aux pêches ?

C’était ma chambre, je ne devrais pas avoir besoin de m’inquiéter d’intrus diaboliques quand j’étais à l’intérieur.

Mais, vêtue d’un pyjama rose qui ressemblait à un bleu de travail, Aria avait emporté ses pistolets avec elle.

Même si j’étais allé me coucher immédiatement après elle, je n’avais aucune envie de dormir. Je ne pouvais que rester allongé sur mon lit à la regarder dormir.

Cette chambre avait été faite pour quatre personnes, il y avait donc deux lits superposés. Comme je m’y attendais, Aria avait pris le lit supérieur du deuxième lit superposé, aussi loin de moi qu’elle le pouvait. J’avais cru voir un fil sur le sol, menant à une mine antipersonnel. Ça devait être mon imagination. Oui, elle ne pouvait pas avoir installé ça.

Mais vraiment, quelle enquiquineuse.

Non seulement elle s’introduisait dans ma vie et limitait mes mouvement mais en plus, elle avait osé dire———

Reviens en Assault faire des missions avec moi.

Il n’y a pas de métier particulier que j’ai envie de faire.

Je peux faire n’importe quoi.

Je me fiche de ne rien faire d’exceptionnel dans ma vie.

Tant que je n’ai pas à être une Butei.

Le seul travail que je déteste est celui de Butei.

Et c’est avec cette pensée que je sombrai dans un sommeil agité.

« Débile de Kinji ! Lève-toi ! »

Bang !

Un poing d’acier s’enfonça dans mon abdomen.

Bash !

Un pied écrasa mon visage fatigué.

Aria, qui portait des longues chaussettes noires, enfonçait mon visage dans le lit.

Il faisait jour dehors. C’était déjà le matin.

« Qu’est-ce que tu fais ! »

« Petit-déjeuner ! Prépare-moi un petit-déjeuner ! »

« Je… me… fiche… de… toi ! »

Je repoussai le pied écraseur de toutes mes forces.

« J’ai faim ! »

« Tant mieux pour toi, idiote ! »

« Ce nul de Kinji ose m’appeler idiote ?! »

Comment ça ce nul ?

Je roulai de droite à gauche, évitant ses coups de poings. Trouvant enfin une ouverture, je sautai hors de mon lit et réussit à m’enfuir hors de la chambre.

Pourquoi dois-je utiliser ces mouvements digne de 007 quand je me réveille chez moi ?

« J’ai faim ! Faim ! Faim ! Faim ! Faim ! Faim ! Faim ! »

« Ça doit encore aller si tu es capable de crier comme ça ! »

Je mis mon uniforme, pris mon téléphone portable, rangeai mon pistolet et attrapai mon sac, tout en échappant, évitant, parant les coups de pieds et de poings d’Aria.

C’était exactement comme les entrainements de combat en Assault.

Vlan ! Je m’arrêtai devant la porte pour mettre mes chaussures et évitait dans la volée une serie de coups de pieds qu’Aria. Je mis mes chaussures et me redressai.

« Aria. »

Je posai ma main sur le front crème d’Aria quand elle essaya une nouvelle fois de me frapper.

Je raidis mon bras, lui laissant seulement la possibilité de s’agiter sans m’atteindre.

Très bien. J’avais enfin trouvé une méthode pour la tenir à distance.

Je ne devrais pas m’habituer à ce genre de chose…

« Quoi ? »

Comme elle ne pouvait plus m’attaquer, Aria se calma un peu et leva ses yeux vers moi.

« Nous allons à l’école séparement. Pars la première. »

« Pourquoi ? »

« Pourquoi ? Si on nous vois sortir d’ici ensemble, un bordel monstre va éclater. On est dans le dortoir des garçons ici, tu le sais ? »

« Tu essayes de t’échapper, hein !? »

« Non seulement on est dans la même classe, mais en plus tu es assis à côté de moi ! Comment pourrais-je m’échapper !? »

Aria gonfla ses joues de mécontentement.

« Je me fiche de ce que tu fais mais nous partons séparement. »

« Non ! N’essaye pas de t’enfuir ! Rappelle-toi Kinji, tu es mon esclave ! »

Aria agrippa mon bras tout en me jetant un regard qui signifiait je ne te laisserai pas partir !.

« Lâche… moi…! Hé ! »

« Wuuah ! »

Elle dévoila ses canines et me mordit la main !

« Woooooh——— ! »

Elle se prend pour un lion ou quoi ??

Je dégageai ma main de la bouche d’Aria et regardai ma montre. Il était 7h54.

Ce n’était pas bon du tout. Nous n’allions pas réussir à avoir le bus de 7h58.

Je n’avais pas le temps de me battre avec elle.

Je ne pouvais plus rater le bus à partir d’aujourd’hui.

Car mon vélo avait explosé en mille morceaux…

« Espèce de… pot de colle…! »

Incapable de faire autre chose, je trainai Aria – toujours pendu à mon bras – avec moi hors de l’appartement.

Elle était si énervante ! Elle était si embêtante ! Tous ces troubles qu’elle m’apportait ! Et pourquoi sentait-elle aussi bon ! ….. Qu’est-ce que je raconte ?

J’étais mort.

Complètement fini.

Mon train-train quotidien avait été complètement détruit par l’apparition de cette intruse d’Aria.

Or, le prérequis pour mon objectif actuel——— Être une personne normale était de mener une train-train quotidien.

J’avais donc décidé d’utiliser le temps de cinquième cours pour chercher une méthode capable de vaincre Aria.

Au lycée Butei, les quatre premiers cours étaient les mêmes que ceux des lycées normaux, on y étudiait des matières normales. Mais, à partir du cinquième cours, nous étions divisés en plusieurs classes spéciales.

A cette heure-là, Aria devait certainement s’entrainer au combat en Assault.

J’allais utiliser cette occasion pour chercher un endroit où elle ne pourrait jamais me trouver et préparer avec soin une contre-attaque.

Pour cela, je fis quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps. J’acceptai une mission d’Inquesta afin de pouvoir quitter l’école normalement.

« Kinji. »

Dès que je sortis du bâtiment réservés aux cours spéciaux de Butei, je vis Aria, caché en embuscade. Mes espoirs anéantis, je m’écroulai au sol.

« Pourquoi… es-tu… ici…? »

« Parce que tu es là. »

« Ce n’est pas une réponse ! Et tes cours d’Assault ? Tu as vraiment le droit de les sécher ? »

« J’ai déjà suffisamment de crédit pour cette année. »

Aria me dévisagea de ces yeux camélia, ne me laissant pas une raison de m’énerver.

Une fille – et pas n’importe laquelle – une fille incroyablement belle, m’attendait devant le portail de l’école. N’est-ce pas le rêve de tous les lycéens ? Sauf que cette fille posait son doigt sur la gâchette de ses pistolets à la plus petite provocation. Elle n’allait pas du tout avec cette situation.

« Quel genre de mission acceptes-tu normalement ? »

« Ça ne te regarde pas. Ce sont des missions faciles qui correspondent très bien à l’étudiant de niveau E que je suis. Va-t-en. »

Les étudiants de Butei, après avoir reçu les bases nécessaires, étaient autorisés à accepter des commandes payées de la population. Si un Butei rencontrait un incident dans la rue, il était également autorisé à s’en occuper. Les résultats de ces commandes, ainsi que les résultats aux tests, déterminaient le rang d’un élève. Les rangs allaient de A à E. Au dessus, il y avait le rang spécial S. À l’examen d’entrée, j’avais été classé S.

Mais, c’était à cause… de Shirayuki, qui avait réussi à me faire entrer en Hysteria Mode durant l’examen.

« Tu es un rang E ? »

« C’est ça. Parce que je n’ai pas passé le test à la fin de la troisième semaine, en première année. Mais bon, je me fiche de mon rang. »

« Bon, peu importe les rangs de toute façon. Oublie ça, dis-moi ta mission d’aujourd’hui. »

« Je n’ai aucune raison de te la dire. »

« Tu veux des trous supplémentaires ? »

Aria sortit ses pistolets avec colère.

« Aujourd’hui… Je cherche un chat. »

« … Un chat ? »

« Je vais à Omi chercher un chat perdu. La récompense est de 10.000 yens et de O,1 crédit. »

C’était la commande la moins dangereuse et avec la plus petite récompense que j’avais trouvé sur le tableau d’Inquesta.

Aria persistait à vouloir me suivre, au point qu’elle était presque en train de courir pour rester à mon niveau.

« Ne me suis pas. »

« Ne t’occupe pas de moi, fais ton boulot de Butei comme d’habitude. »

« Non. Ne me suis pas. »

« Tu me détestes à ce point ? »

« Je te déteste plus que tu ne le penses. Ne me suis pas. »

« Si tu oses dire encore une fois « ne me suis pas », je vais t’aider à percer quelques nouveaux trous dans ton corps. »

Je n’avais aucun désir de me faire percer de trous et, n’ayant aucun moyen de m’opposer à elle, la seule chose que je fis fut de prendre le métro jusqu’à Omi, Aria me suivant à la trace.

Omi était auparavant un lieu remplis d’entrepôts mais, suite à des rénovations, c’était maintenant devenu un endroit parsemé d’appartements luxueux et de boutiques.

« Quelle méthode vas-tu utiliser pour chercher un chat ? »

« Je n’ai pas de méthode. Je vais juste le chercher partout. Mais… Si tu me disais ce que tu ferais ? Comme tu m’as posé cette question, tu dois sûrement avoir une idée, non ? »

« Je n’en ai pas non plus. Je ne suis pas très bonne pour élaborer des plans. Je n’ai pas hérité de cette importante caractéristique. »

Aria parlait en me regardant, ne manifestant aucun signe d’émotion.

« Hé, j’ai faim. »

« On a déjà déjeuner… Tu n’as pas mangé pendant la pause ? »

« Si, mais j’ai encore faim. »

… Tu digères bien trop rapidement.

« Achète-moi quelque chose, ok ? »

« Tu vas vraiment me suivre partout où je vais… »

Mais…

J’avais passé beaucoup de temps à chercher une mission à ma portée et je n’avais pas encore mangé.

Bref. Je voulais que mon corps reste intact, allons à McDonalds grignoter quelque chose.

En tant qu’esclave, je suivis les ordres de ma maitresse et lui commandai le menu giga mac qu’elle désirait…

Aria m’attendait dehors et rêvait en contemplant les boutiques qui longeaient la rue.

Elle regardait une robe brillante portée par un mannequin, en jetant de temps en temps des coups d’œil à son propre corps.

…… Humpf.

Son expression… Je vois. C’est à ça qu’elle aimerait ressembler.

Oublie ça, ça ne sert à rien de désirer une telle chose. Ton corps d’écolière ne se développera jamais.

« Hé. »

« ———Ah. »

Aria se retourna vers moi, semblant remarquer que je me moquais d’elle intérieurement.

Ses joues s’empourprèrent et elle agita ses deux bras autour d’elle.

« ———Ce n’est pas ça ! J-J’ai juste un corps fin ! Un corps fin ! »

« Je n’ai rien dit… »

Tout en parlant, je me dirigeai vers le parc qui nous faisait face. Je trouvai un banc libre et m’assis, posant le sac de McDonalds à côté de moi. Aria s’assit aussi, comme si elle avait quelque chose à me dire.

Fiiuuu. La jupe de son uniforme se souleva, me dévoilant quelques instants ses pistolets. Mutou de Logi avait décidé de changé le nom de cette zone de Panchira en Gunchira.. Ce gars était vraiment un idiot complet.

Toutes les jupes des filles du lycée Butei étaient très courtes. Pour qu’en cas d’urgence, elles soient capables de dégainer rapidement leurs pistolets. Aria n’était pas une exception.

Mais, cette vue ne m’excitait pas du tout. Sûrement parce ce qu’elle ressemblait à une élève de primaire.

« Hayia (Aria). Séparons-nous et cherchons dans le parc. »

« Bouguoi ? (Pourquoi ?) »

Nous essayâmes de nous exprimer tout en dévorant nos hamburgers.

« Regarde autour de toi, tu vas comprendre. »

Je bue une gorgée de coca, le reposai sur le banc et fis un geste de la tête pour lui indiquer ce que je voulais dire.

Dans le parc——— il y avait beaucoup de jeunes couples.

Il était en bord de mer, un bel endroit bien restauré, réputé pour être du zone de rendez-vous.

La véritable raison pour laquelle j’étais venu ici – même s’il était possible que le chat s’y trouve comme c’était un parc d’Omi – était que voyant cela Aria s’éloigne de moi.

Le plan semblait marcher. Aria…

« Ah… »

Elle se figea sur place, une frite entre les dents, quand elle vit un couple d’étudiant collés l’un contre l’autre comme des sculture en bois sur le banc en face de nous.

Puis, elle me regarda, regarda le couple, me regarda de nouveau. Et se mit à rougir furieusement.

« …Ah… Ah ! »

Au même moment, un couple main dans la main passa devant nous. Elle agrippa sa propre main à toute vitesse. Même sous peine de mort, elle avait l’air de ne pas vouloir me tenir la main.

« Tu vois ? Ça serait mieux si tu rentrais, Aria. Si on nous voit marcher ensemble ici, les gens vont encore dire que nous sortons ensemble. Je n’aime pas attirer l’attention, et ça ne te plairait pas non plus que la personne que tu aimes croit ce genre de malentendus, non ? »

« La personne que j’aime ! »

Les yeux couleur rubis d’Aria s’écarquillèrent et elle me contredit avec une voix digne d’un seiyuu.

« Je-je-je ne suis amoureuse de personne ! Les hi-histoires d’amour ne sont qu’une perte de temps, je n’en ai pas besoin ! C-c’est inutile ! »

… Tu n’es plus une enfant… Pas la peine d’avoir une telle réaction.

On dirait qu’elle ne supporte pas tout ce qui à trait à l’amour.

Un point faible !

« Mais, tu n’aimerais pas que tes amis croient ça, non ? »

« Mes amis… Je n’ai pas d’amis et je n’en ai pas besoin. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent. Je me fiche de ce que les gens racontent ! »

Slurp———

Aria se mit à aspirer à grand bruit à la paille sa boisson, essayant certainement de cacher son embarras.

« Je t’admire pour ne pas te soucier de ce que les gens racontent. Mais, il y a quelque chose que j’aimerais te dire. »

« Quoi ? »

« C’est mon coca. »

Pfffft !

Aria recracha tout le coca qui était dans sa bouche.

C’est pas vrai. Tu penses vraiment que c’est comme ça qu’une jolie lycéenne comme toi devrait se comporter ?

Voyant que je la dévisageai, les joues d’Aria se remirent à rougir———

« Espèce de pervers ! »

Elle se jeta sur moi, avec la ferme intention de me frapper.

Ah… Aria avait vraiment des drôles d’idées.

C’était le soir. Nous avions enfin trouvé le chat perdu.

Il était dans une rigole, quelque chose comme un petit courant qui traversait le parc.

Ce petit chaton miaulant ressemblait comme deux gouttes d’eau à celui sur la photo, il avait également la même petite clochette. Ça devait être lui.

« Allez~ Gentil chat… »

Le chat, qui avait réussi à se percher sur un détritus flottant sur l’eau, utilisa ses dernières forces pour essayer de m’effrayer. Hé, je ne suis pas ton ennemi tu sais… J’essaye de te sauver.

Je tendis les mains avec précaution vers les morceaux de papiers et les cannettes vides et saisit le chat aux poils hérissés.

« Gentil chat. Très bien, tu n’as plus à t’en faire maintenant. »

… Je souris. Je n’avais pas souris depuis longtemps, mon visage était un peu rigide.

Quand il vit mon visage, le chat miaula et se mit à gigoter dans mes mains.

« Ah, hé ! … Oh, aïe. »

Plouf !

Le chat toujours dans les bras, je tombai lourdement dans l’eau peu prodonde.

Je m’étais débarrassé de mon téléphone portable et de mon pistolet avec de partir à la rechercher du chat, au cas où. Minuscule éclat de chance dans ma malchance actuelle.

« … Bizarre… »

Assise sur les pierres qui empêchaient l’eau de déborder, Aria laissa échapper un soupir en me dévisageant.

Le jour suivant, je reçus mon 0,1 crédit pour avoir retrouvé le chat.

« Riko. »

Riko, comme à son habitude, était dans la serre qui se trouvait près du dortoir des filles. Ce que j’appelai une serre n’était en fait qu’une grande remise en plastique, très simple et rarement utilisée. C’était l’endroit parfait pour les rencontres devant rester secrètes.

« Ki-kun ! »

Entendant ma voix, Riko, perdue au milieu des roses, se tourna vers moi.

Tout comme Aria, elle n’était pas grande mais c’était une fille magnifique. Elle avait des grandes paupières et des yeux pétillants. Ses cheveux étaient retenus par deux rubans et séparés en deux longues mèches soyeuses qui lui tombaient jusque dans le dos.

« Tu portes encore un uniforme spécial… C’est quoi cette grande chose blanche ondulée ? »

« C’est l’uniforme des filles de Butei – version Lolita White Wind ! Ki-kun, tu devrais au moins essayer de retenir les différents types ! »

« Je refuse. C’est insupportable, combien d’uniforme as-tu ? »

Riko pencha la tête sur le côté et commença à compter sur ses doigts. Comprenant ce qu’elle faisait, je sortis rapidement les jeux – emballés dans un petit sac en papier – de mon sac.

« Tiens, Riko. Tu ne dois pas en parler à Aria, compris ? »

« Oui, chef ! »

Riko se dressa au maximum, les deux mains posés sur sa tête, comme si elle exécutait un salut militaire.

Je lui tendis douloureusement le sac en papier, qu’elle s’empressa d’ouvrir en le déchirant. Sa respiration était devenu plus forte, elle expirait et inspirait – fufufufufu – comme un animal sauvage.

« Ouah——— ! « Blanc / Noir ! », « Histoire de l’Herbe Blanche » et « Les Sœurs Cosplay »… ! »

Toute excitée, Riko se mit à sautiller sur place, agitant autour d’elles les jeux R-15, c’est à dire qui ne pouvaient être acheté que par ceux qui avaient plus de 15 ans.

Je pense que tout le monde s’en ait déjà rendu compte à cause de ses vêtements : Riko était une otaku.

Mais elle était différente des autres otaku. Elle avait une étrange obsession pour les gal game [1]. Elle adorait plus que tout les héroïnes qui portaient les mêmes robes à froufrou qu’elle.

Bien sûr, Riko avait plus de 15 ans, elle pouvait acheter ses jeux toute seule. Mais, il y a deux jours, quand elle était allée à la boutique de jeux vidéo de l’île de l’Académie, la vendeuse avait refusé de lui en vendre, jugeant que par sa taille, elle devait encore être en primaire.

Elle m’avait donc demandé d’aller lui en acheter.

En temps normal, j’aurais préféré mourir plutôt que d’aller acheter ces… choses. De plus, à présent, j’avais laissé à la vendeuse une vision de moi dont je ne pourrais jamais me débarrasser. Mais, j’étais prêt à faire tout ça pour Riko, si ça me permettait de me débarrasser d’Aria.

———Pourquoi Aria voulait-elle que je devienne son esclave ?

La première étape pour la renvoyer de chez moi était de répondre à cette question.

Si elle avait une véritable raison, j’étais prêt à faire tout ce qu’il y avait en mon pouvoir pour m’en occuper.

Et comme elle ne voulait pas me la dire, je n’avais pas d’autre choix que d’enquêter de moi-même et de la combattre à ma manière. Après tout, les règlements de compte entre Butei étaient souvent gagnés par celui qui avait accès au plus d’informations.

« Ah… ça. Je n’en veux pas. Je déteste ce genre de jeu. »

Hein ? Ceux que j’avais choisi devraient tout lui plaire pourtant ?

Bouuuh~ Les joues gonflées, Riko me rendit les « Les Sœurs Cosplay » 2 et 3, suites du jeu « Les Sœurs Cosplay ».

« Pourquoi ? Ce ne sont pas exactement les mêmes ? »

« Non. Le 2 et le 3, les suites, ne sont qu’un outrage au premier jeu. Ils sont une honte ! Des noms haïs par tous ! »

… Vraiment, qui résonne de cette façon ?

« Bon… Quoi qu’il en soit, à part ces deux suites, tout le reste est pour toi. En échange, comme promis, tu dois me dire tout ce que tu sais sur Aria.” »

« ———Oui ! »

Riko était idiote. Complètement idiote. Mais, après mon entrée à Inquesta, j’avais compris quelque chose. Cette idiote, justement grâce à son idiotie, avait une spécialité. Non seulement elle était très bonne dans le domaine informatique, mais c’était également une espionne et une hackeuse hors pair. Riko, qui était très intéressée dans ce domaine, était extraordinairement douée pour récolter des informations. C’était en fait même une des meilleure voleuse d’informations de sa génération. Grâce à cela, son rang Butei était A.

« Allez, dépêche-toi. J’ai du faire semblant d’aller au toilette, puis utiliser ma ceinture comme corde pour m’échapper. Je n’ai pas beaucoup de temps avant qu’Aria s’en rende compte et ne me retrouve. »

Je regardai autour de moi et m’assis sur une rampe qui m’arrivait aux genoux.

Riko sembla réfléchir à quelque chose, puis elle rangea les jeux dans sa robe et d’un grand bond, sauta vers moi et s’assit à mes côtés. Ses pieds ne touchant pas le sol, elle resta les jambes ballantes.

« Dis, dis. Ki-kun, tu as déjà rampé près de la jupe à Aria, pas vrai ? C’est ta petite copine, pourquoi tu ne lui demandes pas toi-même ce genre de choses ? »

« Ce n’est pas ma petite copine. »

« Ah bon ? On m’a pourtant dis que vous étiez déjà en couple. Et quelques personnes ont aussi dit vous avoir vu sortir main dans la main du dortoir des garçons ce matin. Le fanclub d’Aria est d’ailleurs entré dans une colère noir, ils ont couru dans toute l’école en hurlant « Tuer Kinji ! ». Alors——— »

« Arrête de faire des cornes avec tes doigts. »

Main dans la main… Ils parlaient de ce matin ?

En fait, je ne faisais que tirer Aria derrière moi, qui refusait toujours de lâcher mon bras.

« Alors, jusqu’où êtes-vous allés !? »

« Comment ça… »

« Vous avez fait des choses perverses ? »

« Idiote ! Dis pas n’importe quoi ! »

« Ne me ment pas——— ! Vous êtes tous les deux dans la fleur de l’âge ! »

Riko, un grand sourire sur les lèvres, me donnaient des petits coups de coude dans le bras.

« … Vraiment, tu déformes toujours ce que les gens disent. C’est une mauvaise habitude. »

« Pffff. »

« Bon, parlons du principal. Aria, hum… Parle-moi de ses résultats en Assault. »

« Oui——— Heu, tout d’abord, elle est de rang S. Et les personnes capable d’atteindre un rang S en deuxième année se comptent sur les doigt d’une main. »

Ce que Riko venait de dire ne me surpris pas du tout.

Les mouvements qu’Aria m’avaient montré pendant l’accident du détournement de vélo n’étaient pas ceux d’une personne normale.

« Même si elle est plus petite que moi, elle est très forte en combat à mains nues. Son style de combat est… Tu sais, celui qui mélangent les genres… le… Vari… Vare… Varetsu…? »

« Le Vale Tudo [2] tu veux dire ? »

« Oui, oui, voilà son style de combat. En Angleterre, ça s’appelle le baritsu. »

Je me rappelai comment Aria m’avait frappé dans l’entrepôt du complexe sportif.

Elle avait été très impressionnante. Même moi en Hyteria Mode n’avait que difficilement réussi à me défendre.

« C’est une tireuse d’élite et une experte en arme blanche. Elle utilise toujours deux épées ou deux pistolets en même temps, elle est complètement ambidextre. »

« Je le sais déjà. »

« Alors, est-ce que tu connais son surnom ? »

Son surnom——— Les Butei excellant dans leur domaine gagnaient souvent naturellement des surnoms des autres personnes.

Aria qui n’avait que 16 ans en avait déjà un ?

Riko, voyant sur mon visage que je n’en avait aucune idée, rit et dit :

« Aria le Quadra. »

———Quadra.

Dans le langage Butei, ceux capables de manipuler deux armes blanches ou deux pistolets en même temps étaient appelés des double.

C’était un terme qui venait de l’anglais, et par analogie, on avait certainement assigné le mot quadra à ceux capable de manipuler à la fois les armes blanches et les pistolets.

« Tu ne trouves pas ça drôle ? Aria le Quadra ? »

« Je ne vois pas du tout en quoi c’est drôle… bon. J’aimerais aussi savoir… oui, j’aimerais savoir ce qu’elle a fait en tant que Butei. Quel est le compte rendu de ses missions ? »

« Oh, ça aussi c’est assez impressionnant. Elle est actuellement en pause, mais Aria a travaillé pour le département Butei de Londres, et a exécuté des missions un peu partout en Europe depuis qu’elle a 14 ans. »

Riko leva de grands yeux vers moi et sa voix était plus dure quand elle dit :

« … Et elle n’a jamais laissé s’échapper une cible. »

« Pas une seule ? »

« Tout ceux qu’elle a poursuivi ont été capturé sans exception. 99 fois de suite et sans jamais avoir besoin d’une mission supplémentaire. »

« Comment… est-ce possible… »

Incroyable. D’habitude, les missions de capture confiés aux Butei étaient celles jugées trop difficiles pour être donné à la police. Il fallait plusieurs raids aux Butei pour forcer la cible à se rendre (dans le monde de Butei, ce processus était appelé Assault) si ils voulaient que la capture soit réussie. Mais Aria avait réussi à capturer avec succès 99 cibles du premier coup…

… Et c’était cette fille monstrueuse qui était après moi.

« Ah… Tu sais d’autres choses ? Ses parents ? »

« Hum——— Le père d’Aria est à moitié anglais. »

« Ah, alors elle est métisse. »

Voilà donc pourquoi elle avait des yeux camélias et des paupières plissées à la japonaise.

Et… Qu’elle s’appelait Aria H. Kanzaki

« Oui, c’est sa famille anglaise qui a apporté le H à son nom. Et elle semble très connue. J’ai entendu dire que sa grand-mère portait même le titre de Dame. »

« Dame ? »

« Oui, c’est un titre donné par la famille royale anglaise. Les hommes obtiennent le titre de Sir et les femmes celui de Dame. »

« Attends. Alors ça voudrait dire qu’elle est de la noblesse ? »

« Oui, elle fait partie de la noblesse. Mais il semble y avoir quelques tensions entre Aria et la famille H.. C’est pour cela qu’elle n’aime pas donner son nom complet. Je sais pourquoi… mais je n’ai pas vraiment envie d’en parler. »

« Allez, dis-moi. Je t’ai donné tout ces jeux. »

« Je déteste parler des gens qui utilisent leur nom de famille pour avoir un statut supérieur aux autres. Tu n’as qu’à aller sur Google et chercher sur des sites anglais… »

« Je suis nul en anglais. »

« Alors, travaille dur ! »

Riko fit un grand geste de la main avec l’intention de me frapper le dos———

Vlaaam !

Mais me manqua complètement.

Son geste cogna mon poignet violemment———

« Ah ! »

Crac.

Envoyant valser mon montre sur le sol.

… Je me penchai pour la ramasser et vis que le fermoir du bracelet s’était cassé.

« Ouuaah ! J-Je suis désolée ! »

« Ce n’est rien, elle n’était pas cher. Je l’ai acheté pour 1.980 yens [3] à Odaiba. »

« Non ! Je vais la réparer ! Je vais te la remettre dans son état normal ! Si jamais je cassais une des possessions d’un client, ma réputation serait ternie ! »

Riko prit la montre dans ses mains et défit le col de son uniforme marin. Puis, elle cacha ma montre dans sa poitrine.

Hé… Héééé… Je tournai la tête de l’autre côté.

Quelle vue.

« Kinji ? Tu as encore des questions ? »

« … Ah, non, pas vraiment, je ne crois pas. »

Je ne voulais pas entrer en Hysteria Mode devant une fille, et si remarquait que j’avais regardé sa poitrine, j’allais avoir des problèmes. Je murmurai d’un ton rapide et sortis le plus rapidement possible de la serre.

Doré, hein ? Les soutiens-gorge existent vraiment dans des drôles de couleurs.

Je retournai dans mon appartement et regardai par la fenêtre. Le soleil couchant avait teinté de doré l’île de l’Académie.

Toute cette zone – qui contenait le lycée Butei, les dortoirs, ainsi que les magasins pour étudiants – était une île artificielle. À l’origine, il était prévu qu’elle serve de littoral pour la baie de Tokyo, mais les plans avaient été abandonné et elle avait été vendu comme morceau de terre.

La preuve, un peu au nord du Rainbow Bridge se trouvait une île artificielle identique à celle-ci, excepté qu’elle était totalement vide. Elle avait été surnommé « l’île vide ».

Sur le pointe méridionale de cette île nue, se trouvait les éoliennes qu’un promoteur avait du construire en dernier recours. Les ailes des éoliennes tournaient lentement. C’était un spectacle très calme ; j’aimais bien ce genre de paysage.

J’entendis les informations venant de l’écran LCD de la télévision : « Le typhon n°1, apparu dans l’océan Pacifique, se maintient en puissance tandis qu’il se dirige vers Okinawa », mais cela ne fit qu’accentuer ce silence que j’aimais tant.

Ah, cet endroit était vraiment sympa.

Si, bien sûr, on oubliait cette fille là-bas.

« Tu es lent. »

Aria, assise sur le canapé, tourna la tête vers moi.

Elle tenait un miroir dans sa main et refaisait ses couettes pour passer le temps.

Elle avait relevé ses cheveux avec des barrettes, dévoilant son front.

Les barrettes étaient assez enfantines, mais ce style plutôt mignon lui allait bien.

Son front délicat était ce qu’elle avait de plus beau, et je pense qu’elle le savait.

« Comment es-tu entré ? »

Je trouvais moi aussi que ma question était complètement stupide, mais je devais au moins lui montrer des signes de protestation.

« Je suis une Butei, tu sais. »

Vous voyez ? Ma question était vraiment extrêmement stupide.

Elle avait du se faire un double de la clé. Après tout, ouvrir les serrures était la base des bases pour un Butei.

« Tu comptais laisser une demoiselle devant la porte ? Tu n’es vraiment pas poli. »

« Je ne crois pas qu’une intruse dans ton genre ait le droit d’être appelé demoiselle, grand front. »

« Grand front ? »

« C’est comme ça qu’on appelle ceux qui ont un front dans ton genre. »

« ———Tu ne comprends rien au pouvoir de séduction de mon front ! Tu n’as pas le droit d’être appelé un humain ! »

De rage, Aria tira sa langue vers moi.

Ah. Je vois. Oui, vraiment, je vois.

Tu es vraiment très mignonne.

Mais seulement en apparence.

« Mon front est ce que j’ai de plus séduisant. C’est ce qui se dit dans les magazines de mode anglais. »

Aria me tourna le dos et dévisagea avec joie son front dans le miroir.

♪ La La La ♪

Elle se mit même à chantonner une chanson.

Je transformai mon malheur en colère et jetai mon sac à dos près d’Aria. Mais, celle-ci semblait s’être habituée à mon comportement rebelle, et continua d’examiner son front dans le miroir.

« Comme on peut si attendre de la descendante d’une famille de nobles, tu tires beaucoup trop de fierté de ton apparence. »

Tout en me dirigeant à grands pas vers la salle de bain, je lui jetai une insulte.

Mais, contrairement à mes attentes, Aria répondit joyeusement :

« … Tu as fais des recherches sur moi ? »

« Ouais. J’ai même entendu dire que tu n’avais jamais laissé s’échapper une cible. »

« Oh~~ Tu as même découvert ça ? Tu ressembles de plus en plus à un Butei. Mais… »

Aria recula un peu, tapant du pied contre le mur.

« … Il y a peu, j’ai laissé une de mes cibles s’échapper. C’était la première fois. »

« Oh ? Il existe quelqu’un d’aussi incroyable que ça. Qui est-ce ? »

Attendez un peu. Riko aurait manqué quelque chose ?

« C’était toi. »

Pffff !

Je recrachai l’eau que j’avais dans ma bouche.

Moi ? Ah, elle devait parler de ce qui s’était passé après l’incident du vélo !

« J-je ne suis pas un criminel ! Pourquoi suis-je sur ta liste !? »

« Tu m’as agressé ! Tu veux prétendre que ça n’est jamais arrivé ? Tu es un monstre ! Une limace ! »

Alors d’esclave, j’étais devenu un monstre. Et maintenant une limace ? Mes titres fructifiaient.

« Je t’ai dit que je n’y pouvais rien ! Et je ne t’ai rien fait ! »

« Arrête de dire n’importe quoi ! Quoiqu’il en soit… »

Aria rougit et pointa son doigt sur moi.

« Tu as les capacités pour devenir mon esclave ! Reviens en Assault et montre-moi ce pouvoir qui t’a permis de m’échapper ! »

« Ce-ce… Ce n’était que de la chance. Je suis de rang E, un garçon totalement inutile. Je suis désolé de te décevoir. Maintenant, sors d’ici. »

« N’espère pas m’avoir ! Tu as eu un rang S à l’examen d’entrée ! »

———Tsss.

Alors elle allait ressortir ça ?

Apparemment, Butei conservait bien les données. Elle m’avait coincé, c’était si difficile de discuter avec elle.

« Cela prouve que ce n’était pas qu’une coïncidence qui t’a permis de m’échapper ! Mes intuitions ne sont jamais mauvaise ! »

« P-peu importe… Je ne peux pas le faire pour l’instant ! Alors sors ! »

« Pour l’instant ? Il y a un déclencheur ? Dis-moi. Je vais t’aider. »

Comment pourrais-je dire——— ça !!!

Je rougis.

Elle voulait m’aider ?

Bien sûr, elle avait dit ça car elle ne connaissait pas les conditions nécessaires pour me faire entrer en Hysteria Mode——— mais ces mots avaient été comme des explosifs ! Après tout, le déclencheur pour me faire entrer en Hysteria Mode était tout ce qui « me faisait de l’effet » !

« Allez, crache le morceau ! Je t’aiderai si tu deviens mon esclave ! »

« …! »

———Par malchance.

Mon cerveau se mit à réfléchir aux diverses façons dont Aria pourrait m’aider.

Maintenant que j’y pensais, Aria et moi étions seuls dans l’appartement.

Je n’y avais pas prêté attention, mais le soleil avait baissé à l’horizon et aucune des lumières n’étant allumé, la pièce était plongée dans l’obscurité.

Aarrrggghhh. Arrête. Kinji, arrête de rêver !

« Je ferai n’importe quoi ! Dis-moi… s’il te plait, dis-moi ! Kinji…! »

Aria s’approcha de moi. Cette odeur féminine de gardenia vint une nouvelle fois titiller mes sens.

Je———

« Ku… »

Ce n’est pas bon.

Mes rêveries m’avait déjà poussé à la frontière extrême du Hysteria Mode.

C’était bien… le pouvoir de son regard, hein ?

Je trouvais les yeux camélia d’Aria si beaux, si adorables———

Ce sentiment… se répandit dans tout mon corps. Je ne pouvait pas lutter contre le sang qui battait dans mes tempes, agressant tout mes sens.

———Je ne peux pas.

Je ne peux pas changer.

Je n’ai pas envie… d’entrer dans ce mode !

« ———! »

Inacapable de réfléchir correctement, je poussais Aria loin de moi.

Elle cria – “Kyaaa !” – comme une actrice et tomba sur le canapé.

Fuu~ Sa jupe se souleva, je tournai précipitamment la tête.

Les choses empiraient de plus en plus, je devais…

… Abandonner.

« … Une seule fois. »

« Une seule fois ? »

Mais ça ne sera pas une abandon inconditionnel.

Il y allait avoir des conditions.

« Je vais revenir——— en Assault. Mais, je ne te rejoindrai que pour une mission. La première mission que tu auras, je la ferai avec toi. C’est ma condition. »

« … »

« Je ne changerai pas d’avis. Je prendrai Assault comme cours facultatif. Ça devrait le faire. »

Je me tournai vers Aria – après qu’elle eut arrangé sa jupe… et vit son magnifique front dirigé vers moi. Elle devait être en train de réfléchir.

Au lycée Butei, les étudiants pouvaient choisir un cours supplémentaire s’ils en avaient envie.

C’était ce qu’on appelait un cours facultatif. Les notes obtenues dans ces cours ne comptaient pas dans le nombre total de crédit à avoir, mais si l’on voulait devenir un Butei, il fallait maitriser beaucoup de techniques. Un grand nombre d’étudiants allaient donc de cours en cours, afin de devenir le plus fort possible.

Aria, en tant que Butei d’élite, voulait un esclave… ou plutôt une sorte d’assistant. Son désir était extrêmement fort.

Elle m’avait rencontré. J’avais réussi à lui échapper après être entré en Hysteria Mode.

Elle avait du penser que j’avais les capacités nécessaires pour être son esclave.

Mais, il y avait une chose qu’elle ne savait pas sur moi.

Le Hysteria Mode.

Avant qu’elle ne le découvre, je devais lui montrer mon véritable niveau en mode normal.

Ainsi, elle perdrait tout intérêt en moi et s’en irait, n’est-ce pas ?

« … Très bien. Alors, je m’en vais. »

… Bizarrement, mon abandon avait poussé l’intruse à s’en aller.

« Il ne me reste plus beaucoup de temps, moi non plus. Tu devras me montrer l’étendu de tes pouvoirs. »

« … Oui, mais ça ne sera que pour une mission. »

« Ok. Mais garde ça à l’esprit. Une très grosse mission compte aussi pour une mission. »

« D’accord. »

« Et si tu traines trop, je te percerai de trous. »

« Très bien. Je te promets de faire tout ce que je peux. »

Enfin. Tout ce que je peux… en mode normal.

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