High School DxD – Tome 1 Chapitre 1

« Réveille-toi ! Réveille-toi ! Si tu ne te réveilles pas, je vais t… t’embrasser… »

« Hmmm… »

C’est un réveil qui réveille les gens avec la voix d’une tsundere[1], mais il n’a pas de fonction pour lever son propriétaire du lit. Ledit propriétaire était tombé par terre après un cauchemar.

C’est moi.

… C’est la pire façon de se réveiller.

J’ai revu cet horrible rêve.

Ces derniers temps, ce rêve revient régulièrement.

Le rêve où Yuuma-chan me tue.

Mais comme je suis là, bien vivant, c’est forcément un rêve.

« Ise ! Réveille-toi ! »

La voix de maman me parvient depuis les escaliers. Comme chaque matin.

« Je sais ! Je vais me lever ! »

Après avoir répondu, je me relève du sol.

Hah…

Ma journée a à nouveau mal commencé. Je me sens tellement déprimé…

Je passe mes bras dans mon uniforme tout en soupirant.

« Bon, j’y vais. »

J’ai quitté la maison en baillant.

Quand je vais au lycée, je ne peux pas m’empêcher de fermer les yeux à cause des rayons du soleil. Aaah, c’est vraiment chiant.

Dernièrement, j’ai commencé à me sentir faible au soleil.

J’ai l’impression que ses rayons me transpercent la peau et c’est insupportable.

Bref, le soleil du matin ne me vaut rien. Je n’arrive pas du tout à me réveiller le matin.

Comme je n’arrive pas à me réveiller dernièrement, ma mère vient me réveiller tous les jours.

A l’inverse, j’ai plus d’énergie le soir venu. Quelque chose en moi monte en puissance et me rend hyperactif.

Je suis carrément devenu quelqu’un de nocturne.

C’est bizarre.

Y’a un truc qui va pas. Avant, je restais veiller souvent tard, mais c’était un miracle si j’arrivais à tenir jusqu’à 1 heure du matin.

Mais, maintenant, je peux facilement rester éveillé, jusqu’à 3 ou 4 heures du matin. Je me couche après le lever du soleil ces derniers temps, et ce tous les jours.

Je ne suis pas accro aux jeux en ligne ou aux programmes nocturnes.

… Qu’est ce qui arrive à mon corps ?

Est-ce mon cerveau qui tente de rester éveiller pour que je ne revois pas ce rêve dans lequel ma petite amie m’assassine ?

… Enfin, c’est un sentiment personnel, donc ça ne peut pas être ça. C’est naturel pour le corps de ressentir le besoin de dormir.

Ce que je ressens la nuit… Je crois que ça n’a plus rien à voir avec avant.

Je ne sais pas comment l’expliquer mais, mon corps est en pleine forme et j’ai le sentiment qu’un truc mystérieux monte du plus profond de mon corps.

Pour tester ça, je suis sorti en pleine nuit. Mon rythme de marche était plus rapide et mon cœur sautait de joie lorsque je me suis mêlé à l’obscurité de la nuit.

J’ai foncé dehors en pleine nuit sur un coup de tête et, à ma grande surprise, j’ai pris une vitesse incroyable.

Si je rejoignais le club d’athlétisme, je deviendrais facilement le coureur principal. D’ailleurs, je ne m’épuise pas. J’ai tellement d’énergie que je pourrais courir un marathon entier comme si je faisais juste mon jogging.

J’étais devenu trop sûr de moi et quand j’ai voulu courir en plein jour, c’était tellement horrible que j’ai cru que l’énergie que j’avais la nuit n’était qu’un rêve. Non, c’est une vitesse moyenne pour un lycéen, mais ça fait une sacré différence quand on compare le “moi nocturne” et le “moi diurne”.

Je suis devenu bizarre de nuit.

Ça va peut-être sonner comme les propos d’un tordu si je dis ça mais, la nuit, l’impression de libération et l’excitation que je ressens me transforment en une autre personne.

Argh… Comme je le pensais, le soleil me fout mal…

Contrairement à la nuit, je deviens carrément faible pendant la journée.

Peu importe à quel point j’y pense, il y a vraiment un truc qui cloche avec mon corps.

Je ne peux pas m’empêcher de me dire que mon corps à changer depuis ce jour où j’ai eu mon rencard avec Yuuma-chan.

Une école privée. L’académie Kuou.

C’est mon lycée.

Aujourd’hui c’est un établissement mixte mais, vu que c’était une école pour filles il y encore quelques années de cela, il y a plus de filles que de garçons.

Plus on descend dans les degrés scolaires, plus les garçons sont nombreux mais les filles restent plus nombreuses que les garçons de manière générale.

Je suis en deuxième année de lycée[2], et le ratio filles/garçons dans ma classe est de 7 contre 3. Chez les troisième année[3], c’est du 8 contre 2.

Même maintenant les filles ont plus d’autorité que les garçons et la majorité des membres du Conseil des Élèves sont des filles, y compris la Présidente du Conseil.

C’est un établissement scolaire où les garçons ne peuvent pas tenir leur tête haute, mais j’y suis quand même allé.

L’histoire est simple.

Il y a plus de filles ici. C’est en soit une chose merveilleuse !

J’ai réussi à passer l’examen d’entrée de ce lycée réputé vraiment difficile, grâce à mon courage de pervers.

Je veux étudier entouré de filles…

Juste pour ça, je fréquente actuellement ce lycée.

Qu’est-ce qu’il y a de mal à ça !?

Qu’est-ce qu’il y a de mal à être un pervers !?

C’est ma vie ! Je ne laisserai personne me contredire ! Je vais créer un harem dans ce lycée !

Et donc, c’était ma mission quand je suis entré dans ce lycée.

Mais maintenant, je suis déprimé. J’étais naïf de croire que je pourrai me trouver 2 ou 3 petites-amies dans ce lycée où la majeure partie des élèves sont des filles.

Un seul groupe de beaux gosses est populaire et les filles ne me regardent même pas. Pour être plus précis, elles m’ignorent comme un déchet traînant au sol.

Merde !

Ce n’était pas dans mon plan !

N’importe quoi ! Dans mon plan, j’étais censé obtenir ma première petite-amie dès mon entrée dans cette école !

Après ça, je l’aurais quittée et je serais sorti avec une autre fille. Et, avant la fin de ma troisième année, des tonnes de filles étaient censées se battre pour moi dans une Battle Royale[4] !

A… à ce rythme, mon objectif restera un rêve !

Attends, c’est déjà un rêve !?

Qu’est-ce qui n’allait pas !? L’ère dans laquelle je suis né ? La loi ? Ou… il y a un truc qui cloche chez moi… ?

Ouaaaaaaah ! Je ne veux même pas y penser !

C’est à ça que je pense tous les jours.

J’arrive en classe en soupirant et je m’assois sur ma chaise.

« Hé, mon pote. Comment était le DVD que je t’ai prêté ? C’était du bon, hein ? »

Le type chauve qui me parle est mon pote numéro 1 : Matsuda. Il ressemble peut-être à un sportif, mais c’est un pervers qui pratique quotidiennement le harcèlement verbal.

Au collège, c’était un sportif et il y a battu de nombreux records, mais maintenant il est dans le club photo. Il n’est vraiment pas discret concernant sa volonté de saisir avec son objectif des clichés de toutes les parties du corps des filles.

On le surnomme le « Chauve Pervers » et le « Paparazzi Sexuellement Harcelant ».

« Haa… Le vent était vraiment fort ce matin. Grâce à ça, j’ai pu avoir un bon aperçu des culottes des filles. »

Le type à lunettes qui essaie d’avoir l’air cool est mon pote numéro 2 : Motohama. Il a une aptitude spéciale nommée « Explorateur » qui lui permet d’obtenir les valeurs numériques des mensurations[5] des filles au moyen de ses lunettes. Ça va de pair avec un corps spécial dont le niveau de puissance s’écroule quand il retire ses lunettes.

On le surnomme le « Binoclard Pervers » et « L’Explorateur de Mensurations ». Ces deux-là sont mes mauvais potes.

Sérieux, voir leurs visages de bon matin me déprime à fond. J’ai la nausée.

« J’ai eu du bon matos. »

Matsuda ouvre son sac et sort les trucs de son sac sans hésiter.

Les livres et DVD qu’il empile sur mon bureau ont des titres très suggestifs.

« Hiii ! »

Un petit cri échappe à une fille au loin.

Évidemment qu’elle va réagir comme ça. Après tout, un truc pareil se déroule de bon matin.

Ce que j’entends ensuite de la part des filles, ce sont des commentaires discriminatoires tels que : « Vous êtes horribles… » et « Allez crever, gamins dégueulasses ! ».

« Silence ! C’est notre divertissement ! Les filles et les gosses devraient détourner le regard et rester à distance ! Ou sinon je vais toutes vous violer dans ma tête ! »

Tes mots sont toujours aussi vulgaires, Matsuda-kun.

Il n’y a pas si longtemps, j’aurais dit « Waouh, où as-tu trouvé ces merveilles ? » avec des yeux luisants rivés sur les choses empilées sur mon bureau. Mais vu que je suis dans un état terrible tous les matins depuis peu, je ne suis pas d’humeur.

Matsuda soupire en regardant mon visage morne.

« Hé, hé, hé. Pourquoi tu fais une tête pareille avec tous ces trésors juste sous tes yeux ? »

« Tu n’es pas d’humeur ces derniers temps. Bizarre. C’est vraiment bizarre. Tu n’es plus comme avant, rajoute Motohama en repoussant ses lunettes comme s’il me trouvait ennuyeux. »

« Moi aussi j’ai envie de dire : “Waouh ! Où tu as dégoté ça !? T’essaies de me transformer en singe !?. Mais en ce moment je manque d’énergie. »

« Tu t’es chopé un truc ? Non, c’est pas possible. C’est impossible que toi, la « manifestation de tous les désirs sexuels », tu puisses tomber malade. »

Motohama me balance ce commentaire désagréable. C’est vraiment un type grossier.

A ce moment-là, Matsuda fait un geste de la main comme s’il s’était rendu compte de quelque chose.

« Oh, c’est à cause de ça ? C’est le contrecoup de cette hallucination concernant ta petite-amie imaginaire ? Yuuma-chan, n’est-ce pas ? »

« … Vous ne vous souvenez sérieusement pas de Yuuma-chan ? »

Les deux me regardent avec des airs de pitié après avoir entendu ma question.

« Comme on l’a déjà dit, on ne la connaît vraiment pas. Tu devrais sérieusement aller te faire examiner par un médecin. Hein, Motohama ? »

« Ouais, je vais me re-répéter mais on ne nous a présenté aucune Yuuma-chan. »

… Ils se comportent comme ça à chaque fois que je leur pose des questions concernant Yuuma-chan.

Je pensais qu’ils se foutaient juste de moi.

Mais après leur avoir parlé sérieusement, j’ai découvert que ce n’était pas le cas.

Je me rappelle à coup sûr leur avoir présenté Yuuma-chan. Ils ont dit des trucs comme : « Comment une telle beauté peut-elle sortir avec Iseeeeeeeeeeeee ? » et « Il doit y avoir une erreur système dans ce monde… Ise, tu n’as rien fait d’illégal, hein ? », et n’ont pas arrêté de faire des remarques insultantes.

Je me souviens que j’avais les chevilles qui enflaient et que j’ai dit : « Vous devriez vous aussi vous trouver une petite-amie. ».

Je m’en rappelle très clairement.

Mais eux ne s’en rappellent pas. Non, ils ne se rappellent même pas Yuuma-chan.

C’est comme si Yuuma Amano n’avait jamais existé.

C’est comme si le temps que j’ai passé avec Yuuma-chan n’avait jamais existé. Comme ces deux-là l’ont dit, on dirait que ce n’était qu’une hallucination.

Comme ils l’ont prouvé, il n’ y a aucune trace du numéro de téléphone ou de l’adresse mail de Yuuma dans mon portable.

Ça a été supprimé de la mémoire ? Quelqu’un les a effacés ? Impossible ! Je ne les aurais jamais effacés, donc qui l’a fait !?

J’ai appelé le numéro que j’avais retenu, mais ce numéro n’était pas attribué.

Donc, est-ce que ça veut dire qu’elle n’existe pas ? C’était juste le fruit de mon imagination ? Un truc de malade comme ça, c’est pas possible…

J’ai envie de le nier mais, à part mes souvenirs, il n’y a aucune preuve de son existence.

Si j’y réfléchis, je ne connais pas son adresse. Elle était dans un autre lycée. J’ai retrouvé le lycée où on porte le même uniforme qu’elle. J’ai donc interrogé les élèves de ce lycée concernant Yuuma-chan.

Mais il n’y avait aucune élève correspondant à sa description. Elle n’allait pas là.

Donc qui était ma petite amie ?

Avec qui je sortais ?

Donc, mon rêve n’était qu’un fantasme que j’avais bâti de toutes pièces ?

Est-ce que je parlais de mon rêve à Matsuda et Motohama comme si tout était vrai ?

Qu’est-ce que je suis, un pervers ?

Je me rappelle clairement son visage, vous savez ?

… Il y a un truc qui cloche là-dedans.

Comme cette force étrange qui me vient la nuit. C’est clair, y’a un truc qui cloche.

Mais qu’est-ce que c’est ?

Tandis que je réfléchis aux évènements passés, Matsuda pose sa main sur mon épaule.

« Enfin bon, on est au beau milieu de notre adolescence, donc, parfois, des trucs bizarres dans ce genre peuvent nous arriver. Bon, venez chez moi après les cours, les mecs. Regardons ma collection secrète ensemble. »

« C’est une excellente idée, Matsuda-kun. Tu dois absolument inviter Ise-kun aussi. »

« Évidemment que c’est une excellente idée, Motohama-kun. Nous sommes des lycéens mus par nos désirs sexuels. Si on ne fait rien de pervers, ce serait grossier envers nos parents qui nous ont fait naître. »

Les deux sourient de manière lubrique.

Pervers. Peu importe comment on les regarde, c’est juste une bande de pervers dégueulasses. Et, malheureusement, je suis de la bande.

Enfin, peu importe. Moi aussi je vis pour ce genre de choses.

« Très bien, alors ! Aujourd’hui, on ne se retiendra pas ! On va prendre des boissons pétillantes et des chips et regarder des DVD pornos ! ai-je dit pour ne pas avoir à réfléchir. »

« Oh ! Ouais, c’est ça ! C’est ça le Ise qu’on connaît ! »

« C’est l’état d’esprit. On doit profiter encore plus de notre jeunesse. »

Matsuda et Motohama sont en train de s’exciter.

Je vais mettre de côté l’incident avec Yuuma-chan.

Moi aussi il faut que je fasse une pause de temps en temps. Aujourd’hui je vais oublier cet incident et me laisser embarquer dans du porno comme un garçon normal de mon âge !

C’est arrivé après qu’on ait fait nos plans pour l’après-midi.

Une couleur cramoisie a attiré mon attention.

Une brillant cramoisi…

Depuis la fenêtre de la classe, on peut voir la cour. J’ai les yeux rivés sur une certaine fille.

La fille aux cheveux rouge cramoisi. L’idole de notre école dont la beauté dépasse celle d’un humain normal. Ses courbes fines ne correspondent pas à la silhouette d’une Japonaise.

Évidemment. Elle n’est pas Japonaise après tout. J’ai entendu dire qu’elle vient d’Europe du Nord.

Apparemment, elle est inscrite dans un lycée japonais en raison du travail de son père.

N’importe qui était charmé par elle après s’être rendu compte de sa beauté.

Rias Gremory.

Elle est en troisième année dans ce lycée. Ça fait d’elle mon ainée.

Quand j’ai repris mes esprits, tout le monde (moi compris) la regardait, garçons et filles. Matsuda et Motohama la regardaient aussi.

Ça arrive tous les matins. Tout le monde la regarde quand elle passe à côté. Certains arrêtent de marcher. D’autres arrêtent de parler. Tout le monde se retourne pour la regarder.

Le vent qui souffle soulève légèrement sa chevelure cramoisie sous le regard de l’ensemble des élèves de ce lycée.

Sa longe chevelure cramoisie, qui lui arrive aux hanches, donne l’impression que tout autour d’elle est teint en rouge cramoisi quand le vent la soulève.

Sa superbe peau, aussi blanche que la neige, est remarquable.

Je suis aussi fasciné par sa beauté et son aura de noblesse.

Je suis tellement fasciné par elle que j’arrête tout ce que je fais chaque fois que je la vois.

Mais, dernièrement, je la vois différemment.

Ça ne fait aucun doute, elle est belle. Mais elle est trop belle.

Je commence à être quelque peu effrayé par sa beauté et je la crains du plus profond de mon cœur.

Je ne sais pas pourquoi j’ai commencé à ressentir ça. Mais ça a commencé à la disparition de Yuuma-chan.

Puis, ses yeux se sont tournés. Ses yeux bleu clair m’ont saisi.

… !

J’ai l’impression qu’elle m’a agrippé le cœur.

Qu’est-ce que c’est que ce sentiment ? C’est le sentiment qu’on ressent quand quelqu’un de supérieur nous fait face…

Ses yeux bleus se sont plissés et on dirait qu’elle sourit.

Elle me regarde ?

Ce n’est pas possible. On ne se connait pas.

Puis, je me suis soudain souvenu d’un élément de mon rêve.

À la fin du rêve, une personne aux cheveux cramoisis m’a parlé.

Une personne semblant à la fois douce et froide.

Pendant que je la comparais à la personne de mon rêve, elle avait déjà disparu de ma vue.

« J’ai vraiment envie de tripoter des seins ! »

J’étreins Matsuda, qui n’arrive pas à s’arrêter de pleurer, tandis qu’on regarde tous ensemble la dernière vidéo de notre marathon de DVD pornos.

Après avoir quitté le lycée, on a commencé à regarder du porno avec passion. On était tout contents et excités quand on a commencé à regarder nos pornos juste après les cours, au fur et à mesure qu’on en regardait, on s’est mis à déprimer parce que la question « Pourquoi n’avons-nous pas de copine ? » s’est immiscée dans nos conversations.

Après cette discussion sérieuse, j’ai envie de pleurer.

Ça fait 3 films que Matsuda n’arrête pas de pleurer.

Motohama essaye d’avoir l’air cool, mais il y a des larmes qui coulent de ses yeux sous ses lunettes.

Il y a trente minutes, Motohama a dit à voix basse : « … Une fille m’a demandé de venir derrière le gymnase… C’était la première fois qu’une fille m’agressait… ». Même moi j’étais au bord des larmes après avoir entendu ça.

Je me demande à quoi ça ressemble trois types tout tristes devant un porno ?

De toute évidence, la réponse c’est « trois types impopulaires ».

Bon sang. J’ai envie de haïr ce monde quand je pense qu’il y a des types de mon âge en train de coucher avec une fille en ce moment-même.

Pendant que je me dis ça, le dernier film se finit. Il fait déjà noir dehors.

Je regarde ma montre. Il est déjà 22h. J’ai déjà prévenu mes parents que j’étais chez Matsuda, mais ils vont s’inquiéter pour moi si je reste plus longtemps et je serais en retard en cours demain.

« Bon, je vais y aller. »

Après avoir dit ça, on s’est tous levés et on s’est préparés à ranger nos affaires.

« À plus. »

Après avoir quitté Matsuda à l’entrée, Motohama et moi avons commencé à rentrer chez nous.

« C’est une belle nuit. Comme c’est une belle nuit, il est naturel d’avoir envie de regarder du porno. »

Motohama dit des conneries bizarres tout en regardant le ciel en poussant un gros soupir.

Il a l’air vraiment déprimé.

Enfin bon, d’ici demain, Motohama et Matsuda seront revenus à leur état normal.

« À demain. »

« Ouais, fais de beaux rêves. »

Je quitte Motohama sur le chemin du retour. A la façon dont il me salue de la main, il n’a pas l’air d’avoir la forme.

Je lui enverrai sûrement un SMS tout à l’heure pour lui remonter le moral.

Quelques minutes ont passé depuis que j’ai quitté Motohama.

Je rentre chez moi en marchant mais l’énergie qui circule dans mon corps est en train d’augmenter.

C’est un symptôme de mon « débordement de puissance nocturne ».

Comme je le pensais, il y a vraiment un truc qui cloche avec mon corps.

Ce n’est pas un phénomène normal. Ma vue s’améliore en même temps que mes cinq autres sens.

Mes yeux et mes oreilles sont devenus tout particulièrement performants. Je peux même entendre les conversations des gens chez eux et voir les rues alors qu’il fait nuit.

C’est vraiment bizarre vu que je peux même voir clairement des endroits non éclairés !

J’ai l’impression que cette force grandit de jour en jour.

Oui, ces frissons que je ressens dans tout mon corps en ce moment-même sont bien réels !

Je peux sentir que quelqu’un m’observe depuis un moment. Ce sont ces frissons qui me le disent.

Je ressens une mystérieuse atmosphère devant moi.

Mon corps tremble comme un malade. Les tremblements s’amplifiaient.

C’est un homme. Il y a un homme en costume qui me dévisage. Il me dévisage avec des yeux féroces.

J’ai l’impression que mon corps va se figer ne serait-ce que si nos yeux se rencontrent.

Ce n’est pas ça qu’on appelle une envie de meurtre ?

Je peux clairement ressentir l’hostilité qui émane de lui. Non, c’est quelque chose de plus dangereux. C’est définitivement une envie de meurtre !

L’homme se rapproche, en silence. Il vient vers moi ! Il en a donc après moi !

Un pervers !? Un type dangereux !? Je suis dans la merde !?

C’est pas bon ! Je le sais, mon corps n’arrête pas de trembler !

Pourquoi est-ce qu’il a fallu que je rencontre un type dangereux sur le chemin du retour !?

« C’est rare. Rencontrer quelqu’un comme toi dans un tel lieu… »

… ?

Qu’est-ce qu’il raconte ?

Non, non, ça n’a rien d’étrange que des cinglés dans son genre racontent n’importe quoi.

Donc, c’est un type dangereux après tout !

Oh putain ! Qu’est-ce que je fais s’il sort un couteau !?

Je ne connais aucune technique de self-défense et je ne me suis jamais battu avant !

Je… je sais !

Ma force qui se décuple de nuit ! Voilà ! Je peux m’en servir pour fuir !

J’ai reculé pour mettre de la distance entre nous.

L’homme à l’aura perverse se met à marcher vers moi.

« Tu essaies de t’enfuir ? Qui est ton Maître ? Ce doit être un type de rang très bas ou avec un hobby bizarre qui l’a amené à choisir cet endroit comme territoire. Alors, qui est ton Maître ? »

Je ne sais même pas ce que vous racontez !

AVANCE !

J’ai fait volteface et j’ai foncé vers l’endroit d’où je venais à pleine vitesse.

Rapide. Je suis incroyablement rapide. C’est étrange de dire ça moi-même, mais la vitesse de mes jambes la nuit est inhumaine.

J’ai simplement continué à courir en traversant différentes rues.

J’ai continué à courir jusqu’à arriver dans des rues inconnues.

Je ne suis pas encore fatigué. Je peux encore courir. Dans ce cas, je vais courir jusqu’à qu’il ne puisse plus me rattraper !

Environ un quart d’heure plus tard, je suis arrivé dans un espace ouvert.

… C’est un parc.

J’arrête de courir et me met à marcher à la place.

Je monte en direction de la fontaine tout en inspirant un peu d’air.

Je regarde les alentours du parc sous les lampadaires. Je sens quelque chose de mystérieux dans ce lieu.

… Je connaissais cet endroit.

Je me rappelle ce parc…

Oui. C’est le dernier endroit que j’ai visité pendant mon rencard avec Yuuma-chan !

Bon sang, quelle coïncidence, ou devrais-je appeler ça un miracle ?

Suis-je venu ici inconsciemment ? Impossible…

FRISSONS

J’ai des frissons dans le dos.

Il y a quelqu’un derrière-moi… C’est ce que je ressens.

Je me retourne lentement et une plume noire tombe devant moi.

C’est une plume de corbeau ? Non.

« Tu croyais que je te laisserais t’échapper ? C’est pour ça que les êtres inférieurs sont ennuyants à gérer. »

La personne qui est apparue en face de moi est un homme en costume avec des ailes noires qui poussent dans son dos.

C’est l’homme louche de tout à l’heure.

… Un ange !? Non, non, c’est pas un conte de fées, donc c’est pas possible !?

Il fait du cosplay ? C’est trop réaliste pour du cosplay. Ce sont de v… vraies ailes ? Pas moyen !

« Donne-moi le nom de ton Maître. Les types de ton espèce sont une gêne. Pour cela, nous allons… Attends, serais-tu un « Errant » ? Si tu n’as pas de Maître, ça explique l’inquiétude sur ton visage. »

L’homme suspect marmonne dans son coin. Ne vous créez pas votre film tout seul !

La situation est sérieuse, mais je me suis soudain rappelé l’incident dans mon rêve.

Le rêve concernant mon rencard. A la toute fin de ce rêve, j’ai été tué par Yuuma-chan juste devant cette fontaine.

Ouais, par la Yuuma-chan qui avait des ailes noires qui lui poussaient dans le dos.

Et il y a un type avec des ailes noires juste en face à moi. … C’est le truc où un rêve devient réalité ?

Hé, hé, comment une fille bien roulée a pu devenir un mec !?

Non, ce n’est pas important ! L’important c’est la situation dans laquelle je me trouve !

Si tout se passe comme dans le rêve, alors ensuite je vais…

« Humph. Je ne ressens pas la présence de ton Maître ou de tes camarades. Je ne vois aucun être tenter de cacher sa présence non plus. Et aucun cercle magique n’apparait. D’après la situation actuelle, tu es un « Errant ». Dans ce cas, ça ne posera pas problème si je te tue. »

Après avoir dit des trucs effrayants, le type lève la main.

Peu importe comment on y regarde, sa main est pointée sur moi !

J’entends un bruit. Je connais ce phénomène.

Un truc qui ressemble à des lumières se met à s’agglutiner dans sa main. Attends un peu, ce truc d’héroic-fantasy devait juste rester dans le rêve !

Les lumières prennent alors une forme ressemblant à une lance.

Une lance…

Donc c’est une lance !

J’ai été transpercé en plein ventre par ce truc dans mon rêve et ça a été l’enfer !

… Je vais me faire tuer !

Le temps que je réalise, elle m’a déjà transpercé le ventre.

Puis quelque chose sort de ma bouche.

Blurgh.

Un tas de sang sort de ma bouche, suivi d’une intense douleur.

Ça fait mal. Ça fait tellement mal !

Je me suis écroulé d’un bloc sur mes genoux. Je sens mes entrailles brûler.

Cette douleur se propage dans tout mon corps et ça fait tellement mal que je n’y tiens plus.

« Une douleur intense »… serait trop doux pour décrire cette douleur !

J’ai tenté d’extraire la lance avec ma main, mais la douleur a gagné ma main quand je l’ai touchée. C’est brûlant. C’est extrêmement brûlant. Il y a des marques de brûlures là où j’ai touché la lance.

« Guu… aaah… »

Je commence à gémir de douleur. Ça fait mal. Ça fait tellement mal !

Vu l’état de ma main, la lance est donc en train de brûler mes entrailles ?

Quand je me suis dit ça, la douleur a augmenté. Alors c’est ça qu’on ressent quand on nous brûle les entrailles ?

Mes larmes n’arrêtent pas de couler sous l’effet de l’intense douleur.

Tap, tap. Alors j’ai entendu des bruits de pas s’approchant de moi.

J’ai levé les yeux et l’homme mystérieux a formé une autre lance dans sa main.

« Ça doit faire mal. La lumière est un poison pour les êtres comme toi. Être frappé par celle-ci cause des dégâts mortels. Je croyais que cette lance affaiblie suffirait à te tuer, mais ton corps est plus solide que ce que je pensais. Dans ce cas, je vais te frapper à nouveau avec. Mais, cette fois, je vais y mettre un peu plus de force. Tu es perdu maintenant. »

Il tente de m’achever ? Je vais être tué, si je me fais encore frapper par ce truc !

Alors que réfléchissais, mon rêve m’est revenu.

Rouge cramoisi.

Le brillant rouge cramoisi va…

Non, il est impossible qu’elle vienne m’aider. C’était un rêve. Dans ce cas, ça aussi c’est un rêve ?

Si c’est un rêve, alors, s’il vous plait, aidez-moi. Même si c’est un rêve, je ne veux pas me retrouver dans cette situation !

HYU

Alors que je me disais avoir entendu le son du vent, une explosion éclata devant mes yeux.

Je lève les yeux et de la fumée sort de la paume de la main de l’homme. Il y a du sang qui jaillit de sa main.

« N’essaie même pas de le toucher. »

Une femme passe à côté de moi.

Une chevelure rouge cramoisi. Je devine qui c’est, même de dos.

C’est cette personne que j’ai vue en rêve…

Je n’ai pas pu voir son visage dans ce rêve. Mais, à présent, je suis sûr que c’était elle dans mon rêve.

« … Des cheveux cramoisis… Tu dois être une femme de la famille Gremory… »

L’homme dévisage la femme aux cheveux cramoisis d’un regard plein de haine.

« Je suis Rias Gremory. Comment allez-vous, monsieur l’Ange Déchu ? Si vous voulez faire du mal à ce garçon, alors je ne me retiendrai pas. »

Rias Gremory.

Oui, c’est mon aînée au lycée. La beauté aux cheveux cramoisis.

« … Fufufufu. Eh bien, eh bien. Ce garçon t’appartient donc. Cette ville fait donc aussi partie de ton territoire. Très bien. Je m’excuse pour aujourd’hui. Mais je te conseille de ne pas laisser ton serviteur vagabonder. Des gens comme moi pourraient le tuer lors d’une promenade. »

« Merci du conseil. Cette ville est sous ma surveillance, donc si vous me mettez des bâtons dans les roues, je ne me retiendrai pas. »

« Je te dirais la même chose, héritière de la famille Gremory. Je m’appelle Donaseek. J’espère qu’on ne se reverra pas. »

L’homme étend ses ailes noires et son corps se met à flotter. Il s’envole alors dans le ciel.

L’homme jette un dernier regard à Rias-senpai[6] et moi puis disparait dans le ciel.

Donc je ne suis plus en danger maintenant… ?

Je me suis senti un peu soulagé, mais ma vue s’est troublée et j’ai senti ma conscience disparaître. Ma vue devient floue.

Hein ? C’est mauvais, non ? Ça craint carrément, non ?

« Oh, tu es sur le point de t’évanouir ? C’est effectivement une blessure fatale. On n’y peut rien. Hé, où est ta maison… ? »

Senpai m’a parlé alors que je m’écroulais mais je n’ai pas entendu ce qu’elle a dit.

Puis j’ai perdu connaissance.

« … Si tu ne te réveilles pas je vais te tuer… Tu vas être découpé en rondelles si tu ne te réveilles pas… »

Quand je me suis réveillé, c’était le matin.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

… J’ai encore fait un mauvais rêve ?

C’était forcément un rêve. Mais c’était trop réaliste.

Maintenant je suis là, en train de dormir dans mon lit.

J’ai été réveillé par le réveil à la voix de yandere[7]. On dirait bien que je rêvais après tout.

Ce coup-ci ce n’était pas Yuuma-chan mais un type louche qui me pourchassait. Mais ils avaient tous les deux des ailes noires.

J’ai secoué ma tête.

Reprends-toi, Ise. Pourquoi j’arrête pas de voir ce genre de rêves ?

Si je me rappelle bien, hier je suis allé en cours comme d’habitude et le lycée était normal. Après les cours je suis allé chez Matsuda faire un marathon de porno avec lui et Motohama.

Puis je suis rentré. Sur le chemin du retour, j’ai été attaqué par un dégénéré ailé…

Là j’ai réalisé l’état inhabituel dans lequel je me trouve.

… Je suis nu.

Je ne porte rien sur moi.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne porte même pas mes sous-vêtements !

Je suis totalement nu !

Je ne m’en rappelle pas. Je ne me souviens pas être rentré chez moi. Je perds la mémoire à mon âge ?

Je n’ai pas l’habitude de dormir nu non plus.

« … Hunnn… »

… !

J’ai entendu une douce voix.

J’ai alors regardé à côté de moi avec prudence.

« … Zzzzzzz… zzzzzzzz… »

Une fille aux cheveux cramoisis dort à côté de moi.

Et elle est nue… Sa peau laiteuse m’éblouit.

Sa peau semble vraiment douce et c’est très mauvais pour mes yeux.

Peu importe comment on la regarde, c’est Senpai. L’idole de l’académie. Sa chevelure cramoisie étalée sur l’oreiller est très belle.

Rias Gremory-senpai.

Hein ? Hein ? Hein ?

Calmons-toi, Ise. Oh, ouais, c’est bien de compter les nombres premiers[8] pour se calmer.

2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23…

Raaah !!

Je ne peux pas ! Je ne peux pas me calmer !

Pourquoi je dors avec Rias-senpai !?

Qu’est-ce qui s’est passé !? Qu’est-ce qui s’est passé !?

Non, qu’est-ce que j’ai fait !? J’ai fait quelque chose ?

Je ne m’en souviens pas ! Je ne me souviens de rien !

Pourquoi !? Il faut que je me souvienne de ce que j’ai fait ! Non ! Pourquoi je me retrouve dans cette situation !?

J’ai couché avec Senpai !?

Hein ? On perd sa virginité comme ça !?

Impossible ! C’est impossible !

Rappelle-toi, Ise ! Essaye de te rappeler ces précieux souvenirs, Ise !

Qu’est-ce que j’ai fait !? Quel genre de trucs j’ai été capable de faire !?

Ma tête est sur le point d’exploser vu son niveau de confusion, mais, l’instant d’après, me voilà poussé dans mes retranchements.

« Ise ! Réveille-toi ! C’est heure de partir en cours ! »

« Ma chérie, Ise est encore dans sa chambre ? »

« Chéri, ses chaussures sont dans l’entrée, donc il est revenu à la maison. Bon sang ! Rester aussi tard chez un ami ! Et en plus, il est en retard au lycée ! Ça, je ne le pardonnerai pas ! »

Une conversation entre mes parents au rez-de-chaussée, qu’on arrive même à entendre d’ici.

Puis viennent des bruits de pas montant les escaliers. Les pas ont le poids de la colère. C’est différent de ses pas habituels.

Maman arrive !

Attends ! Une seconde !

Si elle voit cette situation, ça va craindre un max !

« Attends ! Je suis déjà réveillé ! Je vais me lever immédiatement ! »

« Bon sang! Plus d’excuses ! On doit en discuter un peu ! »

Maman est furax !

Elle arrive ! Maman arrive dans ma chambre !

Je ne peux définitivement pas lui laisser voir la situation dans laquelle je me trouve !

« Unnnn… C’est le matin ? »

… !?

Senpai se frotte les yeux à côté de moi !

Elle s’est réveillée ! Elle est réveillée !

Clac !

La porte s’ouvre violemment. Au même moment Senpai redresse son buste.

Mes yeux et ceux de ma mère se sont croisés. Elle a l’air furieuse. Elle a l’air vraiment en colère !

« Bonjour. »

Senpai salut ma mère en souriant.

Les yeux de maman vont de moi à Senpai.

A ce moment-là l’expression de maman se fige. Elle me regarde à nouveau.

J’ai évité son regard.

« … PRÉPARE-TOI VITE. »

Avec une voix robotique, elle ferme lentement la porte.

Après un moment, des bruits de pas bruyants dévalent les escaliers.

« Ch… ch… ch… Chéééééééri ! »

« Qu’est-ce qui se passe ? On dirait que tu as vu un fantôme. Ise faisait encore des choses perverses de bon matin ? »

« Seeeeeeeeeeeeeee… seeeeeeeeeeeeex !! Ise l’a fait… ! Avec une étrangère… !! »

« … !? Ché… chérie ! Chérie, qu’est-ce qui s’est passé !? »

« Internationaaaaal… ! Ise l’a fait !! »

« Mon trésor !? Mon lapin !? Calme-toi !! Chériiiiiie ! »

Je ne peux que couvrir mon visage de mes mains.

Je peux facilement imaginer ce qui se passe en bas.

Comment ça a pu arriver ? Il va forcément y avoir une discussion familiale après ça.

Quel genre d’excuse je vais pouvoir utiliser pour expliquer la situation dans laquelle je me trouve actuellement !?

« Ta famille est plutôt animée le matin. »

Senpai s’est levée de mon lit et est allée récupérer son uniforme sur mon bureau.

Une Senpai nue. Le corps dénudé d’une belle fille.

… Huuum, vous savez, je peux voir pas mal de choses…

Ses fines hanches. Ses longues jambes blanches. Ses cuisses. Ses fesses aux formes agréables.

Et ses seins qui sont plutôt énormes…

Je peux même voir clairement les tétons !

Pourquoi n’essayez-vous pas de les cacher !? Pourquoi n’avez-vous pas du tout l’air de vouloir les cacher !?

Si j’avais l’ « Explorateur de Mensurations » de Motohama, je pourrais facilement obtenir les mesures exactes.

En ce moment précis, je regrette de ne pas avoir cette technique !

Mais je sais une chose. J’ai vu pas mal de corps dénudés de femmes dans les magazines et les vidéos, mais le corps de Senpai me semble plus beau que tous ceux-là.

Comment dire ? Un chef d’œuvre ? Un corps aux formes et aux courbes parfaites. On dirait l’un de ces nus ou l’une de ces sculptures exposés dans les musées.

Parfaite. Je ne peux dire qu’une chose : « sa beauté reste impressionnante après le retrait de ses vêtements ».

Mais je culpabilise de continuer à la regarder.

Je ne peux pas me transformer en total pervers.

« Se… Senpai ! »

Je ne peux pas faire autrement que de le dire.

« Qu’il y a-t-il ? »

« Votre poi… poitrine… Je peux tout voir ! »

Je l’ai dit en détournant mon regard. Je veux la voir, mais voilà. Je dois le supporter.

« Si tu veux la regarder, ne te retiens pas. »

Senpai dit audacieusement ça en enfilant son uniforme. Elle a un petit sourire satisfait.

… !!

Des mots Japonais pareils ça existe !?

Un choc électrique m’a traversé le corps !

Des larmes coulent de mes yeux à cause de ces phrases que jamais l’école ne vous enseignera.

Je suis profondément ému par cette magnifique phrase.

« Ton ventre va bien ? me demande Senpai. »

Mon ventre ?

Je touche mon ventre tout en regardant Senpai s’habiller.

« Tu as été transpercé hier. »

… !

Cette déclaration m’a totalement réveillé.

… C’est vrai. Hier, j’ai été transpercé par un type ailé dans le parc.

J’ai été transpercé par une lance qu’on aurait dit faite de particules de lumière.

Mais il ne reste aucune marque sur mon ventre. J’étais sûr qu’il y avait un trou… Ce n’est pas le genre de blessure qui se soigne en un jour. Il y avait tellement de sang qui en sortait.

Ce n’était pas un rêve ? Ou c’en était un ?

« Au fait, l’incident d’hier n’était pas un rêve. »

… Senpai dit ça comme si elle avait lu mes pensées.

« Je… J’étais sûr d’avoir été blessé… »

« Je t’ai soigné. C’était critique mais, grâce à ton corps robuste, il a fallu une nuit avec mon pouvoir pour te guérir. Je t’ai transmis un peu de ma puissance démoniaque en t’embrassant nue. J’ai pu le faire car nous sommes du même clan. »

Qu’est-ce que… raconte cette personne ?

Hein ? On s’est étreints tout nus ?

…………

Heeeeeeeiiiiiiiiiiiin !

Attends, ça veut dire que… !

« Tout va bien, je suis encore vierge, dit-elle comme si elle avait à nouveau lu mes pensées. »

Ah bon. Pour une raison que j’ignore, je me suis senti soulagé.

Mais est-ce que je dois vraiment l’être ?

« Ne fais pas une tête aussi bizarre. Ce monde est entouré de nombreuses choses mystérieuses que tu ne peux pas imaginer. »

Senpai s’approche de moi en sous-vêtements. Elle se met à me caresser la joue de ses doigts fins.

Je rougis. Je ne peux pas m’empêcher de rougir quand c’est une beauté pareille qui fait ça.

« Je suis Rias Gremory. Je suis une Démone[9]. »

… Une Démone ?

Hein ? C’est une blague ? Je ne suis pas vraiment sûr…

« Et je suis ton Maître. Enchantée de te rencontrer, Issei Hyoudou-kun. Je peux t’appeler Ise ? »

… mais son sourire démoniaque semblait réel.

« Itadakimasu[10]. »

À mon grand-père au paradis.

En ce moment, à la maison il y a une beauté qui boit de la soupe miso à côté de moi.

« C’est vraiment délicieux, mère. »

« A…ah. Me… merci beaucoup. »

Mes parents, assis en face de moi, ont de drôles d’expressions sur leurs visages.

Grand-père, comment je peux améliorer cette ambiance bizarre.

C’est la première fois que je prends mon petit-déjeuner dans une ambiance comme ça et je ne suis pas sur de ce que je dois faire.

« Ise, c’est le repas que mère a préparé. Mange-le, me dit Senpai avec élégance. »

Elle se comporte comme une grande sœur.

« Ou… oui ! »

J’ai vite répondu et j’ai commencé à engloutir la nourriture dans ma bouche.

« Ne mange pas de manière aussi vulgaire. mange lentement afin de sentir le goût de la nourriture. C’est le précieux repas que mère a préparé pour nous. »

Senpai essuie ma bouche avec son mouchoir.

Qu’est-ce qui se passe ? Dans quel genre de situation je me trouve ?

« I… Ise… »

Papa me parle d’une voix tremblante.

Tu as l’air plutôt nerveux, papa. Moi aussi.

« D… d’où vient cette de… demoiselle ? »

Après avoir entendu ces mots, Senpai pose ses baguettes et incline la tête.

« … Ah, je m’excuse de ne pas m’être présentée… J’ai fait honte à la famille Gremory. Permettez-moi de me présenter. Mère, père, je me nomme Rias Gremory. Je fréquente le même lycée qu’Issei-kun. Je suis enchantée de faire votre connaissance. »

Senpai sourit. Papa répond à son sourire par un visage lubrique.

« Ah… ah bon…. Ce… c’est impressionnant. Hahaha ! Venez-vous de l’étranger ? Votre Japonais est très bon. »

« Oui. En raison du travail de mon père, je vis au Japon depuis longtemps. »

Oh. On dirait que papa est convaincu.

Mais on dirait que maman, assise à côté de lui, ne l’est pas.

« Puis-je vous appeler Rias… -san ? »

« Oui, mère. »

« Quel genre de relation avez-vous avec Ise ? »

… !

C’est une bonne question qui va expliquer tout ce qui s’est passé ce matin.

Maman est curieuse d’entendre sa réponse, mais Senpai se contente de continuer à sourire.

« Nous sommes qu’une senpai[6] et un kouhai[11] très proches l’un de l’autre, mère. »

« C’est un mensonge ! »

Maman rejette aussitôt la réponse.

Logique. Cette excuse ne risque pas de fonctionner, Senpai. Vu qu’elle a tout vu, cette excuse ne peut pas marcher !

« Pa… pa… paaaaaaarce que ! Dans le lit ! »

« Ise a dit qu’il faisait des cauchemars, donc j’ai simplement dormi avec lui. »

« Juste dormi ensemble !? T… tous les deux nus ! »

« De nos jours, les gens dorment nus quand ils dorment ensemble, mère. »

C’est un énorme mensonge. Vous êtes étonnante, Senpai.

Mais maman est devenu silencieuse en l’entendant.

« Ah… ah bon… ? Donc les gens qui dorment ensemble le font nus de nos jours. »

Mère !? Ça te va !? Tu es d’accord avec ça !?

C’est là que j’ai réalisé que les yeux de ma mère sont étranges. Ils semblent vides, comme si elle était possédée par quelque chose.

A ce moment-là, Senpai me murmure à l’oreille :

« Je suis désolée… Les choses semblaient devenir compliquées, j’ai donc utilisé mon pouvoir. »

Pouvoir ?

Je me suis alors souvenu de ce qu’elle a dit plus tôt.

… Je suis une Démone.

… Une Démone. Alors ça aussi c’est causé par le pouvoir d’un Démon ?

Senpai se remet à manger son petit-déjeuner. Quand j’ai regardé, papa aussi avait des yeux vides. Elle a aussi utilisé son pouvoir sur lui… ?

Une Démone.

Qu’est-ce qui se passe ?

Le chemin du lycée le matin.

Je me rends au lycée mais je vis une épreuve car les autres élèves sur la route me regardent.

On n’y peut rien.

À côté de moi se trouve l’idole du lycée, Gremory-senpai.

Et je marche comme si j’étais son serviteur, car je porte son sac.

« Pourquoi quelqu’un comme lui… »

« Pourquoi une personne aussi vulgaire que lui est aux côtés de Rias-oneesama[12]… »

Je peux entendre les cris des garçons comme des filles partout autour de moi.

Certains élèves se sont même évanouis à cause du choc.

Ça craint à ce point !? Ça craint à ce point que je marche aux côtés de senpai ?

Nous avons passé le portail du lycée, puis on s’est séparés à l’entrée.

« Je t’enverrai quelqu’un plus tard. Revoyons-nous après les cours, dit-elle en souriant. »

M’envoyer quelqu’un ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Sans être vraiment sûr, j’ai marché jusqu’à ma classe.

Quand j’ai ouvert la porte, tout le monde m’a dévisagé.

Bah, c’est normal vu que j’étais avec Rias-senpai.

BANG !

Quelqu’un m’a frappé la tête de derrière. Quand je me retourne, Matsuda se tient là. Motohama est aussi à côté de Matsuda.

« Donne-moi une explication ! crie Matsuda en pleurant. »

D’après son expression, je peux deviner ce qu’il veut dire.

« Jusqu’à hier on était camarades dans « L’Alliance des Impopulaires » ! »

« Ise, tout d’abord explique-nous. Qu’est-ce qui s’est passé après qu’on se soit séparés ? »

Contrairement à Matsuda, qui est furieux, Motohama se la joue tout calme tout en réajustant ses lunettes ; même si ses yeux sont très perçants. Vous me faites tous les deux peur.

Mais je ris puis leur dit d’une voix puissante :

« Les gars, avez-vous déjà vu des vrais tétons ? »

Avec cette seule phrase, tous les deux ont tremblé de peur.

Après les cours.

« Salut. Comment ça va ? »

Je regarde le lycéen qui est venu me voir, les yeux à moitié clos.

Le type en face de moi est le numéro 1 des plus beaux mecs du lycée, le prince Yuuto Kiba.

Il a capturé le cœur des filles de notre lycée avec son sourire. Au fait, lui aussi il est en deuxième année. Même s’il est dans une autre classe que moi.

On peut entendre les filles crier de joie dans la classe et le couloir. La ferme. C’est trop bruyant ici.

« Et donc, qu’est-ce que tu me veux ? »

Je lui ai répondu sur un ton désagréable, mais Kiba me dit sans lâcher son sourire :

« Je suis venu ici par ordre de Rias Gremory-senpai. »

… !

A cette seule phrase, je comprends tout de suite ce qu’il fait là.

Je vois, donc c’est la personne que Senpai avait dit qu’elle m’enverrait.

« … Ok, ok. Et donc, qu’est que tu veux que je fasse ? »

« Je veux que tu me suives. »

NON !!

Cette fois-ci ce sont les filles qui ont crié.

« Non, Hyoudou et Kiba-kun ne peuvent pas marcher côte à côte ! »

« Tu vas être infecté, Kiba-kun ! »

« Je refuse d’accepter le couple Kiba-kun x Hyoudou ! »

« Non, peut-être qu’il s’agit d’un couple Hyoudou x Kiba-kun !? »

Elles racontent des conneries bizarres.

Fermez-la. Sérieux, fermez-la !

« Haah… D’accord. »

Je lui ai dit que j’allais le suivre.

Je vais le dire au préalable. Je hais les beaux gosses.

J’ai suivi Kiba, qui part déjà sans moi.

« Hé… hé, Ise ! »

Matsuda crie mon nom.

« Ne t’inquiète pas, mon ami. Je ne vais pas me battre. »

Oui. Tu n’as pas besoin de te faire de souci à propos de moi, mec.

« Tu vas faire quoi de ce DVD, « Moi, l’Agresseur et les Udon[13] » !? dit Matsuda à voix haute tout en levant le DVD bien haut. »

J’ai alors regardé par la fenêtre.

J’ai suivi Kiba, et nous sommes allés derrière le bâtiment scolaire.

Là, entouré par des arbres, il y a un bâtiment qu’on appelle l’ancien bâtiment scolaire.

Apparemment, il était utilisé il y a longtemps et il n’y a pas de signe de présence humaine ici. C’est tellement glauque que c’est classé comme l’un des « sept mystères de l’académie ».

Le bâtiment a l’air très vieux et est en bois, mais il n’y a aucune vitre brisée et il est difficile de dire à priori s’il y a la moindre partie cassée.

C’est vieux mais pas en si mauvais état que ça.

« Buchou[14] est là, dit Kiba. »

Buchou ?

Il parle de Senpai ? Hein ? « Buchou » ?

Senpai fait partie d’un club en particulier ? Ça veut dire qu’il fait aussi partie de ce club ?

Ça devient encore plus mystérieux. Enfin bon, du moment que je suis ce type, je vais pouvoir voir Senpai.

Nous avons traversé le bâtiment haut d’un étage et avons pris l’escalier. Nous nous sommes enfoncés davantage dans le bâtiment.

Même le couloir a l’air propre. On dirait que même les salles inusitées n’ont pas le moindre grain de poussière.

Quand on imagine des vieux bâtiments, on voit des tas d’insectes, des toiles d’araignées et de la poussière. Mais je n’en ai pas vu un seul pour le moment.

Ils doivent donc nettoyer ce bâtiment assez souvent.

Tandis que je pensais à tout ça, on est apparemment arrivés à destination. Kiba s’arrête devant une salle spécifique.

L’écriteau sur la porte m’a choqué. On peut y lire…

« Club de Recherches Occultes »

Club de Recherches Occultes !?

Rien qu’à lire ce nom, je m’interroge. Je ne dis pas que ce club semble louche.

Mais imaginer que cette Rias-senpai fait partie du Club de Recherches Occultes c’est…

« Buchou, je l’ai amené. »

Kiba attend l’invitation à l’entrée de la porte en bois. Puis Senpai répond :

« Oui, entrez. »

On dirait que Senpai est à l’intérieur.

Kiba ouvre la porte et je suis choqué en le suivant à l’intérieur.

Il y a des signes bizarres et des mots dans tous les recoins de la salle.

Le sol. Les murs et le plafond. Ils sont entièrement recouverts de signes bizarres.

Et le plus remarquable de tous est le cercle dessiné au centre de la pièce.

Ça ressemble à un cercle magique et ça prend la majorité de l’espace de cette salle.

Quelque chose de glauque et bizarre s’en dégage.

Il y a aussi quelques canapés et bureaux dans cette pièce.

Hein ? Quelqu’un est assis sur l’un des canapés. C’est une fille menue…

Je la connais. Je connais cette fille !

C’est cette élève de première année, Koneko Toujou-chan !

Elle est en première année mais elle ressemble à une élève de primaire avec son visage enfantin et son petit corps !

Elle est plutôt populaire auprès d’un certain groupe de mecs. Elle est aussi populaire auprès des filles et elle est traitée comme une « mascotte » car elle mignonne.

Elle mange tranquillement du youkan[15]. Elle a toujours l’air fatiguée.

Si je me souviens bien, elle est décrite comme quelqu’une de très impassible.

Elle s’est rendue compte de notre présence et nos yeux se sont croisés.

« Voici Issei Hyoudou-kun. »

Kiba me présente à elle. Koneko-chan incline sa tête.

« Ah, ravi de te rencontrer. »

J’ai aussi incliné ma tête. Ceci étant fait, elle continue à manger son youkan.

Hum. C’est exactement ce que dit la rumeur. Peut-être que c’est une fille qui parle peu.

SHA…

J’ai alors entendu le bruit de l’eau couler au fond de la salle. C’est une douche que j’entends ?

Là j’ai réalisé qu’il y avait un rideau de douche au fond de la salle. Il y avait aussi une ombre derrière le rideau.

C’est l’ombre d’une fille. Il y a une fille qui prend une douche.

Hein !? Une douche !?

Il y a une douche dans cette classe !?

KYU

Là j’entendis la douche s’arrêter.

« Prends ça, Buchou. »

Hein ? Il y a quelqu’un d’autre avec elle ?

J’ai entendu la voix d’une autre fille que Senpai.

« Merci, Akeno. »

Apparemment, Senpai se change derrière le rideau.

Je me suis mis à rougir après m’être rappelé ce qui s’est passé ce matin.

Senpai, on peut vraiment dire que votre corps est impressionnant. On dirait que je ne vais pas avoir de besoin de porno pendant un moment.

« … Quel visage lubrique, marmonne quelqu’un. »

Je regarde dans la direction de la voix et c’est Koneko Toujou-chan.

Je la regarde, mais la petite première année mange juste son youkan.

… Ah bon. Donc j’ai un visage lubrique. J’en suis désolé, alors.

JYA…

A ce moment-là, le rideau s’ouvre. C’est Senpai qui se tient là dans son uniforme.

Elle est séduisante avec ses cheveux mouillés. Elle me regarde, puis sourit.

« Je suis désolée. Je n’ai pas pu prendre une douche hier soir vu que j’ai passé la nuit chez toi. J’ai donc pris une douche à l’instant. »

Ah bon ?

Mais ce qui me tracasse c’est qu’il y a une douche dans cette salle.

J’ai alors regardé derrière Senpai.

Il y a quelqu’un derrière elle… Sérieux !?

Je suis tellement choqué que je suis sans voix.

Une chevelure noire en queue-de-cheval ! La queue-de-cheval qu’on dit presque éteinte ! La personne qu’on dit être la seule à porter une queue-de-cheval dans notre lycée !

Le joli visage, toujours souriant ! La personne qui dégage une atmosphère japonaise ! Celle qu’on appelle la « Yamato Nadeshiko[16] » même si c’est une élève ! L’une des idoles de notre lycée, Akeno Himejima-senpai !

La personne qui est censée faire partie des « Deux Merveilleuses Onee-sama » aux côtés de Rias-senpai !

La personne que lycéens et lycéennes idolâtrent !

« Eh bien, eh bien. Bonjour, je suis Akeno Himejima. Ravie de faire ta connaissance. »

Elle se présente poliment avec un visage souriant. Le ton de sa voix est fascinant.

« Ah… Ah. Je suis Issei Hyoudou. Ra… ravi de vous rencontrer ! »

Même si je suis nerveux, je l’ai saluée.

Rias-senpai vérifie que nous avions fini de nous présenter, puis elle commence à parler :

« On dirait bien que tout le monde est là. Issei Hyoudou-kun. Non, laisse-moi t’appeler Ise. »

« Ou… oui. »

« Nous, le Club de Recherches Occultes, te souhaitons la bienvenue. »

« Hein, ah oui. »

« En tant que Démon. »

… !

Papa, maman. On dirait bien que je me suis fichu dans une sacré situation.

« Voilà ton thé. »

« Ah, merci. »

Je suis assis sur un canapé et Himejima-senpai a préparé du thé pour moi.

Je le bois rapidement.

« Il est bon. »

« Eh bien, eh bien. Merci beaucoup. »

Himejima-senpai se met à rire très joyeusement en faisant « Ufufufu ».

Kiba, Koneko-chan, Rias-senpai et moi sommes assis sur le canapé qui entoure la table.

« Akeno, assieds-toi aussi ici. »

« D’accord, Buchou. »

Himejima-senpai s’assoit à côté de Rias-senpai.

Puis tout le monde me regarde.

Qu… qu’est-ce qu’il y a… Ça me rend nerveux quand tout le monde me fixe dans un petit endroit comme celui-ci…

Alors Rias-senpai se met à parler :

« Je vais aller droit au but. Nous sommes tous des Démons. »

V… vous êtes effectivement allée droit au but.

« Ton visage me dit que tu ne crois pas ce que je dis. Enfin, c’est naturel. Tu as bien vu l’homme aux ailes noires hier soir, non ? »

Elle a raison.

Si ce n’était pas un rêve, alors j’ai réellement vu ça.

« C’est un Ange Déchu. Autrefois, c’étaient des Anges au service de Dieu. Mais ce sont des êtres qui sont tombés en Enfer à cause de leurs viles intentions. Ce sont aussi nos ennemis à nous, les Démons. »

Donc maintenant on parle d’un Ange Déchu.

Apparemment on va donner dans l’héroïc-fantasy.

« Nous, les Démons, sommes en guerre contre les Anges Déchus depuis les temps anciens. Nous nous battons pour le contrôle du Monde Souterrain, aussi connu comme l’Enfer chez les humains. L’Enfer est divisé en deux zones, celle des Démons et celle des Anges Déchus. Les Démons forment un pacte avec les humains et reçoivent leur sacrifice pour accroître leur force. En revanche, les Anges Déchus contrôlent les humains pour éliminer les Démons. Et ici, les Anges font leur entrée pour détruire les deux races sur ordre de Dieu, constituant ainsi les trois forces. Ça dure depuis les temps anciens. »

« Non, non, Senpai. Ce genre d’histoire est dur à comprendre pour un lycéen banal comme moi. Hein ? C’est ce que font les membres du Club de Recherches Occultes ? »

Donc cette conversation fait partie des activités du club.

« Le « Club de Recherches Occultes » est juste une couverture. C’est mon hobby. C’est en fait notre lieu de rassemblement pour nous autres Démons. »

… Attends, ça fait partie des activités du club, non ?

« … Yuuma Amano… »

Entendant ce nom, j’ai écarquillé les yeux.

Où l’a-t-elle entendu ?

« Ce jour-là, tu avais un rendez-vous avec Yuuma Amano, n’est-ce pas ? »

« … Si vous plaisantez, alors arrêtez tout de suite, s’il vous plait. Je ne veux pas parler de ça dans un endroit pareil. »

Il y a de la colère dans ma voix.

Parce que ce sujet est une sorte de tabou pour moi maintenant.

Quand j’en ai parlé avant, personne ne m’a cru et personne ne se rappelait d’elle.

Tous disaient que c’était un rêve. Que c’était un produit de mon imagination. Personne ne m’a cru et personne ne s’est souvenu de son existence.

Je ne sais pas d’où elle a entendu l’histoire, mais je ne le supporterai pas si elle dit que tout ça n’était qu’un phénomène occulte. En fait, je serais furieux.

« Elle a existé. C’est une certitude, dit clairement Rias-senpai. »

« Enfin, on dirait bien qu’elle a essayé d’effacer toutes les preuves autour de toi. »

Rias-senpai fit claquer ses doigts et Himejima-senpai sortit une photo de sa poche.

Je suis resté sans voix quand j’ai vu la personne sur la photo.

« C’est elle, n’est-ce pas ? Yuuma Amano-chan. »

Ouais, la personne sur la photo est la petite-amie que je n’ai réussi à trouver nulle part.

Dans le temps j’ai pris une photo d’elle avec mon portable mais elle a disparu on ne sait comment.

La photo est une image d’elle nette, avec des ailes noires dans son dos.

« Cette fille est… non, voici une Ange Déchue. Elle est de la même espèce que celui qui t’a attaqué hier soir. »

… Une Ange Déchue ? Yuuma-chan est une Ange Déchue !?

Rias-senpai poursuit :

« Cette Ange Déchue est entrée en contact avec toi dans un certain but. Après l’avoir atteint, elle s’est débarrassée de toute trace ou preuve la concernant. »

« Son but ? »

« Oui. T’assassiner. »

… !

Qu… quoi !!!

« Pou… pourquoi elle devait me tuer !? »

« Calme-toi, Ise. On n’y peut rien… Non, tu as juste manqué de chance. Certains possesseurs ne sont pas éliminés… »

« Qu’est-ce que vous entendez par « manqué de chance » ! »

Est-ce qu’elle veut dire que c’était juste de la malchance si je me suis fait tuer par Yuuma-chan ce jour-là !?

Hein… ?

Tué ? Mais je suis encore vivant ? Je suis là comme avant.

« Ce jour-là, tu avais un rencard avec elle et vous êtes allés au parc, où tu as été tué par la Lance de Lumière. »

« Mais je suis toujours vivant ! Ou plutôt, pourquoi on me traque !? »

Ouais. Je n’ai aucune raison d’être pourchassé par elle.

Pourquoi il faudrait que les Anges Déchus me pourchassent !?

« Elle s’est rapprochée de toi afin de vérifier si ton corps contenait un objet dangereux. Elle a dû percevoir un faible signal. C’est pour ça qu’elle a pris le temps de bien vérifier. Puis elle a obtenu confirmation… que tu étais un humain en possession d’un Sacred Gear. »

Sacred Gear…

Je connais cette expression.

«  Désolée. Tu représentais une menace pour nous, nous avons donc décidé de te supprimer prématurément. Si tu veux en vouloir à quelqu’un, maudis Dieu qui t’a doté du Sacred Gear. »

C’est ce que Yuuma-chan a déclaré ce jour-là.

Il y a donc un Sacred Gear dans mon corps… ?

Kiba se met alors à parler :

« Le Sacred Gear est un pouvoir anormal, accordé à certains humains. Par exemple, on dit que la plupart des personnages historiques seraient des possesseurs de Sacred Gears. Ils ont utilisé le pouvoir de leur Sacred Gear pour se faire un nom dans l’Histoire. »

« A l’heure actuelle, il y a des personnes qui portent un Sacred Gear en eux. Tu vois ces personnes qui jouent un rôle important sur la scène mondiale ? La plupart d’entre eux sont dotés d’un Sacred Gear, reprend Himejima-senpai après Kiba. »

Puis Rias-senpai poursuit l’explication :

« La majorité des Sacred Gears ont des fonctions uniquement utilisables dans la société humaine. Mais il existe des Sacred Gears exceptionnels qui représentent une menace pour nous, les Démons et les Anges Déchus. Ise, lève ta main bien haut. »

Hein ? Je dois lever la main ? Pourquoi ?

« Fais-le rapidement. »

Rias-senpai me pousse à lui obéir.

Je lève donc mon bras gauche.

« Ferme les yeux et imagine ce que tu considères comme la chose la plus puissante. »

« L… l’être le plus fort… ? Son Goku de Dragon Ball… ? »

« Dans ce cas imagine-le et imagine cette personne dans la position spécifique qui lui donne l’air le plus puissant. »

« … »

J’ai imaginé Son Goku en train de lancer son Kaméhaméha.

Ça fait l’affaire ?

« Baisse lentement ton bras et lève-toi. »

Je me suis levé du canapé et j’ai dressé le bras.

« Maintenant, imite la pose de ce personnage. Tu dois y penser très fort, d’accord ? Tu ne dois pas te retenir. »

Merde.

Il y a des gens autour de moi et je dois imiter Goku lançant son Kaméhaméha à mon âge !?

J’ai trop honte pour le faire !

C’est pas parce que je ferme les yeux, que personne ne va se moquer de moi !

« Dépêche-toi de le faire. »

Rias-senpai me presse à nouveau.

Héééé ! Vous êtes sérieuse ! Je dois vraiment le faire !?

Merde ! Dans ce cas regardez ! C’est la première et dernière fois qu’Issei Hyoudou fait un Kaméhaméha !

« Kaméhaméha ! »

Je l’ai dit, les deux mains ouvertes, collées l’une contre l’autre, avant de les pousser en avant à hauteur de poitrine. C’est la pose du Kaméhaméha.

« Ouvre les yeux maintenant. Dans cet endroit rempli de puissance démoniaque, le Sacred Gear apparaîtra plus facilement. »

J’ai ouvert les yeux, comme Rias-senpai me l’a demandé.

FLASH !

Mon bras gauche a luit.

Quoiiii !?

C’est quoi ça !? C’est quoi !?

Je peux faire le Kaméhaméha maintenant !?

La lumière commence à prendre forme et recouvre mon bras gauche.

Quand la lumière s’arrête de luire, mon bras est recouvert par un gantelet rouge.

Il est équipé d’un objet clinquant. Ça a tout l’air d’un accessoire de cosplay très bien fait et réaliste.

Sur la partie couvrant le dos de ma main, un objet ressemblant à une gemme se trouve incrusté.

En fait, ça ressemble plus à un joyau qu’à une simple gemme.

« C’est quoi ce bordeeeeeeel !!? ai-je crié. »

Je suis vraiment choqué.

Évidemment ! C’est quoi ça ? J’ai cru faire un Kaméhaméha mais, au lieu de ça, j’ai un accessoire sur mon bras qui a l’air d’un gadget de Henshin Hero[17] !

Ouaaaah, c’est quoi ce bordel !?

« Voici un Sacred Gear. Et c’est le tien. Dès qu’il apparaît, tu peux l’utiliser n’importe où et n’importe quand, selon ta volonté. »

… !

Ce… ce gantelet rouge c’est un Sacred Gear… ?

Heeeeeein…

Je ne peux toujours pas le croire. J’ai lancé un Kaméhaméha et j’ai… j’ai…

« L’Ange Déchue, Yuuma Amano, a considéré ton Sacred Gear comme une menace et t’a donc éliminé. »

… Donc l’histoire avec Yuuma-chan et le Sacred Gear était complètement réelle.

Donc la partie où elle m’a tué était aussi réelle… ?

Alors pourquoi je suis en vie ?

« Tu m’as appelée au moment où tu étais sur le point de mourir. J’ai été invoquée grâce à ce papier. »

Rias-senpai sort un flyer.

Je connais ce flyer.

Quand j’attendais Yuuma-chan au point de rendez-vous, une des personnes qui distribuaient les flyers m’en a donné un.

C’est un flyer avec un étrange cercle magique et la phrase d’accroche : « Ton rêve sera exaucé ! ».

En y regardant de près, le cercle magique sur le flyer est le même que le grand cercle magique au sol.

« C’est un des flyers que nous distribuons. Ce cercle magique est utilisé pour invoquer les Démons comme nous. Dernièrement, peu de gens seraient prêts à dessiner ce cercle pour nous invoquer. Du coup, on donne ces flyers aux gens qui pourraient potentiellement invoquer des Démons. Ce cercle magique est sûr et facile à utiliser. Ce jour-là, l’un de nos familiers déguisés en humains en distribuait dans le quartier d’affaires. Tu l’as obtenu à ce moment-là, Ise. Après avoir été attaqué par l’Ange Déchue, tu m’as appelée alors que tu étais à deux doigts de mourir. Tu l’as souhaité si fort que j’ai été invoquée. Normalement, ce sont mes serviteurs, Akeno ou les autres, qui sont invoqués. »

Ce jour-là, j’ai été transpercé par la Lance de Lumière… j’ai donc souhaité de toutes mes forces.

Quand ma main s’est couverte de sang, c’est au rouge cramoisi que j’ai pensé.

J’ai désiré de toutes mes forces la fille aux cheveux rouge cramoisi, Rias Gremory.

Si c’est le cas, la personne aux cheveux rouge qui est apparue à la fin de ce rêve… non, la personne qui est apparue à la fin de cet incident, c’était vraiment Senpai.

« Quand j’ai été invoquée et que je t’ai vu, j’ai su tout de suite que tu étais un détenteur de Sacred Gear et que tu étais attaqué par un Ange Déchu. Mais c’est là que le bât blesse. Ise, tu étais au bord de la mort. Les Démons, mais aussi les humains meurent instantanément quand ils sont transpercés par la Lance de Lumière des Anges Déchus. Ise, c’est dans cet état que tu te trouvais. J’ai donc décidé de te sauver la vie. »

Me sauver la vie ?

C’est donc Senpai qui m’a aidé ?

C’est pour ça que je suis en vie.

« Même si c’est en tant que Démon. Ise, je t’ai fait renaître en tant qu’un de mes Démons, un serviteur de Rias Gremory. En tant que mon serviteur démoniaque. »

PAN !

A cet instant, des ailes ont poussé dans le dos de toutes les personnes qui m’entourent.

Elles sont différentes des ailes noires d’un Ange Déchu. Leurs ailes sont semblables à celles des chauves-souris.

J’ai regardé par-dessus mon épaule, et moi aussi j’avais des ailes noires.

… Sérieux ?

Je suis un Démon ? J’ai cessé d’être humain ?

« Présentons-nous à nouveau, Yuuto. »

Kiba me sourit après que Senpai l’ait appelé.

« Je m’appelle Yuuto Kiba. Comme tu le sais déjà, je suis en deuxième année comme toi, Issei Hyoudou-kun. Je suis un Démon moi aussi. Ravi de te rencontrer. »

« … Première année. … Koneko Toujou. Enchantée de faire ta connaissance. … Je suis moi aussi une Démone. »

Koneko Toujou-chan incline sa tête.

« Je me nomme Akeno Himejima et je suis en troisième année. Je suis aussi la vice-présidente de ce Club de Recherches Occultes. Enchantée de te connaître. Même si je n’en ai pas l’air, je suis aussi une Démone. Ufufu. »

Himejima-senpai incline la tête très poliment.

Finalement, c’est au tour de Rias-senpai.

Elle agite sa chevelure cramoisie et me dit très franchement :

« Et je suis leur maître ainsi qu’une Démone de la famille Gremory, Rias Gremory. Ma maison porte le titre de duc. À partir de maintenant, faisons en sorte de bien nous entendre, Ise. »

On dirait bien que je me retrouve dans une situation totalement inimaginable.

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