HP9999999999 – Chapitre 25

“Une dernière question. Pourquoi es-tu venu pour prendre ma tête ? Était-ce pour préserver ta dignité d’ange ? Ou t’a-t-on demandé de le faire ? T’a-t-on fait des promesses de richesse ? Eh bien, si cette avidité a quelque chose à dire, c’est sûrement la dernière.”

“Tiens ta langue… Espèce de petite merde… !”

Bien que son corps soit couvert de blessures, Uriel parvient à trouver la force de lancer un regard dans ma direction.

“Bonté divine. Tu n’arrêtes pas de parler de ma soi-disant infériorité depuis un certain temps… Mais je suis sûr que tu auras plus que le temps de réfléchir pour savoir lequel d’entre nous est vraiment inférieur là où tu vas.”

Je tends ma main droite vers lui. Ce sera le dernier sort que j’utiliserai.

“Incantation : Condamnation à mort !”

Pendant une fraction de seconde, tout est noir dans mon champ de vision.

“Hieeh ?!”

Le visage d’Uriel se déforme de peur. Quelque chose de sombre s’était manifesté sous lui, rongeant lentement son corps.

“Qu’est-ce que c’est ? ! Qu’est-ce que c’est que cette chose ? !”

“Ce serait la peine de mort. Si le nom ne l’a pas révélé, il condamne sa cible à une mort inévitable. Il te reste soixante secondes à vivre.”

“…Quoi ?”

Uriel s’écarte, la mâchoire ouverte. Son corps ne met pas longtemps à trembler.

“Tu mens… Ce doit être un mensonge ! Il n’est pas possible qu’un tel sort puisse exister ! Ce ne serait rien d’autre qu’un acte de tricherie !”

“Je suis d’accord, c’est définitivement un acte de tricherie. Et c’est exactement pour ça que le fait de le lancer fait baisser votre MP de 100 000. Cela dit, ma réserve de MP en fait un problème insignifiant.”

Pendant que nous parlons, la substance sombre continue de ramper sur le corps d’Uriel.

“tu… Tu bluffes ! Si tu avais vraiment un tel sort dans ton arsenal, tu l’aurais jeté il y a longtemps !”

“Je viens de te le dire, n’est-ce pas ? Je t’ai dit que je mettais fin à notre petit jeu. Une simple mort aurait fait un mauvais jeu, tu ne penses pas ? Je l’admets, tu étais presque aussi divertissant qu’un jeu de Jenga.”

“Je… Je refuse de divertir votre folie ! Comme si le simple sort d’un simple déchet allait me tuer… !”

“Tu es libre de croire ce que tu veux. Si tu souhaites une réponse appropriée, il te suffit d’attendre trente secondes de plus. J’espère que tu apprécieras ce qui va suivre.”

L’obscurité s’était glissée jusqu’au cou d’Uriel.

“Je… je refuse… je refuse de mourir dans un endroit comme celui-ci !”

“Alors je suis désolé de te décevoir, mais tu mourras. Si tu n’avais pas posé tes mains sur mes sous-fifres, je ne serai que trop disposé à épargner ta vie.”

“Non… NNNNNNOOOOOOOOOOOONNNN !”

Uriel souffre de plus en plus, se tortillant dans une crise désespérée. Malheureusement pour lui, il n’y a rien qui puisse contrer la peine de mort une fois qu’elle a été activée.

“Tu dois savoir que la peine de mort engloutit généralement ses victimes en dix secondes seulement. J’ai pensé que tu apprécierais un peu plus de temps, une sorte de prolongation pour te permettre de trouver quelques mots en guise de conclusion. Tu dois remercier ma bienveillance.”

“…!”

“Tu as encore dix secondes avant de mourir. Si tu veux dire quelque chose comme : “Je n’étais que le plus faible de mes frères”, alors je te suggère de te dépêcher. Ne laisses pas ma compassion se perdre.”

Les mouvements d’Uriel s’arrêtent brusquement. Il étend les bras.

“Je suis… un des grands, fiers… anges… DES SEPT ETOILLLES !”

Les cris d’Uriel sont assez forts pour traverser tout le parc du château.

Ça fait 60 secondes que j’ai utilisé mon sort. Ma vision s’assombrit à nouveau. Tout semblant de mouvement dont Uriel aurait pu être capable s’est complètement arrêté, et il s’effondre comme un robot qui vient de se faire retirer ses piles. Il touche le sol, pour ne plus jamais se relever.

“Ce sont donc tes derniers mots ? Quel manque d’inspiration. Je vais cependant honorer le fait que tu aies maintenu ta volonté de te battre jusqu’à tes derniers instants.”

Je fais un léger survol de mon environnement en marmonnant. Ce n’est qu’alors que je remarque la façon dont les démons, qui jouaient les observateurs silencieux, me regardent avec un air émerveillé.

Attends, je leur ai fait peur ? Ai-je été trop loin ? Je veux dire, l’homme a tué plus d’une dizaine de démons. En gardant cela à l’esprit, j’étais sûr que ce que je pouvais lui faire n’était même pas à moitié aussi grave.

“Un… Un membre des Sept Anges des Étoiles a été anéanti… avec la même facilité que l’on tord le bras d’un nouveau-né…”

“J’ai toujours pensé que si quelqu’un pouvait affronter Yuuto-sama, ce serait les Sept Anges… Mais celui-là n’avait même pas une chance…”

“Ces anges ne représentent plus une menace ! Avec Yuuto-sama à nos côtés, nous pouvons détruire plus que les humains ! Nous pouvons détruire les anges eux-mêmes ! Ce n’est plus impossible !”

“Nous allons marcher et les éradiquer ! Nous donnerons tout ce que nous avons !”

“Uooooooooooooooooooh !”

Les démons applaudissent tous à tue-tête. Non, attendez. Attendez. Quand avons-nous pris la voie de la destruction de tous les anges ? Je n’ai jamais eu la moindre intention de faire ça, tu sais ? ! Et puis, tant qu’on y est, il en va de même pour l’humanité !

“Yuuto-sama !”

Anri se précipite vers moi, hurlant à travers un torrent de larmes.

“Je n’ai jamais été aussi ému ! La dignité dont vous avez fait preuve, même face à un Ange des étoiles… Oh, c’était tout simplement magistral ! Je vous jure fidélité pour le reste de ma vie – non, même durant ma prochaine vie, je vous la donnerai !”

“C… C’est bon à entendre…”

Si j’ai la chance d’avoir une seconde vie, je voudrais juste renaître en tant qu’humain.

“…!”

Je tourne à nouveau mon attention vers le corps d’Uriel. Je le regarde se transformer lentement en poussière, puis finalement disparaître dans le vent et ne rien laisser derrière lui.

Donc les cadavres de ces anges s’autodétruisent, n’est-ce pas ? Eh bien, au moins cela nous évite de devoir les nettoyer. C’est vraiment la seule chose qui me vient à l’esprit avant que je me retourne.

“Eh bien alors, Anri… Pourquoi ne pas retourner à la salle et continuer notre partie de Jenga ? Tu as peut-être déjà gagné avant… Mais je vais gagner notre prochain match.”

“B-Bien sûr ! Tout de suite !”

Je l’admets, j’ai toujours été un peu un mauvais perdant. Surtout quand les jeux entrent en ligne de compte.

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