Infinite Competitive Dungeon Society – Chapitre 51

Ce n’était que deux heures après que notre situation avait changé. A ce moment là, mon père et moi rôtissions du porc sur un grill de fortune. Bien que les soldats qui combattaient en contre-bas agissent et ressemblent à des humains, une fois que nous avions réalisé qu’ils étaient des monstres créés par le donjon, nous n’en avions plus rien à faire qu’ils se tuent où qu’ils jouent à la belote.

« Papa, pourquoi tu as du porc dans ton inventaire ? Nom nom. »

« Gulp. Tu ne le sais pas ? Ton inventaire garde toute la nourriture que tu y mets extrêmement fraîche. C’est encore plus efficace qu’un réfrigérateur dernier cri ! Tu peux même couper la viande et la stocker dedans immédiatement après pour un maximum de fraîcheur. »

« Ah, j’ai aussi testé cette fonctionnalité avant ! »

Je m’en étais servi pour ramener un burger à Yua. C’était donc pour ça que mon père transportait autant de nourriture dans son inventaire ! Bien que j’aie déjà consommé un grand nombre de repas dans le donjon, je n’avais jamais pensé à ramener de la viande. Comme attendu de la part d’un Explorateur de donjon avec plus de 27 ans d’expérience ! Il n’avait pas fait que chasser des Orcs !

« Tiens, prends donc à boire. »

« Oh, je devrais être celui qui te sers à boire. » (NdT : marque de respect en Corée, Chine et aussi au Japon)

Après avoir bu un peu de soju1), nous avions discuté tout en rigolant. Soudain, j’avais senti un regard se poser sur moi.

« Papa, tu as remarqué ça ? »

« Hein ? Remarqué quoi ? »

Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête mais c’est à ce moment-là que je m’étais rendu réellement compte que mon père avait des sens moins aiguisés que les miens. J’avais demandé à Peika, qui était assise sur la tête en train de siroter du soju.

« Peika, tu peux surveiller les alentours ? »

[Hmnya ? Maître, c’est quoi un suréyé ?]

« Ah… »

Ça n’est même pas un mot…’ Je venais de me rendre compte que Peika avait l’air ivre. Je ne savais pas que les élémentaires tenaient mal l’alcool. C’était de ma faute. Je m’étais laissé embobiner par Peika qui m’avait demandé un peu de ‘ce jus qu’elle ne connaissait pas’.

Pendant que j’étais distrait par l’apparence de Peika, le regard posé sur nous avait disparu. Mon père avait finalement l’air d’avoir remarqué quelque chose mais c’était trop tard.

« Hm ? C’était un zombie ? »

« Peut être que c’était un animal sauvage qui en voulait à notre viande. »

[Maîîîître ! C’est quoi un suréyé ?!]

Bien sûr, je savais que ce n’était pas rien. Mais même ainsi, nous avions continué à ripailler comme si de rien n’était. Et puis, Peika, suréyé n’est pas un mot !

Le crépuscule était derrière nous et la nuit commençait à s’étendre.

Mon père s’était endormi pendant que je prenais le premier tour de garde. Trois heures plus tard, nous avions échangé. Après m’être levé suite à mes trois heures de sommeil, nous nous trouvions encore sous le ciel nocturne. Dans ce ciel sans étoiles, seule une lune pâle éclairait le monde.

Apparemment les soldats ne souhaitaient pas combattre la nuit, et ainsi les survivants étaient retournés dans leur camp respectif. Cependant, les macchabées étaient encore sur le sol gorgé de sang. Cette puanteur de mort avait envahi toute la plaine et avait même atteint les hauteurs sur lesquels nous nous trouvions.

« On dirait que les cadavres vont se relever. »

« Bien évidemment. D’où viendraient les zombies sinon ? »

Gardant un œil sur ce spectacle cruel, nous avions commencé à préparer des ramens instantanés. Je m’étais rendu compte qu’être en groupe avec mon père m’amenait constamment à manger. Normalement, plus on avance en âge et moins on mange, mais j’avais toujours vu mon père avec quelque chose dans la bouche, proclamant qu’un artiste martial se devait de bien se nourrir. Avec ce genre d’habitude l’ayant suivi jusque dans le donjon, j’étais prêt à parier que son inventaire ressembler à un frigo.

Une fois que j’avais commencé à me concentrer sur le donjon, j’avais eu tendance à ne pas manger avant d’avoir terminé un étage ou une session. C’est pourquoi j’avais du mal à suivre le rythme de mon père. Peika, de son côté, avait l’air d’adorer les ramens tandis qu’elle aspirait une nouille en une fois.

[C’est trop bon. Ça n’existe pas au Royaume Spirituel.]

« Dans ce cas, régale-toi. »

[Maître, je vous aime !]

Alors que je caressais la tête de Peika qui, elle-même, avalait goulument son bol de ramens, mon père m’avait interrompu.

« A qui est-ce que tu parles depuis le début ? »

« Je t’ai déjà dit que j’étais devenu un Elémentaliste. »

« Je peux en adopter un moi-aussi ? »

« Les élémentaires ne sont pas des animaux de compagnies. »

« Ah, il y en a trois debout. »

« Ne compte pas les élémentaires comme…quoi ? »

« Trois se sont levés. » avait répété mon père tout en pointant son doigt.

J’avais suivi la direction indiquée par mon père pour voir, sous la lumière de la lune, que ceux qui avaient été morts commençaient à se relever. Nous pouvions nous en rendre compte grâce à notre emplacement dégagé et à nos sens surdéveloppés grâce à nos montées de niveaux. Cela prendrait par contre un peu plus de temps pour les soldats des deux camps.

Mon père m’avait demandé, « Que veux-tu faire ? »

« Les chasser, bien entendu. Je déteste être frappé dans le dos…donc ! » Répondant à mon père, j’avais lancé ma lance dans la pénombre. Je n’avais pas eu le temps d’utiliser Aura Spirituelle mais j’avais eu le temps d’activer Coup Héroïque. Grâce à son aura qui irradiait une lumière blanche, on aurait dit un éclair divin. Ma lance était bien plus rapide qu’avant. Ça m’avait surpris car je ne savais pas que mes 15% de bonus de vitesse s’appliqueraient aussi aux armes de jet.

« Kuk ! »

[Vous avez obtenu 1.500 d’or.]

« Beldon est mort ! »

« On a été découvert ! »

« Tuez-les avant qu’ils nous tuent ! »

Immédiatement après, j’avais pointé ma main vers les voix et ordonné à Peika.

« C’est déjà trop tard ! Peika ! »

[Cchoup de Tchonneurre !]

Peika s’était exclamé tout en essayant d’avaler ses restes de ramens. Elle s’était ensuite mise à luire d’une lueur dorée et un éclair de l’épaisseur de ma cuisse avait jaillit de son corps, illuminant les ténèbres.

« Le bouclier ! »

« Kuk, le bouclier magique est rompu ! »

« Un élémentaire ? Qui sont-ils ? »

Immédiatement après avoir invoqué Peika, j’avais attrapé ma Lance d’Argent du Chevalier Lézard dans mon inventaire et m’étais mis à charger. Grâce à Ruée, ma vitesse de course était effarante. Mon but était le groupe de personne en face de moi qui je suspectais être à l’origine des zombies.

Mon père et moi avions tous les deux remarqué ce groupe en même temps que les zombies qui s’étaient relevés. Ils étaient cin…je veux dire quatre, puisqu’un avait terminé en shish kebab. Ils avaient tous une robe à capuche noire et un bâton de marche. C’était le set d’équipement classique porté par un certain type de magiciens, ce qui m’avait persuadé qu’ils pouvaient être qualifiés de mages noirs !

« Bouclier n’est pas suffisant pour l’arrêter ! »

« Merde, courrez ! »

« On était censé être sous un sort de camouflage ! »

Ils auraient peut-être pu s’en sortir un peu mieux s’ils avaient attaqué, mais ils avaient hésité et paniqué à la place. Peut-être était-ce que leurs temps d’incantation étaient trop longs, où qu’ils n’avaient pas les catalyseurs pour les lancer. Peu m’importait puisqu’ils n’avaient pas l’ombre d’une chance.

« A-Attendez ! Même si vous nous tuez, vous ne pouvez plus arrêter le court des évènements ! »

Un d’entre eux avait crié avec une voix aigüe. C’était une femme. Mais comme j’avais déjà décidé de leur sort, peu importait leur sexe ou âge. Après tout, ce n’était que des monstres. Oui, c’était que des montres.

Voilà, juste des monstres.

« Si je vous épargne, qu’allez-vous me faire ? »

« Vous tuer bien évidemm… »

« Tempête Elémentaire ! »

[Kukuku, un pouvoir puissant m’appelle.]

[Destruction. Rivière de sang sur son cri d’agonie. Mon plat préféré !]

[Il a fait une brochette de mage noir ! C’est mon type de mec !]

Du fait de la nature du Donjon Evènementiel, seuls des élémentaires de ténèbres étaient présents, mais ça ne les rendait pas plus faible que les autres. Ma lance s’étaient mise à luire d’une lumière noire faites par les élémentaires. Alors que je lançais mon attaque, une tempête noire avait balayé la zone.

« Flèche de ténèbres ! Kuaaaak ! »

« « B-Bouclier ! Kuk ! »

Tempête Élémentaire était un sort qui pouvait gravement blesser un Maître d’Étage. Comment un simple mage noir tout pourri pouvait-il l’encaisser ? Trois de ces énergumènes avaient tenté de le bloquer avec leurs sorts et avaient été instantanément transformés en bouillie sanglante. Même si ça n’avait été que l’espace d’un instant, ce spectacle était entré dans ma mémoire, me dégoutant au plus haut point.

Chiasse. J’avais utilisé une attaque aussi puissante en espérant rapidement terminer le massacre mais j’avais fini par voir un spectacle pire que tout ce que j’avais pu imaginer. C’était une bonne chose que les monstres du donjon ne laissaient pas de corps derrière eux mais juste les objets qu’ils donnaient, sinon, j’aurais vu une orgie d’intestins humains devant moi.

« Kuhak ! Haa…haa…merde, tellement fort … ! »

Par pur hasard, la mage noire qui avait parlé juste avant était la seule qui avait préféré prendre ses jambes à son cou plutôt que d’affronter mon assaut. Même si elle avait eu une meilleure idée que ses compagnons, sa course n’avait pas été assez rapide et elle avait fini par être lourdement amoché dans le dos et sa capuche s’était déchirée. Crachant un flot de sang, elle avait ouvert sa bouche avec grande difficulté.

« Cough, Le rêve des Corneilles aux Ailes Étranges ne s’arrêtera pas comme ça… ! »

« Les Corneilles aux Ailes Étranges ? »

« C-C’est ça. Grâce à cette guerre, nous nous ferons connaître du reste du monde… »

« Ah okay. Dans ce cas, salut. »

Je lui avais séparé la tête des épaules d’un simple coup de lance. Je ne cherchais qu’à terminer le Donjon Évènementiel pour passer le temps, qu’est-ce que j’en avais à foutre de l’histoire principale ? Et pour prouver qu’elle était bien un monstre créée par le donjon, elle s’était évanouie dans la nature sous forme de minuscules particules de lumières.

[Vous obtenez 2.000 d’or.]

[Vous obtenez Journal des Corneilles aux Ailes Étranges.]

[Vous avez réussi à vaincre le dirigeant des Corneilles aux Ailes Étranges ! Des points seront ajoutés à votre score final.]

J’avais ramassé ma Lance en Terre Noire d’Arachne tout en crachant sur le sol. Les choses gerbantes restaient gerbantes, que l’on se persuade qu’elles ne l’étaient pas ou pas.

« Je me sens dégoûté. »

« C’est normal. Ils ressemblent à des humains, eux aussi. »

« Mais ce sont des monstres, n’est-ce pas ? »

« Oui, ce sont des monstres. Ne t’inquiète pas, fiston. »

Je m’étais senti beaucoup mieux une fois que mon père m’avait rassuré. Bien que je n’avais rien attendu de grandiose de sa part pour ce donjon, j’étais heureux qu’il soit là. Je pouvais compter sur lui.

Je n’avais bien sûr par dit ces mots à voix haute. Dans des moments comme ça, le lien entre un père et son fils suffisait.

J’avais aussi réalisé quelque chose d’important. Les Donjons Évènementiels étaient finis lorsque leur boss était vaincu. Cependant, d’après le message que nous avions reçu, il y avait un calcul de points et un score final. Autrement dit, la façon de finir le donjon avait son importance.

Je me demandais si notre score aurait été plus haut si nous avions effectué un massacre sur le champ de bataille. Mais ce n’était plus la peine d’y penser. Ce qui était fait était fait.

Au lieu de m’inquiéter pour ça, j’avais ouvert le Journal des Corneilles aux Ailes Étranges. Il indiquait pourquoi ils haïssaient leurs pays, les choses qu’ils avaient faites et leurs plans pour le futur. J’avais survolé la plupart des informations en lisant en diagonale. Ce qui m’intéressait était la situation actuelle. Avec un peu de chance, je pourrais trouver quelque chose pour améliorer le score final. (NdT : « ils haïssaient leurs pays ». Je tiens à préciser que c’est bien au pluriel dans le texte anglais.)

C’était là !

« Il ne reste donc plus qu’une chose à faire. Huk ! »

Au moment où j’allais essayer de détourner la conversation pour oublier le spectacle sanglant auquel j’avais assisté, j’avais tourné ma tête vers le champ de bataille et n’avais pas pu m’empêcher d’émettre un son de surprise en voyant des zombies se relever un par un. Les deux armées s’étaient rendues compte de ce qui se passé mais le nombre de zombie était déjà trop important. Au final, les officiers supérieurs des deux armées avaient mené leurs soldats vers une bataille nocturne.

« Ces bâtards ont utilisés de la magie noire pour profaner nos frères ! »

« Tuez-les tous ! Apportez la paix aux âmes de vos camarades tombés ! »

« Guoooo ! »

« Oh non, c’est trop tard. »

Les magiciens avaient frappé les zombies avec de puissants sorts de zone, et les fantassins avaient commencé à combattre. A quoi pensaient-ils ? A moins qu’ils ne soient comme mon père ou moi, la moindre égratignure les transformerait en zombie ! Les officiers étaient-ils complètement fous ?

Il s’était avéré qu’effectivement, les officiers n’étaient plus sains d’esprit.

Après avoir lu un peu plus le journal, j’avais découvert que les mages noirs n’avaient pas utilisé leur magie que sur les cadavres. Ils avaient déjà contaminé les quartiers généraux. Être capable d’envahir aussi profondément une organisation, ils avaient dû implanter des espions dans les différents gouvernements. Apparemment, les Corneilles aux Ailes Étranges étaient une organisation de taille conséquente.

Bien sûr, je m’en foutais royalement. Je m’étais juste demandé si stopper leur plan m’aurait rapporté plus de point ou pas.

Les soldats se combattant entre eux et les zombies les interrompant tout en les mordant était un spectacle effrayant. Le nombre de zombie ne cessait d’augmenter, emplissant mon cœur d’effroi quand soudain une voix avait retenti.

« Bon, quand est-ce qu’il apparaît ce zombie géant ? »

« Papa, rien que pour cet aspect de ta personnalité, je te respecte. »

Mon père était en train de s’étirer les jambes tout en se préparant, puisqu’il était assez déçu de ne pas avoir pu participer au massacre des mages noirs. Il était presque comme un chiot attendant qu’on lui lance une balle en disant « va chercher ! ». Ma tension était redescendue à ce moment-là.

« Wow, ce sont vraiment des zombies ? On dirait des cafards. Ils se multiplient tellement vite. »

« Ils me foutent sacrément les jetons. J’ai l’impression d’avoir des insectes grouillant sur tout mon corps. »

En l’espace d’un instant, les zombies avaient submergé les humains. Les chevaliers pouvant contrôler leur mana et les magiciens avaient commencé à remarquer que quelque chose clochait. Ils avaient depuis longtemps quitté le champ de bataille pour rapporter ce qu’ils avaient vu aux officiers supérieurs. Cependant, ces mêmes officiers étaient devenus des zombies et avaient envahis le reste des camps.

Réalisant leur situation, ces chevaliers et magiciens avaient massacrés les zombies sur leur chemin, mais comme les ennemis étaient trop nombreux, ils avaient fini par fuir. Ceux qui restaient étaient donc les troufions et les fantassins. Ils n’étaient que de la nourriture pour zombie et bientôt avaient été transformés. A ce moment-là, il y avait plus de 100.000 zombies, et c’est à ce moment que mon père avait dit.

« Voyons-voir. Si je gagne 70 d’or tous les deux zombies, ça fait donc 35 d’or par zombie. Comme nous sommes deux, ça fait donc 17 d’or par zombie. Donc si je les tue tous ça ferait…1.7 millions d’or ! C’est 340 millions de wons ! Avec ça je pourrais acheter un collier de pierres précieuses pour ta mère et même mettre de côté pour le mariage de Yua ! Oooh mon fils ! C’est une véritable mine d’or ! »

« C’est la première chose à laquelle tu penses dans cette situation ?! »

Je retirais immédiatement ce que j’avais dit plus tôt. Je ne pouvais pas compter sur lui ! Cet homme n’avait aucune morale !

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