Infinite Competitive Dungeon Society – Chapitre 84

J’avais demandé à Peika de détruire tous les appareils électroniques à l’intérieur et autour de la pension. En tant qu’élémentaire de foudre, elle avait la capacité de détecter l’électricité. C’était quelque chose que seule elle pouvait faire.

Smartphones, appareils photos, caméras de sécurité, moniteurs, etc. Pas un seul appareil électronique n’avait été épargné. Bien qu’il eut fallu beaucoup de mana, le problème avait été rapidement réglé avec la consommation de Potions de Mana. Hélas, même mon téléphone et celui de Ye-Eun en avaient fait les frais.

Bien que la Succube de Sang ait fait en sorte que les caméras ne fonctionnent pas, j’avais préféré jouer la carte de la sûreté. Ce qui m’inquiétait le plus, c’était la mémoire des étudiants ayant été contrôlés par elle. Mon plan pour ceci avait été de questionner un des étudiants qui venait de se réveiller tout en le faisant boire jusqu’à ce qu’il s’écroule… qu’il dorme, je veux dire. Il ne se souviendrait probablement pas de mes questions.

Ensuite, j’avais créé nos alibis. Tout d’abord, pendant que les victimes de contrôle étaient encore dans les vapes, j’avais demandé à Ruyue de nettoyer la pièce. En tant qu’élémentaire de glace, la technique que j’avais préconisé pour nettoyer avec ses pouvoirs était la suivante. Tout geler (sang, poussière, etc.) sur nos corps en évitant de geler nos vêtements, avant de tout essuyer et jeter aux toilettes. Avec ça de fait, nous n’avions pas à prendre de douche ou à nettoyer nos vêtements. Après avoir découvert les pouvoirs de mes élémentaires et en avoir fait les frais, Ye-Eun avait touché son corps et ses vêtements avec un air excité.

« Incroyable ! J’en veux un aussi ! »

[Je te hais ! Sorcière !]

Après avoir crié sur Ye-Eun, qui ne pouvait pas l’entendre, Ruyue s’était envolé vers moi et s’était cachée derrière ma tête.

« Bois-ça. Ça te permettra de récupérer de toutes tes blessures. »

Alors que je caressais la tête de Ruyue, j’avais donné une potion à Ye-Eun. C’était la potion que j’avais dû prendre lors d’un combat de boss car il n’y avait eu ni équipement ni élixir ce jour-là.

Comme je ne pouvais pas donner de Potion achetée à la Boutique d’Étage, je ne pouvais donner ce que type de potion, dont j’avais une réserve limitée.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Une potion. Tu verras bien en la buvant. »

Comme je m’y attendais, elle avait commencé à être toute excitée après l’avoir bue. Je l’avais donc ignoré tout en soignant mes propres blessures. Après ceci, nous étions parfaitement propres.

Bien sûr, ça serait étrange qu’on soit parfaitement propre alors que tout le reste était un gros foutoir. Mais il y avait une raison pour que nous soyons aussi propres. Nous devions prétendre de ne jamais avoir été là ce soir-là. Lorsque les investigations commenceraient, les personnes dans la pièce détruite seraient les premières questionnées. Même s’il nous suffirait de nier avoir vu ou fait quoi que ce soit, c’était encore plus prudent de faire en sorte de ne pas avoir été présents.

« Les gens dorment généralement dans d’autres pièces de toute façon. On devrait prétendre avoir fait ça. »

« D-Dans une autre pièce… juste nous deux ?! Uu, je suis nerveuse. »

« Non, nous étions bien évidemment avec d’autres personnes… »

« … »

Hey, pourquoi tu fais cette tête déçue !’ Même si je ne trouvais plus mes mots face à son expression, j’avais nettoyé la pièce qui était devenu un capharnaüm de feu de glace et de foudre.

Bien que personne ne s’en rende compte, je voulais vraiment me débarrasser du maximum de preuves que j’avais été présent dans cette pièce. J’avais aussi ramassé les étudiants que j’avais jetés dans le couloir pour les remettre dans la pièce. Après ça, tout était plus ou moins prêt.

« Okay, il ne nous reste plus qu’à aller dans une autre pièce, prétendre qu’on est évanouis et avoir l’air surpris lorsqu’on se réveillera ce matin. »

« Shin, tu es diabolique… »

« C’est pour pouvoir continuer à vivre en paix, donc coopère. »

Mon plan était le suivant. Lorsque les gens se réveilleraient, ils paniqueraient en voyant les victimes et Chloé Blanc qui a disparue. L’Agence de la Nouvelle Lune déploierait les Gardiens pour inspecter les lieux sans être capable de découvrir beaucoup d’informations. Du moins, je l’espérais. J’avais utilisé deux élémentaires pour me débarrasser des preuves. S’ils réussissaient à trouver quelque chose sur moi, cela me donnerait un coup au moral.

En tout cas, j’apparaitrais quelques jours plus tard en tant que Yeon Hwawoo. Je dirais à l’Agence de la Nouvelle Lune que j’ai croisé par coïncidence une succube qui clamait être la propriétaire d’un Portail en France et que je m’en suis débarrassé. Bien que mon plan semble plein de lacunes, la capacité de déguisement de la succube était réel, je pouvais donc l’utiliser comme argument.

Le monde entier découvrirait son existence, ainsi que l’incident d’un boss se baladant. Il fallait qu’ils comprennent que des boss de donjons s’étaient éparpillées tout autour du globe afin de pouvoir s’y préparer.

Les points dont je devais me soucier étaient l’explication sur comment j’avais rencontré la succube qui avait quitté la pension et comme faire pour que les Gardiens n’essaient pas de récupérer le corps de la succube. Bien sûr, j’insisterais lourdement sur le fait que je l’avais rencontré par hasard et que je n’avais aucune raison de leur donner le corps. Pas un cheveu du boss ne serait délivré au gouvernement. Et je n’hésiterais pas à utiliser tous les moyens à ma disposition pour empêcher quelqu’un de me voler ce qui m’appartient. Sans aucune pitié.

Pour info, j’avais échangé les yeux de la succube à Ye-Eun contre la promesse de l’emmener manger des frites cinq fois. Bien que j’aie l’impression de profiter d’elle, elle avait été celle qui avait proposé le marché en premier. C’est ainsi que j’étais entré en possession des yeux dorés de la succube. J’avais secrètement décidé que je lui donnerais quelque chose plus tard pour équilibrer l’échange. En fait, je savais déjà quel cadeau lui faire.

Il était temps pour mettre mon plan en action. Ye-Eun et moi avions trouvé une pièce où se poser. Comme le charme du boss avait atteint cet endroit, tout le monde était effondré au sol. Nous avions trouvé un endroit où nous asseoir et nous étions allongés l’un contre l’autre. Une fois que je m’étais assis, la tension que j’avais dans tout mon corps s’était enfin relâchée, me faisant soupirer.

« Huu…Je veux juste m’allonger et dormir. »

« Fais-le. »

« Ouais, je vais faire ça. »

Qui serait capable de trouver un excellent endroit pour s’allonger et dormir dans ce merdier ? J’avais décidé de me contenter de l’endroit que j’avais trouvé puisque, faute de confort, il était au moins propre. Alors que j’étais allongé à côté de Ye-Eun, le silence s’était installé autour de nous. Elle avait été la première à le briser.

« …Tu ne vas pas me demander ? »

« Tu peux en parler quand tu seras prête. »

« … »

Elle était de nouveau retournée dans le silence pendant un moment, avant de commencer à parler avec une voix qui donnait l’impression que ces paroles avaient été réprimées depuis trop longtemps.

« En fait… J’ai affronté des monstres devant ma famille. »

« Ta famille, hein ? »

« Oui. Pour une raison inconnue, à chaque fois que je vois un monstre, je ressens le besoin viscérale de me battre. Cette fois-là… avant même que je le réalise, j’étais en train d’arracher le cœur d’un monstre avec mes mains nues. »

« … »

J’étais en train d’imaginer une jolie fille avec un rire maléfique en arrachant le cœur encore fumant d’un monstre. C’était en effet une image peu plaisante. En tout cas, elle avait un talent inné. Un talent inné pour le combat. Alors même qu’elle était parfaitement normale la plupart du temps, à la simple vue d’un monstre, elle sentait le besoin de l’éliminer.

Teratophobie ? Mon cul. C’était une tueuse née !

« Je ne pourrais jamais oublier leur façon de me regarder après ça… comme s’ils ne regardaient pas un être humain, encore moins un membre de leur famille. Alors même que je les avais sauvés, alors même que j’étais leur fille ou leur sœur… J’ai fini par quitter ma maison de mon propre chef. »

Apparemment, depuis ce jour, elle se figeait à la vue d’un monstre car elle se rappelait le regard de sa famille. Je n’aurais jamais imaginé que quelque chose comme ça soit arrivé à Ye-Eun, ou même à n’importe qui.

« Mais le jour où je t’ai rencontré, en te voyant combattre… je me suis dit ‘wow, tu peux être aussi beau et aussi cool en combattant’… »

« Quoi ? J’ai mal entendu la fin. »

En plus, je ne pensais pas que c’était cool. Si je me souvenais bien, j’avais juste embroché un pigeon avec une barre en fer, façon shish kebab.

« E-En tout cas ! Je me suis dit à ce moment-là que de bonnes choses arriveraient si je restais à tes côtés. »

« Tu aurais dû m’en parler avant et demander de l’aide. »

« Comment aurais-je pu… ? C’est dur pour moi d’en parler, même maintenant. »

« Désolé, je n’ai pas réfléchi. »

Ye-Eun avait cessé de parler pendant un moment. J’étais resté silencieux. Elle avait ensuite continué.

« Mais aujourd’hui, j’ai cru… j’ai cru que tu allais mourir… »

« Ça aurait été le cas sans toi. »

« Je voulais continuer de prétendre que j’avais peur des monstres. Je ne voulais pas te montrer mon côté bestial. »

« Comme je l’ai dit plus tôt, tu étais cool. »

Avec un léger sourire, elle avait continué.

« …Lorsque la pensée de toi, mourant sous mes yeux, m’a traversée l’esprit, j’ai oublié le visage de mes parents pendant un instant. Avant de m’en rendre compte, avec mes mains… j’avais arraché l’œil de cette femme. »

« Donc tu savais instinctivement où attaquer. Je n’arrive pas à croire que je n’ai pas réussi à voir à quel point tu es talentueuse avant aujourd’hui. En tant qu’artiste martial, j’ai honte. »

« Et comme tu as continué à dire que j’étais cool… J’ai oublié le visage de mes parents pour toujours. »

« Toujours ?! »

Tu es sûre que tu ne t’en souviendras plus à vie ?!’ A ma question, elle avait vigoureusement secoué la tête.

« A partir de maintenant, je pense que j’irais bien si je suis avec toi. Oui, j’en suis sûre. »

« …Heureux d’avoir pu t’aider. »

J’étais heureux qu’une Manieuse de Talents de ce calibre puisse utiliser entièrement son potentiel grâce à moi. J’étais encore plus heureux qu’elle soit mon amie et j’étais extrêmement content qu’elle m’ait sauvé. Cependant, comme plus le temps passait et plus mon corps et le sien entraient en contact, je me sentais un peu mal à l’aise.

« Donc prend bien soin de moi… pour toujours. »

« Comme je te l’ai dit, le mot ‘toujours’ doit être utilisé avec parcimonie. En tout cas je compte sur toi aussi. En tant que camarade Manieuse de Talents. »

« Hehe… je t’aime bien. »

« Ouais, eh bien, moi aussi je t’aime bien. »

A ce moment-là, elle s’était soudainement retournée et m’avait tenu les épaules. Ses yeux, qui étaient redevenus noirs après le combat, étaient tellement dilatés qu’on aurait dit qu’elle était sous intraveineuse de sucre. Sa poigne était assez serrée pour me faire mal. Puis elle avait dit une absurdité que je n’oublierais jamais, pour le restant de mes jours.

« Donc aujourd’hui est notre premier jour ?! »

« Non, comment dire… Je n’ai pas prévu de sortir avec quelqu’un pour un moment. Il faut que je parcoure le donjon. » (NdT : ET BAM LE RATEAU DANS TA FACE !)

« … »

Ye-Eun avait alors pâli tout en restant figée. Pour tout dire, j’étais, moi aussi, figé. Qu’est-ce qui venait de se passer ? Bien que je l’ai rejeté par réflexe, elle venait juste de me confesser son amour ?! A moi ?! C’était la seconde confession d’amour qui sortait de nulle part depuis celle que j’avais reçu lors de ma troisième année au lycée ! C’était une caméra-cachée ? Pourtant j’avais déjà détruit toutes les caméras du coin ! J’étais entré dans un état de panique.

Ye-Eun était tombée sur le sol.

« Je pensais que tu m’aimais bien… »

« C’est ce qu’on appelle de l’assurance. »

« Mais tu m’as acheté des frites… »

« Je pense que tes standards pour juger les gens ont depuis longtemps sombré dans l’oubli. »

Même si je l’aimais bien, je n’avais jamais pensé à elle comme à un membre du sexe opposé. Rien que de penser qu’elle me voyait comme ça depuis le début me faisait penser qu’elle aussi avait été célibataire toute sa vie. Ren serait heureux. J’avais trouvé un nouveau camarade !

« T-T-T-T-Tu as peut être quelqu’un que tu aimes déjà ? »

« Non. »

« Bien… Dans ce cas j’attendrais ! Je peux attendre ! »

« C’est assez gênant… »

Ye-Eun avait ignoré ce que j’avais dit tout en ayant l’air rassurée. Alors que je la regardais, j’avais comme une sensation de picotement dans la nuque. Je n’arrivais pas à croire qu’une jolie fille comme ça puisse m’aimer.

Bien sûr, par rapport à mon époque Godzilla, j’étais plus agréable à regarder. Mais à l’époque, j’avais déjà abandonné l’idée qu’un jour je puisse sortir avec quelqu’un. Ce n’était pas parce qu’une fille me disait qu’elle m’aimait que je pouvais penser quelque chose comme ‘Vraiment ? C’est bien ce que je me disais.’

J’avais l’impression de rêver, comme si je flottais sur un nuage. Mais même si j’étais un peu désolé pour elle, je ne pouvais accepter sa confession.

Je lui avais alors fait une offre.

« Je me sens un peu gêné de te proposer ça maintenant mais, Ye-Eun. »

« Tu veux qu’on commence en étant juste amis ? Mais on est déjà amis… »

« Non, ce n’est pas quelque chose de stupide comme ça. »

« Stupide ?! »

« Il y a quelque chose que je veux offrir à une Manieuse de Talents pleine de talent et qui désire défoncer des monstres. »

« … ? »

La regardant figée, sans comprendre ce que je disais, j’avais dit avec un sourire.

« Est-ce que tu veux devenir une Exploratrice du Premier Donjon ? »

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