Lv1 Skeleton – Chapitre 144

« Tu es cette ordure, ce qui reste de la naissance de cet univers. »

« Une ordure ? Tu me traites de déchet ? Eh bien, c’est un peu dur, non ? »

« Abaddon a un jour mentionné qu’il existait une erreur imprévue qui avait empêché son retour parfait. »

Je voulus réfuter ses mots immédiatement mais choisis finalement de rester silencieux.

Je suppose que c’est une bonne occasion d’en apprendre un peu plus sur Abaddon, et sur ce qu’elle a dit à mon propos.

« Une erreur ? »

« Oui, une erreur qu’elle n’avait pas pu prévoir, une erreur qui était un échec du Tout-Puissant lui-même. Mais en y repensant bien, je me dis qu’elle ne voyait pas ça comme une erreur mais plutôt comme un déchet, totalement accessoire et inutile. Tout est allé de travers après ton arrivé. Abaddon a perdu son but et l’Omega s’est fait corrompre. »

« Déchet ? Inutile ? …Corrompre ? »

« Par ta faute, j’ai perdu Abaddon, que je vénérais. Je n’ai plus de rôle à tenir. »

« Tu parles de la liberté dont tu disposes de faire tout ce que bon te semble, désormais ? Eh bien, est-ce une mauvaise chose ? Si tu prends ça pour de la corruption, je ne suis pas sûr de pouvoir même suivre cette conversation avec logique. »

« Abaddon était un être pur. Le défenseur ultime de la pureté dans cet univers. Et toi, tu es l’ordure qui l’a corrompue ! Tu es réellement un déchet ! »

« Je vois… Mais encore une fois, n’est-ce pas un peu trop brut de m’appeler ainsi ? »

« Non, c’est exactement ce que tu es. Une merde qui s’est approchée de mon Abaddon et qui l’a corrompue. »

« Et puis d’abord, quelle pureté, Idiotron ? Ce que tu appelles pureté n’est que le cycle infini de l’univers. Est-ce que cette répétition éternelle a seulement un sens ? »

« Elle représente une promesse. La promesse de retourner à ses origines, ce qu’il y a de plus pur. Et toi, ancien dieu, tu as ruiné, tu as tout ruiné ! Retirer l’Omega d’Abaddon et le séparer en Sha et L, tu es l’ennemi de toutes les créatures vivantes ! »

Metatron me hurlait dessus, les yeux brûlants de haine. Je soutins son regard malgré tout en réfléchissant aux mots qu’il venait de prononcer.

« Je ne sais pas si cela va être réalisé par mon moi futur mais je n’ai jamais rien fait de tel. Mon travail actuel consiste simplement à réparer l’harmonie dans les univers qui semble être détruite. Regarde simplement l’écran et observe mon travail incessant dans cet unique but. »

« Cesse de cracher des absurdités, ancien ! Ton existence même a privé l’univers de sa renaissance ! Le temps est maintenant devenu l’ennemi de toutes les créatures vivantes ! »

« C’est juste un paquet de suppositions de ta part. En réalité, je n’ai même pas besoin de m’expliquer mais je suppose que j’ai du temps à perdre. »

« J’aimerais bien te voir venir avec une excuse pour le crime universel que tu as commis. Je te montrerai tes erreurs et te forcerai à réaliser ce qu’il y a de mauvais dans tes actes ! »

« Eh, c’est encore une fois uniquement ton opinion. Je n’ai jamais, pour ma part, personnellement dérangé l’harmonie de l’univers. Je suis simplement la victime d’un destin qui m’a fait prendre un chemin sans me demander mon avis. »

« C’est là que tu te trompes, ancien dieu. Tu as détruit l’unité de l’univers lorsque tu as séparé l’Omega d’Abaddon pour le séparer en Sha et L.

« Eh, ce n’était pas moi. C’est… Ce sera moi, un jour sans doute, mais je n’ai encore rien fait. »

« Tu te fourvoies. Le présent et le futur ne font qu’un. Celui qui est allé dans le passé, jusqu’aux origines de l’univers, et celui qui a détruit l’harmonie… vous êtes une seule et même personne. »

« Non, c’est faux. Je ne suis pas celui que je serai à l’avenir. Me croirais-tu si je te disais que dans le futur, je ne prendrai pas les mêmes décisions ? »

« Ce n’est pas possible. Tu es destiné à rester le même que tu dois devenir. Le futur a déjà été gravé dans un marbre éternel. »

« Quoi ? »

« À moins que l’univers lui-même daigne passer par une réduction et entrer dans un nouveau cycle, ton futur ne changera pas. »

« Eh… Tu es en train de dire que mon futur moi va retourner une fois de plus dans le passé ? »

« Exact. Et à moins que l’harmonie de l’univers ne soit parfaitement rétablie, le futur ne peut changer. C’est comme une flèche qu’on tire et qu’on ne peut plus empêcher d’atteindre sa cible. Comme les choses se présentent, tu es un ticket à usage unique vers ce que tu deviendras assurément. Tu vas devenir le Dieu de la Destruction qui apportera la fin à tous les univers. »

« Quoi ? »

J’étais confus et quelque peu embarrassé par ce que prétendait Metatron prétendait. J’étais déjà sous le poids des actions de mon moi futur depuis longtemps mais je rationnalisais la chose en me disant que c’était quelqu’un d’autre, que je n’étais pas obligé de devenir cette personne. Qu’elle existait pour me dire ce que je ne devais surtout pas faire. Maintenant, j’apprenais que nous étions une seule et même existence et que je ne pouvais rien y faire ?

« Je ne peux pas te faire confiance, ancien. J’ai hérité de mes capacités de maîtrise du temps et de l’espace d’Abaddon et c’est pourquoi je sais vers quoi l’univers est destiné à se diriger. »

« Alors tu m’affirmes que je ne peux pas modifier le futur ? »

« Oui, peu importe ce que tu fais, il est déjà décidé. »

« Et si ce n’était pas le cas ? »

« Je te promets que ça l’est. S’il s’avère que je me trompe… alors j’accepterai de me plier au moindre de tes ordres. »

« Pour de vrai ? »

« Ancien. Tu as déjà fait cette promesse avec Sha. Tu ne te souviens donc pas ? »

« Pardon ? »

« Tu as verrouillé souvenirs et expériences de ce fait mais grâce à ma proximité avec Sha, je suis conscient de cette promesse qui a été faite. Sha est la lumière et je suis les ténèbres, deux faces d’une même pièce. »

« N’as-tu pas remarqué que L est le portrait craché d’Orthotron ? »

« En effet. »

« Alors la promesse avait rapport avec ça… »

« Désires-tu aller à l’encontre de ta promesse et combattre ton destin en me libérant ? »

Après un moment de réflexion silencieuse, je finis par répondre.

« Bien. Je vais choisir de croire en toi. Mais j’ai une condition. »

« Laquelle ? »

« Il existe un certain futur dans lequel je désire retourner. Ce sera ton travail de t’assurer que cela se produise. Tu t’assureras que ce futur arrive pendant que j’essayerai de le changer, ok ? »

Metatron m’observa de ses yeux grands ouverts sous le coup de la surprise. Finalement, il ouvrit la bouche.

« Je crois que nous avons un marché. »

« Parfait. »

De cette manière, le destin de l’univers entrait maintenant dans son deuxième acte.

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