Lv1 Skeleton – Chapitre 149

« Ça fait longtemps, n’est-ce pas ? »

« Comment est-il possible que tu sois là avant moi ? »

« Parce que mon destin a toujours été de te rencontrer et ce malgré le fait que tu m’as déjà tuée une fois. »

« Alors tu t’en souviens, Lorina ? »

Exact. La personne qui se tenait en face de moi était la même Lorina que celle qui faisait jadis partie de la Ligue des Réincarnés. Elle était vêtue d’une robe dorée brillante et me regardait de façon arrogante, exaltant une aura royale.

« Bien entendu. As-tu oublié quel était le rôle de la Tour des Dieux ? Elle sert à préserver les choses d’une façon qui transcende le temps et l’espace. Ici, je peux me souvenir de tout ce qui s’est passé en tous temps, à chaque époque et dans chaque réalité. »

« Alors, tu n’es pas Lorina, en réalité ? Elle, elle n’existe plus… Ou plutôt, n’a jamais existé. »

« Eh bien, tu peux considérer Lorina comme mon Avatar. Elle a été créée comme une simple mesure de sécurité. Après tout, tu en possédais un également, non ? Elle me servait essentiellement à préserver l’harmonie de ce plan d’existence. »

« Une mesure de sécurité ? »

« Ce n’est plus important. Je peux maintenant activer la fonction terminale. »

« Oh ? De quoi parles-tu ? »

« Ne sois pas si pressé. Que dirais-tu de prendre le thé ? »

* Ctulunk *

D’un geste de sa main apparut une table basse sur laquelle se trouvait un service à thé. Je m’installai sur l’une des chaises qui allaient avec la table et me saisis d’une tasse. Elle contenait un thé encore bien chaud aux effluves de citron.

« Qu’y a-t-il ? Tu ne veux pas boire avec moi ? »

Comme je me demandais s’il était sûr ou non de tremper mes lèvres dans ce liquide finalement inconnu, Lorina se moqua de moi.

« Pfff… Tu me gonfles, Lorina. Conversion d’espèce : Dieu. »

Je redevins le Dieu que j’étais, tout-puissant et à l’aura écrasante. C’était une chose rendue possible uniquement par le niveau 9 de ma magie de Création. À ce moment, je ne l’avais pas encore utilisée afin de ne pas affecter le flux de l’Histoire mais nous étions déjà au-delà de tout ça et je n’avais plus aucune raison de supporter ses moqueries.

« Ho ho ho ! Alors tu es devenu un dieu ? C’est à ça que tu ressemblais lorsque tu étais humain ? Tu es étonnamment beau gosse. Tu veux sortir avec moi un de ces jours ? »

Je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils. Même si elle était clairement magnifique, son rire faisait remonter des souvenirs enfouis, ceux de l’ancienne Lorina.

« Non. »

« Je manque de charme ? »

« Lorina, dépêche-toi de me dire tout ce que tu sais. Je perds vraiment patience ces derniers temps. Création. »

Soutenu par un froncement de sourcils sévère, je donnai naissance à cette prison sphérique dans laquelle j’avais enfermé Abaddon sous sa forme humaine. Et aussitôt, malgré les entraves qui la retenaient prisonnière, elle se libéra d’un geste. C’était vraiment la plus facile des choses au monde.

« Peut-être es-tu puissant mais laisse-moi te rappeler qu’en ces lieux, je ne peux être touchée. »

« J’admets que tu es plus forte que ce à quoi je m’attendais. Mais ne t’imagine pas une seconde que c’est tout ce dont je suis capable. »

Mon ton se voulait confiant. Je sortis et brandis Excalibur afin de ralentir le temps au maximum.

« Oh ! Ne t’ai-je pas tout juste dit qu’ici, je ne pouvais être affectée par quoi que ce soit ? En cet endroit, ma parole est absolue. »

« Huh… Se pourrait-il que tu sois le Tout-Puissant ? »

« Ha ha… Qui sait ? »

Lorina laissa échapper un ricanement sinistre avant de siroter une gorgée de thé, le plus nonchalamment du monde.

« Donne-moi une réponse claire ! »

« Oh, merde… Aussi direct qu’avant. De toute façon, puisque tu es ici, je suppose que je dois tenir ma part du marché. »

« M… Quel marché ? »

« Voyons voir… »

Elle se leva et se dirigea à l’arrière du trône pour ouvrir un coffre et fouiller dans son contenu. Je la suivis sans trop réaliser afin de mieux y voir.

« Ce n’est pas ça, pas celui-là non plus. Je jurerais que je l’avais mis quelque part par là… »

Elle balançait des centaines d’objets hors du coffre, comme s’il était sans fond.

« Johra, ce coffre est connecté à un autre espace-temps. »

Lena m’expliqua la situation ridicule avec une aisance totalement absurde.

« Ah ! La voilà ! »

Lorina sortit un petit œuf, quelque chose comme trois centimètres de diamètre.

« C’est quoi, ça ? »

« Ça… c’est ton amoureuse. »

« Quoi ? Vraiment ? »

J’accourus et tentai de lui arracher la chose des mains mais elle se volatilisa et réapparut sur le trône, comme si elle n’en avait jamais bougé. »

« Ne devrais-tu pas le demander poliment ? »

« Donne-moi ça. »

« Huh… C’était censé être poli ? »

« J’apprécierais vraiment si tu voulais bien me donner ça avant que je tente à nouveau de te botter le cul. »

« Nu-uh ! »

Lorina poussa une espèce de cri de stupeur en tendant le doigt vers moi, d’un signe sans équivoque. Sans autre choix, je me mis à genoux pour me prosterner devant elle.

« J’apprécierais sincèrement si tu voulais bien me remettre cet œuf. S’il te plait. »

« C’est mieux. Voilà. J’ai rempli ma part du marché. »

L’œuf flotta jusqu’à moi et je l’attrapai. Le tenant dans mes mains, Lorina disparut tout simplement, sans un mot, sans une trace, comme si elle n’avait attendu que ça depuis la nuit des temps.

Je me mis à la chercher dans le palais, dans la ville, plusieurs fois même. Il n’y avait plus aucun signe d’elle, elle n’avait jamais existé autre part que dans mes souvenirs. En réalité, il n’y avait toujours aucun signe de vie dans la cité toute entière.

« Johra ? Dans l’œuf, c’est un dragon rouge. »

« Eh bien, je m’y attendais. »

Je tenais l’œuf précautionneusement tout en arpentant ces rues blanches et dorées jusqu’à finalement atteindre les nuages.

« C’était par là ? »

« Oui. Nous sommes venus de cette direction. »

Aussi repris-je la route, pour finalement et étonnamment ne pas arriver à l’escalier mais face à un immense palais bleu.

« On dirait une cité de glace. Ce n’est pas un conte de fées, pourtant. »

Le palais tout entier était exactement le même que celui duquel je venais, à l’exception de sa couleur. Encore une fois, Nécropolis.

Je commençais déjà à en avoir marre de ce jeu ; en me hâtant vers la salle du trône, je vis deux personnes m’y attendre.

« Alors cette fois, c’est vous deux ? Ben voyons. »

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