Lv1 Skeleton – Chapitre 155

Driiiiiiiing *

J’avais fait la grasse matinée, ce matin-là. C’était le privilège du dimanche. Malgré ça, je fus tiré de mon sommeil prématurément par la sonnerie de mon téléphone.

« Ergh… Un numéro inconnu, en plus. »

Je recevais très rarement des appels, à l’exception de mes parents. Après avoir refusé de décrocher, je voulus me rendormir. En vain, le téléphone me rappelant à l’ordre presque aussitôt.

« Quoi… »

Ce fut à ce moment que je m’en souvins. J’avais donné mon numéro à cette jeune professeure quelque jours auparavant, ce jour où j’avais presque perdu tout espoir.

J’écoutais donc ce qu’elle avait à dire et en bondis de joie.

« Puis-je vraiment la rencontrer ? »

« Eh bien… Cela va s’avérer un tantinet compliqué sachant qu’elle a été transférée à l’étranger. »

« Où ?! Dites-le moi ! S’il vous plait ! »

Donnant suite à mon ton insistant, elle finit par m’avouer d’une voix hésitante qu’elle avait été transférée au Brésil, de l’autre côté de la planète. Ses parents étaient des diplomates et elle avait été forcée de les suivre.

Pour un étudiant classique, se rendre au Brésil pour la rencontrer aurait été une idée totalement absurde et irréalisable. Sans même imaginer ce que j’allais lui dire si je pouvais la revoir… Elle ne me reconnaîtrait probablement même pas alors comment pourrais-je la convaincre que mes souvenirs n’étaient pas qu’une simple rêverie ?

Je me ferais juste traiter de fou.

Et comme je raccrochais, la réalité me frappa. J’étais à un point critique, un carrefour qui me demandait clairement si je faisais confiance à mes souvenirs… ou pas.

J…crrza…ra… Tu peux m’en… ? Fcrzzt …cile d’établ… crrzz …ontact… peu de nanob… czeerrtttt…

Je ne rêvais pas. La voix de Lena résonnait une fois de plus dans ma tête. Non. Dans mes os. Je le sentais comme je l’avais toujours senti.

« Lena ? Lena !! »

Même si elle n’était pas capable de répondre, ce n’était pas mon imagination. Absolument pas. C’était la première fois depuis si longtemps que Lena s’était battu pour essayer de me faire parvenir une phrase complète, et elle avait un mal fou à le faire. Mais… Telle que je la connaissais, c’était bien elle. Elle n’allait pas lâcher le morceau.

« Alors, ce n’était pas qu’un simple rêve. »

De chaudes larmes se mirent à couler le long de mes joues et des années de doutes sur le point de se transformer en certitudes furent balayées instantanément, sans même que je le réalise.

« Je dois rencontrer Melpomene. Avec tout ce par quoi elle est passée, peut-être se souviendra-t-elle… »

Pour les autres, ma décision allait certainement être totalement folle. Je me mis à travailler à mi-temps dans un restaurant pendant une année complète afin de pouvoir effectuer ce voyage. Après avoir reçu l’approbation de mes parents pour un simple voyage au Brésil, j’écrivis une lettre adressée à Melpomene afin de lui faire savoir que je comptais lui rendre visite avant de réserver une place à bord d’un avion.

« Johra, est-ce correct de la rencontrer de la sorte ? »

L’année précédente, Lena avait récupéré et avait réussi à multiplier les nanobots dans une certaine mesure, ce qui nous permettait désormais de converser plutôt normalement.

« Il doit y avoir une raison. Gaia ne m’a pas renvoyé ici pour rien. Je dois la rencontrer au moins une fois. Pourquoi Melpomene serait-elle en ce monde si ce n’était pour moi ? »

Peut-être avait-ce été une chose urgent à réaliser lorsque Gaia m’avait expédié ici sans autre explication, mais j’avais manqué l’occasion lorsque nous étions proches. Maintenant, je devais faire route vers l’endroit où elle se trouvait et je n’avais pas d’autre choix.

« Déjà deux ans… »

Je ne pouvais plus perdre la moindre seconde. Après quelques transferts m’assurant des vols à bas prix, je finis par poser le pied au Brésil.

C’était une partie du globe différente et bien qu’en Corée, l’été était là… Il faisait froid au Brésil. Heureusement, comme le pays était proche de l’équateur, la température hivernale était plus proche de ce que nous avions en automne en Corée.

On me tapota sur l’épaule. Je me retournai par réflexe et me retrouvai face à une femme d’une quarantaine d’année, visiblement Coréenne.

« Pourriez-vous être… »

« Alors, tu es celui qui a envoyé cette lettre ? »

« Oui. »

« J’étais inquiet de rencontrer un étudiant étrange mais tu as l’air correct. Pourtant, je suis intriguée, oui. Pourquoi as-tu fait ce voyage autour du monde après avoir vu quelqu’un passer, au loin par la fenêtre ? »

Nous roulâmes pendant quelque temps pour arriver aux portes d’une maison à la taille assez impressionnante en périphérie de la ville. Son père était diplomate, on lui avait fourni quelque chose de plus que nécessaire.

* Ding Dong *

« Qui est-ce ? »

J’entendis enfin la voix de Melpomene résonner de l’autre côté de la porte.

« Ouvre, j’ai amené l’étudiant. »

« Vraiment ? »

La porte s’ouvrit en grand et je pus sentir l’aura de Melpomene, familière et chaleureuse. Même si son apparence était sensiblement différente de près, c’était elle.

« Uh… Salut. »

Elle hésita n moment et finit par répondre.

« Nous sommes-nous rencontrés avant ? »

« Pas vraiment, mais tu me sembles familière. »

« Tu es venu depuis la Corée juste parce que tu trouvais que j’avais l’air familière ? »

Sa mère lui avait déjà expliqué la situation mais maintenant qu’elle l’entendait de ma bouche, elle ne pouvait pas en croire ses oreilles.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à toi. »

« Tu es un étudiant venant de l’étranger… De la Corée. Tu peux rester ici pendant quelques jours si tu le souhaites. »

Sa mère me donna immédiatement la permission de rester chez eux pour quelques jours. Il semblait qu’elle aussi pensait que j’étais tombé amoureux et faire un tel voyage juste pour voir ma dulcinée était sans doute dans ce qu’elle trouvait romantique. Peut-être voulait-elle me laisser une chance de séduire sa fille.

Plus tard dans la nuit, Melpomene se glissa dans ma chambre.

Shh !

Elle posa un doigt sur ma bouche et me tira par la main. Nous nous échappâmes du domaine et elle garda le silence pendant les trente minutes que dura notre promenade nocturne. Nous finîmes par arriver dans un parc isolé.

« Je suppose que tu te demandes comment je peux marcher si bien alors que je suis aveugle ? »

« Eh bien… Oui. »

« Je préfère marcher dans le parc de nuit. La tranquillité me permet de profiter de la nature alors après être venue ici si souvent, je connais la route sur le bout des doigts. »

Il y eut un moment de silence tandis que nous écoutâmes le bruissement d’un criquet.

« Est-ce également une espèce de magie ? »

« Je dirais plus que c’est de la persévérance, si tu me demandes mon avis. »

« Ha ha ! J’ai rêvé de dieux et de magie. J’ai rêvé que je pouvais voir le monde autant que je le voulais. »

Je me tournai vers elle pour l’observer avec insistance. Elle avait visiblement conservé quelque chose de l’époque et du lieu où elle se trouvait être Thanatos, comme je m’en doutais… Comme je l’espérais.

« Peut-être me diras-tu que c’est étrange mais lorsque j’ai entendu que tu allais me rendre visite de Corée, je t’ai imaginé comme mon prince charmant sur un cheval blanc, venant m’emmener loin de ce monde pour me faire vivre un conte de fée. Que ça signifierait que je n’étais pas une espèce de foldingue, à rêver de tout ça. »

« Tu n’es pas folle. J’ai fait le même rêve. »

« Quoi ? Que viens-tu de dire ? »

« Que j’ai fait le même genre de rêve. »

« Hoho… Je pourrais bien te croire… Je pourrais. »

Elle se mit à pleurer, contre toute attente. Finalement, elle essayait de plaisanter mais elle semblait vraiment penser que ses rêves pouvaient devenir réalité.

« Lena, tu es prête ? »

« Je pense que je pourrais momentanément interrompre l’interférence magique afin d’accéder au réseau Séphiroth mais ce sera vraiment pour un temps extrêmement court et je ne pourrai pas le refaire pendant un long moment. »

« C’est parfait. À mon signal. »

Je répondis avec un grand sourire.

« Juste pour cette fois, je peux te montrer un miracle, veux-tu ? 3… 2… 1… Maintenant. »

Et comme mon compte à rebours arrivait à sa fin, je changeai sa vie.

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