Maou-sama no Machizukuri! – Tome 7 Chapitre 6

Si le Seigneur-Démon Noir allait utiliser sa religion et ses croyants contre moi, je ne voyais aucune raison de me retenir en fondant ma propre religion afin de l’utiliser contre lui.

À cet égard, l’ingrédient le plus important dans l’établissement et la diffusion d’une religion était les miracles.

Heureusement, nous n’en avions pas besoin puisqu’Avalon elle-même était un miracle.

C’était un fait connu qu’Avalon s’était construite en seulement une semaine.

En outre, Avalon n’avait jamais été touchée par une catastrophe naturelle, avait toujours eu des récoltes abondantes et avait toujours eu de l’eau pure.

Grâce à la combinaison des bénédictions d’Aura et des hautes elfes, ainsi qu’aux infrastructures conçues par Rorono et les naines-forgeronnes, Avalon était une bien meilleure ville où vivre que d’autres.

Les miracles étaient en abondance à Avalon.

« Cependant, nous sommes assez harcelés. » (Procell)

Même maintenant, les croyants de la religion du Seigneur-Démon Noir venaient toujours à Avalon pour nous harceler.

Ils affirmaient que le chef de la ville était un Seigneur-Démon et que je voulais apporter le malheur à chaque citoyen de la ville.

Pour aggraver les choses, pour une raison inconnue, le Seigneur-Démon Noir avait inclus dans ses enseignements que les êtres humains étaient supérieurs et que les demi-humains étaient sales et inférieurs, conduisant à une discrimination contre ces derniers.

Sur cette base, ils disaient aux autres de m’exclure, le démon exploitant les citoyens d’Avalon, tout en faisant la même chose ou peut-être en asservissant les demi-humains. Ils rajoutaient qu’ils accorderaient à tous ceux qui aideraient à me combattre, la bénédiction de Dieu et une vie meilleure.

Malheureusement, il y en avait qui croyaient à de telles discussions stupides.

Si cela avait été laissé sans contrôle, alors il était possible qu’il y ait une révolte.

« Si seulement c’était aussi simple et direct que de les tuer. » (Procell)

Obtenir cela par la force pourrait être la solution la plus simple pour gérer un tel groupe.

Cependant, si possible, je voudrais éviter de prendre ce chemin. Si je le faisais, des rumeurs exagérées se propageraient sûrement en disant qu’Avalon réprimait la liberté d’expression et que l’on pouvait être emprisonné pour m’avoir simplement critiqué. Et si cela se produisait, la croissance de la population d’Avalon s’arrêterait.

Pire encore, sous prétexte d’aider les autres croyants, les nations contrôlées par le Seigneur-Démon Noir s’uniraient sous une même bannière et se dirigeraient vers nous.

Et donc, je devais trouver une autre solution.

Une donnant la meilleure impression de nous.

Je pense que c’est le moment.

*

En ce moment, je me tenais sur une petite colline surplombant Avalon.

En regardant la ville, j’avais fait quelques préparatifs pour un certain type d’événement.

« Aura, ont-ils déjà commencé ? » (Procell)

J’avais demandé cela, confiant que le vent apporterait le son de ma voix à Aura.

« Oui. Ils distribuent encore aujourd’hui avec enthousiasme des tracts. Parfois, je me sens tellement énervée que je voudrais leur tirer dessus. » (Aura)

Aujourd’hui aussi, les croyants de la religion du Seigneur-Démon Noir diffusaient des informations sur moi et propageaient la haine contre les demi-humains.

« Hé, maintenant, ils sont également victimes de cela. Des victimes trompées par le Seigneur-Démon Noir. Essayons de faire régler cela pacifiquement. » (Procell)

Je m’inquiétais plus des personnes susceptibles d’être trompées par les paroles de ces croyants que les croyants eux-mêmes.

Si nous devions commencer quelque part, ce serait avec ceux n’ayant pas encore été trompés. Nous devions leur faire comprendre que me suivre serait beaucoup plus bénéfique pour eux.

« Est-ce que l’Oracle Divin de Rorono est prêt ? » (Procell)

« Mhm. Pas de problèmes à ce niveau. Prêt à être utilisée à tout moment. » (Rorono)

Rorono venait de terminer son dernier bilan sur le dispositif de multiplexage audio stéréophonique et d’impression spatiale, également connu sous le nom d’Oracle Divin.

C’était un appareil destiné à projeter des images vers le ciel tout en émettant le son permettant à ma voix d’atteindre toute la ville.

Afin de consolider ma position, j’allais l’utiliser aujourd’hui pour la première fois.

Il était possible que son existence ait déjà été divulguée au Seigneur-Démon Noir, mais je doutais fortement que son équipe ait découvert ses fonctions ou comment je l’utiliserais.

Je parie qu’ils ne peuvent même pas imaginer que c’est déplaçable.

« Père, tu es plus cool que d’habitude aujourd’hui. » (Kuina)

Avec une lumière dans les yeux, elle avait dit cela en me regardant.

« Aujourd’hui est un événement spécial. » (Procell)

Dans la religion que j’allais fonder, je serai le symbole. Si le symbole devait paraître négligé, ce ne serait pas un symbole. Pour cette raison, je m’étais mieux habillé que d’habitude.

Grâce à Ruru qui était formidablement douée dans ce genre de choses, j’étais sûr d’avoir le regard de toute l’assemblée.

Et donc, j’avais pris une profonde inspiration.

« Rorono, s’il te plaît. » (Procell)

« Mhm. » (Rorono)

Rorono hocha la tête et activa alors l’oracle divin projetant mon image dans le ciel.

Chaque citoyen regardant le ciel était impressionné.

« Tout le monde d’Avalon peut-il m’entendre ? Beaucoup d’entre vous reconnaissent peut-être mon visage, mais laissez-moi néanmoins me présenter. Je suis Procell, le chef d’Avalon. Je suis aussi le grand sage ayant construit cette ville. » (Procell)

Ma voix résonna dans toute la ville.

Leurs réactions étaient un mélange de curiosité et de peur. Sans délai, les croyants du Seigneur-Démon Noir avaient commencé à crier que c’était de la magie noire de démon ! Etc.

« Récemment, il y a eu un groupe de personnes affirmant que je ne suis pas humain… ces personnes ont raison. Je ne suis pas humain. » (Procell)

La confusion parmi les citoyens avait augmenté au moment où j’avais dit ces mots.

Parfait, j’ai piqué leur intérêt.

« Cependant, contrairement à ce qu’ils disent, je ne suis pas un démon. Je suis un Dieu. Et ces paroles sont celles de mon oracle divin. » (Procell)

J’avais déclaré cela avec force.

Pour que les autres me croient, il était essentiel que non seulement je le dise, mais je devais aussi y ressembler.

Je devais paraître plus grand que normalement. J’avais besoin de ressembler à une voix du ciel dont les mots ne devaient pas être discutés.

Dès qu’ils avaient entendu, beaucoup parmi les citoyens commençaient à vénérer.

À leur tour, les croyants de Noir étaient troublés. Ils criaient et protestaient, mais leurs appels n’avaient aucune influence.

Au fil du temps, le nombre de citoyens pensant que j’étais un Dieu augmentait.

D’accord, voici la partie critique.

« Juste après que je sois descendu sur ces terres, j’ai fondé la cité d’Avalon. Cela devait être un paradis où tout le monde pourrait vivre heureux. N’avez-vous pas trouvé étrange qu’après tout ce temps, cette ville n’ait jamais été frappée par une catastrophe ? Que les cultures soient si abondantes ? Que même s’il s’agit déjà d’une ville assez grande, l’eau qui coule ici soit toujours claire ? Ou bien que la météo est toujours parfaite ? La réponse est simple : tous sont les œuvres d’un Dieu. » (Procell)

Tout le monde s’était probablement posé la question à un moment donné.

Jusqu’à leur arrivé à Avalon, les agriculteurs devaient constamment lutter contre les problèmes climatiques, les ravageurs, les maladies des cultures, les champs stériles et les pénuries d’eau. Souvent, ils perdaient. Après être arrivés à Avalon, ces problèmes ne les hantaient plus, leur permettant de mener une vie beaucoup plus confortable et sûre.

Pendant ce temps, les commerçants qui étaient actifs dans d’autres grandes villes auraient certainement remarqué que ces villes avaient tendance à avoir de l’eau malodorante. Sans parler des niveaux de fumée et de pollution s’y trouvant. Et pourtant, même si Avalon était tout aussi sinon plus prospère que ces villes, elle avait continué à être propre et belle.

Et ici, je leur proposais une réponse à de tels mystères : j’étais un dieu et il s’agissait de mes miracles.

« Tout cela étant dit, ces miracles ne viennent pas seulement de moi. J’ai emprunté le pouvoir des demi-humaines présent à Avalon. Ce n’est qu’en amplifiant leurs pouvoirs avec les miens que cette ville est possible. Pour cette raison, cela m’attriste que certains d’entre vous fassent campagne pour expulser les demi-humains. » (Procell)

À ce stade, j’avais fait une expression douloureuse.

L’oracle divin était vraiment utile. Les convaincre en utilisant l’expression sur mon visage était bien plus efficace que de simplement utiliser ma voix.

« Tout le monde, essayez de vous rappeler les voisins demi-humains avec lesquels vous avez passé chaque jour. Étaient-ils méchants ? Vous ont-ils fait du mal ? Je suppose que non. Plutôt, ne diriez-vous pas qu’ils rendent votre vie ici à Avalon plus riche et complète ? Je souhaite que les humains et demi humains continuent à partager leurs repas, à chanter ensemble, à boire la nuit ensemble et à rire ensemble. Je veux que tout le monde, humain et demi humain, soit heureux. » (Procell)

En m’entendant, l’excitation parmi la foule avait grandi.

Ouais, c’était la bonne approche.

Au lieu d’écouter les informations infondées que les demi-humains étaient inférieurs ou qu’ils ne faisaient rien, les humains fondaient leur jugement sur quelque chose de très réel : les souvenirs de la vie qu’ils avaient partagé avec les demi-humains.

« Franchement, si cela avait été possible, j’aurais continué à cacher le fait que je suis un dieu. Je ne voulais pas que vous attendiez trop de moi. L’étendue de mon pouvoir est plutôt limitée. J’étais à peine capable de faire la ville que vous aimez. Je ne suis pas capable d’éliminer complètement une maladie, ni même de créer une richesse infinie. Soyez rassuré cependant, je suis capable de protéger les citoyens d’Avalon et leur bonheur. Mais je m’égare. La raison pour laquelle je vous parle de ma divinité aujourd’hui est que, apparemment, une certaine foi ne permettrait pas la survie des demi-humains. Ils manipulent leurs croyants et les envoient ici à Avalon pour provoquer sa ruine. » (Procell)

La foi de Rigdold était le nom de la religion du Seigneur-Démon Noir.

Les citoyens qui avaient mis les choses en place avaient commencé à parler avec les autres.

« Pour le dire franchement, sans moi, cette ville cesserait d’être ce qu’elle est et finirait par disparaître. Si les demi-humains étaient chassés, le mode de vie actuel cesserait aussi d’exister. Ces personnes sont pleinement conscientes de ces résultats, et pourtant continuent à le faire, au prix du bonheur de chacun. Ils ne s’arrêtaient pas jusqu’à ce que leurs croyances et leur dieu soient les seuls. D’autre part, je veux protéger votre bonheur et votre vie quotidienne ici. Alors, s’il vous plaît, ne soyez pas trompé par leurs paroles malveillantes. » (Procell)

En plus des expressions faciales, j’avais fait appel aux citoyens en utilisant ma voix.

Pour un dirigeant, peu d’outils dépasseraient la capacité de diffuser des informations à tous vos citoyens immédiatement et simultanément.

Non seulement je venais d’obtenir le soutien des citoyens, mais j’étais également parvenu à les faire se retourner contre les croyants de la Rigdold.

« Alors, je suis arrivé à la conclusion que je devrais commencer une religion pour unir tout le monde. Je n’ai qu’une seule doctrine : que vous soyez humain ou demi-humain, tout le monde devrait vivre en paix et dans le bonheur. Si vous approuvez à cela, vous êtes les bienvenus. Je fournirai les détails à une date ultérieure. Pour l’instant, merci pour votre temps. Continuons à être citoyens d’Avalon. » (Procell)

Après ces mots, l’oracle divin s’était coupé.

Le discours était très efficace. Tout de suite, de nombreux croyants se rassemblaient.

Tout ce qui concernait « tout le monde vivant en paix et dans le bonheur » était en train de devenir tout à fait intéressant.

Je pourrais peut-être en attirer davantage en proposant d’alléger la taxe sur eux. Les marchands sauteront sûrement sur ça.

En tout cas, j’avais assuré qu’Avalon ne serait pas détruite de l’intérieur. Les croyants de la foi de Rigdold allaient trouver plus difficile d’agir dès maintenant.

En dehors de cette menace, je m’étais mis à gagner au moins deux autres choses en fondant cette religion.

Premièrement, si je tenais une réunion de prière quotidienne, je pourrais acquérir une quantité impressionnante d’émotion forte. Cela pourrait en vérité être ma source d’émotions la plus efficace.

Deuxièmement, cela pourrait servir d’atout lors des négociations avec la famille royale.

Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’un début. Les choses vont forcément être très mouvementées à partir de maintenant.

Tout en étouffant un sourire, j’étais rentré.

Maintenant que j’étais sur un pied d’égalité avec le Seigneur-Démon Noir, j’attendais avec impatience son prochain coup.

Alors que j’y pensais, un oiseau bleu s’était perché sur mon épaule.

« Dieu merci. Comme prévu du Seigneur-Démon Dragon, il est si raisonnable. » (Procell)

En plus du plan de religion, j’avais un autre mouvement en cours. Cet autre plan allait apparemment bien se dérouler, je devais l’ajouter à mes projets.

En ce moment, j’étais tout à fait prêt à accueillir et à traiter avec la famille royale.

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