Mon Voisin D’en Face – Chapitre 1

Chen Xiao jeta un coup d’œil à la porte du jeune homme d’en face.

Il y a une semaine, Chen Xiao était rentrée du travail et avait trouvé deux ou trois grandes boîtes empilées devant le vieil immeuble où il résidait, obstruant l’escalier qui était déjà étroit.

En regardant les hautes boîtes empilées devant lui, Chen Xiao fronça les sourcils. Qui pourrait être aussi stupide? Non seulement il ne craignait pas de se faire voler mais aussi il se permettait de bloquer le chemin des autres! Il se pencha et enroula ses bras autour de la boîte, essayant de la déplacer.

Merde! Je ne peux pas la bouger!

Il donna un coup de pied haineux à la boite, ouvrant la bouche et criant: « À qui est cette boîte?! Elle s’est renversée! Tout est tombé !! »

Le seul mérite que l’on pouvait attribuer à cet immeuble résidentiel qui était construit à l’ancienne, c’était qu’il n’avais que six étages, ce qui fit que chaque cri dut être entendu par au moins la moitié de ses habitants.

Effectivement, il y eut, très peu de temps après, le bruit pressé de quelqu’un qui descendait les escaliers d’en haut.

« Ah, ma boîte… »

Chen Xiao prit une profonde inspiration et se prépara à réprimander cette personne. Il leva les yeux et, yo – pas mal.

La personne qui fit son apparition semblait être âgée de 25 ou 26 ans avec des cheveux courts et foncés qui couvraient légèrement ses oreilles. Ses cheveux à l’avant étaient très courts, révélant une paire d’yeux noirs sous des sourcils épais.

À ce moment-là, le beau gosse se tenait de l’autre côté de la boîte, de sorte que la différence de hauteur des deux hommes soit clairement visible.

“Hein? Ma boîte n’est pas… » Le beau gosse jeta un coup d’oeil la boîte puis leva les yeux pour fixer Chen Xiao d’un regard interrogateur.

Les yeux de Chen Xiao se courbèrent. Il a ri: « Oh, je t’ai déjà aidé à tout ramasser, cette boîte… est très lourde. »

Le beau gosse n’y réfléchit pas beaucoup, se grattant la tête avec embarras et riant: « Merci beaucoup. »

Eh bien, son sourire était très séduisant et laissa paraître deux longues canines, deux dents de tigre si mignonnes.

« Peu importe, mais… allons tout d’abord éloigner ces choses, ce n’est pas bien de les laisser au mieux du chemin de manière à bloquer le passage pour les gens. » Comme moi, par exemple.

«Ah, je suis désolé! Je suis juste allé monter quelque chose, je pensais que je reviendrais à temps. Déplaçons juste ce tas, puisqu’il vous a gêné. »Le beau gosse se racla à nouveau la tête, s’accroupissant et prenant la grosse boîte dans ses mains, en faisant un effort, et la déplaça rapidement de l’autre côté du passage.

Chen Xiao regarda les muscles qui étaient exposés par des manches courtes en se léchant les lèvres. Satisfait, il continua de prétendre être une bonne personne: « Tous ça, vous emménagez en haut? »

« Exactement, je viens juste d’arriver ici. » Le beau gosse sourit timidement.

Oh, il emménage, de mieux en mieux.

Les yeux de Chen Xiao laissaient échapper des éclats de rire: « Je vais vous aider à déplacer toutes ces choses, car nous sommes apparemment voisins dans le même bâtiment. En outre, si vous laissez ces objets dans cet endroit qui n’est pas sûre, cela gênera certainement les autres. En plus, c’est assez fatigant de le faire tout seul. »

Il laissa courir sa langue, ne laissant aucune chance à l’autre d’en placer une, s’accroupissant et ramassant une boîte pour la porter dans les escaliers.

Le beau gosse ne s’attendait pas à rencontrer une personne aussi chaleureuse, il se figea donc sur place pendant un moment avant de ramasser les deux boîtes restantes et de le rattrapper.

« Ce… ça, c’est très lourd, vous pourriez aussi bien me laisser le faire moi-même! »

« Pas question. Je suis fort, j’étais champion de course longue distance au collège », déclara Chen Xian avec désinvolture alors qu’il pensait, trop lourd! Mais, sans effort, on n’obtient aucun résultat (on ne peut pas se permettre d’hésiter quand on chasse du loup)!… Putain, je ne sens plus mes mains. « À quel étage habites-tu? »

« Le sixième. »

Chen Xiao se sentait à la fois heureux et déprimé; d’un côté, il jubilait du fait que ce mec soit son nouveau voisin de palier, de l’autre… putain, le sixième étage?! Non, non, non, s’il n’habitait pas au sixième étage, ce ne serait pas un mec pour moi.

Bien sûr, à la fin, le bonheur éclipsa la misère. Si vous voulez piéger le jeune loup, vous devez d’abord être prêt à en payer le prix.

Pris dans un joyeux fantasme, ses mains n’étaient tout à coup plus aussi douloureuses et ses pieds paraissaient moins lourds. Toute sa personne rampait dans les escaliers en laissant échapper un léger bourdonnement.

Une fois au sixième étage, Chen Xiao posa la boîte et se secoua les mains. Il essuya la sueur qui ruisselait sur son visage en tremblant alors qu’il prétendit n’être même pas fatigué. Après avoir jeté un coup d’œil derrière lui et il pensa, si je devais monter un étage de plus, je pense que j’aurais rendu l’âme sans problème.

Le beau gosse qui lui emboîtait le pas lui lança un sourire, paraissant sans aucun signe d’essoufflement. Il a franchi la porte qui n’avait pas été fermée avec la boîte dans ses bras.

Comment peux-tu être aussi fort qu’un taureau quand tu as si peu de volonté…

Impuissant, Chen Xiao continua à porter la grande boîte et trébucha sur le seuil de la maison. À cause de ceci, son corps inactif depuis longtemps fut gravement surmené, et puisqu’il venait de faire une pause pendant un court instant, en faisant juste quelques pas, cela lui donna l’impression de ne plus tenir sur ses jambes et il s’écroula sur le sol.

Fini.

Il poussa un cri et se supporta rapidement d’une main libre contre le mur. Mais dans les secondes qui suivirent, il se sentit allégé alors que la boîte lui fut enlevée.

Avec un fracas, il s’écrasa au sol et vit le beau gosse le fixer avec la boîte dans ses bras.

Chen Xiao: « …… »

Beau gosse: « …… »

Chen Xiao: « … eh bien, ne me donne surtout pas un coup de main pour pour me relever. »

Beau gosse: « …… oh, oh, je suis désolé! »

Le beau gosse jeta à la hâte la grande boîte à côté de lui. La lourde charge heurta le sol en émettant un bruit sourd. Il passa une main autour de la taille de Chen Xiao, lui prenant la main de l’autre, et le souleva facilement, preuve de sa force.

Les yeux de Chen Xiao faillirent quitter leur orbite alors qu’il attrapait l’autre par les épaules. Tout en haletant, il renifla le doux mélange d’odeur de savon et de sueur que dégageait l’autre personne et se retrouva soudain… dur.

Chen Xiao: « …… »

Le beau gosse se confondit en excuses et dit, d’un ton inquiet: « Tu ne t’es blessé nulle part dans ta chute, hein? »

Chen Xiao a fit une mine compliquée en se libérant de ses bras: « …… »

« ?? »

Il tendit la main et tapota l’autre sur l’épaule: « …… Alors nous sommes voisins, prends soin de toi. »

Le beau gosse ne pouvait pas suivre son raisonnement. Il fut stupéfait pendant un moment et le regarda avec de grands yeux avant de s’exclamer: « Vous habitez aussi à cet étage?! »

« Exactement. Je vais me retirer en premier, tu peux prendre ton temps pour tout ranger. Si je peux faire quoique ce soit pour t’aider, s’hésite pas. »

« Ok… merci beaucoup! » Le bel homme regarda Chen Xiao sortir avec une démarche extrêmement inhabituelle, se serait-il blessé dans sa chute?

Au moment où Chen Xiao venait de franchir le seuil, son épaule fut soudainement saisie par une main puissante.

« Je m’appelle Gu MengYang. ‘Gu’ pour prendre soin, ‘Meng’ pour MengZi[1] et ‘Yang’ pour soleil. Et vous? »

« Chen Xiao, ‘Xiao’ pour… zodiac. »

Gu MengYang sourit en disant: « Alors, prends soin de toi, Chen Xiao. »

Souris… souris, mon cul! Mes yeux vont être aveuglés par ce sourire! Chen Xiao déglutit avec difficulté, faisant un signe de la main à Gu MengYang et rentra chez lui avec une grimace sur le visage.

Le lendemain était samedi. Chen Xiao avait veillé très tard pendant une semaine en attendant ce jour. Bien sûr, il s’était endormi à la fin et le réveil de son téléphone était éteint. Alors qu’il baignait dans ses fantasmes, il entendit quelqu’un l’appeler. Il fit demi-tour dans son rêve, mais ne vit personne, puis, choqué, il sauta du lit.

Il tituba jusqu’à l’entrée de son appartement, tout en poussant des jurons, et ouvrit la porte pour retrouver cette voix qui le força hors du lit: « Qui est-ce?! »

Ensuite, il vit Gu MengYang, debout à la porte, paniqué avec une expression innocente.

Les deux se montrèrent un peu gênés, se tenant face à face pendant un moment sans parler.

Il fallut une infinité d’efforts à Chen Xiao pour retirer le regard vicieux de son visage: « Ha, ah, ah, tu as besoin de quelque chose? »

Encore un peu gêné, Gu MengYang leva rigidement le sac entre ses mains pour qu’il entre dans le champs de vision de Chen Xiao.

C’est alors que Chen Xiao remarqua que Gu MengYang tenait un gros sac qui contenait quelque chose de vraiment lourd et très sphérique, qui était…

« Un pastèque?! »

« C’est juste. » Gu MengYang laissa échapper un rire spontanément. « J’en ai acheté un pour vous quand je suis allé faire mes courses et acheter des fruits ce matin. Hier, cela a dû vous causer des problèmes. »

À la vue de son apparence, si inoffensive mais aussi un peu timide, un sourire qui lui infligea de sérieux ravages; Chen Xiao, même s’il venait de se réveiller, eut le souffle coupé.

« Pourquoi te montres-tu si poli, c’est pas la peine, pas besoin de me donner ça. »

« Pas du tout, vous devez le prendre », Gu MengYang, avec une expression sincère, tendit la pastèque avec quelque peu d’insistance.

Chen Xiao y réfléchit et ne le refusa plus. Il prit le sac et, accidentellement, toucha la main de Gu MengYang. Le fait d’effleurer cette peau chaude lui fit souhaiter de ne plus s’en séparer.

« Alors, merci. »

Gu MengYang fut heureux de voir Chen Xiao prendre la pastèque et dit: « Non, je suis désolé de vous avoir dérangé dans votre sommeil, je vais donc y retourner. »

Chen Xiao vit Gu MengYang faire demi-tour et se diriger vers la porte opposée à la sienne. Il n’oublia pas de faire demi-tour et de lui faire signe avant de fermer la porte. Son cœur battait la chamade comme jamais auparavant. Il fut complètement vaincu. Quelle était cette illusion hors du commun d’amour qui le submergeait…

Et puis ce fut dimanche. Chen Xiao, qui dormait habituellement jusqu’à midi, se leva de bonne heure. Il cala son oreille contre sa porte d’entrée et commença à guetter le moindre bruit. Peut-être qu’aujourd’hui aussi, Gu MengYang va frapper à la porte? Mais il resta longtemps à écouter et, au final, n’entendit rien, pas même le bruit d’une porte, seulement le bourdonnement sans fin des femmes du bloc adjacent. Finalement, il perdit patience, ne pouvant plus endurer d’avantage, il se rendormit.

En quittant son appartement, Chen Xiao ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil de plus à cette porte. Mais, la porte n’ouvrait toujours pas et il résigna à partir en grommelant, de mauvaise humeur.

Quand il rentra chez lui plus tard, et ouvrit sa porte. Celle derrière lui s’ouvrit aussi.

« Chen Xiao? »

Il avait la main sur la clé et fit demi-tour si vite que son cou laissa entendre un ‘crac’.

« Ah? Besoin de quelque chose? » Il a enduré la douleur provenant de son cou et envoya un regard qui laissait entendre « Invite-moi immédiatement à entrer, même s’il n’y a pas vraiment un sujet duquel on puisse parler« .

« Ce n’est rien, je voulais juste… vous demander si vous voulez manger une pastèque. » Gu MengYang devait lui aussi probablement penser que ce serait quelque chose d’un peu étrange à dire, car il laissa échapper un rire embarrassé juste après avoir fini de parler.

Quoi?! Manger une pastèque?!

Chen Xiao sentit que sa tête était sur le point de tomber du haut de son cou juste après que sa mâchoire se soit affaissée sur le sol. C’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un d’accro à la pastèque, ne pouvais-tu pas, tout simplement, m’inviter pour prendre une tasse de thé?!

Avant qu’il ne puisse répondre, Gu MengYang lui lança seulement un « Attendez » précipité, et retourna dans son appartement. Après quelques instants, il en sortit et avança vers Chen Xiao avec un sac qui semblaittrès lourd.

« Là, je viens de l’acheter. »

« …… » Chen Xiao fixa la pastèque pendant un moment, puis finit par tendre la main et la lui prit des mains, « Alors, je m’excuse. »

Ainsi, quand Gu MengYang fut rentré du travail lundi soir, la première chose qu’il vit fut une grosse pastèque sur le sol, devant sa porte, ainsi qu’une note blanche sur la porte où fut noté: « Je viens de l’acheter, je t’en prie! »

À ce moment-là, Chen Xiao était en train de ronger la pastèque entre ses mains, immobile, regardant à travers le judas. Il vit Gu MengYang ramasser la pastèque avec le sourire. Il s’avança ensuite vers son propre palier.

Hmm hmm, si tu aimes autant offrir des pastèques, alors ce Grand Seigneur te permettra de lui en acheter, autant que tu veux, pour tout le reste de notre vie!

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