Shikkaku Mon no Saikyou Kenja – Chapitre 210

« … D’après toi, quelles sont les mesures à prendre pour ces poupées ? »

Le chef des chevaliers m’a posé cette question tout en regardant la poupée qui avait été utilisée pour attaquer la Baronnie de Leraya.
Cependant, la solution n’est pas vraiment simple.

Vu que ces poupées vivantes peuvent agir de façon autonome, les outils magiques servant à perturber les communications ne peuvent pas être utilisés comme contre-mesure.
Mais… ces poupées ont beau être capables d’agir de façon autonome, il faut leur donner des instructions pour qu’elles puissent agir.

Donc, s’ils veulent envoyer un nouveau set de poupées au front, ils doivent d’abord leur donner des ordres.
L’attaque contre la Baronnie de Leraya devrait s’arrêter si nous tuons celui qui donne les ordres aux poupées.

… Mais même si nous sauvons la Baronnie de Leraya, les attaques reprendront très vite à un autre endroit.
Après tout, les poupées et les marionnettistes sont dispensables.
S’ils voulaient juste donner des ordres aux poupées, ils auraient automatisé cela avec des outils magiques.

En conclusion…

« On ne peut pas simplement tuer les maîtres des poupées… il faut également détruire la source de leur approvisionnement en force vitale. »

« Force vitale ? »

« Un pouvoir que tous les humains possèdent, elle est la source du pouvoir magique et de bien d’autres choses. Elle est difficile à contrôler, alors en général, elle n’est pas utilisée… mais ces poupées s’en servent pour se mouvoir. »

« Un pouvoir que les humains possèdent, hein… Ça veut dire que des humains sont tués pour cet approvisionnement en énergie vitale ? »

« La force vitale peut être récoltée en capturant et en tuant des humains, mais ça demande trop d’efforts pour des résultats médiocres. À la place… il est plus efficace d’en prendre petit à petit à un grand nombre de gens. »

La force vitale est fondamentalement conçue pour être utilisée à l’intérieur du corps, si on l’utilise après l’avoir fait sortir du corps, son efficacité est médiocre.
Tuer et dépouiller 100-200 personnes de leur force vitale ne vous procurera pas autant de pouvoir, et enfermer vivants un tel nombre de personnes est hors de question.

« Un grand nombre de gens ? »

« Récolter petit à petit la force vitale d’une centaine de milliers de gens. Pour ça, il faudrait disperser des outils de récolte de force vitale dans une très large zone. »

« Des outils qui récoltent la force vitale ? Est-ce que des choses pareilles existent ? »

« Si c’est pour prendre une petite quantité par personne, ils peuvent avoir des formes différentes allant des machines aux médicaments… Mais les effets secondaires sont sévères, et il faut les répandre dans tout le pays. »

Je n’ai aucune idée de la forme des outils qu’ils utilisent.
Mais quelque soit leur forme, arracher la force vitale de centaines de milliers de personnes n’est pas simple.
Vu la population du monde actuel, c’est peut-être au niveau de tout un pays.

Faire cela avec les méthodes conventionnelles demanderait une quantité d’efforts irréaliste.
Ils utilisent probablement quelque chose de spécial pour cela, mais ça ne change pas le fait que cela affecte la population à une échelle nationale, ça demande clairement une opération à grande échelle.

« … Ces poupées, c’est les démons qui les ont fabriquées, pas vrai ? Est-ce que ça veut dire que l’Empire de Saihill collabore avec les démons ? »

« Je ne saurais pas dire la profondeur de leur implication, mais il y a peu de chances qu’ils ne soient pas impliqués. »

Je ne connais pas la méthode qu’ils utilisent.
Mais vu le cercle magique gravé sur cette poupée, notre ennemi envisage clairement d’en utiliser en grand nombre.
Peut-être que c’est lié à 『quelque chose』 qui est lié aux échelons supérieurs du pays.

« … Les démons ont fabriqué ces poupées, pas vrai ? Et si on les tuait ? »

Après avoir réfléchi pendant un moment, le chef des chevaliers a proposé cette idée.
Certes, c’est une option.

« Ce serait une option si le camouflage du marionnettiste était médiocre. Mais nos adversaires sont des démons, on ne pourra pas les attraper facilement s’ils se montrent prudents. Ils peuvent voler librement, après tout. »

Jusqu’à présent, tous les démons que j’ai tués restaient à un endroit ou venaient me défier eux-mêmes.
Si les démons s’enfuient avec leur vitesse, il n’y a basiquement aucun moyen de les tuer.
Et comme ils peuvent créer ces poupées n’importe où tant qu’il y a les matériaux, les démons n’ont aucune raison de rester au même endroit.

« C’est vrai, tuer des démons en fuite est difficile… Mais cette histoire de destruction d’approvisionnement en énergie vitale, comment on s’y prend, basiquement ? »

« Vu que ça affecte tout le pays, il doit y avoir des humains qui sont impliqués avec les démons. Contrairement aux démons, les organisations humaines ne peuvent pas être relocalisées facilement, alors c’est plus facile de les détruire. »

Évidemment, les démons devraient être parfaitement conscients que ces humains sont leur point faible.
Si nous attaquons ces organisations, il est possible que les démons viennent interférer.
Dans le cas échéant, il faudra juste tuer les démons.

« … Je vois. Du coup, qu’est-ce qu’on devrait faire ? »

« Pour commencer, il faudrait envoyer un réseau de surveillance à la frontière et voir s’il y a d’autres mouvements suspects. Ce qu’il faudra faire après dépendra de la situation une fois que nous aurons vu l’état de la Baronnie de Leraya. Il faudrait limiter le nombre de personnes à envoyer afin que ce ne soit pas pris pour une déclaration de guerre. »

« D’accord. On va préparer le réseau de surveillance tout de suite. Du côté de la Baronnie de Leraya… est-ce que ton équipe peut participer à l’enquête, Mathias ? Notre pays n’a malheureusement personne d’autre qui en sache autant sur les poupées. Évidemment, on vous donnera des bonnes récompenses, et on fera également de notre mieux de notre côté. »

Après avoir entendu cela, j’ai regardé les filles qui étaient assises à côté de moi.
Elles ont toutes les 3 immédiatement hoché la tête.

« D’accord. On va vous aider. »

Je ne peux pas ignorer cette affaire car elle est liée aux démons.
Ça n’aurait pas été nécessaire s’il fallait juste combattre les poupées, mais la situation va empirer si je ne m’implique pas.

« Merci. »

Après avoir entendu ma réponse, le chef des chevaliers s’est tourné vers un chevalier d’âge moyen qui assistait également à la réunion.

« Regild, prépare une unité à envoyer à la Baronnie de Leraya le plus vite possible. »

« Comment dois-je la composer ? »

« Nous devons éviter d’être pris pour une déclaration de guerre, mais être regardés de haut par les autorités locales risque de gêner l’enquête. Pourquoi pas un vicomte de confiance et son escorte ? »

Vicomte… un rang au-dessus du baron, hein.
D’après les leçons que j’ai eues durant les cours de la 2ème Académie, il semble que les chevaliers hauts gradés ont un rang dans les échelons supérieurs de la cour.

Vu que les moyens de communication du monde actuel sont sous-développés, les choses sont facilitées si le commandant est influent.
Ici aussi, envoyer une personne avec un rang plus élevé que celui du Baron local permet d’obtenir facilement sa coopération.

« … Alors c’est moi qui vais y aller. Il ne devrait pas y avoir de problème, n’est-ce pas ? »

C’est ce que le chevalier a dit.
Ce chevalier est un vicomte, hein. Pas mal.

« Ouais. À ce que je sache, Regild, tu fais partie des vicomtes les plus fiables du royaume… Mais comme il faut restreindre le nombre de troupes, tu ne dois pas surestimer ta force. Si la situation de la guerre devient dangereuse, abandonne immédiatement la mission et reviens ici. Ça te va, Mathias ? »

Je ne connais pas les capacités de ce chevalier appelé Regild, mais d’après les mots du chef des chevaliers, il a l’air fiable.
Et le fait qu’il lui ordonne de revenir dès que la situation semble dangereuse signifie que ce Regild est quelqu’un d’important.

Je ne connais pas de chevalier en qui faire confiance, alors en avoir un avec nous est une bonne chose.
Je ne peux pas espérer qu’il puisse nous aider au combat… mais il devrait être une aide considérable pour recueillir des informations auprès de la population locale.

« Pas de problème. »

« Alors je compte sur toi… Quand est-ce que tu pars ? »

« Je peux partir dès maintenant. »

C’est ce que le Vicomte Regild a dit au chef des chevaliers.
Je peux y aller à tout moment, mais tout dépend des filles.
Sous cette pensée, j’active la magie de communication.

『Est-ce que quelqu’un a besoin de se préparer ?』

『Ça ira, je peux partir à tout moment.』

『Moi aussi, je peux y aller quand tu veux !』

『Moi aussi, je suis prête à partir.』

Il semble qu’il n’y a pas de problème.
Le vicomte est probablement prêt à partir en expédition à chaque fois qu’il en reçoit l’ordre, et comme nous avons la magie de stockage, nous n’avons basiquement pas besoin de faire de préparatifs.
Ma force vitale n’est pas encore complètement rétablie, mais j’en ai déjà récupéré en grande partie, alors il n’y a pas de problème. Je devrais avoir tout récupéré durant le voyage et l’enquête.

« Moi aussi, je peux y aller à tout moment. »

« C’est bon d’entendre que tu peux y aller tout de suite, Mathias… ah, et tu auras besoin d’un rang temporaire. »

« Un rang temporaire… ? »

« Ouais. Quand un non-noble dirige une armée durant un état d’urgence, on peut lui donner une pairie temporaire. Mais c’est très rare qu’un non-noble dirige une armée. »

Je vois. C’est là qu’intervient le rang temporaire, hein.
Apparemment, je vais devoir être le commandant de cette enquête.
Cependant…

« Vous parlez d’une armée, mais je vais diriger seulement 4 personnes, vous savez ? Est-ce qu’une pairie temporaire est nécessaire ? »

« Il ne le serait pas si l’objectif de cette expédition était une bataille, mais là, c’est une enquête. Si tu n’as pas de rang, les nobles locaux te regarderont de haut et pourraient te donner des difficultés inutiles… De plus, tu es dans une position où tu peux devenir un noble si tu dis que tu veux l’être, Mathias. Tu peux très bien prendre une pairie temporaire. »

… Je vois.
Ça me fait penser, le Roi a essayé à plusieurs reprises de 『me donner un territoire』.

Apparemment, dans ce pays, quiconque reçoit un territoire devient un noble… ou plutôt, seuls les nobles peuvent avoir un territoire.
En d’autres termes, me donner un territoire signifie me donner un rang et faire de moi un noble.
… Mais bon, avoir un territoire est pénible et je n’en ai pas besoin actuellement, qu’il y ait un rang avec ou pas ne change rien.

« J’ai entendu dire que recevoir une pairie temporaire prenait du temps. »

L’un des chevaliers qui assistait à la réunion a exprimé une objection au chef des chevaliers.
Face à cela, le chef des chevaliers a secoué la tête.

« En temps normal, oui. Mais là, c’est un état d’urgence, on peut omettre la cérémonie royale et accorder la pairie via un document royal. Normalement, même dans un état d’urgence, il faut déterminer si la personne est digne de recevoir une pairie ou non, mais pour Mathias, ce ne sera pas nécess― »

La porte de la salle de réunion s’est ouverte, interrompant le chef des chevaliers.
Puis un chevalier est entré.
Il avait une feuille ornée entre ses mains.

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