Terror Infinity – Tome 2 Chapitre 8-2

Zheng, quant à lui, fut poussé plusieurs mètres plus loin. Il ne tomba cependant pas au sol, non: il donna un grand coup de pied au moment d’atterrir et se projeta sans le moindre temps mort en direction de la Reine, malgré le fait que son bras droit fût baigné de sang.

En effet, le balayage de la Reine l’avait frappé à l’épaule droite et la griffe avait emporté avec elle la moitié de son bras quand elle s’en était allée. Un douleur inouïe envahissait son esprit, si puissante que n’importe qui aurait instantanément perdu connaissance mais Zheng, lui, n’y prêta pas attention. Il savait qu’il lui restait très peu de temps.

Avant même d’être entré dans l’entrepôt, Zheng était déjà blessé. Puis la Reine l’avait éventré au tout début du combat et maintenant une moitié de son bras droit venait d’être arraché. Les pertes de sang de Zheng étaient énormes et il savait que si un humain perdait plus de 20% de son sang, le coma l’attendait; s’il en perdait plus de 30%, il ne rouvrirait jamais les yeux. Zheng ignorait précisément combien de litres de sang il avait perdu, mais il sentait qu’il approchait de sa limite. De plus, la mort par hémorragie n’était pas le seul danger qui le guettait: il sentait aussi qu’il avait débloqué trop souvent et trop longtemps ses contraintes génétiques dernièrement et qu’elles étaient sur le point de le tuer de l’intérieur, au niveau cellulaire!

Il ne lui restait pas beaucoup de temps. Blessures graves, pertes de sang, contraintes génétiques: pour trois raisons différentes, s’il n’en finissait pas vite, Zheng allait mourir. Et si jamais il échouait à tuer la Reine, cette dernière n’aurait même pas à l’achever: il était déjà à moitié mort.

Je dois finir tout ça d’ici trois minutes, se dit Zheng.

Il se mit à sprinter vers l’endroit où il avait laissé tombé son fusil. La dernière barre avec grenade, la dernière barre tout court, était accrochée au dos de Lan, beaucoup trop loin. De plus, la Reine avait perdu toute ses protections sur la poitrine, le fusil serait bien suffisant pour la blesser puis l’achever. Maintenant, Zheng n’avait plus qu’à être particulièrement prudent, il ne pouvait absolument pas se permettre d’encaisser une nouvelle attaque.

La Reine poussa un cri en voyant Zheng courir vers elle. La grenade n’avait pas été si puissante que cela, si elle avait explosé à l’extérieur de l’exosquelette et non à l’intérieur alors elle n’aurait même pas été capable de blesser la Reine. Quand elle vit Zheng courir vers elle, elle grogna puis leva sa queue avant de fouetter Zheng avec.

Quand Zheng ramassa son arme, il entendit le son de l’air se fendre et devina ce qu’il se passait. Il se redressa immédiatement: il était impossible d’esquiver le coup de toutes manières, alors pourquoi ne pas utiliser ce qu’il lui restait de son bras droit pour prendre le coup plutôt que de le prendre à la tête?

Avec un bruit sourd, la queue le frappa. Il eut l’impression que la partie droite de sa poitrine venait d’être percutée par un camion et du sang coula de sa bouche. De nouvelles informations apparurent dans son esprit: côtes droites fracturées, poumon droit perforé, hémorragie interne et manque d’oxygène. Il allait mourir dans les deux prochaines minutes.

Zheng déploya toute son énergie pour résister à ce coup: au moment où la queue de la Reine le toucha, il s’y agrippa désespérément avec ce qui lui restait de son bras droit et ainsi il put éviter d’aller à nouveau voler à l’autre bout de la pièce. Il resta accroché pendant le temps qu’il fallut à la queue de la Reine pour faire quasiment un cercle complet et il atterrit de l’autre coté, là où son exosquelette avait été ouvert!

Il se saisit immédiatement de son fusil et visa la blessure béante. Quelques tirs plus tard, du sang jaunâtre jaillit de la plaie. Ce sang était sans doute mortel pour des gens normaux mais Zheng pouvait y résister dans une certaine mesure: quand il fut en partie aspergé de sang, sa peau devint noire et ce fut tout. Jie, lui, avait perdu ses deux bras dans une situation similaire.

Non, le véritable danger était l’attaque de la Reine qui allait forcément suivre. Zheng serra la mâchoire puis sauta en avant, vers la Reine. Puisqu’il était en train de risquer sa vie de toute manière, il pouvait aussi bien faire une petite surprise à la Reine, après tout.

« Crève ! »

Zheng bondit sur la partie blessée de la poitrine de la Reine. Il écrasa sa chair de ses pieds la chair et enfonça le fusil dans la blessure avant de se remettre à tirer. Lentement, il entendit faiblir les grognements de la Reine.

Après environ dix tirs, la Reine réussit enfin à le dégager de là et avant qu’il n’atterrisse au sol, sa patte se saisit de lui. Une griffe lui transperça la partie gauche de la poitrine et du sang jaillit de cette nouvelle blessure.

« Lan… Lan! Donne-moi… la barre… »

Zheng était épuisé à ce moment là. Tous ces mouvements et toutes ses blessures l’avaient vidé de ses forces. Il n’avait presque plus de Qi, son Sang était déjà en train de se surmener pour le garder en vie tant bien que mal et il était en train de perdre conscience. S’il était encore capable de bouger, c’était grâce à son désir hors du commun de survivre, sa volonté de retourner voir Lori une dernière fois. Cependant, même cette volonté commençait à le lâcher.

Lan avait le moins souffert parmi les survivants. Même si la blessure qu’elle avait à l’épaule était horrible à regarder, ce n’était rien par rapport à ce qu’avait subi Zheng, Zero ou même Jie. En entendant Zheng, elle se releva immédiatement puis se mit à courir vers la Reine, un air farouche sur le visage. Au même moment, des tirs se firent entendre: Zero était sur le ventre, baignant dans la marre de son propre sang et en train d’en vomir plus encore, mais il faisait feu sur la Reine avec son fusil automatique, chaque tir la touchant dans la partie non protégée de sa poitrine. Cela ne dura malheureusement pas : quelques secondes plus tard, la queue de la Reine le balaya sauvagement et le projeta dans une caisse d’acier, à six mètres sur sa gauche. Il était sur le point de mourir.

Lan continua à courir vers la Reine, prête à esquiver une attaque à tout moment ; elle était si faible et si peu dangereuse que cela ne fut pas nécessaire: la Reine l’ignora complètement et à la place envoya Zheng percuter un container, encore. Il avait un corps particulièrement résistant mais là, c’était le coup de trop: au moment de la collision, il entendit  sa colonne vertébral se briser et il réalisa qu’il n’avait plus aucune sensation dans le bas de son corps. Son corps était plié selon un angle impossible. Il ressemblait à un pantin désarticulé.

‘Je veux survivre, je veux survivre, je veux survivre…’ se répétait en boucle Zheng, comme une sorte de mantra pour se donner du courage.

Par instinct, Zheng avait agripper la queue de la Reine quand elle le frappa. Il profita de l’élan d’un des mouvements de la queue et sauta, à nouveau, sur la carapace de la Reine puis s’y maintint à la seule force de ses bras.

Il poussa un rugissement aussi sauvage que désespéré. Sentant la mort lui caresser le visage, il trouva en lui quelques ultimes miettes d’énergie et put rassembler un peu de Qi et de Sang dans sa main gauche avant de donner un coup dans la carapace.

C’est à ce moment là qu’il découvrit quelque chose d’inattendu: le Sang avait des capacité corrosives, comme les fluides corporels des Aliens. Après quelques secondes, ses cinq doigts creusèrent cinq petit trous dans l’exosquelette de la Reine.

« Zheng! Attrape! »

Lan n’était pas très rapide. Quand elle vit le corps de Zheng se briser après le dernier coup de la Reine, elle sprinta vers lui sans se soucier de sa propre sécurité et lui jeta de toutes ses forces la dernière barre d’acier. Juste après avoir jeté la barre, la queue de la Reine lui transperça la poitrine et y ouvrit un large trou. Avec une expression surprise et incrédule, Lan bascula lentement en avant. Lan aussi n’était plus qu’à quelques dizaines de secondes de la mort.

Voyant approcher la barre, Zheng mordit sauvagement le bord de la carapace et l’attrapa de la main gauche. La Reine avait comprit ce qui était en train de se passer et fut impitoyable: d’un coup de griffe, elle écrasa complètement la moitié inférieur de son corps: le bassin et les jambes de Zheng furent transformés en une bouillie infâme d’os, de sang et de chair.

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