Zero no Tsukaima – Tome 1 Chapitre 2

Quand Saito se réveilla, la première chose qu’il vit fut les sous-vêtements que Louise avait enlevés.

Ils avaient en quelque sorte fini dans sa ligne de mire, après avoir été négligemment jeté.

Louise était toujours endormie dans le lit, ronflant légèrement. Son visage endormi était tout simplement angélique. Maintenant, elle semblait beaucoup plus juvénile. C’était une fille bruyante et agaçante quand elle parlait de —”noble” par ici, “magicien” par là—mais quand elle dormait, elle était mignonne. Saito souhaita presque qu’elle reste comme ça pour toujours.

Puis il retourna à la réalité. Donc la nuit dernière n’était vraiment pas un rêve. Il avait pensé qu’il se serait retrouvé dans sa propre chambre, mais évidemment, ça ne s’est pas produit. Il se sentit déprimé.

Pourtant, c’était une matinée rafraîchissante. Dont la lumière radieuse éclairait la pièce.

La curiosité caractéristique de Saito était à nouveau réveillée. En y repensant, c’est un peu comme un voyage organisé. Je me demande quel genre de monde c’est ? Bien que je n’aime pas l’idée d’être le familier d’une fille magicienne et grossière qui ronfle de manière désinvolte, je devrais essayer de faire le mieux que je peux, en tout cas.

Premièrement, il alla relever la couverture qui était sur Louise.

“Qu-Quoi ? Qu’est-ce qui se passe !”

“C’est le matin, milady.”

“Huh? O-Oh… Attends, qui es-tu !?” répondit-elle à moitié endormie avec une expression vide sur son visage.

Est-ce que cette fille va bien ?

“Saito Hiraga.”

“Oh, le familier. C’est vrai, je t’ai invoqué hier, n’est-ce pas !?”

Louise se leva en baillant. Puis elle ordonna à Saito :

“Vêtements.”

Il lui lança son uniforme qui avait été placé sur une chaise. Louise commença à se déshabiller.

Saito se retourna rapidement pour cacher son visage rougissant.

“Sous-vêtements.”

“P-Prends les toi-même.”

“Ils sont dans le tiroir le plus en bas… De ce placard… Là-bas.”

Il semblait qu’elle avait prévue de tirer parti au maximum de Saito.

Retenant sa langue, il alla ouvrir le tiroir indiqué. Voilà, c’était rempli avec plein de sous-vêtements. C’était la première fois qu’il voyait des sous-vêtement féminin de cette manière, à part pour ceux de sa mère. Attrapant une paire au hasard, il l’envoya par dessus son épaule sans regarder en arrière.

Une fois que Louise les avait mis, elle marmonna à nouveau.

“Vêtements.”

“Je viens tout juste de te les donner.”

“Habille-moi.”

Faut pas pousser. Saito se tourna pour contester avec colère, uniquement pour trouver Louise assise à moitié endormie sur le lit ne portant uniquement que les sous-vêtements qu’il lui avait lancés. Tout à coup il ne sut plus où regarder.

Louise fit la moue en signe de mécontentement.

“Tu ne dois pas le savoir puisque tu es un roturier, mais les nobles ne s’habillent jamais eux-mêmes si ils ont un serviteur de disponible.”

Cela l’irrita.

“Tu peux au moins t’habiller toi-même.”

“Alors d’accord. Comme punition pour avoir été un familier irrespectueux : pas de petit déjeuner,” déclara Louise, levant un doigt de manière triomphante.

A contrecoeur, Saito ramassa son chemisier.

* * *
Quand il quitta la pièce avec Louise, il vit trois portes en bois identiques le long du mur. L’une d’elles s’ouvrit, et de l’intérieur apparut une fille avec des cheveux d’un rouge flamboyant. Elle était plus grande que Louise, à peu près la même taille que Saito. Elle émettait une forte aura aguicheuse. Son visage était attirant et elle affichait une ligne de poitrine envoûtante. Ses seins étaient comme des melons.

Les deux boutons du haut de son chemisier étaient défaits, soulignant un décolleté impressionnant qui attirait l’attention des yeux de manière impulsive. Sa peau bronzée donnait une impression de santé et de beauté naturelle.

Sa taille, couleur de peau, atmosphère, et tour de poitrine… Tout cela faisait un fort contraste par rapport à Louise, qui avait des lacunes sur ces points de charme.

Quand elle vit Louise, elle sourit largement.

“Bonjour, Louise.”

Louise retourna le bonjour avec un froncement de sourcil.

“Bonjour… Kirche.”

“Ceci… est ton familier ?” demanda Kirche d’une manière quelque peu moqueuse, en indiquant Saito du doigt.

“En effet.”

“Haha ! Donc c’est vraiment un humain ! C’est incroyable !”

Saito en fût fâché. Désolé d’être un humain. Qu’est-ce tu es alors ? Il fixa la poitrine de Kirche. Tu es juste une extraterrestre à forte poitrine. Ouais, une extraterrestre à forte p-p-poitrine. Son regard s’intensifia.

“C’est bien de toi d’invoquer un roturier avec l’Invocation de Serviteur’. Comme on pouvait s’y attendre de Louise la Zéro.”

Les joues blanches de Louise virèrent en un rouge écarlate.

“Tais-toi.”

“J’ai aussi invoqué un familier hier. Contrairement à une certaine personne, j’ai réussi du premier coup.”

“Vraiment.”

“Et si on doit avoir un familier, il doit être bon comme celui-là. Flamme !”

Kirche appela son familier de manière triomphante. Un long lézard rouge foncé glissa lentement hors de sa chambre. Une vague de chaleur atteignit Saito.

“Ouah ! Qu’est-ce que c’est que cette chose rouge ?”

Kirche sourit.

“Ohoho! Ne me dis pas que c’est la première fois que tu vois un lézard de feu ?”

“Attache-le à une chaîne ou quelque chose ! C’est dangereux ! Et c’est quoi au juste ?”

“Ne t’inquiète pas. Tant que je ne lui ordonne pas, il ne va pas attaquer. Est-ce que tu ne serais pas un peu peureux.”

Kirche posa la main sur son menton, et inclina la tête de manière moqueuse.

La créature était au moins aussi grande qu’un tigre. Il y avait une flamme à l’extrémité de sa queue, et de sa bouche il projetait de la braise lorsqu’il respirait.

“Ne t’inquiète pas. Tant que je ne lui ordonne pas, il ne va pas attaquer. Est-ce que tu ne serais pas un peu peureux.”

“Est-ce que tu n’as pas chaud en étant proche de lui ?” demanda Saito. Il se calma et le regarda à nouveau. “Wow, c’est un monstre… Fantastique !”

“C’est assez frais pour moi en fait.”

“Est-ce une salamandre ?” demande Louise avec jalousie.

“En effet ! Un lézard de feu ! Vois, regarde la queue. Une flamme si intense signifie sans aucun doute que c’est une salamandre des Montagnes des Dragons de feu ! C’est comme une marque ! Les collectionneurs ne peuvent même pas mettre un prix dessus !”

“C’est sympa,” dit Louise, la voix amère.

“N’est-ce pas ? Cela correspond parfaitement avec mon affinité !”

“Ton affinité c’est le feu, n’est-ce pas ?”

“Bien sûr. Après tout, je suis Kirche l’Ardente. L’ardeur de se faire consumer doucement par la passion. Partout où je vais, les garçons tombent sous mon charme. Contrairement à toi, n’est-ce pas ?”

Kirche gonfla sa poitrine avec fierté. Ne voulant pas perdre, Louise fit la même chose, mais la différence en volume était juste trop triste.

Malgré ça, Louise dévisageait Kirche. Il semblait vraiment qu’elle détestait perdre.

“Je n’ai pas le temps d’aller partout en flirtant avec tout ce que je vois, contrairement à toi.”

Kirche sourit tranquillement. Puis elle se tourna vers Saito.

“Et quel est ton nom ?”

“Hiraga Saito.”

“Hiragasaito? Quel nom étrange.”

“Hé !”

“Eh bien, je vais m’en aller maintenant.”

Elle passa la main dans ses cheveux d’un rouge flamboyant et partit précipitamment. La salamandre la suivit avec un mignon mouvement en traînant les pattes ce qui avait l’air bizarre pour une aussi grande créature.

Quand elle disparut, Louise leva le poing dans sa direction.

“Ooh, cette fille me tape sur les nerfs ! Juste parce qu’elle a invoqué une salamandre des Montagnes des Dragons de Feu ! Argh!”

“Calme-toi, c’est juste une invocation.”

“Non, ça ne l’est pas ! On peut déterminer la réelle puissance d’un magicien juste en regardant leur familier ! Pourquoi est-ce que cette idiote a eu une salamandre, tandis que je t’ai eu ?”

“Désolé d’être un humain. Mais tu en es un toi aussi, tu sais.”

“Comparer des magiciens et des roturiers est comme comparer des loups et des chiens !” proclama Louise avec arrogance.

“…Ok, ok. Au fait, elle vient tout juste de t’appeler ‘Louise la Zéro’, mais à quoi correspond le ‘Zéro’ ? Est-ce que c’est ton nom de famille ?”

“Bien sûr que non ! Mon nom est Louise de la Vallière ! ‘Zéro’ est juste un surnom.”

“Un surnom, huh? Je peux comprendre pourquoi elle est appelée ‘l’Ardente’, mais pourquoi es-tu ‘Zéro’ ?”

“Tu n’as pas besoin de le savoir,” répondit Louise inconfortablement.

“Est-ce que c’est ta poitrine ?” demanda Saito, jetant un coup d’oeil à Louise. Ouais. Plate comme une planche.

La main de Louise vola. Il l’esquiva.

“Reviens ici !”

“Ne me frappe pas !”

Une gifle ?

Cela m’y fait penser… Cette fille…

Hier, même quand tout le monde s’en allait en volant, elle marcha.

Et la nuit dernière, quand je j’ai agrippée, elle m’a donné un coup de pied dans l’aine.

Si elle voulait vraiment me punir, est-ce que ce ne serait pas mieux d’utiliser la magie, au lieu de frapper et de donner des coups de pied ?

Ce serait bien plus efficace, et bien plus comme-un-magicien.

Comment ça se fait ? se demanda Saito.

* * *
La cantine de l’Académie de Magie de Tristain était le plus grand bâtiment de l’école et se trouvait au centre. A l’intérieur, trois extrêmement longues tables étaient disposées de manière parallèle entre elles. Sur chacune il semblait qu’on pouvait facilement y faire asseoir une centaine de personne. La table sur laquelle Louise et tous les deuxième années s’assirent était la table du milieu.

Apparemment les élèves pouvaient être identifiés par la couleur de leurs capes. Vu de l’entrée, tout ceux assis sur la table de gauche semblait un petit peu âgés et portaient des capes violettes—les troisième années.

Les élèves assis sur la table de droite portaient des capes marrons—les première années. Donc ce sont comme des uniformes selon le niveau d’étude, pensa Saito.

Absolument tous les magiciens se trouvant dans l’école, aussi bien élèves que professeurs, se rassemblaient ici pour le petit déjeuner, le déjeuner, et le dîner.

A un étage plus élevé, il pouvait voir les professeurs passant un moment agréable en bavardant.

Toutes les tables étaient somptueusement décorées.

De nombreuses bougies, des bouquets de fleurs, des paniers remplis de fruits…

La bouche de Saito était grande ouverte avec émerveillement devant la beauté absolue de la cantine. Louise leva la tête de manière impérieuse et commença d’expliquer. Ses yeux noisette scintillaient avec malice.

“L’Académie de Magie de Tristain n’enseigne pas seulement la magie, tu sais.”

“Bien…”

“Presque tous les magiciens sont des nobles. L’expression ‘les nobles accomplissent la noblesse par l’usage de la magie’ est la fondation de l’éducation que nous recevons en tant que nobles. Et donc, notre cantine doit aussi convenir au statut des nobles.”

“D’accord…”

“Compris ? Normalement, un roturier comme toi n’aurait jamais mis les pieds à l’intérieur de la salle des Alvíss. Soit reconnaissant.”

“Bien… Hé, qu’est-ce qu’un ‘Alvíss’ ?”

“C’est le nom des nains. Tu vois toutes ces statues là-bas ?”

Là où elle indiquait, se trouvaient alignées le long des murs des sculptures raffinées de nains.

“Elles sont bien faites. Hum, ces choses… par exemple… ne s’animent pas pendant la nuit ou quelque chose dans ce genre, n’est-ce pas ?”

“Oh, tu le savais ?”

“Donc ils le font ?!”

“Eh bien, ils dansent. Cela suffit avec ça, avance-moi ma chaise ! Tu n’es pas un familier très compétent,” commenta Louise, croisant les bras et inclinant la tête, faisant onduler ses cheveux d’un blond vénitien. Ah oui, les dames d’abord. Saito tira la chaise de Louise.

Louise ne le remercia même pas tandis qu’elle s’asseyait. Saito avait aussi tiré une chaîne pour s’y asseoir.

“C’est incroyable !” cria Saito. C’est beaucoup trop somptueux pour un petit déjeuner. Un énorme poulet rôti tentait énormément Saito. En dehors de ça, il y avait aussi du vin et une tourte cuite avec une forme de truite.

“Je ne peux pas manger tout ça ! Je mourrais si je le faisais ! Hé, Mlle !”

Il tapota sur l’épaule de Louise, uniquement pour la trouver en train de le dévisager.

“Quoi?” demanda Saito dubitativement. Louise garda son regard fixe.

“Ah, je me suis emballé. Je dois agir plus comme la noblesse ! Même si je ne suis pas un noble.”

Louise pointa du doigt le sol, où une assiette avait été placée.

“C’est une assiette.”

“Oui. C’en est une.”

“Il y a quelque chose de louche dedans.”

Louise mit ses mains sous son menton et dit.

“Tu sais, les familiers sont supposés rester dehors. Tu es ici uniquement parce que je l’ai spécifiquement demandé.”

Saito interloqué était assis sur le sol, regardant l’assiette se trouvant devant lui. Dedans il y avait quelques restes de viande, qui faisaient pitié, flottant dans une mince soupe. Sur le bord il y avait une moitié de pain dur.

Allongeant son cou, il regarda le dessus de la table.

Il ne put que contempler avec convoitise le festin impressionnant qui était disposé dessus. C’était au delà de toute comparaison avec sa pauvre assiette de restes.

“O Grand Fondateur Brimir et notre Reine, nous vous remercions pour cet humble repas que vous nous avez gracieusement procuré ce matin.”

Le son harmonieux de la prière augmenta en volume. Louise y prit part elle aussi, en fermant les yeux.

Au juste comment est-ce un ‘humble repas’ ? ronchonna Saito, toujours en regardant la nourriture. C’est plutôt un banquet. Si quelqu’un a reçu un ‘humble repas’, ce serait moi. Je veux dire, il y a quoi au juste dans cette assiette ? C’est pire que ce que l’on donnerait à un animal domestique. Il voulait protester. Même les animaux au Japon mangent mieux que ça !

Irrité face à ce mauvais traitement, il posa la main sur le dessus de table, mais elle fut giflée par Louise.

Saito leva la tête pour la regarder avec plein de ressentiment.

“Qu’est-ce que tu fais ?”

“Domme-moi un peu de poulet. Juste un tout petit morceau ferait l’affaire.”

“Halala…”

En grognant, Louise enleva un morceau de peau et le jeta dans l’assiette de Saito.

“Et la viande ?”

“Non, je ne vais pas commencer à créer une habitude.”

Louise elle-même commença à piocher avec enthousiasme dans le somptueux festin.

“Ah, c’est délicieux. Délicieux ! Je pense que je vais en pleurer,” murmura Saito, alors qu’il rongeait son pain dur.

* * *
Les salles de classe dans l’Académie de Magie étaient similaires aux amphithéâtres d’université. Et comme tout le reste, elles étaient construites en pierre. Le professeur faisant cours se tenait au niveau le plus bas, et les sièges étaient disposés de manière ascensionnelle comme des escaliers. Quand Saito et Louise entrèrent, tous les élèves dans la pièce tournèrent simultanément la tête vers eux.

Et alors le rire commença. Kirche était là aussi, entourée par un groupe de garçons.

Je vois, elle les a donc vraiment à ses pieds. Elle est traitée comme une reine par tous ces types. Eh bien, ce n’est pas surprenant avec une poitrine si impressionnante. Je suppose qu’une grosse poitrine est une grosse poitrine, quelque soit l’endroit où on va.

Les familiers que tout le monde avait apportés étaient un groupe varié.

La salamandre de Kirche était en boule endormie sous sa chaise. Il y avait un élève avec un hibou se reposant sur son épaule. Par une fenêtre, un serpent gigantesque regardait à l’intérieur de la classe. Un garçon siffla, et le serpent retira sa tête. En plus de ceux-là, il y avait aussi un corbeau et un chat.

Mais ce qui attira le plus l’attention de Saito était les créatures qu’ils auraient considérées comme des monstres factices dans son monde. Il était tout à coup excité. Toutes sortes d’animaux incroyables étaient autour de lui.

Il aperçut un lézard avec six pattes. Cela doit être… Saito tenta de se rappeler les faibles connaissances qu’il avait sur le monde de la fantasy. Un basilic ! J’en ai vu un dans un jeu. Il y avait aussi un énorme globe oculaire flottant légèrement dans les airs. Qu’est-ce que ça peut être ? Il décida de demander à Louise.

“Qu’est-ce que c’est que ce monstre étrange de globe oculaire ?”

“Un épouvantail.”

“Alors qu’est-ce que c’est que cette chose en forme de pieuvre ?”

“Un Sukyua.”

Louise lui avait répondu avec une voix renfrognée et s’assit. Saito s’assit à côté d’elle. Elle le dévisagea.

“Quoi ?”

“C’est un siège pour magicien. Les familiers ne sont pas autorisés à les utiliser.”

A contrecoeur, il s’assit sur le sol. Je n’étais pas autorisé à manger le petit déjeuner sur la table non plus. Et ce bureau me gène vraiment. Je ne vais pas m’asseoir ici, décida-t-il, et il s’assit à nouveau sur la chaise.

Louise jeta un coup d’oeil vers lui, mais ne dit rien cette fois.

La porte s’ouvrit, et le professeur entra dans la classe.

C’est une femme d’âge mûr habillée dans une volumineuse robe violette et portant un chapeau. Elle avait un visage charnu et rond qui donnait une impression chaleureuse.

“Est-ce que cette dame est une magicienne aussi ?” murmura Saito à Louise.

“N’est-ce pas évident ?” lui souffla Louise.

La femme jeta un regard sur toute la pièce et dit avec un sourire satisfait.

“Bien tout le monde, il semble que l’Invocation de Printemps de Familier a été une grande réussite. Moi, Chevreuse, j’ai toujours un grand plaisir à voir les nouveaux familiers qui sont invoqués chaque printemps.”

Louise baissa les yeux.

“Eh bien, eh bien. Vous avez invoqué un assez … particulier familier, Mlle Vallière,” remarqua-t-elle tandis qu’elle regardait Saito. Le commentaire était assez innocent, mais toute la classe explosa de rire.

“Louise la Zéro ! Ne va pas attraper un roturier au hasard dans la rue juste parce que tu ne peux rien invoquer !”

Les longs cheveux blonds de Louise ondulèrent alors qu’elle se levait. En colère elle éleva sa voix limpide.

“Non ! J’ai tout fait correctement ! Il était la seule chose qui est apparu !”

“Ne mens pas ! Je parie que tu ne pouvais même pas jeter le sort ‘Invocation de Serviteur’, n’est-ce pas ?”

Les autres élèves gloussèrent.

“Mme Chevreuse ! J’ai été insultée ! Malicorne ‘le Rhume’ vient juste de m’insulter !”

Louise tapa du poing sur le dessus de table en signe de protestation.

“Le Rhume ? Je suis Malicorne ‘le windward’ ! Je n’ai attrapé aucun rhume !”

“Eh bien, ta voix rauque résonne comme si tu en avais attrapé un !”

Le garçon nommé Malicorne se leva et dévisagea Louise. Chevreuse pointa la baguette dans sa main dans leur direction. Les deux eurent soudainement des soubresauts comme des marionnettes attachées à des fils et s’assirent rigidement.

“Mlle Vallière, Mr Malicorne. S’il vous plait arrêtez cette querelle déplacée.”

Louise semblait visiblement déprimée. Toute la vivacité qu’elle avait montré juste un peu plus tôt semblait s’être évaporée.

“Appeler ses amis ‘Zéro’ ou ‘le Rhume’ n’est pas acceptable. Le comprenez-vous ?”

“Mme Chevreuse, on m’appelle seulement comme ça pour blaguer, mais pour Louise, c’est la vérité.”

Quelques ricanements éclatèrent quelque part.

Chevreuse regarda dans la salle de classe avec une expression sévère. Elle pointa sa baguette à nouveau, et comme surgi de nulle part, les bouches des élèves qui avaient ricané furent tout à coup remplies avec de l’argile rouge.

“Vous continuerez la leçon dans cet état.”

Cela mit une fin définitive à d’éventuels nouveaux débordements.

“Maintenant, commençons la leçon.”

Chevreuse toussa de manière sollenelle, et agita sa baguette. Plusieurs cailloux se matérialisèrent sur son bureau.

“Mon nom runique est ‘Argile Rouge’. Chevreuse l’Argile Rouge. Cette année, je vais vous enseigner à tous la magie de l’élément Terre. Connaissez-vous les quatre grands éléments de la magie ? Mr Malicorne ?”

“O-oui, Mme Chevreuse. Ce sont le Feu, Eau, Terre et Vent.”

Chevreuse acquiesça de la tête.

“Et combiné avec l’élément maintenant-perdu ‘Vide’, il y a cinq éléments en tout – comme tout le monde devrait déjà le savoir. Des cinq éléments, je crois que la Terre tient une position extrêmement importante. Ce n’est pas juste parce que mon affinité est la Terre, ni simplement une préférence personnelle.”

A nouveau, Chevreuse toussa de manière sollenelle.

“La magie de la Terre est une magie très importante qui régit la création de toute chose. Si il n’y avait pas la magie de la Terre, nous ne serions pas capable de produire ou traiter des métaux importants. Dresser des bâtiments à partir de grands rochers et récolter les cultures devraient nécessiter beaucoup plus de travail. Et donc, la magie de l’élément Terre est intimement lié à la vie de tout le monde.”

Ahah, pensa Saito. Donc dans ce monde, la magie est l’équivalent de la science et de la technologie de mon monde. Je pense que je comprends maintenant la raison pour laquelle Louise est si fière de s’appeler elle-même une magicienne.

“Maintenant tout le monde, rappelez-vous que la magie basique de l’élément Terre est la ‘transmutation’. Bien que certains d’entre vous ici peuvent déjà la réaliser en première année, les bases construisent les fondations, donc révisons-la à nouveau.”

Chevreuse tourna son attention vers les cailloux et fit virevolter sa baguette au-dessus d’eux.

Elle murmura alors un sort, et ils commencèrent à briller.

Quand la lumière s’estompa, les cailloux avaient été changés en un de métal scintillant.

“Est-ce que c’est d-d-de l’or, Mme Chevreuse !?”

Kirche se pencha en avant sur son siège.

“Non, ça n’en est pas. C’est du laiton. Seul les magiciens de classe Carré sont capables de transmuter de l’or. Je suis seulement…”

Chevreuse toussa légèrement en signe de fierté.

“Une magicienne Triangle…”

“Louise.”

Saito tapota Louise.

“Quoi ? Nous sommes au milieu d’un leçon là !”

“Qu’est-ce qu’est supposé signifier ces choses à propos de carrés et de triangles ?”

“C’est le nombre d’élément que l’on peut ajouter à un sort, ce qui détermine aussi le niveau d’un magicien.”

“Hu ?”

Louise expliqua à Saito en murmurant.

“On peut par exemple utiliser un sort de Terre tout seul. Mais si on lui ajoute de la magie de Feu, la puissance globale du sort augmente grandement.”

“Oh, je vois.”

“Ceux qui peuvent lancer deux éléments comme Feu et Terre ensemble, sont appelé des magiciens Ligne. Mme Chevreuse, comme elle peut combiner trois éléments, Terre-Terre-Feu, est une magicienne Triangle.”

“Qu’est-ce qu’il se passe quand on ajoute un élément à lui-même ?”

“Cela renforce cet élément et le rend plus fort.”

“Je vois. Donc en d’autres mots, on peut dire que ce professeur là-bas est une magicienne assez puissante, comme elle est un Triangle ?”

“Exactement.”

“Combien peux-tu en ajouter, Louise?”

Elle ne répondit pas.

Alors qu’ils parlaient, le professeur les remarqua.

“Mlle Vallière !”

“O-Oui ?”

“S’il vous plait abstenez-vous de discuter en privée pendant les cours.”

“Je suis désolée…”

“Puisque vous avez le temps de discuter, peut-être devrais-je vous demander de faire une démonstration pour moi ?”

“Euh ? Moi ?”

“Oui. Essayez de changer ces cailloux ici dans un métal de votre choix.”

Louise ne se leva pas. Elle restait simplement assise nerveuse et troublée

“Hé, vas-y ! Elle te désigne !” Saito lui donna un coup de coude.

“Mlle Vallière ! Y a t il un problème ?”

Mme Chevreuse l’appela à nouveau, mais Kirche leva la voix inquiète.

“Hum… professeur…”

“Oui ?”

“Je pense que ce serait mieux si vous ne la laissiez pas…”

“Et pourquoi cela ?”

“C’est dangereux.” répondit Kirche sobrement. La majorité de classe approuvèrent de la tête.

“Dangereux ? Comment cela ?”

“C’est la première fois que vous enseignez à Louise, n’est-ce pas ?”

“Oui, mais j’ai entendu dire qu’elle travaillait dur. Maintenant, Mlle Vallière. Ne vous inquiétez pas, essayez simplement. Vous ne serez pas capable de faire quoi que ce soit si vous redoutez de faire des erreurs.”

“Louise, ne le fais pas !” cria Kirche, son visage blême.

Mais Louise se leva.

“Je vais le faire.”

Avec une expression de nervosité, elle marcha brusquement sur le devant de la classe.

Chevreuse se tenait à côté de Louise et souriait.

“Mlle Vallière, vous devez visualiser fortement dans votre esprit le métal en lequel vous désirez les transmuter.”

Donnant un mignon petit hochement de tête, Louise agita sa baguette. Elle n’avait jamais semblé aussi adorable qu’à cet instant quand elle plissa ses lèvres pour commencer à chanter l’incantation.

Même en connaissant sa véritable personnalité, Saito était temporairement émerveillé.

Dans les rayons de soleil du matin qui pénétraient par la fenêtre, les cheveux d’un blond vénitien de Louise resplendissaient de manière ravissante. Ses yeux noisette semblaient comme des joyaux, et sa peau était d’un blanc sans défaut. Son nez sculpté était approprié à la noblesse.

Si seulement sa poitrine était un peu plus fournie, elle serait parfaite – presque trop même. Mais même si elle est aussi mignonne, sa personnalité est une véritable déconvenue, se lamenta Saito.

Mais alors qu’il était assis là en pleine réflexion, les élèves qui étaient assis devant lui s’étaient cachées sous leurs chaises. Est-ce qu’ils ne voient pas à quel point Louise est mignonne ? Cependant, elle ne semblait pas être très populaire. En fait, elle était appelée ‘la Zéro’ et on se moquait d’elle. En regardant tout autour, il n’y avait aucune fille presque aussi mignonne qu’elle. Seule Kirche la rivalise en terme de beauté.

Fermant les yeux, Louise récita une courte rune et agita sa baguette.

Les cailloux sur le bureau explosèrent aussitôt.

Louise et Chevreuse reçurent l’explosion de plein fouet, et furent projetées contre le tableau noir, tandis que les personnes criaient.

Les familiers apeurés augmentèrent le chaos. La salamandre de Kirche se réveilla tout à coup de son sommeil et se leva sur ses pattes arrière, en soufflant un jet de flamme. Une manticore s’envola et brisa une fenêtre pour s’échapper. A travers le trou, le serpent géant qui avait jeté un coup d’oeil un peu plus tôt se glissa à l’intérieur et avala le corbeau de quelqu’un.

La salle de classe était en pandémonium.

Kirche se leva et pointa Louise avec un doigt

“C’est pourquoi je vous avais dit de ne pas la laisser le faire !”

“Vraiment, Vallière ! Evite-nous des désagréments et abandonne l’école tout simplement !”

“Mon Lucky a été mangé par un serpent ! Lucky !”

Saito était choqué.

Mme Chevreuse ne bougeait plus de là où elle était allongée. D’après ses soubresauts occasionnels, elle n’était pas morte.

Une Louise noire de suie se mit debout lentement. Elle était une triste vue à voir. Son chemisier déchiré révélait une épaule mince, et sa culotte pouvait être vu sous sa jupe déchirée.

Cependant, quelle fille incroyable.

Elle ne semblait pas du tout être perturbée par le chaos dans la pièce.

Elle sortit un mouchoir pour essuyer la suie de son visage.

“Il semblerait que je me sois loupée un petit peu…” dit-elle avec une faible voix.

Bien sûr, cela provoqua une réponse véhémente de la part des autres élèves.

“Ce n’était pas ‘un petit peu’ ! Louise la Zéro !”

“Ton taux de réussite est toujours ZERO!”

Saito comprenait enfin pourquoi Louise était appelée ‘la Zéro’.

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