Zero no Tsukaima – Tome 1 Chapitre 3

Mr. Colbert était un professeur qui avait dédié vingt années de sa vie à l’Académie de Magie de Tristain et était maintenant un de ses piliers.

Son nom runique était “Colbert le Serpent de Feu”, et naturellement, il était un magicien spécialisé dans la magie de feu.

Depuis l’Invocation de Familier de Printemps quelques jours plus tôt, il s’était intéressé au garçon roturier que Louise avait invoqué. Ou plus précisément, il était particulièrement intéressé par les runes qui étaient apparues sur la main gauche du

garçon. C’étaient des runes inhabituelles. Et donc ces dernières nuits il s’était isolé dans la librairie et avait examiné de nombreux livres.

La librairie de l’Académie de Magie de Tristain se trouvait dans la même tour que la cantine. La bibliothèque était incroyablement grande. Elle était impressionnante car composée de rangées de livres d’environ 30 mètres de haut alignées contre

le mur. Et c’était à juste titre, puisque cet endroit regroupait l’histoire de tout ce qui avait eu lieu depuis la création du nouveau monde en Halkeginia par le Fondateur Brimir.

Colbert était maintenant dans la section de la bibliothèque portant le nom “Bibliothèque de Fenia” à laquelle seuls les professeurs avaient accès.

Dans les rangées de livres dont les élèves avaient libre accès, il n’avait pas trouvé de réponses le satisfaisant.

Utilisant un sort de Lévitation, il flottait dans les airs au niveau d’une rangée qui était hors d’atteinte et la parcourrait intensément à la recherche d’un livre particulier.

Ses efforts furent récompensés quand son regard tomba sur le titre du livre.

C’était un très vieux livre où le familier utilisé par le Fondateur Brimir était décrit.

Son attention était focalisée sur un paragraphe particulier écrit dans celui-ci, et quand il le lut avec fascination, ses yeux s’ouvrirent en grand.

Il compara un passage du livre avec l’esquisse qu’il avait faite des runes sur la main du garçon.

“Ah !” dit-il avec surprise. A ce moment-là, il perdit la concentration nécessaire pour maintenir sa Lévitation et tomba presque jusqu’au sol.

Tenant le livre, il descendit sur le sol avec précipitation et courut hors de la bibliothèque.

Sa destination était le Bureau du Principal.

* * *
Le Bureau du Principal se trouvait au dernier étage de la tour. Sir Osman, l’actuel Principal de l’Académie de Magie de Tristain, était assis avec ses coudes posés sur son élégant bureau en séquoia, en ayant l’air de s’ennuyer terriblement tandis qu’il caressait sa barde blanche et cheveux.

Il enlevait paresseusement des poils des narines avec une pince, quand il murmura lentement “hrm” et ouvrit un tiroir du bureau.

A l’intérieur, il y récupéra un narguilé.

A ce moment-là, Miss Longueville, la secrétaire qui était en train d’écrire quelque chose sur l’autre bureau placé de l’autre côté de la pièce, agita sa plume d’oie.

Le narguilé s’envola dans les airs et atterrit dans la main de Miss Longueville. Sir Osman marmonna de manière déprimée, “Est-ce amusant d’enlever les petits plaisirs d’un vieil homme, Miss…”

“Vénérable Osman, m’occuper de votre santé est aussi une partie de mon travail.”

Sir Osman se leva de sa chaise et marcha vers Miss Longueville de manière digne. Il se plaça derrière Longueville qui était assise sur une chaise, et ferma les yeux avec un air grave.

“Chaque jour qui passe est si paisible, trouver quoi faire pour passer le temps devient un véritable problème.”

Les rides gravées profondément sur le visage d’Osman montre seulement des indices de l’histoire de ce qu’il a vécu. Certains disent qu’il a 100 ans, voire 300 ans. Personne ne connaît son véritable age. Il est même possible qu’il ne le connaît plus non plus.

“Vénérable Osman,” dit Miss Longueville, sans enlever ses yeux de sa plume d’oie qui écrivait sur un parchemin.

“Qu’y a-t-il ? Miss …”

“S’il vous plait arrêtez de dire que vous n’avez rien à faire comme excuse pour me toucher les fesses.”

Sir Osman ouvrit alors légèrement la bouche et commença à déambuler par petits pas.

“S’il vous plait arrêtez de prétendre d’être sénile quand la situation tourne mal,” ajouta Miss Longueville avec une voix sans émotion. Sir Osman soupira profondément. C’était un soupir portant le poids de beaucoup de souffrance.

“Où se trouve la vérité ultime ? Y avez-vous pensé ? Miss …”

“Où qu’elle soit, je vous assure, ce n’est pas sous ma jupe, donc arrêtez de glisser votre souris sous le bureau.”

Sir Osman baissa la tête et murmura avec un visage qui semblait triste.

“Montsognir.”

Une petite souris apparut de dessous le bureau de Miss Longueville. Elle courut vers la jambe d’Osman, se percha sur son épaule, et leva la tête. Des noix furent sorties d’une poche et placées devant le visage de la souris.

“Chu chu” La souris émit des petits bruits de joie.

“Tu es mon unique véritable ami fiable, Montsognir.”

La souris commença à grignoter la noix. Elle disparut rapidement, et la souris recommença à émettre des petits bruits de joie “Chu chu”.

“Ah, oui, oui. Tu en veux plus ? Très bien, je vais t’en donner plus. Mais tout d’abord, j’aimerais avoir ton rapport, Montsognir.”

“Chu chu”

“Je vois. Blanc. Un blanc pur, hrm. Cependant Miss Longueville devrait continuer avec le noir. N’est-ce pas, mon adorable Montsognir ?”

Les sourcils de Miss Longueville se crispèrent.

“Vénérable Osman.”

“Qu’y a-t-il ?”

“La prochaine fois que vous faites ça, je ferais un rapport au palais.”

“Kah! Pensez-vous que je pourrais être le Principal de cette Académie si j’avais peur du palais ?!”

Sir Osman cria avec les yeux exorbités. C’était une démonstration impressionnante, complètement inattendue de la part d’un faible vieil homme.

“Ne soyez pas si agitée car j’ai jeté un oeil à vos sous-vêtement ! Avec une telle attitude, vous louperez l’age d’être mariée ! Haa~~ Etre jeune à nouveau~~ Miss …”

Le vénérable Osman commença à caresser les fesses de Miss Longueville avec un air digne.

Miss Longueville se leva et donna des coups de pied à son patron sans dire un mot.

“Je suis désolé. Arrêtez. Ca fait mal. Je ne le ferais plus. Vraiment.”

Le vénérable Osman se couvrit la tête et se recroquevilla. Miss Longueville respirait fortement tout en continuant à donner des coups de pied à Osman.

“Ack ! Comment pouvez-vous ! Traiter une personne âgée ! De cette façon ! Hé ! Ouch !”

Ce moment si “paisible” fut interrompu par une intrusion soudaine.

La porte fut ouverte avec vigueur, et Colbert pénétra à l’intérieur.

“Vénérable Osman !”

“Qu’y a-t-il ?”

Miss Longueville était à son bureau, assise comme si rien ne s’était passé. Sir Osman avait les mains derrière son dos, et se tourna vers le visiteur avec un air grave. C’était un retour en place vraiment rapide.

“J-J-J’ai une grande nouvelle !”

“Il y a plus de grandes nouvelles. Tout n’est plus qu’une succession de petits évènements.”

“S’il vous plait regardez ça !”

Colbert passa à Osman le livre qu’il venait tout juste d’avoir lu.

“C’est “Les Familiers du Fondateur Brimir,” n’est-ce pas ? Vous continuez à lire de la littérature ancienne ? Si vous avez le temps de faire ça, pourquoi ne pas plutôt imaginer de meilleurs moyens pour collecter les frais scolaire de ces aristocrates négligents ? Monsieur, err… Qu’est-ce que c’était déjà ?”

Sir Osman pencha la tête.

“C’est Colbert ! Vous avez oublié ?!”

“Oui, oui. Maintenant je m’en souviens. Mais comme vous parlez si rapidement je ne l’ai jamais vraiment saisi. Donc, Colby, qu’y a-t-il à propos de ce livre ?”

“S’il vous plait regardez aussi ceci !”

Colbert lui donna alors l’esquisse des runes de la main gauche de Saito.

Au moment où il les vit, l’expression d’Osman changea. Ses yeux brillèrent d’une lumière grave.

“Miss Longueville, pouvez-vous sortir ?”

Miss Longueville se leva et quitta la pièce. Osman parla seulement après avoir confirmer qu’elle était sortie de la pièce.

“Expliquez-moi tout en détail, Monsieur Colbert …”

* * *
C’était juste avant l’heure du dîner quand ils finirent finalement à remettre en ordre la salle de classe que Louise avait mis en désordre. Comme punition, l’utilisation de la magie pour nettoyer avait été interdite, donc cela prit un temps considérable. Mais de toute façon, Louise ne pouvait pas vraiment utiliser la plupart des sorts, donc cela ne changeait pas grand chose pour elle. Mme. Chevreuse avait repris connaissance deux heures après avoir subie l’explosion, mais bien qu’elle soit revenue pour faire la classe, elle ne fit pas d’autre leçon sur la Transmutation durant toute la journée. Il semblerait qu’elle en ait été assez traumatisée.

Ayant fini de remettre en ordre, Louise et Saito se dirigeaient vers la cantine pour le dîner. Sur le chemin, Saito se moqua de Louise de nombreuses fois. Après tout, c’était la faute de Louise si il avait du faire tout ce travail manuel à l’instant. C’était Saito qui avait porté la nouvelle vitre pour la fenêtre. C’était Saito qui avait déplacé tous les lourds bureaux. Et bien sûr, c’était Saito qui avait nettoyé la salle de classe noire de suie avec un chiffon. Tout ce que Louise avait fait était de nettoyé quelques bureaux, et avec réticence.

Je dois dormir sur le sol. La nourriture est mauvaise. Et en plus de ça, je dois laver des sous-vêtements (Même si je ne l’ai pas encore fait).

Avec tout ces mauvais traitements de la part de Louise, il était impossible à Saito de rester silencieux après la découverte de son point faible. Il la taquina comme si il n’y avait pas de lendemain.

“‘Louise la Zéro.’ Maintenant je comprends~ C’était vraiment parfait~ Un taux de réussite de zéro. Mais une noble malgré ça… fantastique !”

Louise resta silencieuse, ce qui incitait Saito encore plus.

“Transmutation ! Ah ! Kaboom ! Transmutation ! Ah ! Kaboom ! Oh, je me suis loupé ! Seule ‘la Zéro’ se loupe comme ça !”

Saito dansait en tournant autour de Louise, en levant les bras à chaque fois qu’il disait “kaboom”, imitant une explosion. C’était une interprétation très détaillée.

“Maîtresse Louise. Ce modeste familier a composé une chanson pour vous.” dit Saito, en inclinant la tête avec respect. Bien sûr, c’était un geste vide, une complète dérision.

Les sourcils de Louise se crispèrent. Saito était si content qu’il ne remarqua pas qu’elle était sur le point d’exploser.

“Pourquoi ne pas la changer alors ?”

“‘Lou-Lou-Louise est un cas si désespéré~ Une magicienne qui ne peut même pas utiliser la magie ! Cependant ce n’est pas un problème ! Parce qu’elle est une fille…'”

Saito se tenait l’estomac quand il éclata de rire.

“Bwahahaha !!”

Il riait de sa propre blague. Peut-être était-il aussi un cas désespéré.

* * *
Quand ils arrivèrent dans la cantine, Saito tira la chaise de Louise.

“Souvenez-vous, ma lady. Ne lancer aucun sort sur la nourriture. Imaginez le désordre si elle explosait.”

Louise s’assit sur la chaise sans rien dire. Saito était complètement satisfait, ayant pu se moquer de Louise plusieurs fois. Cette victoire totale compensait ce que cette impertinente et vaniteuse Louise lui faisait subir. Même ce faible repas ne le dérangeait plus tant que ça.

Alors que la maigre soupe et le pain servis était toujours douloureux à subir, c’était une assez bonne contrepartie pour avoir ri autant plus tôt.

“Donc, Fondateur quelque chose. Votre Majesté la Reine. Merci beaucoup pour cette nourriture ridicule. Itadakimasu.”

Alors qu’il allait manger, le plat fut retiré.

“Qu’est-ce que tu fais ?!”

“C-C-C…”

“‘C-C-C’?”

Les épaules de Louise tremblaient de colère, tout comme sa voix. Apparemment, elle avait réussi à contrôler sa colère jusqu’à ce qu’ils atteignent la table. Probablement pour pouvoir punir de manière appropriée.

“C-C-C-Ce familier, comment oses-t-il dire de t-t-t-telles choses à son m-m-m-maître ?”

Saito se rendit compte qu’il avait été trop loin.

“Je suis désolé ! Je ne le dirais plus, alors rends-moi ma nourriture !”

“Non ! Absolu~~ment pas ! Non !” cria Louise, son mignon visage déformé par la colère.

“Une suppression de repas pour chaque fois que tu as dit ‘Zéro’ ! Et c’est définitif ! Pas d’exceptions !”

* * *
Après ça, Saito sortit de la cantine sans avoir manger quoique ce soit.

Je n’aurais pas dû être si sarcastique… Mais il était trop tard pour avoir des regrets.

“Haa, je meurs de faim… Zut…”

Serrant son estomac, il s’appuya sur un mur avec une main.

“Est-ce qu’il y a un problème ?”

Il se tourna et vit une fille avec un air normal dans un uniforme de servante et portant un grand plateau en argent, qui le regardait de manière inquiète. Ses cheveux noirs était parés avec élégance d’un serre-tête, et ses taches de rousseur étaient mignonnes.

“Ce n’est rien…” Saito agita sa main gauche.

“Est-ce que par hasard vous ne seriez pas celui qui est devenu le familier de Miss Vallière… ?”

Il semblerait qu’elle ait aperçu les runes inscrites sur la main gauche de Saito.

“Tu me connais ?”

“Un petit peu. C’est devenu une rumeur, tu sais, qu’un roturier soit appelé par la magie d’invocation.”

La fille souriait de manière adorable. C’était le premier sourire insouciant que Saito avait vu depuis son arrivée dans ce monde.

“Es-tu aussi une magicienne ?” demanda Saito.

“Oh non, pas moi. Je suis une roturière, juste comme toi. Je sers la noblesse ici en faisant des tâches domestiques.”

Je suis en réalité de la Terre et pas un roturier, mais c’est probablement inutile d’essayer d’expliquer. Saito décida de simplement se présenter.

“Je vois… Eh bien, je suis Hiraga Saito. Enchanté.”

“C’est un nom assez étrange… Je suis Siesta.”

A ce moment-là, l’estomac de Saito gronda.

“Tu dois avoir faim.”

“Oui…”

“S’il te plait suis-moi.”

Siesta commença à marcher.

* * *
Saito était conduit dans la cuisine située derrière la cantine. De nombreux fours et casseroles étaient alignés. Des cuisiniers et d’autres servantes comme Siesta étaient occupés à préparer la nourriture.

“S’il te plait, attends un instant, d’accord ?”

Siesta fit asseoir Saito dans une chaise placé dans un coin de la cuisine et disparut en trottinant à l’intérieur de la cuisine.

Elle revint bientôt avec dans ses mains une assiette remplie d’un ragoût chaud.

“C’est du ragoût fait à partir de ce qu’il restait après la préparation des repas des nobles. Si ça ne te dérange pas, tu peux le manger.”

“Je peux ?”

“Oui. Cependant ce n’est que de la nourriture ordinaire…”

Sa gentillesse était touchante. C’était complètement différent de la soupe que Louise lui avait donné. Il porta une cuillérée à sa bouche. Délicieux. Je vais me mettre à pleurer.

“Délicieux. Je vais me mettre à pleurer.”

“C’est si bon !”

“Merveilleux. Il en reste encore beaucoup, donc prends ton temps.”

Saito mangea le ragoût comme dans un rêve. Siesta se tenait debout en le regardant, en souriant gentiment.

“Est-ce qu’on ne t’a rien donné à manger ?”

“Cette fille m’a retiré mon assiette parce que je l’avais appelée ‘Louise la Zéro.'”

“Oh non ! Tu ne dois pas dire de telles choses à des nobles !”

“Noble … noble … Etre si arrogant juste parce qu’ils peuvent utiliser de la magie.”

“Tu dois avoir beaucoup de courage…”

Siesta regardait Saito avec un visage exprimant l’étonnement.

Saito retourna l’assiette vide à Siesta.

“C’était délicieux. Merci.”

“Je suis contente que tu ais aimé. N’hésite pas à venir quand tu as faim. Si ça ne te dérange pas de manger ce que nous avons, je serais contente de partager.”

Une offre si généreuse. Saito était encore plus touché.

“Merci…”

Saito se mit soudainement à pleurer, surprenant Siesta.

“Qu-Qu’est-ce qu’il y a ?”

“Non… C’est juste que c’est la première fois que quelqu’un a été aussi gentil avec moi depuis que je suis arrivé ici … Ca m’a rendu un peu émotif …”

“C-C’est un peu exagéré …”

“Ce n’est pas exagéré. Si il y a quelque chose que je peux faire pour toi, dis-le moi. Je t’aiderais.”

Il n’était pas particulièrement intéressé dans le lavage des sous-vêtements de Louise, et préférait bien plus à la place aider cette fille.

“Dans ce cas, tu peux m’aider à servir les desserts.” dit Siesta en souriant.

“D’accord,” acquiesça Saito de la tête avec enthousiasme.

* * *
Plein de gâteaux étaient disposés sur un grand plateau d’argent pour le dessert. Saito portait le plateau, tandis que Siesta prenait des gâteaux avec des pinces et les servait aux nobles un par un.

Il y avait un magicien qui se distinguait des autres avec ses cheveux blond bouclés, portant une chemise à collerette, et semblant assez prétentieux. Il y avait aussi une rose qui dépassait de sa poche de chemise. Ses amis autour de lui le taquinait.

“Alors, Guiche ! Avec qui est-ce que tu sors actuellement ?”

“Qui est ton amoureuse, Guiche ?”

Donc il semblerait que le magicien prétentieux était nommé Guiche. Il plaça soudainement un doigt devant ses lèvres.

“‘Sortir ?’ Je n’ai pas une femme si spécifique. Après tout, une rose éclore pour le plaisir de beaucoup de personne.”

Ce type se compare à une rose. Si prétentieux qu’on ne peut plus l’en sauver. C’était le genre de narcisse qui mettait encore plus dans l’embarras les autres que lui même. Saito le regardait en pensant Meurs tout simplement.

A ce moment, quelque chose tomba de la poche de Guiche. C’était une petite fiole en verre avec un liquide violet tourbillonnant à l’intérieur.

Je n’aime pas vraiment ce type, mais je dois au moins lui dire qu’il a fait tombé quelque chose.

“Hé, tu as fait tombé cette fiole de ta poche.” dit Saito à Guiche.

Cependant Guiche ne se retourna pas. Ce type est en train de m’ignorer !

Saito passa le plateau à Siesta et se baissa pour ramasser la petite fiole.

“Tu as fait tombé quelque chose, playboy.”

Il la plaça sur la table. Guiche jeta à Saito un regard de mécontentement, et repoussa la fiole.

“Elle n’est pas à moi. De quoi est-ce que tu parles ?”

Les amis de Guiche réalisèrent alors l’origine de cette fiole et commencèrent à faire du bruit.

“Oh ? Est-ce que ce ne serait pas par hasard le parfum de Montmorency ?”

“Oui ! Cette couleur violette si intense est le parfum que Montmorency ne mélange que pour elle-même !”

“Avoir quelque chose comme ça qui tombe de ta poche, Guiche, cela signifie que tu sors actuellement avec Montmorency. N’est-ce pas ?”

“C’est différent, écoutez-moi. Je le dis par égard à sa réputation …”

Alors que Guiche allait en dire plus, une fille qui portait une cape marron et qui était assise à une table derrière eux, se leva et se dirigea vers la chaise de Guiche.

C’est une fille mignonne avec des cheveux châtain. D’après la couleur de sa cape, c’est une élève de première année.

“Maître Guiche …”

Et elle se mit soudainement à pleurer.

“Je le savais, vous et Miss Montmorency êtes …”

“Ils ont mal compris. Katie, écoute-moi. La seule personne chère à mon coeur est toi …”

Mais la fille nommée Katie gifla le visage de Guiche aussi fort qu’elle le pouvait.

“Ce parfum qui est tombé de votre poche est plus que suffisant comme preuve ! Au revoir !”

Guiche se massa la joue.

A ce moment là, une fille avec des cheveux en mèches enroulées se leva d’un siège plus loin. Saito la reconnut comme étant la fille qui s’était disputée avec Louise quand il avait été invoqué dans ce monde.

Avec un air grave, elle s’approcha de Guiche avec de petits pas rapides.

“Montmorency. C’est un malentendu. Je l’ai juste accompagnée lors d’un long trajet jusqu’à la forêt de La Rochelle …” dit Guiche en secouant la tête. Bien qu’il essayait de garder un air calme, une goutte de sueur froide coula le long de son front.

“Comme je le pensais ! Tu as fait des avances à cette première année, n’est-ce pas ?!”

“S’il te plait, Montmorency Le Parfum. Ne défigure pas ton visage qui est comme une rose qui vient d’éclore, par une telle colère. Cela me rend triste de le voir ainsi !”

Montmorency attrapa une bouteille de vin qui était sur la table et versa son contenu sur la tête de Guiche.

Et alors…

“Menteur !” cria-t-elle en s’en allant.

Un silence tomba dans la pièce.

Guiche sortit un mouchoir et lentement se nettoya le visage. Secouant la tête, il dit de façon dramatique.

“Il semblerait que ces dames ne comprennent pas la signification de l’existence d’une rose.”

Oui, et continue une telle existence, pensa Saito, alors qu’il reprenait le plateau à Siesta et commençait à s’en aller.

Guiche lui dit de s’arrêter.

“Arrête-toi.”

“Quoi ?”

Guiche se retourna sur sa chaise et croisa ses jambes. Cela donna mal à la tête à Saito de voir une telle arrogance se dégager de chacun de ses gestes.

“Parce que tu as ramassé sans réfléchir cette fiole de parfum, la réputation de deux dames a été endommagée. Comment vas-tu en prendre la responsabilité ?”

Saito répondit avec un ton exaspéré.

“Hé, c’est ta faute d’être sorti avec les deux en même temps.”

Les amis de Guiche éclatèrent de rire.

“Exactement, Guiche ! C’est de ta faute !”

Le visage de Guiche tourna au rouge.

“Ecoute, serveur. Quand tu as posé cette fiole de parfum sur la table, j’ai fait comme si je ne savais rien, n’est-ce pas ? Est-ce que tu n’aurais pas pu avoir un peu de tact et joué le jeu ?”

“Peu importe. De toute façon, tes infidélités auraient été découvertes un jour ou l’autre. De plus, je ne suis pas un serveur.”

“Hmm … Et tu es …”

Guiche renifla comme si il méprisait Saito.

“Tu dois être le roturier invoqué par cette “Louise la Zéro”. J’avais tort d’avoir espéré de la noblesse d’esprit de la part d’un roturier. Tu peux t’en aller.”

Saito craqua alors. Joli garçon ou pas, il n’était pas possible pour Saito de rester silencieux en subissant tout ça de la part d’un narcisse si prétentieux. Il ne put pas s’empêcher de faire un commentaire.

“Tais-toi espèce de prétentieux. Pourquoi est-ce que tu ne vas pas sucer tes roses pour le restant de ta vie ?”

Les yeux de Guiche étincelèrent.

“Apparemment tu ne sembles pas savoir comment il faut se comporter avec un noble.”

“Malheureusement, je viens d’un monde où il n’y a pas de nobles.”

Saito leva la main droite et parla de manière impérieuse, imitant les actions de Guiche.

“Très bien. Je vais donc t’apprendre une leçon à propos du respect. Un bon moyen pour digérer.”

Guiche se leva.

“Comme c’est amusant.”

Saito montra les dents et grogna. Premièrement, je n’ai pas aimé ce type dès le début. Deuxièmement, il sort avec deux filles très mignonnes – même si aucune des deux ne l’est autant que Louise. Et dernièrement, il s’est moqué de moi.

C’est plus que suffisant comme raison pour que je me batte. Et tant que j’y suis, je lui donnerais quelque coups de la part de Louise. Après tout, elle est tout de même une fille !

“Tu veux le faire ici ?” demanda Saito.

Bien qu’il soit plus grand que Saito, Guiche était assez maigre et semblait relativement faible. Les playboys ont la réputation de manquer d’argent et de puissance. Saito n’était lui-même pas particulièrement fort, mais il ne pensait pas qu’il pourrait perdre.

Guiche se tourna dans l’autre direction.

“Est-ce que tu t’enfuis ?”

“Ne plaisante pas. Je ne veux pas salir les tables des nobles avec le sang d’un roturier. Je t’attendrai à la Place Vestri. Viens après avoir distribué ces gâteaux”

Avec des visages excités, les amis de Guiche se levèrent et le suivirent.

Cependant une personne resta, comme pour être sûr que Saito ne s’enfuirait pas lui-même.

Siesta regarda Saito, son corps tout entier tremblant. Saito dit en souriant.

“Aucun problème. Impossible que je perde contre ce type. On va voir ce que sont ces nobles.”

“Tu … Tu vas être tué.”

“Quoi ?”

“Si on met un noble vraiment en colère …”

Siesta s’enfuit de manière pressée.

Qu’est-ce que ça veut dire ? marmonna Saito. Est-ce que ce type est si fort que ça ?

Louise était arrivée derrière lui en courrant…

“Hé ! Qu’est-ce que tu penses que tu es en train de faire ?! J’ai vu tout ça !”

“Yo, Louise.”

“Ce n’est pas le moment de me “yo”-er ! Comment est-ce que tu peux promettre un duel comme si ce n’était rien ?!”

“Mais ce type m’énervait vraiment …” répondit Saito de manière indignée.

Louise soupira et haussa les épaules.

“Excuse-toi auprès de lui.”

“Pourquoi ?”

“Si tu ne veux pas être blessé, va t’excuser. Si tu le fais maintenant, il pourrait encore te pardonner.”

“Tu plaisantes ! Pourquoi est-ce Je dois m’excuser ?! Il m’a insulté en premier ! De plus, je voulais juste aidé …”

“Juste fais-le.”

Louise fixait Saito avec un regard ferme.

“Je ne veux pas.”

“Tu ne comprends pas… Tu sais quoi ? Tu ne peux pas gagner et tu seras gravement blessé. En fait non, tu serais chanceux d’être seulement blessé.”

“Je ne le saurais pas sans avoir essayé non ?”

“Tu m’écoutes ? Un roturier ne peut pas battre un magicien !”

“Donc où se trouve la Place Vestri ?”

Saito commença à marcher. L’ami de Guiche qui avait regardé l’échange entre Louise et Saito indiqua la direction avec son menton.

“De ce côté, roturier.”

“Aaah, zut ! Vraiment ! Pourquoi est-ce que ce familier passe son temps à faire des choses égoïstement ?!”

Avec ça, Louise courut après Saito.

* * *
La Place Vestri était une cour intérieure située entre les tours des éléments Vent et du Feu. Se trouvant du côté ouest, la cour ne recevait pas beaucoup de rayon de soleil, même au milieu de la journée. C’était une place parfaite pour un duel.

Cependant … la place était actuellement bondée de personnes qui avaient entendu les rumeurs.

“Gentlemans ! C’est un duel !”

Guiche leva haut sa rose artificielle, pour provoquer des acclamations de la part de la foule.

“Guiche va faire un duel ! Son adversaire est le roturier de Louise !”

J’ai aussi un nom vous savez … pensa Saito avec amertume.

Guiche agita son bras pour répondre aux acclamations.

Après ça, il se tourna vers Saito comme si il venait finalement de se rendre compte de sa présence.

Saito et Guiche se tenait au milieu de la place, se fixant du regard.

“Tout d’abord, je te félicite d’être venu au lieu de t’enfuir !” dit Guiche avec une voix chantante, alors qu’il agitait sa rose.

“Comme si j’allais m’enfuir !”

“Eh bien, commençons alors,” dit Guiche.

Saito s’élança dès que Guiche ait eu fini de parler. La première attaque est la clé de la victoire dans un combat !

Guiche se trouve à peine à dix pas. Peu importe que tu sois un noble ou un mage, je vais juste écraser ton nez si arrogant !

Guiche regarda Saito avec un sourire tranquille et agita sa rose.

Une pétale flotta dans l’air comme si elle dansait …

Et prit la forme d’une guerrière en armure.

Sa taille était à peu près la même que celle d’une personne, mais elle semblait avoir été fabriqué avec du métal. Sous la pale lueur du soleil, sa peau … son armure brillait.

Elle se tenait stoïquement devant Saito.

“Qu-qu’est-ce que c’est ?!”

“Je suis un magicien, et donc je combats en utilisant la magie. Aucune objection n’est possible n’est-ce pas ?”

“T … toi …”

“Je suppose que j’ai oublié de le mentionner plus tôt. Mon nom Runique est “le Bronze”. Guiche le Bronze. Par conséquent, c’est mon golem de bronze “Valkyrie” qui est ton réel adversaire.”

“Quoi ?”

Le golem qui avait la forme d’une guerrière s’élança vers Saito.

Son poing droit frappa avec puissance Saito à l’estomac.

“Arg !”

Saito gémit et tomba sur le sol. Ce n’était pas surprenant, après avoir reçu le coup d’un poing en bronze dans l’estomac.

Le golem baissa les yeux sans émotion vers Saito.

Il ne pouvait pas se lever à cause de la douleur. Je suppose que c’est ce qu’on ressent quand on reçoit un coup de poing d’un boxeur professionnel, pensa-t-il.

“Quoi ? C’est déjà fini ?” dit Guiche avec une voix exprimant de la déception.

Louise surgit soudainement de la foule.

“Guiche !”

“Oh, Louise ! Désolé. Je t’emprunte juste ton familier pour un moment.”

Louise secoua ses longs cheveux et cria à Guiche.

“Cela suffit. De plus les duels sont formellement interdits !”

“Seuls les duels entre nobles sont interdits. Rien n’interdit les duels entre nobles et roturiers.”

Louise se retrouvait à court de mot.

“C-C’est parce que rien de la sorte n’a jamais eu lieu …”

“Louise, est-ce que tu aimes ce roturier ?”

Le visage de Louise devint rouge de colère.

“Non ! Ne sois pas ridicule ! C’est juste que je ne peux pas rester sans rien dire en voyant mon familier se faire battre !”

“…Qu-qui se fait battre ? Je vais parfaitement bien.”

“Saito !”

Voyant que Saito était à nouveau debout, Louise avait dit son nom presque en criant.

“…Hé hé hé, tu m’as finalement appelé par mon nom.”

Louise tremblait.

“Est-ce que tu comprends maintenant ? Un roturier ne peut pas battre un magicien !”

“…J’ai juste baissé ma garde pendant un instant, c’est tout. Je vais bien donc recule-toi.”

Saito écarta Louise.

“Oh ! Je ne pensais pas que pourrais te relever… Peut-être que j’ai trop retenu mes coups ?” dit Guiche, pour provoquer Saito encore plus.

Saito commença à marcher lentement vers Guiche. Louise courut après lui et attrapa son épaule.

“Tu dois t’arrêter ! Idiot ! Pourquoi est-ce que tu t’es relevé ?”

Il enleva la main de son épaule.

“Parce qu’il m’a mit en colère.”

“Il t’a mit en colère ? Il n’y a aucune honte à se faire battre par un magicien !”

“Tais-toi” marmonna Saito tout en marchant en titubant.

“Quoi ?”

“Tu commences aussi à m’agacer … Je ne sais presque rien à propos des magiciens et des nobles, mais pour moi vous êtes tous la même bande de gamins prétentieux. Qu’est-ce qui est si super à propos de la magie ? Idiots.”

Guiche regardait Saito avec un faible sourire sur son visage.

“Je pense que ce que tu fais est totalement inutile.”

L’esprit combatif de Saito se ralluma, et il marmonna.

“Ca n’avait aucun effet. Ta petite statue de bronze, elle est tout simplement trop faible.”

Le sourire de Guiche disparut de son visage. La main droite du golem frappa Saito au visage. Le coup l’atteignit à la joue et il fut projeté sur le sol.

Du sang sortit de son nez cassé.

Saito pensait avec une profonde surprise, en se tenant le nez. Mince… C’est donc ça la puissance d’un magicien ? Bien que je me sois déjà battu plusieurs fois, je n’ai jamais reçu un tel coup de poing.

Malgré ça il se releva en titubant. Le golem de Guiche l’attaqua sans merci et l’envoya au sol.

Il se releva à nouveau. Il se faisait frapper à nouveau.

Encore et encore, cela se reproduisait sans fin.

Le huitième coup de poing frappa Saito au bras droit. Un petit bruit de craquement se fit entendre.

Ne pouvant plus voir avec son oeil gauche qui était enflé, il vérifia l’état de son bras avec son oeil droit. Il était tordu avec un angle bizarre.

Alors que Saito regardait son bras cassé, le golem l’attaqua et lui donna un coup de pied au visage.

Sa tête frappa le sol et il perdit connaissance un instant.

Quand il ouvrit les yeux, il put voir le visage de Louise avec le ciel bleu en arrière plan.

“S’il te plait. Arrête maintenant.”

Les yeux noisette de Louise étaient humides.

Saito tenta de parler, cependant il n’y arrive pas à cause de la douleur dans sa poitrine causée par les coups répétés.

En dépit de ça, il concentra sa volonté et réussit à dire avec une voix rauque “… Est-ce que tu pleurs ?”

“Je ne pleurs pas ! Qui pleurerait ? De toute façon, tu en as fait assez, c’est suffisant. Je n’ai jamais vu un roturier comme toi avant.”

Son bras cassé lui faisait terriblement mal. Saito grimaça.

“Ca… fait mal.”

“Bien sur que ça fait mal ! C’est évident ! A quoi est-ce que tu pensais ?”

Des larmes coulèrent le long du visage de Louise et tombèrent sur la joue de Saito.

“Tu es mon familier, compris ? Je t’interdis de continuer à agir de manière si égoïste.”

La voix de Guiche fut dirigée vers les deux personnes “En a-t-on fini ?”

“…Attends un instant, je suis juste en train de reprendre mon souffle.”

“Saito !”

Guiche sourit, et agita sa rose. Cette fois, la pétale se transforma en une épée. Guiche l’attrapa et la jeta dans la direction de Saito. L’extrémité de l’épée s’enfonça dans le sol pas très loin de là où Saito était allongé.

“Toi. Si tu veux encore continuer, alors prends cette épée. Sinon, tu n’as qu’à dire un simple “Je suis désolé”. Je te pardonnerais et ce sera fini.”

“Arrête ça !” cria Louise en se levant. Mais Guiche continua en agissant comme si il ne l’avait pas entendu.

“Tu as compris ? C’est une épée; c’est-à-dire une arme. Pour un roturier c’est un minimum pour pouvoir se battre contre nous les nobles. Si tu veux toujours te battre, prends cette épée.”

Saito tendit sa main droite vers l’épée. Mais avec son bras cassé, il ne pouvait mettre aucune force dans ses doigts.

Sa main fut stoppée par Louise.

“Non ! C’est définitivement non ! Si tu prends cette épée, Guiche n’aura aucune pitié !”

“Je ne peux pas retourner dans mon monde … Ce qui signifie que je suis obligé dans celui-là, n’est-ce pas ?” marmonna Saito, presque pour lui-même. Il ne regardait pas Louise.

“En effet. Et donc quoi ?! Cela n’a pas d’importance à cet instant !”

Louise tenait fermement sa main droite. Saito déclara d’une voix claire et forte.

“Ca ne me dérange pas d’être un familier … Je peux supporter de dormir sur le sol … Cela n’a pas d’importance que la nourriture soit mauvaise … Laver des sous-vêtements ? Je le ferai aussi pour pouvoir survivre.”

Saito fit une pause et ferma son poing gauche.

“Mais …”

“Mais quoi ?”

“Je ne veux pas baisser la tête contre ma volonté !”

Puisant dans ses dernières forces, Saito se mit debout. Ecartant Louise, il attrapa avec sa main gauche l’épée enfoncée dans le sol.

A cet instant …

Les runes inscrites sur sa main se mirent à briller.

* * *
Changeons d’endroit, et retournons dans le Bureau du Principal.

Monsieur Colbert expliquait à Osman avec ardeur tout à propos du roturier qui avait été invoqué par Louise durant l’Invocation de Familier de Printemps … Comment il s’était intéressé aux runes qui étaient apparues sur la main du garçon comme preuve du contrat entre lui et Louise … Et ce qu’il venait de découvrir à ce sujet …

“Et vous avez découvert qu’il était un Gandalfr, le familier du Fondateur Brimir ?”

Osman examina l’esquisse faite par Colbert des runes apparues sur la main gauche de Saito.

“Oui ! Les runes qui sont apparues sur la main gauche du garçon sont exactement les mêmes que celles gravées pour le familier légendaire Gandalfr !”

“Et donc, votre conclusion ?”

“Ce garçon est un Gandalfr ! Si ce n’est pas une grande nouvelle, qu’est-ce que c’est ? Vénérable Osman !”

Colbert se redressa tout en essuyant sa tête chauve avec un mouchoir.

“Hum … En effet, les runes sont bien les mêmes. Mais pour qu’un garçon ordinaire devienne un Gandalfr juste en ayant les mêmes runes …”

“Que fait-on ?”

“Cependant il est trop tôt pour être totalement sûr rien qu’avec ça.”

“C’est vrai.”

Sir Osman joua du tambour avec ses doigts sur le bureau.

Il y eut un coup à la porte.

“Qui est-ce ?”

La voix de Miss Longueville parvint de derrière la porte.

“C’est moi, vénérable Osman.”

“Qu’y a-t-il ?”

“Il semblerait qu’il y ait des élèves qui se battent en duel dans la Place Vestri. Il y a une grande agitation. Quelques professeurs ont essayé de les arrêter mais n’ont pas réussi à cause du grand nombre d’élèves.”

“Franchement, ces enfants nobles ont vraiment trop de temps libre. Et donc qui est en train de se battre ?”

“Un d’entre eux est Guiche de Gramont.”

“Ah, l’idiot de fils de Gramont. Un coureur de jupon, il semble suivre le même chemin que son père. Ca doit être un combat pour une fille. Et qui est son adversaire ?”

“…Eh bien ce n’est pas un magicien. On m’a dit que c’était le familier de Miss Vallière.”

Osman et Colbert échangèrent un regard.

“Pour arrêter le duel, les professeurs ont demandé qu’on utilise la “Cloche du Sommeil”.”

Les yeux d’Osman brillèrent comme ceux d’un aigle.

“Ridicule. Il n’est pas utile d’utiliser un artefact si important juste pour arrêter le combat entre des enfants. Laissez-les faire.”

“D’accord.”

On pouvait entendre les bruit de pas de Miss Longueville qui s’en allait.

Colbert avala sa salive et pressa Osman.

“Vénérable Osman.”

“Hum.”

Sir Osman agita son bâton. Ce qu’il se passait dans la Place Vestri apparut dans un grand miroir qui était accroché au mur.

* * *
Saito était surpris. Au moment où il avait attrapé l’épée, la douleur disparut complètement de son corps.

Il s’aperçut que les runes sur sa main gauche brillaient.

Et alors …

Mon corps est aussi léger qu’une plume. Je pourrais presque être capable de m’envoler.

De plus, l’épée qu’il tenait dans sa main gauche lui semblait familière comme si elle était une extension de son corps.

C’est étrange. Je n’avais même jamais touché une épée avant …

Guiche sourit froidement en voyant que Saito avait attrapé l’épée dans sa main.

“Tout d’abord, laisse moi te féliciter. Je suis vraiment impressionné qu’un roturier puisse aller si loin contre un magicien.”

Après ça, il agita la rose dans sa main.

Cette rose artificielle doit être sa baguette. Quel type vaniteux !

Saito était surpris d’avoir même le temps de penser à de telles choses.

Que se passe-t-il avec mon corps, j’avais très mal un peu plus tôt ?

Le golem de Guiche l’attaqua à nouveau.

Stupide tas de bronze.

L’image de la statue avec la forme d’une Valkyrie avançant vers Saito, lui apparut comme vu au ralenti.

Que se passe-t-il, pensa Saito.

Je me suis fait battre jusqu’à maintenant par ça ?

Saito s’élança.

* * *

Stupide tas de bronze.’

A la vue du golem coupé en deux comme si c’était un tas de glaise, Guiche émit un gémissement.

Le bruit des deux moitiés du golem tombant sur le sol fut entendu.

Au même instant, Saito s’élança en avant vers Guiche comme une tornade.

Paniquant, Guiche agita sa rose. Des pétales tourbillonnèrent et six nouveaux golems apparurent.

Sept golems en tout étaient le maximum de Guiche. Il n’en avait utilisé qu’un car il ne pensait pas en avoir besoin de plus contre un roturier.

Les golems entourèrent Saito et sautèrent tous ensemble sur lui.

Et juste au moment où ils semblaient l’avoir atteint, les cinq golems furent découpés en morceaux. C’était si rapide que personne ne l’avait vu agiter son épée. Cela semblait impossible que cela ait été fait avec une épée.

Le dernier golem se mit devant Guiche pour le protéger. Mais il fut lui aussi battu par un invisible coup d’épée.

“Hiii !!”

Un coup de pied au visage de Guiche l’envoya sur le sol.

Il vit Saito sauter vers lui.

C’est la fin pour moi ! pensa-t-il.

Il entendit un bruit … Quand il ouvrit les yeux à nouveau … Saito avait planté l’épée dans le sol juste à droite de la tête de Guiche.

“Tu veux continuer ?” demanda Saito.

Guiche secoua la tête. Il avait perdu toute volonté de se battre.

Et avec une voix tremblante il dit “J… J’abandonne.”

* * *
Saito enleva sa main de l’épée et commença à marcher.

Il pouvait entendre les acclamations de la foule telles que “Whoa, ce roturier est formidable !” ou “Incroyable, Guiche a perdu !”

J’ai… gagné ?

Comment ? pensa Saito troublé.

… Qu’est-ce qu’il m’est arrivé ?

Je me faisais battre sans pouvoir rien faire.

Après avoir attrapé l’épée, mon corps devint aussi léger qu’une plume. Et juste après, je réalisais que les golem de Guiche étaient en morceaux.

Comment ça se fait que je sache utiliser une épée ?

Je ne comprends pas. Cependant supposons que c’est une bonne chose car j’ai pu gagner. J’y penserai plus tard, car maintenant je me sens vraiment fatigué. Je veux me reposer.

Il vit Louise courir vers lui.

‘Hé, j’ai gagné !’ voulait-il lui dire mais ses jambes le lâchèrent.

Il ressentit une très grande fatigue et il perdit connaissance. Saito commença à s’effondrer.

Quand elle vit Saito commencer à vaciller, Louise avait couru plus vite pour tenter de le soutenir mais elle n’arriva pas à temps. Saito tomba sur le sol dur avec un bruit lourd.

“Saito !”

Louise le secoua. Non, il ne semblait pas être mort.

“Guu …”

Elle put l’entendre ronfler, il était juste endormi.

“Il est endormi …”

Louise soupira de soulagement.

Guiche se leva et secoua la tête.

“Louise. Qui est-il exactement ? Il a battu toutes mes Valkyries si facilement …”

“Il est juste un homme normal.”

“C’est impossible que mes golems perdent contre juste un “homme normal”.”

“Humpf. Est-ce que ce n’est pas plutôt parce que tu es faible ?”

Louise voulut lever Saito mais n’arriva pas à le soutenir correctement, et tomba avec Saito au dessus d’elle.

“Aaah, zut ! Tu es trop lourd ! Idiot !”

Un des élèves dans la foule jeta le sort de Lévitation sur Saito.

Louise commença à pousser le corps de Saito qui flottait dans les airs. Elle devait le ramener dans sa chambre pour le soigner.

Louise essuya ses yeux humides. Il semblait avoir terriblement mal, elle ne pouvait pas s’empêcher de pleurer. Il était devenu si fort après avoir saisi l’épée, mais sans ça il aurait pu mourir.

C’était plus important que la victoire de Saito. Tu as sûrement pensé espèce d’idiot que ce n’était pas grave si tu mourrais ? Son attitude désinvolte est vraiment étrange alors qu’il n’est qu’un roturier …

“Tu n’est qu’un familier, donc arrête d’agir de manière égoïste !” cria Louise à Saito endormi. Son soulagement se transforma rapidement en colère.

* * *
Sir Osman et Colbert échangèrent un regard après avoir fini de voir ce qu’il s’était passé avec le ‘Miroir à vision lointaine’.

Colbert dit alors le nom d’Osman en tremblant “Vénérable Osman.”

“Hum.”

“Ce roturier a gagné à la fin …”

“Hum.”

“Guiche est seulement un magicien de niveau Point, même si c’est le plus bas niveau, il n’aurait pas dû être battu par un roturier normal. Et cette vitesse ! Je n’ai jamais vu un roturier comme ça ! Il n’y a aucun doute que c’est un Gandalfr !”

“Hum …”

Monsieur Colbert pressa Osman.

“Vénérable Osman. Nous devons faire un rapport au palais immédiatement et demander des instructions …”

“Ce n’est pas utile.”

Sir Osman hocha la tête en caressant sa barbe blanche.

“Mais sir ! C’est la plus grande découverte de ce siècle ! La réapparition d’un Gandalfr à notre époque !”

“Monsieur Colbert. Gandalfr n’était pas un familier ordinaire.”

“Exactement ! Le familier utilisé par le Fondateur Brimir, Gandalfr ! Son apparence n’est pas décrite mais il est dit que son but était de protéger le Fondateur Brimir pendant qu’il lançait des sorts.”

“En effet. Les sorts du Fondateur Brimir étaient extrêmement longue … Cependant c’était ce qui rendait ses sorts si puissant. Comme vous le savez, les magiciens sont sans défense pendant qu’ils lancent leurs sorts. Gandalfr était le familier qu’il utilisait pour se protéger dans ces moments où il était vulnérable. Sa force …”

Colbert étant extrêmement excité l’interrompit.

“Il pouvait tout seul annihiler une armée de 1000 personnes ! Les magiciens normaux n’avaient aucun chance contre lui !”

“Et donc Monsieur Colbert.”

“Oui ?”

“Ce garçon est bien un homme normal non ?”

“Oui. J’ai eu beau cherché il semble vraiment être un homme normal. Je l’ai même vérifié avec un sort de Détection quand Miss Vallière l’a invoqué mais c’était vraiment un homme normal.”

“Et donc qui l’a transformé en un Gandalfr moderne ?”

“Ca doit être Miss Vallière, mais …”

“Elle doit être une magicienne talentueuse non ?”

“Pas du tout. En fait, on pourrait même dire qu’elle est ‘sans’ talent …”

“Eh bien quelle paire mystérieuse.”

“Oui.”

“Et donc comment un homme normal qui a formé un contrat avec une magicienne sans talent est devenu un Gandalfr ? C’est un mystère complet. Je n’en trouve pas la raison.”

“En effet …”

“De toute façon, il est inutile de transmettre le Gandalfr et son maître à ces idiots du palais. Si on leur donne un jouet comme ça ils sont capables de se lancer dans une nouvelle guerre inutile. Les conseillers à la cour ont beaucoup trop de temps libre et aiment beaucoup trop partir en guerre.”

“O-oh, je vois. Je m’excuse d’avoir négliger cet aspect.”

“Je vais me charger de cas moi-même. Vous n’en parlerez à personne d’autre Monsieur Colbert.”

“O-Oui ! Je comprends !”

Sir Osman attrapa son bâton et regarda dehors par la fenêtre. Il se plongea en pensée dans l’histoire du passé.

“Le familier légendaire Gandalfr … Je ne peux pas m’empêcher de me demander quelle forme il avait prit dans le passé.”

Colbert murmura comme si il rêvait.

“Gandalfr était supposé être capable d’utiliser n’importe quelle arme pour combattre ses ennemis …”

“Hum.”

“Donc je suppose qu’il devait avoir au moins un bras et une main.”

* * *
La lumière du matin réveilla Saito. Son corps était recouvert de bandages.

Ah oui.

Je me suis battu en duel contre Guiche et je me faisais complètement battre …

Et après avoir saisi cette épée, la situation s’est inversée …

Et je me suis évanoui.

Il était dans la chambre de Louise. Apparemment il semblait dormir dans le lit de Louise.

Louise était assise sur une chaise et dormait profondément avec sa tête posée sur une table.

Il regarda les runes sur sa main gauche. Quand ces runes se sont mises à briller, mon corps est devenu aussi léger qu’une plume, j’ai pu utiliser une épée comme si elle était une extension de mon bras, et les golems de Guiche furent découpés en morceaux.

En ce moment, les runes ne brillaient pas.

Qu’est-ce que c’était exactement, je me demande …

Alors qu’il regardait sa main gauche avec curiosité, il entendit un coup et la porte s’ouvrit.

C’était Siesta. C’était la fille roturière qui lui avait donné du ragoût à la cuisine. Elle était dans son uniforme habituel de servante, avec ses cheveux parés par serre-tête.

Elle sourit quand elle vit Saito. Sur le plateau en argent il y avait du pain et de l’eau.

“Siesta … ?”

“Tu es réveillé, Saito ?”

“Oui … Je …”

“Après tout ça, Miss Vallière t’a amené ici pour t’y allonger. Elle demanda à un professeur de lancer un sort de Soin sur toi. C’était assez sérieux.”

“Un sort de Soin ?”

“Oui. Une magie pour soigner les blessures et maladies. Tu ne connaissais pas ?”

“Non …”

Saito secoua la tête. Cela troubla Siesta que Saito n’ait aucune connaissance de base à ce sujet, mais elle continua de parler.

“Miss Vallière a payé pour le réactif nécessaire pour le sort de soin, donc tu ne dois pas t’en soucier.”

Son silence semblait montrer qu’il était inquiet au sujet de l’argent.

“Est-ce que le réactif coûtait cher ?”

“Eh bien, ce n’est certainement pas un montant qu’un roturier pourrait payer.”

Saito tenta de se lever mais cria de douleur.

“Ouch !”

“Ah, tu ne dois pas bouger ! Tes blessures étaient si sérieuses que même les sorts de soin n’ont pas pu complètement les soigner ! Tu dois continuer de rester couché !”

Saito hocha la tête et s’allongea à nouveau sur le lit.

“Je t’ai apporté de la nourriture. Mange s’il te plait.”

Siesta plaça le plateau au bord du lit de Saito.

“Merci … Combien de temps ai-je dormi ?”

“Tu as dormi un long moment, trois jours et trois nuits. Tout le monde s’inquiétait car tu ne te réveillais pas.”

“Tout le monde ?”

“Tout le monde à la cuisine …”

Siesta baissa timidement les yeux.

“Qu’y a-t-il ?”

“Hum … Je suis désolé. Je me suis enfuie à ce moment-là.”

Quand il avait mis en colère Guiche dans la cantine, Siesta avait eu peur et s’était enfuie.

“Ne t’inquiète pas. Tu n’as pas besoin de t’excuser.”

“Les nobles nous ont toujours fait peur car les roturiers ne peuvent pas utiliser de la magie …”

Siesta releva soudainement la tête. Ses yeux brillaient avec intensité.

“Mais je n’ai plus autant peur ! J’ai été si inspirée par Saito ! Bien que tu sois un roturier, tu as gagné contre un noble !”

“Vraiment … Haha.”

Bien que je ne sache pas comment j’ai en fait gagné.

D’une certaine façon Saito fut embarrassé et il se gratta la tête. Il réalisa alors qu’il utilisait son bras droit qui avait été cassé. Il ne semblait plus y avoir de problème. Ca faisait toujours un peu mal quand il le bougeait mais il semblerait que les os étaient à nouveau ressoudés.

Wow, c’est donc de la magie pensa Saito avec une légère admiration.

…Je suppose que c’est quelque chose dont on peut être fier.

“Au fait, est-ce que c’est toi qui t’es occupée de moi tout ce temps ?” demanda Saito en regardant les bandages autour de son corps.

“Oh non, pas moi. C’était en fait Miss Vallière …”

“Louise ?”

“Oui. Elle changeait tous les bandages et essuyait la sueur de ton visage … Elle passa de long moment sans dormir, donc elle doit être assez fatiguée.”

Alors qu’elle dormait, la respiration de Louise était régulière et douce. Elle avait cependant des cernes autour des yeux.

Son visage endormi est toujours aussi mignon. Comme celui d’une poupée.

Elle peut donc être parfois douce pensa-t-il. Son profil lui apparut alors soudainement encore plus adorable.

Louise se réveilla finalement.

“Fuaaaaaaaaa~~”

Elle s’étira avec un grand bâillement. Après ça elle remarqua Saito sur le lit qui clignait des yeux avec surprise.

“Ah. Tu es réveillé.”

“O-Oui …”

Saito baissa les yeux. Il estima qu’il devait la remercier.

“Hum, Louise.”

“Quoi ?”

“Merci. Et je suis désolé de t’avoir inquiéter.”

Louise se leva.

Et s’approcha de Saito.

Les battements de coeur de Saito s’accélérèrent.

Va-t-elle me dire quelque chose du style “bon boulot, tu avais vraiment l’air cool” et peut-être m’embrasser ?

Cependant ce n’était pas du tout ça.

Louise enleva la couverture de Saito et l’attrapa par la nuque.

“Si tu vas mieux, sors de mon lit !”

Toujours en le tenant par la nuque, Louise fit sortir Saito du lit.

“Wah ! Ow !”

Saito tomba sur le sol.

“Hé, je suis toujours une personne blessée !”

“Si tu vas assez bien pour pouvoir te plaindre, alors tu vas assez bien pour n’importe quoi d’autre.”

Saito se leva. Il pouvait bouger même si cela lui faisait toujours un peu mal. Cependant, elle aurait pu me laisser dormir encore un moment.

“Hum, dans ce cas, je vais m’en aller maintenant …”

Siesta sortit de la pièce avec un petit sourire. En fait elle semblait fuir la pièce.

Louise lança à Saito une montagne de vêtements et de sous-vêtements.

“Arg !”

“C’est le linge qui s’est entassé pendant que tu dormais. Une fois que tu auras fait ça, nettoie la chambre. Allez hop !”

“Hum, tu sais …”

Louise fixa Saito du regard.

“Quoi ? Tu as cru que parce que tu avais battu Guiche, tu serais traité différemment ? Pensais-tu que je te féliciterais ? Es-tu idiot ?”

Saito regarda Louise avec du ressentiment.

Il décida de retirer toutes les pensées qu’il avait eu un peu plus tôt à propos d’elle étant adorable.

Cependant … la manière dont Louise était assise sur son lit en croisant les jambes était dans ce monde sans aucun doute un niveau de beauté exceptionnel.

Ses longs cheveux blonds ondulaient. Ses yeux noisette brillaient de malice. Elle était grossière, arrogante, et égoïste, mais si on pouvait supprimer tout ça elle serait vraiment adorable.

En levant son doigt de manière triomphante, Louise déclara.

“Ne l’oublie pas ! Tu es mon familier !”

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