Zero no Tsukaima – Tome 1 Chapitre 4

Cela faisait une semaine depuis que Saito avait commencé sa vie en tant que familier de Louise à l’Académie de Magie de Tristain. Si on devait exposer une journée normale pour Saito, on pourrait lire les choses suivantes :

* * *
Premièrement, comme la majorité des animaux et humains de Tristain, il se levait le matin. Son lit était, comme d’habitude, le sol, bien que comparé au premier jour il y avait eu quelques améliorations. Découvrant que son corps lui faisait mal toute la nuit si il dormait sur le sol dur, Saito avait demandé à la servante Siesta un peu de foin qui était donné à manger aux chevaux et l’avait entassé dans un coin de la chambre. Saito dormait sur le tas de foin, drapé dans la couverture que Louise lui avait si “gracieusement” accordée.

Louise appelait le lit improvisé de Saito “le nid du poulet”, ce qui était approprié car les poulets dormaient sur du foin, et que la première chose que faisait Saito chaque matin était de réveiller Louise, comme un coq.

Mais il devait le faire, car sinon cela lui créerait des ennuis si Louise se réveillait en premier.

“Un familier idiot qui doit être réveillé par son maître a besoin d’être puni.” Louise n’oubliait jamais de le lui rappeler.

Si jamais Saito se réveillait trop tard, le petit déjeuner lui serait refusé.

Une fois réveillée, Louise se changeait. Elle mettait ses sous-vêtements elle-même, mais obligeait Saito à l’habiller avec son uniforme. Cela a déjà été mentionné avant.

Avec son apparence ravissante, Saito était à bout de souffle à chaque fois qu’il voyait Louise dans ses sous-vêtements. Ils disent qu’un amoureux s’habitue à une femme d’une grande beauté au bout de trois jours, mais il ne semblait pas que Saito s’y habituerait de si tôt.

Peut-être parce qu’il était son familier, et pas un amoureux. Tout de même, en étant toujours aux côtés de Louise, c’était essentiellement la même chose. La seule différence était son attitude et comment elle le traitait.

Pouvoir voir Louise comme ça tous les jours n’était pas si mal. Cependant, c’était une blessure persistante à sa fierté. Quand il aidait Louise à mettre ses chaussures par exemple, il ne pouvait pas cacher son irritation sur son visage.

C’était au moins toléré, mais si jamais Saito disait quelque chose qui contrariait Louise, les choses devenaient problématiques.

“Un familier impoli qui mécontente son maître si tôt dans la matinée a besoin d’être puni,” était un autre des slogans de Louise.

Si jamais Saito taquinait Louise à propos de la taille de sa poitrine, ou montrait du mécontentement et disait quelque chose du style, “Agrafe les boutons toi-même,” le petit déjeuner lui serait refusé.

Habillé dans son uniforme, qui consistait d’une cape noire, un chemisier blanc, et une jupe plissée grise, Louise se lavait alors le visage et se brossait les dents. La pièce n’avait même pas des choses pratiques comme l’eau courante d’installer, donc Saito devait aller à la fontaine et ramener dans un seau de l’eau pour l’usage de Louise. Et, bien sûr, Louise ne se lavait pas le visage elle-même. Elle le faisait faire par Saito.

Un matin, alors qu’il était en train d’essuyer son visage avec une serviette, il dessina légèrement sur le visage de Louise avec un morceau de charbon qu’il avait trouvé.

En voyant son chef d’oeuvre dessiné sur le visage de Louise, Saito avait du mal à se retenir de rire. Alors dans une prétendue obéissance, il inclina poliment sa tête vers Louise.

“Maîtresse. Vous êtes l’image même de la beauté aujourd’hui.”

Due à une tension basse, Louise ne parvint qu’à émettre une réponse à moitié endormie.

“…Est-ce que tu complotes quelque chose ?”

“Moi ? Je ne suis simplement qu’un familier effectuant les ordres de ma maîtresse. Je n’oserais jamais comploter !”

Louise était soupçonneuse de la soudaine et excessive politesse de Saito, mais comme elle était presque en retard pour les cours, elle ne le questionna pas plus.

Avec ses joues d’un rose intense, ses charmants yeux noisette, et ses lèvres qui semblait avoir été découpées à partir d’un fin corail, Louise savait qu’elle n’avait pas besoin de s’embellir, donc elle ne portait aucune sorte de maquillage. En d’autres mots, cela signifiait qu’elle ne regardait pas souvent dans le miroir. Et ce jour-là n’était pas différent. Le résultat : elle n’avait absolument aucune idée du “maquillage” que Saito avait appliqué sur elle.

Louise alla en classe dans cet état. A cause de l’heure tardive, elle ne rencontra personne dans les couloirs ou les escaliers.

Louise ouvrit la porte de salle de classe en haletant. Ses camarades de classe la regardèrent et explosèrent de rire tout ensemble.

“Hé, joli look, Louise !”

“Oh mon dieu ! C’est tellement toi !”

Ensuite, quand Monsieur Colbert complimenta gentiment les lunettes élégantes et la moustache esquissée sur son visage, Louise devint folle furieuse. Elle sortit dans le couloir où Saito se tenait le ventre tout en se roulant sur le sol dans un énorme fou rire, le gifla une douzaine de fois, et lui supprima ses repas pour toute la journée.

Selon Louise, un familier qui traitait le visage de son maître comme un morceau de canevas était de la même espèce que les démons de l’ancien temps qui s’étaient opposé au Fondateur Brimir et ses nombreux dieux alliés, et de tels démons ne méritaient pas le pain et la soupe accordés par la Reine.

* * *
Après le petit déjeuner, Saito nettoyait la chambre de Louise. Cela comprenait balayer le sol avec un balai et nettoyer la table et les fenêtre avec un chiffon.

Et enfin il y avait la oh-si-agréable lessive. Il emmenait le linge sale à la fontaine et le frottait contre une planche à laver pour le nettoyer. Il n’y avait pas d’eau chaude, seulement une eau glacée qui piquait farouchement ses doigts. Les sous-vêtements de Louise étaient tous des pièces semblant très chères avec beaucoup de lacets et de fanfreluches attachés. Il aurait un repas de supprimer si il lui arrivait d’en endommager un, donc il devait les laver délicatement. C’était un travail pénible. Fatigué de tout ceci, il laissa un jour une certaine paire avec un élastique légèrement déchiré dans la pile. A peine quelques jours plus tard, Louise sortit évidemment en portant cette paire particulière, quand l’élastique craqua complètement. Sa culotte lui tomba au niveau des chevilles, enchevêtrant les deux jambes de Louise comme un collet de trappeur.

Cela eut lieu juste au moment où elle était au sommet d’un escalier, et donc elle les dégringola.

Mais heureusement, il n’y avait personne d’autre pour la voir tomber en boule dans les escaliers avec la partie inférieure de son corps exposée de manière honteuse, et donc au moins sa réputation fut préservée. Réalisant que ça avait été trop loin, Saito fit attention de ne pas jeter un oeil sous sa jupe tout en faisant abondamment des excuses à Louise, qui était étendue inconsciente au bas de l’escalier. Il n’avait pas prévu que la blague déraillerait comme ça. Idéalement, il l’avait visualisé comme ayant lieu dans le couloir pour un embarras optimal.

Dès que Louise reprit connaissance et réalisa ce qu’il s’était passé, elle jeta de manière accusatrice la paire de culotte déchirée à Saito, qui se trouvait au bord du lit de façon soumise.

“Il y avait une paire déchirée.”

“En effet, Maîtresse”

La voix de Louise tremblait de furie.

“Explique-toi.”

“Cela doit être à cause de l’eau de la fontaine, Maîtresse. Elle est si froide qu’elle pourrait geler les doigts en un instant. Je pense que l’élastique n’a pas dû supporter ça.” répondit Saito abruptement.

“Donc tu es en train de dire que c’est la faute de l’élastique ?”

“Ce que je dis c’est que c’est la faute de l’eau. C’était de la mauvaise eau. Je suis convaincu qu’il doit y avoir une sorte de malédiction jetée dessus pour la rendre si froide et ce qui a donc aussi affecté l’élastique d’une certaine manière.”

“Dans ce cas, je ne devrais pas donner à manger à un si loyal familier de la soupe qui a été faite à partir de cette mauvaise eau.”

“C’est très généreux de votre part.”

“Trois jours devrait faire l’affaire, je pense, pour que l’eau retrouve son état normal.”

Saito eut ses repas supprimés pendant trois jours.

* * *
Cependant, Saito allait parfaitement bien pendant ces trois jours. Il fera juste semblant de dépérir et visitera la cuisine derrière la salle des Alvìss, où l’énergique et adorable Siesta lui servira de la nourriture comme du ragoût, et de la viande sur des os. Il y allait même quand ses repas n’étaient pas supprimés. La soupe que Louise déclarait “L’Immense Bénédiction de Sa Majesté, la Reine” n’était jamais suffisante en tant que bénédiction pour lui remplir le ventre.

Naturellement, il gardait ses visites à la cuisine un secret vis-à-vis de Louise. Elle était intransigeante sur le fait de ne pas lui donner plus tant qu’il n’avait pas corrigé son comportement, et donc il y aurait des ennuis si elle découvrait quelque chose à propos de la viande et du ragoût que Siesta lui fournissait aimablement. Louise lui interdirait sûrement ces visites juste pour “éduquer” son familier.

Cependant actuellement, elle ne s’en rendait pas du tout compte. En tout cas, Saito préférait Siesta et la cuisine une centaine de fois plus qu’une certaine Reine et un Fondateur Brimir qu’il n’avait jamais rencontrés.

* * *
Un matin, après avoir bu avidement sa soupe devant Louise, il alla à la cuisine. Saito, ayant battu le noble Guiche dans la Place Vestri, était extrêmement populaire là-bas.

“‘Notre Epée’ est là !”

Celui qui parlait était Marteau, le chef cuisinier, un homme bien bâti dans la quarantaine. Naturellement, il était aussi lui-même un roturier, mais avec sa position de chef cuisinier de l’Académie, il gagnait autant qu’un noble d’une des classes les plus basses, un fait dont il pouvait être fier.

Vêtu de vêtements simples mais raffinés, il dirigeait la cuisine avec un mouvement de la main.

Malgré sa position hautement respectable en tant que chef cuisinier dans une académie de magie pour des nobles, Marteau n’était pas du tout arrogant, et étonnamment, il n’aimait ni la magie ni les nobles.

Il appelait Saito, qui avait utilisé une épée pour battre Guiche, par le surnom “Notre Epée” et traitait le garçon comme un roi. Grâce à lui, la cuisine était un oasis pour Saito.

Saito s’assit sur sa chaise, avec un sourire, Siesta rapidement lui apporta une assiette de ragoût chaud et du pain blanc souple.

“Merci.”

“Le ragoût d’aujourd’hui est super spécial,” déclara Siesta, semblant particulièrement contente. Saito avec curiosité porta une cuillérée à sa bouche et son visage s’illumina instantanément.

“Wow, c’est délicieux ! C’est un tout autre monde comparé à cette sorte de porridge que l’on me donne !”

A cela, Marteau s’approcha de la table en tenant un couteau de cuisine à la main.

“Bien sûr. C’est le même ragoût que celui que l’on sert à ces enfants nobles.”

“Je ne peux pas croire que c’est ce genre de chose qu’ils ont la chance de pouvoir manger tous les jours…”

Marteau grogna fortement au commentaire de Saito.

“Humpf ! D’accord, ils peuvent utiliser de la magie. Créer de la chaudronnerie et des châteaux à partir de terre, forger d’incroyables pierreries, même contrôler des dragons – et alors ? Mais créer des plats si exquis comme celui-là est aussi une sorte de magie. Tu n’es pas d’accord, Saito?”

Saito hocha la tête.

“Absolument.”

“Un type sympa ! Tu es un bon gars !”

Il mit son bras autour des épaules de Saito.

“Là, “Notre Epée” ! Laisse-moi placer un baiser sur ton front ! Allez ! J’insiste !”

“Je préférerais que non. Et arrêtez de m’appeler comme ça,” dit Saito.

“Pourquoi pas ?”

“C’est juste… bizarre.”

L’homme lâcha Saito et déploya ses bras en signe de protestation.

“Mais tu as coupé le golem d’un magicien en morceaux ! Tu ne comprends pas ?”

“Je suppose.”

“Dis, où au juste as-tu appris à utiliser une épée ? Dis-moi où que je puisse apprendre à utiliser une épée comme ça.”

Marteau fixa fermement Saito. Il lui demandait la même chose à chaque fois que Saito venait manger, et la réponse de Saito était la même à chaque fois.

“Je ne sais pas. Je n’avais jamais tenu une épée avant. Mon corps a tout simplement bougé de lui-même.”

“Les gars ! Vous avez entendu ça ?!”

Il cria, sa voix résonnant dans la cuisine.

Les plus jeunes cuisiniers et apprentis crièrent en réponse.

“Nous vous avons entendu, chef !”

“C’est ce qu’on appelle un vrai maître ! Ils ne se vantent jamais de leurs compétences ! Regardez et apprenez ! Un vrai maître ne se vante jamais !”

Les cuisiniers chantèrent gaiement.

“Un vrai maître ne se vante jamais !”

Marteau se tourna alors pour faire face à Saito.

“Tu sais, “Notre Epée,” je commence à d’aimer de plus en plus. Qu’est-ce que tu en dis ?”

“Hum, ce que j’en dis de quoi…?”

Il disait tout simplement la vérité, mais Marteau pensait toujours qu’il était juste modeste. C’était quelque peu frustrant. Il avait l’impression de tromper cet homme bienveillant. Le regard de Saito tomba sur les runes de sa main gauche.

Depuis ce jour-là, ça n’a plus brillé. Qu’est-ce que c’était au juste, je me demande… Même quand Saito essayait de s’efforcer à regarder ses propres runes, Marteau interprétait ça comme lui étant réservé.

Le chef se tourna vers Siesta.

“Siesta !”

“Oui ?”

Siesta, qui les regardait joyeusement tous les deux s’entendre si bien, répondit gaiement.

“Apporte ici à notre héros du premier cru d’Albion.”

Son sourire s’élargit, et récupérant sur une étagère une bouteille de vin de la cuvée demandée, elle en versa dans le verre de Saito. Siesta regardait complètement absorbée alors que le visage de Saito devenait de plus en plus rouge à cause du vin. Ces évènements se répétait quasiment de manière routinière:

Saito visitait la cuisine, Marteau devenait de plus en plus attaché à Saito, et le respect de Siesta pour lui augmentait encore plus.

* * *
Cependant lors de ce jour particulier… il y avait une ombre pourpre espionnant Saito par une fenêtre de la cuisine. Un des jeunes cuisiniers la remarqua.

“Hé, il y a quelque chose dehors derrière la fenêtre.”

L’ombre émit un confus ‘kyuru kyuru’ et s’éloigna discrètement.

* * *
Puis, après le petit déjeuner, le nettoyage, et la lessive, il accompagnait Louise aux cours. Au début, il devait s’asseoir sur le sol, mais après que Louise ait réalisé qu’il passait son temps à fixer les jupes des autres filles, avec réticence elle le laissa s’asseoir sur une chaise. Et elle fit clairement comprendre à Saito que si jamais son regard s’éloignait trop loin du tableau noir, il serait privé de déjeuner.

Au début, les leçons fascinait Saito avec leurs prodiges : transformer l’eau en vin, combiner différents réactifs pour faire des potions spéciales, matérialiser des boules de feu à partir de rien, faire léviter des boites, des bâtons et des balles en dehors de la classe pour que leurs familiers aillent les chercher, etc… mais après un moment, la nouveauté s’estompa.

Et donc à la place il prit l’habitude de faire la sieste. Le professeur et Louise donneraient à Saito des regards méchants régulièrement, mais il n’y avait aucune règle interdisant les familiers de dormir pendant les cours. Et si on regardait la salle de classe, tous les familiers nocturnes, comme le hibou de quelqu’un, faisaient un somme. En fait, si ils réveillaient Saito, cela signifierait qu’ils le considéraient comme un humain. Louise se mordit les lèvres d’un désir impérieux de donner au dormeur Saito son opinion, mais elle ne pouvait pas car en faisant ça, cela signifiait qu’elle se contredisait elle-même sur le fait qu’il n’était qu’un familier et rien d’autre.

* * *
Ce même jour, baigné dans la lueur du soleil, Saito s’était rapidement endormi pendant une autre leçon.

Le vin qu’il avait bu ce matin commençait à faire de l’effet, et Saito rêvait.

C’est un rêve assez incroyable.

Un rêve dans lequel Louise entrait furtivement dans son tas de foin pendant la nuit alors qu’il dormait.

“Quel est le problème, Louise… ?”

En entendant son nom, Louise lança un regard vers Saito.

“Tu ne peux pas dormir ? Oh, d’accord… c’est inévitable. Munya~”

Oh, il est juste en train de marmonner pendant son sommeil, pensa-t-elle, et elle détourna son regard.

“…Munya. H-hé, ne m’étreins pas aussi soudainement.”

Le regard de Louise retourna rapidement sur Saito. Les autres élèves commençaient à se rendre compte de la situation, et tendirent l’oreille pour écouter.

“…Vraiment, quelle esclavagiste tu es pendant la journée, alors que tu es une si adorable petite chose au lit.”

Un filet de bave coulait d’un coin de la bouche de Saito tandis qu’il continuait d’apprécier son rêve.

Louise lui attrapa les épaules et le secoua vigoureusement.

“Hé ! Exactement quel genre de rêve es-tu en train d’avoir ?!”

Ses camarades de classes éclatèrent de rire. Malicorne ‘le Windward’ fit un commentaire au passage.

“Oi oi, Louise ! Est-ce que c’est ce genre de chose que tu fais avec ton familier la nuit ? Je suis surpris !”

Les élèves filles murmuraient quelque chose entre elles.

“Attendez ! Ce sont juste des paroles stupides dites en dormant ! Ah, vraiment ! Réveille-toi !”

“Louise, Louise, tu es comme un chaton; arrête de me lécher ici comme ça…”

“Louise, Louise, tu es comme un chaton; arrête de me lécher ici comme ça…”

Après ça, le rire menaçait d’exploser à travers le plafond.

Louise fit tomber Saito de la chaise avec un coup de pied, le faisant revenir brutalement de son doux rêve à la réalité.

“C-c’était pour quoi ça ?!”

“Depuis quand suis-je jamais entrée furtivement dans ton tas de fois ?!”

Louise croisa ses bras et regarda Saito de haut de manière imposante.

Saito secouait sa tête de nombreuses fois, amusant encore plus la classe.

“Saito, explique à ces personnes assez impolies que je n’ai jamais mis un pied hors de mon propre lit pendant la nuit.”

“C’est vrai, tout le monde. J’étais simplement en train de rêver tout haut. Louise ne ferait jamais une chose pareille.”

Les élèves se détournèrent déçus.

“N’est-ce pas évident ? Comme si je ferais quelque chose comme ça ! De plus avec cette chose ! Cette chose ! De même penser que je pourrais m’engouffrer dans un lit avec cette forme de vie inférieure dépasse le cadre d’une simple blague !” fulmina Louise avec arrogance, levant son regard vers le haut.

“Mais, mes rêves se réalisent souvent.” laissa échapper Saito.

“En effet ! Les rêves ont le pouvoir de prévoir l’avenir, après tout !” rajouta quelqu’un dans la pièce en signe d’assentiment.

“Mon maître ici présent, avec sa personnalité, n’arrivera probablement jamais à se trouver un amoureux.”

Une vaste majorité des élèves hochèrent de la tête. Louise envoya à Saito un autre regard mauvais, mais c’était trop tard. Saito était parti sur sa lancée.

“Mon pauvre maître devient assez “frustré” par conséquent, et à la place se rebat sur son familier en se glissant dans son humble tas de fois.”

Louise posa ses mains sur ses hanches et réprimanda Saito fortement.

“Assez ! Ferme cette bouche impure tout de suite !”

Cela n’empêcha pas non plus Saito de continuer.

“Quand elle le fait, je dois lui résister un petit peu…”

A ce moment-là, il était allé trop loin. Les épaules de Louise commencèrent à trembler de colère.

“Et lui dire, ‘ce n’est pas là où tu dors.'”

La classe applaudit. Saito s’inclina élégamment et voulut retourner s’asseoir.

Louise lui donna un coup de pied, l’envoyant rouler sur le sol.

“Ne me frappe pas !”

Mais Louise avait dépassé le stade de l’argumentation. Son regard était fixé fermement en avant, et comme toujours, ses épaules tremblaient maîtrisant à peine sa furie,

A nouveau, il y avait une ombre pourpre qui observait Saito.

C’était la salamandre de Kirche. Avec son ventre sur le sol, il regardait Saito à travers un trou entre la rangée de chaises.

“Hum ?”

L’apercevant, Saito lui fit un signe de la main.

“Tu es la salamandre de Kirche, n’est-ce pas ? Je sais que tu as un nom. Qu’est-ce que c’était… Oh oui, c’est Flamme. Flamme-”

Saito lui faisait signe de s’approcher, mais la salamandre donna un petit coup avec sa queue et cracha un peu de braise avant de retourner en courant vers son maître.

“Pourquoi est-ce qu’un lézard s’intéresserait autant à moi ?”

Saito inclina sa tête en signe de confusion.

* * *
Et pendant que Saito était entré avec la salamandre dans une compétition où ils se fixaient du regard pendant les cours…

Dans le Bureau du Principal, Mlle Longueville la secrétaire était activement en train d’écrire.

Elle stoppa d’écrire pendant un instant et jeta un coup d’oeil vers le bureau en séquoia sur lequel Sir Osmond y était occupé à faire une sieste.

Le coin de la lèvre de Mlle Longueville se leva pour former un petit sourire satisfait, une expression qu’elle n’avait jamais montré à personne avant.

Elle se leva de son bureau.

D’une voix faible, elle murmura l’incantation du Sort de Tranquillité. Amortissant ses bruit de pas pour ne pas réveiller Osmond, elle sortit furtivement hors du bureau.

Sa destination était la chambre forte, située à l’étage juste en dessous du Bureau du Principal.

En descendant les escaliers, elle fut confrontée à des portes énormes en fer. Elles étaient fermées avec un gros verrou, qui lui-même était protégé avec un cadenas également énorme.

C’était l’endroit où les artéfacts datant d’avant même l’établissement de l’Académie étaient regroupés. Après avoir avec prudence sondée les alentours, Mlle Longueville sortit sa baguette de sa poche. Sa longueur était à peu près celle d’un stylo, mais avec un léger mouvement du poignet, sa taille augmenta pour devenir aussi longue qu’une baguette de chef d’orchestre, qu’elle agita de manière experte.

Mlle Longueville lança un autre sort.

Une fois que l’invocation fut finie, elle pointa sa baguette sur le cadenas.

Cependant… rien ne se produisit.

“Eh bien, ce n’est pas comme si j’avais vraiment espéré qu’un Sort de Libération allait marcher de toute façon.”

Souriant, elle commença à réciter les mots d’un des sorts dont elle était spécialiste.

C’était un sort de Transmutation. Psalmodiant de manière forte et claire, elle agitait son bâton sur le lourd verrou. La magie jaillit dessus… mais même après une attente considérable, il n’y avait aucun changement visible.

“Il semblerait que ça ait été renforcé magiquement par un magicien de niveau Carré,” marmonna-t-elle.

Un Sort de Renforcement était un sort qui empêchait l’oxydation et la décomposition de la matière. Toute substance sur laquelle ce sort a été jeté était protégée de toutes réactions chimiques, et lui permettait de rester dans cet état pour toujours. Même la magie de transmutation n’aurait aucun effet contre quelque chose protégé de cette façon. On pouvait prendre le dessus sur ce sort uniquement si les capacités magiques de cette personne dépassaient celle du magicien qui avait jeté le sort.

Cependant, le magicien qui avait enchanté cette porte était apparemment un magicien extrêmement puissant, si on considère le fait que même Mlle Longueville, une experte dans la magie de Terre et la transmutation en particulier, n’était pas capable d’affecter la porte.

Enlevant ses lunettes, elle regarda à nouveau la porte. A ce moment-là, elle entendit des bruits de pas venant de l’escalier.

Elle raccourcit son bâton et le remit dans sa poche.

La personne qui apparut était Colbert.

“Bonjour, Mlle Longueville. Que faites-vous ici ?”

“Monsieur Colbert, j’allais cataloguer le contenu de la chambre forte, mais…”

“Oh, c’est vraiment pas mal de travail. Cela vous prendrait probablement toute la journée pour inspecter tous les objets. Il y a beaucoup de pacotille mélangée au milieu de tout ça, et c’est un espace assez exigu.”

“En effet.”

“Pourquoi est-ce que vous n’allez pas juste emprunter la clé auprès d’Osmond l’Ancien ?”

La femme sourit.

“Eh bien… je ne voulais pas perturber son sommeil. De toute façon, je ne suis pas si pressée de terminer l’inventaire…”

“Je vois. Il dort, vous dites. Ce vieille homme, je veux dire, Osmond l’Ancien, est vraiment un profond dormeur. Il semble que je devrais lui rendre visite une autre fois.”

Monsieur Colbert commença à s’en aller, mais s’arrêta en cours de route, et se retourna.

“Euh… Mlle Longueville?”

“Y a t il un problème ?”

Colbert semblait légèrement embarrassé quand il ouvrit la bouche et dit.

“Est-ce que vous aimeriez, disons… venir déjeuner avec moi?”

Elle prit un moment de réflexion, puis sourit de manière enjouée en acceptant l’offre.

“Bien sûr, ce serait un plaisir.”

Tous les deux descendirent les escaliers.

“Hé, Monsieur Colbert.”

Avec un ton légèrement informel, Mlle Longueville relança à nouveau la conversation.

“O-oui? Qu’y a t il ?”

Encouragé par le fait que son invitation avait été acceptée aussi facilement, Colbert lui répondit un peu avec empressement.

“Y a t il en fait quelque chose d’important à l’intérieur de la chambre forte ?”

“C’est le cas.”

“Alors, est-ce que vous connaissez le ‘Bâton de Destruction’ ?”

“Ah, c’est un objet avec une forme assez curieuse, en effet.”

Ses yeux brillaient.

“Quel… genre de forme ?”

“C’est extrêmement difficile de la décrire, sauf en la définissant simplement comme étrange. Mais parlons d’autre chose, que désirez-vous manger ? Le menu d’aujourd’hui est de la limande cuisinée avec des herbes… mais je suis en assez bon terme avec Marteau le chef cuisinier, et je pourrais lui demander de faire un des plus délica–”

“Ahem.”

Miss Longueville interrompit les balbutiements de Colbert.

“O-oui ?”

“Je dois dire que la chambre forte a été construite de façon assez admirable. Quelque soit la magie employée, je suppose qu’il est impossible de l’ouvrir, n’est-ce pas ?”

“C’est tout à fait ça. C’est impossible pour la plupart des magiciens. Après tout, il a été conçu par un groupe de magiciens de classe Carré pour résister à tous les sorts.”

“Je suis très impressionnée de voir que vous êtes aussi instruit sur ce sujet, Monsieur Colbert.”

Elle le regarda avec une expression relaxante.

“Euh ? Eh bien… Haha, il se trouve juste que je suis tombé sur des tas de documents se rapportant à cet étage, c’est tout… J’aime considérer cela comme étant une partie de mes recherches, haha. Grâce à ça, je suis toujours célibataire à cet age…”

“Je suis sûre que la femme que vous trouverez sera très heureuse d’être avec vous. Après tout, vous pourrez lui apprendre tant de choses que personne d’autres ne connaît…”

Mlle Longueville le fixa avec un regard fasciné.

“Oh, non ! S’il vous plait ne me taquinez pas comme ça !”

Colbert s’agita nerveusement tout en essuyant la sueur sur son front dégarni. Puis, retrouvant son calme, il lui fit face sérieusement.

“Mlle Longueville. Avez-vous entendu parler du Bal de Frigg qui a lieu le jour des fêtes de fin d’année ?”

“Non.”

“Haha, je suppose que c’est parce que vous n’êtes à Tristain que depuis deux mois. Eh bien, cela n’a rien de spectaculaire, juste une sorte de réception. Cependant, il est dit qu’un couple qui danse lors de ce bal serait destiné à être ensemble ou quelque chose comme ça. C’est juste une petite légende bien sûr ! Oui !”

“Donc ?”

Souriant, elle l’invitait à continuer.

“Et donc… si vous n’aviez rien contre, je m’étais demandé si vous voudriez danser avec moi.”

“J’aimerais beaucoup. Bien que les bals soient fabuleux, j’aimerais beaucoup actuellement en savoir plus à propos de la chambre forte. Je suis assez fascinée par les objets magique, vous savez.”

Voulant impressionner encore plus Mlle Longueville, Colbert se creusa la tête. Chambre forte, chambre forte, elle dit…

Se souvenant de quelque chose qu’elle pourrait trouver intéressant, il se donna un air important et commença à parler.

“Ah oui, il y a quelque chose que je peux vous dire. Même si ce n’est pas particulièrement important…”

“Je vous en prie, parlez.”

“Certainement, la chambre forte est invincible contre les attaques magiques, mais je pense qu’elle a un point faible fatal.”

“Oh, c’est fascinant.”

“Cette faiblesse est… la force physique.”

“La force physique ?”

“Oui ! Par exemple, même si c’est très peu probable, mais un golem géant pourrait–”

“Un golem géant ?”

Colbert donna son opinion assez fièrement à Mlle Longueville. Et une fois qu’il avait fini de parler, elle ne pouvait s’empêcher de sourire de satisfaction.

“C’était en effet très fascinant, Monsieur Colbert.”

Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *