Zero no Tsukaima – Tome 2 Chapitre 3

La Princesse Henrietta, qui venait juste de faire irruption dans la chambre de Louise avait l’air submergée par l’émotion, et étreignit la fille agenouillée.

“Oh, Louise. Louise, ma chère Louise !”

“Votre Majesté, vous ne devriez pas venir dans un endroit si modeste…”, dit Louise cérémonieusement.

“Oh, Louise ! Louise Françoise ! Ne sois pas aussi formelle, je t’en prie ! Toi et moi sommes amies ! Nous sommes amies, n’est-ce pas ?”

“Je ne mérite pas de tels compliments, Votre Majesté.”, répondit Louise d’une voie lasse. Saito, stupéfait, ne pouvait que fixer du regard ces deux magnifiques jeunes filles dans les bras l’une de l’autre.

“Arrête, je t’en prie ! Ni le Cardinal, ni ma mère, ni ces avares aristocrates qui me tournent autour avec leurs visages amicaux ne sont là ! Oh, n’ai-je donc aucun ami qui puisse s’ouvrir à moi ? Si même Louise Françoise, ma vieille amie qui m’a tant manquée, agit avec autant de distance, je préfère mourir !”

“Votre Majesté…”

Louise releva la tête.

“Quand nous étions enfant, n’allions-nous pas à la chasse aux papillons dans la cour du palais ? Et ne revenions-nous pas couvertes de boue ?”

Avec une expression timide, Louise répondit.

“… Oui, et La Porte-sama, le chambellan, nous grondait pour avoir sali nos vêtements.”

“Oui ! C’est vrai, Louise ! Nous nous disputions pour des gâteaux à la crème et au final, nous nous battions vraiment ! Oh, à chaque fois que nous nous bagarrions, c’était moi qui perdais. Tu me tirais les cheveux, et je me mettais à pleurer.”

“Pas du tout, Princesse. Vous avez gagné au moins une fois.”, remarqua Louise avec un air sentimental.

“Tu t’en souviens ?! En nous regardant nous battre, on aurait pu croire à une reconstitution du Siège d’Amiens !”

“C’était la fois où nous nous sommes battues pour une robe dans votre chambre, n’est-ce pas ?”

“Oui, au plein milieu de notre ‘Imitation de la Cour Royale’, nous avions fini par nous disputer pour savoir qui jouerait la princesse ! Et c’est le coup que je t’ai donné à l’estomac, Louise Françoise, qui décida du vainqueur.”

“Je me suis évanouie devant vous.”

Après cela, elles échangèrent un regard et éclatèrent de rire. Saito, abasourdi, continuait de les regarder en silence. La princesse avait vraiment l’apparence d’une demoiselle de haute naissance, mais c’était en fait un garçon manqué.

“Je préfère ça, Louise. Ah, je deviens nostalgique, les larmes me viennent.”

“Alors, comment vous êtes-vous connues, toutes les deux ?”, demanda Saito, tandis que Louise fermait les yeux pour se souvenir avant de répondre.

“J’ai eu le plaisir d’être la compagne de jeux de Sa Majesté quand nous étions petites.”

Après cela, Louise se retourna vers Henrietta.

“Mais je suis profondément émue. Le fait que Sa Majesté se souvienne de telles chose… Je pensais que vous m’auriez oubliée.”

La princesse soupira profondément et se rassit sur le lit.

“Comment aurais-je pu oublier ? À cette époque, tous les jours étaient amusants. Nous n’avions absolument aucun soucis.”

Il y avait une profonde tristesse dans sa voix.

“Princesse ?”

Louise scrutait d’un air inquiet le visage d’Henrietta.

“Comme je t’envie… La liberté est une chose tellement magnifique, Louise Françoise.”

“Que dites-vous ? Vous êtes la Princesse Royale, n’est-ce pas ?”

“Une princesse née dans son royaume est comme un oiseau en cage. Il faut se conformer au moindre souhait de son maître…”, répondit Henrietta d’un air triste, en regardant la lune par la fenêtre. Elle prit ensuite la main de Louise et sourit gentiment avant de continuer.

“Je… vais me marier.”

“… Toutes mes félicitations.”

Louise, qui avait d’une certaine façon ressenti la tristesse dans le ton de la princesse, parlait d’une voix douce.

C’est à ce moment qu’Henrietta remarqua Saito, qui était assis sur son ballot de paille.

“Oh, pardonne-moi. Je dérange ?”

“Déranger ? Pourquoi cela ?”

“Eh bien, n’est-ce pas ton amoureux ? Oh non ! Comme j’étais absorbée dans mes souvenirs, je n’ai pas remarqué ma maladresse !”

“Hein ? Amoureux ? Cette créature ?”

“Arrête de m’appeler comme ça.”, se plaignit Saito d’une voix déçue.

“Princesse, c’est juste mon familier ! Ne dites pas de telles sottises comme quoi il serait mon amoureux !”

Louise secoua la tête sauvagement pour dénier les paroles d’Henrietta.

“Un familier ?”

Henrietta avec une expression vide sur son visage regarda Saito.

“Mais il a l’air humain…”

“Je suis humain, Votre Majesté.”

Saito salua Henrietta d’un air tendu.

Et il était encore plus blessé par toute la force qu’avait mis Louise à dénier qu’ils étaient amoureux. Même si c’était le cas, c’était tout aussi douloureux.

Il se souvint de l’expression qu’avait eu Louise alors qu’elle regardait ce jeune noble pendant la journée.

Quoi qu’il en soit… Je suis un familier. Un terrien. Pas un noble.

Et je veux rentrer chez moi. Je veux manger un hamburger de teriyaki. Oui, et je pourrais peut-être aussi recevoir une réponse sur le site de rencontre Des pensées douloureuses comme celles-ci s’enchaînaient dans sa tête.

Sentant une grande lassitude l’envahir, il s’appuya d’une main contre le mur. Sa joie le quitta aussi rapidement qu’elle était venue. Quelle personnalité agitée.

“Oui, oui. Oh, Louise Françoise, tu as peut-être un peu changée depuis notre enfance, mais tu es toujours la même.”

“Je n’en ai pas fait mon familier parce que je le souhaitais…”

Louise avait l’air déçue. Henrietta laissa échapper un autre soupir.

“Princesse, que s’est-il passé ?”

“Non, ce n’est rien. Oh, pardonne-moi. J’ai tellement honte de moi. Je ne devrais pas t’en parler… mais je suis juste…”

“Je vous en prie, dites-le-moi. Quels problèmes peuvent bien causer à Sa Majesté, d’habitude si joyeuse, de soupirer ainsi ?”

“… Non, je ne peux pas te le dire. Oublie ce que je viens de dire, Louise, s’il te plaît.”

“Je m’y refuse ! Ne parlions-nous pas de tout ? C’est Sa Majesté elle-même qui a dit que j’étais son amie. N’allez-vous pas partager vos inquiétudes avec votre amie ?”

Après que Louise eut parlé, Henrietta afficha un sourire joyeux.

“Tu as dit que j’étais ton amie, Louise Françoise, cela me rend tellement heureuse !”

Henrietta acquiesça d’un air résolu et commença à parler.

“Tu ne dois parler à personne de ce que je vais te dire.”

Après cela, elle lança un rapide regard en direction de Saito.

“Dois-je sortir ?”

Henrietta secoua la tête.

“Un mage et son familier ne font qu’un. Je ne vois aucune raison pour toi de sortir.”

Et d’un ton triste, Henrietta commença à parler.

“Je dois épouser l’Empereur de Germania…”

“De Germania, vous dites ?!”, s’étonna Louise, qui haïssait Germania.

“Ce pays d’arrivistes barbares ?!”

“Oui. Mais on n’y peut rien. Ce doit être fait afin de solidifier notre alliance.”

Henrietta expliqua le climat politique d’Halkeginia à Louise.

Il y avait une insurrection parmi les nobles d’Albion, et la Famille Royale était apparemment sur le point d’être renversée. Si les rebelles remportaient la victoire, leur prochain mouvement serait l’invasion de Tristain. Pour se défendre contre cela, Tristain cherchait à former une alliance avec Germania. Dans le but de cette alliance, il avait été décidé que la Princesse Henrietta épouserait un membre de la Famille Impériale de Germania…

“C’est donc pour cela…”, dit Louise d’une voix déprimée. Il était clair par le ton d’Henrietta qu’elle ne désirait pas ce mariage.

“Ne t’inquiète pas, Louise. J’ai depuis longtemps abandonné l’espoir d’épouser celui que j’aime.”

“Princesse…”

“Ces nobles hypocrites d’Albion ne veulent pas que Tristain s’allie à Germania. Deux flèches sont plus simples à briser lorsqu’elles ne sont pas attachées ensemble.”, murmura Henrietta.

“… Donc, ils cherchent frénétiquement tout ce qui pourrait interférer avec ce mariage.”

“Et ils ont trouvé quelque chose…”

Saito ne savait rien de l’alliance ou d’Albion, mais quoi qu’il en soit, ça avait l’air sérieux. Oui, aussi important qu’un autre Yagoto, pensa Saito en acquiesçant.

“Alors, il s’agit de cette chose qui pourrait interférer avec votre mariage ?”, demanda Louise avec un visage pâle. Henrietta acquiesça avec regret.

“Ô Grand Fondateur Brimir… sauvez cette infortunée princesse…”

Henrietta couvrit son visage avec ses mains et s’écroula sur le sol. Saito était un peu choqué par ce geste dramatique. Il n’avait jamais rien vu d’aussi grandiose de toute sa vie.

“Dites-moi, Princesse, je vous en prie ! Qu’est-ce qui pourrait interférer avec votre mariage ?”

Louise, aussi affectée que la princesse, tremblait d’un air agité. Les deux mains toujours sur le visage, Henrietta avait l’air de souffrir tandis qu’elle murmurait.

“… C’est une lettre que j’ai écrite il y a longtemps.”

“Une lettre ?”

“Oui. Si ces nobles d’Albion s’en emparent… ils l’enverront probablement à la Famille Impériale de Germania dès qu’ils le pourront.”

“Quel genre de lettre cela peut-il bien être ?”

“… Je ne peux pas te le dire. Mais si la Famille Impériale de Germania la lisait… ils ne me pardonneraient jamais. Le mariage serait annulé, de même que l’alliance avec Tristain. Tristain serait alors seule face à la force d’Albion.”

Louise haleta et saisit les mains d’Henrietta.

“Où se trouve cette lettre ? Cette lettre qui pourrait apporter le malheur sur Tristain !”

Henrietta secoua la tête.

“Elle n’est pas ici. En vérité, elle se trouve déjà à Albion.”

“Albion ! Mais alors… ! Elle est déjà dans les mains de l’ennemi ?”

“Non… celui qui possède la lettre n’est pas avec les rebelles d’Albion. Comme le conflit entre les rebelles et ses parents s’intensifiait, le Prince Wales de la Famille Royale…”

“Le Prince Wales ? Le Prince Vaillant ?”

Henrietta se pencha en arrière et s’allongea sur le lit.

“Oh, c’est un désastre ! Tôt ou tard, le Prince Wales sera fait captif par les rebelles ! Et quand cela arrivera, la lettre sera exposée au grand jour ! Et tout sera ruiné ! Ruiné ! Sans cette alliance, Tristrain devra faire face à Albion seule !”

Louise retint sa respiration.

“Alors, Princesse, la faveur que vous me demandez…”

“Impossible ! C’est impossible, Louise ! Comment puis-je être aussi horrible ? Tout est confus ! Quand j’y pense, je ne peux pas te demander d’aller dans un endroit aussi dangereux qu’Albion, alors que ce conflit entre les nobles et les royalistes fait rage !”

“Que dites-vous, Majesté ? Que ce soit dans les fournaises de l’enfer ou dans les mâchoires d’un dragon, si c’est pour votre bien, j’irai n’importe où ! En tant que troisième fille de la Famille de La Vallière, moi, Louise Françoise, ne peut pas ignorer une telle crise frappant Sa Majesté et tout Tristain !”

Louise s’agenouilla et baissa la tête avec révérence.

“Laissez-moi m’occuper de cela, moi qui ai capturé Fouquet La Terre Effritée.”

Saito, qui était appuyé contre le mur, se tourna vers Louise et parla.

“Hé, c’était moi, non ?”

“Tu es mon familier.”

“Ouaf.”

“Les exploits d’un familier sont les exploits de son maître.”, dit Louise pleine de confiance.

“Et l’erreur d’un familier ?”

“C’est ton erreur, n’est-ce pas ?”

Bien qu’ayant l’impression d’avoir été trompé, Saito savait qu’il était inutile de discuter avec Louise lorsqu’elle avait son attitude menaçante habituelle, alors il acquiesça à contre-cœur.

“Alors tu vas m’aider ? Louise Françoise, tu es vraiment une amie précieuse !”

“Évidemment, Princesse !”

Louise saisit les mains d’Henrietta et cette dernière se mit à pleurer tandis que Louise continuait de parler chaleureusement.

“Princesse ! Moi, Louise, votre amie pour toujours, serai votre confidente ! Avez-vous oublié ma promesse d’éternelle loyauté ?”

“Ah, la loyauté. Cette loyauté et cette amitié sincère ! Je suis très émue. Je n’oublierai jamais tout au long de ma vie ni ta loyauté ni ton amitié. Louise Françoise !”

Saito, ébahi, ouvrit la bouche et les contempla à moitié étonné. C’était comme regarder une conversation entre deux personnes avalant les paroles l’une de l’autre. Ah, alors c’est comme ça que ça se passe pour les nobles et les princesses… C’est ennuyeux, était convaincu Saito tandis qu’il regardait ce spectacle.

“Louise. Désolé de vous embêter pendant que vous réaffirmez votre amitié, mais…”

“Quoi ?”

“Aller à Albion en plein milieu d’une guerre, c’est bien, mais… À quoi vais-je servir ?”

“Je t’ai acheté une épée. Tu pourras au moins t’en servir.”

“Oui, je vais faire de mon mieux…”

Saito baissa la tête sombrement. En y repensant, ils n’avaient pas encore parlé des runes du Légendaire Familier Gandálfr qui étaient apparues sur le dos de sa main. Mais même si j’en parle, ça ne servira à rien, pensa Saito. Légendaire ou pas, elle me traite quand même comme un chien.

“Alors, devons-nous partir à Albion, trouver le Prince Héritier Wales et récupérer la lettre, Princesse ?”

“Oui, c’est exact. J’ai confiance en vous. Ceux qui ont attrapé Fouquet La Terre Effritée devraient être capables d’accomplir cette difficile mission.”

“Comme vous le souhaitez. Cette tâche est-elle urgente ?”

“J’ai entendu dire que les nobles d’Albion ont réussi à pousser les royalistes dans leurs derniers retranchements. C’est juste une question de temps avant qu’ils ne soient vaincus.”

Le visage de Louise avait un air sérieux tandis que celle-ci faisait une révérence à Henrietta.

“Alors nous partirons demain.”

Après cela, Henrietta tourna son regard vers Saito. Le cœur de ce dernier s’emballa. Bien que Louise soit follement jolie et élégante, la Princesse Henrietta était tellement belle qu’il en avait le souffle coupé. Ses cheveux aux couleurs de millet, tombant jusqu’au-dessus de ses sourcils, se balançaient gracieusement. Ses yeux bleus brillaient intensément comme les mers du Sud.

Une peau blanche qui donnait une impression de pureté… Un nez tel celui d’une sculpture sans prix…

Saito fixait Henrietta comme s’il était en transe. Louise le regardait avec un air froid. Elle ne semblait pas de bonne humeur.

Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça, Louise ? Ah, c’est parce que je fixe la Princesse avec admiration ? Se pourrait-il que tu sois jalouse ? Mais n’étais-tu pas en train de rougir quand tu fixais ce noble avec le chapeau à plume ? N’étais-tu pas complètement perdue dans ta contemplation ?

C’est amusant de voir à quel point tu peux être jalouse, Louise. Saito secoua la tête.

Plutôt que ton amoureux, ne suis-je pas juste ton familier ?

Ne serai-je jamais plus qu’un chien pour toi ?

Je suis juste ton chien, alors pourquoi me regardes-tu comme ça, Louise ? Ah, c’est parce que je suis un chien ? C’est parce que quelqu’un comme moi, qui ne vaut pas mieux qu’un chien, la regarde ? Toutes mes excuses. Pardonne-moi d’être né. Ouaf.

Saito tourna la tête pendant deux secondes.

Louise détourna son regard de Saito avec un “Hmpf”. Saito se détourna lui aussi.

Henrietta n’avait pas remarqué le subtile échange entre Saito et Louise et se mit à parler avec un ton enjoué.

“Monsieur le Familier digne de confiance.”

“Oui ? Vous voulez parlez de moi ?”

Après qu’Henrietta l’ait qualifié de “digne de confiance”, le Saito déprimé retrouva le sourire.

“Non, c’est trop d’honneur. Traitez-moi comme un simple chien.”

“Continue de prendre soin de mon amie la plus précieuse.”

Et elle présenta soudainement sa main gauche. Une poignée de main ?, pensa-t-il, mais le dos de sa main était tourné vers le haut. Quel genre de geste était-ce là ?

Louise s’exclama d’une voix étonnée.

“Vous ne devez pas, Princesse ! Offrir votre main à un familier !”

“C’est bon. Cette personne va agir pour moi, et sans une récompense, je n’aurai pas sa loyauté.”

“Ah…”

“Offrir la main ? Comme avec les pattes des chiens ? C’est comme ça que vous traitez les chiens ?”

Saito se vouta et baissa la tête.

“Ce n’est pas ça. Rah, c’est pour ça que tu es chien… un chien de roturier qui ne sait rien du tout. Pour faire court, quand elle offre sa main, ça veut dire que tu peux l’embrasser.”

“C’est… agressif…”

Saito ouvrit grand la bouche. Il n’avait jamais imaginé qu’il lui serait permis d’embrasser une princesse d’un autre monde.

Henrietta souriait gentiment à Saito. Saito pensait “Avec plaisir !”, ayant rencontré le genre de sourire commercial que l’on montre à la population. Il se disait qu’être aimé par une telle princesse ne serait pas si mal.

Saito adressa délibérément un rictus à Louise. Louise se murmura quelque chose à elle-même et détourna le visage.

Ah, alors tu es vraiment jalouse. Regarde-toi. C’est ce que tu mérites pour avoir été charmée par ce noble au chapeau à plume et pour avoir rougi, pensa Saito.

Saito saisit la main d’Henrietta et l’attira fermement contre lui.

“Hein ?”

Henrietta ouvrit la bouche de surprise. Et avant même d’avoir pu cligner des yeux, Saito pressa ses lèvres contre celles d’Henrietta.

“Mmph…”

Quelles petites lèvres tendres… Les yeux d’Henrietta s’écarquillèrent.

On vit le blanc de ses yeux. La force d’Henrietta quitta son corps, et, glissant des mains de Saito, elle s’effondra sur le lit.

“Elle s’est évanouie ? P-Pourquoi donc ?”

“Qu’as-tu fait à Sa Majesté ?! Sale c-c-chien !”

“Ouaf ?”

Quand Saito se retourna, la semelle de Louise volait vers lui.

Saito prit le coup de pied sauté de Louise en pleine tête et s’écroula sur le sol.

“Pourquoi as-tu fait ça ?!”

Quand Saito posa cette question, Louise de colère piétina sauvagement son visage.

“Elle t’a donné la permission sur sa main, le dos de sa main ! Un baiser sur le dos de sa main ! Pourquoi l’as-tu embrassée sur les lèvres ?!”

Louise était tellement en colère qu’elle avait l’air sur le point de s’enflammer.

“Comment aurais-je pu le savoir ?! Je ne sais rien des règles de ce monde.”

Alors que son visage était piétiné, Saito écartait les bras et parlait simplement. Il avait l’habitude de se faire marcher dessus.

“E-E-E-Espèce de sale chien…”

La voix de Louise commençait à trembler de colère.

Henrietta se leva du lit tout en secouant la tête. Louise paniquée courut s’agenouiller devant elle. Elle attrapa la tête de Saito et l’appuya contre le sol.

“J-Je suis désolée ! La mauvaise conduite de mon familier est ma propre mauvaise conduite ! Toi aussi, dis-le ! Excuse-toi !”

Cette Louise si orgueilleuse s’excusait auprès de quelqu’un. En plus de cela, elle tremblait de partout. Si je ne fais pas ce qu’elle dit, elle va probablement me faire vivre un enfer plus tard.

“Désolé. Je l’ai fait seulement parce que vous avez dit que je pouvais vous embrasser.”

“Et où pourrait-on trouver quelqu’un d’assez stupide pour embrasser les lèvres en entendant cela ?!”

“Juste là.”

Louise frappa Saito avec son poing.

“Quelle mémoire courte. Qui t’a donné la permission d’utiliser le langage des humains ? Tu n’as le droit que d’aboyer. Chien. Allez, aboie, je te dis. Que tout le monde regarde ce petit chien. Stupide chien.”

Ensuite, elle piétina le visage de Saito et le pressa contre le sol.

“C-C’est bon. La loyauté doit être récompensée, après tout.”

Henrietta baissa la tête, en faisant un réel effort pour apparaître calme.

À ce moment-là, la porte s’ouvrit violemment et quelqu’un sauta dans la pièce.

“Toi ! Comment as-tu osé faire cela à la Princesse ?!”

C’était celui qui avait combattu en duel avec Saito auparavant, Guiche de Gramont.

Avec comme toujours une rose artificielle à la main.

“Qu’est-ce que tu veux ?”, demanda Saito depuis l’endroit où Louise continuait de piétiner son visage contre le sol.

“Guiche ! Tu écoutais aux portes ?! Tu as entendu notre conversation ?”

Guiche, cependant, ne répondit pas à ces questions et continua de se tenir là, l’air égaré.

“J’ai suivi la princesse belle comme une rose jusqu’ici… et pour ainsi dire, j’ai regardé comme un voleur par le trou de la serrure… cet idiot de roturier embrasser…”

Guiche fit un geste théâtral avec sa rose artificielle et cria.

“Je te défie en duel, misérable !”

Saito s’élança et envoya son poing dans le visage de Guiche.

“Agah !”

“Un duel ? Idiot ! Je me souviens encore de comment tu m’as cassé le bras ! Allons-y !”

Saito donna un coup de pied à Guiche qui était tombé par terre, puis il s’assit sur lui et commença à lui tordre le cou.

“C-C’est déloyal ! Espèce de… Gah !”

“Et maintenant ? Ce gars a entendu l’histoire de Sa Majesté. Devons-nous l’attacher pour le moment ?”

Lorsque l’adversaire est un homme, Saito peut se révéler très sérieux.

“Ce serait peut-être mieux… Il est vraiment dommage qu’il ait entendu notre conversation…”

Guiche prit Saito par surprise et se releva.

“Votre Majesté ! Je vous en prie, permettez-moi, Guiche de Gramont, de remplir cette difficile mission.”

“Oh ? Toi ?”

“Va te coucher !”

Saito balaya les jambes de Guiche qui s’écroula maladroitement.

“Laissez-moi rejoindre votre groupe !”, cria Guiche alors qu’il s’effrondrait.

“Pourquoi ?”

Le visage de Guiche rougit.

“Je souhaite aider Sa Majesté…”

Saito se rendit compte de quelque chose dans l’apparence de Guiche.

“Toi, tu es amoureux de la Princesse ?!”

“Ne dis pas de choses si impolies. Je souhaite juste pouvoir aider Sa Majesté.”

Cependant, le visage de Guiche vira au cramoisi lorsqu’il dit cela. Vu le regard passionné qu’il dirigeait sur Henrietta, il était sans aucun doute sous son charme.

“Mais tu as une petite amie. Comment était-ce déjà… ? Ne serait-ce pas cette Monmon…”

“C’est Montmorency.”

“Alors, que s’est-il passé ?”

Mais Guiche garda le silence. Ah, je vois, pensa Saito.

“Elle t’a largué ? Elle t’a complètement largué, je parie !”

“S-Silence ! C’est entièrement ta faute !”

C’était cette affaire de parfum dans la salle à manger. Quand il avait été attrapé à tromper sa petite amie, Montmorency l’avait courtoisement recouvert de vin rouge.

“Gramont ? Ah, comme le Général Gramont ?”

Henrietta fixa ses yeux sur le visage sans expression de Guiche.

“Je suis son fils, Votre Majesté.”

Guiche se releva et fit la révérence.

“Alors, tu dis vouloir m’aider ?”

“Ce serait un grand honneur pour moi de pouvoir participer à cette mission.”

Henrietta sourit en voyant l’expression enthousiaste de Guiche.

“Merci. Ton père est un noble courageux et splendide, et il semble que tu aies hérité de son sang. Alors, je t’en prie, aideras-tu cette infortunée princesse, Guiche-san ?”

“Sa Majesté a dit mon nom ! Sa Majesté ! La ravissante fleur de Tristain m’a souri !

Guiche, trop excité, s’évanouit en tombant en arrière.

“Est-ce qu’il va bien ?”

Saito poussa Guiche du bout du doigt. Louise n’accorda aucune attention à ce dérangement et parla sur un ton sérieux.

“Dans ce cas, nous partirons demain matin pour Albion.”

“Nous avons entendu dire que le Prince Wales a établi un camp près de New Castle à Albion.”

“Compris. J’ai déjà parcouru Albion avec mes sœurs, donc je suis familière avec sa géographie.”

“Ce sera un voyage périlleux. Si les nobles d’Albion découvrent votre mission, ils feront tout ce qu’ils pourront pour se mettre en travers de votre chemin.”

Henrietta s’assit devant le bureau, et écrit une lettre avec la plume de Louise et un rouleau de parchemin.

Henrietta relu brièvement la lettre qu’elle venait d’écrire puis secoua la tête tristement.

“Princesse, quel est le problème ?”

Louise, pensant que quelque chose n’allait pas, posa cette question.

“C-Ce n’est rien.”

Henrietta rougit, acquiesça comme si elle venait de régler quelque chose, puis ajouta une autre ligne à la fin. Après cela, elle murmura d’une voix douce.

“Fondateur Brimir… Pardonne cette princesse égoïste. Bien que mon pays soit en détresse, je ne peux pas m’empêcher d’écrire cette phrase… Je ne peux pas mentir à propos de mes sentiments…”

L’expression sur le visage d’Henrietta donnait l’impression qu’elle avait écrit une lettre d’amour plutôt qu’un message secret. Louise ne pouvait rien dire de plus et regardait silencieusement Henrietta.

Henrietta roula la lettre qu’elle venait d’écrire. Elle agita son bâton. Sortie de nulle part, de la cire apparut et un sceau vint sceller la lettre roulée. Ensuite, elle tendit la lettre à Louise.

“Quand tu verras le Prince Héritier Wales, donne-lui cette lettre. Il devrait alors te donner la lettre en question immédiatement.”

Après cela, Henrietta retira une bague à son annulaire de la main droite et la donna à Louise.

“C’est le “Rubis de l’Eau” que j’ai reçu de ma mère. Il devrait au moins te servir de charme protecteur. Si vous avez des problèmes d’argent, tu pourras le vendre pour récupérer des fonds.”

Louise inclina la tête en silence.

“Cette mission décidera du futur de Tristain. L’anneau de ma mère te protégera des vents difficiles qui soufflent à Albion.”

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